Suppression des prépas ?

Je pose ce sujet dans la partie « écoles » histoire d’avoir plutôt l’avis de gens qui ont fait prépa et avec le recul
Pour ma part je suis favorable à la suppression des prépa et je trouve que les arguments avancés sont bons :

Attention j’ai pour ma part passé de très bonnes années en prépa. Je ne regrette pas de les avoir faites. Mais je pense que ce système, crée il y a 200 ans est dépassé.

Vos avis ?

Dépassé ? Avec son taux de réussite complètement exceptionnel ? J’en doute.

Après, qu’il faille une réforme, c’est possible. De là à dire que c’est dépassé parce qu’un certain classement de shangaï l’aurait laissé sous-entendre … c’est exagérer.

squaro a écrit:

Vos avis ?
C’est pas vraiment ici qu’on va être en faveur de la suppression, entre :

  • de nombreux ex-étudiants qui ne sont pas dégoûtés de la prépa au point de revenir sur un forum qui y est dédié ;
  • et surtout, des profs qui tiennent à leur emploi. :smiling_imp:

Enfin moi, j’dis ça j’dis rien…

squaro a écrit:

…
Vos avis ?
Cet article de blog est fort bien documenté. Je ne pourrai pas faire un retour aussi long, aussi vais-je aller sur quelques points seulement.

Point 1 : les prépas rendent malades : l’article du monde auquel il est fait référence s’est concentré sur la prépa littéraire, alors que tout le reste du blog est sur la prépa scientifique. Je ne connais pas le monde des prépas littéraire ; pour les prépas scientifiques, mes enfants et moi-même n’avons pas eu de témoignage de maltraitance.

Point 2 : les prépas créent un sentiment de ratage : ce point est en contradiction avec le suivant .
Sur le point 3 (la prépa crée un sentiment de supériorité), il faut bien remarquer qu’elle est en partie correcte ; moins maintenant qu’il y a 20 ans (évaluation personnelle) ; j’estime comme Vincent Fleury que ce sentiment crée un état d’esprit fort dommageable tant pour la société tant civile qu’industrielle.

Point 6 : apartheid en bons élèves de prépas qu’on confie à de mauvais professeurs, en opposition avec ce qui se passe en université : mon expérience de contacts avec universitaires et profs de prépas m’a convaincu que : les profs de prépas sont bons, et surtout sont dévoués au succès de leurs élèves ; les profs d’université le plus souvent se désintéressent du premier cycle, et d’une manière générale préfèrent passer leur temps à leur recherche qui assure leur promotion, qu’à leur enseignement qui assure tout au plus une satisfaction personnelle.

Point 8 : la prépa coupe de la science : je pense que Vincent Fleury devrait suivre un premier cycle universitaire pour faire une comparaison réelle.

Point 7 (je suis l’ordre du post) : les prépas sont dépassées, les universités ont pris leur essor. C’est vrai que les universités ont beaucoup changé en 40 ans, en particulier elles considèrent sérieusement qu’il n’est plus de leur ressort de simplement transmettre les connaissances mais aussi d’assurer une formation professionnelle (ce n’est pas encore vrai partout, mais c’est le cas des universités scientifiques au moins). Ceci étant dit, il est totalement faux de dire que le système des prépas + écoles d’ingénieur est dépassé : les écoles d’ingénieurs, à partir du terreau de la classe prépa, forment des cadres pour l’industrie. Et ces écoles ont été crées parce que dans le passé l’université en était totalement incapable (voir pourquoi à partir d’un enseignement d’électro technique fait en cachette à l’université de Grenoble a été créé Supélec, voilà plus de 100 ans).

Point 8 bis : la faillite de l’économie française est due aux classes prépas. Mon explication est ailleurs : c’est dû à l’insuffisance de l’enseignement technique et de l’apprentissage, et ce à tous les niveaux. Au moins le système prépa + école aura eu le bénéfice d’attirer des jeunes de valeur vers les études techniques.
L’esprit d’entreprise est absent des classes prépa : exact et dommage. Il est aussi absente des cycles universitaires. Il est en revanche présent dans les écoles.

