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Corrigé détaillé Centrale Physique 1 PC 2024

À propos de l'environnement marin

Ce sujet aborde deux problématiques majeures liées à l'océan : la valorisation énergétique du gradient thermique marin (ETM) et la physique de la houle (genèse sous l'action du vent, dispersion et réfraction côtière). La première partie constitue une excellente révision de thermodynamique industrielle appliquée à un fluide réel avec changement d'état, alternant lectures de diagrammes enthalpiques et bilans énergétiques en système ouvert. La seconde partie traite de manière rigoureuse la mécanique des fluides à surface libre en régime potentiel, menant à l'instabilité de Kelvin-Helmholtz puis à l'optique géométrique de la houle bathymétrique. Très progressif, formateur et complet, ce problème est incontournable pour consolider les savoir-faire classiques de l'épreuve de Physique 1 en filière PC.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,42/20)
Temps estimé
≈ 4 h pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

11 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

Rapides et accessibles (42) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (7) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
  • Parties indépendantes

    Les parties A (thermodynamique de la centrale, Q1 à Q27) et B (mécanique des fluides et houle, Q28 à Q52) sont totalement indépendantes.

  • Données en annexe

    Le sujet comporte huit documents réponses à compléter et à joindre obligatoirement à la copie, de Q6 à Q52.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie A : L'énergie thermique des mers

I · Généralités

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : moteur thermique, diagramme synoptique

Représenter le diagramme synoptique d'une machine ditherme produisant du travail en précisant les signes des différents échanges énergétiques.

Voir l'indice

Schématiser le système fermé avec les deux sources thermiques à T_{\mathrm{c}} et T_{\mathrm{f}}, en orientant les flux algébriques reçus par le fluide : W < 0, Q_{\mathrm{c}} > 0 et Q_{\mathrm{f}} < 0.

Voir la stratégie
  1. Définir le système fermé constitué par le fluide de travail au cours d'un cycle.
  2. Représenter les réservoirs thermiques (source chaude à la température T_{\mathrm{c}} et source froide à T_{\mathrm{f}}, avec T_{\mathrm{c}} > T_{\mathrm{f}}) ainsi que le milieu extérieur récepteur du travail.
  3. Utiliser les premier et second principes de la thermodynamique pour justifier les signes des transferts d'énergie comptés algébriquement (reçus par le fluide).
Voir la réponse courte

Schéma de principe d'un moteur ditherme recevant Q_\mathrm{c} > 0, fournissant W < 0 et rejetant Q_\mathrm{f} < 0.

Voir le corrigé complet

Considérons le fluide de travail subissant une transformation cyclique au sein de la machine thermique ditherme en contact avec :

  • une source chaude à température T_{\mathrm{c}} échangeant la chaleur Q_{\mathrm{c}} avec le système ;
  • une source froide à température T_{\mathrm{f}} (T_{\mathrm{f}} < T_{\mathrm{c}}) échangeant la chaleur Q_{\mathrm{f}} avec le système ;
  • l'extérieur mécanique échangeant le travail W avec le système.

La machine produit du travail mécanique vers l'extérieur (machine motrice), ainsi en convention récepteur :

W < 0

D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué au fluide sur un cycle :

\Delta U_{\text{cycle}} = W + Q_{\mathrm{c}} + Q_{\mathrm{f}} = 0 \implies Q_{\mathrm{c}} + Q_{\mathrm{f}} = -W > 0

D'après le second principe (inégalité de Clausius, avec S_{\text{créée}} \ge 0) :

\Delta S_{\text{cycle}} = \frac{Q_{\mathrm{c}}}{T_{\mathrm{c}}} + \frac{Q_{\mathrm{f}}}{T_{\mathrm{f}}} + S_{\text{créée}} = 0 \implies \frac{Q_{\mathrm{c}}}{T_{\mathrm{c}}} + \frac{Q_{\mathrm{f}}}{T_{\mathrm{f}}} \le 0

En combinant ces deux relations avec T_{\mathrm{c}} > T_{\mathrm{f}} :

Q_{\mathrm{f}} \le - \frac{T_{\mathrm{f}}}{T_{\mathrm{c}}} Q_{\mathrm{c}}

Comme Q_{\mathrm{c}} + Q_{\mathrm{f}} > 0, cela impose nécessairement :

\boxed{Q_{\mathrm{c}} > 0 \quad \text{et} \quad Q_{\mathrm{f}} < 0 \quad \text{avec} \quad W < 0}

Le diagramme synoptique est donné ci-dessous :

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veiller à la cohérence entre les signes algébriques et le sens des flèches, sans confondre sens conventionnel et sens réel.

