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BCE Maths appliquées HEC ECE 2004, épreuve 2Sujet, corrigé et rapport du jury

Epreuve de maths appliquées - ECE 2004

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Annale de maths appliquées BCE HEC pour la filiere ECE, session 2004.

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ECOLE DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES
MATH II ECONOMIQUE

Dans tout le problème, on considère une suite infinie de lancers d'une pièce équilibrée, c'est-à-dire pour laquelle, à chaque lancer, les apparitions de «pile» et de « face» sont équiprobables.
On admet que l'expérience est modélisée par un espace probabilisé ( Ω, A, P ).
Pour tout entier naturel non nul n, on désigne par R_n l'événement « pile apparaît au lancer de rang n » et par S_n l'événement « face apparaît au lancer de rang n »

Partie I: Un résultat utile

On considère une variable aléatoire X définie sur (Ω, A, P), prenant ses valeurs dans ℕ^∗ et, pour tout entier naturel non nul n, on pose : a_n = P([X = n]).
  1. a) Justifier que la suite (a_n)_(n ⩾ 1) est une suite de nombres réels positifs ou nuls vérifiant ∑_(n = 1)^(+ ∞)a_n = 1.
    b) Montrer que, pour tout nombre réel x appartenant à l'intervalle [0, 1], la série de terme général a_n x^n est convergente.
  2. On désigne par f la fonction définie sur l'intervalle [0, 1] par : ∀x ∈ [0, 1], f(x) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)a_n x^n.
On suppose que cette fonction est dérivable au point 1 ; elle vérifie donc :
lim_(x → 1; x < 1)(f(1) − f(x))/(1 − x) = f^′(1)
a) Établir pour tout nombre réel x de l'intervalle [0,1] l'égalité : (f(1) − f(x))/(1 − x) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)(a_n∑_(k = 0)^(n − 1)x^k).
b) En déduire que la fonction x ↦ (f(1) − f(x))/(1 − x) est croissante sur [0,1[ et qu'elle vérifie pour tout nombre réel x de l'intervalle [0, 1[ les inégalités suivantes : 0 ⩽ (f(1) − f(x))/(1 − x) ⩽ f^′(1).
c) Montrer que, pour tout entier naturel N non nul, on a : 0 ⩽ ∑_(n = 1)^N na_n ⩽ f^′(1).
En déduire que la série de terme général na_n est convergente.
d) À l'aide des résultats des question a) et c), justifier pour tout nombre réel x de l'intervalle [0, 1[, les inégalités suivantes : 0 ⩽ (f(1) − f(x))/(1 − x) ⩽ ∑_(n = 1)^(+ ∞)na_n ⩽ f^′(1)
e) Montrer que la variable aléatoire X admet une espérance donnée par :
E(X) = f^′(1)

Partie II : Loi du temps d'attente de la première configuration « pile, pile, face »

