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BCE Maths appliquées HEC ECE 2005, épreuve 2Sujet, corrigé et rapport du jury

Epreuve de maths appliquées - ECE 2005

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Annale de maths appliquées BCE HEC pour la filiere ECE, session 2005.

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(3)
BANQUE COMMUNE D'EPREUVES

Concepteurs : H.E.C. - E.S.C.P. - E.A.P.

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CODE EPREUVE :
284
CCIP_M2_E
OPTION : ECONOMIQUE

MATHEMATIQUES II

Mardi 10 Mai 2005, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
L'objet du problème est d'étudier quelques propriétés d'un estimateur du paramètre p d'une loi géométrique.

Partie I. Formule du binôme négatif

Pour tout couple ( n, r ) d'entiers naturels tels que 0 ⩽ r ⩽ n, on rappelle la formule du « triangle de Pascal»
(n/r) = ((n − 1)/(r − 1)) + ((n − 1)/r)
  1. Montrer que pour tout entier r de [ [1, n] ], on a :
(n/r) = ∑_(k = r)^n((k − 1)/(r − 1))
  1. Soit ( n, r ) un couple d'entiers naturels, tels que 1 ⩽ r ⩽ n. Pour tout réel x de ]0, 1[, on définit la fonction f_(r, n) par :
f_(r, n)(x) = ∑_(k = r)^n(k/r)x^k
a) Montrer, pour tout réel x de ]0, 1[, l'égalité : (1 − x)f_(r, n)(x) = xf_(r − 1, n − 1)(x) − (n/r)x^(n + 1).
b) On suppose l'entier r fixé. Montrer, lorsque n tend vers + ∞, l'équivalence : (n/r) ∼ (n^r)/(r!).
3. Soit x un réel fixé de ]0, 1 [ et soit r un entier naturel fixé. On veut établir l'existence de la limite de f_(r, n)(x) lorsque n tend vers + ∞, et déterminer la valeur de cette limite.
a) Justifier l'existence et donner la valeur de lim_(n → + ∞)f_(0, n)(x) et lim_(n → + ∞)f_(1, n)(x).
b) Soit r un entier naturel non nul. On suppose que, pour tout réel x de ]0, 1[, on a :
lim_(n → + ∞)f_(r − 1, n)(x) = (x^(r − 1))/((1 − x)^r)
Montrer que, pour tout réel x de ]0, 1[, lim_(n → + ∞)f_(r, n)(x) = (x^r)/((1 − x)^(r + 1)). Ainsi, ∑_(k = r)^∞(k/r)x^k = (x^r)/((1 − x)^(r + 1)).

Partie II. Développement en série de ln(1 − x)

Soit x un réel de ]0, 1[.
  1. Montrer, pour tout entier n de ℕ^∗, l'égalité : ∫_0^x(1 − t^n)/(1 − t)dt = ∑_(k = 1)^n(x^k)/k.
  2. À l'aide d'un encadrement simple, montrer que lim_(n → + ∞)∫_0^x(t^n)/(1 − t)dt = 0.
  3. En déduire la convergence de la série de terme général (x^k)/k ainsi que l'égalité : ∑_(k = 1)^∞(x^k)/k = − ln(1 − x).