« Beaucoup de candidats donnent des signes de Qc, QFet Wen désaccord avec le sens des flèches dessinés sur leur schéma synoptique. »

« Il y a eu bien trop de confusions entre sens conventionnel et sens réel des échanges d’énergie. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cycle de carnot, rendement

Exprimer et calculer le rendement de Carnot de cette machine fonctionnant entre des sources de températures et . Commenter le résultat.

Voir l'indice

Rappeler l'expression théorique maximale \eta_{\mathrm{C}} = 1 - T_{\mathrm{f}}/T_{\mathrm{c}} en convertissant impérativement les températures en kelvins.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition du rendement d'un moteur thermique et la limite théorique de Carnot pour un cycle ditherme réversible.
  2. Convertir impérativement les températures en kelvins pour mener l'application numérique.
  3. Analyser physiquement la valeur obtenue au regard de l'écart de température disponible et des contraintes d'exploitation industrielle.
Voir la réponse courte

Rendement de Carnot \eta_\mathrm{C} = 1 - T_\mathrm{f}/T_\mathrm{c} \approx 7\%, valeur particulièrement basse due au faible écart de température entre les sources.

Voir le corrigé complet

Le rendement d'un moteur thermique est défini par :

\eta = \frac{-W}{Q_{\mathrm{c}}} = 1 + \frac{Q_{\mathrm{f}}}{Q_{\mathrm{c}}}

D'après l'inégalité de Clausius, pour un fonctionnement cyclique réversible (cycle de Carnot) :

\frac{Q_{\mathrm{c}}}{T_{\mathrm{c}}} + \frac{Q_{\mathrm{f}}}{T_{\mathrm{f}}} = 0 \implies \frac{Q_{\mathrm{f}}}{Q_{\mathrm{c}}} = -\frac{T_{\mathrm{f}}}{T_{\mathrm{c}}}

Le rendement maximal théorique, ou rendement de Carnot \eta_{\mathrm{C}}, s'exprime donc par :

\boxed{\eta_{\mathrm{C}} = 1 - \frac{T_{\mathrm{f}}}{T_{\mathrm{c}}}}

Application numérique : Les températures thermodynamiques absolues valent :

\begin{aligned} T_{\mathrm{c}} &= 26 + 273{,}15 = 299{,}15\text{ K} \\ T_{\mathrm{f}} &= 5 + 273{,}15 = 278{,}15\text{ K} \end{aligned}

On obtient :

\eta_{\mathrm{C}} = 1 - \frac{278{,}15}{299{,}15} = \frac{21}{299{,}15} \approx 0{,}0702
\boxed{\eta_{\mathrm{C}} \approx 7{,}0\,\%}

Commentaire : Ce rendement théorique maximal est particulièrement faible (environ 7\,\%). Cela s'explique par le faible écart relatif de température entre la surface et les profondeurs océaniques (\Delta T = 21\text{ K} pour une température absolue de l'ordre de 300\text{ K}).

En pratique, compte tenu des irréversibilités (frottements, écarts finis de température aux échangeurs), le rendement effectif d'une centrale ETM est encore plus bas (de l'ordre de 2 à 3\,\%). Pour extraire une puissance électrique utile significative, il sera donc nécessaire de brasser des débits massiques d'eau extrêmement importants et d'utiliser des échangeurs de grande surface, ce qui implique une dépense énergétique non négligeable pour le pompage.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne pas démontrer la formule, exprimer impérativement les températures en kelvins et étayer le commentaire en le comparant à un ordre de grandeur.

