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Soit EE un espace vectoriel normé (typiquement Rn\mathbb{R}^n). Pour toute partie XX de EE, on note X˚\mathring{X} son intérieur et Xˉ\bar{X} son adhérence. Pour deux parties AA et BB de EE, on définit la somme de Minkowski par A+B={a+baA,bB}A+B = \{a+b \mid a \in A, b \in B\}.

  1. Propriétés de l'intérieur :
    1. Montrer que A˚=A\mathring{A} = A si et seulement si AA est un ouvert.
    2. Montrer que si ABA \subset B, alors A˚B˚\mathring{A} \subset \mathring{B}.
    3. Établir l'égalité A˚B˚=AB\mathring{A} \cap \mathring{B} = \overbrace{A \cap B}^{\circ} et l'inclusion A˚B˚AB\mathring{A} \cup \mathring{B} \subset \overbrace{A \cup B}^{\circ}.
    4. Fournir un contre-exemple pour l'inclusion réciproque de la question précédente.

  2. Propriétés de l'adhérence :
    1. Démontrer l'inclusion ABAˉBˉ\overline{A \cap B} \subset \bar{A} \cap \bar{B} et l'égalité AB=AˉBˉ\overline{A \cup B} = \bar{A} \cup \bar{B}.
    2. Donner un exemple où l'inclusion ABAˉBˉ\overline{A \cap B} \subset \bar{A} \cap \bar{B} est stricte.

  3. Somme de Minkowski :
    1. Si AA est une partie quelconque et BB est un ouvert, montrer que A+BA+B est un ouvert.
    2. Si AA est un compact et BB un fermé de EE, montrer que A+BA+B est un fermé. On pourra utiliser des suites.
    3. Exhiber un contre-exemple montrant que la somme de deux fermés n'est pas nécessairement un fermé.

1.

Pour l'intérieur, utiliser le fait que X˚\mathring{X} est le plus grand ouvert contenu dans XX.

2.

Pour l'adhérence, utiliser le fait que Xˉ\bar{X} est le plus petit fermé contenant XX.

3.

Pour la question 3(a), exprimer A+BA+B comme une réunion de translatés de BB.

4.

Pour la question 3(b), utiliser la propriété de Bolzano-Weierstrass (ou l'extraction de sous-suites convergentes) dans le compact AA.

5.

Pour 3(c), chercher des parties dans R\mathbb{R} comme Z\mathbb{Z} et αZ\alpha \mathbb{Z} avec α\alpha irrationnel, ou dans R2\mathbb{R}^2 avec une hyperbole et son asymptote.

Idées clés

Définition de l'intérieur comme réunion d'ouverts et de l'adhérence comme intersection de fermés.

Stabilité de la structure d'ouvert par réunion quelconque et de celle de fermé par intersection quelconque.

Caractérisation séquentielle de la compacité (propriété de Borel-Lebesgue en dimension finie).

Résolution.

  1. Propriétés de l'intérieur :
    1. L'intérieur A˚\mathring{A} est défini comme le plus grand ouvert contenu dans AA. Si A˚=A\mathring{A} = A, alors AA est égal à un ouvert, donc AA est ouvert. Réciproquement, si AA est ouvert, comme AAA \subset A, AA est lui-même le plus grand ouvert contenu dans AA, d'où A˚=A\mathring{A} = A.
      A˚=A    A est un ouvert\boxed{\mathring{A} = A \iff A \text{ est un ouvert}}

    2. Soit ABA \subset B. A˚\mathring{A} est un ouvert contenu dans AA. Puisque ABA \subset B, A˚\mathring{A} est un ouvert contenu dans BB. Par définition de B˚\mathring{B} comme le plus grand ouvert contenu dans BB, on a nécessairement :
      A˚B˚\boxed{\mathring{A} \subset \mathring{B}}

    3. L'ensemble A˚B˚\mathring{A} \cap \mathring{B} est une intersection de deux ouverts, c'est donc un ouvert. De plus, A˚A\mathring{A} \subset A et B˚B\mathring{B} \subset B, donc A˚B˚AB\mathring{A} \cap \mathring{B} \subset A \cap B. Par définition de l'intérieur, A˚B˚AB\mathring{A} \cap \mathring{B} \subset \overbrace{A \cap B}^{\circ}. Inversement, ABAA \cap B \subset A donc ABA˚\overbrace{A \cap B}^{\circ} \subset \mathring{A} d'après la question (b). De même ABB˚\overbrace{A \cap B}^{\circ} \subset \mathring{B}. D'où ABA˚B˚\overbrace{A \cap B}^{\circ} \subset \mathring{A} \cap \mathring{B}, ce qui prouve l'égalité :
      A˚B˚=AB\boxed{\mathring{A} \cap \mathring{B} = \overbrace{A \cap B}^{\circ}}

      Pour l'union, A˚AAB\mathring{A} \subset A \subset A \cup B donc A˚AB\mathring{A} \subset \overbrace{A \cup B}^{\circ}. De même pour BB. Par réunion, on obtient :

      A˚B˚AB\boxed{\mathring{A} \cup \mathring{B} \subset \overbrace{A \cup B}^{\circ}}

