Un fainéant en prépa : possible ?

Bonjour.Ces dernier temps je me suis rendu compte que j’étais finalement un fainéant c’est à dire que j’en fais le moins possible et ce y compris en classe.Pourtant je voudrais aller en prépa et je pense être assez ambitieux .Cependant ma prof de math connaissant cet aspect de mon « caractère » me demande d’envisager les prépas intégrées (où j’ai été pris sur dossier).J’avance l’argument qu’il existe l’émulation en prépa ce à quoi elle me répond que je pourrais trés bien essayer de battre le major de la classe de ma terminale pour m’émuler par exemple et je ne le fais pas.Bref je ne sais pas s’ il est possible de me mettre au boulot en prépa malgré ma fainéantise naturelle.J’aimerais avoir votre avis pour savoir si des gens « de mon espèce » sont en prépa et comment ils font pour se motiver à bosser la cas échéant.Merci :slight_smile:

J’ai connu des étudiants qui étaient fainéants en début de sup. Je ne me souviens d’aucuns qui se soient véritablement mis à travailler, même en spé ou pour les concours, malgré toutes les bonnes volontés promises ou l’émulation trouvée (AUCUN n’étaient premier et ce, de loin). Aucun n’a intégré à la hauteur de son potentiel « détecté », un bon nombre n’est même pas allé en étoile pour ça. Quelques uns ont même très certainement « loupé Polytechnique » pour ça. Encore cette année, un de mes étudiants, qui avait du potentiel, a vu ses résultats plonger faute de travail et a désormais abandonné.

Bref, les fainéants, perso, je ne leur tape plus dessus. Ils ne veulent pas bosser, c’est leur problème. Seulement, maintenant, je ne crois plus personne qui me dit « Je vais me mettre à bosser ». J’attends de voir.

Maintenant, il faut savoir qu’en prépa intégrée il n’y a pas moins de travail ! Il y a peut-être un peu moins de stress et de contraintes, mais il n’y a pas moins de travail.
nimp a écrit:

Cependant ma prof de math connaissant cet aspect de mon « caractère » me demande d’envisager les prépas intégrées (où j’ai été pris sur dossier).J’avance l’argument qu’il existe l’émulation en prépa ce à quoi elle me répond que je pourrais trés bien essayer de battre le major de la classe de ma terminale pour m’émuler par exemple.
Je ne voudrais pas avoir l’impression de généraliser trop hâtivement sur les dizaines de cas que je connais, mais j’ai quand même la furieuse impression qu’un fainéant n’est pas sensible à l’émulation. Un fainéant préfèrera travailler moins voire peu voire excessivement peu tant que ses résultats le satisfont. Certains n’ont pas ou peu d’ambition. Certains qui ont de l’ambition, qui sont brillants se « contentent » d’une école centrale. Bref, l’émulation, pour des fainéants, je n’y crois pas.

Ouais, effectivement, si tu ne décides pas de changer avant d’entrer en prépa, je crains que ce que dit CBP ne se réalise : une fois que tu as commencé l’année sans bosser assez (tes profs le remarquent normalement), c’est plus difficile de changer. Mais je connais des gens qui ont tiré profit de la transition lycée/prépa et qui sont passés de lycéen gros flemmard à taupin honnête niveau travail.

Honnêtement c’est possible de réussir (très) honorablement en étant fainéant mais comme le dit CBP, on ne peut pas en règle général exploiter tout son potentiel dans ces conditions. Personnellement, j’ai eu des gros problèmes avec le travail, et même si ça a pas mal fini pour moi, j’ai quand même du faire 5/2 et je pense qu’il aurait été plus difficile pour moi de rater l’X dans d’autres circonstances.(mais maintenant ça ne m’avance à rien de penser ça… mais de toute façon je m’en fout :grin: … hum.)
En tout cas il faut quand même être à l’aise et surtout être très efficace en cours. Etre fainéant, quand on vaut aussi réussir, ça peut permettre de bien optimiser son (peu de) temps de travail. D’ailleurs on peut être fondamentalement fainéant mais quand même bosser pas mal (mais normalement on se sent de moins en moins fainéant à l’intérieur;) ).

