Somme de deux fonctions périodiques

Bonjour tout le monde !
Je suis en train de résoudre un exo que mon prof de math m"a donné : est ce que la somme de deux fonction périodique est une fonction périodique ?

Soient f et g deux fonction périodiques.
Soit T1 La période de f , et T2 la période de g .
Après quelques instants de reflexions, je me rends compte que si T1/T2 est un rationnel , alors oui f +g est périodique , sinon f +g n’est pas périodique .
mnt il faut le démontrer .
Pour la premiere implication c’est facile , il suffit de prendre T1/T2 = p/q et
T = ppcm(p,q)*min{T1,T2} avec biensur pgcd(p,q) = 1
maintenant si T1/T2 n’est pas rattionel , comment démontrer que f+g n’est pas périodique ? ( déja pour démontrer qu’une fonction n’est pas périodique , a part par l’absurde, je vois pas comment ) .

Je pense qu’en utilisant la densité de Q dans R ça devrait marcher .
L’idée étant que la différence kT1 - mT2 peut être rendu aussi petite que l’on veut ( avec k et m des entiers ) dans la mesure ou k et m sont bien choisis .
Voila tout ce qui rode dans ma tête lol :slight_smile:
Suis-je sur la bonne route ? Avez vous des indices à me donner ? merci de m’aider parceque là je suis (presque) bloqué ! :frowning: :frowning: :frowning:

merci bcp

En effet, ta conjecture est juste, j’avais lu quelque par que l’ensemble des fonctions périodiques n’était pas un espace vectoriel, justement parceque la somme d’une fonction de période \sqrt{2} et d’une fonction de période 1 n’était pas périodique.

Voilà ce que je dirais à première vue

Tu fais un raisonnement par l’absurde. Tu suppose qu’il existe T tel que \forall x \in \mathbf{R}, (f+g)(x+T)=(f+g)(x)

Si on pose T_f,T_g les périodes respectives de f et g, on a des entiers t_f,t_g tels que T=k_fT_f=k_gT_g (ça, ça reste à prouver). Ensuite, tu as \frac{T_f}{T_g}=\frac{k_g}{k_f}, ce qui est absurde car k_f,k_g sont des entiers et qu’on a supposé que le rapport était irrationnel.

Tu connais la caractérisation des sous-groupe additifs de IR? Si oui, ça peut être utile…

Quelques réflexions :

(1) Ton prof ne t’a pas demandé tous les cas. Il s’attend probablement à ce que
tu lui donnes l’exemple de deux fonctions périodiques dont la somme n’est pas périodique

(2) Qu’est-ce que « la » période de f ? Ceci n’a de sens que si l’ensemble des périodes strictement positive a un plus petit élément (dans ce cas toutes les périodes de f sont bien des multiples de celle-ci, cf. structure des sous-groupes additifs de \mathbb{R}).
Pour qu’un tel plus petit élément existe, il suffit que f soit continue non constante.

(3) Pour des fonctions continues, ta condition est effectivement la bonne, mais cela ne me semble pas abordable au niveau sup (ni au niveau spé sans une solide culture).

A partir de là, il vaut mieux que tu ne lises pas. En revanche cela peut-être intéressant pour les élèves de spé.

Voici une preuve en utilisant l’artillerie lourde.
On suppose que f et g sont continues non constantes respectivement T_1 et T_2 périodiques et que f+g est continue T-périodique. Si l’un des rapports T/T_1 ou T/T_2 est rationnel, alors il est facile de prouver que T_1/T_2 est rationnel.

On suppose dans la suite que T/T_1 et T/T_2 sont
irrationnels.

Soit x \in \mathbb{R}.
Parce que T/T_1 est irrationnel et f continue, la suite n \mapsto \frac{1}{n}\underset{k=1}{\overset{n}{\sum}}f(x+kT)
converge vers \frac{1}{T_1}\int_0^{T_1} f(t)dt
(théorème d’équirépartition de Weyl).

Parce que T/T_2 est irrationnel et g continue, la suite n \mapsto \frac{1}{n}\underset{k=1}{\overset{n}{\sum}}g(x+kT)
converge vers \frac{1}{T_2}\int_0^{T_2} g(t)dt.