Point 11 : la prépa broie des vocations, les élèves choisissent les écoles de meilleur rang et non celles qui correspondent à leurs vocations. C’est une remarque partiellement exacte. J’ai cependant vu pas de mal de jeunes réussir à faire un bon compromis entre le rang de l’école visée et leur désir d’aller vers une voie particulière. J’en ai aussi vu pas mal (en fait beaucoup) changer de voie durant leurs écoles d’ingénieurs : normal, ils découvrent enfin le monde industriel.

Point 12 : grandes écoles et démocratie ; là encore une étude de ce qui se passe à l’université au niveau bac + 5 montre que ce n’est pas plus démocratique en université (je n’ai plus la référence, si un lecteur l’avait, merci de la poster).
Ce sujet est un gros sujet qui mériterait bien plus que le développement fait dans ce blog. Juste comme contre-exemple à celui fourni par Fleury : le commerçant vietnamien (ou chinois) pour qui l’éducation de ses enfants est une priorité, saura faire entrer ses enfants en prépa en France (éventuellement prépa privée) tout comme il saura payer les frais de Harward s’il vit aux USA.

Ma conclusion : on pourrait imaginer changer le système pour corriger ses imperfections : mais renvoyer les prépas en premier cycle de fac sans que les universitaires changent leur manière d’y enseigner, ce serait une catastrophe probablement pire que ce qui est dénoncé.
Dans l’université de masse d’aujourd’hui, il faudrait que les études permettent aux étudiants de progresser à leur rythme (et donc avoir des niveaux différents), il faudrait que les profs soient d’abord des pédagogues comme les profs de prépas.

Par ailleurs, c’est vraiment dommage que les prépas soient d’abord une machine à préparer des concours, et par effet de bord seulement une voie de formation scientifique. Mais ayant eu à enseigner dans la même classe à des jeunes issus de ce système comme du système universitaire, je dois dire que la formation scientifique par effet de bord des prépas reste une réussite :smiley: .

Voilà, pour une fois que j’avais du temps …

Quetzalcoatl a écrit:

Dépassé ? Avec son taux de réussite complètement exceptionnel ? J’en doute.
C’est normal à cause de la sélection à l’entrée.

La prépa forme bien la tête, oui c’est un fait.
Le problème c’est qu’elle forme une génération de taupins dont aucun quasiment n’a comme rêve de révolutionner tel ou tel secteur ( découverte d’une molécule, amélioration des débits, des moteurs de recherche,… ) .

Non le rêve de 99% des taupins c’est d’intégrer l’X . Ce qui est logique car c’est la base même de la prépa. Or l’école doit être un moyen pour arriver à un objectif, pas un but.
Par exemple on se retrouve avec beaucoup de personnes dans les grandes écoles scientifiques qui ne veulent pas faire de sciences après. Ce n’est pas de leur faute et ils ont bien fait de faire prépra, car le système le permet.

On arrive alors donc à des aberrations : à Supélec seul 20% à l’entrée déclaraient ( ce qui n’était pas mon cas ) aimer « l’élec » au sens large. Si on prend un peu de recul c’est quand même paradoxal.

Pour moi un bon enseignement scientifique est de permettre aux gens de trouver leur voix et d’exceller dans leur domaine.

Autre point marrant : en prépa dans ma MP* le prof a fait un sondage : qui préfère l’algèbre ou l’analyse ?
J’étais le seul à préférer l’analyse !
La prépa conduit une bonne partie des élèves a avoir une adoration pour les maths théoriques ( ceux de mp* ) et qui du coup sont décus quand ils vont en écoles ( sauf ceux qui font X ou ENS ) car ce n’est pas dans la suite logique de la prépa !!! Un comble …

Le style très personnel de l’article ne cache pas des idées qui sont très dures, et contre lequel je suis en totale opposition, si bien que je vais essayer d’y répondre point par point en conservant la numérotation de l’auteur. Je ne vous cache pas que l’article parvient à me convaincre du contraire, et que pourtant il y a de vraies choses à critiquer aux classes préparatoires ; mais on en vient à de tels stéréotypes dénués de toute réalité pour finir dans des justifications économiques totalement farfelues que je me demande vraiment si l’auteur a vraiment suivi le parcours qu’il a suivi ; si oui, il sera heureux d’être la preuve vivante de ce qu’il défend, c’est à dire celle qu’un titre aussi prestigieux soit-il ne protège pas de raconter des conneries dans d’autres domaines.