Et puis ne rêve pas, on bosse en prépa intégrée! Si c’est pas plus motivant pour toi, tu n’as pas forcément plus de chances d’y réussir!

Bref, on peut être fainéant mais dans une mesure compatible avec ses facilités et avec ses ambitions.
Je te conseille de t’appliquer dès maintenant à changer ça.

Je distingue deux types de fainéantise : l’une, plutôt imbécile, qui consiste a ne pas avoir d’ambition et à se laisser porter par le courant; l’autre, c’est celle qui te pousse à être très efficace dans son travail pour te dégager du temps pour autre chose (lecture, sorties culturelles, cinéma,etc). Des choses intéressantes pour soi, épanouissantes. Pas traîner dans les couloirs ou fumer/bavarder dehors jusqu’à pas d’heures comme j’ai vu certains le faire…
Si tu relèves de cette seconde catégorie, et si tu te mets un objectif précis en tête (telle école ou bien tel domaine), alors tu as toute tes chances. :wink:

Elhan a écrit:

Je distingue deux types de fainéantise : l’une, plutôt imbécile, qui consiste a ne pas avoir d’ambition et à se laisser porter par le courant; l’autre, c’est celle qui te pousse à être très efficace dans son travail pour te dégager du temps pour autre chose (lecture, sorties culturelles, cinéma,etc). Des choses intéressantes pour soi, épanouissantes. Pas traîner dans les couloirs ou fumer/bavarder dehors jusqu’à pas d’heures comme j’ai vu certains le faire…
Si tu relèves de cette seconde catégorie, et si tu te mets un objectif précis en tête (telle école ou bien tel domaine), alors tu as toute tes chances. :wink:
Juste pour dire que je ne suis pas tout à fait d’accord avec tes catégories. La simple existence des gens qui vivent très mal leur « fainéantise » la contredit: certaines personnes, qui par ailleurs vivent en général bien leur « fainéantise », se sentent extrêmement mal quand ils se trouvent dans des situations dans lesquelles ils aimeraient agir sans y arriver. On pourra objecter qu’il ne s’agit pas de fainéantise, ce qui est peut être vrai, mais la limite peut être ténue et il n’est pas forcément facile, même pour les premiers intéressés, de faire la différence. Je pense qu’il est important de le signaler sur ce forum, et dans ces cas là il faut probablement consulter un spécialiste (un « psy » j’entends :grin: ). Enfin je dis ça mais il ne faut pas commencer à se chercher trop d’excuses et à se poser en victime de son poil dans la main, ça n’avance à rien.

nimp a écrit:

Bonjour.Ces dernier temps je me suis rendu compte que j’étais finalement un fainéant c’est à dire que j’en fais le moins possible et ce y compris en classe.Pourtant je voudrais aller en prépa et je pense être assez ambitieux .Cependant ma prof de math connaissant cet aspect de mon « caractère » me demande d’envisager les prépas intégrées (où j’ai été pris sur dossier).J’avance l’argument qu’il existe l’émulation en prépa ce à quoi elle me répond que je pourrais trés bien essayer de battre le major de la classe de ma terminale pour m’émuler par exemple et je ne le fais pas.Bref je ne sais pas s’ il est possible de me mettre au boulot en prépa malgré ma fainéantise naturelle.J’aimerais avoir votre avis pour savoir si des gens « de mon espèce » sont en prépa et comment ils font pour se motiver à bosser la cas échéant.Merci :slight_smile:
j’étais comme toi (et je le suis toujours ^^), au lycée j’ai jamais rien fait, j’en foutais pas une rame. en prépa ça a changé un petit peu, mais pas beaucoup… je suis d’accord avec CBP.
mais ça veut pas dire que tu ne réussiras pas! perso, je fais quelque chose qui me plait. j’aurais sûrement pu avoir mieux, mais je m’en fiche…

si ton ambition c’est de faire quelque chose qui te plait, être une feignasse c’est pas un problème :grin:
par contre, va falloir te bouger si tu vises vraiment le top :wink:

Glandouillor a écrit:

J’étais comme toi (et je le suis toujours ^^), au lycée j’ai jamais rien fait, j’en foutais pas une rame. en prépa ça a changé un petit peu, mais pas beaucoup… je suis d’accord avec CBP.
mais ça veut pas dire que tu ne réussiras pas! perso, je fais quelque chose qui me plait. j’aurais sûrement pu avoir mieux, mais je m’en fiche…
+1 Le plus « fainéant » que je connaisse a eu Supélec en 3/2. Il aurait largement pu avoir l’X en 3/2 s’il avait bossé « un peu » en sup et en spé. En 5/2, il aurait largement pu avoir l’X en bossant. Oui mais voilà, fallait bosser …

Maintenant, il est très content de ce qu’il a (n’est-ce pas là le principal ?), MAIS c’est clair qu’il n’a pas exploité tout son potentiel.

Je rebondis sur le dernier message.

MAIS c’est clair qu’il n’a pas exploité tout son potentiel.
C’est un équilibre aussi. Etre fainéant, c’est pas ne RIEN faire, mais c’est faire autre chose que travailler. Certains ont en vraiment besoin (d’autre chose), d’autres n’arrivent pas à s’en détacher. Donc si le monsieur avait sacrifié plus de son temps libre juste pour l’X, personne ne garantit qu’il est gagnant.

Sinon, écoute CBP. Quand on aime pas travailler (ses cours, être fainéant c’est pas quelque chose de global), on change pas.

Bref, les fainéants, perso, je ne leur tape plus dessus
Personnellement, j’en ai jamais reçu des coups. Pourtant, faut croire que je les cherchais, à défaut de ne pas être capable de les demander…

Remarque : le milieu influe beaucoup. Je suis à peu près sûr que si j’avais été en internat entouré de personnes travaillant très sérieusement, sans accès à Internet et autres distractions, j’aurais appris mon cours.

Mais après il y a deux types de fainéants :

  • Ceux qui ne font rien quand ils peuvent ne rien faire : à part faire les DM, les exos quand ils sont interessants et apprendre les démos pour la colle, ben ils font pas grand chose.
  • Ceux qui ne font jamais rien : c’est à dire ne jamais apprendre son cours, ni faire les Dm, ni faire les exos.

Quand t’es dans la première catégorie, ça va encore, car au final sans t’en rendre compte, tu fais le minimum strict, et si t’as des facilités, tu peux t’en sortir pas mal.
Quand t’es dans le deuxième catégorie, ça fait vraiment mal à moins d’être un génie.

Le plus « fainéant » que je connaisse a eu Supélec en 3/2. Il aurait largement pu avoir l’X en 3/2 s’il avait bossé « un peu » en sup et en spé. En 5/2, il aurait largement pu avoir l’X en bossant. Oui mais voilà, fallait bosser …
→ Après avoir lu souvent ce genre de choses sur le forum, je m’interroge.
Est-ce « obligatoire », sous peine d’être mal vu, d’exploiter au maximum son potentiel ?

Enfin, étant un adepte du moindre effort, je me demande : qu’en est-il de l’élève qui préfère avoir une petite école sans se fouler en prépa plutôt que l’X en s’arrachant ? Doit-il être blâmé ?

La finalité de chaque taupin doit-elle être d’intégrer la meilleure école que lui permettent ses capacités, quel qu’en soit l’effort à fournir ?

<----- Fainéant :neutral_face: (En milieu d’année j’aurais mis :grin: mais après les premiers concours c’est plutôt :neutral_face: )

Être fait pour la prépa ou non n’a rien à voir avec la fainéantise. Ça a à voir avec ce que tu aimerais faire plus tard, avec les matières que tu apprécies, etc..
Si tu veux viser le top, tu vas surement finir en 5/2 si tu ne te retrousses pas les manches DES LA SUP (Ce que l’on peut rattraper en Spé a ses limites..). Et si tu as une ambition modérée, que tu n’as pas forcément envie d’avoir la meilleure école mais simplement d’avoir une école où tu pourrais faire ce qui te plait, y’a tellement le choix que tu trouveras ton bonheur quelque part.
Mais faut aussi savoir que tu peux soudainement devenir ambitieux en fin de Spé et te taper quand même une 5/2 :grin: .

En résumé, si tu entends par fainéant ne rien glander du tout, soit tu as des capacités personnelles très très au dessus de la moyenne, soit tu révises tes ambitions à la baisse :slight_smile:
Et vu que tu ne connais pas l’étendue de tes capacités avant d’en avoir atteint les limites, c’est un pari très risqué que de se dire dès le départ qu’on a envie de ne rien foutre.
L’idéal c’est de commencer en travaillant pas mal et de diminuer la charge de travail en fonction des facilités ou non que tu découvriras(ou pas).

Après, comme te l’ont dit plusieurs posteurs, il y a le fainéant « malin », qui évalue très bien quand et quoi travailler.

Moust a écrit:

Après avoir lu souvent ce genre de choses sur le forum, je m’interroge.
Est-ce « obligatoire », sous peine d’être mal vu, d’exploiter au maximum son potentiel ?

Enfin, étant un adepte du moindre effort, je me demande : qu’en est-il de l’élève qui préfère avoir une petite école sans se fouler en prépa plutôt que l’X en s’arrachant ? Doit-il être blâmé ?

La finalité de chaque taupin doit-elle être d’intégrer la meilleure école que lui permettent ses capacités, quel qu’en soit l’effort à fournir ?
ben… j’avais fait le même raisonnement « à l’époque ». Après tout, j’étais à peu près pareil…
Ma conclusion est : on fait ce que l’on veut - mais il ne faut pas le regretter après. Il ne faut pas arriver 10 ans après "ah, si seulement j’avais un peu moins joué à la console - et bossé un peu plus, j’aurais sûrement eu les Mines de Paris au lieu de [mettez ici le nom de votre école] " . Quelques soient les résultats aux concours, vous êtes les seuls responsables (et pas le profs, la classe, les autres…)
Bref, personnellement, je me suis quand même bien remué. Je n’ai presque pas travaillé en terminale - ben je vous garantis que les gens qui me connaissaient d’avant la prépa ne me reconnaissaient plus… Par contre, j’ai refusé de me tuer au boulot, de bosser jour et nuit et de ne prendre aucun jour de repos : bref, tous les jours, j’arrêtais de bosser à 22h - et je ne travaillais pas le Samedi (parce que Dimanche, il faut réviser les khôlles du Lundi :smiley: ). C’était un compromis avec moi-même… Je savais que je risquais pas d’avoir la meilleure école correspondant à mon « potentiel » - mais il fallait pas non plus tout jeter en l’air…

Bon… après, chacun fait ce qu’il veut :grin: on est dans un pays libre… et si les autres gens nous blâment, qu’ils s’occupent de leurs chaussettes :smiling_imp: (même s’ils font parfois ça de bon conseil)

Moust a écrit:

Le plus « fainéant » que je connaisse a eu Supélec en 3/2. Il aurait largement pu avoir l’X en 3/2 s’il avait bossé « un peu » en sup et en spé. En 5/2, il aurait largement pu avoir l’X en bossant. Oui mais voilà, fallait bosser …
→ Après avoir lu souvent ce genre de choses sur le forum, je m’interroge.
Est-ce « obligatoire », sous peine d’être mal vu, d’exploiter au maximum son potentiel ?

Enfin, étant un adepte du moindre effort, je me demande : qu’en est-il de l’élève qui préfère avoir une petite école sans se fouler en prépa plutôt que l’X en s’arrachant ? Doit-il être blâmé ?

La finalité de chaque taupin doit-elle être d’intégrer la meilleure école que lui permettent ses capacités, quel qu’en soit l’effort à fournir ?
Plusieurs choses.

