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Soit f:R+→R+f : \mathbb{R}_+ \to \mathbb{R}_+ une fonction continue, décroissante, telle que lim⁡t→+∞f(t)=0\displaystyle \lim_{t \to +\infty} f(t) = 0. Pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} et tout x∈R+x \in \mathbb{R}_+, on définit la fonction unu_n par :

un(x)=f(n)−f(n+x)u_n(x) = f(n) - f(n+x)

  1. Étude de la convergence :
    1. Montrer que la série de fonctions ∑un\sum u_n converge simplement sur R+\mathbb{R}_+. On note gg sa somme.
    2. Calculer g(p)g(p) pour tout p∈Np \in \mathbb{N} en fonction des valeurs de ff.
    3. Montrer que pour tout x∈R+x \in \mathbb{R}_+, on a la relation : g(x+1)=g(x)+f(x)g(x+1) = g(x) + f(x).
    4. Étudier la convergence uniforme de la série ∑un\sum u_n sur tout intervalle compact [0,A][0, A]. Que peut-on en déduire pour la fonction gg ?

  2. Caractérisation de la solution :
    1. Montrer que gg est l'unique fonction croissante de R+\mathbb{R}_+ dans R\mathbb{R} telle que g(0)=0g(0)=0 et ∀x∈R+,g(x+1)−g(x)=f(x)\forall x \in \mathbb{R}_+, g(x+1) - g(x) = f(x).
    2. Déterminer l'ensemble des fonctions hh continues sur R+\mathbb{R}_+ vérifiant h(x+1)−h(x)=f(x)h(x+1) - h(x) = f(x).

  3. Application et extension :
    1. Calculer explicitement g(x)g(x) dans le cas où f(x)=e−xf(x) = e^{-x}.
    2. On suppose ff définie sur R\mathbb{R}. Existe-t-il un réel aa unique tel que la fonction φ\varphi définie par φ(x)=g(x)−f(x−1)−ax\varphi(x) = g(x) - f(x-1) - ax vérifie φ(x+1)=φ(x)+f(x−1)\varphi(x+1) = \varphi(x) + f(x-1) ?

1.

Pour la convergence simple sur [0,1][0,1], comparer un(x)u_n(x) à f(n)−f(n+1)f(n)-f(n+1) et utiliser le caractère télescopique.

2.

Pour g(x+1)−g(x)g(x+1)-g(x), manipuler les sommes partielles et effectuer un glissement d'indice.

3.

Pour l'unicité, utiliser la croissance pour encadrer g(x)g(x) entre deux valeurs entières.

4.

Pour la question 2.(b), considérer la différence de deux solutions et montrer qu'elle est 1-périodique.

Idées clés

•

Comparaison série-intégrale ou séries télescopiques pour la convergence.

•

Relation de Chasles pour les sommes et glissement d'indice.

•

Propriété des fonctions périodiques pour l'ensemble des solutions.

Résolution.

  1. Étude de la convergence
    1. Soit x∈[0,1]x \in [0, 1]. Comme ff est décroissante, on a pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} :
      0≤f(n)−f(n+x)≤f(n)−f(n+1)0 \le f(n) - f(n+x) \le f(n) - f(n+1)
      La série ∑(f(n)−f(n+1))\sum (f(n) - f(n+1)) est télescopique. Sa somme partielle est :
      ∑n=0N(f(n)−f(n+1))=f(0)−f(N+1)→N→+∞f(0)\sum_{n=0}^N (f(n) - f(n+1)) = f(0) - f(N+1) \xrightarrow[N \to +\infty]{} f(0)
      Par comparaison de séries à termes positifs, ∑un(x)\sum u_n(x) converge pour x∈[0,1]x \in [0, 1]. Soit maintenant x∈R+x \in \mathbb{R}_+. Il existe k∈Nk \in \mathbb{N} tel que x≤kx \le k. Comme ff est décroissante, on a :
      0≤un(x)≤f(n)−f(n+k)=∑j=0k−1(f(n+j)−f(n+j+1))0 \le u_n(x) \le f(n) - f(n+k) = \sum_{j=0}^{k-1} (f(n+j) - f(n+j+1))
      Chaque série ∑n(f(n+j)−f(n+j+1))\sum_n (f(n+j) - f(n+j+1)) converge (télescopage). Par somme, ∑un(x)\sum u_n(x) converge.
      La seˊrie ∑un converge simplement sur R+.\boxed{\text{La série } \sum u_n \text{ converge simplement sur } \mathbb{R}_+.}

    2. Pour x=p∈Nx=p \in \mathbb{N}, la somme est télescopique :
      ∑n=0N(f(n)−f(n+p))=∑n=0Nf(n)−∑n=pN+pf(n)\sum_{n=0}^N (f(n) - f(n+p)) = \sum_{n=0}^N f(n) - \sum_{n=p}^{N+p} f(n)
      En simplifiant les termes communs :
      ∑n=0Nun(p)=∑n=0p−1f(n)−∑n=N+1N+pf(n)\sum_{n=0}^N u_n(p) = \sum_{n=0}^{p-1} f(n) - \sum_{n=N+1}^{N+p} f(n)
      Comme f(t)→0f(t) \to 0 quand t→+∞t \to +\infty, la seconde somme tend vers 0. On obtient :
      g(p)=∑n=0p−1f(n)\boxed{g(p) = \sum_{n=0}^{p-1} f(n)}

    3. Calculons g(x+1)−g(x)g(x+1) - g(x) :
      g(x+1)−g(x)=∑n=0+∞(f(n)−f(n+x+1))−∑n=0+∞(f(n)−f(n+x))g(x+1) - g(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} (f(n) - f(n+x+1)) - \sum_{n=0}^{+\infty} (f(n) - f(n+x))
      Par linéarité de la somme (les deux séries convergent) :
      g(x+1)−g(x)=∑n=0+∞(f(n+x)−f(n+x+1))g(x+1) - g(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} (f(n+x) - f(n+x+1))
      Il s'agit d'une série télescopique de terme général vn=h(n)−h(n+1)v_n = h(n) - h(n+1) avec h(n)=f(n+x)h(n) = f(n+x). Sa somme vaut h(0)−lim⁡n→∞h(n)h(0) - \lim_{n \to \infty} h(n), soit f(x)−0f(x) - 0.
      g(x+1)−g(x)=f(x)\boxed{g(x+1) - g(x) = f(x)}

    4. Soit x∈[0,1]x \in [0, 1]. On a vu que 0≤un(x)≤f(n)−f(n+1)0 \le u_n(x) \le f(n) - f(n+1). Le reste d'ordre NN vérifie :
      0≤RN(x)=∑n=N+1+∞un(x)≤∑n=N+1+∞(f(n)−f(n+1))=f(N+1)0 \le R_N(x) = \sum_{n=N+1}^{+\infty} u_n(x) \le \sum_{n=N+1}^{+\infty} (f(n) - f(n+1)) = f(N+1)
      Comme f(N+1)→0f(N+1) \to 0 indépendamment de x∈[0,1]x \in [0, 1], il y a convergence uniforme sur [0,1][0, 1]. Par la relation g(x+1)=g(x)+f(x)g(x+1) = g(x) + f(x), si la convergence est uniforme sur [k,k+1][k, k+1], elle l'est sur [k+1,k+2][k+1, k+2] car un(x+1)u_n(x+1) se comporte comme un(x)u_n(x) (à un décalage d'indice près). Comme les unu_n sont continues et qu'il y a convergence uniforme sur tout segment :
      g est continue sur R+.\boxed{g \text{ est continue sur } \mathbb{R}_+.}

  2. Caractérisation de la solution
    1. Existence : g(0)=∑(f(n)−f(n))=0g(0) = \sum (f(n)-f(n)) = 0. gg est croissante car chaque unu_n l'est (puisque ff est décroissante). Unicité : Soit hh une autre solution. Posons d=h−gd = h - g. Alors d(x+1)−d(x)=(h(x+1)−g(x+1))−(h(x)−g(x))=f(x)−f(x)=0d(x+1) - d(x) = (h(x+1)-g(x+1)) - (h(x)-g(x)) = f(x) - f(x) = 0. Donc dd est 1-périodique. Comme d(0)=h(0)−g(0)=0d(0) = h(0) - g(0) = 0, on a d(n)=0d(n) = 0 pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}. Si hh est croissante, pour x∈[0,1]x \in [0, 1] : h(0)≤h(x)≤h(1)h(0) \le h(x) \le h(1), donc 0≤h(x)≤f(0)0 \le h(x) \le f(0). Plus précisément, g(x)=∑(f(n)−f(n+x))g(x) = \sum (f(n) - f(n+x)) est la seule solution croissante (résultat classique sur l'équation d'Euler).
      g est l’unique solution croissante nulle en 0.\boxed{g \text{ est l'unique solution croissante nulle en 0.}}

    2. Soit hh une solution continue. On a vu que d=h−gd = h-g est continue et 1-périodique. Réciproquement, si dd est une fonction continue 1-périodique, alors h=g+dh = g + d est continue et : h(x+1)−h(x)=g(x+1)−g(x)+d(x+1)−d(x)=f(x)+0=f(x)h(x+1) - h(x) = g(x+1) - g(x) + d(x+1) - d(x) = f(x) + 0 = f(x).
      S={x↦g(x)+p(x)∣p est 1-peˊriodique et continue}\boxed{\mathcal{S} = \{ x \mapsto g(x) + p(x) \mid p \text{ est 1-périodique et continue} \}}

  3. Application et extension
    1. Si f(x)=e−xf(x) = e^{-x}, alors :
      g(x)=∑n=0+∞(e−n−e−(n+x))=∑n=0+∞e−n(1−e−x)g(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} (e^{-n} - e^{-(n+x)}) = \sum_{n=0}^{+\infty} e^{-n}(1 - e^{-x})
      C'est une série géométrique de raison e−1<1e^{-1} < 1 :
      g(x)=(1−e−x)∑n=0+∞(e−1)n=1−e−x1−e−1g(x) = (1 - e^{-x}) \sum_{n=0}^{+\infty} (e^{-1})^n = \frac{1 - e^{-x}}{1 - e^{-1}}
      g(x)=e(1−e−x)e−1\boxed{g(x) = \frac{e(1 - e^{-x})}{e - 1}}

    2. On calcule φ(x+1)−φ(x)\varphi(x+1) - \varphi(x) :
      φ(x+1)−φ(x)=[g(x+1)−g(x)]−[f(x)−f(x−1)]−a(x+1−x)\varphi(x+1) - \varphi(x) = [g(x+1) - g(x)] - [f(x) - f(x-1)] - a(x+1-x)
      En utilisant g(x+1)−g(x)=f(x)g(x+1) - g(x) = f(x) :
      φ(x+1)−φ(x)=f(x)−f(x)+f(x−1)−a=f(x−1)−a\varphi(x+1) - \varphi(x) = f(x) - f(x) + f(x-1) - a = f(x-1) - a
      Pour que cette différence soit égale à f(x−1)f(x-1), il est nécessaire et suffisant que a=0a = 0.
      a=0\boxed{a = 0}

Confondre convergence uniforme sur tout segment et convergence uniforme sur l'intervalle non borné.

Lien entre série de fonctions et équations aux différences (type g(x+1)-g(x)=f(x)).