Les prépas rendent malade. Il y a un grand article dans le Monde pour le démontrer (Prépas, l’excellence au prix fort Cahier du Monde N°20852, 04/02/2012). La vie infligée aux jeunes dans ces prépas est à rapprocher de la maltraitance (à moins que l’on me démontre que cela a changé), la France va se retrouver un jour avec une assignation de la Cour de Justice Européenne ou quelque chose comme ça que ça ne m’étonnerait pas.
Je passe sur la Cour de justice européenne ou la Cour européenne des droits de l’homme qui devraient normalement nous laisser tranquille. Je n’ai moi-même pas vécu, ni même eu le sentiment d’avoir connu des personnes qui vivaient mal leur prépa au point de se rendre malade ; j’ai connu des personnes qui l’étaient, malades, mais elles n’allaient pas bien avant la prépa et ne vont toujours pas bien après. L’article du Monde ne reflétait pas du tout mon ressenti, et j’ai cru comprendre que c’était le cas de beaucoup de personnes ; peut-être faudrait-il y avoir des études épidémiologiques sur le système des prépas pour s’en assurer, mais affirmer quelque chose avec cet article du Monde comme source, cela me semble bancal.
Les prépas créent un sentiment de ratage, en raison des classements : on est toujours le raté de quelque chose : « t’as fait l’X parce que t’as pas pu faire l’ENS, t’as fait Centrale parce que t’as pas pu faire l’X, t’as fait Supélec parce que t’as pas pu faire Centrale, etc.. ; » dans une régression morbide et absurde, propre à la France. (La situation est très différente dans les pays anglo-saxons, où les concours ne sont pas nationaux, ni alignés sur la même grille et le même programme, etc.) . On pourra rapprocher cette observation du taux de suicide et de la consommation de tranquillisants dans ce pays (les plus élevés au monde).
Je ne crois pas une minute que les prépas créent ce sentiment de ratage. Ce sentiment, il existe avant, avec les mentions du bac, le bac, les notes… Il est inhérent à tout système de sélection, et même en admettant que tout système de sélection soit banni du système scolaire, il n’en sera que plus fort à l’embauche et dans le reste de la vie.

Par ailleurs, je ne suis pas du tout d’accord avec le fait que c’est propre à la France, et je commence à trouver qu’il faut arrêter avec l’exception française : les universités américaines, anglo-saxonnes, chinoises, sont triées et archi-triées dans les classements, la valeur d’un diplôme d’Harvard et Cambridge vous ouvrent bien des portes, la sélection est drastique et fait beaucoup de malheureux. Les concours nationaux ne sont pas si rares à l’étranger, où l’on peut par exemple prendre celui de la Chine.

Quant au rapport avec le taux de suicide et la consommation, je doute qu’on puisse tirer un quelconque rapprochement, la prépa ne touchant qu’environ 20 000 personnes sur 600 000 personnes d’un même génération. Expliquons nous alors le fort alcoolisme et la bonne circulation des drogues en université, alors que les étudiants connaissent peu la sélection (encore que, je mets évidemment de côté les filières de médecine, et de droit).

Arrêtons de faire croire que la sélection est une spécificité française au sein du monde, et une spécificité des prépas au sein de la France. Vous souhaitez devenir médecin, avocat, architecte ou artiste, la sélection sera souvent bien plus rude qu’à la sortie des classes préparatoires scientifiques. Qui plus est, tout pays a besoin de ses élites, et il y aura forcément une filière qui prendrait l’étendard si la prépa venait à disparaître, sauf à aller vers un égalitarisme extrême dont personne ne veut.