Or la suite n \mapsto \frac{1}{n}\underset{k=1}{\overset{n}{\sum}}(f+g)(x+kT)
est constante de valeur (f+g)(x)

On en déduit que f+g est constante, une contradiction.

(4) Si on oublie de supposer les fonctions continues, on peut construire un contre-exemple en admettant l’axiome du choix.

Pour cela, on choisit trois réels \alpha, \beta et \gamma formant une famille \mathbb{Q}-libre (par exemple \alpha=1, \beta=\sqrt[3]{2} et \gamma=\beta^2).

L’ensemble \mathbb{R} est maintenant considéré avec sa structure de \mathbb{Q}-espace vectoriel. On pose E:=\alpha\mathbb{Q} \oplus \beta\mathbb{Q} \oplus \gamma\mathbb{Q}, et on en choisit un supplémentaire F dans \mathbb{R}.

Pour (r_1,r_2,r_3)\in \mathbb{Q}^3 et x \in F,
on pose f(\alpha r_1+\beta r_2+\gamma r_3+x)=\beta r_2+\gamma r_3+x et g(\alpha r_1+\beta r_2+\gamma r_3+x)=\alpha r_1-\gamma r_3+x. On a ainsi deux fonctions f et g de \mathbb{R} dans \mathbb{R}.

Les applications f, g et f+g sont \mathbb{Q}-linéaires et ont donc chacune leur noyau pour ensemble de périodes, c’est à dire respectivement \alpha \mathbb{Q}, \beta \mathbb{Q} et \gamma\mathbb{Q}.

Conclusion : f,g et f+g sont périodiques sans que f et g n’aient de période commune.

Enfin, si on tient absolument à avoir des fonctions admettant une plus petite période positive, on peut modifier la définition de f et g de la manière suivante :

Pour (r_1,r_2,r_3)\in \mathbb{Q}^3 et x \in F,
on pose f(\alpha r_1+\beta r_2+\gamma r_3+x)=\alpha \{r_1\}+\beta E(r_2)+\gamma r_3+x et g(\alpha r_1+\beta r_2+\gamma r_3+x)=\alpha E(r_1)+\beta \{r_2\}-\gamma E(r_3)+x, où \{r\} désigne la partie fractionnaire du rationnel r (i.e. r-E(r)).
Comme cela, f, g et f+g ont respectivement pour ensembles de périodes \alpha\mathbb{Z}, \beta\mathbb{Z} et \gamma\mathbb{Z}.

RP1700 a écrit:

En effet, ta conjecture est juste, j’avais lu quelque par que l’ensemble des fonctions périodiques n’était pas un espace vectoriel, justement parceque la somme d’une fonction de période \sqrt{2} et d’une fonction de période 1 n’était pas périodique.

Non, on peut « construire » une fonction périodique non constante de période 1 et
une fonction périodique constante de période \sqrt{2}
dont la somme est périodique non constante.

En revanche, on peut effectivement construire une fonction périodique
de période 1 et une fonction périodique de période \sqrt{2}
dont la somme n’est pas périodique. Pour cela, il suffit de
prendre des fonctions simples qui ne prennent que 0 et 1 comme valeurs…

dSP a écrit:

En revanche, on peut effectivement construire une fonction périodique
de période 1 et une fonction périodique de période \sqrt{2}
dont la somme n’est pas périodique. Pour cela, il suffit de
prendre des fonctions simples qui ne prennent que 0 et 1 comme valeurs…

Ou encore: pour x réel on pose f(x)=sin(2\pi x) et g(x)=sin(\sqrt{2}\pi x). Pour voir que la somme n’est pas périodique, dériver deux fois.
J’aime bien cet exemple car il est élémentaire (pas besoin de la structure des sous-groupes de R donc faisable en PCSI).

Pourquoi dériver ? Avec les cosinus, c’est quand même direct, non ?
(combien de fois la fonction prend-elle la valeur 2 ?).

dSP a écrit:

Non, on peut « construire » une fonction périodique non constante de période 1 et
une fonction périodique constante de période \sqrt{2}
dont la somme est périodique non constante.

En revanche, on peut effectivement construire une fonction périodique
de période 1 et une fonction périodique de période \sqrt{2}
dont la somme n’est pas périodique. Pour cela, il suffit de
prendre des fonctions simples qui ne prennent que 0 et 1 comme valeurs…

Ah ben merci méthodix algèbre (je viens de vérifier, c’est bien marqué…) !

