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Soit pp un entier naturel non nul. On se donne pp nombres réels α0,α1,…,αp−1\alpha_{0}, \alpha_{1}, \dots, \alpha_{p-1}.

Pour tout n∈N∗n \in \mathbb{N}^*, on définit le coefficient ana_n par :

an=αr(n)na_n = \frac{\alpha_{r(n)}}{n}
où r(n)r(n) désigne le reste de la division euclidienne de nn par pp.

Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur les réels (αk)0≤k<p(\alpha_k)_{0 \le k < p} pour que la série ∑n≥1an\sum_{n \ge 1} a_n soit convergente.

1.

Étudier le comportement des sommes partielles par paquets de taille pp.

2.

Effectuer un développement asymptotique du terme général au sein de chaque bloc pour faire apparaître la somme des αk\alpha_k.

3.

On pourra poser Smp=∑n=1mpanS_{mp} = \sum_{n=1}^{mp} a_n et analyser sa limite lorsque m→+∞m \to +\infty.

Idées clés

•

Regroupement par blocs (sommation par paquets).

•

Comparaison avec la série harmonique (divergence de ∑1n\sum \frac{1}{n}).

•

Développement asymptotique de 1np+k\frac{1}{np+k}.

Résolution.

Soit N∈N∗N \in \mathbb{N}^*. On note SN=∑n=1NanS_N = \sum_{n=1}^N a_n la somme partielle d'ordre NN. Commençons par examiner les sommes partielles pour des indices multiples de pp.

Pour tout m∈N∗m \in \mathbb{N}^*, on peut écrire :

Smp=∑j=0m−1(∑k=1pαr(jp+k)jp+k)S_{mp} = \sum_{j=0}^{m-1} \left( \sum_{k=1}^p \frac{\alpha_{r(j p + k)}}{jp + k} \right)

On remarque que pour k∈{1,…,p}k \in \{1, \dots, p\}, le reste r(jp+k)r(jp+k) est simplement kk si k<pk < p et 00 si k=pk=p. Ainsi, l'ensemble des valeurs {r(jp+k)∣k∈{1,…,p}}\{r(jp+k) \mid k \in \{1, \dots, p\}\} parcourt exactement une fois l'ensemble {0,1,…,p−1}\{0, 1, \dots, p-1\}.

Posons σ=∑k=0p−1αk\sigma = \sum_{k=0}^{p-1} \alpha_k. Pour un bloc fixé jj, effectuons un développement asymptotique pour jj au voisinage de +∞+\infty :

∑k=1pαr(k)jp+k=∑k=1pαr(k)jp(1+kjp)−1\sum_{k=1}^p \frac{\alpha_{r(k)}}{jp+k} = \sum_{k=1}^p \frac{\alpha_{r(k)}}{jp} \left( 1 + \frac{k}{jp} \right)^{-1}

En développant à l'ordre 1, on obtient :

∑k=1pαr(k)jp+k=∑k=1pαr(k)jp+O(1j2)\sum_{k=1}^p \frac{\alpha_{r(k)}}{jp+k} = \sum_{k=1}^p \frac{\alpha_{r(k)}}{jp} + O\left( \frac{1}{j^2} \right)

Comme la somme est finie, on peut sortir le facteur constant :

∑k=1pαr(k)jp+k=1jp(∑k=0p−1αk)+O(1j2)=σp⋅1j+O(1j2)\sum_{k=1}^p \frac{\alpha_{r(k)}}{jp+k} = \frac{1}{jp} \left( \sum_{k=0}^{p-1} \alpha_k \right) + O\left( \frac{1}{j^2} \right) = \frac{\sigma}{p} \cdot \frac{1}{j} + O\left( \frac{1}{j^2} \right)

En sommant pour jj allant de 11 à m−1m-1 (le premier terme j=0j=0 étant mis à part), nous obtenons :

Smp=σp∑j=1m−11j+∑j=1m−1O(1j2)+constanteS_{mp} = \frac{\sigma}{p} \sum_{j=1}^{m-1} \frac{1}{j} + \sum_{j=1}^{m-1} O\left( \frac{1}{j^2} \right) + \text{constante}

Cas 1 : σ≠0\sigma \neq 0. Dans ce cas, Smp∼σpln⁡(m)S_{mp} \sim \frac{\sigma}{p} \ln(m) quand m→+∞m \to +\infty. La suite des sommes partielles tend vers ±∞\pm \infty, donc la série diverge.

Cas 2 : σ=0\sigma = 0. Dans ce cas, le terme prépondérant s'annule et il reste :

Smp=∑j=1m−1O(1j2)+constanteS_{mp} = \sum_{j=1}^{m-1} O\left( \frac{1}{j^2} \right) + \text{constante}

Comme la série ∑1j2\sum \frac{1}{j^2} converge, la suite (Smp)m∈N∗(S_{mp})_{m \in \mathbb{N}^*} converge vers une limite finie LL. Pour conclure à la convergence de la série, il faut vérifier que SN→LS_N \to L même si NN n'est pas un multiple de pp. Soit N∈N∗N \in \mathbb{N}^*. On écrit N=mNp+qNN = m_N p + q_N avec 0≤qN<p0 \le q_N < p. Alors :

SN=SmNp+∑n=mNp+1mNp+qNαr(n)nS_N = S_{m_N p} + \sum_{n=m_N p + 1}^{m_N p + q_N} \frac{\alpha_{r(n)}}{n}

Or, la somme restante contient au plus p−1p-1 termes, et chaque terme tend vers 0 puisque :

∣∑n=mNp+1mNp+qNαr(n)n∣≤(p−1)⋅max⁡∣αk∣mNp→N→+∞0\left| \sum_{n=m_N p + 1}^{m_N p + q_N} \frac{\alpha_{r(n)}}{n} \right| \le \frac{(p-1) \cdot \max |\alpha_k|}{m_N p} \xrightarrow[N \to +\infty]{} 0

Par conséquent, SNS_N converge vers la même limite que SmNpS_{m_N p}.

La seˊrie ∑an converge si et seulement si ∑k=0p−1αk=0.\boxed{\text{La série } \sum a_n \text{ converge si et seulement si } \sum_{k=0}^{p-1} \alpha_k = 0.}

Vérifier que le reste d'un bloc tend vers zéro pour passer de la convergence d'une sous-suite de sommes partielles à celle de la série.

La série ∑unn\sum \frac{u_n}{n} avec uu périodique converge ssi la somme sur une période est nulle.