BCE Maths approfondies HEC/ESCP ECS 2014, épreuve 2Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2014
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Annale de maths approfondies BCE HEC/ESCP pour la filiere ECS, session 2014.
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Conceptions : HEC Paris - ESCP Europe
MATHEMATIQUES II
Mercredi 7 mai 2014, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies. Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs. Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée. Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre
Dans tout le problème,
k désigne un entier supérieur ou égal à 2 .
Notations algébriques
- Pour tout
n ∈ ℕ^∗ , on noteM_(n, 1)(ℝ) l'ensemble des matrices-colonnes àn lignes à coefficients réels etM_n(ℝ) l'ensemble des matrices carrées àn lignes etn colonnes à coefficients réels. On identifie les ensemblesM_1(ℝ) etℝ en assimilant une matrice deM_1(ℝ) à son unique coefficient. - La base canonique de
M_(k, 1)(ℝ) est notéeC_k = (e_1, e_2, …, e_k) et l'espace vectorielM_(k, 1)(ℝ) est muni de sa structure euclidienne usuelle pour laquelle la baseC_k est orthonormale. On note⟨u, v⟩ le produit scalaire de deux vecteursu etv deM_(k, 1)(ℝ) et‖u‖ = √(⟨u, u⟩) la norme du vecteuru . - Pour toute matrice-colonne
d deM_(n, 1)(ℝ) de composantesd_1, d_2, …, d_n , on note Diag(d ) la matrice diagonale deM_n(ℝ) définie par :
- La transposée d'une matrice
M est notée^t M etI_k désigne la matrice identité deM_k(ℝ) .
Notations probabilistes
- Toutes les variables aléatoires et tous les vecteurs aléatoires qui interviennent dans ce problème sont définis sur un même espace probabilisé (
Ω, A, P ). - On dit qu'un vecteur aléatoire discret
(Y_1, Y_2, …, Y_k) , à valeurs dansℝ^k , admet une espérance lorsque chacune de ses composantes en admet une.
On noteY la matrice-colonne deM_(k, 1)(ℝ) de composantesY_1, Y_2, …, Y_k etE(Y) la matrice-colonne deM_(k, 1)(ℝ) dont les composantes sont les espérancesE(Y_1), E(Y_2), …, E(Y_k) .
Lorsque chacune des composantes
Y_i(i ∈ [ [1, k] ]) admet une variance, on appelle matrice de variance-covariance de
Y , notée
V(Y) , la matrice symétrique de
M_k(ℝ) dont les coefficients diagonaux sont les variances
V(Y_i) et les coefficients non diagonaux les covariances
Cov(Y_i, Y_j) pour tout
(i, j) ∈ [ [1, k] ]^2 avec
i ≠ j .
En résumé, on pose sous réserve d'existence :
En résumé, on pose sous réserve d'existence :
- Dans tout le problème, on note
p = (p_1; p_2; ⋮; p_k) une matrice-colonne deM_(k, 1)(ℝ) vérifiant∑_(i = 1)^k p_i = 1 et pour touti ∈ [ [1, k] ], p_i ⩾ 0 .
L'objet du problème est l'étude des propriétés des matrices de variance-covariance en liaison avec la loi des vecteurs aléatoires correspondants.
Partie I. Lois généralisées de Bernoulli
Dans cette partie, on note
u la matrice-colonne de
M_(k, 1)(ℝ) dont tous les coefficients valent 1 .
- Soit
a = (a_1; a_2; ⋮; a_k) une matrice-colonne non nulle deM_(k, 1)(ℝ) etα = ∑_(i = 1)^k a_i . On pose :M = a^i u .
a) Calculer la matriceM et préciser son rang.
b) Calculer la matriceMa et en déduire une valeur propre deM .
c) Montrer queM^2 = αM . Que peut-on en déduire sur les valeurs propres deM ?
d) Montrer queM est diagonalisable si et seulement siα ≠ 0 .
e) Pour quelles valeurs deα la matriceI_k − M est-elle inversible?
f) On suppose queα = 1 . Montrer queM est la matrice dans la base canonique deℝ^k d'un projecteur dont on précisera l'image et le noyau. Dans quel cas ce projecteur est-il orthogonal ?
