Soit aa un nombre réel strictement positif.

On considère l'espace vectoriel E=C([0,a],R)E = \mathcal{C}([0, a], \mathbb{R}) des fonctions continues sur [0,a][0, a] à valeurs réelles, muni de la norme de la convergence uniforme \|\cdot\|_{\infty}.

Démontrer que toute fonction fEf \in E est limite uniforme sur [0,a][0, a] d'une suite de fonctions de la forme tP(t2)t \mapsto P(t^2), où PP parcourt l'ensemble des polynômes à coefficients réels R[X]\mathbb{R}[X].

1.

Utiliser un changement de variable pour se ramener à l'approximation des fonctions continues par des polynômes classiques sur un intervalle approprié.

2.

Poser u=t2u = t^2 et considérer la fonction g(u)=f(u)g(u) = f(\sqrt{u}).

3.

Appliquer le théorème de Weierstrass à la fonction gg.

Idées clés

Théorème d'approximation de Weierstrass.

Changement de variable par homéomorphisme.

Conservation de la convergence uniforme par composition.

Résolution.

Considérons une fonction ff appartenant à C([0,a],R)\mathcal{C}([0, a], \mathbb{R}).

On souhaite approcher ff par des fonctions de la forme tP(t2)t \mapsto P(t^2). L'idée naturelle est de poser le changement de variable u=t2u = t^2.

Définissons l'application suivante :

φ:[0,a][0,a2],tt2\varphi : [0, a] \to [0, a^2],   t \mapsto t^2

Cette application φ\varphi est continue et réalise une bijection de [0,a][0, a] sur [0,a2][0, a^2]. Puisque [0,a][0, a] est un segment, φ\varphi est un homéomorphisme. Sa réciproque est donnée par φ1(u)=u\varphi^{-1}(u) = \sqrt{u}.

Posons alors la fonction gg définie sur le segment [0,a2][0, a^2] par :

u[0,a2],g(u)=f(u)\forall u \in [0, a^2],   g(u) = f(\sqrt{u})

Puisque ff est continue sur [0,a][0, a] et que la fonction racine carrée est continue sur [0,a2][0, a^2], par composition, la fonction gg est continue sur le segment [0,a2][0, a^2].

D'après le théorème d'approximation de Weierstrass, il existe une suite de polynômes (Pn)nN(P_n)_{n \in \mathbb{N}} de R[X]\mathbb{R}[X] qui converge uniformément vers gg sur [0,a2][0, a^2].

Cela signifie que :

limn+(supu[0,a2]g(u)Pn(u))=0\lim_{n \to +\infty} \left( \sup_{u \in [0, a^2]} |g(u) - P_n(u)| \right) = 0

On s'intéresse maintenant à l'écart entre f(t)f(t) et Pn(t2)P_n(t^2) pour t[0,a]t \in [0, a]. Remarquons que pour tout t[0,a]t \in [0, a], on a t2[0,a2]t^2 \in [0, a^2]. Par définition de gg, on a f(t)=g(t2)f(t) = g(t^2).

Ainsi, pour tout nNn \in \mathbb{N} :

supt[0,a]f(t)Pn(t2)=supt[0,a]g(t2)Pn(t2)\sup_{t \in [0, a]} |f(t) - P_n(t^2)| = \sup_{t \in [0, a]} |g(t^2) - P_n(t^2)|

En effectuant le changement de variable u=t2u = t^2, l'ensemble des valeurs prises par t2t^2 quand tt parcourt [0,a][0, a] est exactement le segment [0,a2][0, a^2]. On a donc l'égalité des supremas :

supt[0,a]f(t)Pn(t2)=supu[0,a2]g(u)Pn(u)\sup_{t \in [0, a]} |f(t) - P_n(t^2)| = \sup_{u \in [0, a^2]} |g(u) - P_n(u)|

D'après le résultat de convergence uniforme de (Pn)(P_n) vers gg, on en déduit immédiatement :

limn+fPnφ,[0,a]=0\lim_{n \to +\infty} \|f - P_n \circ \varphi\|_{\infty, [0, a]} = 0

La fonction f est limite uniforme sur [0,a] de la suite de fonctions (tPn(t2))nN\boxed{ \text{La fonction } f \text{ est limite uniforme sur } [0, a] \text{ de la suite de fonctions } (t \mapsto P_n(t^2))_{n \in \mathbb{N}} }

Vérifier le domaine de définition (positivité de t) pour assurer l'injectivité du changement de variable.

La composition par un homéomorphisme conserve la densité pour la norme de la convergence uniforme.