Soit une fonction continue et intégrable sur .
On considère une suite de fonctions continues sur satisfaisant les trois propriétés suivantes :
Pour tout et tout , on définit la fonction par :
Démontrer que pour tout réel , la suite converge vers .
Commencer par justifier l'existence de l'intégrale définissant en utilisant la croissance comparée ou le caractère borné des fonctions continues sur un compact.
Utiliser la condition pour exprimer la différence sous la forme d'une unique intégrale.
Découper l'intégrale en deux parties : une zone proche de l'origine () où l'on exploite la continuité de en , et une zone lointaine () où l'on exploite la décroissance de et l'intégrabilité de .
Utilisation de la structure de "noyau d'approximation" (ou approximation de l'unité).
Découpage de Chasles (méthode de la fenêtre) pour isoler la continuité locale.
Inégalité triangulaire intégrale pour majorer les termes d'erreur.
Étape 1 : Existence de l'intégrale.
Soit et . La fonction est continue sur et tend vers en d'après la condition (iii). Elle est donc bornée sur .
Posons . On a alors, pour tout :
Comme est intégrable sur , par changement de variable affine, l'est aussi. Par comparaison de fonctions positives, l'intégrale définissant est absolument convergente.
Étape 2 : Expression de l'écart.
Puisque , on peut écrire le terme constant sous forme intégrale :
Par linéarité de l'intégrale, on obtient :
D'après l'inégalité triangulaire :
Étape 3 : Découpage et majoration.
Soit . Par continuité de en , il existe tel que :
Découpons l'intégrale en deux zones et correspondant respectivement à et .
Pour la première zone :
Comme , on a :
Pour la seconde zone :
D'après la condition (iii), converge uniformément vers sur l'ensemble . Soit . On a :
Or . D'où :
D'après les conditions (ii) et (iii), les deux termes de droite tendent vers quand . Il existe donc un rang tel que pour tout :
Conclusion :
Pour tout , on a . On a donc bien :
Oublier de vérifier l'intégrabilité de la fonction f sur R avant de manipuler les intégrales impropres.
Technique de découpage d'intégrale pour prouver une convergence locale (continuité) combinée à une domination globale (intégrabilité).