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Soit (E,∥⋅∥)(E, \| \cdot \|) un espace vectoriel normé et X⊂EX \subset E un sous-ensemble compact. On considère un homéomorphisme f:X→Xf : X \to X vérifiant la propriété de minimalité suivante :

∀C⊂X compact,f(C)⊂C  ⟹  C=∅ ou C=X\forall C \subset X \text{ compact},   f(C) \subset C \implies C = \emptyset \text{ ou } C = X
Soit g:X→Rg : X \to \mathbb{R} une application continue. On suppose qu'il existe un point x0∈Xx_0 \in X et une constante M∈R+M \in \mathbb{R}^+ tels que :
∀n∈N,∣∑i=0ng∘fi(x0)∣≤M\forall n \in \mathbb{N},   \left| \sum_{i=0}^{n} g \circ f^i(x_0) \right| \leq M

  1. Montrer que pour tout x∈Xx \in X, on a :
    sup⁡n∈N∣∑i=0ng∘fi(x)∣≤2M\sup_{n \in \mathbb{N}} \left| \sum_{i=0}^{n} g \circ f^i(x) \right| \leq 2M
  2. On définit l'application F:X×R→X×RF : X \times \mathbb{R} \to X \times \mathbb{R} par F(x,t)=(f(x),g(x)+t)F(x, t) = (f(x), g(x) + t) et, pour s∈Rs \in \mathbb{R}, la translation Ts:(x,t)↦(x,t+s)T_s : (x, t) \mapsto (x, t+s). Pour tout x∈Xx \in X, on note Kx={Fn(x,0):n∈N}‾K_x = \overline{\{F^n(x, 0) : n \in \mathbb{N}\}}. Soient x,y∈Xx, y \in X. Démontrer qu'il existe un unique réel ss tel que Ts(Ky)=KxT_s(K_y) = K_x.
  3. Pour x∈Xx \in X fixé, prouver que KxK_x est le graphe d'une fonction continue de XX dans R\mathbb{R}.
  4. En déduire l'existence d'une fonction φ∈C(X,R)\varphi \in \mathcal{C}(X, \mathbb{R}) solution de l'équation :
    φ∘f−φ=g\varphi \circ f - \varphi = g

1.

Pour la question 1, exploiter la densité de l'orbite de x0x_0 découlant de la minimalité de ff.

2.

Pour la question 2, utiliser la compacité de KxK_x et le fait que FF et TsT_s commutent.

3.

Pour la question 3, utiliser l'unicité du réel ss trouvé précédemment et le théorème du graphe fermé pour la continuité.

4.

Pour la question 4, vérifier que la fonction dont le graphe est KxK_x satisfait l'équation fonctionnelle par construction de FF.

Idées clés

•

Propriété de minimalité : les orbites sont denses dans XX.

•

Compacité de X×RX \times \mathbb{R} : KxK_x est compact car les sommes de Birkhoff sont bornées.

•

Théorème du graphe fermé : pour une fonction à valeurs dans un compact, graphe fermé implique continuité.

Résolution.

  1. Commençons par remarquer que pour tout a∈Xa \in X, l'ensemble {fn(a):n∈N}‾\overline{\{f^n(a) : n \in \mathbb{N}\}} est un compact non vide stable par ff. Par l'hypothèse de minimalité (i), cet ensemble est égal à XX. Ainsi, l'orbite de tout point est dense dans XX. Soit x∈Xx \in X. Par densité, il existe une application strictement croissante σ:N→N\sigma : \mathbb{N} \to \mathbb{N} telle que fσ(m)(x0)→m→∞xf^{\sigma(m)}(x_0) \xrightarrow[m \to \infty]{} x. Pour n∈Nn \in \mathbb{N} fixé, par continuité de gg et de ff, on a :
    ∑i=0ng(fi(x))=lim⁡m→∞∑i=0ng(fi(fσ(m)(x0)))\sum_{i=0}^n g(f^i(x)) = \lim_{m \to \infty} \sum_{i=0}^n g(f^i(f^{\sigma(m)}(x_0)))
    Or, la somme dans le membre de droite se réécrit comme une différence de sommes de Birkhoff en x0x_0 :
    ∑i=0ng(fi+σ(m)(x0))=∑k=0n+σ(m)g(fk(x0))−∑k=0σ(m)−1g(fk(x0))\sum_{i=0}^n g(f^{i+\sigma(m)}(x_0)) = \sum_{k=0}^{n+\sigma(m)} g(f^k(x_0)) - \sum_{k=0}^{\sigma(m)-1} g(f^k(x_0))
    Par l'hypothèse (ii), chacune de ces deux sommes est majorée en valeur absolue par MM. Par l'inégalité triangulaire :
    ∣∑i=0n+σ(m)g(fk(x0))−∑k=0σ(m)−1g(fk(x0))∣≤M+M=2M\left| \sum_{i=0}^{n+\sigma(m)} g(f^k(x_0)) - \sum_{k=0}^{\sigma(m)-1} g(f^k(x_0)) \right| \leq M + M = 2M
    En passant à la limite quand m→∞m \to \infty, on obtient bien :
    ∣∑i=0ng(fi(x))∣≤2M\boxed{ \left| \sum_{i=0}^n g(f^i(x)) \right| \leq 2M }

