Soit f une fonction de classe C2 sur le segment [0,1] à valeurs réelles.
Pour tout entier n∈N∗ et pour tout x∈[0,1], on définit le n-ième polynôme de Bernstein de f par :
Bn(f)(x)=k=0∑n(kn)xk(1−x)n−kf(nk)
Déterminer la limite, pour tout x∈[0,1], de la suite de terme général :
Δn(x)=n(Bn(f)(x)−f(x))
1.
Introduire une variable aléatoire Sn suivant une loi binomiale B(n,x) pour interpréter Bn(f)(x) comme une espérance.
2.
Utiliser la formule de Taylor avec reste intégral à l'ordre 2 pour exprimer f(nk)−f(x).
3.
Pour traiter le terme d'erreur, utiliser l'uniforme continuité de f′′ sur [0,1] (théorème de Heine) et l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev ou un calcul de moment d'ordre 4.
Développement de Taylor-Lagrange ou Taylor avec reste intégral.
•
Décomposition de l'espérance selon l'écart à la moyenne (méthode de coupure).
1. Interprétation probabiliste.
Soit x∈[0,1]. Considérons X1,…,Xn des variables aléatoires indépendantes et identiquement distribuées suivant une loi de Bernoulli B(x).
On pose Sn=∑i=1nXi. On a Sn∼B(n,x).
Par le théorème de transfert, on reconnaît :
Bn(f)(x)=k=0∑nf(nk)P(Sn=k)=E[f(nSn)]
2. Décomposition de Taylor.
Appliquons la formule de Taylor avec reste intégral à f entre x et t∈[0,1] :
On sait que E[Sn]=nx et Var(Sn)=nx(1−x). Par linéarité de l'espérance :
E[nSn−x]=n1E[Sn]−x=0
E[(nSn−x)2]=Var(nSn)=n21Var(Sn)=nx(1−x)
L'expression devient :
Bn(f)(x)−f(x)=2nx(1−x)f′′(x)+E[Rn]
Multiplions par n :
n(Bn(f)(x)−f(x))=2x(1−x)f′′(x)+nE[Rn]
4. Estimation du reste nE[Rn].
Soit ϵ>0. Puisque f′′ est continue sur le segment [0,1], elle y est uniformément continue d'après le théorème de Heine.
Il existe δ>0 tel que pour tout (u,x)∈[0,1]2, ∣u−x∣≤δ⟹∣f′′(u)−f′′(x)∣≤ϵ.
On majore ∣Rn∣ :
∣Rn∣≤∫xSn/n∣Sn/n−u∣⋅∣f′′(u)−f′′(x)∣du
Si ∣nSn−x∣≤δ, alors pour tout u entre x et Sn/n, ∣u−x∣≤δ.
∣Rn∣≤∫xSn/n∣Sn/n−u∣⋅ϵdu=2ϵ(nSn−x)2
Si ∣nSn−x∣>δ, on majore ∣f′′(u)−f′′(x)∣ par 2∥f′′∥∞.
On sait que E[(nSn−x)4]=O(1/n2) et par Bienaymé-Tchebychev P(∣nSn−x∣>δ)≤nδ2x(1−x)=O(1/n).
Ainsi, le second terme est un O(n⋅n1⋅n1)=O(1/n), qui tend vers 0.
Finalement, nE[Rn]→0 quand n→∞.
n(Bn(f)(x)−f(x))n→+∞2x(1−x)f′′(x)
Utiliser Taylor-Young au lieu d'une formule de Taylor globale (reste intégral) empêchant le contrôle uniforme.
L'interprétation probabiliste des polynômes de Bernstein : B_n(f)(x) = E[f(S_n/n)] où S_n suit une loi binomiale.