Soit (an)n∈N une suite de nombres réels, décroissante et de limite nulle.
On suppose qu'il existe un réel x tel que la série ∑an∣cos(nx)∣ soit convergente.
Montrer que la série ∑an est convergente.
1.
Utiliser l'inégalité classique ∣cos(θ)∣≥cos2(θ) pour linéariser l'expression.
2.
Exprimer cos2(nx) en fonction de cos(2nx).
3.
Distinguer les cas selon la valeur de x et utiliser le critère d'Abel (ou règle de Dirichlet) pour la convergence de la série ∑ancos(2nx).
Idées clés
•
Linéarisation du cosinus : cos2(θ)=21+cos(2θ).
•
Transformation d'Abel (Critère de Dirichlet) pour les séries trigonométriques.
•
Propriété des suites décroissantes tendant vers 0 pour la comparaison de séries.
Résolution.
Commençons par utiliser une minoration classique de la valeur absolue du cosinus par son carré :
Pour tout n∈N, on a :
∣cos(nx)∣≥cos2(nx)
En utilisant la formule de duplication du cosinus, nous obtenons :
cos2(nx)=21+cos(2nx)
D'après l'énoncé, an≥0 (car la suite décroit vers 0). On peut donc multiplier l'inégalité par an :
an∣cos(nx)∣≥21an+21ancos(2nx)
Isolons le terme an pour étudier la somme partielle de la série ∑an :
an≤2an∣cos(nx)∣−ancos(2nx)
Notons SN=∑n=0Nan la somme partielle que nous souhaitons majorer. Par linéarité :
SN≤2n=0∑Nan∣cos(nx)∣−n=0∑Nancos(2nx)
Par hypothèse, la série ∑an∣cos(nx)∣ converge. Soit C=∑n=0+∞an∣cos(nx)∣.
L'inégalité devient :
SN≤2C−n=0∑Nancos(2nx)
Étudions maintenant la nature de la série ∑ancos(2nx). Deux cas se présentent :
Premier cas : 2x n'est pas un multiple de 2π.
C'est-à-dire x∈/πZ.
Dans ce cas, la suite des sommes partielles de la série ∑ei2nx est bornée. En effet :
n=0∑Nei2nx=1−ei2x1−ei2(N+1)x≤∣1−ei2x∣2
Puisque (an) est une suite réelle décroissant vers 0, le critère de Dirichlet (ou transformation d'Abel) assure que la série ∑anei2nx converge.
En prenant la partie réelle, la série ∑ancos(2nx) converge.
Notons L=∑n=0+∞ancos(2nx).
La suite des sommes partielles SN est alors majorée car :
SN≤2C−n=0∑Nancos(2nx)N→+∞2C−L
La suite (SN) étant majorée et à termes positifs (an≥0), elle converge.
Second cas : 2x est un multiple de 2π.
Cela signifie que x=kπ ou x=2π+kπ avec k∈Z.
Si x=kπ, alors ∣cos(nx)∣=∣cos(nkπ)∣=1.
La série ∑an∣cos(nx)∣ est exactement ∑an, donc ∑an converge par hypothèse.
Si x=2π+kπ, alors ∣cos(nx)∣=∣cos(n2π+nkπ)∣=∣cos(n2π)∣.
Le terme ∣cos(n2π)∣ vaut 1 si n est pair et 0 si n est impair.
L'hypothèse de convergence porte donc sur la série ∑a2k.
Comme (an) décroît vers 0, on a 0≤a2k+1≤a2k.
Par comparaison de séries à termes positifs, la convergence de ∑a2k entraîne celle de ∑a2k+1.
Ainsi, la série ∑an=∑a2k+∑a2k+1 converge.
Dans tous les cas, nous avons démontré le résultat :
∑an converge.
Oublier de traiter le cas où l'angle est un multiple de Pi dans le critère d'Abel.
Utiliser le carré pour minorer une valeur absolue de fonction trigonométrique.