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Annale de maths approfondies BCE emlyon pour la filiere ECS, session 2005.

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Concepteur : EM LYON
1^(ère) épreuve (option scientifique)

MATHÉMATIQUES

Lundi 9 mai 2005 de 8 heures à 12 heures
Les candidats ne doivent faire usage d'aucun document ; l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.

Premier problème

On considère la suite (T_n)_(n ∈ ℕ) de polynômes de ℝ[X] définie par :
T_0 = 1, T_1 = 2X et, pour tout entier n ⩾ 2, T_n = 2XT_(n − 1) − T_(n − 2).
On pourra confondre polynôme et fonction polynomiale. Ainsi, pour tout entier n ⩾ 2 et tout réel x,
T_n(x) = 2xT_(n − 1)(x) − T_(n − 2)(x)
PARTIE I : Étude de la suite de polynômes (T_n)_(n ∈ ℕ)
  1. Calculer T_2 et T_3.
    2.a. Démontrer que, pour tout entier naturel n, T_n est un polynôme de degré n, dont on déterminera le coefficient du terme de degré n.
    b. Établir que, si n est un entier pair (resp. impair), alors T_n est un polynôme pair (resp. impair).
  2. Calculer, pour tout entier naturel n, T_n(1) en fonction de n.
  3. a. Établir, pour tout entier naturel n et tout réel θ de ]0; π[ :
T_n(cosθ) = (sin(n + 1)θ)/(sinθ).
b. En déduire que, pour tout entier naturel non nul n, T_n admet n racines réelles, toutes situées dans ] - 1; 1 [, que l'on explicitera.
c. Établir, pour tout entier naturel non nul n :
T_n = 2^n∏_(k = 1)^n(X − cos(kπ)/(n + 1)).
d. En déduire, pour tout entier naturel non nul n, la valeur de ∏_(k = 1)^n sin(kπ)/(2(n + 1)) en fonction de n.
5. a. Démontrer, pour tout entier naturel n et tout réel θ de ]0; π[ :
sin^2 θT_n^(′′)(cosθ) − 3cosθT_n^′(cosθ) + (n^2 + 2n)T_n(cosθ) = 0.
Indication: On pourra dériver deux fois la fonction (nulle) :
θ ⟼ sinθT_n(cosθ) − sin(n + 1)θ.
b. En déduire, pour tout entier naturel n :
(X^2 − 1)T_n^(′′) + 3XT_n^′ − (n^2 + 2n)T_n = 0.
Dans la suite du problème, n désigne un entier naturel fixé tel que n ⩾ 2, et on note E l'espace vectoriel réel des polynômes de ℝ[X] de degré inférieur ou égal à n.
On note L l'application qui, à un polynôme P de E, associe le polynôme L(P) défini par :
L(P) = (X^2 − 1)P^(′′) + 3XP^′.

PARTIE II : Étude de l'endomorphisme L

  1. Montrer que L est un endomorphisme de l'espace vectoriel E.
  2. a. Calculer L(T_k) pour tout k de {0, 1, …, n}.
    b. En déduire les valeurs propres de L et, pour chaque valeur propre de L, une base et la dimension du sous-espace propre associé.

PARTIE III : Étude d'un produit scalaire

Dans la suite du problème, on note φ l'application qui, à un couple (P, Q) de polynômes de E, associe le réel φ(P, Q) défini par :
φ(P, Q) = ∫_(− 1)^1√(1 − x^2)P(x)Q(x)dx
  1. Montrer que φ est un produit scalaire sur E.
  2. Démontrer, pour tous polynômes P, Q de E :
φ(L(P), Q) = φ(P, L(Q)).
Indication: On pourra, à l'aide d'une intégration par parties, montrer :
φ(L(P), Q) = ∫_(− 1)^1(1 − x^2)^(3/2)P^′(x)Q^′(x)dx
  1. Établir que (T_k)_(0 ⩽ k ⩽ n) est une base orthogonale de E.