On dit qu'un vecteur aléatoire(X_1, X_2, …, X_k) suit la loi généralisée de Bernoulli de paramètrep , notéeB_k(p) . si on a :
- Soit
(X_1, X_2, …, X_k) un vecteur aléatoire suivant la loiB_k(p) .
a) Pouri ∈ [ [1, k] ] , comparer les événements[X = e_i] et[X_i = 1] ; en déduire que chaque variable aléatoireX_i suit une loi de Bernoulli de paramètrep_i et écrire la matriceE(X) .
b) Quelle est la loi de la variable aléatoireX_1 + X_2 ?
c) Montrer queCov(X_1, X_2) = − p_1 p_2 .
d) Écrire la matriceV(X) . - Soit
M(p) la matrice deM_k(ℝ) définie par :M(p) = p^t u .
a) Vérifier l'égalité :V(X) = (I_k − M(p))Diag(p) .
b) Montrer que sip_1, p_2, …, p_k sont différents de 0 , le rang deV(X) est égal àk − 1 .
c) Soitσ une permutation de[ [1, k] ] etp_σ la matrice-colonne deM_(k, 1)(ℝ) de composantesp_(σ(1)), p_(σ(2)), …, p_(σ(k)) . Montrer queV(X) est semblable à(I_k − p_σ^t u)Diag(p_σ) .
d) Exprimer le rang deV(X) en fonction du nombre d'élémentsi de[ [1, k] ] pour lesquels on ap_i ≠ 0 .
Partie II. Tirages avec remise dans une population stratifiée
Dans cette partie, on suppose que pour tout
i ∈ [ [1, k] ] , on a
p_i > 0 et que
p_1, p_2, …, p_k sont les proportions d'individus appartenant aux diverses catégories d'une population statistique scindée en
k catégories distinctes. Pour modéliser une suite illimitée de tirages équiprobables avec remise effectués dans cette population, on utilise des variables aléatoires
X_i^((n)) définies par:
On suppose que les vecteurs aléatoires
(X_1^((n)), X_2^((n)), …, X_k^((n)))(n ∈ ℕ^∗) suivent chacun la loi
B_k(p) (partie I) et sont mutuellement indépendants. Cette indépendance mutuelle signifie que pour tout entier
n ⩾ 2 et pour toutes fonctions
φ_1, φ_2, …, φ_n définies sur
ℝ^k à valeurs réelles, les variables aléatoires
φ_1(X_1^((1)), X_2^((1)), …, X_k^((1))) ,
φ_2(X_1^((2)), X_2^((2)), …, X_k^((2))), …, φ_n(X_1^((n)), X_2^((n)), …, X_k^((n))) sont indépendantes.
Pour toutn ∈ ℕ^∗ , on note
X^((n)) la matrice-colonne de
M_(k, 1)(ℝ) de composantes
X_1^((n)), X_2^((n)), …, X_k^((n)) et
S^((n)) la matrice-colonne de
M_(k, 1)(ℝ) de composantes
S_1^((n)), S_2^((n)), …, S_k^((n)) , où pour tout
i ∈ [ [1, k] ] , on a
S_1^((n)) = ∑_(j = 1)^n X_i^((j)) .
4.a) Préciser l'ensembleN_n des matrices-colonnes
s de
M_(k, 1)(ℝ) pour lesquelles on a
P([S^((n)) = s]) > 0 .
b) Déterminer les lois respectives des deux variables aléatoiresS_1^((n)) et
S_1^((n)) + S_2^((n)) . Sont-elles indépendantes?
c) Montrer queV(S^((n))) = nV(X^((1))) .
