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Soit M∈Mn(R)M \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{R}) une matrice diagonalisable.

On définit son rayon spectral par la quantité :

ρ(M)=max⁡λ∈Sp(M)∣λ∣\rho(M) = \max_{\lambda \in \text{Sp}(M)} |\lambda|

Soit ∥⋅∥\|\cdot\| une norme quelconque sur l'espace vectoriel Mn(R)\mathcal{M}_{n}(\mathbb{R}). Pour tout entier p∈N∗p \in \mathbb{N}^*, on pose :

fp(M)=∥Mp∥1/pf_{p}(M) = \left\|M^{p}\right\|^{1/p}

Montrer que la suite (fp(M))p∈N∗(f_p(M))_{p \in \mathbb{N}^*} converge et que sa limite est ρ(M)\rho(M).

1.

Commencer par exprimer MpM^p en fonction d'une matrice diagonale DD via la relation de similitude.

2.

Utiliser l'équivalence des normes en dimension finie pour comparer ∥⋅∥\|\cdot\| à une norme plus simple (comme la norme infinie des coefficients dans une base bien choisie).

3.

Appliquer le théorème des gendarmes après être passé à la puissance 1/p1/p.

Idées clés

•

Réduction : utilisation de la diagonalisabilité pour simplifier le calcul des puissances.

•

Analyse : équivalence des normes en dimension finie.

•

Comportement asymptotique des racines pp-ièmes.

Résolution.

Puisque la matrice MM est diagonalisable dans Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}), il existe une matrice inversible P∈GLn(R)P \in \text{GL}_n(\mathbb{R}) et une matrice diagonale D=diag(λ1,…,λn)D = \text{diag}(\lambda_1, \dots, \lambda_n) telles que :

M=PDP−1M = P D P^{-1}

Par une récurrence immédiate, pour tout entier naturel pp, on obtient l'expression de la puissance pp-ième :

Mp=PDpP−1avecDp=diag(λ1p,…,λnp)M^p = P D^p P^{-1}   \text{avec}   D^p = \text{diag}(\lambda_1^p, \dots, \lambda_n^p)

Considérons maintenant l'application N:A↦∥P−1AP∥∞N : A \mapsto \|P^{-1} A P\|_\infty, où ∥B∥∞=max⁡1≤i,j≤n∣bi,j∣\|B\|_\infty = \max_{1 \le i,j \le n} |b_{i,j}| désigne la norme "infini" appliquée aux coefficients de la matrice BB.

On vérifie aisément que NN définit une norme sur Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}). En dimension finie, toutes les normes sont équivalentes. Il existe donc deux constantes strictement positives aa et bb telles que :

∀A∈Mn(R),aN(A)≤∥A∥≤bN(A)\forall A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}),   a N(A) \le \|A\| \le b N(A)

Appliquons cet encadrement à la matrice A=MpA = M^p :

aN(Mp)≤∥Mp∥≤bN(Mp)a N(M^p) \le \|M^p\| \le b N(M^p)

Or, par définition de la norme NN et de la puissance de DD :

N(Mp)=∥P−1(PDpP−1)P∥∞=∥Dp∥∞N(M^p) = \|P^{-1} (P D^p P^{-1}) P\|_\infty = \|D^p\|_\infty

Puisque DpD^p est une matrice diagonale, sa norme infini est égale au plus grand module de ses coefficients diagonaux :

∥Dp∥∞=max⁡1≤i≤n∣λip∣=(max⁡1≤i≤n∣λi∣)p=ρ(M)p\|D^p\|_\infty = \max_{1 \le i \le n} |\lambda_i^p| = \left( \max_{1 \le i \le n} |\lambda_i| \right)^p = \rho(M)^p

Nous obtenons ainsi l'encadrement suivant pour tout p≥1p \ge 1 :

aρ(M)p≤∥Mp∥≤bρ(M)pa \rho(M)^p \le \|M^p\| \le b \rho(M)^p

En appliquant la fonction racine pp-ième (qui est croissante sur R+\mathbb{R}^+), il vient :

a1/pρ(M)≤∥Mp∥1/p≤b1/pρ(M)\boxed{ a^{1/p} \rho(M) \le \|M^p\|^{1/p} \le b^{1/p} \rho(M) }

Étudions la limite de chaque membre lorsque p→+∞p \to +\infty :

  • Comme a>0a > 0, on a lim⁡p→+∞a1/p=1\lim_{p \to +\infty} a^{1/p} = 1.
  • De même, comme b>0b > 0, on a lim⁡p→+∞b1/p=1\lim_{p \to +\infty} b^{1/p} = 1.

D'après le théorème des gendarmes, nous en déduisons que la suite (∥Mp∥1/p)p∈N∗(\|M^p\|^{1/p})_{p \in \mathbb{N}^*} converge et :

lim⁡p→+∞∥Mp∥1/p=ρ(M)\boxed{ \lim_{p \to +\infty} \|M^p\|^{1/p} = \rho(M) }

Vouloir utiliser la sous-multiplicativité sans justification sur la nature de la norme.

La limite de ||M^p||^(1/p) est toujours le rayon spectral de M.