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Corrigé détaillé Centrale Physique 1 PC 2024 (page 2/3 : Partie A (questions 18 à 27) et partie B (questions 28 à 34))

À propos de l'environnement marin

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Partie A : L'énergie thermique des mers (suite)

II · Centrale ETM en cycle fermé

Question 18

Exprimer, en fonction des températures, , la puissance reçue par l'eau chaude au niveau de l'évaporateur (cf. figure 2).

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Calculer la puissance thermique cédée par l'eau chaude en fonction de son débit massique, de sa capacité thermique et de la variation de température subie.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe industriel établi à la question Q16 à l'eau chaude traversant l'évaporateur en régime permanent.
  2. Utiliser le modèle du liquide incompressible pour exprimer la variation d'enthalpie massique de l'eau en fonction de ses températures d'entrée et de sortie.
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L'eau chaude traverse l'évaporateur en régime stationnaire entre l'entrée (point 5, à la température T_5) et la sortie (point 6, à la température T_6). Ce système ouvert ne comporte aucune pièce mobile (\mathcal{P}_\mathrm{u} = 0), et les variations d'énergies cinétique et potentielle sont négligées.

D'après le premier principe industriel (établi en Q16), le bilan enthalpique pour l'écoulement d'eau chaude de débit massique \dot{m}_e s'écrit :

\mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{ec}} = \dot{m}_e \left(h_6 - h_5\right)

L'eau étant modélisée comme une phase condensée incompressible et indilatable de capacité thermique massique c_e, sa variation d'enthalpie s'exprime directement selon :

h_6 - h_5 = c_e (T_6 - T_5)

On en déduit l'expression de la puissance thermique reçue par l'eau chaude :

\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{ec}} = \dot{m}_e c_e (T_6 - T_5)}

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Question 19

En déduire l'expression et la valeur numérique de .

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Écrire le couplage thermique global à l'évaporateur adiabatique en posant \mathcal{P}_{\mathrm{th,ec}} + \mathcal{P}_{\mathrm{th,E,R}} = 0.

Voir la stratégie
  1. Écrire le bilan énergétique global de l'échangeur thermique (l'évaporateur) en régime permanent, le système étant calorifugé vis-à-vis du milieu extérieur.
  2. En déduire l'expression littérale du débit massique d'eau chaude \dot{m}_\mathrm{e} en fonction de \dot{m}_1, h_1, h_2, c_\mathrm{e}, T_5 et T_6.
  3. Réaliser l'application numérique avec les grandeurs fournies par l'énoncé.
Voir le corrigé complet

L'évaporateur est un échangeur à double flux supposé adiabatique vis-à-vis de l'extérieur. En régime stationnaire, la somme des puissances thermiques reçues par les deux fluides traversant l'appareil est nulle :

\mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E}} + \mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{ec}} = 0

En utilisant les expressions obtenues aux questions Q17 et Q18 :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E}} &= \dot{m}_1 (h_2 - h_1) \\ \mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{ec}} &= \dot{m}_\mathrm{e} c_\mathrm{e} (T_6 - T_5) \end{aligned}

On obtient :

\dot{m}_1 (h_2 - h_1) + \dot{m}_\mathrm{e} c_\mathrm{e} (T_6 - T_5) = 0

Soit, en explicitant le débit massique \dot{m}_\mathrm{e} :

\boxed{\dot{m}_\mathrm{e} = \frac{\dot{m}_1 (h_2 - h_1)}{c_\mathrm{e} (T_5 - T_6)} = \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E}}}{c_\mathrm{e} (T_5 - T_6)}}

Application numérique :

  • \mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E}} = 4{,}9 \times 10^5\text{ W} (d'après Q17, avec h_2 - h_1 = 1\,225\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et \dot{m}_1 = 0{,}40\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1})
  • c_\mathrm{e} = 4{,}0 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}
  • T_5 - T_6 = 26 - 24{,}5 = 1{,}5\,^{\circ}\text{C} = 1{,}5\text{ K}
\dot{m}_\mathrm{e} = \frac{4{,}9 \times 10^5}{4{,}0 \times 10^3 \times 1{,}5} \approx 81{,}7\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}

Avec deux chiffres significatifs :

\boxed{\dot{m}_\mathrm{e} \approx 82\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}}

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Question 20

Justifier que l'évolution de l'ammoniac traversant la vanne WV2 est isenthalpique.

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Appliquer le premier principe en système ouvert à la vanne de détente adiabatique sans travail utile échangé.

Voir la stratégie

Appliquer le premier principe de la thermodynamique pour un système ouvert en régime stationnaire (établi à la question Q16) au fluide traversant la vanne de laminage WV2 entre les points 2 et 2'.

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Appliquons le premier principe industriel à l'ammoniac en écoulement stationnaire à travers la vanne WV2 entre l'état d'entrée 2 et l'état de sortie 2' :

\dot{m}_1 \left(h_{2'} - h_2\right) = \mathcal{P}_u + \mathcal{P}_{\text{th}}
  • La vanne est un composant statique ne comportant aucune pièce mobile recevant ou fournissant du travail mécanique utile au fluide, d'où :

    \mathcal{P}_u = 0
  • La traversée de la vanne est très rapide et la surface de contact avec le milieu extérieur est minime : les transferts thermiques sont tout à fait négligeables devant les flux convectifs d'enthalpie, soit une transformation adiabatique :

    \mathcal{P}_{\text{th}} = 0
  • De plus, conformément aux hypothèses générales de l'énoncé, les variations d'énergie cinétique et d'énergie potentielle sont négligées.