5. SoitH un élément de
A vérifiant
0 < P(H) < 1, H¯ l'événement contraire de
H et
W une variable aléatoire discrète admettant une variance.
a) Justifier l'existence deE(W^2|H) , espérance de
W^2 pour la probabilité conditionnelle
P_H .
b) On pose :V(W|H) = E(W^2|H) − (E(W|H))^2 (variance de
W pour la probabilité conditionnelle
P_H ). En utilisant le système complet d'événements
(H, H¯) et la formule de l'espérance totale pour
W et
W^2 , établir l'inégalité :
V(W) ⩾ P(H)V(W|H) .
6. Pour touti ∈ [ [1, k] ] , on note
T_i le temps d'attente du premier tirage d'un individu de la
i -ème catégorie et on note
T la matrice-colonne de
M_(k, 1)(ℝ) de composantes
T_1, T_2, …, T_k .
a) Soiti ∈ [ [1, k] ] . Justifier que la probabilité que
T_i soit infini est nulle. Quelle est la loi de
T_i ?
b) On pose :H_k = ⋂_(i = 1)^(k − 1)[T_i = i] . Calculer
P(H_k) . Préciser la loi conditionnelle de
T_k − (k − 1) sachant
H_k . En déduire
E(T_k|H_k) et
V(T_k|H_k) .
c) En exploitant le résultat de la question 5.b), établir pour tout vecteurv = (v_1, v_2, …, v_k) de
ℝ^k , l'inégalité:
Pour tout
4.a) Préciser l'ensemble
b) Déterminer les lois respectives des deux variables aléatoires
c) Montrer que
5. Soit
a) Justifier l'existence de
b) On pose :
6. Pour tout
a) Soit
b) On pose :
c) En exploitant le résultat de la question 5.b), établir pour tout vecteur
d) Montrer plus généralement que pour tout
j ∈ [ [1, k] ] , on a :
V(∑_(i = 1)^k v_i T_i) ⩾ (v_j^2(1 − p_j))/(p_j^2) × ∏_(i ∈ [1, k]; i ≠ j)p_i .
Partie III. Support et rang stochastiques d'un vecteur aléatoire
Dans toute cette partie,
(Y_1, Y_2, …, Y_k) désigne un vecteur aléatoire discret, à valeurs dans
ℝ^k , dont chaque composante admet une espérance et une variance. On rappelle que
Y est la matrice-colonne de
M_(k, 1)(ℝ) de composantes
Y_1, Y_2, …, Y_k .
7. On appelle support vectoriel deY , tout sous-espace vectoriel
F de
M_(k, 1)(ℝ) tel que
P([Y − E(Y) ∈ F]) = 1 . On note
S(Y) l'ensemble des supports vectoriels de
Y .
a) Justifier l'existence d'un plus petit élément de l'ensemble des dimensions des éléments deS(Y) . Ce plus petit élément est appelé le rang stochastique de
Y et noté
R_s(Y) .
b) Dans quels cas le rang stochastiqueR_s(Y) est-il nul?
c) Montrer que l'intersection de deux supports vectorielsF_1 et
F_2 de
Y est un support vectoriel de
Y .
d) En déduire l'existence d'un unique élémentF de
S(Y) tel que la dimension de
F soit égale à
R_s(Y) . L'espace vectoriel
F est appelé le support stochastique de
Y .
8. Soitu une matrice-colonne de
M_(k, 1)(ℝ) de composantes
u_1, u_2, …, u_k .
a) Montrer que la variable aléatoire∑_(i = 1)^k u_i Y_i admet une variance, égale à
tV(Y)u .
b) Établir l'existence d'un unique vecteur (λ_1, λ_2, …, λ_k ) de
ℝ^k tel que
V(Y) soit semblable à la matrice
Diag(λ) et pour lequel
λ_1 ⩾ λ_2 ⩾ … ⩾ λ_k ⩾ 0 (on note
Diag(λ) la matrice diagonale de
M_k(ℝ) de coefficients diagonaux
λ_1, λ_2, …, λ_k ).
c) On pose:‖Y − E(Y)‖^2 = ∑_(i = 1)^k(Y_i − E(Y_i))^2 . Montrer que
E(‖Y − E(Y)‖^2) = ∑_(i = 1)^k λ_i .
