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Soit AA une partie d'un espace vectoriel normé EE de dimension finie.

On suppose que AA admet un unique point d'accumulation, noté aa.

Démontrer que l'ensemble AA est au plus dénombrable.

1.

Rappeler la définition d'un point d'accumulation et le lien avec le théorème de Bolzano-Weierstrass.

2.

Décomposer l'ensemble A{a}A \setminus \{a\} en une union dénombrable de sous-ensembles AnA_n définis par des conditions de distance par rapport à aa.

3.

Justifier par l'absurde que chaque AnA_n est un ensemble fini en utilisant la compacité des couronnes fermées.

Idées clés

Théorème de Bolzano-Weierstrass : dans un EVN de dimension finie, toute suite bornée admet une sous-suite convergente.

Un ensemble infini et borné en dimension finie possède au moins un point d'accumulation.

Union dénombrable d'ensembles finis ou dénombrables.

Résolution.

Soit aa l'unique point d'accumulation de AA. Introduisons, pour tout entier nNn \in \mathbb{N}^*, l'ensemble KnK_n défini par la couronne fermée suivante :

Kn={xE1nxan}K_n = \left\{ x \in E \mid \frac{1}{n} \le \|x-a\| \le n \right\}

L'ensemble KnK_n est une partie fermée et bornée de EE. Comme EE est de dimension finie, KnK_n est un compact de EE d'après le théorème de Borel-Lebesgue (ou la caractérisation séquentielle de la compacité).

Considérons l'intersection de AA avec cette couronne :

An=AKn={xA1nxan}A_n = A \cap K_n = \{ x \in A \mid \frac{1}{n} \le \|x-a\| \le n \}

Montrons que AnA_n est un ensemble fini pour tout nNn \in \mathbb{N}^*. Raisonnons par l'absurde : supposons qu'il existe n0Nn_0 \in \mathbb{N}^* tel que An0A_{n_0} soit infini.

Puisque An0A_{n_0} est une partie infinie du compact Kn0K_{n_0}, on peut en extraire une suite (xk)kN(x_k)_{k \in \mathbb{N}} d'éléments distincts deux à deux. D'après le théorème de Bolzano-Weierstrass, il existe une sous-suite (xϕ(k))(x_{\phi(k)}) qui converge vers un élément bEb \in E.

Comme Kn0K_{n_0} est fermé, la limite bb appartient à Kn0K_{n_0}. Par définition, bb est alors un point d'accumulation de AA.

Or, d'après la définition de Kn0K_{n_0}, nous avons l'inégalité suivante :

ba1n0>0\boxed{ \|b-a\| \ge \frac{1}{n_0} > 0 }

Ceci implique que bab \neq a. Nous avons donc trouvé un second point d'accumulation pour AA, ce qui contredit l'hypothèse d'unicité.

Par conséquent, chaque ensemble AnA_n est nécessairement fini.

Remarquons maintenant que tout point xx de AA distinct de aa appartient à au moins un ensemble AnA_n. En effet, si xax \neq a, alors xa>0\|x-a\| > 0. Il existe donc n1n_1 tel que xa1n1\|x-a\| \ge \frac{1}{n_1}. De même, il existe n2n_2 tel que xan2\|x-a\| \le n_2. En prenant n=max(n1,n2)n = \max(n_1, n_2), on a xAnx \in A_n.

On en déduit l'inclusion suivante :

A{a}n=1+An\boxed{ A \setminus \{a\} \subset \bigcup_{n=1}^{+\infty} A_n }

L'ensemble A{a}A \setminus \{a\} est donc inclus dans une union dénombrable d'ensembles finis. D'après les propriétés de la dénombrabilité, A{a}A \setminus \{a\} est donc au plus dénombrable.

Comme l'ajout d'un point (aa) ne modifie pas la dénombrabilité, on conclut :

L’ensemble A est deˊnombrable.\boxed{ \text{L'ensemble } A \text{ est dénombrable.} }

Oublier d'isoler le point d'accumulation pour construire des compacts qui ne le contiennent pas.

Un ensemble infini borné en dimension finie possède toujours au moins un point d'accumulation.