Partie III. Loi binomiale négative

Toutes les variables aléatoires qui interviennent dans cette partie sont définies sur un même espace probabilisé (Ω, A, P).
Soit p un réel de ]0, 1[. On pose q = 1 − p, et on considère une variable aléatoire X à valeurs dans ℕ^∗, qui suit la loi géométrique de paramètre p. On rappelle que pour tout entier k de ℕ^∗, P(X = k) = pq^(k − 1).
  1. Calculer la valeur de l'espérance E(X) et de la variance V(X) de la variable aléatoire X.
  2. On considère la variable aléatoire Y définie par Y = 1/X.
    a) Déterminer l'ensemble des valeurs prises par Y ainsi que la loi de probabilité de Y.
    b) Montrer que Y admet une espérance E(Y), que l'on calculera en fonction de p et q.
    c) Pour tout entier i supérieur ou égal à 2 , établir l'existence du moment E(Y^i) d'ordre i de Y.
  3. Soit X_1 et X_2 deux variables aléatoires indépendantes, à valeurs dans ℕ^∗, qui suivent la même loi géométrique de paramètre p. On pose : S_1 = X_1, S_2 = X_1 + X_2, Y_2 = 2/(S_2).
    a) Déterminer la loi de probabilité de chacune des variables aléatoires S_2 et Y_2.
    b) Établir l'existence de l'espérance E(Y_2) de la variable aléatoire Y_2.
    c) Calculer cette espérance en fonction de p et q.
  4. On considère une suite (X_n)_(n ∈ ℕ^∗) de variables aléatoires à valeurs dans ℕ^∗, indépendantes, de même loi géométrique de paramètre p. Pour tout n de ℕ^∗, on pose S_n = ∑_(k = 1)^n X_k.
    a) Calculer l'espérance E(S_n) et la variance V(S_n) de la variable aléatoire S_n.
    b) Montrer que la loi de probabilité de la variable aléatoire S_n est donnée, pour tout entier s de ℕ^∗, par :
P(S_n = s) = {0, si s < n; ((s − 1)/(n − 1))p^n q^(s − n), si s ⩾ n
  1. Pour tout entier n de ℕ^∗, on pose Y_n = n/(S_n).
    a) Préciser l'ensemble des valeurs prises par la variable aléatoire Y_n, ainsi que la loi de probabilité de Y_n.
    b) Soit t un réel quelconque de [0, 1[. Montrer que, pour tout m de ℤ, la série de terme général s^m t^s(∑_(s ⩾ 1)s^m t^s) est convergente.
    En déduire, en particulier, l'existence des moments d'ordre 1 et 2, E(Y_n) et E(Y_n^2), de la variable aléatoire Y_n.

Partie IV. Une estimation ponctuelle du paramètre p

Soit p un réel de ]0, 1[. Dans cette partie, on considère une variable aléatoire réelle X à valeurs dans ℕ^∗, qui suit une loi géométrique de paramètre p inconnu. On pose q = 1 − p.
Pour tout entier naturel non nul n, on considère un n-échantillon ( X_1, X_2, …, X_n ) de variables aléatoires à valeurs dans ℕ^∗, indépendantes, de même loi que X.
Les variables aléatoires X, X_1, X_2, …, X_n sont définies sur un même espace probabilisé ( Ω, A, P ).
On pose X¯_n = (S_n)/n = 1/(Y_n).
  1. Montrer que X¯_n est un estimateur sans biais pour le paramètre 1/p.
Quel est le risque quadratique de X¯_n en 1/p ?
2. Pour tout entier n de ℕ^∗, on note h_n et φ_n les applications définies sur [ 0,1 a à valeurs dans ℝ telles que :
h_n(t) = ∑_(s = n)^∞1/s((s − 1)/(n − 1))t^s, φ_n(t) = ∑_(s = n)^∞1/(s^2)((s − 1)/(n − 1))t^s
On admet dans toute la suite du problème, que h_n est de classe C^1 et que pour tout réel t de [0, 1[, la dérivée h_n^′ de h_n vérifie :
h_n^′(t) = ∑_(s = n)^∞((s − 1)/(n − 1))t^(s − 1)
On admet également que la fonction φ_n est dérivable sur ]0, 1[, de dérivée φ_n^′, et que pour tout t de ]0, 1[, φ_n^′(t) = 1/th_n(t).
a) Montrer que E(Y_n) = n(p/q)^n h_n(q). Établir que, pour tout q de [0, 1[, on a :
h_n(q) = ∫_0^q(t^(n − 1))/((1 − t)^n)dt
b) À l'aide du changement de variable y = t/(1 − t), que l'on justifiera, montrer que pour tout q de [0, 1[ :
h_n(q) = ∫_0^(q/p)(y^(n − 1))/(1 + y)dy
En déduire, en utilisant une intégration par parties, que l'on peut écrire pour tout q de [0, 1[ :
h_n(q) = (q^n)/(np^(n − 1)) + 1/n∫_0^(q/p)(y^n)/((1 + y)^2)dy
  1. Pour tout n de ℕ^∗, soit b_n la fonction définie sur ]0, 1[ à valeurs réelles qui, à tout réel p de ]0, 1[, associe b_n(p) = E(Y_n) − p(b_n représente le biais de Y_n pour estimer p ).
    a) Montrer que b_n(p) = (p/q)^n∫_0^(q/p)(y^n)/((1 + y)^2)dy.
    b) En déduire que la suite (b_n(p))_(n ∈ ℕ^∗) est convergente et préciser sa limite. Calculer lim_(n → + ∞)E(Y_n).
    c) À l'aide d'une intégration par parties, montrer l'égalité : b_n(p) = (pq)/n + o(1/n).