9. Soitq ∈ [ [1, k] ], F un sous-espace vectoriel de
M_(k, 1)(ℝ) de dimension
q et
(f^((1)), f^((2)), …, f^((q))) une base orthonormale de
F .
a) Soitω ∈ Ω . Justifier l'existence de
Q_F(ω) = Inf{‖Y(ω) − E(Y) − x‖^2; x ∈ F} et montrer que:
7. On appelle support vectoriel de
a) Justifier l'existence d'un plus petit élément de l'ensemble des dimensions des éléments de
b) Dans quels cas le rang stochastique
c) Montrer que l'intersection de deux supports vectoriels
d) En déduire l'existence d'un unique élément
8. Soit
a) Montrer que la variable aléatoire
b) Établir l'existence d'un unique vecteur (
c) On pose:
9. Soit
a) Soit
b) À l'aide de la question 8 , établir l'égalité :
E(Q_F) = ∑_(i = 1)^k λ_i − ∑_(j = 1)^q^t f^((j))V(Y)f^((j)) .
c) Que devient l'égalité précédente lorsqueF = M_(k, 1)(ℝ) ?
10.a) Montrer que pour toute matrice-colonnef de
M_(k, 1)(ℝ) vérifiant
‖f‖ = 1 , on a :
^t fV(Y)f ⩽ λ_1 .
b) En déduire la borne inférieure deE(Q_F) lorsque
F décrit l'ensemble des droites vectorielles de
M_(k, 1)(ℝ) .
c) Dans cette question, on suppose que(Y_1, Y_2, …, Y_k) suit la loi
B_k(p) , où pour tout
i ∈ [ [1, k] ] , on a
p_i = 1/k .
c) Que devient l'égalité précédente lorsque
10.a) Montrer que pour toute matrice-colonne
b) En déduire la borne inférieure de
c) Dans cette question, on suppose que
Calculer les valeurs propres de
V(Y) et la borne inférieure de
E(Q_F) pour l'ensemble des droites vectorielles
F de
M_(k, 1)(ℝ) , puis préciser pour quelle(s) droite(s) cette borne est atteinte.
11. On suppose que le rangr de
V(Y) est non nul. On note
F_0 la somme des sous-espaces propres associés aux valeurs propres non nulles de
V(Y) et
F un sous-espace vectoriel de
M_(k, 1)(ℝ) tel que
F ⊂ F_0 et
F ≠ F_0 .
a) CalculerE(Q_(F_0)) et en déduire que
F_0 est un support vectoriel de
Y .
b) Justifier l'existence d'un vecteurf^((r)) de
F_0 , orthogonal à
F et de norme 1 .
c) Montrer quef^((r))V(Y)f^((r)) > 0 et en déduire que
E(Q_F) ≠ 0 .
d) Montrer que le rang stochastiqueR_s(Y) de
Y est égal à
r .
12. Dans cette question, on reprend les définitions et notations de la question 6.
a) À l'aide de la question 6.d), montrer que le rang stochastiqueR_s(T) de
T est égal à
k .
b) Montrer que pour touti ∈ ℕ^∗ , on a :
E(T_1 T_2|[T_1 = i] ∩ [T_2 > i]) = i(i + 1/(p_2)) .
c) Établir la relation :E(T_1 T_2) = 1/(p_1 p_2) − 1/(p_1 + p_2) .
d) On noteΠ = (π_(i, j))_(1 ⩽ i, j ⩽ k) la matrice de
M_k(ℝ) définie par ;
π_(i, j) = {(1 − p_i)/(p_i^2), si i = j; − 1/(p_i + p_j), si i ≠ j .
11. On suppose que le rang
a) Calculer
b) Justifier l'existence d'un vecteur
c) Montrer que
d) Montrer que le rang stochastique
12. Dans cette question, on reprend les définitions et notations de la question 6.
a) À l'aide de la question 6.d), montrer que le rang stochastique
b) Montrer que pour tout
c) Établir la relation :
d) On note
Montrer que la matrice
Π est inversible.
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