On considère la suite d'intégrales (In)n∈N définie par :
In=∫0π/2cosn(t)dt
Étudier la nature et déterminer la somme de la série de terme général un=(−1)nIn.
1.
On pourra introduire les sommes partielles de la série et les exprimer sous forme d'intégrale.
2.
Utiliser le théorème de convergence dominée pour justifier le passage à la limite sous le signe intégral.
3.
Pour le calcul de l'intégrale finale, on utilisera l'identité trigonométrique 1+cos(t)=2cos2(t/2).
Idées clés
•
Interversion série-intégrale via le théorème de convergence dominée (TCD) sur les sommes partielles.
•
Étude de la convergence simple et recherche d'une fonction dominante intégrable.
•
Utilisation des primitives usuelles de la fonction cos21.
Résolution.
Posons, pour tout n∈N et t∈[0,π/2], fn(t)=(−1)ncosn(t).
Nous cherchons la nature et la somme de la série ∑∫0π/2fn(t)dt.
Notons Sn la n-ième somme partielle de la série de fonctions ∑fn. Pour tout t∈]0,π/2], on a cos(t)∈[0,1[, d'où :
Sn(t)=k=0∑n(−cost)k=1+cost1−(−cost)n+1
Convergence simple :
Pour tout t∈]0,π/2], ∣cost∣<1, donc (−cost)n+1n→+∞0.
La suite de fonctions (Sn) converge donc simplement sur ]0,π/2] vers la fonction S définie par :
S(t)=1+cost1
Cette fonction S est continue sur ]0,π/2]. Elle est également intégrable sur ]0,π/2] car elle est continue sur le segment [0,π/2].
Domination :
Pour tout n∈N et tout t∈]0,π/2], nous pouvons majorer la valeur absolue de Sn(t) :
Posons g(t)=1+cost2. La fonction g est continue sur [0,π/2], donc elle est intégrable sur cet intervalle.
L'hypothèse de domination est vérifiée.
Application du théorème de convergence dominée :
D'après le TCD, la suite (∫0π/2Sn(t)dt) converge vers ∫0π/2S(t)dt.
Cela prouve que la série ∑un converge et que :
n=0∑+∞(−1)n∫0π/2cosn(t)dt=∫0π/21+costdt
Calcul de la somme :
En utilisant l'identité 1+cos(t)=2cos2(t/2), on obtient :
∫0π/22cos2(t/2)dt=[tan(2t)]0π/2
En évaluant aux bornes :
tan(4π)−tan(0)=1−0=1
Le résultat final est donc :
n=0∑+∞(−1)n∫0π/2cosn(t)dt=1
Absence de convergence uniforme au voisinage de 0 empêchant l'utilisation directe du théorème d'intégration terme à terme.
Utilisation du TCD sur les sommes partielles pour justifier l'interversion somme-intégrale.