Soit Y la variable aléatoire désignant le rang du lancer où pour la première fois apparaît un face précédé de deux piles si cette configuration apparaît, et prenant la valeur 0 si celle-ci n'apparaît jamais.
Par exemple, si les résultats des premiers lancers sont (face, face, pile, face, pile, face, pile, pile, face, ...), la variable aléatoire Y prend la valeur 9 .
On pose c_1 = c_2 = 0 et, pour tout entier n supérieur ou égal à 3 : c_n = P([Y = n]).
Pour tout entier n supérieur ou égal à 3 , on note B_n l'événement R_(n − 2) ∩ R_(n − 1) ∩ S_n et U_n l'événement ⋃_(i = 3)^n B_i.
  1. On pose u_1 = u_2 = 0, et pour tout entier n supérieur ou égal à 3 : u_n = P(U_n).
Montrer que la suite (u_n)_(n ⩾ 1) est monotone et convergente.
2. a) Calculer, pour tout entier naturel n supérieur ou égal à 3 , la probabilité de l'événement B_n.
b) Vérifier que, pour tout entier naturel n supérieur ou égal à 3 , les événements B_n, B_(n + 1) et B_(n + 2) sont deux à deux incompatibles.
c) En déduire les valeurs des nombres u_3, u_4 et u_5.
3. Soit n un entier n supérieur ou égal à 5 .
a) Justifier l'égalité des événements U_n ∩ B_(n + 1) et U_(n − 2) ∩ B_(n + 1) et préciser leur probabilité.
b) Exprimer l'événement U_(n + 1) en fonction des événements U_n et B_(n + 1); en déduire l'égalité suivante : u_(n + 1) = u_n + 1/8(1 − u_(n − 2)).
c) Vérifier les égalités suivantes u_3 = u_2 + 1/8(1 − u_1) et u_4 = u_3 + 1/8(1 − u_2).
d) Déterminer la limite de la suite (u_n)_(n ⩾ 1) et en déduire la probabilité de l'événement [Y = 0].
4. Pour tout entier naturel non nul n, on pose : v_n = 1 − u_n.
a) Préciser les nombres v_1, v_2, v_3, v_4.
b) Exprimer, pour tout entier naturel n supérieur ou égal à 3, v_(n + 1) en fonction de v_n et de v_(n − 2).
c) En déduire pour tout entier N supérieur ou égal à 1, l'égalité suivante : 7/8 − v_(N + 3) = 1/8∑_(k = 1)^N v_k.
d) Montrer que la série de terme général v_n est convergente et calculer sa somme.
5. Soit g et h les fonctions définies sur l'intervalle [0, 1] par :
∀x ∈ [0, 1], g(x) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)c_n x^n et h(x) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)v_n x^n
a) Soit n un entier supérieur ou égal à 4 . Exprimer l'événement [Y = n] en fonction des événements U_(n − 1)^– et U_n(U_(n − 1)^– désignant l'événement contraire de U_(n − 1)). En déduire l'égalité : c_n = v_(n − 1) − v_n.
b) Valider l'égalité c_n = v_(n − 1) − v_n dans le cas où n est égal à 2 ou 3 .
c) Établir pour tout nombre réel x appartenant à l'intervalle [ 0,1 ], l'égalité : g(x) = (x − 1)h(x) + x.
d) Exprimer pour tout nombre réel x appartenant à l'intervalle [ 0,1 [, le quotient (g(x) − g(1))/(x − 1) en fonction de h(x).
e) Justifier la croissance de la fonction h et, pour tout entier naturel N non nul et tout nombre réel x de l'intervalle [0, 1], la double inégalité suivante : ∑_(k = 1)^N v_k x^k ⩽ h(x) ⩽ h(1).
En déduire la relation suivante: lim_(x → 1; x < 1)h(x) = h(1).
f) Montrer que g est dérivable au point 1 et, à l'aide de la Partie I, en déduire que la variable aléatoire Y admet une espérance égale à 8 .

Partie III : Paradoxe de Walter Penney (1969)

