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Soit (E,d)(E, d) un espace vectoriel normé et AA une partie compacte non vide de EE. On considère une application f:A→Af : A \to A vérifiant la propriété suivante :

∀(x,y)∈A2,d(f(x),f(y))⩾d(x,y)\forall (x, y) \in A^2,   d(f(x), f(y)) \geqslant d(x, y)

  1. Soient a,b∈Aa, b \in A. On définit pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} les suites an=fn(a)a_n = f^n(a) et bn=fn(b)b_n = f^n(b) (où fnf^n désigne la nn-ième itérée de ff). Montrer que pour tout ε>0\varepsilon > 0, il existe un entier k∈N∗k \in \mathbb{N}^* tel que d(a,ak)<εd(a, a_k) < \varepsilon et d(b,bk)<εd(b, b_k) < \varepsilon.
  2. En déduire que ff est une isométrie de AA, c'est-à-dire que :
    ∀(x,y)∈A2,d(f(x),f(y))=d(x,y)\forall (x, y) \in A^2,   d(f(x), f(y)) = d(x, y)
  3. Prouver enfin que f(A)=Af(A) = A.

1.

Pour la question 1, utiliser la compacité du produit A×AA \times A pour extraire une sous-suite convergente de la suite de couples (an,bn)(a_n, b_n). Utiliser ensuite le caractère expansif de ff pour "revenir en arrière" dans les indices.

2.

Pour montrer que d(f(a),f(b))≤d(a,b)d(f(a), f(b)) \le d(a, b), utiliser l'inégalité triangulaire en faisant intervenir aka_k et bkb_k.

3.

Pour la surjectivité, remarquer que ff est continue et utiliser la densité de f(A)f(A) dans AA obtenue grâce à la question 1.

Idées clés

•

Utilisation de la compacité séquentielle (théorème de Bolzano-Weierstrass).

•

Propriété de transport de la distance par une application expansive : d(fn(x),fn(y))≥d(x,y)d(f^n(x), f^n(y)) \ge d(x, y).

•

Lien entre densité et compacité pour la surjectivité.

Résolution.

  1. Considérons l'espace A×AA \times A. Comme AA est compact, A×AA \times A est également compact (produit de deux compacts). La suite (an,bn)n∈N(a_n, b_n)_{n \in \mathbb{N}} d'éléments de A×AA \times A admet donc une sous-suite convergente. Notons-la (aϕ(n),bϕ(n))n∈N(a_{\phi(n)}, b_{\phi(n)})_{n \in \mathbb{N}}, où ϕ:N→N\phi : \mathbb{N} \to \mathbb{N} est strictement croissante. Toute suite convergente étant de Cauchy, pour tout ε>0\varepsilon > 0, il existe n<pn < p tels que :
    d(aϕ(n),aϕ(p))<εetd(bϕ(n),bϕ(p))<εd(a_{\phi(n)}, a_{\phi(p)}) < \varepsilon   \text{et}   d(b_{\phi(n)}, b_{\phi(p)}) < \varepsilon
    Posons k=ϕ(p)−ϕ(n)k = \phi(p) - \phi(n). Puisque ϕ\phi est strictement croissante, k∈N∗k \in \mathbb{N}^*. Par hypothèse, ff augmente les distances, donc par une récurrence immédiate :
    ∀x,y∈A,∀m∈N,d(fm(x),fm(y))⩾d(x,y)\forall x, y \in A, \forall m \in \mathbb{N},   d(f^m(x), f^m(y)) \geqslant d(x, y)
    En appliquant ceci à m=ϕ(n)m = \phi(n), on obtient :
    d(a,ak)⩽d(fϕ(n)(a),fϕ(n)(ak))=d(aϕ(n),aϕ(n)+k)=d(aϕ(n),aϕ(p))<εd(a, a_k) \leqslant d(f^{\phi(n)}(a), f^{\phi(n)}(a_k)) = d(a_{\phi(n)}, a_{\phi(n)+k}) = d(a_{\phi(n)}, a_{\phi(p)}) < \varepsilon
    De même, on montre que d(b,bk)<εd(b, b_k) < \varepsilon. On a donc bien :
    ∃k∈N∗,d(a,ak)<ε et d(b,bk)<ε\boxed{\exists k \in \mathbb{N}^*,   d(a, a_k) < \varepsilon \text{ et } d(b, b_k) < \varepsilon}

  2. Soient a,b∈Aa, b \in A. D'après la question précédente, pour tout ε>0\varepsilon > 0, il existe k≥1k \ge 1 tel que d(a,ak)<εd(a, a_k) < \varepsilon et d(b,bk)<εd(b, b_k) < \varepsilon. Comme k≥1k \ge 1, on peut écrire fk=fk−1∘ff^k = f^{k-1} \circ f. Par le caractère expansif de ff répété k−1k-1 fois :
    d(f(a),f(b))⩽d(fk−1(f(a)),fk−1(f(b)))=d(ak,bk)d(f(a), f(b)) \leqslant d(f^{k-1}(f(a)), f^{k-1}(f(b))) = d(a_k, b_k)
    Par l'inégalité triangulaire :
    d(ak,bk)⩽d(ak,a)+d(a,b)+d(b,bk)<ε+d(a,b)+εd(a_k, b_k) \leqslant d(a_k, a) + d(a, b) + d(b, b_k) < \varepsilon + d(a, b) + \varepsilon
    On en déduit que pour tout ε>0\varepsilon > 0, d(f(a),f(b))<d(a,b)+2εd(f(a), f(b)) < d(a, b) + 2\varepsilon. En faisant tendre ε\varepsilon vers 00, il vient :
    d(f(a),f(b))⩽d(a,b)d(f(a), f(b)) \leqslant d(a, b)
    Comme on a déjà l'inégalité inverse par hypothèse, on conclut :
    ∀(a,b)∈A2,d(f(a),f(b))=d(a,b)\boxed{\forall (a, b) \in A^2,   d(f(a), f(b)) = d(a, b)}

  3. Montrons que f(A)=Af(A) = A. D'après la question 1, pour tout a∈Aa \in A et tout ε>0\varepsilon > 0, il existe k≥1k \ge 1 tel que d(a,fk(a))<εd(a, f^k(a)) < \varepsilon. Or fk(a)=f(fk−1(a))∈f(A)f^k(a) = f(f^{k-1}(a)) \in f(A). Donc tout point de AA est adhérent à f(A)f(A). L'application ff est une isométrie, elle est donc continue. L'image f(A)f(A) d'un compact par une application continue est un compact. Dans un espace métrique, un compact est fermé. On a donc f(A)f(A) fermé et dense dans AA. Ainsi :
    f(A)=A\boxed{f(A) = A}

Vérifier la continuité de f avant d'affirmer que f(A) est compact.

Une application expansive d'un compact dans lui-même est une isométrie surjective.