« Aucune démonstration n’était demandée ici. Quelle perte de temps pour les candidats qui s’y sont lancés ! »

« il semble loin d’être évident que les températures doivent être exprimées en Kelvin pour réaliser l’application numérique. »

« Les commentaires explicitement demandés par l’énoncé doivent être un peu étoffés, les commentaires apportés étant souvent très vagues. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : profil de température, lecture graphique

Déterminer la profondeur à laquelle on devra prélever l'eau profonde pour qu'une installation à La Réunion soit rentable.

Voir l'indice

Identifier sur la courbe T(z) la profondeur pour laquelle l'écart de température avec la surface (26\,^{\circ}\mathrm{C}) atteint au moins 20\,^{\circ}\mathrm{C}, soit T \le 6\,^{\circ}\mathrm{C}.

Voir la stratégie
  1. Relever la température de l'eau en surface (z = 0) sur la figure 1.
  2. En déduire la température maximale admissible pour l'eau profonde afin de satisfaire le critère de rentabilité de l'IFREMER (\Delta T \ge 20\text{ \textdegree C}).
  3. Lire sur le profil de température la profondeur minimale correspondante.
Voir la réponse courte

Lecture graphique sur le profil thermique océanique de la profondeur correspondant à T_\mathrm{f} = 5\text{ }^\circ\mathrm{C} (environ 1000\text{ m}).

Voir le corrigé complet

D'après la figure 1, la température de l'eau en surface (z = 0\text{ m}) est de :

T_{\text{surface}} \approx 26\text{ \textdegree C}

Pour que l'installation ETM soit rentable selon le critère de l'IFREMER, l'écart de température entre les eaux de surface et les eaux profondes doit être d'au moins 20\text{ \textdegree C}, ce qui impose une température d'eau profonde T_{\text{f}} telle que :

T_{\text{f}} \le T_{\text{surface}} - 20\text{ \textdegree C} = 6\text{ \textdegree C}

Par lecture graphique sur la figure 1, la température passe sous le seuil de 6\text{ \textdegree C} pour une profondeur :

\boxed{z \ge 900\text{ à }1\,000\text{ m}}

On devra donc prélever l'eau à une profondeur d'environ 1\,000\text{ m} (ou au-delà).

Résultat

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, pression hydrostatique

Estimer la pression à cette profondeur en explicitant la démarche suivie et toute hypothèse effectuée.

Voir l'indice

Intégrer la relation fondamentale de la statique des fluides incompressibles \mathrm{d}P = \rho_1 g\,\mathrm{d}z depuis la surface à pression atmosphérique.

Voir la stratégie
  1. Énoncer les hypothèses du modèle de la statique des fluides appliqué à la colonne d'eau océanique.
  2. Intégrer la relation fondamentale de la statique des fluides pour relier la pression à la profondeur z.
  3. Réaliser l'application numérique avec les données de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Relation fondamentale de la statique pour un liquide incompressible : P = P_0 + \rho g h \approx 100\text{ bar}.

Voir le corrigé complet

On applique la relation fondamentale de la statique des fluides dans le référentiel terrestre supposé galiléen, sous les hypothèses suivantes :

  • l'eau de mer est au repos ;
  • l'eau de mer est assimilée à un fluide incompressible et homogène de masse volumique constante \rho_1 = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • l'accélération de la pesanteur est constante : g = 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}.

En orientant un axe vertical (Oz) descendant depuis la surface libre (z = 0) où règne la pression atmosphérique P^0 = 1{,}0 \times 10^5\text{ Pa}, la loi de l'hydrostatique s'écrit :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho_1 g

Par intégration entre la surface (z = 0, P = P^0) et la profondeur z :

P(z) = P^0 + \rho_1 g z

D'après la question Q3, la profondeur retenue est de l'ordre de z = 1\,000\text{ m} (ou 900\text{ m}). Pour z = 1\,000\text{ m} :

\begin{aligned} P &= 1{,}0 \times 10^5 + 1{,}0 \times 10^3 \times 9{,}8 \times 1\,000 \\ P &= 1{,}0 \times 10^5 + 98 \times 10^5 = 99 \times 10^5\text{ Pa} \approx 99\text{ bar} \end{aligned}

(Pour z = 900\text{ m}, on trouve de même P \approx 89\text{ bar}).

\boxed{P \approx 100\text{ bar} = 10\text{ MPa}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Expliciter soigneusement le cadre d'étude : hypothèses, notations et orientation des axes.

« Le cadre d’étude n’est pas toujours bien explicité. Souvent, au moins un de ces items n’est pas abordé : hypothèses, définitions des notations, sens des axes (profondeur ou altitude). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : transition énergétique, énergie renouvelable

Indiquer quelques avantages et quelques inconvénients d'une installation ETM.

Voir l'indice

Penser au caractère renouvelable et continu de la ressource (base-load), opposé aux coûts élevés d'installation, à la corrosion marine et à la faible efficacité thermodynamique.

Voir la réponse courte

Avantages : source renouvelable, disponible en continu ; inconvénients : rendement faible, coût d'installation important, corrosion marine et contraintes mécaniques sur les conduites profondes.

Voir le corrigé complet

Une installation d'énergie thermique des mers (ETM) présente des caractéristiques spécifiques liées à l'exploitation du gradient thermique océanique :

Avantages :

  • Énergie renouvelable et continue (non intermittente) : contrairement au solaire ou à l'éolien, la ressource thermique des mers est disponible de façon quasi constante jour et nuit, tout au long de l'année, ce qui en fait une énergie de base (base load).
  • Absence d'émissions directes de gaz à effet de serre en phase d'exploitation.
  • Ressource colossale dans les zones intertropicales.
  • Coproductions valorisables : possibilité de production d'eau douce (par dessalement en cycle ouvert), valorisation des nutriments des eaux profondes pour l'aquaculture ou utilisation de l'eau froide pour la climatisation marine (SWAC).

Inconvénients :

  • Très faible rendement thermodynamique : le rendement théorique de Carnot est inférieur à 7\,\% (Q2) et le rendement réel ne dépasse guère 2\text{ à }4\,\%, ce qui impose la manipulation d'immenses débits d'eau.
  • Autoconsommation élevée : le pompage des eaux profondes sur environ 1\,000\text{ m} (Q3) nécessite une puissance mécanique importante qui grève le rendement global de l'installation.
  • Coûts d'investissement et de maintenance très élevés : difficultés techniques liées à la pose et à la tenue des conduites profondes (forte pression hydrostatique, houle, tempêtes), à la corrosion en milieu marin et au salissement biologique (biofouling).
  • Impact environnemental et risques technologiques : perturbation potentielle des écosystèmes marins lors du rejet des eaux profondes et risques de fuite du fluide de travail (l'ammoniac étant toxique).
Voir ce qu'a relevé le jury

Ne pas confondre rendement et rentabilité, ni énergie renouvelable et énergie non polluante.

« Beaucoup de candidats confondent rendement et rentabilité, confondent énergie non polluante et énergie renouvelable. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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II · Centrale ETM en cycle fermé

Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : courbe de saturation, point critique

Sur les diagrammes et des documents réponses 1 et 2, mentionner les noms des courbes de saturation, puis indiquer la phase stable associée à chaque domaine. Faire apparaître le point critique que l'on définira et donner sa température et sa pression.

Voir l'indice

Repérer la courbe d'ébullition (x=0) et la courbe de rosée (x=1), placer le point critique au sommet de la cloche de changement d'état et relever ses coordonnées (P_{\mathrm{c}}, T_{\mathrm{c}}).

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux branches de la courbe de saturation délimitant le domaine de coexistence liquide-vapeur : courbe d'ébullition (titre en vapeur x = 0) et courbe de rosée (x = 1).
  2. Préciser la phase stable dans chacun des domaines délimités (liquide, mélange diphasique, vapeur, fluide supercritique).
  3. Définir le point critique à la jonction des deux branches de saturation, puis relever ses coordonnées (P_c, T_c) sur les diagrammes des documents réponses 1 et 2.
Voir la réponse courte

Identification des courbes d'ébullition et de rosée, repérage des domaines liquide, vapeur et diphasé, et positionnement du point critique.

