On considère une suite réelle (an)nN(a_n)_{n \in \mathbb{N}} vérifiant la condition de « pas lent » suivante :

limn+(an+1an)=0\lim_{n \to +\infty} (a_{n+1} - a_n) = 0

On note AA l'ensemble des valeurs d'adhérence de cette suite dans R\mathbb{R}.

  1. On suppose que AA contient au moins deux réels distincts α\alpha et β\beta, avec α<β\alpha < \beta. Soit γ\gamma un réel tel que α<γ<β\alpha < \gamma < \beta. Démontrer que γ\gamma est également une valeur d'adhérence de la suite (an)(a_n). On pourra chercher à construire une suite d'indices (jn)(j_n) telle que ajnγa_{j_n} \to \gamma.

  2. En déduire la nature topologique de l'ensemble AA.

1.

Pour la question 1, fixer ε>0\varepsilon > 0 et utiliser la définition de la limite pour le pas et celle des valeurs d'adhérence pour encadrer γ\gamma par deux termes de la suite suffisamment éloignés.

2.

Utiliser un argument de « valeur intermédiaire discrète » : si ap<γ<aqa_p < \gamma < a_q, il existe un indice entre pp et qq où la suite franchit le seuil γ\gamma avec un saut petit.

3.

Se souvenir qu'une partie de R\mathbb{R} est un intervalle si et seulement si elle est convexe (i.e., si elle contient tout segment joignant deux de ses points).

Idées clés

Propriété du pas lent pour contrôler les variations locales.

Définition séquentielle d'une valeur d'adhérence.

Caractérisation des intervalles de R\mathbb{R} par la convexité.

Résolution.

  1. Soit γ]α,β[\gamma \in ]\alpha, \beta[. Pour montrer que γA\gamma \in A, nous allons construire une suite d'indices (jn)(j_n) telle que ajna_{j_n} converge vers γ\gamma. Soit ε>0\varepsilon > 0. Par hypothèse sur le pas de la suite, il existe un rang N0NN_0 \in \mathbb{N} tel que :
    nN0,an+1anε\forall n \ge N_0,   |a_{n+1} - a_n| \le \varepsilon

    Comme α\alpha est une valeur d'adhérence, il existe un indice n1N0n_1 \ge N_0 tel que an1<γa_{n_1} < \gamma. De même, β\beta étant une valeur d'adhérence et γ<β\gamma < \beta, il existe un indice n2>n1n_2 > n_1 tel que an2>γa_{n_2} > \gamma.

    Considérons l'ensemble d'indices I={kn1,n2ak<γ}I = \{ k \in \llbracket n_1, n_2 \rrbracket \mid a_k < \gamma \}. Cet ensemble est non vide (n1In_1 \in I) et majoré par n2n_2. Il possède donc un plus grand élément, noté jj.

    Par définition de jj, on a aj<γa_j < \gamma. Comme n2In_2 \notin I (car an2>γa_{n_2} > \gamma), on a j<n2j < n_2. Ainsi, l'indice j+1j+1 est bien défini et vérifie aj+1γa_{j+1} \ge \gamma. En combinant ces inégalités, on obtient :

    0<γajaj+1aj0 < \gamma - a_j \le a_{j+1} - a_j

    Or, comme jn1N0j \ge n_1 \ge N_0, on a aj+1ajε|a_{j+1} - a_j| \le \varepsilon. On en déduit :

    ajγε\boxed{ |a_j - \gamma| \le \varepsilon }

    Pour conclure, on peut construire la suite d'indices (jn)(j_n) par récurrence. Pour tout pNp \in \mathbb{N}^*, on choisit ε=1/p\varepsilon = 1/p. On trouve un indice jpj_p tel que ajpγ1/p|a_{j_p} - \gamma| \le 1/p en s'assurant que jp>jp1j_p > j_{p-1} (ce qui est possible car on peut choisir n1n_1 arbitrairement grand).

    limp+ajp=γ\boxed{ \lim_{p \to +\infty} a_{j_p} = \gamma }

  2. L'ensemble AA est une partie de R\mathbb{R}. D'après la question précédente, pour tous réels α,β\alpha, \beta dans AA tels que α<β\alpha < \beta, le segment [α,β][\alpha, \beta] est inclus dans AA.

    Cette propriété de convexité caractérise les intervalles de R\mathbb{R}. De plus, l'ensemble des valeurs d'adhérence d'une suite est toujours un fermé de R\mathbb{R}.

    A est un intervalle fermeˊ de R\boxed{ A \text{ est un intervalle fermé de } \mathbb{R} }

Ne pas oublier que l'ensemble peut être vide ou un singleton.

L'adhérence d'une suite à pas lent est un intervalle de R.