    4. Considérons dans R\mathbb{R} les parties A=[0,1]A = [0, 1] et B=[1,2]B = [1, 2]. On a A˚=]0,1[\mathring{A} = ]0, 1[ et B˚=]1,2[\mathring{B} = ]1, 2[. D'une part, A˚B˚=]0,1[]1,2[=]0,2[{1}\mathring{A} \cup \mathring{B} = ]0, 1[ \cup ]1, 2[ = ]0, 2[ \setminus \{1\}. D'autre part, AB=[0,2]A \cup B = [0, 2], donc AB=]0,2[\overbrace{A \cup B}^{\circ} = ]0, 2[. Le point {1}\{1\} appartient à l'intérieur de l'union mais pas à l'union des intérieurs.

  2. Propriétés de l'adhérence :
    1. L'adhérence Aˉ\bar{A} est le plus petit fermé contenant AA. AˉBˉ\bar{A} \cap \bar{B} est un fermé (intersection de deux fermés) contenant ABA \cap B. Par minimalité de l'adhérence de l'intersection, on a :
      ABAˉBˉ\boxed{\overline{A \cap B} \subset \bar{A} \cap \bar{B}}

      Pour l'union, AˉBˉ\bar{A} \cup \bar{B} est un fermé contenant ABA \cup B, donc ABAˉBˉ\overline{A \cup B} \subset \bar{A} \cup \bar{B}. Réciproquement, AABA \subset A \cup B implique AˉAB\bar{A} \subset \overline{A \cup B}, et de même pour BB. En réunissant, on obtient l'inclusion inverse :

      AB=AˉBˉ\boxed{\overline{A \cup B} = \bar{A} \cup \bar{B}}

    2. Prenons A=QA = \mathbb{Q} et B=RQB = \mathbb{R} \setminus \mathbb{Q} dans R\mathbb{R}. Alors AB=A \cap B = \emptyset, donc AB=\overline{A \cap B} = \emptyset. Cependant, Aˉ=R\bar{A} = \mathbb{R} et Bˉ=R\bar{B} = \mathbb{R}, donc AˉBˉ=R\bar{A} \cap \bar{B} = \mathbb{R}.

  3. Somme de Minkowski :
    1. On peut écrire la somme comme une réunion :
      A+B=aA{a+B}A+B = \bigcup_{a \in A} \{a+B\}
      a+B={a+bbB}a+B = \{a+b \mid b \in B\} est le translaté de BB par le vecteur aa. L'application xa+xx \mapsto a+x est un homéomorphisme (translation), donc si BB est ouvert, chaque a+Ba+B est un ouvert. Une réunion quelconque d'ouverts étant un ouvert, on conclut que :
      A+B est ouvert\boxed{A+B \text{ est ouvert}}

    2. Soit (cn)(c_n) une suite d'éléments de A+BA+B convergeant vers cEc \in E. Par définition, pour tout nn, il existe anAa_n \in A et bnBb_n \in B tels que cn=an+bnc_n = a_n + b_n. Puisque AA est compact, on peut extraire de (an)(a_n) une sous-suite (aϕ(n))(a_{\phi(n)}) qui converge vers un certain aAa \in A. Alors, bϕ(n)=cϕ(n)aϕ(n)b_{\phi(n)} = c_{\phi(n)} - a_{\phi(n)} converge vers b=cab = c - a. Comme BB est fermé et que tous les bϕ(n)b_{\phi(n)} sont dans BB, la limite bb appartient à BB. Finalement, c=a+bc = a + b avec aAa \in A et bBb \in B, donc cA+Bc \in A+B. L'ensemble A+BA+B contient ses valeurs d'adhérence, il est donc fermé.
      A compact,B fermeˊ    A+B fermeˊ\boxed{A \text{ compact}, B \text{ fermé} \implies A+B \text{ fermé}}

    3. Dans R2\mathbb{R}^2, considérons les fermés suivants : A={(x,y)R2xy=1 et x>0}A = \{(x, y) \in \mathbb{R}^2 \mid xy = 1 \text{ et } x > 0\} (branche d'hyperbole). B={(x,0)xR}B = \{(x, 0) \mid x \in \mathbb{R}\} (axe des abscisses). Cherchons si (0,0)A+B(0, 0) \in A+B. Cela imposerait l'existence de (x,1/x)A(x, 1/x) \in A et (x,0)B(x', 0) \in B tels que (x+x,1/x)=(0,0)(x+x', 1/x) = (0,0), d'où 1/x=01/x = 0, ce qui est impossible. Pourtant, la suite cn=(n,1/n)+(n,0)=(0,1/n)c_n = (n, 1/n) + (-n, 0) = (0, 1/n) appartient à A+BA+B et converge vers (0,0)(0,0). Le point limite n'étant pas dans l'ensemble, A+BA+B n'est pas fermé.

L'erreur classique est de penser que la somme de deux fermés est fermée sans hypothèse de compacité supplémentaire.

La somme d'un ouvert et d'une partie quelconque est ouverte. La somme d'un compact et d'un fermé est fermée.