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BCE Maths approfondies HEC ECS 2007Sujet et corrigé

Epreuve de maths approfondies - ECS 2007

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Annale de maths approfondies BCE HEC pour la filiere ECS, session 2007.

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BANQUE COMMUNE D'EPREUVES

CODE SUJET :
280
HEC_M1_S

Concepteur : H.E.C.

OPTION : SCIENTITIQUE

MATHEMATIQUES I

Mercredi 2 Mai 2007, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Pour tout entier n supérieur ou égal à 2 , on note M_n(ℝ) l'espace vectoriel des matrices carrées d'ordre n à coefficients réels, I la matrice identité, et M_(n, 1)(ℝ) l'espace vectoriel des matrices à n lignes et 1 colonne. On confond M_(n, 1)(ℝ) et ℝ^n.

Préliminaire

Soit E un espace vectoriel réel. On appelle norme sur E, toute application ν de E dans ℝ^+vérifiant :
i) ν(x) = 0 si et seulement si x = 0;
ii) pour tout λ réel, pour tout x de E : ν(λx) = |λ|ν(x);
iii) pour tout couple (x, y) de E^2 : ν(x + y) ⩽ ν(x) + ν(y).
Montrer que l'application ‖‖_∞ de ℝ^n à valeurs dans ℝ^+définie par : pour tout vecteur X = (x_1; ⋮; x_n) de ℝ^n, ‖X‖_∞ = max_(1 ⩽ i ⩽ n)|x_i|, est une norme sur ℝ^n.

Partie I

A. Une norme sur M_n(ℝ)
  1. Montrer que l'application qui, à toute matrice A = (a_(i, j)) de M_n(ℝ), associe le réel max_(1 ⩽ i ⩽ n)(∑_(j = 1)^n|a_(i, j)|), définit une norme sur M_n(ℝ). La norme de A sera notée ‖A‖.
  2. a) Établir pour tout X de ℝ^n, l'inégalité : ‖AX‖_∞ ⩽ ‖A‖ × ‖X‖_∞.
    b) Montrer qu'il existe un vecteur X_0 de ℝ^n, non nul, tel que ‖AX_0‖_∞ = ‖A‖ × ‖X_0‖_∞.
En déduire que ‖A‖ = sup_(X ∈ ℝ^n, X ≠ 0)(‖AX‖_∞)/(‖X‖_∞).
c) Établir alors que pour tout couple (A, B) de (M_n(ℝ))^2, on a ‖AB‖ ⩽ ‖A‖ × ‖B‖.
On dit qu'une suite (A_m)_(m ⩾ 0) de matrices de M_n(ℝ) converge vers une matrice A de M_n(ℝ), si lim_(m → + ∞)‖A_m − A‖ = 0. On pose A_m = (a_(i, j)(m))_(1 ⩽ i, j ⩽ n) et A = (a_(i, j))_(1 ⩽ i, j ⩽ n).
3. a) Montrer que (A_m)_(m ⩾ 0) converge vers A si et seulement si pour tout (i, j) de [ [1, n] ]^2 : lim_(m → + ∞)a_(i, j)(m) = a_(i, j).
b) Montrer que si (A_m)_(m ⩾ 0) converge vers A et (B_m)_(m ⩾ 0) converge vers B, alors (A_m B_m)_(m ⩾ 0) converge vers AB.
4. Soit A un élément de M_n(ℝ) tel que ‖A‖ < 1.
a) Déterminer lim_(m → + ∞)A^m.
b) Montrer que si λ est une valeur propre réelle de A, alors |λ| < 1. En déduire que les matrices I − A et I + A sont inversibles.
c) Montrer que la suite (∑_(k = 0)^m A^k)_m converge, et exprimer sa limite en fonction de la matrice A.
Soit (A_m)_(m ⩾ 0) une suite de matrices de M_n(ℝ). On dit que la série de terme général A_m (qu'on notera ∑_(m ⩾ 0)A_m) converge, si la suite (∑_(m = 0)^p A_m)_p converge. Dans ce cas, sa limite est notée ∑_(m = 0)^(+ ∞)A_m.
5. On considère dans cette question, une matrice non nulle N de M_n(ℝ) qui vérifie la propriété suivante : il existe un entier p supérieur ou égal à 2 tel que N^p = 0 et N^(p − 1) ≠ 0.
a) Montrer que la série ∑_(k ⩾ 0)1/(k!)N^k converge. On note M = ∑_(k = 0)^(+ ∞)1/(k!)N^k.
b) Montrer que {X ∈ ℝ^n/(M − I)X = 0} = {X ∈ ℝ^n/NX = 0}.
6. a) Soit D une matrice diagonale de M_n(ℝ). Montrer que la série ∑_(k ⩾ 0)1/(k!)D^k converge.
b) Soit A une matrice de M_n(ℝ) diagonalisable, D une matrice diagonale et P une matrice inversible telles que A = PDP^(− 1). Montrer que la série ∑_(k ⩾ 0)1/(k!)A^k converge, et exprimer sa somme ∑_(k = 0)^(+ ∞)1/(k!)A^k en fonction de P et ∑_(k = 0)^(+ ∞)1/(k!)D^k.
On admet jusqu'à la fin du problème que pour toute matrice A de M_n(ℝ), la série ∑_(k ⩾ 0)1/(k!)A^k converge, et on note : exp(A) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)1/(k!)A^k.
7. Soit A un élément de M_n(ℝ). On pose, pour tout m de ℕ^∗ : A_m = (I + 1/mA)^m.
a) Établir l'inégalité :
‖∑_(k = 0)^m 1/(k!)A^k − A_m‖ ⩽ ∑_(k = 0)^m(1 − (m(m − 1)⋯(m − k + 1))/(m^k))(‖A‖^k)/(k!)
b) En déduire que la suite (A_m)_m converge vers exp(A).

