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Soit II un intervalle ouvert de R\mathbb{R} et (fn)n∈N(f_n)_{n \in \mathbb{N}} une suite de fonctions convexes de II dans R\mathbb{R} convergeant simplement vers une fonction f:I→Rf : I \to \mathbb{R}.

  1. Montrer que la fonction limite ff est convexe sur II.
  2. Soit [a,b][a, b] un segment inclus dans II.
    1. En utilisant l'inégalité des trois pentes, montrer qu'il existe une constante C>0C > 0 telle que toutes les fonctions fnf_n soient CC-lipschitziennes sur [a,b][a, b] à partir d'un certain rang.
    2. En déduire que la suite (fn)(f_n) converge uniformément vers ff sur tout segment de II.
  3. On suppose de plus que les fonctions fnf_n et ff sont dérivables sur II. Montrer que la suite des dérivées (fn′)n∈N(f_n')_{n \in \mathbb{N}} converge uniformément vers f′f' sur tout segment de II.

1.

Pour la convexité de ff, passer à la limite dans l'inégalité de convexité pour fnf_n.

2.

Pour le caractère Lipschitzien, choisir des points uu et vv dans II tels que u<a<b<vu < a < b < v et encadrer la pente fn(x)−fn(y)x−y\frac{f_n(x)-f_n(y)}{x-y} par les pentes aux bornes.

3.

Pour la convergence uniforme, utiliser le caractère Lipschitzien commun (équicontinuité) et un découpage du segment en petits intervalles.

4.

Pour les dérivées, utiliser la croissance des dérivées des fonctions convexes et la convergence uniforme de la suite de fonctions.

Idées clés

•

Inégalité des trois pentes (caractérisation géométrique de la convexité).

•

Lien entre convergence simple et convergence uniforme via le caractère lipschitzien.

•

Propriété de croissance des dérivées de fonctions convexes.

Résolution.

  1. Soient (x,y)∈I2(x, y) \in I^2 et λ∈[0,1]\lambda \in [0, 1]. Par convexité de chaque fnf_n, on a :
    fn(λx+(1−λ)y)≤λfn(x)+(1−λ)fn(y)f_n(\lambda x + (1-\lambda)y) \leq \lambda f_n(x) + (1-\lambda) f_n(y)
    Par convergence simple de fnf_n vers ff, en passant à la limite quand n→+∞n \to +\infty :
    f(λx+(1−λ)y)≤λf(x)+(1−λ)f(y)\boxed{f(\lambda x + (1-\lambda)y) \leq \lambda f(x) + (1-\lambda) f(y)}
    La fonction ff est donc convexe sur II.

    1. Soit [a,b]⊂I[a, b] \subset I. Comme II est ouvert, il existe u,v∈Iu, v \in I tels que u<a<b<vu < a < b < v. Pour tous x,y∈[a,b]x, y \in [a, b] distincts (disons x<yx < y), l'inégalité des trois pentes pour fnf_n donne :
      fn(a)−fn(u)a−u≤fn(y)−fn(x)y−x≤fn(v)−fn(b)v−b\frac{f_n(a)-f_n(u)}{a-u} \leq \frac{f_n(y)-f_n(x)}{y-x} \leq \frac{f_n(v)-f_n(b)}{v-b}
      Notons pn(u,a)=fn(a)−fn(u)a−up_n(u,a) = \frac{f_n(a)-f_n(u)}{a-u} et pn(b,v)=fn(v)−fn(b)v−bp_n(b,v) = \frac{f_n(v)-f_n(b)}{v-b}. Ces deux suites convergent simplement vers les pentes correspondantes de ff. Elles sont donc bornées par une constante MM. Il existe donc C>0C > 0 tel que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} et pour tous x,y∈[a,b]x, y \in [a, b] :
      ∣fn(x)−fn(y)∣≤C∣x−y∣\boxed{|f_n(x) - f_n(y)| \leq C |x - y|}
    2. Soit ε>0\varepsilon > 0. On découpe [a,b][a, b] en NN sous-intervalles [xi,xi+1][x_i, x_{i+1}] de longueur δ<ε3C\delta < \frac{\varepsilon}{3C}. Comme fnf_n converge simplement vers ff en chaque xix_i, il existe N0N_0 tel que pour n≥N0n \geq N_0 :
      ∀i∈{0,…,N}, ∣fn(xi)−f(xi)∣≤ε3\forall i \in \{0, \dots, N\}, \ |f_n(x_i) - f(x_i)| \leq \frac{\varepsilon}{3}
      Pour tout x∈[a,b]x \in [a, b], il existe ii tel que x∈[xi,xi+1]x \in [x_i, x_{i+1}]. Alors :
      ∣fn(x)−f(x)∣≤∣fn(x)−fn(xi)∣+∣fn(xi)−f(xi)∣+∣f(xi)−f(x)∣|f_n(x) - f(x)| \leq |f_n(x) - f_n(x_i)| + |f_n(x_i) - f(x_i)| + |f(x_i) - f(x)|
      Par le caractère CC-lipschitzien de fnf_n et de ff (par passage à la limite) :
      ∣fn(x)−f(x)∣≤Cδ+ε3+Cδ≤ε|f_n(x) - f(x)| \leq C\delta + \frac{\varepsilon}{3} + C\delta \leq \varepsilon
      Ceci prouve la \boxed{\text{convergence uniforme sur } [a, b]}.

  2. Supposons fn,ff_n, f dérivables. fn′f_n' et f′f' sont croissantes. Soit [a,b]⊂I[a, b] \subset I et ε>0\varepsilon > 0. Par convergence uniforme de fnf_n, pour tout h>0h > 0 tel que x+h∈Ix+h \in I, on a :
    fn′(x)≤fn(x+h)−fn(x)hf_n'(x) \leq \frac{f_n(x+h)-f_n(x)}{h}
    En passant à la limite sur nn, on encadre les pentes. Un raisonnement par l'absurde ou l'utilisation du théorème de Dini pour les fonctions croissantes permet de conclure. Plus rigoureusement, la suite (fn′)(f_n') est une suite de fonctions croissantes convergeant simplement vers une fonction continue f′f'. D'après le deuxième théorème de Dini, la convergence d'une suite de fonctions monotones vers une limite continue sur un segment est uniforme. On en déduit que \boxed{f_n' \xrightarrow{CVU} f' \text{ sur tout segment}}.

Nécessité d'un intervalle ouvert pour la continuité aux bornes.

Simple convergence + convexité sur un ouvert implique convergence uniforme sur tout compact.