Soit une matrice diagonalisable.
On définit son rayon spectral par la quantité :
Soit une norme quelconque sur l'espace vectoriel . Pour tout entier , on pose :
Montrer que la suite converge et que sa limite est .
Commencer par exprimer en fonction d'une matrice diagonale via la relation de similitude.
Utiliser l'équivalence des normes en dimension finie pour comparer à une norme plus simple (comme la norme infinie des coefficients dans une base bien choisie).
Appliquer le théorème des gendarmes après être passé à la puissance .
Réduction : utilisation de la diagonalisabilité pour simplifier le calcul des puissances.
Analyse : équivalence des normes en dimension finie.
Comportement asymptotique des racines -ièmes.
Résolution.
Puisque la matrice est diagonalisable dans , il existe une matrice inversible et une matrice diagonale telles que :
Par une récurrence immédiate, pour tout entier naturel , on obtient l'expression de la puissance -ième :
Considérons maintenant l'application , où désigne la norme "infini" appliquée aux coefficients de la matrice .
On vérifie aisément que définit une norme sur . En dimension finie, toutes les normes sont équivalentes. Il existe donc deux constantes strictement positives et telles que :
Appliquons cet encadrement à la matrice :
Or, par définition de la norme et de la puissance de :
Puisque est une matrice diagonale, sa norme infini est égale au plus grand module de ses coefficients diagonaux :
Nous obtenons ainsi l'encadrement suivant pour tout :
En appliquant la fonction racine -ième (qui est croissante sur ), il vient :
Étudions la limite de chaque membre lorsque :
D'après le théorème des gendarmes, nous en déduisons que la suite converge et :
Vouloir utiliser la sous-multiplicativité sans justification sur la nature de la norme.
La limite de ||M^p||^(1/p) est toujours le rayon spectral de M.