On munit R2 de la norme infini notée ∥(x,y)∥=max(∣x∣,∣y∣).
Soit E l'espace des fonctions continues f:[0,1]→R2 vérifiant les conditions aux limites f(0)=(0,0) et f(1)=(1,0).
On définit quatre transformations affines du plan A1,A2,A3,A4 par :
Pour toute fonction f∈E, on définit l'application Tf sur [0,1] par :
∀i∈{1,2,3,4},∀x∈[4i−1,4i],Tf(x)=Ai(f(4x−i+1))
Justifier que pour tout f∈E, l'application Tf appartient bien à E.
Montrer que la suite de fonctions (Tnf)n∈N converge uniformément vers une fonction φ∈E, et que cette limite est indépendante du choix de f∈E.
Démontrer que l'image de l'intervalle [0,1] par φ est exactement le carré unité [0,1]2.
Établir l'existence d'une constante C>0 telle que :
∀(t,t′)∈[0,1]2,∥φ(t)−φ(t′)∥≤C∣t−t′∣
On considère une application ψ:[0,1]→R2 supposée K-höldérienne d'exposant α>1/2. Montrer que l'image ψ([0,1]) est d'intérieur vide dans R2.
Application au problème du voyageur de commerce : Soit (P1,…,PN) un ensemble de N points du carré [0,1]2. Montrer qu'il existe un chemin continu et affine par morceaux passant par tous ces points, dont la longueur totale est majorée par CN pour une certaine constante C.
Idées clés
•
Théorème du point fixe de Banach dans l'espace des fonctions continues munies de la norme ∞.
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Densité des points dyadiques pour prouver la surjectivité (courbe remplissante).
•
Stabilité de propriétés géométriques (Hölder) par passage à la limite uniforme.
•
Inégalité de Cauchy-Schwarz pour la majoration de la longueur du chemin.
Résolution.
Stabilité de E par T.
Soit f∈E. La continuité de Tf sur chaque intervalle [4i−1,4i] est immédiate car Ai et f sont continues.
Vérifions les raccordements :
Aux points x=1/4 :
Tf(1/4−)=A1(f(1))=A1(1,0)=(0,1/2)
Tf(1/4+)=A2(f(0))=A2(0,0)=(0,1/2)
Le raccordement est continu. Les calculs sont analogues pour x=1/2 et x=3/4.
Enfin, Tf(0)=A1(f(0))=A1(0,0)=(0,0) et Tf(1)=A4(f(1))=A4(1,0)=(1,0).
Ainsi, Tf∈E.
Convergence uniforme.
L'espace E est un sous-espace fermé de C0([0,1],R2) pour la norme ∥⋅∥∞. C'est donc un espace complet.
Calculons la distance entre Tf et Tg :
∥Tf−Tg∥∞=i,xsup∥Ai(f(4x−i+1))−Ai(g(4x−i+1))∥
Comme chaque Ai a une partie linéaire de norme 1/2 pour la norme ∥⋅∥, on a :
∥Tf−Tg∥∞≤21∥f−g∥∞
T est donc une contraction de rapport 1/2.
Par le theˊoreˋme du point fixe, Tnf→φ∈E uniformeˊment.
Surjectivité de φ.
Soit C=[0,1]2. Remarquons que A1(C),A2(C),A3(C),A4(C) sont quatre carrés de côté 1/2 qui pavent exactement C.
En choisissant f telle que f([0,1])⊂C, on montre par récurrence que Tnf([0,1]) contient tous les points de la forme (2nk,2nl).
L'ensemble de ces points est dense dans [0,1]2.
Puisque φ([0,1]) est un compact (image continue d'un compact) contenant un ensemble dense dans [0,1]2, on conclut :
φ([0,1])=[0,1]2
Régularité de φ.
Soit H l'ensemble des fonctions f∈E vérifiant ∥f(t)−f(t′)∥≤C∣t−t′∣ avec une constante C bien choisie.
On montre que T stabilise H.
Si t,t′ sont dans le même intervalle Ii=[4i−1,4i] :
Pour des points dans des intervalles adjacents ou disjoints, le raisonnement s'appuie sur la continuité aux bornes et l'inégalité u+v≤2u+v.
En prenant f0(t)=(t,0)∈H, la limite uniforme φ reste dans H car H est fermé.
Intérieur vide pour α>1/2.
Découpons [0,1] en N segments de longueur 1/N. L'image de chaque segment est contenue dans un carré de côté 2K(1/N)α.
L'aire totale recouverte est majorée par N×[2KN−α]2=4K2N1−2α.
Si α>1/2, cette aire tend vers 0 quand N→+∞.
L’aire de l’image est nulle, donc son inteˊrieur est vide.
Voyageur de commerce.
Soient P1,…,PN∈[0,1]2. Par surjectivité, il existe ti tels que φ(ti)=Pi.
On ordonne les antécédents : 0≤tσ(1)≤⋯≤tσ(N)≤1.
La longueur L du chemin polygonal reliant les Pσ(i) est :