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Soit (fn)n∈N(f_n)_{n \in \mathbb{N}} une suite de fonctions continues de R\mathbb{R} dans R\mathbb{R} qui converge uniformément vers une fonction ff sur tout segment de R\mathbb{R}.

On suppose que pour chaque n∈Nn \in \mathbb{N}, la fonction fnf_n est périodique de période Tn>0T_n > 0. On suppose également que la suite des périodes (Tn)n∈N(T_n)_{n \in \mathbb{N}} est majorée.

Montrer que la fonction limite ff admet une période T>0T > 0.

1.

Utiliser le théorème de Bolzano-Weierstrass sur la suite des périodes (Tn)(T_n).

2.

Distinguer le cas où la limite d'une sous-suite de périodes est strictement positive du cas où elle est nulle.

3.

Pour le cas où la limite des périodes est nulle, montrer que la fonction ff est nécessairement constante en utilisant la caractérisation séquentielle de la continuité.

Idées clés

•

Compacité : Extraction d'une sous-suite convergente de périodes.

•

Conservation de la continuité par convergence uniforme locale.

•

Cas limite des petites périodes : Une fonction "infiniment" périodique et continue est constante.

Résolution.

La suite (Tn)n∈N(T_n)_{n \in \mathbb{N}} est une suite réelle bornée. D'après le théorème de Bolzano-Weierstrass, il existe une sous-suite (Tϕ(n))n∈N(T_{\phi(n)})_{n \in \mathbb{N}} qui converge vers un réel T≥0T \ge 0. Comme pour tout nn, Tn>0T_n > 0, on a par passage à la limite :

T≥0T \ge 0

Comme (fn)(f_n) converge uniformément vers ff sur tout segment, la fonction ff est continue sur R\mathbb{R}.

Premier cas : T>0T > 0.

Soit x∈Rx \in \mathbb{R}. Pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, on a par Tϕ(n)T_{\phi(n)}-périodicité de fϕ(n)f_{\phi(n)} :

fϕ(n)(x+Tϕ(n))=fϕ(n)(x)f_{\phi(n)}(x + T_{\phi(n)}) = f_{\phi(n)}(x)

Étudions la limite de chaque membre. Par convergence simple de la suite de fonctions, on a :

lim⁡n→∞fϕ(n)(x)=f(x)\lim_{n \to \infty} f_{\phi(n)}(x) = f(x)

Pour le terme de gauche, utilisons la continuité de ff et la convergence uniforme locale. On écrit :

∣f(x+T)−fϕ(n)(x+Tϕ(n))∣≤∣f(x+T)−f(x+Tϕ(n))∣+∣f(x+Tϕ(n))−fϕ(n)(x+Tϕ(n))∣|f(x+T) - f_{\phi(n)}(x+T_{\phi(n)})| \le |f(x+T) - f(x+T_{\phi(n)})| + |f(x+T_{\phi(n)}) - f_{\phi(n)}(x+T_{\phi(n)})|

Le premier terme tend vers 00 par continuité de ff car x+Tϕ(n)→x+Tx+T_{\phi(n)} \to x+T. Le second terme tend vers 00 car (fϕ(n))(f_{\phi(n)}) converge uniformément vers ff sur un segment contenant x+Tx+T et les x+Tϕ(n)x+T_{\phi(n)} pour nn assez grand.

Ainsi, par passage à la limite dans l'égalité de périodicité, on obtient :

f(x+T)=f(x)\boxed{f(x+T) = f(x)}

La fonction ff est donc périodique de période T>0T > 0.

Second cas : T=0T = 0.

Supposons que la seule valeur d'adhérence de la suite (Tn)(T_n) soit 00, ce qui implique Tn→0T_n \to 0 (ou que l'on ait extrait une sous-suite tendant vers 00).

Soit x∈Rx \in \mathbb{R} et h∈Rh \in \mathbb{R}. Montrons que f(x+h)=f(x)f(x+h) = f(x). Pour chaque nn, posons kn=⌊hTn⌋∈Zk_n = \lfloor \frac{h}{T_n} \rfloor \in \mathbb{Z}. On a alors :

knTn≤h<(kn+1)Tn  ⟹  ∣h−knTn∣≤Tnk_n T_n \le h < (k_n + 1) T_n \implies |h - k_n T_n| \le T_n

Puisque Tn→0T_n \to 0, il vient knTn→hk_n T_n \to h. Par TnT_n-périodicité, on a fn(x+knTn)=fn(x)f_n(x + k_n T_n) = f_n(x). En utilisant un raisonnement identique au premier cas (convergence uniforme sur un segment et continuité de ff), on montre que :

lim⁡n→∞fn(x+knTn)=f(x+h)etlim⁡n→∞fn(x)=f(x)\lim_{n \to \infty} f_n(x + k_n T_n) = f(x+h)   \text{et}   \lim_{n \to \infty} f_n(x) = f(x)

On en déduit que :

∀h∈R,f(x+h)=f(x)\forall h \in \mathbb{R},   f(x+h) = f(x)

La fonction ff est donc constante sur R\mathbb{R}. Une fonction constante admet n'importe quel réel T>0T > 0 comme période (par exemple T=1T=1).

Conclusion.

Dans tous les cas, ff admet une période strictement positive :

f est peˊriodique de peˊriode T>0\boxed{ \text{ff est périodique de période } T > 0 }

Oublier le cas où la limite des périodes est nulle (fonction constante).

La limite uniforme de fonctions périodiques à périodes bornées est périodique.