L’argument « les mines payent les double-diplômes anglo-saxons » est :
- faux
- probablement un peu hypocrite, l’auteur croit ce qu’il veut bien croire

Les universités anglo-saxonnes autorisent un petit nombre d’étudiants à décrocher des « Teacher Assistantship » (en gros t’es à peu près colleur) et des « Research Assistantship » (tu es assigné à un labo et tu contribues aux recherches). L’université te dispense alors de tout ou partie (ça dépend, généralement tout) des frais de scolarité. A noter que les horaires que l’on t’impose alors sont relativement lourds, et viennent s’ajouter aux cours et au travail personnel. Ces bourses sont distribuées au cas par cas, sur les seuls critères de la motivation et des compétences. L’avantage est que l’X, Centrale et les Mines jouissent d’une excellente réputation de « fiabilité » scientifique de ses étudiants à l’étranger pour les élèves en 2A ou 3A (merci la prépa et le concours au mérite), il est donc fréquent que les universités accordent ces bourses à ces français.
N’allez pas croire que qui que ce soit aux Mines (ou à Centrale ou l’X) arrive en tant que VIP au MIT ou à Stanford (« Oh, non, moi je suis un étranger qui ne paye pas les frais d’inscription, tu vois, je suis aux Mines »).
Les universités anglo-saxonnes fonctionnent uniquement sur la base de leur coût d’inscription, il n’y a pas de passe-droit, sûrement pas pour les étrangers (qui arrivent forcément en position d’infériorité, les universités top5 américaines étant réputées les meilleures au monde). Ce ne sont pas des échanges, aucun élève de ces universités n’a envie d’aller faire un semestre dans une école française, même une du top3.
Sinon, la publicité que ce jeune mineur tente vaillamment de faire sur l’école est tout à fait erronée, et ça va plutôt jouer en sa défaveur dès qu’un taupin se renseignera un brin plus en profondeur et s’en rendra compte.
Historiquement, ça s’est passé comme ça : l’international, c’est les écoles de commerce qui se sont ruées dessus pendant leur période « âge d’or ». HEC, l’ESSEC, l’ESCP… Toutes ont redoublé d’efforts pour multiplier les partenariats, des plus utiles aux plus bidons. Cette pratique a bien rapidement déteint, dès la fin des années 90, sur leur plus grande groupie au sein du groupe ingé : Centrale. Faut voir qu’à cette époque, les Mines et l’X voient d’un oeil moqueur les « pistons » se presser sous les jupes d’HEC et multiplier sans aucune mesure les partenariats, toute honte bue, même avec les universités les plus ridicules (type université bidon d’Europe de l’Est inconnue dans son propre pays). Typique des centraliens ça, arriver à se couvrir de ridicule avec une bonne idée. Enfin bref, à cette époque, les Mines sont toutes contentes avec leur Paristech. Ils veulent concurrencer Harvard, pas envoyer des élèves là-bas. Problème : Paristech se révèle (ô surprise) être un fail monumental (ça alors, on fusionne pas l’X, Agro et SupOptique ?), et la stratégie d’internationalisation des écoles de commerce paye : les recruteurs préfèrent désormais (début 2000) un HEC-MBA Harvard ou un Centrale-MS Stanford à un bon vieux corpsard prêt à pantoufler bien comme on aime. L’X réagit rapidement, et se lance dans tout un tas de négociations qui lui permettent, en faisant jouer son prestige de « numbeur ouane » de se rattraper et de négocier peu ou prou les mêmes accords que Centrale. Ils en obtiennent un peu moins (et oui, je sais, moi aussi ça me scandalise que plus de centraliens partent à stanford que d’X) mais ils s’en foutent, ils ont leurs corpsards qui continuent encore et toujours à squatter pas mal de grandes entreprises françaises.
Les Mines quant à elles ont un problème… de taille. Avec une promo de 100 personnes (contre >500 pour Centrale), envoyer des élèves à l’étranger, c’est vider leurs options de 3A. Or les Mines à cette époque ont construit leur réputation sur 3 choses :
- La confusion ingénieur civil des mines / ingénieur du corps des mines. Qui leur permet d’afficher tranquillou tous les X-Mines qui ont fait PDG depuis les années 60 à 2000 comme des mineurs.
- Le côté chic aristo rue saint-jacques dans un bâtiment quasi-monument historique avec un budget pharaonique pour promo lilliputienne
- L’excellence scientifique de leurs options 3A
Donc à cette époque, les Mines se dressent et disent vaillamment à leurs étudiants "« VOUS… NE… PARTIREZ… PAS ! » comme Gandalf devant le balrog.
Depuis, devant le succès des partenariats internationaux, elles ont fait machine arrière sur tout ça, et ont lancé depuis 2009 une campagne pour essayer de rattraper leur retard à l’international.
Amusant de voir aussi qu’alors qu’elles se riaient de Centrale qui faisait des double-diplomes avec l’ESCP/l’ESSEC et voyaient d’un mauvais oeil HEC dans paristech, elles ont négocié un double diplome avec HEC en 2011. HEC a accepté pour l’année 2012… 0 des 20 dossiers qui leur étaient parvenus.

Mais la force des Mines reste son excellence scientifique.