Soit l'espace vectoriel des fonctions continues de dans qui sont -périodiques, muni de la norme de la convergence uniforme .
Pour une fonction , on note l'algèbre des fonctions de la forme , où parcourt l'ensemble des polynômes à coefficients réels.
Montrer que pour toute fonction , il existe une fonction qui n'est pas limite uniforme d'éléments de . En déduire que l'algèbre n'est pas topologiquement monogène.
Commencer par caractériser les fonctions appartenant à l'adhérence en termes de "fibres" de la fonction .
Montrer qu'une fonction doit nécessairement vérifier la propriété suivante : si , alors .
Utiliser la continuité et la périodicité de pour prouver qu'il existe deux points distincts tels que .
Construire une fonction de ne respectant pas cette condition.
Conservation des égalités par passage à la limite uniforme.
Non-injectivité des fonctions continues périodiques sur une période.
Caractérisation de l'adhérence d'une algèbre engendrée par une fonction.
1. Analyse de l'adhérence de [f].}
Soit . Notons . Soit pour la norme .
Il existe une suite de polynômes telle que la suite de fonctions converge uniformément vers sur .
Considérons deux réels et tels que . Pour tout , on a :
En passant à la limite quand , par convergence simple (induite par la convergence uniforme) :
On en déduit la condition nécessaire suivante :
2. Existence de points de même valeur pour .
Montrons que pour toute fonction , il existe tels que et .
Premier cas : est constante. Le résultat est immédiat pour n'importe quels .
Second cas : n'est pas constante. Comme est continue sur le segment , elle y atteint son minimum et son maximum en deux points et .
Puisque est -périodique, on a . Si était injective sur , alors par continuité, serait strictement monotone sur . Or, la condition impose alors que est constante, ce qui exclut l'injectivité.
Ainsi, il existe nécessairement :
3. Construction d'un contre-exemple.
Fixons deux tels points tels que et . Cherchons une fonction telle que .
On peut par exemple considérer la fonction définie par :
Alors . D'autre part, . Comme et , on a .
La fonction cosinus ne reprend la valeur sur qu'en modulo . Ainsi, impliquerait (impossible car ). On a donc :
D'après la condition nécessaire établie en partie 1, ne peut pas appartenir à l'adhérence de .
4. Conclusion.
Pour toute fonction , l'adhérence de est strictement incluse dans . L'algèbre n'est donc pas topologiquement monogène.
Croire que Stone-Weierstrass assure la densité sans vérifier la séparation des points.
Une algèbre de type R[f] n'est dense que si f est injective.