La prépa crée un sentiment de supériorité : le système français distille dans le cerveau des jeunes un esprit de caste supérieure. Je n’ai pas le temps dans un billet de blog de détailler, mais la phrase prononcée par le Général commandant de promotion à mon arrivée à l’X, en amphi Poincaré a été : « Souvenez-vous que vous êtes supérieurs à vos égaux » (Verbatim). Les diplômés qui viennent d’une grande Université européenne « ordinaire » ne font pas preuve d’un tel sentiment de supériorité.
Peut-être faudrait-il rapprocher plus cela à une arrogance qui est vu de l’étranger comme étant « bien française » et un besoin d’auto-flagellation qui lui est bien français ; je n’ai aucune façon de mesurer la supériorité mais je ne crois pas une minute que les personnes sortant d’Harvard ou de Cambridge fassent, en moyenne, preuve d’une plus grande humilité qu’un polytechnicien ; et quand bien même ce serait le cas, j’aimerais savoir en quoi nous pouvons imputer à la prépa cet état de fait.
La prépa coupe de la jeunesse. Les classes prépas confinent une fraction des jeunes dans un espace clos et scolaire qui les coupe du reste de leur génération. Ça n’a aucun sens, c’est mauvais et anti-démocratique. Dans les autres pays, les très bons élèves et les moins bons, font leurs classes sur les mêmes bancs, et la docimologie est là pour faire sortir du lot ceux qui le méritent, leur attribuer plus de bourses, etc. Il n’y aucun problème pour faire émerger une élite d’une génération; le couperet des classes prépas est nocif (pernicieux, irréversible, objectivant etc.). Dans les autres pays, les jeunes ont les mêmes souvenirs, il n’y a pas la classe prépa et les autres. Pire : le discours des profs de prépa révèle que les « autres », ceux de l’université par exemple, sont perçus comme des sortes de boulets, et que bien entendu, si les « bons » élèves allaient à l’université ils seraient en quelque sorte embourbés dans les « mauvais ». Ce discours explicite ou implicite est grotesque et stupide, comme le montre la simple observation de ce qui se fait ailleurs. Je suis pour la suppression immédiate des classes préparatoires. Le reversement des élèves dans des cursus de premiers cycles universitaires (ben oui, il y aura des « bons » et des « mauvais » étudiants, il y en a qui réussiront et d’autres qui échoueront), avec comme corollaire le reclassement des grandes écoles en second cycle universitaire, et rien n’empêche de conserver un concours d’entrée, s’ils y tiennent.
Les prépas sont parmi les années les plus agréables de ma vie. J’y ai rencontré des amis formidables. Aujourd’hui, je rencontre tous les jours des étudiants en master de philosophie, de droit public ou pénal, et à aucun moment je me sens supérieur, bien au contraire, face à ces matières que je ne maîtrise que trop peu. Eux-mêmes me regardent, j’en suis certain, comme quelqu’un de normal, ayant fait une grande école, ce qui autant source d’admiration que de railleries qui sont de bon ton. Des crétins qui sont incapables de discuter avec des personnes d’autres filières, il y en a, et j’en connais ; beaucoup n’ont pas fait de classes préparatoires. Beaucoup étaient déjà comme ça dès la première.
Le discours entendu fréquemment consiste à dire qu’on ne saurait faire de bonnes études sans un apartheid culturel entre étudiants et élèves de prépa. Or en réalité, cet apartheid touche aussi les enseignants, en sorte que les supposés meilleurs élèves ont en fait les plus mauvais professeurs, et vice-versa. De même qu’il est indéniable que les meilleurs élèves choisissent de faire une classe prépa sous la pression de la société, il est indéniable que, du point de vue de l’objectif final (inventivité, esprit d’entreprise, avancée technologique etc.), les plus mauvais professeurs sont en classe prépa.
Je n’ai jamais entendu qu’on « ne saurait faire de bonnes études sans un apartheid culturel entre étudiants et élèves de prépa ». Si quelqu’un a déjà entendu ça… Après, je ne comprends pas vraiment ce qu’il raconte, mais les plus mauvais professeurs que j’ai eu pour ma part étaient au collège, au lycée, et en école. Il n’y a qu’en prépa que j’ai obtenu une formation irréprochable et d’une excellente qualité. Et ça me fait mal de dire ça, car il y a des professeurs que je détestais.
La prépa coupe de la société. Les classes prépas confinent des jeunes dans un espace clos et scolaire qui les coupe du reste de la société. (Entrez dans une université, et vous remarquez tout de suite la différence d’ambiance : il y a des femmes, des vieux, des jeunes, des syndicalistes, des fils d’ouvriers etc. qui entretiennent entre eux des rapports normaux ; l’univers prépa-grande école est artificiel, déconnecté (déjà par rapport à la société française, alors par rapport au reste du monde, j’en parle même pas). (Je parle essentiellement des prépas scientifiques, 70% de garçons, 60% d’enfants de cadres et d’enseignants).
La prépa coupe la société, la prépa vole les grands-mères et mange vos enfants.
Soyons sérieux, la société est coupée : il n’y a pas besoin d’éplucher minutieusement tous les Insee Premiere pour s’en apercevoir. La rupture parmi les plus hauts revenus et les ménages les plus modestes est politique, elle est intellectuelle, elle est sociale ; elle s’entretient comme dans tous les pays, de façon naturelle. La prépa est justement, pour des enfants d’agriculteurs, d’ouvriers, de chômeurs, de faire leur preuve dans des études gratuites, sans distinction d’âge, de sexe, d’origine socio-professionnelle, et d’emprunter un ascenseur social qui monte à mes yeux bien haut pour des jeunes gratte-papiers sans expérience professionnelle, aussi intelligents soient-ils.
Venez en faculté de mathématiques, vous verrez s’il n’y a pas 70 de garçons et 60 d’enfants de cadres et d’enseignants. La prépa, comme toutes les études, n’est qu’un tardif révélateur d’inégalités patentes que couve le système scolaire depuis les premières années de primaire, si ce n’est malheureusement plus tôt.
La prépa coupe de la science. Voici l’ambiance d’une classe prépa, du matin au soir pendant 2 à trois années importantes (celles de l’explosion de la jeunesse). Voilà la vraie ambiance d’un laboratoire universitaire (le mien)