Déjà de manière « générale », dans la « vraie vie », la professionnelle, celui qui a la gniac ira plus loin qu’un autre. Dire d’emblée à un potentiel employeur « Bon, j’ai combien de vacances ? » en général, ça fait mal. C’est aussi vrai « partout », dans les loisirs, les relations avec les autres, plus on se donne, plus on donne de son temps, mieux ça va. Et cette mentalité de cool-attitude, j’avoue que j’ai du mal à en comprendre toute la cohérence car pour moi elle a tout d’une vision à court terme des choses. Vous me direz que c’est générationnel, peut-être. Mais même en ayant (vraiment beaucoup) trimé au boulot, je n’ai jamais eu l’impression de passer à côté de quoi que ce soit de fondamental. Et c’est pourquoi comme je reste intimement persuadé que le travail (même intense) est tout à fait compatible avec une foule d’activités sociales et personnelles je ne comprends pas l’attitude de fainéantise où il n’y a que des choses à perdre. Ceci dit, je suis bien conscient que la fainéantise ne se raisonne pas. C’est à mon avis une sorte de cercle vicieux. :wink:

De manière plus « particulière », pour la prépa. Personnellement, je n’ai rien, mais alors VRAIMENT rien contre les fainéants. Mais ils doivent assumer leurs actes. Car professionnellement parlant, je crains très fortement que cette fainéantise diffuse chez d’autres personnes qui auraient pu plus travailler s’ils n’avaient pas été là. Donc, les fainéants, si personnellement ça ne me touche pas parce que ça ne me concerne pas (je ne suis pas leur père ! :wink:) en tant que prof, je m’oppose à leurs passages si je pense en mon âme et conscience que leur attitude peut être néfaste à au moins une personne.

Nous sommes en société, nos actes nous définissent et on ne peut pas ignorer que nos actes (ou nos non actes) influencent un entourage que l’on côtoie plusieurs heures par jour. Après, il faut assumer.

Être feignant au lycée c’est commun, il n’y a rien a faire et aucune « récompense » pour ceux qui s’arrachent. Peut-être vaut-il mieux passer ces années là a rigoler (ce que j’ai fait et que je conseille fortement). Une fois en prepa, tu as le choix de travailler ou pas, il faut juste savoir ce que l’on veut. De toutes facons les etudiants assument leurs choix.
Il y a différents degrés de « travail », penses-tu travailler pendant les vacances?les week-end?pendant les pauses a midi? Au début certainement que non (faut pas déconner je relirai ce soir ca ira) puis viendront tes premiers résultats, satisfaits? pas satisfaits? est-ce que tu vas travailler plus pour autant? est-ce que tes résultats vont s’améliorer pour autant? Si les maths, la physique ou l’info t’intéressent, si après tout c’est que deux ans alors oui tu vas peut-etre travailler réellement ces matières ( sans forcement de desiocialiser, te laisser pousser la barbe comme soljenitsyne ou que sais-je). Si tu penses que le jeu en vaut la chandelle (et c’est ce que je pense on l’aura compris) alors tu t’investiras peut-etre. Mais peut-etre tu choisiras de ne pas trop te faire de mal et cela suffira pour avoir une école que tu apprécieras. Voilà tout est question de choix mais tenter une prepa de toutes facons c’est gratuit et ca apporte même a ceux qui échouent.
Quant aux égocentriques acharnés (je ne vise personne et il n’y a aucune ironie): tout le monde exploite son potentiel, ceux qui pensent que « en bossant j’aurai eu l’X » sont des naifs, le travail fait partie intégrante des capacités. Le potentiel, c’est bien pour se regarder le nombril et se dire qu’apres tout on est vraiment tres intelligent.

