Avec le programme de prépa HEC, tu dois raisonner au cas par cas. Tu sais que si P\in\mathbb{R}[X] est annulateur de u\in\mathcal{L}(E), alors \mathrm{Spec}(u)\subset \{ \lambda\in\mathbb{C} \mid P(\lambda)=0\}. Ca aide grandement à faire le ménage parmi les valeurs propres, tu connais au moins celles qui sont candidates.
Ensuite, faut t’adapter à l’exercice.
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si u est nilpotent d’indice k \geqslant 2, alors X^k est annulateur de u, \mathrm{Spec}(u)\subset \{0\}; et 0 est effectivement valeur propre car u est non inversible. Ainsi u a exactement une valeur propre, mais u\neq 0.Id_E=\theta, donc u n’est pas diagonalisable. [passage corrigé, merci à -guigui-]
(rappel : u est diagonalisable et admet exactement une valeur propre \lambda si et seulement si u=\lambda.Id_E cad u est une homothétie vectorielle de rapport \lambda).
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si u est un endomorphisme symétrique, tu es assuré qu’il admet au moins une valeur propre. De plus, tu sais que toutes ses valeurs propres sont réelles, \mathrm{Spec}(u)\subset\mathbb{R}.
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tu dois maîtriser le cas des projecteurs/projections et des symétries.
Si p est une projection vectorielle non triviale (différente de l’endomorphisme nul et de l’identité), alors \displaystyle E=\mathrm{Ker}(p)\oplus\mathrm{Ker}(p-Id), ces 2 sous-espaces propres ne sont pas réduits à l’espace nul \{\vec{0} \} et \mathrm{Spec}(p)=\{0,1\}.
Si s est une symétrie vectorielle non triviale (différente de +/- l’identité), alors \displaystyle E=\mathrm{Ker}(s-Id)\oplus\mathrm{Ker}(s+Id), ces 2 sous-espaces propres ne sont pas réduits à l’espace nul \{\vec{0} \} et \mathrm{Spec}(s)=\{-1,1\}.
Enfin, et ça c’est du bonus vraiment essentiel si tu vises les 3 parisiennes, tu dois connaître une version simplifiée du lemme des noyaux. Non pas pour la balancer telle quelle à l’écrit ou l’oral (ça risque fort de ne pas passer puisque ça court-circuiterait entre 1 et 3 questions), mais pour connaître à l’avance si ce que tu cherches à montrer est vrai ou faux, bref pour te donner des directions.
L’énoncé que tu dois connaître en ECS est :
Si (\lambda_i)_{1\leqslant i \leqslant p} sont p réels/complexes distincts et que \displaystyle P=\prod_{i=1}^p{(X-\lambda_i)} est un polynôme annulateur de u, alors : \displaystyle E=\bigoplus_{i=1}^p{\mathrm{Ker}(u-\lambda_i Id_E)}.
Ceci t’assure que u est diagonalisable : E est somme directe de sous-espaces, qui sont soit des espaces nuls (s’ils ne correspondent pas à une valeur propre effective de u, auquel cas tu peux les retirer de la somme directe sans rien changer), soit des espaces propres (s’ils correspondent à une valeur effective de u, autrement dit qu’ils sont de dimension au moins 1). On appelle P un polynôme scindé sur \mathbb{R} (resp.sur \mathbb{C}) (=il s’exprime comme produit de polynômes du premier degré sur \mathbb{R} (resp. sur \mathbb{C})) à racines simples.
Dans la pratique, et toujours dans la droite ligne du programme ECS, un exercice typique d’oral ESCP est effectivement celui que tu donnes :
Soit u\in\mathcal{L}(E) vérifiant u^3-3u^2+2u=\theta. Montrer que u est diagonalisable.
P=X(X-1)(X-2) est annulateur de u (ça, tu dois être capable de le trouver tout seul, le jury te reprochera de ne même pas dire ça). Ensuite, la connaissance du lemme des noyaux t’apprends que E=\mathrm{Ker}(u)\oplus\mathrm{Ker}(u-Id_E)\oplus\mathrm{Ker}(u-2Id_E) puisque P est à racines simples. Mais ça, normalement, tu ne le dis pas au jury, tu te contentes de prouver le résultat par analyse/synthèse. Tu considères donc x\in E quelconque, et :
Analyse : si x=a+b+c avec a\in\mathrm{Ker}(u), b\in\mathrm{Ker}(u-Id_E) et c\in\mathrm{Ker}(u-2Id_E), alors en appliquant u on trouve : u(x)=b+2c, puis en appliquant une nouvelle fois, u^2(x)=b+4c. Tu as donc un système à 3 équations, 3 inconnues (a, b et c), et qui admet une unique solution (puisque ce que l’on veut montrer est vrai, l’unicité de la décomposition). Il ne reste plus qu’à exprimer a, b et c en fonction de x, u(x) et u^2(x).
Synthèse : tu réinjectes les formules trouvées précédemment pour montrer qu’effectivement x=a+b+c.
Tu remarqueras qu’en fin de compte, on ne connaît même pas les valeurs propres de u. Ca tombe bien : ce n’était pas la question (et il aurait été vain de les chercher, sans plus d’hypothèses).
[Edit] C’est un peu en décalage avec ton topic, mais tu as aussi (légèrement HP) : si u est diagonalisable, \displaystyle \mathrm{tr}(u)=\sum_{\lambda \in \mathrm{Spec}(u)}{(\lambda)}. Pratique quand par exemple tu as une matrice A de M_3(\mathbb{R}) dont tu as trouvé 2 valeurs propres \lambda_1 et \lambda_2. Si tu sais que A est diagonalisable, et qu’il y a une 3e valeur propre \lambda_3 dans l’air (ie. que les sous-espaces propres pour les valeurs propres \lambda_1 et \lambda_2 sont des droites vectorielles), alors \lambda_3=\mathrm{tr}(A)-(\lambda_1 + \lambda_2). Ici, \mathrm{tr} désigne l’application trace (d’une matrice : somme des éléments diagonaux; d’un endomorphisme : la trace de sa matrice représentative dans n’importe quelle base, après avoir montré que justement la trace ne dépend pas de la base choisie).