On serait sur ce forum que je crierai au troll, mais… :confused:

Le mode d’enseignement des classes prépas est un conservatoire de traditions rances, dans un espace scolaire clos. Ça a pour effet d’induire dans le cerveau de la jeunesse que la science consiste à faire des petits exercices mesquins à la chaîne. (Quand j’ai passé ma première colle en maths, l’examinateur m’a donné un exercice grotesque où-si-t’as-pas-vu-l’intégration-par-parties-tu-peux-rien-faire. Puis il m’a mis 1/20 en me disant : pour intégrer il faut connaître par cœur 300 exercices. C’est vrai, pour intégrer il faut connaître par cœur 300 exercices. Mais pour faire du PIB….
Ah ! Pour changer, je suis à moitié d’accord. À moitié car effectivement, la prépa est très calculatoire, comparé notamment à ce que l’on va trouver dans des études d’ingénieur dans des pays étrangers. À moitié seulement, car les TP de physique et les modèles utilisés permettent à ceux qui le veulent d’appréhender très bien la science ; à moitié seulement car toute la culture académique du pays est ainsi, et qu’un ami en master de physique à l’UPMC a des polycopiés avec bien plus de calculs que nous n’en avions. À moitié enfin car je n’ai jamais eu à apprendre par coeur des exercices. J’en aurais été incapable.

Quant à la remarque sur le PIB… Pour construire une voiture, effectivement, passer sa vie à faire des exercices académiques de mathématiques, effectivement, n’est sans doute pas l’idéal (encore qu’il en fallu). En revanche, sur des marchés financiers…

Que c’est long ! Je vais plus vite pour le point 7 où l’on nous dit que la prépa n’a plus d’avenir sans trop nous expliquer pourquoi.

Je ris beaucoup face à l’argument du déficit commercial français ; il est certain que si nos entreprises métallurgiques ou que nos agriculteurs mettent le pied sous la porte, c’est de la faute des prépas, et ça n’a sans doute rien à voir avec des histoires de coût du travail.

Quant à la suite, j’apprends que j’aurais du faire latin pour avoir une grande école…

Et enfin nous terminons par une fin d’article grandiose :

On dit beaucoup de mal du système américain reposant soi-disant sur l’argent (ce qui est largement faux, il repose en premier lieu sur le mérite). L’argent n’a pas d’odeur : les classes prépas ont une odeur de vieille France moisie. Aux US un commerçant Chinois ou Coréen, ayant réussi dans l’import-export pourra facilement faire entrer ses enfants dans la « haute société » américaine en payant Harvard. C’est proportionnellement beaucoup plus difficile pour un jeune fils d’immigré de rentrer à Polytechnique ou à Centrale.
Quel scandale, on ne peut pas payer pour mettre ses enfants dans les grandes écoles ! (les deux dernières phrases de cette citation me semblent en contradiction totale avec la première, mais je suppose que s’arrêter à cette contradiction après avoir lu l’entier article serait faire preuve d’un curieux sens du raisonnement).

