BCE Maths approfondies emlyon ECS 2010Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2010
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Annale de maths approfondies BCE emlyon pour la filiere ECS, session 2010.
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1^(ère) épreuve (option scientifique) MATHÉMATIQUES
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
PROBLÈME 1
Définitions et notations
-
p désigne un entier naturel supérieur ou égal à 3 . - On note
M_p(ℂ) l'ensemble des matrices carrées d'ordrep à coefficients complexes,M_(1, p)(ℝ) l'ensemble des matrices-lignes àp colonnes à coefficients réels,M_p(ℝ) l'ensemble des matrices carrées d'ordrep à coefficients réels,I_p la matrice diagonale deM_p(ℂ) et deM_p(ℝ) dont les coefficients diagonaux sont tous égaux à 1 . - On note, pour toute matrice carrée
A d'ordrep et tout(i, j) ∈ {1, …, p}^2, (A)_(i, j) le coefficient deA situé à la lignei et à la colonnej . - On note, pour toute matrice-ligne
L deM_(1, p)(ℝ) et toutj ∈ {1, …, p}, (L)_j le coefficient deL situé à la colonnej . - On dit qu'une suite
(A_n)_(n ⩾ 1) de matrices deM_p(ℝ) converge vers une matriceA deM_p(ℝ) , et on noteA_n ⟶ _(n → + ∞)A , si et seulement si :∀(i, j) ∈ {1, …, p}^2, (A_n)_(i, j) ⟶ _(n → + ∞)(A)_(i, j) . - On dit qu'une suite
(L_n)_(n ⩾ 1) de matrices deM_(1, p)(ℝ) converge vers une matriceL deM_(1, p)(ℝ) , et on noteL_n ⟶ _(n → + ∞)L , si et seulement si :∀j ∈ {1, …, p}, (L_n)_j ⟶ _(n → + ∞)(L)_j . - On admet que, si la suite
(A_n)_(n ⩾ 1) de matrices deM_p(ℝ) converge vers la matriceA et si la suite(B_n)_(n ⩾ 1) de matrices deM_p(ℝ) converge vers la matriceB , alors la suite(A_n B_n)_(n ⩾ 1) de matrices converge vers la matriceAB . - On admet que si la suite
(A_n)_(n ⩾ 1) de matrices deM_p(ℝ) converge vers la matriceA et siL est une matrice-ligne deM_(1, p)(ℝ) , alors la suite(LA_n)_(n ⩾ 1) de matrices converge vers la matriceLA . - On appelle matrice stochastique toute matrice
A deM_p(ℝ) telle que :{∀(i, j) ∈ {1, …, p}^2, (A)_(i, j) ⩾ 0; ∀i ∈ {1, …, p}, ∑_(j = 1)^p(A)_(i, j) = 1, et on noteST_p l'ensemble des matrices stochastiques deM_p(ℝ) .
Partie I : Résultats généraux sur les matrices stochastiques - Illustrations
- a. On note
V la matrice-colonne àp lignes dont tous les coefficients sont égaux à 1 .
Montrer, pour toute
A ∈ M_p(ℝ) : A ∈ ST_p ⟺ {∀(i, j) ∈ {1, …, p}^2, (A)_(i, j) ⩾ 0; AV = V.
b. En déduire que toutes les matrices deST_p ont une valeur propre commune.
2. Démontrer :∀A, B ∈ ST_p, AB ∈ ST_p .
3. On note :A_1 = (1, 0, 0; 1/2, 1/2, 0; 1/3, 1/3, 1/3), A_2 = (1, 0, 0; 0, 1/2, 1/2; 0, 1/2, 1/2), A_3 = (1, 0, 0; 1/2, 1/2, 0; 0, 1/2, 1/2) .
a. Justifier, sans calcul, queA_1 est diagonalisable dans
M_3(ℝ) . Donner la dimension du sous-espace propre pour
A_1 associé à la valeur propre 1.
b. En utilisant éventuellement les matricesA_2 et
A_3 :
(i) Montrer qu'il existe dansST_3 au moins un élément non diagonalisable dans
M_3(ℂ) ;
(ii) Justifier si l'affirmation suivante est vraie ou fausse : « Pour tout élémentA de
ST_3 , le sous-espace propre pour
A associé à la valeur propre 1 est de dimension 1 ».