Deux joueurs J et J^′ s'affrontent dans un jeu utilisant la même expérience aléatoire que précédemment avec les règles suivantes :
  • le joueur J est gagnant si la configuration «pile, pile, face» apparaît dans la suite des résultats des lancers, avant que la configuration « face, pile, pile» n'apparaisse;
  • le joueur J^′ est gagnant si la configuration « face, pile, pile» apparaît dans la suite des résultats des lancers, avant que la configuration «pile, pile, face» n'apparaisse;
  • si l'un des joueurs est gagnant, l'autre est perdant.
On se propose de démontrer que, dans ce jeu, le joueur J^′ possède un net avantage sur le joueur J.
  1. Soit Y^′ la variable aléatoire désignant le rang du lancer où, pour la première fois, apparaît un pile précédé d'un pile lui-même précédé d'un face si cette configuration apparaît, et prenant la valeur 0 si celle-ci n'apparaît jamais.
    Par exemple, si les résultats des premiers lancers sont (face, face, pile, face, pile, pile, face, ...), la variable aléatoire Y^′ prend la valeur 6 .
    Pour tout entier n supérieur ou égal à 3 , on désigne par B_n^′ l'événement S_(n − 2) ∩ R_(n − 1) ∩ R_n, par U_n^′ l'événement ⋃_(i = 3)^n B_i^′ et on note u_n^′ la probabilité de U_n^′.
    a) Soit n un entier supérieur ou égal à 3 .
Les événements B_n^′, B_(n + 1)^′ et B_(n + 2)^′ sont-ils deux à deux incompatibles?
b) En déduire que, si on pose u_1^′ = u_2^′ = 0, le même raisonnement que dans la Partie II, conduit à l'égalité u_(n + 1)^′ = u_n^′ + 1/8(1 − u_(n − 2)^′), pour tout entier n supérieur ou égal à 3 .
c) En déduire l'égalité des suites (u_n)_(n ⩾ 1) et (u_n^′)_(n ⩾ 1).
d) Prouver que les deux variables aléatoires Y et Y^′ suivent la même loi et vérifient : E(Y) = E(Y^′).
2. Pour tout entier n supérieur ou égal à 3 , on note G_n l'événement « le joueur J est déclaré gagnant à l'issue du lancer de rang n≫ et g_n la probabilité de G_n.
a) Calculer g_3 et g_4 et établir, pour tout entier n supérieur ou égal à 3, l'égalité suivante : g_n = (1/2)^n.
b) En déduire la probabilité pour que le joueur J soit déclaré gagnant.
3. Pour tout entier naturel n non nul, on désigne par d_n la probabilité que lors des n premiers lancers n'apparaissent jamais deux piles consécutifs.
a) Préciser d_1 et d_2.
b) En considérant les résultats des lancers de rang 1 et 2 , justifier pour tout entier naturel n non nul, l'égalité suivante : d_(n + 2) = 1/2d_(n + 1) + 1/4d_n.
c) Montrer qu'il existe deux constantes réelles α et β que l'on ne cherchera pas à calculer, telles que, pour tout tout entier naturel n non nul, on ait : d_n = α((1 + √5)/4)^n + β((1 − √5)/4)^n.
d) En déduire que la série de terme général d_n converge et, en utilisant l'égalité du b), prouver l'égalité suivante : ∑_(n = 1)^(+ ∞)d_n = 5.
4. On désigne par T la variable aléatoire qui prend pour valeur le rang du lancer à l'issue duquel l'un des joueurs est déclaré gagnant, si cela se produit, et la valeur 0 si aucun des joueurs n'est gagnant.
a) Justifier, pour tout entier n supérieur ou égal à 2, l'égalité : P([T > n] ∪ [T = 0]) = 1/(2^n) + d_n.
b) En déduire, pour tout entier n supérieur ou égal à 3, l'égalité : P([T = n]) = 1/(2^n) + d_(n − 1) − d_n.
c) Montrer que la probabilité que l'un des joueurs soit déclaré gagnant est égale à 1 .
5. Calculer la probabilité que le joueur J^′ soit déclaré gagnant et conclure.
6. Si la configuration gagnante du joueur J avait été « pile, pile, face, pile, pile, face» et la configuration gagnante du joueur J^′ avait été « face, face, pile, face, face, pile», quelle aurait-été la conclusion?
7. Soit d et t les fonctions définies sur l'intervalle [0, 1] par :
∀x ∈ [0, 1], d(x) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)d_n x^n et t(x) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)P([T = n])x^n
a) Établir pour tout nombre réel x appartenant à l'intervalle [0, 1] l'égalité suivante :
t(x) = (x − 1)(d(x) + (x^2)/(2(2 − x))) + x
b) Exprimer pour tout nombre réel x appartenant à l'intervalle [ 0 , 1 [, le quotient (t(x) − t(1))/(x − 1) en fonction de d(x).
c) En s'inspirant de la question 5.e de la Partie II, justifier l'égalité suivante : lim_(x → 1; x < 1)d(x) = d(1).
d) Montrer que la variable aléatoire T admet une espérance et préciser E(T).

Partie IV : Simulation informatique

On rappelle que dans un programme PASCAL, l'instruction « r :=RANDOM(2) » a pour effet de donner aléatoirement à la variable r la valeur 0 ou 1 , ces deux valeurs étant équiprobables.
On considère la procédure PASCAL suivante :
PROCEDURE Quigagne ;
    VAR x,y,r,k :INTEGER;
    BEGIN
        x :=0; y :=0;k :=0;
        WHILE (x<3) AND (y<3) DO
            BEGIN
                k :=k+1;r:=RANDOM(2);
                IF r=1 THEN BEGIN
                                IF x>=1 THEN x :=2 ELSE x :=1;
                                IF y>=1 THEN y :=y+1;
                        END
                    ELSE BEGIN
                            IF x=2 THEN x:=3
                                ELSE x :=0;
                            y :=1;
                        END ;
            END ;
        IF x=3 THEN WRITE ('...') ELSE WRITE('...');
    END ;
  1. Donner sous forme d'un tableau les valeurs successives prises par les variables x, y et k lors de l'exécution de cette procédure, si les valeurs données à la variable r par la fonction «RANDOM(2)» sont successivement :
    a) 1, 1, 1, 1, 0
    b) 1, 0, 1, 0, 0, 0, 1, 1
    c) 0, 1, 0, 1, 0, 1, 1
  2. Que représente la dernière valeur prise dans la procédure par la variable k et quels textes pourrait-on substituer aux pointillés de la dernière instruction?
    Qu'afficherait alors l'ordinateur dans les trois exemples de la question précédente?

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