Le bilan d'énergie conduit donc immédiatement à :

\dot{m}_1 \left(h_{2'} - h_2\right) = 0

Le débit massique \dot{m}_1 étant non nul, on en déduit :

\boxed{h_{2'} = h_2}

La détente du fluide au travers de la vanne WV2 est donc bien isenthalpique (détente de Joule-Thomson).

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Question 21

Au niveau du surchauffeur, situé entre les points 2' et 3, donner une relation entre , et . Calculer .

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Écrire la conservation de la masse au nœud de mélange entre la vapeur détendue et le liquide de désurchauffe injecté.

Voir la stratégie
  1. Identifier les flux massiques entrant et sortant du mélangeur (désurchauffeur) à l'aide de la figure 3(a).
  2. Appliquer le principe de conservation de la masse en régime stationnaire.
  3. Effectuer l'application numérique avec les valeurs de \dot{m}_1 et \dot{m}_2 fournies par l'énoncé.
Voir le corrigé complet

Le fluide de travail traverse l'évaporateur et la vanne de détente avec le débit massique \dot{m}_1. Au niveau de la zone de mélange (désurchauffe) entre les points 2' et 3, une masse d'ammoniac liquide froid y est injectée avec un débit \dot{m}_2.

En régime permanent, la conservation du débit massique pour ce système ouvert à deux entrées et une sortie s'écrit :

\boxed{\dot{m}_3 = \dot{m}_1 + \dot{m}_2}

Application numérique : D'après les données de l'énoncé :

  • \dot{m}_1 = 4{,}0 \times 10^{-1}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • \dot{m}_2 = 5{,}0 \times 10^{-2}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} = 0{,}050\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}.

On obtient :

\begin{aligned} \dot{m}_3 &= 0{,}40 + 0{,}050 = 0{,}45\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\dot{m}_3 = 4{,}5 \times 10^{-1}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} = 0{,}45\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 22

Exprimer et calculer et , puissances reçues par l'ammoniac au niveau du condenseur lors des cycles respectivement réel et virtuel, puis commenter leur signe.

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Appliquer le premier principe industriel au condenseur pour chacun des deux débits massiques d'ammoniac associés aux cycles réel et virtuel.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe industriel établi à la question Q16 à l'ammoniac traversant le condenseur (échangeur thermique sans parties mobiles, donc sans travail utile).
  2. Identifier les débits massiques respectifs : \dot{m}_3 dans le cas réel et \dot{m}_1 dans le cycle virtuel.
  3. Réaliser les applications numériques avec les enthalpies déterminées précédemment et commenter le signe obtenu.
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Le condenseur est un échangeur de chaleur fixe, dépourvu de pièces mobiles, traversé par l'ammoniac entre les points 3 (entrée) et 4 (sortie). La puissance utile reçue par l'ammoniac y est donc nulle (\mathcal{P}_{\mathrm{u}} = 0).

D'après le premier principe industriel (question Q16), la puissance thermique reçue par l'ammoniac s'écrit de manière générale :

\mathcal{P}_{\mathrm{C}} = D_{\mathrm{m}} (h_4 - h_3)

1. Cycle réel : Le débit massique traversant le condenseur est \dot{m}_3 = \dot{m}_1 + \dot{m}_2 = 0{,}45\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} (établi à la question Q21). L'expression de la puissance thermique reçue est :

\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{C},\mathrm{R}} = \dot{m}_3 (h_4 - h_3)}

Avec h_4 \approx 230\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et h_3 \approx 1\,425\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\mathrm{C},\mathrm{R}} &= 0{,}45 \times (230 - 1\,425) \\ &= 0{,}45 \times (-1\,195) \\ &= -538\text{ kW} \approx -5{,}4 \times 10^2\text{ kW} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{C},\mathrm{R}} \approx -5{,}4 \times 10^2\text{ kW}}

2. Cycle virtuel : Dans le cycle virtuel (figure 3(b)), il n'y a pas de boucle de dérivation : l'intégralité du fluide circule en boucle fermée avec le débit massique \dot{m}_1 = 0{,}40\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}. L'expression de la puissance thermique reçue est :

\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{C},\mathrm{V}} = \dot{m}_1 (h_4 - h_3)}

Application numérique :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\mathrm{C},\mathrm{V}} &= 0{,}40 \times (230 - 1\,425) \\ &= 0{,}40 \times (-1\,195) \\ &= -478\text{ kW} \approx -4{,}8 \times 10^2\text{ kW} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{C},\mathrm{V}} \approx -4{,}8 \times 10^2\text{ kW}}

3. Commentaire du signe : Les puissances \mathcal{P}_{\mathrm{C},\mathrm{R}} et \mathcal{P}_{\mathrm{C},\mathrm{V}} sont négatives. En convention récepteur pour l'ammoniac, cela traduit le fait que le fluide cède de la chaleur au milieu extérieur (l'eau de mer froide). Cela correspond bien au comportement attendu pour un fluide qui subit une condensation au contact de la source froide d'un moteur thermique.

Résultat

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Question 23

Exprimer dans le cas réel , la puissance reçue par l'eau froide au niveau du condenseur, puis en déduire la valeur de .