4. SoientA ∈ ST_p et
λ une valeur propre de
A dans
ℂ .
b. En déduire que toutes les matrices de
2. Démontrer :
3. On note :
a. Justifier, sans calcul, que
b. En utilisant éventuellement les matrices
(i) Montrer qu'il existe dans
(ii) Justifier si l'affirmation suivante est vraie ou fausse : « Pour tout élément
4. Soient
On note
X = (x_1; ⋮; x_p) un vecteur propre pour
A associé à la valeur propre
λ .
On notei un élément de
{1, …, p} tel que :
∀k ∈ {1, …, p}, |x_k| ⩽ |x_i| .
a. Montrer :|λx_i| ⩽ |x_i| .
b. En déduire :|λ| ⩽ 1 .
On note
a. Montrer :
b. En déduire :
Partie II : Suites de moyennes de puissances de matrices stochastiques
Soit
A ∈ ST_p . On note
A^0 = I_p .
- a. Établir :
∀n ∈ ℕ, A^n ∈ ST_p .
b. Montrer :∀n ∈ ℕ^∗, 1/n∑_(k = 0)^(n − 1)A^k ∈ ST_p .
Dans la suite de cette partie II, on suppose qu'il existe
r ∈ {1, …, p − 1}, P ∈ M_p(ℝ) inversible,
D ∈ M_p(ℝ) diagonale dont les coefficients diagonaux
(D)_(i, i) sont égaux à 1 si
i ⩽ r et distincts de 1 si
i ⩾ r + 1 , tels que :
A = PDP^(− 1) .
On note, pour toutn ∈ ℕ^∗ : M_n = 1/n∑_(k = 0)^(n − 1)D^k et
B_n = PM_n P^(− 1) .
On note, pour tout
On note
Δ la matrice de
M_p(ℝ) diagonale dont les coefficients diagonaux (
Δ)_(i, i) sont égaux à 1 si
i ⩽ r et nuls sinon, et on note
B = PΔP^(− 1) .
2. Démontrer, pour toutx ∈ ℝ fixé tel que
|x| ⩽ 1 : 1/n∑_(k = 0)^(n − 1)x^k ⟶ _(n ⟶ + ∞){1, si, x = 1; 0, si, x ≠ 1 .
3. Montrer :M_n→−_(n ⟶ + ∞)^Δ et en déduire :
B_n→−_(n ⟶ + ∞)^B .
4. a. Montrer :∀n ∈ ℕ^∗, B_n ∈ ST_p .
b. En déduire :B ∈ ST_p .
2. Démontrer, pour tout
3. Montrer :
4. a. Montrer :
b. En déduire :
Partie III : Aspect probabiliste
On dispose d'un objet noté
T et de trois urnes numérotées 1 , 2 et 3 .
À chaque instantn(n ∈ ℕ), T est dans une des trois urnes et une seule.
On note, pour toutn ∈ ℕ, X_n la variable aléatoire égale au numéro de l'urne dans laquelle se trouve l'objet à l'instant
n et
L_n la matrice suivante de
M_(1, 3)(ℝ) : L_n = (P(X_n = 1)P(X_n = 2)P(X_n = 3)) .
On suppose connues la loi deX_0 et la matrice
A de
M_3(ℝ) définie par :
À chaque instant
On note, pour tout
On suppose connues la loi de
On suppose:
∀n ∈ ℕ, ∀(i, j) ∈ {1, 2, 3}^2, P_((X_n = i))(X_(n + 1) = j) = P_((X_0 = i))(X_1 = j) .
- Montrer :
A ∈ ST_3 . - Montrer :
∀n ∈ ℕ, L_(n + 1) = L_n A puis :∀n ∈ ℕ, L_n = L_0 A^n .
On suppose dorénavant
A = A_1 , définie dans la partie I.3, et on note
D_1 = (1, 0, 0; 0, 1/2, 0; 0, 0, 1/3) .