Autrement, dans la démonstration, ce serait pas « et » au lieu de « ou » avant le « soit x dans IR » ?

IR en tant que Q-ev j’en ai jamais entendu parler, vous avez des liens / infos là dessus ?

Ah ben merci méthodix algèbre (je viens de vérifier, c’est bien marqué…) !
Le méthodix est truffé d’erreurs …
Autrement, dans la démonstration, ce serait pas « et » au lieu de « ou » avant le « soit x dans IR » ?
Oui, j’ai corrigé.
IR en tant que Q-ev j’en ai jamais entendu parler, vous avez des liens / infos là dessus ?

Eh bien c’est simplement qu’on utilise l’addition habituelle comme loi de groupe
et qu’on ne multiplie que par les scalaires rationnels. Avec cette structure, \mathbb{R} est un \mathbb{Q}-espace vectoriel (de dimension infinie !).

dSP a écrit:

Quelques réflexions :
(3) Pour des fonctions continues, ta condition est effectivement la bonne, mais cela ne me semble pas abordable au niveau sup (ni au niveau spé sans une solide culture). …

On peut proposer une preuve un peu plus simple (source : Leichtnam Schauer )
On suppose T1/T2 irrationnel et f+g périodique de période T.
Alors, pour tout x, f(x)+g(x)=f(x+T)+g(x+T), donc f(x)-f(x+T)=g(x+T)-g(x)= un certain h(x).
La fonction h est T1 et T2 périodique et continue donc constante (exercice classique à défaut d’être simple). La constante ne peut valoir que 0 (sinon f n’est pas bornée). Donc T est une période de f comme de g, donc un multiple commun de T1 et T2. Impossible car T1/T2 serait rationnel.

Ah oui, pas bête… J’avais pensé un moment à cette fonction mais je n’avais pas
vu qu’elle était à la fois T_1-périodique et T_2 périodique.

Je propose la généralisation suivante :
étant données des fonctions continues périodiques non constantes f_1,f_2,…,f_n
n’ayant deux à deux aucune période strictement positive commune, la fonction
f_1+f_2+…+f_n n’est pas périodique.

Même chose si on prend une série \sum f_n de fonctions continues
périodiques non constantes n’ayant deux à deux aucune périodiques communes :
si \sum f_n converge uniformément, alors \underset{n=0}{\overset{+\infty}{\sum}}f_n n’est pas périodique.

Autre question : déterminer une fonction f continue bornée de R dans R
qui n’est pas une somme de fonctions périodiques continues.

Philippe PATTE a écrit:

On peut proposer une preuve un peu plus simple (source : Leichtnam Schauer )
On suppose T1/T2 irrationnel et f+g périodique de période T.
Alors, pour tout x, f(x)+g(x)=f(x+T)+g(x+T), donc f(x)-f(x+T)=g(x+T)-g(x)= un certain h(x).
La fonction h est T1 et T2 périodique et continue donc constante (exercice classique à défaut d’être simple). La constante ne peut valoir que 0 (sinon f n’est pas bornée). Donc T est une période de f comme de g, donc un multiple commun de T1 et T2. Impossible car T1/T2 serait rationnel.
Par simple curiosité, y a-t-il un moyen de prouver :
La fonction h est T1 et T2 périodique et continue donc constante
Sans utiliser la caractérisation des sous groupes additif de IR ?
dSP a écrit:
Autre question : déterminer une fonction f continue bornée de R dans R
qui n’est pas une somme de fonctions périodiques continues.

Si f est périodique, f est développable en série de Fouriers.
Je vais tenter x->exp(-x²). C’est juste un essai, quand à le prouver…

Autre question : déterminer une fonction f continue bornée de R dans R
qui n’est pas une somme de fonctions périodiques continues.

Si f est périodique, f est développable en série de Fouriers.
Je vais tenter x->exp(-x²). C’est juste un essai, quand à le prouver…

Attention, on peut sommer des fonctions périodiques avec des périodes incommensurables.

Nouvel exo plus abordable :
soient f et g deux fonctions continues périodiques n’ayant pas de période commune.
Montrer que sup(f+g)=sup(f)+sup(g).

On peut par exemple utiliser les tiroirs de Dirichlet..