M’attristent finalement plus que l’article les commentaires applaudissant ; il faut croire qu’il est adapté au lectorat.
Je commence à être effrayé par ces personnes qui semblent ne rien connaître du système, tel que je l’ai vécu et le vis encore en tous cas, mais qui pour des raisons idéologiques, politiques, en viennent à écrire des choses qui n’ont absolument rien de commun avec la réalité, mais correspondent à un imaginaire qui plaît à des personnes qui veulent s’imaginer que ces lieux qu’ils sont les premiers à voir comme élitistes sont des planques pour élites arrogantes et déconnectées du monde.

S’il y a bien un vrai sujet c’est cela : comment sortir d’un système où les élites sont-elles à ce point détestées (ou admirées) à ce point ?

squaro a écrit:

[quote=« Quetzalcoatl »]
Dépassé ? Avec son taux de réussite complètement exceptionnel ? J’en doute.
C’est normal à cause de la sélection à l’entrée.
[/quote]
Tout étudiant ayant le baccalauréat peut intégrer une classe préparatoire s’il ne recherche pas un lycée prestigieux, pourvu qu’il ait au moins 9 - 10 dans ses bulletins. La sélection n’est donc pas plus forte qu’en université, où l’on constate de toute façon un échec fort des étudiants aux dossiers comparables.
squaro a écrit:
Le problème c’est qu’elle forme une génération de taupins dont aucun quasiment n’a comme rêve de révolutionner tel ou tel secteur ( découverte d’une molécule, amélioration des débits, des moteurs de recherche,… ).
Non le rêve de 99% des taupins c’est d’intégrer l’X . Ce qui est logique car c’est la base même de la prépa.
Questions (après vérification sur wikipédia) : par où sont passés **tous **les derniers prix Nobel français de physique depuis 1929 ? Le **seul **prix Nobel français d’économie ? Ou l’ensemble des médaillés Fields français à l’exception du Vietnamien de l’année dernière ?

La prépa.

Avec ton argument, j’en déduis donc que l’université (du moins dans ses branches économie / maths / physique) forme des gens dont « aucun quasiment n’a comme rêve de révolutionner tel ou tel secteur »…
squaro a écrit:

Autre point marrant : en prépa dans ma MP* le prof a fait un sondage : qui préfère l’algèbre ou l’analyse ?
J’étais le seul à préférer l’analyse !
La prépa conduit une bonne partie des élèves a avoir une adoration pour les maths théoriques ( ceux de mp* ) et qui du coup sont décus quand ils vont en écoles ( sauf ceux qui font X ou ENS ) car ce n’est pas dans la suite logique de la prépa !!! Un comble …
Je préférais l’algèbre à l’analyse et j’étais déçu de ne pas avoir plus d’algèbre en école. Heu, et donc on en déduit quoi sur la suppression des classes prépas ?

@ThanPhi
Je suis également en opposition totale avec toi, puisque je pense que la suppression des classes prépa est une nécessité.

Je ne suis pas du tout contre une élite, mais je suis pour une élite scientifique et technologique.
Les prépas scientifique forment aujourd’hui une élite administrative

Je suis pour une formation qui cherche à développer la curiosité des élèves et à leur donner au minimum des pistes de rêves possibles.
En prépa a-t-on connaissance des défis technologiques majeurs à venir ? Parle-t-on de l’actualité scientifique ? MIT News | Massachusetts Institute of Technology
Jamais, car ce n’est pas priorité de personne. Et je trouve cela bien triste …

squaro a écrit:

@ThanPhi
Je suis également en opposition totale avec toi, puisque je pense que la suppression des classes prépa est une nécessité.
Ah, mais la conclusion je m’en fiche ; c’est ce qui nous amène qui m’importe.
squaro a écrit:
Je ne suis pas du tout contre une élite, mais je suis pour une élite scientifique et technologique.
Et on fait quoi en prépa ?
squaro a écrit:
Les prépas scientifique forment aujourd’hui une élite administrative
Administrative ?!
Mais pourquoi ?
squaro a écrit:
Je suis pour une formation qui cherche à développer la curiosité des élèves et à leur donner au minimum des pistes de rêves possibles.
Es-tu allé en licence de maths ou de physique ? C’est pareil en moins dense, sauf qu’il n’y a aucune cohésion de classe, des professeurs qui apparaissent et disparaissent à l’entrée et la sortie des amphis.
squaro a écrit:
En prépa a-t-on connaissance des défis technologiques majeurs à venir ? Parle-t-on de l’actualité scientifique ? MIT News | Massachusetts Institute of Technology
Jamais, car ce n’est pas priorité de personne. Et je trouve cela bien triste …
En sortant de prépa, je connaissais les différents types de moteurs qui équipaient tous les TGV, j’avais fait des sujets sur Ariane et Galileo, et un nombre incalculables sur le LHC ou ITER, pendant que notre professeur d’anglais semblait incapable de nous donner d’autres textes que ceux sur l’environnement (sauf ceux sur Obama en campagne… ça ne me rajeunit pas).