B. Propriétés de l'exponentielle de matrice

On admet que si A et B sont éléments de M_n(ℝ) tels que AB = BA, alors, exp(A + B) = exp(A)exp(B).
  1. Montrer que pour toute matrice A de M_n(ℝ), la matrice exp(A) est inversible et déterminer son inverse.
  2. a) Soit A une matrice de M_n(ℝ). Montrer qu'il existe une matrice S_A telle que exp(A) − I = A(I + S_A).
    b) Étudier la fonction définie sur ℝ^+par : x ⟼ e^x − 1 − 2x.
    c) En déduire que si ‖A‖ < 1, alors ‖S_A‖ < 1.
    d) On suppose que ‖A‖ < 1 et que exp(A) = I. Montrer que A est la matrice nulle.
  3. On note S_n l'espace vectoriel des matrices symétriques réelles d'ordre n, et S_n^(+ +)l'ensemble des matrices symétriques réelles d'ordre n dont les valeurs propres sont strictement positives.
    a) Montrer que si A est un élément de S_n, alors exp(A) est un élément de S_n^(+ +).
    b) Montrer que l'application exp restreinte à S_n est une surjection de S_n sur S_n^(+ +).
  4. Soit A et B deux matrices de S_n telles que exp(A) = exp(B). On note u (resp. v) l'endomorphisme de ℝ^n canoniquement associé à A (resp. B ), et exp(u) (resp. exp(v) ) l'endomorphisme de ℝ^n canoniquement associé à exp(A) (resp. exp(B) ).
    a) Montrer que A et B ont les mêmes valeurs propres.
    b) Montrer que A × exp(B) = exp(B) × A.
    c) Soit F un sous-espace propre de v.
    i) Montrer que F est également un sous-espace propre de exp(v).
    ii) Montrer que la restriction de u à F induit un endomorphisme de F diagonalisable.
    d) En se plaçant dans une base de diagonalisation de v, montrer alors que u et v ont les mêmes vecteurs propres. En déduire que A = B.