Deuxième problème

PARTIE I : Calcul de la somme d'une série convergente

  1. Vérifier, pour tout n ∈ ℕ^∗ : ∫_0^π((t^2)/(2π) − t)cos(nt)dt = 1/(n^2).
  2. Établir, pour tout m ∈ ℕ^∗ et pour tout t ∈ ]0; π] :
(1 − e^(imt))/(1 − e^(it))e^(it) = (sin(mt)/2)/(sint/2)e^((i(m + 1)t)/2), puis ∑_(n = 1)^m cos(nt) = (cos((m + 1)t)/2sin(mt)/2)/(sint/2)
  1. Soit u : [0; π] ⟶ ℝ une application de classe C^1.
Montrer, à l'aide d'une intégration par parties : ∫_0^π u(t)sin(λt)dt→−_(λ → + ∞)^0.
4. Soit l'application f : [0; π] ⟶ ℝ définie par f(t) = ((t^2)/(2π) − t)/(2sint/2) si t ∈ ]0; π], et f(0) = − 1. Montrer que f est de classe C^1 sur [0; π].
5.a. Montrer : ∀m ∈ ℕ^∗, ∑_(n = 1)^m 1/(n^2) = (π^2)/6 + ∫_0^π f(t)sin((2m + 1)t)/2 dt.
b. Justifier la convergence de la série ∑_(n ⩾ 1)1/(n^2) et montrer : ∑_(n = 1)^(+ ∞)1/(n^2) = (π^2)/6.

PARTIE II : Étude d'une fonction définie par la somme d'une série convergente

1.a. Montrer que, pour tout couple (x, y) ∈ ([0; + ∞[)^2, la série ∑_(n ⩾ 1)1/((n + x)(n + y)) et la série ∑_(n ⩾ 1)1/((n + x)^2(n + y)) convergent.
b. Montrer que, pour tout x ∈ [0; + ∞[, la série ∑_(n ⩾ 1)(1/n − 1/(n + x)) converge.
On note S l'application définie, pour tout x de [0; + ∞[, par S(x) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)(1/n − 1/(n + x)).
2. Calculer S(0) et S(1).
3.a. Établir : ∀(x, y) ∈ ([0; + ∞[)^2, S(y) − S(x) = (y − x)∑_(n = 1)^(+ ∞)1/((n + x)(n + y)).
b. En déduire : ∀(x, y) ∈ ([0; + ∞[)^2, |S(y) − S(x)| ⩽ (π^2)/6|y − x|.
c. Montrer alors que la fonction S est continue sur [0; + ∞[.
4.a. Montrer, pour tout couple (x, y) de ([0; + ∞[)^2 tel que x ≠ y :
|(S(y) − S(x))/(y − x) − ∑_(n = 1)^(+ ∞)1/((n + x)^2)| ⩽ |y − x|∑_(n = 1)^(+ ∞)1/(n^3)
b. En déduire que la fonction S est dérivable sur [0; + ∞[ et que :
∀x ∈ [0; + ∞[, S^′(x) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)1/((n + x)^2)
c. Préciser les valeurs de S^′(0) et de S^′(1).
5. On admet que S est deux fois dérivable sur [0; + ∞[ et que :
∀x ∈ [0; + ∞[, S^(′′)(x) = − ∑_(n = 1)^(+ ∞)2/((n + x)^3)
Montrer que S est concave.
6. Soit x ∈ ]0; + ∞[ fixé. On note φ la fonction définie sur [1; + ∞[ par :
∀t ∈ [1; + ∞[, φ(t) = 1/t − 1/(t + x)
a. Montrer que l'intégrale ∫_1^(+ ∞)φ(t)dt converge et calculer sa valeur.
b. Montrer : ∀n ∈ ℕ^∗, φ(n + 1) ⩽ ∫_n^(n + 1)φ(t)dt ⩽ φ(n), et en déduire : ∫_1^(+ ∞)φ(t)dt ⩽ S(x) ⩽ 1 + ∫_1^(+ ∞)φ(t)dt.
c. Conclure : S(x) ∼ _(x → + ∞)lnx.
7.a. Dresser le tableau de variation de S, en précisant la limite de S en + ∞.
b. Tracer l'allure de la courbe représentative de S.

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