BCE Maths appliquées ESSEC ECE 2016Sujet, corrigé et rapport du jury
Epreuve de maths appliquées - ECE 2016
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Annale de maths appliquées BCE ESSEC pour la filiere ECE, session 2016.
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Conception : ESSEC
OPTION Economique
MATHÉMATIQUES
Vendredi 6 mai 2016, de 14 h. à 18 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une régle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une régle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
On s'intéresse dans ce problème à deux mesures du risque utilisées par les marchés financiers.
Pour cela, on considère des variables aléatoires sur un espace probabilisé (Ω, A, ℙ ) qui modélisent des pertes financières subies par des acteurs économiques sur une période donnée.
Toutes les variables aléatoires définies dans ce problème sont des variables aléatoires sur cet espace probabilisé.
Pour cela, on considère des variables aléatoires sur un espace probabilisé (
Toutes les variables aléatoires définies dans ce problème sont des variables aléatoires sur cet espace probabilisé.
Soit
D l'ensemble des variables aléatoires réelles à densité
X vérifiant :
-
X admet une espérance, notée𝔼(X) . - Il existe un intervalle
I_X (dont on admet l'unicité) sur lequel la fonction de répartition deX , notéeF_X , réalise une bijection de classeC^1 strictement croissante deI_X sur]0, 1[ .
On noteG_X la bijection réciproque, définie de]0, 1[ surI_X . Les notationsF_X etG_X seront utilisées dans tout le sujet.
Dans tout le problème
β est un réel appartenant à
[0, 1[ et représentant un niveau de confiance.
Partie I - Définition et propriétés de la «Value at Risk»
- Soit
X ∈ D . Montrer qu'il existe un unique réelv tel queℙ([X ⩽ v]) = β , et que l'on a :v = G_X(β) .
- On définit alors
r_β(X) , appelé la «Value at Risk» au niveau de confianceβ deX , parr_β(X) = G_X(β) . C'est une grandeur qui permet d'évaluer le risque pris par l'acteur qui détient l'actif dont les pertes sont modélisées parX . - On remarque que
r_β(X) est égale au capital minimal qu'il faut détenir pour être en mesure de couvrir les pertes de l'actif associé àX avec une probabilité égale àβ .
- On suppose que dans cette question que
X est une variable aléatoire suivant la loi exponentielle de paramètreλ ∈ ]0, + ∞[ .
(a) Rappeler la valeur deF_X(x) pour tout réelx .
(b) En déduire queX ∈ D , et que l'on ar_β(X) = − 1/λln(1 − β) . - On suppose dans cette question que
X etY sont deux variables aléatoires indépendantes suivant la loi normale de paramètresm etσ^2 pourX , et de paramètresμ ets^2 pourY .
On noteΦ la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite etφ la densité usuelle de cette loi.
(a) i. Justifier queΦ réalise une bijection deℝ sur]0, 1 [. On noteΦ^(− 1) la bijection réciproque.
ii. Pour toutx ∈ ℝ , exprimerF_X(x) en fonction deΦ, m, σ etx .
iii. En déduire queX ∈ D et quer_β(X) = m + σΦ^(− 1)(β) .
(b) Quelle est la loi deX + Y ?
En déduire
r_β(X + Y) en fonction de
m, μ, σ, s et
β .
(c) Pour quelsβ ∈ ]0, 1[ a-t-on
r_β(X + Y) ⩽ r_β(X) + r_β(Y) ?
4. SoitX une variable aléatoire appartenant à
D, c un réel, et
λ un réel strictement positif.
(c) Pour quels
4. Soit
On pose
Y = X + c et
Z = λX et on admet que
Y et
Z appartiennent à
D .
(a) Montrer quer_β(Y) = r_β(X) + c .
(b) Montrer quer_β(Z) = λr_β(X) .
5. SoitX et
Y deux variables aléatoires appartenant à
D et telles que pour tout
ω ∈ Ω, X(ω) ⩽ Y(ω) .
(a) Comparer, pour tout réelx, F_X(x) et
F_Y(x) .
(b) En déduire quer_β(X) ⩽ r_β(Y) .
(a) Montrer que
(b) Montrer que
5. Soit
(a) Comparer, pour tout réel
(b) En déduire que
Partie II - Estimation de la valeur de
r_β(X)
Dans la pratique la loi de
X n'est pas totalement connue et on a besoin d'avoir une idée assez précise de la «Value at Risk» ne connaissant qu'un certain nombre de valeurs de cette variable.
On modélise cette situation en supposant, dans cette partie, que la loi de
X dépend d'un paramètre
θ inconnu appartenant à un sous-ensemble
Θ de
ℝ ou
ℝ^2 , que
r_β(X) = g(θ) où
g est une fonction définie sur
Θ et que pour tout
θ ∈ Θ, X ∈ D .