Voir l'indice

Effectuer le bilan thermique entre le fluide de travail et l'eau froide au condenseur adiabatique pour isoler la température de sortie T_8.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe industriel à l'eau froide traversant le condenseur pour exprimer la puissance thermique reçue \mathcal{P}_\mathrm{ef}.
  2. Effectuer le bilan thermique global de l'échangeur (adiabatique envers le milieu extérieur) pour relier \mathcal{P}_\mathrm{ef} à la puissance cédée par l'ammoniac \mathcal{P}_{\mathrm{C},\mathrm{R}}.
  3. En déduire l'élévation de température de l'eau froide et la température de sortie T_8.
Voir le corrigé complet

L'eau froide traverse le condenseur en régime stationnaire, sans échange de travail utile (\mathcal{P}_\mathrm{u} = 0) et avec des variations d'énergies cinétique et potentielle négligeables. D'après le premier principe industriel (question Q16), la puissance thermique reçue par l'eau froide s'écrit :

\mathcal{P}_\mathrm{ef} = \dot{m}_\mathrm{e} \left(h_\mathrm{s,ef} - h_\mathrm{e,ef}\right)

L'eau étant assimilée à un liquide incompressible de capacité thermique massique c_\mathrm{e} constante :

h_\mathrm{s,ef} - h_\mathrm{e,ef} = c_\mathrm{e} (T_8 - T_7)

On obtient ainsi :

\boxed{\mathcal{P}_\mathrm{ef} = \dot{m}_\mathrm{e} c_\mathrm{e} (T_8 - T_7)}

Le condenseur étant adiabatique vis-à-vis du milieu extérieur, l'intégralité de la puissance thermique cédée par l'ammoniac au cours de son évolution réelle est absorbée par le circuit d'eau froide :

\mathcal{P}_\mathrm{ef} + \mathcal{P}_{\mathrm{C},\mathrm{R}} = 0 \implies \mathcal{P}_\mathrm{ef} = -\mathcal{P}_{\mathrm{C},\mathrm{R}} = \dot{m}_3 (h_3 - h_4)

Application numérique :

\mathcal{P}_\mathrm{ef} = 0{,}45 \times (1\,425 - 230) \times 10^3 \approx 5{,}38 \times 10^5\text{ W} = 538\text{ kW}

On en déduit l'expression de la température de sortie T_8 :

T_8 = T_7 + \frac{\mathcal{P}_\mathrm{ef}}{\dot{m}_\mathrm{e} c_\mathrm{e}} = T_7 + \frac{\dot{m}_3 (h_3 - h_4)}{\dot{m}_\mathrm{e} c_\mathrm{e}}

En utilisant l'expression de \dot{m}_\mathrm{e} obtenue à la question Q19, on peut également écrire :

T_8 = T_7 + (T_5 - T_6)\,\frac{\dot{m}_3 (h_3 - h_4)}{\dot{m}_1 (h_2 - h_1)}

Application numérique :

\begin{aligned} T_8 - T_7 &= 1{,}5 \times \frac{0{,}45 \times (1\,425 - 230)}{0{,}40 \times (1\,465 - 240)} = 1{,}5 \times \frac{538}{490} \approx 1{,}65\,^{\circ}\mathrm{C} \\ T_8 &= 5 + 1{,}65 \approx 6{,}7\,^{\circ}\mathrm{C} \end{aligned}
\boxed{T_8 \approx 6{,}7\,^{\circ}\mathrm{C}}

Résultat

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Question 24

Exprimer et calculer , puissance utile reçue par l'ammoniac dans la turbine T entre les points 2 et 3 du cycle virtuel. Commenter son signe.

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Appliquer le premier principe industriel au fluide traversant la turbine virtuelle détendu isentropiquement de 2 vers 3.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire (établi à la question Q16) à la turbine virtuelle parcourue par le débit massique \dot{m}_1.
  2. Utiliser le caractère adiabatique de la turbine (\mathcal{P}_{\mathrm{th}} = 0) pour relier la puissance utile aux enthalpies massiques des points 2 et 3.
  3. Effectuer l'application numérique avec les valeurs issues des questions précédentes et commenter le signe obtenu.
Voir le corrigé complet

Dans le cycle virtuel (figure 3(b)), le fluide de travail traverse la turbine entre l'état 2 (entrée) et l'état 3 (sortie) avec le débit massique \dot{m}_1.

La détente étant adiabatique (\mathcal{P}_{\mathrm{th}} = 0), le premier principe industriel s'écrit :

\dot{m}_1 (h_3 - h_2) = \mathcal{P}_{\mathrm{T},\mathrm{V}}

D'où l'expression littérale :

\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{T},\mathrm{V}} = \dot{m}_1 (h_3 - h_2)}

Avec les valeurs obtenues aux questions Q8 et Q11 :

  • \dot{m}_1 = 0{,}40\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • h_2 \approx 1\,465\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • h_3 \approx 1\,425\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

On obtient numériquement :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\mathrm{T},\mathrm{V}} &= 0{,}40 \times (1\,425 - 1\,465) \times 10^3 \\ &= 0{,}40 \times (-40) \times 10^3 \\ &= -16\text{ kW} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{T},\mathrm{V}} \approx -16\text{ kW}}

Commentaire sur le signe : En convention récepteur, \mathcal{P}_{\mathrm{T},\mathrm{V}} < 0 signifie que le fluide cède de la puissance mécanique aux parties mobiles de la turbine. La turbine est motrice et fournit effectivement un travail utile à l'extérieur (puissance mécanique récupérable).

Résultat

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Question 25

Exprimer et calculer et , puissances utiles reçues par l'ammoniac au niveau de la pompe lors des cycles respectivement réel et virtuel.

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Appliquer le premier principe industriel à la pompe d'alimentation isentropique pour évaluer le travail utile reçu par unité de temps.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe industriel établi à la question Q16 à la pompe \mathrm{P}_1 en régime stationnaire, en tenant compte de son caractère adiabatique (\mathcal{P}_{\text{th}} = 0).
  2. Identifier le débit massique traversant la pompe dans chaque cycle : dans le cycle virtuel, tout le fluide circule avec le débit \dot{m}_1 ; dans le cycle réel, la pompe \mathrm{P}_1 est située entre le condenseur (point 4) et la dérivation de désurchauffe, elle est donc traversée par le débit total \dot{m}_3 (on mentionnera également le cas où le piquage est supposé situé en amont de la pompe).
  3. Réaliser l'application numérique avec les valeurs d'enthalpie h_1 et h_4 issues du tableau du document réponse 5.
Voir le corrigé complet

D'après le premier principe industriel (question Q16) appliqué à la pompe \mathrm{P}_1 en écoulement stationnaire et en négligeant les variations d'énergies cinétique et potentielle :

D_{\mathrm{m}}(h_1 - h_4) = \mathcal{P}_{\mathrm{u}} + \mathcal{P}_{\text{th}}

La pompe étant adiabatique (\mathcal{P}_{\text{th}} = 0), la puissance utile reçue par l'ammoniac s'écrit :

\mathcal{P}_{\mathrm{P}_1} = D_{\mathrm{m}}(h_1 - h_4)

1. Cycle virtuel :
Dans le cycle virtuel (figure 3(b)), le circuit est constitué d'une unique boucle parcourue par le débit massique D_{\mathrm{m}} = \dot{m}_1 :

\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{P}_1,\mathrm{V}} = \dot{m}_1 (h_1 - h_4)}

Avec \dot{m}_1 = 0{,}40\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, h_1 = 240\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et h_4 \approx 230\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} (document réponse 5) :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\mathrm{P}_1,\mathrm{V}} &= 0{,}40 \times (240 - 230) = 4{,}0\text{ kW} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{P}_1,\mathrm{V}} = 4{,}0\text{ kW}}

2. Cycle réel :
Sur le schéma du cycle réel (figure 3(a)), la pompe \mathrm{P}_1 est placée directement à la sortie du condenseur (point 4), en amont de la dérivation vers le désurchauffeur. Elle véhicule donc le débit total issu du condenseur :

D_{\mathrm{m}} = \dot{m}_3 = \dot{m}_1 + \dot{m}_2 = 0{,}45\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}

L'expression de la puissance utile s'écrit alors :

\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{P}_1,\mathrm{R}} = \dot{m}_3 (h_1 - h_4)}

Numériquement :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\mathrm{P}_1,\mathrm{R}} &= 0{,}45 \times (240 - 230) = 4{,}5\text{ kW} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{P}_1,\mathrm{R}} = 4{,}5\text{ kW}}

Remarque : Si l'on considérait que le prélèvement du fluide de désurchauffe était effectué avant la pompe, celle-ci ne véhiculerait que \dot{m}_1, ce qui donnerait \mathcal{P}_{\mathrm{P}_1,\mathrm{R}} = \dot{m}_1(h_1 - h_4) = 4{,}0\text{ kW}.

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Question 26

Déduire de l'étude précédente le rendement du cycle virtuel.

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Définir le rendement thermique comme le rapport de la puissance nette produite (-\mathcal{P}_{\mathrm{T,V}} - \mathcal{P}_{\mathrm{P}_1,\mathrm{V}}) sur la puissance thermique consommée à l'évaporateur.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition thermodynamique du rendement d'un cycle moteur ditherme : rapport entre la puissance mécanique nette fournie à l'extérieur et la puissance thermique reçue au niveau de la source chaude (l'évaporateur).
  2. Exprimer ce rendement à l'aide des puissances calculées aux questions Q17, Q24 et Q25, ou directement à partir des enthalpies massiques du cycle virtuel.
  3. Réaliser l'application numérique et comparer au rendement théorique maximal de Carnot calculé à la question Q2.
Voir le corrigé complet

Le cycle virtuel décrit un moteur thermique fermé. La puissance utile nette fournie à l'extérieur par le fluide de travail correspond à la somme des puissances échangées au niveau des deux organes mécaniques (la turbine qui produit du travail et la pompe qui en consomme) :

\mathcal{P}_{\mathrm{u,net}} = \mathcal{P}_{\mathrm{T,V}} + \mathcal{P}_{\mathrm{P_1,V}}

En convention récepteur, la puissance mécanique effectivement disponible (utile au sens moteur) est -\mathcal{P}_{\mathrm{u,net}}. La dépense énergétique correspond à la puissance thermique reçue par le fluide à l'évaporateur, \mathcal{P}_{\mathrm{th,E,V}}.

Le rendement \eta_\mathrm{V} du cycle virtuel s'écrit donc :

\eta_\mathrm{V} = \frac{-\mathcal{P}_{\mathrm{u,net}}}{\mathcal{P}_{\mathrm{th,E,V}}} = \frac{-\mathcal{P}_{\mathrm{T,V}} - \mathcal{P}_{\mathrm{P_1,V}}}{\mathcal{P}_{\mathrm{th,E,V}}}

En remplaçant par les expressions en fonction des enthalpies massiques :

\eta_\mathrm{V} = \frac{\dot{m}_1(h_2 - h_3) - \dot{m}_1(h_1 - h_4)}{\dot{m}_1(h_2 - h_1)} = \frac{(h_2 - h_3) - (h_1 - h_4)}{h_2 - h_1}

Avec les valeurs obtenues aux questions précédentes :

  • \mathcal{P}_{\mathrm{T,V}} \approx -16\text{ kW} (d'après Q24) ;
  • \mathcal{P}_{\mathrm{P_1,V}} \approx +4{,}0\text{ kW} (d'après Q25) ;
  • \mathcal{P}_{\mathrm{th,E,V}} \approx 490\text{ kW} (d'après Q17).

On obtient :

\eta_\mathrm{V} = \frac{16 - 4{,}0}{490} = \frac{12}{490} \approx 2{,}45 \times 10^{-2}
\boxed{\eta_\mathrm{V} \approx 2{,}5\,\%}

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Question 27

Le rendement obtenu est surestimé. Proposer des justifications.

Voir l'indice

Penser aux irréversibilités réelles (détente et pompage non isentropiques), aux pertes de charge et à l'énergie de pompage des débits massiques d'eau de mer.

Voir la stratégie

Pour identifier les causes de surestimation du rendement thermodynamique calculé (\eta_{\mathrm{V}} \approx 2{,}5\,\%), il convient de recenser les hypothèses idéalisatrices adoptées lors de l'étude :

  1. Les irréversibilités intrinsèques aux organes du circuit d'ammoniac (détente et compression supposées isentropiques).
  2. Les pertes annexes (pertes de charge, transferts thermiques parasites vers l'extérieur, rendements électromécaniques).
  3. La dépense énergétique associée aux auxiliaires indispensables au fonctionnement d'une centrale ETM, en particulier le pompage de l'eau de mer.
Voir le corrigé complet

Le rendement réel de conversion est nettement inférieur au rendement calculé en Q26 pour plusieurs raisons physiques :

  • Irréversibilités internes des composants : la détente dans la turbine et la compression dans la pompe ont été modélisées comme isentropiques (réversibles). Dans une installation réelle, les frottements fluides et les dissipations visqueuses conduisent à des rendements isentropiques inférieurs à 1 (\eta_{\mathrm{is,T}} < 1 et \eta_{\mathrm{is,P}} < 1), ce qui diminue le travail recueilli à la turbine et accroît celui absorbé par la pompe.
  • Consommation des auxiliaires (pompage de l'eau de mer) : l'installation nécessite de déplacer d'énormes débits d'eau de mer (\dot{m}_{\mathrm{e}} \approx 82\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} à l'échelle du seul prototype) et d'extraire l'eau froide à près de 1\,000\text{ m} de profondeur (pertes de charge le long de conduites de plusieurs kilomètres). La puissance électrique nécessaire au fonctionnement des pompes de circulation d'eau réduit considérablement la puissance nette disponible.
  • Rendements électromécaniques : la conversion du travail mécanique de la turbine en électricité (alternateur) ainsi que l'entraînement de la pompe par un moteur électrique entraînent des pertes mécaniques (frottements) et électriques (effet Joule, pertes fer), avec des rendements globaux \eta_{\mathrm{m\acute{e}ca}} < 1 et \eta_{\mathrm{\acute{e}lec}} < 1.
  • Pertes de charge et transferts parasites : les écoulements dans les échangeurs et canalisations ont été supposés isobares et les tuyauteries parfaitement calorifugées. Les pertes de charge hydrauliques réelles (\Delta P \neq 0) et les fuites thermiques vers l'ambiant diminuent également l'efficacité globale du système.
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Partie B : Naissance et propagation de la houle

III · Mise en équation et linéarisation

Question 28

En tenant compte de l'incompressibilité des fluides, montrer que et .

Voir l'indice

Combiner la condition d'incompressibilité \operatorname{div}(\vec{v}) = 0 et le caractère irrotationnel \vec{v} = \vec{\operatorname{grad}}\,\varphi en exploitant la formule \operatorname{div}(\vec{\operatorname{grad}}\,\varphi) = \Delta \varphi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition cinématique d'incompressibilité pour un fluide homogène via l'équation de conservation de la masse : \mathrm{div}\,\vec{v} = 0.
  2. Utiliser l'expression des champs de vitesse en fonction des potentiels scalaires \varphi_1 et \varphi_2 ainsi que la formule d'analyse vectorielle fournie par l'énoncé, \mathrm{div}(\vec{\mathrm{grad}}\,\varphi) = \Delta \varphi.
Voir le corrigé complet

L'équation locale de conservation de la masse pour un écoulement s'écrit :

\frac{\partial \rho}{\partial t} + \mathrm{div}(\rho \vec{v}) = 0

Les fluides étant homogènes et incompressibles, leurs masses volumiques respectives \rho_1 et \rho_2 sont uniformes et constantes, ce qui conduit à la condition d'incompressibilité :

\mathrm{div}\,\vec{v}_1 = 0 \quad \text{et} \quad \mathrm{div}\,\vec{V}_2 = 0

Pour le fluide (1) (eau) : Le champ de vitesse dérive du potentiel \varphi_1 selon \vec{v}_1 = \vec{\mathrm{grad}}(\varphi_1). D'après le formulaire :

\mathrm{div}\,\vec{v}_1 = \mathrm{div}(\vec{\mathrm{grad}}\,\varphi_1) = \Delta \varphi_1

La condition d'incompressibilité impose immédiatement :

\boxed{\Delta \varphi_1 = 0}

Pour le fluide (2) (air) : Le champ des vitesses s'écrit \vec{V}_2 = \vec{\mathrm{grad}}(Ux + \varphi_2) = U\vec{u}_x + \vec{\mathrm{grad}}(\varphi_2). En prenant la divergence :

\begin{aligned} \mathrm{div}\,\vec{V}_2 &= \mathrm{div}(U\vec{u}_x) + \mathrm{div}(\vec{\mathrm{grad}}\,\varphi_2) \\ &= \frac{\partial U}{\partial x} + \Delta \varphi_2 \end{aligned}

La vitesse du vent non perturbé U étant constante et uniforme, \dfrac{\partial U}{\partial x} = 0, d'où :

\mathrm{div}\,\vec{V}_2 = \Delta \varphi_2 = 0

On obtient ainsi :

\boxed{\Delta \varphi_2 = 0}

Les potentiels des vitesses vérifient donc tous deux l'équation de Laplace (écoulements à potentiel laplacien).

Résultat

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Question 29

Montrer que la linéarisation de cette équation, en ne conservant que les termes en vitesse d'ordres inférieurs ou égaux à 1, conduit à l'égalité :

où est une fonction du temps.

Voir l'indice

Utiliser la formule vectorielle de Lamb pour l'accélération convective et négliger les termes d'ordre 2 en vitesse lors de l'intégration du gradient spatial.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'accélération particulaire \frac{\mathrm{D}\vec{v}_1}{\mathrm{D}t} en séparant la dérivée temporelle locale et le terme convectif.
  2. Linéariser au premier ordre en négligeant le terme convectif d'ordre 2.
  3. Exprimer tous les termes de l'équation d'Euler sous la forme d'un gradient spatial puis intégrer spatialement.
Voir le corrigé complet

L'accélération particulaire s'écrit :

\frac{\mathrm{D}\vec{v}_1}{\mathrm{D}t} = \frac{\partial \vec{v}_1}{\partial t} + (\vec{v}_1 \cdot \vec{\mathrm{grad}})\vec{v}_1

D'après l'énoncé, les composantes de \vec{v}_1 et leurs dérivées sont des infiniment petits du premier ordre. Le terme convectif (\vec{v}_1 \cdot \vec{\mathrm{grad}})\vec{v}_1 est donc du second ordre et est négligé dans le cadre de l'approximation linéaire :

\frac{\mathrm{D}\vec{v}_1}{\mathrm{D}t} \approx \frac{\partial \vec{v}_1}{\partial t}

Le fluide étant irrotationnel, \vec{v}_1 = \vec{\mathrm{grad}}(\varphi_1). En permutant les dérivées spatiale et temporelle, il vient :

\frac{\partial \vec{v}_1}{\partial t} = \frac{\partial}{\partial t}\big(\vec{\mathrm{grad}}(\varphi_1)\big) = \vec{\mathrm{grad}}\left(\frac{\partial \varphi_1}{\partial t}\right)

Par ailleurs, le champ de pesanteur s'écrit \vec{g} = -g\,\vec{u}_z = -\vec{\mathrm{grad}}(gz), et la masse volumique \rho_1 est constante (fluide homogène et incompressible). L'équation d'Euler projetée au premier ordre devient :

\rho_1 \vec{\mathrm{grad}}\left(\frac{\partial \varphi_1}{\partial t}\right) = -\vec{\mathrm{grad}}(p_1) - \rho_1 \vec{\mathrm{grad}}(gz)

En divisant par \rho_1 et en regroupant l'ensemble sous l'opérateur gradient :

\vec{\mathrm{grad}}\left(\frac{\partial \varphi_1}{\partial t} + \frac{p_1}{\rho_1} + gz\right) = \vec{0}

L'annulation du gradient spatial implique que la quantité entre parenthèses est uniforme dans l'espace à chaque instant, ne dépendant ainsi que du temps t :

\boxed{\frac{\partial \varphi_1}{\partial t} + \frac{p_1}{\rho_1} + gz = C_1(t)}

où C_1(t) est une fonction du temps.

Résultat

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Question 30

De même, écrire l'équation d'Euler vérifiée par le champ des vitesses en tout point du fluide (2). Montrer que la linéarisation de cette équation, en ne conservant que les termes en vitesse d'ordres inférieurs ou égaux à 1, conduit à l'égalité :

où est une fonction du temps.

Voir l'indice

Exprimer l'accélération convective de l'air en développant (\vec{V}_2 \cdot \vec{\operatorname{grad}})\vec{V}_2 au premier ordre autour de la vitesse moyenne U\vec{u}_x.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation d'Euler pour le fluide (2) soumis au champ de pesanteur \vec{g} = -g\,\vec{u}_z.
  2. Développer l'accélération particulaire \dfrac{\mathrm{D}\vec{V}_2}{\mathrm{D}t} en utilisant l'irrotationnalité de l'écoulement ou le développement au premier ordre en perturbation \vec{v}_2.
  3. Regrouper l'ensemble des termes sous la forme d'un gradient spatial nul et intégrer par rapport aux coordonnées d'espace.
Voir le corrigé complet

Le fluide (2) étant supposé parfait et homogène de masse volumique \rho_2, son écoulement est régi par l'équation d'Euler :

\rho_2 \frac{\mathrm{D}\vec{V}_2}{\mathrm{D}t} = -\vec{\mathrm{grad}}\,p_2 + \rho_2 \vec{g}

avec \vec{g} = -\vec{\mathrm{grad}}(gz). L'accélération particulaire s'exprime par :

\frac{\mathrm{D}\vec{V}_2}{\mathrm{D}t} = \frac{\partial \vec{V}_2}{\partial t} + (\vec{V}_2 \cdot \vec{\mathrm{grad}})\vec{V}_2

L'écoulement étant irrotationnel (\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{V}_2 = \vec{0}), l'identité vectorielle du formulaire donne :

(\vec{V}_2 \cdot \vec{\mathrm{grad}})\vec{V}_2 = \vec{\mathrm{grad}}\!\left(\frac{V_2^2}{2}\right)

Le champ des vitesses s'écrit \vec{V}_2 = U\vec{u}_x + \vec{v}_2, où U est une vitesse uniforme et constante, et \vec{v}_2 = \vec{\mathrm{grad}}\,\varphi_2 est une perturbation du premier ordre. On en déduit :

\begin{aligned} \frac{\partial \vec{V}_2}{\partial t} &= \frac{\partial \vec{v}_2}{\partial t} = \vec{\mathrm{grad}}\!\left(\frac{\partial \varphi_2}{\partial t}\right) \\ V_2^2 &= \left(U\vec{u}_x + \vec{v}_2\right)^2 = U^2 + 2U\,u_2 + v_2^2 = U^2 + 2U\frac{\partial \varphi_2}{\partial x} + \mathcal{O}(v_2^2) \end{aligned}

