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Soit S=[a,b]S = [a, b] un segment de R\mathbb{R} (avec a<ba < b) et f:S→Rf : S \to \mathbb{R} une fonction continue.

On considère la sous-algèbre R[f]\mathbb{R}[f] de C(S,R)\mathcal{C}(S, \mathbb{R}) définie par :

R[f]={P∘f∣P∈R[X]}\mathbb{R}[f] = \{ P \circ f \mid P \in \mathbb{R}[X] \}

Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur la fonction ff pour que la sous-algèbre R[f]\mathbb{R}[f] soit dense dans l'espace (C(S,R),∥⋅∥∞)(\mathcal{C}(S, \mathbb{R}), \|\cdot\|_{\infty}).

1.

Utiliser le théorème de Stone-Weierstrass.

2.

Examiner la propriété de séparation des points par la sous-algèbre R[f]\mathbb{R}[f].

3.

Pour la condition nécessaire, si ff n'est pas injective, montrer que toute fonction de l'adhérence de R[f]\mathbb{R}[f] hérite d'une propriété de ff.

4.

Se rappeler qu'une fonction continue injective sur un segment est strictement monotone.

Idées clés

•

Théorème de Stone-Weierstrass (version réelle).

•

Propriété de séparation des points.

•

Lien entre injectivité et monotonie stricte pour les fonctions continues sur un intervalle.

Résolution.

Posons A=R[f]\mathcal{A} = \mathbb{R}[f]. Par structure d'algèbre de R[X]\mathbb{R}[X], A\mathcal{A} est une sous-algèbre de C(S,R)\mathcal{C}(S, \mathbb{R}).

D'après le théorème de Stone-Weierstrass, une sous-algèbre A\mathcal{A} de C(S,R)\mathcal{C}(S, \mathbb{R}) est dense pour la norme de la convergence uniforme si et seulement si :

  1. A\mathcal{A} contient la fonction constante égale à 11.
  2. A\mathcal{A} sépare les points de SS, c'est-à-dire :
    ∀(x,y)∈S2,x≠y  ⟹  ∃g∈A,g(x)≠g(y)\forall (x, y) \in S^2,   x \neq y \implies \exists g \in \mathcal{A},   g(x) \neq g(y)

Vérifions ces conditions pour A=R[f]\mathcal{A} = \mathbb{R}[f].

1. Condition sur les constantes : La fonction constante égale à 11 appartient bien à A\mathcal{A} car elle correspond au polynôme constant P=1P=1 (puisque 1∘f=11 \circ f = 1).

2. Condition de séparation des points : Soient x,y∈Sx, y \in S tels que x≠yx \neq y. Pour toute fonction g∈Ag \in \mathcal{A}, il existe un polynôme P∈R[X]P \in \mathbb{R}[X] tel que g=P∘fg = P \circ f.

Si f(x)=f(y)f(x) = f(y), alors pour tout polynôme PP, on a P(f(x))=P(f(y))P(f(x)) = P(f(y)), d'où g(x)=g(y)g(x) = g(y). Dans ce cas, A\mathcal{A} ne sépare pas les points xx et yy.

Si f(x)≠f(y)f(x) \neq f(y), alors la fonction ff elle-même (qui appartient à A\mathcal{A} pour P=XP=X) sépare xx et yy puisque f(x)≠f(y)f(x) \neq f(y).

Ainsi, A\mathcal{A} sépare les points de SS si et seulement si ff est injective.

Synthèse : L'algèbre A\mathcal{A} est dense si et seulement si ff est injective.

Or, une fonction continue sur un segment S=[a,b]S = [a, b] est injective si et seulement si elle est strictement monotone.

La condition neˊcessaire et suffisante est que f soit strictement monotone.\boxed{ \text{La condition nécessaire et suffisante est que } f \text{ soit strictement monotone.} }

Preuve plus détaillée de la nécessité : Si ff n'est pas injective, il existe x0≠y0x_0 \neq y_0 tels que f(x0)=f(y0)f(x_0) = f(y_0). Alors pour toute fonction g∈R[f]g \in \mathbb{R}[f], on a g(x0)=g(y0)g(x_0) = g(y_0).

Si une suite (gn)(g_n) de A\mathcal{A} converge uniformément vers une fonction h∈C(S,R)h \in \mathcal{C}(S, \mathbb{R}), alors par continuité de l'évaluation en un point :

h(x0)=lim⁡n→∞gn(x0)=lim⁡n→∞gn(y0)=h(y0)h(x_0) = \lim_{n \to \infty} g_n(x_0) = \lim_{n \to \infty} g_n(y_0) = h(y_0)

Ainsi, toute fonction hh appartenant à l'adhérence Aˉ\bar{\mathcal{A}} vérifie h(x0)=h(y0)h(x_0) = h(y_0). Comme il existe des fonctions continues sur SS telles que h(x0)≠h(y0)h(x_0) \neq h(y_0), l'adhérence Aˉ\bar{\mathcal{A}} ne peut pas être égale à C(S,R)\mathcal{C}(S, \mathbb{R}).

Oublier de vérifier la présence des constantes dans l'algèbre ou oublier de traduire l'injectivité par la monotonie stricte sur un segment.

Une sous-algèbre de fonctions continues sur un compact contenant les constantes est dense si et seulement si elle sépare les points.