On utilise aussi les hypothèses et notations suivantes:
-
(X_k)_(k ⩾ 1) est une suite de variables aléatoires réelles appartenant àD , mutuellement indépendantes, de même loi queX . - pour tout
ω ∈ Ω etn ∈ ℕ^∗ , on ordonneX_1(ω), …, X_n(ω) dans l'ordre croissant et on note alorsX_(1, n)(ω), …, X_(n, n)(ω) les valeurs obtenues.
En particulierX_(1, n)(ω) est la plus petite des valeursX_1(ω), …, X_n(ω) etX_(n, n)(ω) la plus grande. - on admet que pour tout
n ∈ ℕ^∗ etk ∈ [ [1, n] ] , lesX_(k, n) sont des variables aléatoires. - pour tout réel
x et tout entier naturel non nuln , on définit la variable aléatoireN_(x, n) ainsi : pour toutω ∈ Ω, N_(x, n)(ω) est le nombre d'indicesk compris entre 1 etn tels que l'on aitX_k(ω) ⩽ x .
- Montrer que pour tout
x ∈ ℝ et toutn ∈ ℕ^∗, N_(x, n) suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres. En déduire l'espérance et la variance deN_(x, n) . - Montrer que pour tout
x ∈ ℝ etε > 0 :
- Soit
x ∈ ℝ etn ∈ ℕ^∗ .
(a) Montrer que pour toutk ∈ [ [1, n] ] , il y a égalité entre les événements[X_(k, n) ⩽ x] et[N_(x, n) ⩾ k] .
(b) En déduire que pour toutk ∈ [ [1, n] ] :
et que
X_(k, n) est une variable aléatoire réelle à densité.
9. Soit(U_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite de variables aléatoires et
c un réel. On suppose que pour tout
ε > 0 :
9. Soit
On considère
(u_n)_(n ⩾ 1) une suite convergente de réels et on pose
ℓ = lim_(n → + ∞)u_n .
(a) Établir que :lim_(n → + ∞)ℙ([U_n ⩾ t]) = {0, si t > c; 1, si t < c.
(b) On suppose queℓ > c et on pose
ε = (ℓ − c)/2 .
(a) Établir que :
(b) On suppose que
En remarquant que
ℓ − ε = c + ε , montrer qu'à partir d'un certain rang,
u_n ⩾ c + ε .
En déduire quelim_(n → + ∞)ℙ([U_n ⩾ u_n]) = 0 .
(c) Montrer de même que siℓ < c, lim_(n → + ∞)ℙ([U_n ⩾ u_n]) = 1 .
10. On définit pour toutn ∈ ℕ^∗ tel que
nβ ⩾ 1 , la variable aléatoire
Y_n sur (
Ω, A, ℙ ) par
Y_n = X_(⌊nβ⌋, n) où
⌊nβ⌋ désigne la partie entière de
nβ et on pose
θ^′ = r_β(X) .
Soitε > 0 .
(a) Montrer que :ℙ([|Y_n − θ^′| ⩽ ε]) = ℙ([Y_n ⩽ θ^′ + ε]) − ℙ([Y_n ⩽ θ^′ − ε]) .
(b) En déduire que :
En déduire que
(c) Montrer de même que si
10. On définit pour tout
Soit
(a) Montrer que :
(b) En déduire que :
(c) En déduire que
lim_(n → + ∞)ℙ([|Y_n − θ^′| ⩽ ε]) = 1 .
Que peut-on en déduire concernant l'estimateur
Y_n de
r_β(X) ?
11. On suppose que l'on a défini une fonction d'en-tête functionR = triCroissant (T) qui renvoie le tableau des valeurs se trouvant dans T rangées dans l'ordre croissant. Par exemple, si
T = [0, − 1, 0, 2, 4, 2, 3] alors disp(triCroissant(T)) affiche :
ans=
11. On suppose que l'on a défini une fonction d'en-tête function
ans
- 1 . 0.0 .2 . 2. 3. 4.
Ecrire une fonction Scilab d'entête function
r = VaR(X , beta) qui renvoie la valeur de l'estimation obtenue avec l'estimateur
Y_n pour
r_β(X) si le tableau X contient la réalisation de l'échantillon
(X_1, …, X_n) et beta la valeur de
β .
Partie III - L' «Expected Shortfall » (ES)
On conserve les notations de la partie 1.
Pour qu'une mesure de risque soit acceptable, on souhaite qu'elle vérifie un certain nombre de propriétés.
On dit qu'une fonctionρ définie sur
D à valeurs réelles est une mesure de risque cohérente sur
D si elle vérifie les quatre propriétés :
(R_1)∀X ∈ D, ∀c ∈ ℝ, ρ(X + c) = ρ(X) + c ;
(R_2) ∀X ∈ D, ∀λ ∈ ℝ^(+ ∗), ρ(λX) = λρ(X) ;
(R_3) ∀(X, Y) ∈ D^2 , si pour tout
ω ∈ Ω, X(ω) ⩽ Y(ω) alors
ρ(X) ⩽ ρ(Y) ;
(R_4 )
∀(X, Y) ∈ D^2 , telles que
X + Y ∈ D, ρ(X + Y) ⩽ ρ(X) + ρ(Y) .
