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Soit E=C2π(R,R)E = \mathcal{C}_{2\pi}(\mathbb{R}, \mathbb{R}) l'espace vectoriel des fonctions continues de R\mathbb{R} dans R\mathbb{R} qui sont 2π2\pi-périodiques, muni de la norme de la convergence uniforme ∥⋅∥∞\|\cdot\|_{\infty}.

Pour une fonction f∈Ef \in E, on note R[f]\mathbb{R}[f] l'algèbre des fonctions de la forme P(f)P(f), où PP parcourt l'ensemble des polynômes à coefficients réels.

Montrer que pour toute fonction f∈Ef \in E, il existe une fonction g∈Eg \in E qui n'est pas limite uniforme d'éléments de R[f]\mathbb{R}[f]. En déduire que l'algèbre EE n'est pas topologiquement monogène.

1.

Commencer par caractériser les fonctions appartenant à l'adhérence R[f]‾\overline{\mathbb{R}[f]} en termes de "fibres" de la fonction ff.

2.

Montrer qu'une fonction g∈R[f]‾g \in \overline{\mathbb{R}[f]} doit nécessairement vérifier la propriété suivante : si f(x)=f(y)f(x) = f(y), alors g(x)=g(y)g(x) = g(y).

3.

Utiliser la continuité et la périodicité de ff pour prouver qu'il existe deux points distincts x,y∈[0,2π[x, y \in [0, 2\pi[ tels que f(x)=f(y)f(x) = f(y).

4.

Construire une fonction de EE ne respectant pas cette condition.

Idées clés

•

Conservation des égalités par passage à la limite uniforme.

•

Non-injectivité des fonctions continues périodiques sur une période.

•

Caractérisation de l'adhérence d'une algèbre engendrée par une fonction.

1. Analyse de l'adhérence de R[f]\mathbb{R[f].}

Soit f∈Ef \in E. Notons A=R[f]={P∘f∣P∈R[X]}A = \mathbb{R}[f] = \{ P \circ f \mid P \in \mathbb{R}[X] \}. Soit g∈A‾g \in \overline{A} pour la norme ∥⋅∥∞\|\cdot\|_{\infty}.

Il existe une suite de polynômes (Pn)n∈N(P_n)_{n \in \mathbb{N}} telle que la suite de fonctions (Pn∘f)n∈N(P_n \circ f)_{n \in \mathbb{N}} converge uniformément vers gg sur R\mathbb{R}.

Considérons deux réels xx et yy tels que f(x)=f(y)f(x) = f(y). Pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, on a :

Pn(f(x))=Pn(f(y))P_n(f(x)) = P_n(f(y))

En passant à la limite quand n→+∞n \to +\infty, par convergence simple (induite par la convergence uniforme) :

g(x)=g(y)g(x) = g(y)

On en déduit la condition nécessaire suivante :

g∈R[f]‾  ⟹  ∀(x,y)∈R2,f(x)=f(y)  ⟹  g(x)=g(y)\boxed{ g \in \overline{\mathbb{R}[f]} \implies \forall (x, y) \in \mathbb{R}^2,   f(x) = f(y) \implies g(x) = g(y) }

2. Existence de points de même valeur pour ff.

Montrons que pour toute fonction f∈Ef \in E, il existe x,y∈[0,2π[x, y \in [0, 2\pi[ tels que x≠yx \neq y et f(x)=f(y)f(x) = f(y).

Premier cas : ff est constante. Le résultat est immédiat pour n'importe quels x≠yx \neq y.

Second cas : ff n'est pas constante. Comme ff est continue sur le segment [0,2π][0, 2\pi], elle y atteint son minimum mm et son maximum MM en deux points xmx_m et xMx_M.

Puisque ff est 2π2\pi-périodique, on a f(0)=f(2π)f(0) = f(2\pi). Si ff était injective sur [0,2π[[0, 2\pi[, alors par continuité, ff serait strictement monotone sur [0,2π][0, 2\pi]. Or, la condition f(0)=f(2π)f(0) = f(2\pi) impose alors que ff est constante, ce qui exclut l'injectivité.

Ainsi, il existe nécessairement :

∃x,y∈[0,2π[,x≠y et f(x)=f(y)\boxed{ \exists x, y \in [0, 2\pi[,   x \neq y \text{ et } f(x) = f(y) }

3. Construction d'un contre-exemple.

Fixons deux tels points x,y∈[0,2π[x, y \in [0, 2\pi[ tels que x≠yx \neq y et f(x)=f(y)f(x) = f(y). Cherchons une fonction g∈Eg \in E telle que g(x)≠g(y)g(x) \neq g(y).

On peut par exemple considérer la fonction gg définie par :

g(t)=cos⁡(t−x)g(t) = \cos(t - x)

Alors g(x)=cos⁡(0)=1g(x) = \cos(0) = 1. D'autre part, g(y)=cos⁡(y−x)g(y) = \cos(y - x). Comme x,y∈[0,2π[x, y \in [0, 2\pi[ et x≠yx \neq y, on a 0<∣y−x∣<2π0 < |y - x| < 2\pi.

La fonction cosinus ne reprend la valeur 11 sur ]0,2π[]0, 2\pi[ qu'en 00 modulo 2π2\pi. Ainsi, cos⁡(y−x)=1\cos(y - x) = 1 impliquerait y−x=0y - x = 0 (impossible car x≠yx \neq y). On a donc :

g(x)≠g(y)\boxed{ g(x) \neq g(y) }

D'après la condition nécessaire établie en partie 1, gg ne peut pas appartenir à l'adhérence de R[f]\mathbb{R}[f].

4. Conclusion.

Pour toute fonction f∈Ef \in E, l'adhérence de R[f]\mathbb{R}[f] est strictement incluse dans EE. L'algèbre EE n'est donc pas topologiquement monogène.

Croire que Stone-Weierstrass assure la densité sans vérifier la séparation des points.

Une algèbre de type R[f] n'est dense que si f est injective.