3. Déterminer une matriceP_1 ∈ M_3(ℝ) , inversible et à coefficients diagonaux tous égaux à 1 , telle que
A_1 = P_1 D_1 P_1^(− 1) et calculer
P_1^(− 1) .
4. Déterminer la limite de la suite(D_1^n)_n ⩾ 1 , puis la limite de la suite
(A_1^n)_(n ⩾ 1) .
5. Déterminer la limite de la suite(L_n)_(n ⩾ 1) . Expliquer ce résultat par des arguments probabilistes.
3. Déterminer une matrice
4. Déterminer la limite de la suite
5. Déterminer la limite de la suite
PROBLÈME 2
Dans tout le problème,
J désigne l'intervalle ]
− 1; + ∞[ .
Le but du problème est l'étude de l'applicationf définie, pour tout
x de
J , par :
f(x) = ∫_0^1(t^x)/(1 + t) dt .
Le but du problème est l'étude de l'application
Préliminaires
- Justifier la convergence des séries numériques suivantes :
- En admettant que
∑_(n = 1)^(+ ∞)1/(n^2) = (π^2)/6 , montrer :∑_(k = 0)^(+ ∞)1/((2k + 1)^2) = (π^2)/8 . - En déduire :
∑_(n = 1)^(+ ∞)((− 1)^n)/(n^2) = − (π^2)/(12) .
Partie I : Éléments d'étude de
f
- Justifier, pour tout
x ∈ J , la convergence de l'intégrale∫_0^1(t^x)/(1 + t) dt . - Calculer
f(0) etf(1) . - Montrer :
∀x ∈ J, 0 ⩽ f(x) ⩽ 1/(x + 1) , et en déduire :lim_(x → + ∞)f(x) = 0 . - a. Montrer :
∀(x, y) ∈ J^2, ∀t ∈ ]0; 1], (x ⩽ y ⟹ t^x ⩾ t^y) .
b. En déduire quef est décroissante surJ . - Montrer :
∀x ∈ J, f(x) + f(x + 1) = 1/(x + 1) . - Déduire des résultats précédents :
f(x) ∼ _(x → + ∞)1/(2x) . - Soit
x ∈ J .
a. Montrer :∀n ∈ ℕ, f(x) = (− 1)^(n + 1)f(n + 1 + x) + ∑_(k = 0)^n((− 1)^k)/(k + 1 + x) .
b. En déduire que la série numérique∑_(k ⩾ 0)((− 1)^k)/(k + 1 + x) converge et quef(x) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)((− 1)^k)/(k + 1 + x) . - a. Montrer :
∀(x, y) ∈ J^2, ∀k ∈ ℕ^∗, |1/(k + 1 + x) − 1/(k + 1 + y)| ⩽ |x − y|1/(k^2) , puis :∀(x, y) ∈ J^2, |f(x) − f(y)| ⩽ |x − y|(1/((x + 1)(y + 1)) + (π^2)/6) .
b. En déduire quef est continue surJ . - Montrer :
f(x) ∼ _(x → − 1)1/(x + 1) . En déduire la limite def en -1 .
Partie II : Dérivabilité de
f
On note, pour tout
k ∈ ℕ, g_k l'application de classe
C^2 de
J dans
ℝ définie pour tout
x de
J par :
- Montrer :
∀(x, y) ∈ J^2, ∀k ∈ ℕ^∗, |g_k(x) − g_k(y) − (x − y)g_k^′(x)| ⩽ (|x − y|^2)/(k^3) . - a. Justifier la convergence des séries
∑_(k ⩾ 1)1/(k^3) et∑_(k ⩾ 0)g_k^′(x) , pour toutx ∈ J .
b. En déduire quef est dérivable surJ et que :∀x ∈ J, f^′(x) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)((− 1)^(k + 1))/((k + 1 + x)^2) .
c. Déterminerf^′(0) . - Tracer l'allure de la courbe représentative de
f . On donne la valeur approchée :ln2 ≈ 0, 69 .
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