Partie II

  1. On considère ℝ^n muni de sa base canonique B = (e_1, e_2, …, e_n).
Soit f l'endomorphisme de ℝ^n défini par f(e_1) = 0, et pour tout i de [ [2, n] ], f(e_i) = e_(i − 1).
On note N la matrice associée à f relativement à la base B. Déterminer, pour tout k de ℕ, la matrice N^k.
2. Soit p un réel de ]0, 1[. On définit les matrices R_p et Q_p par : R_p = (1 − p)I + pN = I + Q_p.
a) Établir l'égalité : exp(Q_p) = ∑_(j = 0)^(n − 1)e^(− p)(p^j)/(j!)N^j.
b) Calculer ‖R_p‖ et ‖Q_p‖. Montrer que ‖exp(Q_p)‖ ⩽ 1.
3. a) Soit m un entier supérieur ou égal à 1 , et p_1, p_2, …, p_m des réels de l'intervalle ]0, 1[. On pose pour tout i de [ [1, m] ], R_i = R_(p_i) et Q_i = Q_(p_i). Montrer les égalités suivantes :
∏_(k = 1)^m exp(Q_k) = exp(∑_(k = 1)^m Q_k) = exp([ − ∑_(k = 1)^m p_k](I − N))
b) Établir la relation suivante :
∏_(k = 1)^m R_k − ∏_(k = 1)^m exp(Q_k) = [R_1 − exp(Q_1)](R_2 × ⋯ × R_m) − exp(Q_1)[exp(Q_2) × ⋯ × exp(Q_m) − R_2 × ⋯ × R_m]
c) En déduire la majoration suivante : ‖∏_(k = 1)^m R_k − ∏_(k = 1)^m exp(Q_k)‖ ⩽ ∑_(k = 1)^m‖R_k − exp(Q_k)‖.
4. a) Montrer l'égalité : ‖exp(Q_1) − R_1‖ = |e^(− p_1) − 1 + p_1| + p_1|e^(− p_1) − 1| + e^(− p_1)∑_(k = 2)^(n − 1)(p_1^k)/(k!).
b) En déduire successivement les deux inégalités :
‖exp(Q_1) − R_1‖‖ ⩽ 2p_1^2 et ‖∏_(k = 1)^m R_k − ∏_(k = 1)^m exp(Q_k)‖ ⩽ 2∑_(k = 1)^m p_k^2

Partie III.

Les notations sont celles de la partie II.
On considère m pièces de monnaie (1 ⩽ m < n), telles que pour tout i de [ [1, m] ], la i-ième pièce donne Pile avec la probabilité p_i, et Face avec la probabilité 1 − p_i. On pose λ = ∑_(i = 1)^m p_i.
Un joueur lance successivement la première pièce, la deuxième pièce, etc. jusqu'à la m-ième pièce, cette expérience étant modélisée par un espace probabilisé (Ω, A, P). Pour tout k de [ [1, m] ], on note S_k la variable aléatoire égale au nombre de Pile obtenus à l'issue des k premiers lancers.
  1. a) Montrer que pour tout k de [ [1, m] ], les k + 1 premiers éléments de la première ligne du produit matriciel R_1 × R_2 × ⋯ × R_k représentent la loi de S_k.
    b) Montrer la relation suivante : ‖∏_(i = 1)^m R_i − ∏_(i = 1)^m exp(Q_i)‖ = ∑_(k = 0)^(n − 1)|P([S_m = k]) − e^(− λ)(λ^k)/(k!)|.
    c) En déduire l'inégalité suivante : ∑_(k = 0)^(+ ∞)|P([S_m = k]) − e^(− λ)(λ^k)/(k!)| ⩽ 2∑_(i = 1)^m p_i^2.
  2. Dans un programme Pascal sont faites les déclarations suivantes :
const m =...;
Type tab = array[1..m] of real;
Var prob : tab;
On suppose que prob contient les probabilités p_1, p_2, …, p_m (ainsi prob[1] contient p_1 etc.)
Écrire une fonction Pascal dont l'en-tête est Sm(prob : tab) : integer qui simule la variable aléatoire S_m.

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