Tan Phi a écrit:

[quote=« squaro »]
Le problème c’est qu’elle forme une génération de taupins dont aucun quasiment n’a comme rêve de révolutionner tel ou tel secteur ( découverte d’une molécule, amélioration des débits, des moteurs de recherche,… ).
Non le rêve de 99% des taupins c’est d’intégrer l’X . Ce qui est logique car c’est la base même de la prépa.
Questions (après vérification sur wikipédia) : par où sont passés **tous **les derniers prix Nobel français de physique depuis 1929 ? Le **seul **prix Nobel français d’économie ? Ou l’ensemble des médaillés Fields français à l’exception du Vietnamien de l’année dernière ?
La prépa.
[/quote]
??? Aucun rapport selon moi. Oui la prépa peut former d’excellents chercheurs. Moi je parle de 99.999% des autres taupins qui n’auront pas ULM

Aucun rapport ? Tu me dis qu’aucun taupin ne rêve de révolutionner des secteurs. Pourtant, tous ceux qui l’ont fait* l’ont été. Tu n’y vois pas une contradiction évidente ? Et si ce que tu affirmes est faux pour ceux là, pourquoi ne le serait-ce pas pour les autres ?

J’espère bien faire quelque chose de ma vie ; nul doute que la majorité de mes camarades également. Certains, oui, ne recherchent que de l’argent ; d’autres voudront avoir un métier calme ; certains enfin, oui, adoreront exercer le métier d’ingénieur ou de chercheur avec plaisir.

Ce n’est pas parce qu’ils ont préparé des concours que c’est incompatible. Va-t-on dire ensuite que « le vrai problème, c’est que tous les bacheliers ont essayé d’avoir le baccalauréat, et donc qu’aucun quasiment n’a comme rêve de révolutionner tel ou tel secteur, non, le rêve de 99 % c’est d’avoir le bac » ?

Qu’il y ait des concours n’est absolument pas incompatible avec une volonté des étudiants de chercher, d’améliorer, de révolutionner ; sinon, l’École normale supérieur aurait des soucis à se faire depuis quelques temps déjà.

*au sens très restrictif je l’admets des prix Nobel, mais on va s’en contenter ici.

@Tan Phi

Je ne parle pas des écoles mais des prépa, tes propos sont hors-sujet.
Je dis qu’en prépa aucun temps n’est accordé à l’actualité scientifique ( sauf si le prof prend l’initiative de le faire ).

Réfléchis juste à la question suivante : quel est le meilleur système pour avoir au final les meilleurs scientifiques ( ingénieurs et chercheurs,… ) dans le monde actuel ? Si dans ta réfléxion tu trouves que ce système correspond au modèle actuel et bien… Le débat ne sert plus à rien.

D’une manière générale je ne vois pas comment un système aussi vieux peut encore être optimal autant d’années après . Juste du bon sens

squaro a écrit:

Je ne parle pas des écoles mais des prépa, tes propos sont hors-sujet.
Prépa et école, c’est un système qui est ensemble. Prendre une partie pour taper dessus sans regarder l’ensemble, ça n’a aucun intérêt.
Quant à juger ce qui est hors-sujet ou ne l’est pas… :unamused:
squaro a écrit:
Je dis qu’en prépa aucun temps n’est accordé à l’actualité scientifique ( sauf si le prof prend l’initiative de le faire ).
Donc supprimons les prépas. Et comme il n’y a pas d’actualité scientifique en terminale, supprimons les terminales.
D’ailleurs, je regarde toujours où il était question d’actualité scientifique dans les emplois du temps de L1 et L2 de physique, mais je ne trouve pas. Supprimons les universités.
squaro a écrit:
Réfléchis juste à la question suivante : quel est le meilleur système pour avoir au final les meilleurs scientifiques ( ingénieurs et chercheurs,… ) dans le monde actuel ? Si dans ta réfléxion tu trouves que ce système correspond au modèle actuel et bien… Le débat ne sert plus à rien.
Réfléchis juste à la question suivante : le meilleur système pour avoir les meilleurs scientifiques existe-t-il ? Vouloir chercher le meilleur système au monde, ça ne témoigne pas d’une grande hauteur de vue sur les enjeux de l’enseignement supérieur. Il n’y a pas de meilleur système ; université et prépa répondent à des besoins fondamentalement différents. Les universités elles-mêmes sont très hétérogènes de part leurs différents fonctionnements dans les pays, car elles répondent à des cultures et des besoins fondamentalement différents.
squaro a écrit:
D’une manière générale je ne vois pas comment un système aussi vieux peut encore être optimal autant d’années après . Juste du bon sens
Un raisonnement imparable…
Les universités étant bien plus vieilles que la prépa (et pas d’un peu !), je ne vois pas comment celle-ci pourrait être optimales tant d’années après. :neutral_face:
Juste du bon sens. Supprimons les universités.

Tan Phi, je t’aime !!
Chaque mot que tu écris est la parfaite traduction de ma pensée. Et je pense qu’on doit être des milliers à adorer/avoir adoré la prépa. Sa suppression est inenvisageable.
Je vous conseille la lecture de ce topic où ce sujet avait déjà partiellement été débattu. Vous y trouverez pas mal d’arguments de la part des deux camps.

ØļivierŏđÐ a écrit:

Tan Phi, je t’aime !!
Moi aussi ØļivierŏđÐ !
Promis, on se pacse le jour où je maîtrise assez bien l’index unicode pour parvenir à écrire ton pseudo sans copier-coller.

ØļivierŏđÐ a écrit:

Tan Phi, je t’aime !!
Chaque mot que tu écris est la parfaite traduction de ma pensée. Et je pense qu’on doit être des milliers à adorer/avoir adoré la prépa. Sa suppression est inenvisageable.
Je vous conseille la lecture de ce topic où ce sujet avait déjà partiellement été débattu. Vous y trouverez pas mal d’arguments de la part des deux camps.
J’ai aussi adoré la prépa . Pourtant après 7 ans d’expériences dans le privée je ne pense pas que ce système soit adapté au monde d’aujourd’hui.
Il ne favorise pas assez l’innovation et la poursuite de carrières scientifiques.

squaro a écrit:

Evidemment comme toutes les élites en viennent c’est difficile de faire une auto-critique. Pourtant c’est possible, ayez le courage
Il y a beaucoup de choses que je changerais en prépa si je le pouvais, notamment concernant le programme (introduction d’une belle dose de statistiques, pourquoi pas un chouilla d’économie, suppression de la géométrie), mais surtout concernant les écoles où je trouve les cours d’une qualité et d’un intérêt très inégaux.

Tu vas nous apprendre l’auto-critique maintenant ? :wink:
Ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord avec ce que l’on dit qu’on est incapable d’auto-critique et de réflexion, et je suis loin de m’apparenter ou de m’assimiler à une « élite ». En temps passé sur ce forum, peut-être, mais en dehors…

ØļivierŏđÐ a écrit:

Tan Phi, je t’aime !!
Chaque mot que tu écris est la parfaite traduction de ma pensée. Et je pense qu’on doit être des milliers à adorer/avoir adoré la prépa. Sa suppression est inenvisageable.
Je vous conseille la lecture de ce topic où ce sujet avait déjà partiellement été débattu. Vous y trouverez pas mal d’arguments de la part des deux camps.
+1 comme souvent tu exprimes très bien ma pensée. :smiley:

ØļivierŏđÐ a écrit:

Tan Phi, je t’aime !!
Chaque mot que tu écris est la parfaite traduction de ma pensée. Et je pense qu’on doit être des milliers à adorer/avoir adoré la prépa. Sa suppression est inenvisageable.
Je vous conseille la lecture de ce topic où ce sujet avait déjà partiellement été débattu. Vous y trouverez pas mal d’arguments de la part des deux camps.
+1
Je dirai même : Tan Phi tu exprime bien mieux ma pensée que je le ferai :grin: