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On considère, pour tout x∈R+∗x \in \mathbb{R}_+^*, les fonctions FF et GG définies par les expressions suivantes :

F(x)=∑n=0+∞fn(x)ouˋfn(x)=∏k=0n1x+kF(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} f_n(x)   \text{où}   f_n(x) = \prod_{k=0}^n \frac{1}{x+k}
G(x)=∑n=0+∞(−1)nn!(x+n)G(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{(-1)^n}{n!(x+n)}

  1. Montrer que les fonctions FF et GG sont bien définies sur l'intervalle R+∗\mathbb{R}_+^*.
  2. L'utilisation d'un logiciel de calcul numérique suggère que le rapport F(x)G(x)\frac{F(x)}{G(x)} est constant. Quelle valeur peut-on conjecturer pour ce rapport ?
    1. Justifier que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, il existe une famille de réels (αi,n)0≤i≤n(\alpha_{i,n})_{0 \le i \le n} telle que :
      fn(x)=∑i=0nαi,nx+if_n(x) = \sum_{i=0}^n \frac{\alpha_{i,n}}{x+i}
      Déterminer explicitement la valeur de ces coefficients αi,n\alpha_{i,n} en étudiant le comportement de fnf_n au voisinage des pôles.
    2. Démontrer la conjecture établie à la question 2.

1.

Pour la définition de FF, on pourra utiliser la règle de D'Alembert pour les séries numériques à xx fixé, ou comparer fn(x)f_n(x) à une factorielle.

2.

Pour la décomposition en éléments simples, multiplier fn(x)f_n(x) par (x+i)(x+i) et évaluer en x=−ix = -i.

3.

Pour la preuve finale, utiliser la décomposition de la question 3(a) dans l'expression de FF et justifier l'interversion des symboles de sommation. On rappelle que ∑k=0∞1k!=e\sum_{k=0}^{\infty} \frac{1}{k!} = e.

Idées clés

•

Convergence des séries de fonctions (critères de comparaison).

•

Décomposition en éléments simples des fractions rationnelles.

•

Interversion de sommations dans une série double absolument convergente.

Résolution.

  1. Existence de F(x)F(x) : Soit x>0x > 0. Pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, les facteurs (x+k)(x+k) sont strictement positifs. On a :
    fn(x)=1x(x+1)…(x+n)f_n(x) = \frac{1}{x(x+1)\dots(x+n)}
    On observe que pour n≥1n \ge 1, fn(x)≤1n!f_n(x) \le \frac{1}{n!}. Comme la série ∑1n!\sum \frac{1}{n!} converge vers ee, par comparaison de séries à termes positifs, F(x)F(x) est bien définie.

    Existence de G(x)G(x) : Pour x>0x > 0, on a ∣(−1)nn!(x+n)∣≤1n!⋅x\left| \frac{(-1)^n}{n!(x+n)} \right| \le \frac{1}{n! \cdot x}. La série définissant G(x)G(x) est donc absolument convergente pour tout x>0x > 0.

    F et G sont deˊfinies sur R+∗\boxed{F \text{ et } G \text{ sont définies sur } \mathbb{R}_+^*}

  2. En testant des valeurs (par exemple pour x=1x=1, F(1)=∑1(n+1)!=e−1F(1) = \sum \frac{1}{(n+1)!} = e-1 et G(1)=∑(−1)nn!(n+1)=∑(−1)n(n+1)!=1−e−1G(1) = \sum \frac{(-1)^n}{n!(n+1)} = \sum \frac{(-1)^n}{(n+1)!} = 1 - e^{-1}), on remarque que le rapport semble être égal à la constante de Néper ee.
    Conjecture : F(x)=e⋅G(x)\boxed{\text{Conjecture : } F(x) = e \cdot G(x)}