Je suis un peu « fainéant ». En prépa, c’est à l’orgeuil que j’ai carburé. Par exemple, en Bio, quand tu as l’impression d’avoir bien cerné les enjeux du sujet, construis un plan solide et synthétique, mais que tu te tapes une note moyenne parce que tu n’as pas appris le nom de cette foutue protéine ou le protocole exact de cette satané expérience, alors qu’à côté de toi la fille qui n’a rien compris, fait un plan tout moisi, mais qui recrache tout son cours comme un joli perroquet, en a une meilleur, et bien, quand tu rentres chez toi, t’as qu’une envie c’est de te plonger dans tes cours parce que « c’est trop bête et injuste ».
J’imagine que c’est pareil en maths ou en physique. Cela doit être très frustrant d’avoir l’impression de mieux « sentir » les phénomènes, d’avoir mieux compris l’exo, mais de buter parce que tu ne te rappelles plus de la formule exacte, tandis que le voisin s’en tire en ayant simplement bourriné trente annales. Donc l’orgueil de ne pas vouloir être battu par présumé « moins intelligent que soi » (scolairement), c’est un execllent pousse-au-cul en prépa.

Petite digression sinon : une fois en école, vous n’avez pas l’impression, parfois, que la prépa vous a rendu plus paresseux que vous ne l’étiez ? J’ai vraiment l’impression que je ne serais plus capable de travailler comme en prépa. C’est comme si elle m’avait donné de supers méthodes (d’analyse
de problèmes, de synthétisation de l’information, etc) mais fait perdre des facultés de concentration, de patience, de sacrifice, en les mobilisant trop fortement.

Calyps0 a écrit:

Donc l’orgueil de ne pas vouloir être battu par présumé « moins intelligent que soi » (scolairement), c’est un execllent pousse-au-cul en prépa.
Si c’est seulement c’était aussi général.
Nailuree a écrit:
Être feignant au lycée c’est commun, il n’y a rien a faire et aucune « récompense » pour ceux qui s’arrachent. Peut-être vaut-il mieux passer ces années là a rigoler (ce que j’ai fait et que je conseille fortement).
C’est archi faux, c’est pas commun. Entre ceux qui disent qu’ils foutent rien parcequ’ils éprouvent une honte dans le travail (c’est con mais ça existe), et ceux qui foutent réellement rien, il y a une grande marge (d’hypocrisie).
Et deuxième chose, on apprend pas à bosser du jour au lendemain. Travailler, comme c’est souvent répété, c’est pas juste passer du temps étiqueté « travail ». Il y a des méthodes et techniques propres à chacun, et passer ses deux années de prépa à les découvrir, c’est du gâchis. Donc il est abruti de conseiller de ne pas travailler avant la sup. Au contraire, si on sait qu’on va aller en prépa assez tôt dans sa scolarité, alors il faudrait mieux commencer à s’organiser en terme de travail, tant que c’est relax, et que y a pas toute la chimie orga derrière.

Comme pour toute chose, tout n’est pas noir ni blanc. S’en sortir en prépa avec un minimum sans se fouler ? c’est possible. Maintenant, viser une parisienne toujours sans noter le cours, faire les dms, y a déjà moins de chance.
CBP a écrit:

Mais même en ayant (vraiment beaucoup) trimé au boulot, je n’ai jamais eu l’impression de passer à côté de quoi que ce soit de fondamental.
Sans vouloir offenser, c’est peut être parce que travailler sans relâche ne peut se faire sans un état d’esprit adéquat, état d’esprit qui consiste à rendre toute autre activité ne menant pas à une réussite professionnelle superflu et donc dispensable. Mais le débat devient philosophique et conditionnel…

Petite digression sinon : une fois en école, vous n’avez pas l’impression, parfois, que la prépa vous a rendu plus paresseux que vous ne l’étiez ? J’ai vraiment l’impression que je ne serais plus capable de travailler comme en prépa. C’est comme si elle m’avait donné de supers méthodes (d’analyse
de problèmes, de synthétisation de l’information, etc) mais fait perdre des facultés de concentration, de patience, de sacrifice, en les mobilisant trop fortement.
En ce qui me concerne, même en école d’ingé, je continue de pas mal travailler. Moins qu’en prépa, bien sûr, parce que j’ai eu certaines matières qui m’intéressaient moins (donc j’y passais moins de temps) et/ou qui étaient moins exigeantes que ne l’était la prépa en terme de travail. Cependant, si tu as envie d’avoir des super bonnes notes, il y a moyen de devoir consacrer beaucoup de temps à ses cours. Après, aussi, il faut voir pourquoi on peut être amené à travailler, quels sont les enjeux. Alors attention, c’est caricatural, hein. Mais, dans mon esprit, ça ressemble un peu à :