12. Montrer que l'espérance est une mesure de risque cohérente surD .
13. La «Value at Risk »r_β est-elle une mesure de risque cohérente sur
D pour toute valeur de
β ∈ ]0, 1[ ? On détaillera si chacune des propriétés de (
R_1 ) à (
R_4 ) est satisfaite ou non.
SoitX une variable aléatoire appartenant à
D , admettant une densité
f_X . On définit l'«Expected Shortfall» de
X de niveau de confiance
β par
Pour qu'une mesure de risque soit acceptable, on souhaite qu'elle vérifie un certain nombre de propriétés.
On dit qu'une fonction
(
(
12. Montrer que l'espérance est une mesure de risque cohérente sur
13. La «Value at Risk »
Soit
Le but de cette partie est de démontrer que, pour tout
β ∈ ]0, 1[, ES_β est une mesure de risque cohérente sur
D , assez « proche» de
r_β .
14. SoitX une variable aléatoire appartenant à
D .
(a) Montrer queES_β(X) est bien définie, et que
ES_β(X) ⩾ r_β(X) .
(b) À l'aide du changement de variablet = F_X(x) , établir :
14. Soit
(a) Montrer que
(b) À l'aide du changement de variable
On pourra ainsi utiliser (1) ou (2) au choix dans la suite pour définir
ES_β(X) .
15. (a) Montrer queES_β vérifie la propriété
(R_1) .
(b) Montrer queES_β vérifie la propriété
(R_2) .
16. On suppose dans cette question queX suit la loi exponentielle de paramètre
λ > 0 .
(a) Montrer que :ES_β(X) = r_β(X) + 1/λ .
(b) En déduire queES_β(X) ∼ _(β → 1)r_β(X) .
17. On suppose dans cette question queX suit la loi normale centrée réduite.
(a) MontrerES_β(X) = (φ(r_β(X)))/(1 − Φ(r_β(X))) .
(b) Pour toutx > 0 , établir l'égalité :
1 − Φ(x) = (φ(x))/x − ∫_x^(+ ∞)(φ(t))/(t^2) dt .
(c) Montrer que, pour toutx > 0 : 0 ⩽ ∫_x^(+ ∞)(φ(t))/(t^2) dt ⩽ 1/(x^2)(1 − Φ(x)) .
15. (a) Montrer que
(b) Montrer que
16. On suppose dans cette question que
(a) Montrer que :
(b) En déduire que
17. On suppose dans cette question que
(a) Montrer
(b) Pour tout
(c) Montrer que, pour tout
En déduire que :
1 − Φ(x) ∼ _(+ ∞)(φ(x))/x .
(d) En conclure que l'on a aussi dans ce cas :ES_β(X) ∼ _(β → 1)r_β(X) .
(d) En conclure que l'on a aussi dans ce cas :
Dans les questions qui suivent,
X est une variable aléatoire appartenant à
D .
- On note
h la fonction définie par,∀x ∈ ℝ, h(x) = max(x, 0) . - On admet que si
U etV sont deux variables aléatoires telles que,0 ⩽ U ⩽ V et𝔼(V) existe alors𝔼(U) existe et0 ⩽ 𝔼(U) ⩽ 𝔼(V) . - On note pour tout événement
A, 𝟙_A la variable aléatoire indicatrice de l'événementA . Rappelons qu'il s'agit de la variable aléatoire prenant la valeur 1 siA est réalisé, et la valeur 0 sinon.
- (a) Montrer que
h(X − r_β(X)) admet une espérance, et que l'on a :
où
f_X désigne une densité de
X .
(b) En déduire :
(b) En déduire :
- En utilisant la méthode de Monte-Carlo, dont on supposera la validité, et la fonction VaR définie dans la question 11, écrire une fonction Scilab qui calcul une valeur approchée de
ES_β(X) à partir de la réalisation d'un échantillon de taillen de la loi deX dont les valeurs se trouvent dans le tableau Scilab X et de la valeur deβ se trouvant dans la variable Scilab beta. - Soit
Z une variable aléatoire telle que :𝔼(Z) = 1 et0 ⩽ Z ⩽ 1/(1 − β) .
(a) Justifier l'égalité entre variables aléatoires :h(X − r_β(X)) = (X − r_β(X)) × 𝟙_([X > r_β(X)]) .
(b) Montrer que𝔼(XZ) existe et établir l'égalité :
(c) En déduire que
ES_β(X) − 𝔼(XZ) ⩾ 0 .
Comment choisir
Z pour que
ES_β(X) = 𝔼(XZ) ?
21. On noteK l'ensemble des variables aléatoires
Z sur
(Ω, A, ℙ) telles que
𝔼(Z) = 1 et
0 ⩽ Z ⩽ 1/(1 − β) . Justifier l'égalité :
ES_β(X) = max_(Z ∈ K)𝔼(XZ) .
22. Démontrer que, pour toutβ ∈ ]0, 1[ , la fonction
ES_β est une mesure de risque cohérente sur
D .
21. On note
22. Démontrer que, pour tout
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