Résolution.
Soit x∈R+∗. On note un=fn(x). La suite (un) vérifie u0=1 et un+1=g(un) où g:t↦xt=exp(tlnx).
1. Cas x=1.
Si x=1, alors u1=11=1. Par une récurrence immédiate, la suite (un) est constante.
Si x=1, la suite (fn(1)) converge vers 1. 2. Cas x>1.
La fonction g est strictement croissante sur R. Comme u1=x1=x>1=u0, la suite (un) est strictement croissante.
Elle converge si et seulement si elle est majorée, auquel cas sa limite est un point fixe de g.
Étudions h(t)=g(t)−t=xt−t. Sa dérivée est h′(t)=(lnx)xt−1.
h′(t)=0⟺xt=lnx1⟺tlnx=−ln(lnx)⟺t0=−lnxln(lnx).
Le minimum de h est atteint en t0 et vaut :
h(t0)=xt0−t0=lnx1+lnxln(lnx)=lnx1+ln(lnx) La fonction g admet un point fixe si et seulement si ce minimum est négatif ou nul.
h(t0)⩽0⟺1+ln(lnx)⩽0⟺lnx⩽e−1⟺x⩽e1/e.
- Si x>e1/e :} La fonction h est strictement positive, donc g(t)>t pour tout t.
La suite (un) étant croissante et sans point fixe, elle diverge vers +∞.
- Si 1<x⩽e1/e :} La fonction h s'annule. Soit α le plus petit point fixe de g (le plus petit zéro de h).
Comme u0=1 et h(1)=x−1>0, on montre par récurrence que un⩽α.
En effet, u0=1⩽α car h(1)>0 et h(α)=0 avec 1<α.
Puis un⩽α⟹g(un)⩽g(α)⟹un+1⩽α.
La suite est croissante et majorée, donc elle converge vers α.
Pour 1<x⩽e1/e, (fn(x)) converge. Pour x>e1/e, (fn(x)) diverge. 3. Cas 0<x<1.
Ici g est strictement décroissante. La suite (un) n'est pas monotone, mais les suites (u2n) et (u2n+1) le sont (car g∘g est croissante).
Comme g est décroissante de R+ sur ]0,1], un∈[0,1] pour tout n⩾1.
Les suites (u2n) et (u2n+1) sont bornées, donc elles convergent vers des points fixes de g∘g.
L'étude montre que g possède un unique point fixe ℓ∈]0,1[.
L'analyse de la stabilité de ce point fixe (via ∣g′(ℓ)∣) montre que :
- Si x⩾(1/e)e=e−e, alors ∣g′(ℓ)∣⩽1 et la suite converge vers ℓ.
- Si x<e−e, les suites (u2n) et (u2n+1) convergent vers deux valeurs distinctes (cycle de période 2).
(Note : Le cas x<1 est souvent traité plus sommairement en signalant simplement l'existence de l'unique point fixe ℓ pour g).