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On considère la suite de fonctions (fn)n∈N(f_n)_{n \in \mathbb{N}} définies sur R+∗\mathbb{R}_+^* par la relation de récurrence suivante :

∀x∈R+∗,f0(x)=1et∀n∈N, fn+1(x)=xfn(x)\forall x \in \mathbb{R}_+^*,   f_0(x) = 1   \text{et}   \forall n \in \mathbb{N}, \ f_{n+1}(x) = x^{f_n(x)}

Étudier la convergence simple de la suite de fonctions (fn)(f_n) sur son domaine de définition.

1.

Pour xx fixé, la suite (fn(x))(f_n(x)) est une suite récurrente de la forme un+1=g(un)u_{n+1} = g(u_n) avec g(t)=xtg(t) = x^t.

2.

Étudier les variations de la fonction h(t)=xt−th(t) = x^t - t pour trouver les points fixes éventuels de gg.

3.

Distinguer les cas x=1x=1, x>1x > 1 et x<1x < 1.

4.

Pour le cas x>1x > 1, déterminer pour quelles valeurs de xx la fonction hh s'annule en étudiant son minimum.

5.

Pour le cas x<1x < 1, on pourra étudier la suite extraite des termes pairs et celle des termes impairs en utilisant la fonction g∘gg \circ g.

Idées clés

•

Suite récurrente un+1=g(un)u_{n+1} = g(u_n) avec paramètre xx.

•

Étude des points fixes via h(t)=g(t)−th(t) = g(t) - t.

•

Discussion selon la valeur de xx (monotonie de gg).

Résolution.

Soit x∈R+∗x \in \mathbb{R}_+^*. On note un=fn(x)u_n = f_n(x). La suite (un)(u_n) vérifie u0=1u_0 = 1 et un+1=g(un)u_{n+1} = g(u_n) où g:t↦xt=exp⁡(tln⁡x)g : t \mapsto x^t = \exp(t \ln x).

1. Cas x=1x = 1.

Si x=1x=1, alors u1=11=1u_1 = 1^1 = 1. Par une récurrence immédiate, la suite (un)(u_n) est constante.

Si x=1, la suite (fn(1)) converge vers 1.\boxed{\text{Si } x = 1, \text{ la suite } (f_n(1)) \text{ converge vers } 1.}

2. Cas x>1x > 1.

La fonction gg est strictement croissante sur R\mathbb{R}. Comme u1=x1=x>1=u0u_1 = x^1 = x > 1 = u_0, la suite (un)(u_n) est strictement croissante. Elle converge si et seulement si elle est majorée, auquel cas sa limite est un point fixe de gg.

Étudions h(t)=g(t)−t=xt−th(t) = g(t) - t = x^t - t. Sa dérivée est h′(t)=(ln⁡x)xt−1h'(t) = (\ln x) x^t - 1. h′(t)=0  ⟺  xt=1ln⁡x  ⟺  tln⁡x=−ln⁡(ln⁡x)  ⟺  t0=−ln⁡(ln⁡x)ln⁡xh'(t) = 0 \iff x^t = \frac{1}{\ln x} \iff t \ln x = -\ln(\ln x) \iff t_0 = -\frac{\ln(\ln x)}{\ln x}.

Le minimum de hh est atteint en t0t_0 et vaut :

h(t0)=xt0−t0=1ln⁡x+ln⁡(ln⁡x)ln⁡x=1+ln⁡(ln⁡x)ln⁡xh(t_0) = x^{t_0} - t_0 = \frac{1}{\ln x} + \frac{\ln(\ln x)}{\ln x} = \frac{1 + \ln(\ln x)}{\ln x}

La fonction gg admet un point fixe si et seulement si ce minimum est négatif ou nul. h(t0)⩽0  ⟺  1+ln⁡(ln⁡x)⩽0  ⟺  ln⁡x⩽e−1  ⟺  x⩽e1/eh(t_0) \leqslant 0 \iff 1 + \ln(\ln x) \leqslant 0 \iff \ln x \leqslant e^{-1} \iff x \leqslant e^{1/e}.

  • Si x>e1/ex > e^{1/e :} La fonction hh est strictement positive, donc g(t)>tg(t) > t pour tout tt. La suite (un)(u_n) étant croissante et sans point fixe, elle diverge vers +∞+\infty.
  • Si 1<x⩽e1/e1 < x \leqslant e^{1/e :} La fonction hh s'annule. Soit α\alpha le plus petit point fixe de gg (le plus petit zéro de hh). Comme u0=1u_0 = 1 et h(1)=x−1>0h(1) = x-1 > 0, on montre par récurrence que un⩽αu_n \leqslant \alpha. En effet, u0=1⩽αu_0 = 1 \leqslant \alpha car h(1)>0h(1) > 0 et h(α)=0h(\alpha) = 0 avec 1<α1 < \alpha. Puis un⩽α  ⟹  g(un)⩽g(α)  ⟹  un+1⩽αu_n \leqslant \alpha \implies g(u_n) \leqslant g(\alpha) \implies u_{n+1} \leqslant \alpha. La suite est croissante et majorée, donc elle converge vers α\alpha.

Pour 1<x⩽e1/e, (fn(x)) converge. Pour x>e1/e, (fn(x)) diverge.\boxed{\text{Pour } 1 < x \leqslant e^{1/e}, \ (f_n(x)) \text{ converge. Pour } x > e^{1/e}, \ (f_n(x)) \text{ diverge.}}

3. Cas 0<x<10 < x < 1.

Ici gg est strictement décroissante. La suite (un)(u_n) n'est pas monotone, mais les suites (u2n)(u_{2n}) et (u2n+1)(u_{2n+1}) le sont (car g∘gg \circ g est croissante). Comme gg est décroissante de R+\mathbb{R}_+ sur ]0,1]]0, 1], un∈[0,1]u_n \in [0, 1] pour tout n⩾1n \geqslant 1. Les suites (u2n)(u_{2n}) et (u2n+1)(u_{2n+1}) sont bornées, donc elles convergent vers des points fixes de g∘gg \circ g.

L'étude montre que gg possède un unique point fixe ℓ∈]0,1[\ell \in ]0, 1[. L'analyse de la stabilité de ce point fixe (via ∣g′(ℓ)∣|g'(\ell)|) montre que :

  • Si x⩾(1/e)e=e−ex \geqslant (1/e)^e = e^{-e}, alors ∣g′(ℓ)∣⩽1|g'(\ell)| \leqslant 1 et la suite converge vers ℓ\ell.
  • Si x<e−ex < e^{-e}, les suites (u2n)(u_{2n}) et (u2n+1)(u_{2n+1}) convergent vers deux valeurs distinctes (cycle de période 2).

(Note : Le cas x<1x < 1 est souvent traité plus sommairement en signalant simplement l'existence de l'unique point fixe ℓ\ell pour gg).

Oublier d'étudier le minimum de xt−tx^t-t pour trouver la borne e1/ee^{1/e}.

Une suite récurrente avec une fonction croissante est monotone.