    1. fnf_n est une fraction rationnelle dont les pôles sont {0,−1,…,−n}\{0, -1, \dots, -n\}. Ce sont des pôles simples. La théorie de la décomposition en éléments simples garantit l'existence des αi,n\alpha_{i,n}. Pour extraire αi,n\alpha_{i,n}, on multiplie fn(x)f_n(x) par (x+i)(x+i) et on fait tendre xx vers −i-i :
      αi,n=lim⁡x→−i(x+i)fn(x)=∏k=0,k≠in1−i+k\alpha_{i,n} = \lim_{x \to -i} (x+i) f_n(x) = \prod_{k=0, k \neq i}^n \frac{1}{-i+k}
      En séparant le produit pour k<ik < i et k>ik > i :
      αi,n=(∏k=0i−11k−i)⋅(∏k=i+1n1k−i)\alpha_{i,n} = \left( \prod_{k=0}^{i-1} \frac{1}{k-i} \right) \cdot \left( \prod_{k=i+1}^n \frac{1}{k-i} \right)
      Le premier bloc vaut 1(−i)(−i+1)…(−1)=(−1)ii!\frac{1}{(-i)(-i+1)\dots(-1)} = \frac{(-1)^i}{i!}. Le second bloc vaut 11⋅2…(n−i)=1(n−i)!\frac{1}{1 \cdot 2 \dots (n-i)} = \frac{1}{(n-i)!}.
      αi,n=(−1)ii!(n−i)!\boxed{\alpha_{i,n} = \frac{(-1)^i}{i!(n-i)!}}

    2. On substitue la décomposition dans l'expression de F(x)F(x) :
      F(x)=∑n=0+∞∑i=0n(−1)ii!(n−i)!(x+i)F(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} \sum_{i=0}^n \frac{(-1)^i}{i!(n-i)!(x+i)}
      Il s'agit d'une série double. Pour intervertir les sommes, vérifions la convergence absolue. Posons ui,n=(−1)ii!(n−i)!(x+i)u_{i,n} = \frac{(-1)^i}{i!(n-i)!(x+i)}. On a :
      ∑n=0+∞∑i=0n∣ui,n∣=∑n=0+∞∑i=0n1i!(n−i)!(x+i)≤1x∑n=0+∞1n!∑i=0n(ni)\sum_{n=0}^{+\infty} \sum_{i=0}^n |u_{i,n}| = \sum_{n=0}^{+\infty} \sum_{i=0}^n \frac{1}{i!(n-i)!(x+i)} \le \frac{1}{x} \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{1}{n!} \sum_{i=0}^n \binom{n}{i}
      On reconnaît le binôme : ∑i=0n(ni)=2n\sum_{i=0}^n \binom{n}{i} = 2^n.
      ∑n=0+∞2nn!⋅x=e2x<+∞\sum_{n=0}^{+\infty} \frac{2^n}{n! \cdot x} = \frac{e^2}{x} < +\infty
      L'interversion est donc licite par le théorème de Fubini pour les séries. On somme par colonnes (ii fixé) :
      F(x)=∑i=0+∞(−1)ii!(x+i)∑n=i+∞1(n−i)!F(x) = \sum_{i=0}^{+\infty} \frac{(-1)^i}{i!(x+i)} \sum_{n=i}^{+\infty} \frac{1}{(n-i)!}
      En posant le changement d'indice k=n−ik = n-i dans la somme interne :
      ∑k=0+∞1k!=e\sum_{k=0}^{+\infty} \frac{1}{k!} = e
      D'où :
      F(x)=∑i=0+∞(−1)ii!(x+i)⋅e=e⋅G(x)F(x) = \sum_{i=0}^{+\infty} \frac{(-1)^i}{i!(x+i)} \cdot e = e \cdot G(x)
      F(x)=e G(x)\boxed{F(x) = e   G(x)}

Erreur de signe dans les coefficients de la décomposition en éléments simples.

Utiliser la décomposition en éléments simples pour manipuler des séries de fractions.