  2. Existence : Notons Sn(x)=∑i=0n−1g(fi(x))S_n(x) = \sum_{i=0}^{n-1} g(f^i(x)) avec S0=0S_0 = 0. On a Fn(x,0)=(fn(x),Sn(x))F^n(x, 0) = (f^n(x), S_n(x)). D'après la question 1, KxK_x est inclus dans le compact X×[−2M,2M]X \times [-2M, 2M], donc KxK_x est compact. Considérons une extraction ℓ\ell telle que fℓ(k)(x)→yf^{\ell(k)}(x) \to y. La suite (Sℓ(k)(x))k(S_{\ell(k)}(x))_k est bornée, donc admet une valeur d'adhérence s∈Rs \in \mathbb{R} via une sous-extraction. On a alors (y,s)∈Kx(y, s) \in K_x. Comme FF et TsT_s commutent (Ts∘F=F∘TsT_s \circ F = F \circ T_s), et que KxK_x est stable par FF et fermé, on montre que Ts(Ky)⊂KxT_s(K_y) \subset K_x. En effet, Fn(y,s)=Ts(Fn(y,0))F^n(y, s) = T_s(F^n(y, 0)) et (y,s)∈Kx(y, s) \in K_x implique que toute son orbite et l'adhérence de celle-ci sont dans KxK_x. Unicité : Si Ts(Ky)⊂KxT_s(K_y) \subset K_x et Ts′(Ky)⊂KxT_{s'}(K_y) \subset K_x, alors par un argument de symétrie (en échangeant xx et yy), il existe tt tel que Tt(Kx)⊂KyT_t(K_x) \subset K_y. Alors Ts+t(Ky)⊂KyT_{s+t}(K_y) \subset K_y. Si s+t≠0s+t \neq 0, les itérés Tn(s+t)(Ky)T_{n(s+t)}(K_y) ne resteraient pas dans un compact fixe, ce qui contredit le caractère borné de la seconde composante de KyK_y. Ainsi s+t=0s+t=0, et on montre de même l'unicité de ss tel que Ts(Ky)=KxT_s(K_y) = K_x.
    ∃!s∈R,Ts(Ky)=Kx\boxed{ \exists ! s \in \mathbb{R},   T_s(K_y) = K_x }

  3. Soit x∈Xx \in X fixé. Pour chaque y∈Xy \in X, la question précédente assure l'existence d'un unique sys_y tel que Tsy(Ky)=KxT_{s_y}(K_y) = K_x. Comme (y,0)∈Ky(y, 0) \in K_y, on a (y,sy)∈Kx(y, s_y) \in K_x. S'il existait un autre s′s' tel que (y,s′)∈Kx(y, s') \in K_x, alors par stabilité, on aurait Ts′(Ky)⊂KxT_{s'}(K_y) \subset K_x, d'où s′=sys'=s_y par unicité. Ainsi, pour tout y∈Xy \in X, il existe un unique s∈Rs \in \mathbb{R} tel que (y,s)∈Kx(y, s) \in K_x. Cela signifie que KxK_x est le graphe d'une fonction φ:X→R\varphi : X \to \mathbb{R}. Comme KxK_x est un fermé du compact X×[−2M,2M]X \times [-2M, 2M], le théorème du graphe fermé garantit que φ\varphi est continue sur XX.
    Kx=Gr(φ) avec φ∈C(X,R)\boxed{ K_x = \text{Gr}(\varphi) \text{ avec } \varphi \in \mathcal{C}(X, \mathbb{R}) }

  4. Par définition de KxK_x, si (y,φ(y))∈Kx(y, \varphi(y)) \in K_x, alors son image par FF est aussi dans KxK_x car KxK_x est stable par FF. On a F(y,φ(y))=(f(y),g(y)+φ(y))F(y, \varphi(y)) = (f(y), g(y) + \varphi(y)). Puisque ce point appartient à Kx=Gr(φ)K_x = \text{Gr}(\varphi), sa seconde composante doit être égale à φ\varphi appliquée à sa première composante :
    φ(f(y))=g(y)+φ(y)\varphi(f(y)) = g(y) + \varphi(y)
    Ceci étant vrai pour tout y∈Xy \in X, on a bien établi l'existence de φ\varphi telle que :
    φ∘f−φ=g\boxed{ \varphi \circ f - \varphi = g }

Oublier de justifier la compacité de l'adhérence de l'orbite via le caractère borné des sommes.

Théorème de Gottschalk-Hedlund : g est un cobord ssi ses sommes de Birkhoff sont bornées sur un système minimal.