Partie V. Limite de la variance de Y_n

Le contexte de cette partie est identique à celui de la partie IV.
  1. a) En utilisant la formule établie dans la question IV.2.b, montrer que, pour tout n de ℕ^∗, h_n(t) ∼ (t^n)/n lorsque t tend vers 0 par valeurs supérieures.
    b) En déduire que pour tout réel q de ]0, 1[, l'intégrale ∫_0^q(h_n(t))/tdt est convergente et que φ_n(q) = ∫_0^q(h_n(t))/tdt.
  2. a) Pour tout entier n de ℕ^∗, et pour tout réel t de ]0, 1[, on pose H_n(t) = ∫_0^(t/(1 − t))(y^n)/((1 + y)^2)dy.
Montrer que, pour tout t de ]0, 1[, on a :
φ_n^′(t) = 1/n[(t^(n − 1))/((1 − t)^(n − 1)) + (H_n(t))/t]
b) Établir l'existence de l'intégrale ∫_0^q(H_n(t))/tdt, et en déduire l'égalité :
φ_n(q) = 1/n[∫_0^q(t^(n − 1))/((1 − t)^(n − 1))dt + ∫_0^q(H_n(t))/tdt]
  1. a) Établir l'encadrement suivant : 0 ⩽ ∫_0^q(H_n(t))/tdt ⩽ (h_(n + 1)(q))/(n + 1).
En déduire que lim_(n → + ∞)n(p/q)^n∫_0^q(H_n(t))/tdt = 0.
b) Montrer, pour tout réel q de ]0, 1[, l'égalité :
∫_0^q(t/(1 − t))^(n − 1)dt = (q^n)/(np^(n − 2)) + 2/n∫_0^(q/p)(y^n)/((1 + y)^3)dy
En déduire que lim_(n → + ∞)n(p/q)^n∫_0^q(t/(1 − t))^(n − 1)dt = p^2.
c) On désigne par V(Y_n) la variance de Y_n. Calculer lim_(n → + ∞)V(Y_n).

Partie VI. Un intervalle de confiance du paramètre p

Dans cette partie, le contexte est identique à celui des deux parties précédentes.
  1. a) En utilisant le résultat de la question IV.3.c, montrer que, lorsque n tend vers + ∞ :
[E(Y_n)]^2 = p^2 + (2p^2 q)/n + o(1/n)
b) On admet que, lorsque n tend vers + ∞ :
E(Y_n^2) = p^2 + (3p^2 q)/n + o(1/n)
Établir que, lorsque n tend vers + ∞, V(Y_n) ∼ (p^2 q)/n.
2. Pour tout entier n de ℕ^∗, on pose T_n = (Y_n − p)/(√((p^2 q)/n)).
On admet que la suite de variables aléatoires (T_n)_(n ∈ ℕ^∗) converge en loi vers une variable aléatoire T qui suit la loi normale centrée, réduite.
Cette question a pour objectif la détermination, pour n assez grand, d'un intervalle de confiance du paramètre inconnu p, au risque α donné. Autrement dit, il s'agit de trouver des variables aléatoires I_n et J_n, fonctions de Y_n, telles que P(I_n ⩽ p ⩽ J_n) ⩾ 1 − α.
a) Soit a_α le réel strictement positif tel que P(T ⩾ a_α) = α/2. Ainsi, pour n assez grand, on peut considérer que :
P(− a_α ⩽ T_n ⩽ a_α) = 1 − α
En déduire l'égalité : P(Y_n − a_α p√(q/n) ⩽ p ⩽ Y_n + a_α p√(q/n)) = 1 − α.
b) Montrer que l'on peut choisir les «statistiques» I_n et J_n de la façon suivante :
I_n = Y_n − (2a_α)/(3√3) × 1/(√n) et J_n = Y_n + (2a_α)/(3√3) × 1/(√n)
c) On suppose que n = 900. Un échantillon observé x_1, x_2, …, x_(900) de réalisations des variables aléatoires X_1, X_2, …, X_(900) a fourni le résultat suivant : x¯_(900) = 1/(900)∑_(i = 1)^(900)x_i = 4.
Calculer la réalisation y_(900) de la variable aléatoire Y_(900).
On se donne un niveau de risque α = 0.05; le nombre a_(0.05) est à peu près égal à 2 . Sachant que 2/(45√3) ≈ 0.026, trouver un intervalle de confiance réalisé qui contienne le paramètre inconnu p avec un niveau de confiance au moins égal à 0.95 .

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