  • en CP, tu bosses pour avoir des bon points et une image : enjeu = 0+
  • en CM2, tu bosses pour aller dans le collège qui offre des cours de latin, de russe et de musique, et pas l’autre collège qui a une sale réputation : enjeu = ++
  • en 3ème, tu bosses pour être admis en 2de générale, et ne pas te retrouver à devoir choisir une orientation « à l’arrache », sans savoir ce qu’elle représente : enjeu = +++
  • en 2de, tu bosses pour être admis en 1ère S, parce que les sciences, « ça ouvre toutes les portes » : enjeu = ++++
  • en Tale, tu bosses pour être admis en prépa, parce que tu préfères te voir offrir de manière quasi-assurée une place d’ingénieur que d’aller à l’université, qui fait sans doute un peu peur et dont tu ne connais que les grèves (dont le journaliste de TF1 parle à la télé, tous les ans, au moment du bac) : enjeu = +++++
  • en prépa, tu bosses parce que tu es en prépa :grin: et parce qu’être admis à l’X, Centrale ou l’ENS est l’assurance d’avoir une carrière professionnelle aboutie : enjeu = ++++++
  • en école, tu ne bosses plus, parce que ça fait moche d’avoir l’air d’un « polard », et que, de toutes façons, on s’en fiche de tes notes, l’essentiel c’est de valider : enjeu = ------

Cependant, en ce qui concerne le boulot en école, ce n’est pas cette réalité-là que j’ai rencontrée. C’est sûr, tu as beaucoup plus de sollicitations extra-scolaires que tu n’en avais en prépa. Mais il peut encore y avoir des enjeux importants dans ton travail.
À titre personnel, à l’école polytechnique, il m’est demandé de mener une quatrième année dans une autre école, une université, ou un corps de l’État. Là, je me suis dit que j’aimerais bien aller au corps des Mines ; mais c’est chaud, cette année il n’y a que 20 places, et elles sont squattées par les 20 premiers du classement. Alors ce n’est pas grave, le corps des Mines c’est trop dur pour moi, j’aimerais bien partir faire un Master-Thèse en informatique au MIT ou à Stanford ; mais là aussi c’est chaud, l’X n’a envoyé que 2 élèves en 5 ans pour faire un MS d’informatique au MIT, et il faut avoir des lettres de recommandation excellentes de la part de tes professeurs, en plus d’un transcript (relevé de notes) impeccable.
Moralité : on te propose encore des parcours exceptionnels (parce que bon, X-Mines ou X-MIT, je ne peux que me réjouir de la chance que j’ai eue de me voir proposer de telles opportunités), mais après il faut les mériter. Et donc, en pratique, même si j’ai, de manière générale, moins bossé qu’en prépa, je peux t’assurer que, à l’époque où les projets à rendre et les partiels se multiplient, c’est à chaque fois une période de 2 semaines où je bosse largement plus qu’en spé.

Mais bon, en ce qui concerne la baisse du travail en école d’ingé, je m’imagine que c’est surtout dû à une baisse de motivation, parce que l’on ne voit pas les enjeux qui se cachent derrière. Et c’est vrai : à quoi bon travailler plus si valider ric-rac ne me sera nullement préjudiciable pour la suite ?

Sauf qu’avoir des bonnes notes permet effectivement de bénéficier de privilèges : voyages de formation à l’étranger, échanges, meilleures places…

Certes mais être malin et savoir trouver des opportunités sois même (en dehors de doubles diplômes habituels qui sont sélectifs) peut aussi permettre d’avoir accès à des formations excellentes (en France et à l’étranger), sans avoir besoin de bonnes notes… :wink:
Et puis quand on est en école d’ingés, on a tendance à se dire que son diplôme il est déjà pas si mal. Ce qui n’est pas faux, il ne faut pas l’oublier! :grin: