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Soit ff la fonction d'une variable réelle définie par la série de fonctions :

f(x)=∑n=−∞+∞1(n+x)2f(x) = \sum_{n=-\infty}^{+\infty} \frac{1}{(n+x)^{2}}

  1. Déterminer le domaine de définition Df\mathcal{D}_f de la fonction ff et montrer que ff est 11-périodique.
  2. Démontrer que ff est continue sur Df\mathcal{D}_f.
  3. Soit m∈N∗m \in \mathbb{N}^*. Établir l'identité fonctionnelle suivante pour tout x∈Dfx \in \mathcal{D}_f :
    1m2∑p=0m−1f(x+pm)=f(x)\frac{1}{m^{2}} \sum_{p=0}^{m-1} f\left(\frac{x+p}{m}\right) = f(x)

1.

Pour la définition, traiter la série comme la somme de deux séries (indices positifs et négatifs) et utiliser les règles de comparaison des séries de Riemann.

2.

Pour la continuité, montrer la convergence normale de la série sur tout segment inclus dans R∖Z\mathbb{R} \setminus \mathbb{Z}.

3.

Pour l'identité fonctionnelle, injecter la définition de ff dans la somme finie, puis utiliser la division euclidienne des entiers par mm pour réorganiser la sommation sur Z\mathbb{Z}.

Idées clés

•

Étude de la convergence normale locale pour la continuité.

•

Manipulation de sommes sur Z\mathbb{Z} via la bijection (n,p)↦nm+p(n, p) \mapsto nm+p.

•

Utilisation de la périodicité pour réduire le domaine d'étude.

Résolution.

  1. Domaine de définition et périodicité. Pour que chaque terme 1(n+x)2\frac{1}{(n+x)^2} soit défini, il faut que x+n≠0x+n \neq 0 pour tout n∈Zn \in \mathbb{Z}, soit x∉Zx \notin \mathbb{Z}. Pour x∈R∖Zx \in \mathbb{R} \setminus \mathbb{Z}, le terme général un(x)=1(n+x)2u_n(x) = \frac{1}{(n+x)^2} est équivalent à 1n2\frac{1}{n^2} quand ∣n∣→∞|n| \to \infty. D'après le critère de comparaison aux séries de Riemann, la série converge (absolument).
    Df=R∖Z\boxed{\mathcal{D}_f = \mathbb{R} \setminus \mathbb{Z}}
    Vérifions la périodicité. Soit x∈Dfx \in \mathcal{D}_f. On a x+1∈Dfx+1 \in \mathcal{D}_f et :
    f(x+1)=∑n=−∞+∞1(n+x+1)2f(x+1) = \sum_{n=-\infty}^{+\infty} \frac{1}{(n+x+1)^{2}}
    En effectuant le changement d'indice k=n+1k = n+1, lorsque nn parcourt Z\mathbb{Z}, kk parcourt également Z\mathbb{Z}. Ainsi :
    f(x+1)=∑k=−∞+∞1(k+x)2=f(x)f(x+1) = \sum_{k=-\infty}^{+\infty} \frac{1}{(k+x)^{2}} = f(x)
  2. Continuité de ff. Soit KK un segment inclus dans R∖Z\mathbb{R} \setminus \mathbb{Z}. Il existe ε>0\varepsilon > 0 tel que pour tout x∈Kx \in K et tout n∈Zn \in \mathbb{Z}, ∣x+n∣≥ε|x+n| \geq \varepsilon. De plus, pour ∣n∣|n| assez grand (disons ∣n∣>A|n| > A), on a ∣x+n∣≥∣n∣−∣x∣≥∣n∣−M|x+n| \geq |n| - |x| \geq |n| - M où M=sup⁡x∈K∣x∣M = \sup_{x \in K} |x|. Alors ∣un(x)∣≤1(∣n∣−M)2|u_n(x)| \leq \frac{1}{(|n|-M)^2} pour ∣n∣|n| assez grand. Cette borne supérieure est le terme général d'une série numérique convergente, donc la série de fonctions ∑un\sum u_n converge normalement sur tout segment K⊂DfK \subset \mathcal{D}_f. Comme chaque fonction x↦1(n+x)2x \mapsto \frac{1}{(n+x)^2} est continue sur Df\mathcal{D}_f, la somme ff est continue sur Df\mathcal{D}_f.
    f∈C0(R∖Z,R)\boxed{f \in \mathcal{C}^0(\mathbb{R} \setminus \mathbb{Z}, \mathbb{R})}

  3. Preuve de l'identité fonctionnelle. Fixons m∈N∗m \in \mathbb{N}^* et x∈Dfx \in \mathcal{D}_f. On note SS la somme à étudier :
    S=1m2∑p=0m−1f(x+pm)=1m2∑p=0m−1∑n=−∞+∞1(n+x+pm)2S = \frac{1}{m^{2}} \sum_{p=0}^{m-1} f\left(\frac{x+p}{m}\right) = \frac{1}{m^{2}} \sum_{p=0}^{m-1} \sum_{n=-\infty}^{+\infty} \frac{1}{\left(n + \frac{x+p}{m}\right)^2}
    En simplifiant l'expression dans le carré :
    S=∑p=0m−1∑n=−∞+∞1m2(nm+p+xm)2=∑p=0m−1∑n=−∞+∞1(nm+p+x)2S = \sum_{p=0}^{m-1} \sum_{n=-\infty}^{+\infty} \frac{1}{m^2 \left(\frac{nm+p+x}{m}\right)^2} = \sum_{p=0}^{m-1} \sum_{n=-\infty}^{+\infty} \frac{1}{(nm+p+x)^2}
    Comme la série est à termes positifs, on peut intervertir les sommes (ou invoquer la convergence absolue pour réorganiser les termes). L'application ϕ:Z×{0,…,m−1}→Z\phi : \mathbb{Z} \times \{0, \dots, m-1\} \to \mathbb{Z} définie par (n,p)↦nm+p(n, p) \mapsto nm+p est une bijection (elle correspond à la division euclidienne d'un entier par mm, où nn est le quotient et pp le reste). Par conséquent, lorsque pp varie de 00 à m−1m-1 et nn parcourt Z\mathbb{Z}, la valeur k=nm+pk = nm+p parcourt exactement une fois l'ensemble Z\mathbb{Z}. On en déduit :
    S=∑k=−∞+∞1(k+x)2S = \sum_{k=-\infty}^{+\infty} \frac{1}{(k+x)^2}
    On retrouve bien la définition de f(x)f(x).
    1m2∑p=0m−1f(x+pm)=f(x)\boxed{\frac{1}{m^{2}} \sum_{p=0}^{m-1} f\left(\frac{x+p}{m}\right) = f(x)}

Vouloir prouver la convergence normale sur le domaine privé des entiers sans restriction aux compacts.

Réorganiser une somme sur Z via le changement d'indice k = nm+p (division euclidienne).