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Convergence de séries liées aux nombres de Pisot

On considère les deux suites réelles (un)n∈N(u_n)_{n \in \mathbb{N}} et (vn)n∈N(v_n)_{n \in \mathbb{N}} définies par :

un=sin⁡(π(2−3)n)etvn=sin⁡(π(2+3)n)u_n = \sin \left( \pi (2-\sqrt{3})^n \right)   \text{et}   v_n = \sin \left( \pi (2+\sqrt{3})^n \right)

Déterminer la nature des séries numériques ∑un\sum u_n et ∑vn\sum v_n.

1.

Pour unu_n, effectuer un développement limité du sinus au voisinage de 0 en utilisant une comparaison avec une série géométrique.

2.

Pour vnv_n, introduire la quantité Sn=(2+3)n+(2−3)nS_n = (2+\sqrt{3})^n + (2-\sqrt{3})^n et montrer que SnS_n est un entier pair pour tout nn.

3.

Utiliser la périodicité du sinus pour relier vnv_n à unu_n.

Idées clés

•

Comparaison locale (équivalents) pour les séries à termes positifs.

•

Utilisation des racines d'un polynôme à coefficients entiers (ici X2−4X+1X^2 - 4X + 1).

•

Propriété de parité des sommes de puissances de racines.

1. Étude de la série ∑un\sum u_n.

On remarque tout d'abord que 0<2−3<10 < 2 - \sqrt{3} < 1 car 1,7<3<1,81,7 < \sqrt{3} < 1,8. Ainsi, la suite ((2−3)n)n∈N((2-\sqrt{3})^n)_{n \in \mathbb{N}} converge vers 0.

Par développement limité de la fonction sinus au voisinage de 0, nous obtenons :

un∼π(2−3)nu_n \sim \pi (2-\sqrt{3})^n

La série ∑(2−3)n\sum (2-\sqrt{3})^n est une série géométrique convergente car sa raison est strictement inférieure à 1 en valeur absolue. Par le théorème de comparaison des séries à termes positifs :

La seˊrie ∑un converge.\boxed{\text{La série } \sum u_n \text{ converge.}}

2. Étude de la série ∑vn\sum v_n.

Soient α=2+3\alpha = 2+\sqrt{3} et β=2−3\beta = 2-\sqrt{3}. On pose Sn=αn+βnS_n = \alpha^n + \beta^n. En utilisant la formule du binôme de Newton :

Sn=∑k=0n(nk)2n−k(3)k+∑k=0n(nk)2n−k(−3)kS_n = \sum_{k=0}^n \binom{n}{k} 2^{n-k} (\sqrt{3})^k + \sum_{k=0}^n \binom{n}{k} 2^{n-k} (-\sqrt{3})^k

En sommant ces deux expressions, les termes correspondant à des indices kk impairs s'annulent :

Sn=2∑0≤2p≤n(n2p)2n−2p3pS_n = 2 \sum_{0 \le 2p \le n} \binom{n}{2p} 2^{n-2p} 3^p

On en déduit que SnS_n est un entier pair pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}. Il existe donc kn∈Nk_n \in \mathbb{N} tel que Sn=2knS_n = 2k_n.

Eprimons maintenant l'argument de vnv_n en fonction de SnS_n et βn\beta^n :

παn=π(Sn−βn)=2knπ−πβn\pi \alpha^n = \pi (S_n - \beta^n) = 2k_n \pi - \pi \beta^n

Par périodicité et imparité de la fonction sinus :

vn=sin⁡(2knπ−πβn)=sin⁡(−πβn)=−unv_n = \sin(2k_n \pi - \pi \beta^n) = \sin(-\pi \beta^n) = -u_n

Puisque nous avons montré que ∑un\sum u_n converge, nous en concluons immédiatement :

La seˊrie ∑vn converge.\boxed{\text{La série } \sum v_n \text{ converge.}}

Croire à la divergence grossière car l'argument tend vers l'infini.

La somme des puissances n-ièmes des racines d'un polynôme unitaire à coefficients entiers est un entier.