Justifier que la fonction f est bien définie sur R.
Démontrer que f est continue sur R∗.
Étudier la continuité de f en 0.
1.
Introduire la fonction φ définie par φ(t)=t2sin2t pour t=0 et φ(0)=1. Vérifier ses propriétés de régularité.
2.
Pour la définition et la continuité, utiliser une transformation d'Abel (sommation par parties) pour compenser le fait que la série ∑an n'est pas supposée absolument convergente.
3.
Pour la limite en 0, exprimer la différence φ((n+1)h)−φ(nh) sous forme intégrale et utiliser la convergence du reste de la série ∑an.
Idées clés
•
Transformation d'Abel (sommation par parties).
•
Utilisation du reste d'une série convergente.
•
Majoration intégrale pour la convergence uniforme.
1. Étude du domaine de définition.
Posons φ(t)=t2sin2t pour t=0 et φ(0)=1.
φ est la restriction à R d'une fonction entière (développement en série entière de sinc2), donc φ est de classe C∞ sur R.
Pour h=0, f(0) est défini par hypothèse car la série ∑an converge.
Pour h=0, la série ∑anφ(nh) ne converge pas nécessairement absolument. Utilisons une transformation d'Abel. Soit Rn=∑k=n+1+∞ak le reste d'ordre n de la série convergente ∑ak. On a Rn→0 et an=Rn−1−Rn.
Comme φ est bornée sur R et RN→0, le terme RNφ(Nh) tend vers 0 quand N→+∞.
Par ailleurs, d'après l'inégalité des accroissements finis :
∣φ((n+1)h)−φ(nh)∣≤∣h∣t∈[nh,(n+1)h]sup∣φ′(t)∣
Comme φ′(t)=O(1/t2) au voisinage de l'infini, la série ∑(φ((n+1)h)−φ(nh)) est absolument convergente.
Ainsi, f(h) est bien défini pour tout h∈R.
Le domaine de deˊfinition de f est R.
2. Continuité sur ^*R∗.}
Soit h0=0. Sur un voisinage compact K de h0 ne contenant pas 0, on peut montrer la convergence normale de la série transformée.
En reprenant l'expression :
f(h)=R0φ(h)+n=1∑+∞Rn∫nh(n+1)hφ′(t)dt
Le terme R0φ(h) est continu. Pour la série, notons gn(h)=Rn∫nh(n+1)hφ′(t)dt.
On a ∣gn(h)∣≤∣Rn∣∫n∣h∣(n+1)∣h∣∣φ′(t)∣dt.
Sur un compact K⊂R∗, il existe m>0 tel que ∀h∈K,∣h∣≥m.
L'intégrale converge car φ′(t)=O(t−2) à l'infini. Il y a convergence normale sur tout compact de R∗.
f est continue sur R∖{0}.
3. Continuité en 0.
Nous voulons montrer que limh→0f(h)=f(0)=R0.
D'après la transformation d'Abel :
f(h)−R0φ(h)=n=1∑+∞Rn∫nh(n+1)hφ′(t)dt
Comme φ(h)h→0φ(0)=1, il suffit de montrer que la somme tend vers 0.
Soit ϵ>0. Comme Rn→0, il existe N∈N tel que pour tout n≥N, ∣Rn∣≤ϵ.
Découpons la somme en deux parties :
Première partie : À N fixé, chaque intégrale ∫nh(n+1)hφ′(t)dt tend vers 0 quand h→0 par continuité de l'intégrale (ou car φ est continue).
Donc il existe δ>0 tel que pour ∣h∣<δ, cette somme finie est inférieure à ϵ.
Seconde partie : L'intégrale ∫Nh+∞∣φ′(t)∣dt est majorée par I=∫0+∞∣φ′(t)∣dt, qui est une constante finie.
En effet, φ′(t)∼−2t/3 en 0 et φ′(t)=O(t−2) en +∞.
Finalement, pour h assez petit, ∣f(h)−R0φ(h)∣≤ϵ+ϵI=ϵ(1+I).
h→0limf(h)=f(0), donc f est continue en 0.
Interversion limite-somme injustifiée sans transformation préalable.
Utiliser la transformation d'Abel pour les séries dont la convergence n'est pas absolue.