Le terme U^2/2 étant spatialement uniforme, son gradient est nul. Au premier ordre en perturbation, le terme convectif devient donc :

\vec{\mathrm{grad}}\!\left(\frac{V_2^2}{2}\right) = \vec{\mathrm{grad}}\!\left(U\frac{\partial \varphi_2}{\partial x}\right)

L'équation d'Euler s'écrit alors, en divisant par \rho_2 :

\vec{\mathrm{grad}}\!\left(\frac{\partial \varphi_2}{\partial t} + U\frac{\partial \varphi_2}{\partial x}\right) = -\vec{\mathrm{grad}}\!\left(\frac{p_2}{\rho_2} + gz\right)

soit :

\vec{\mathrm{grad}}\!\left(\frac{\partial \varphi_2}{\partial t} + U\frac{\partial \varphi_2}{\partial x} + \frac{p_2}{\rho_2} + gz\right) = \vec{0}

Par intégration spatiale, la quantité entre parenthèses ne dépend que du temps, ce qui conduit à l'égalité recherchée :

\boxed{\frac{\partial \varphi_2}{\partial t} + U \frac{\partial \varphi_2}{\partial x} + \frac{p_2}{\rho_2} + gz = C_2(t)}

où C_2(t) est une fonction du temps.

Résultat

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IV · Conditions limites

Question 31

Exprimer les composantes de en fonction de . Déduire d'une condition limite satisfaite en par le champ des vitesses une condition sur la fonction .

Voir l'indice

Traduire l'imperméabilité du fond marin horizontal en z = -h par une condition de nullité sur la composante verticale de la vitesse de l'eau.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le gradient en coordonnées cartésiennes pour obtenir les composantes scalaires (u_1, w_1) de la vitesse \vec{v}_1 = \vec{\operatorname{grad}}\,\varphi_1.
  2. Identifier la contrainte cinématique imposée par le fond solide fixe et imperméable en z = -h (condition d'imperméabilité ou de non-pénétration).
  3. Traduire cette condition cinématique sur la composante verticale de la vitesse, puis directement sur la dérivée partielle de \varphi_1.
Voir le corrigé complet

Le champ des vitesses dans l'eau s'écrit \vec{v}_1 = u_1(x,z,t)\,\vec{u}_x + w_1(x,z,t)\,\vec{u}_z (l'écoulement étant invariant par translation selon Oy). Par définition du potentiel des vitesses, \vec{v}_1 = \vec{\operatorname{grad}}\,\varphi_1, ce qui donne pour les composantes :

\boxed{u_1(x,z,t) = \frac{\partial \varphi_1}{\partial x}(x,z,t) \quad \text{et} \quad w_1(x,z,t) = \frac{\partial \varphi_1}{\partial z}(x,z,t)}

En z = -h, le fond océanique est modélisé par une paroi solide, plane, horizontale et fixe. L'eau étant considérée comme un fluide parfait, la condition aux limites est la condition d'imperméabilité (ou de non-pénétration) : la composante normale de la vitesse du fluide doit être égale à celle de la paroi, soit nulle ici :

\vec{v}_1(x, -h, t) \cdot \vec{u}_z = w_1(x, -h, t) = 0

En introduisant le potentiel des vitesses, on en déduit la condition limite portant sur \varphi_1 :

\boxed{\frac{\partial \varphi_1}{\partial z}(x, -h, t) = 0}

Résultat

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Question 32

Exprimer les composantes de en fonction de et . Déduire d'une condition limite lorsque , en supposant l'écoulement d'air non perturbé loin de la surface de l'eau, des conditions limites sur la fonction .

Voir l'indice

Imposer que la perturbation de vitesse dans l'air s'atténue loin de la surface libre lorsque z \to +\infty.

Voir le corrigé complet

Le champ des vitesses dans l'air s'écrit sous la forme :

\vec{V}_2 = U\,\vec{u}_x + \vec{v}_2 = (U + u_2)\,\vec{u}_x + w_2\,\vec{u}_z

Par ailleurs, l'écoulement étant irrotationnel, le champ \vec{V}_2 dérive du potentiel des vitesses U x + \varphi_2 :

\vec{V}_2 = \vec{\operatorname{grad}}(U x + \varphi_2) = U\,\vec{u}_x + \frac{\partial \varphi_2}{\partial x}\,\vec{u}_x + \frac{\partial \varphi_2}{\partial z}\,\vec{u}_z

Par identification, on en déduit l'expression du champ de perturbation \vec{v}_2 = \vec{\operatorname{grad}}\varphi_2, soit pour ses composantes scalaires :

\boxed{u_2(x, z, t) = \frac{\partial \varphi_2}{\partial x} \quad \text{et} \quad w_2(x, z, t) = \frac{\partial \varphi_2}{\partial z}}

Loin de la surface libre (z \to +\infty), l'écoulement d'air n'est pas perturbé et retrouve la vitesse uniforme du vent \vec{V}_2 \to U\,\vec{u}_x. La vitesse de perturbation s'annule donc à l'infini :

\lim_{z \to +\infty} \vec{v}_2(x, z, t) = \vec{0} \iff \lim_{z \to +\infty} \vec{\operatorname{grad}}\varphi_2 = \vec{0}

En projetant sur les axes, on obtient les conditions sur les dérivées spatiales de \varphi_2 :

\lim_{z \to +\infty} \frac{\partial \varphi_2}{\partial x}(x, z, t) = 0 \quad \text{et} \quad \lim_{z \to +\infty} \frac{\partial \varphi_2}{\partial z}(x, z, t) = 0

À une constante additive près (que l'on fixe usuellement à zéro sans modifier le champ de vitesse), le potentiel de perturbation s'annule à l'infini :

\boxed{\lim_{z \to +\infty} \varphi_2(x, z, t) = 0}

Résultat

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Question 33

Déduire de cette égalité, après linéarisation, deux équations au premier ordre, l'une faisant intervenir et , l'autre et .

Voir l'indice

Développer au premier ordre la dérivée particulaire \mathrm{D}\eta/\mathrm{D}t = \partial\eta/\partial t + v_x\,\partial\eta/\partial x pour chaque milieu en l'évaluant en z = 0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dérivée particulaire \dfrac{\mathrm{D}\eta}{\mathrm{D}t} de l'altitude de l'interface en utilisant la vitesse horizontale propre à chaque fluide au voisinage de la surface libre.
  2. Linéariser l'expression au premier ordre par rapport aux grandeurs perturbées (u_1, u_2, \eta) et exprimer la composante verticale w_i(x, 0, t) à l'aide du potentiel des vitesses associé.
Voir le corrigé complet

La coordonnée verticale de la surface libre est donnée par z_s(x, t) = \eta(x, t). La dérivée particulaire de cette grandeur scalaire s'écrit, compte tenu de l'invariance selon l'axe Oy :

\frac{\mathrm{D}\eta}{\mathrm{D}t} = \frac{\partial \eta}{\partial t} + v_x \frac{\partial \eta}{\partial x}

où v_x désigne la composante horizontale de la vitesse de la particule fluide située à la surface.

1. Pour l'eau (milieu 1) :

  • La vitesse horizontale est v_{x,1} = u_1(x, z, t) = \dfrac{\partial \varphi_1}{\partial x}, qui est un infiniment petit du premier ordre.
  • Le terme convectif u_1 \dfrac{\partial \eta}{\partial x} est un produit de deux infiniment petits du premier ordre, donc un terme d'ordre 2 négligeable.
  • La composante verticale de la vitesse s'exprime d'après la question Q31 par w_1(x, 0, t) = \dfrac{\partial \varphi_1}{\partial z}(x, 0, t).

L'égalité w_1(x, 0, t) = \dfrac{\mathrm{D}\eta}{\mathrm{D}t} conduit donc, au premier ordre, à :

\boxed{\frac{\partial \varphi_1}{\partial z}(x, 0, t) = \frac{\partial \eta}{\partial t}(x, t)}

2. Pour l'air (milieu 2) :

  • La vitesse horizontale est V_{x,2} = U + u_2(x, z, t) = U + \dfrac{\partial \varphi_2}{\partial x}.
  • Le vent moyen de vitesse U est d'ordre 0, tandis que u_2 et \eta sont d'ordre 1. Au premier ordre, le terme convectif se réduit donc à :

    V_{x,2} \frac{\partial \eta}{\partial x} = (U + u_2)\frac{\partial \eta}{\partial x} \approx U \frac{\partial \eta}{\partial x}
  • La composante verticale de la perturbation de vitesse s'exprime d'après la question Q32 par w_2(x, 0, t) = \dfrac{\partial \varphi_2}{\partial z}(x, 0, t).

L'égalité w_2(x, 0, t) = \dfrac{\mathrm{D}\eta}{\mathrm{D}t} conduit ainsi, au premier ordre, à :

\boxed{\frac{\partial \varphi_2}{\partial z}(x, 0, t) = \frac{\partial \eta}{\partial t}(x, t) + U \frac{\partial \eta}{\partial x}(x, t)}

Résultat

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Question 34

Expliquer, sans calcul, comment obtenir l'équation suivante en précisant son origine physique et les éventuelles approximations effectuées :

Voir l'indice

Traduire la continuité de la pression hydrodynamique à la surface libre p_1(x, \eta, t) = p_2(x, \eta, t) en effectuant un développement limité en z=0 au premier ordre.

Voir le corrigé complet

L'équation s'obtient à partir de la condition aux limites dynamique à la surface de séparation entre l'eau et l'air (z = \eta(x, t)) :

  1. Origine physique : En l'absence d'effets de tension superficielle (courbure négligée à cette échelle), il y a continuité de la pression à travers l'interface libre :

    p_1(x, \eta(x, t), t) = p_2(x, \eta(x, t), t)
  2. Obtention : On utilise les expressions des champs de pression obtenues par intégration des équations d'Euler linéarisées (relations de Bernoulli instationnaires établies aux questions Q29 et Q30) dans chaque fluide, évaluées au niveau de la surface déformée z = \eta(x, t). En égalant p_1 et p_2, la pression de référence p_{\text{réf}} s'élimine de part et d'autre.
  3. Approximations effectuées :

    • Tension superficielle négligée : le saut de pression de Laplace est supposé nul à l'interface eau-air.
    • Linéarisation des termes instationnaires et convectifs : comme \eta(x, t) ainsi que les potentiels \varphi_1 et \varphi_2 et leurs dérivées sont des infiniment petits du premier ordre, un développement de Taylor de ces dérivées autour de z = 0 montre que l'écart entre leur valeur en z = \eta et en z = 0 fait intervenir un produit de termes d'ordre 1, c'est-à-dire un terme du second ordre négligé. Les dérivées des potentiels sont donc directement évaluées en z = 0.
    • Linéarisation préalable d'Euler : les termes quadratiques d'inertie convective (\vec{v}_1 \cdot \vec{\operatorname{grad}})\vec{v}_1 et (\vec{v}_2 \cdot \vec{\operatorname{grad}})\vec{v}_2 ont été négligés dans l'équation de Bernoulli.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.