Voir le corrigé complet

1. Courbes de saturation et domaines de phases

Sur les diagrammes (P, h) (document réponse 1) et (T, s) (document réponse 2), la courbe délimitant le domaine d'équilibre liquide-vapeur est la courbe de saturation (ou cloche de saturation). Elle est constituée de deux branches qui se rejoignent au sommet :

  • la branche de gauche correspond à la courbe d'ébullition (liquide saturant, titre massique en vapeur x = 0) ;
  • la branche de droite correspond à la courbe de rosée (vapeur saturante sèche, x = 1).

Les domaines associés aux différentes phases stables sont :

  • à gauche de la courbe d'ébullition : phase liquide (ou liquide sous-refroidi / comprimé) ;
  • sous la cloche de saturation : domaine diphasique (mélange liquide-vapeur en équilibre) ;
  • à droite de la courbe de rosée (pour P < P_c) : phase vapeur (vapeur surchauffée ou gaz) ;
  • au-delà du point critique (T > T_c et P > P_c) : domaine du fluide supercritique.

2. Point critique : définition et coordonnées

Le point critique, noté \mathrm{C}, est le point au sommet de la courbe de saturation où se rejoignent la courbe d'ébullition et la courbe de rosée. Physiquement, il représente l'état limite au-delà duquel la transition liquide-vapeur s'effectue de manière continue sans transition de phase discontinue : les propriétés des phases liquide et vapeur deviennent identiques (même masse volumique) et l'enthalpie de vaporisation s'annule (\Delta h_{\mathrm{vap}} = 0).

Par lecture graphique sur les documents réponses 1 et 2 au sommet de la cloche :

  • sur le diagramme (T, s) (document réponse 2), on lit l'ordonnée du sommet :

    \boxed{T_c \approx 132\,^{\circ}\mathrm{C} \quad (\approx 405\text{ K})}
  • sur le diagramme (P, h) (document réponse 1), on lit la pression correspondante sur l'échelle logarithmique :

    \boxed{P_c \approx 113\text{ bar} \quad (= 11{,}3\text{ MPa})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne pas confondre point triple et point critique, et définir correctement l'état supercritique.

« Une confusion fréquente entre le point triple et le point critique – qui a d’ailleurs été trop souvent mal défini – a été relevée. »

« L’état supercritique d’un fluide n’est pas « la coexistence des phases liquide et vapeur ». »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : température d'ébullition, équilibre liquide-vapeur

Déterminer et , les températures de vaporisation aux pressions respectives de et .

Voir l'indice

Lire les températures de saturation associées aux paliers isobares à 9\text{ bar} et 6\text{ bar} sous la courbe de saturation.

Voir la stratégie
  1. Rappeler que sous la courbe de saturation (domaine d'équilibre liquide-vapeur d'un corps pur), le changement d'état est à la fois isobare et isotherme : à une pression fixée correspond une unique température de vaporisation T_{\text{vap}}(P).
  2. Effectuer la lecture graphique sur le diagramme (P, h) (document réponse 3) au niveau des paliers horizontaux de pression ou sur le diagramme (T, s) (document réponse 4) où les isobares sont horizontales sous la cloche de saturation.
Voir la réponse courte

Lecture des températures de changement d'état liquide-vapeur sous 9\text{ bar} et 6\text{ bar} sur les isothermes des diagrammes.

Voir le corrigé complet

Pour un corps pur diphasé en équilibre liquide-vapeur, la variance est égale à 1 (règle des phases de Gibbs) : la température et la pression de saturation sont univoquement liées. Les courbes isothermes et isobares sont donc confondues sous la courbe de saturation.

  • À haute pression (P_{\text{HP}} = 9\text{ bar}) :

    Sur le diagramme (P, h) (document réponse 3), sur la droite horizontale d'ordonnée P = 9\text{ bar}, l'isotherme sous la cloche de saturation se situe entre les graduations 20\,^\circ\mathrm{C} et 25\,^\circ\mathrm{C}, très proche de 21{,}5\,^\circ\mathrm{C}.

    Sur le diagramme (T, s) (document réponse 4), le palier horizontal de l'isobare 9\text{ bar} (reliant les points 1' et 2) a pour ordonnée :

    \boxed{T_{\mathrm{vap},\mathrm{HP}} \approx 21{,}5\,^\circ\mathrm{C}\quad (\text{soit } 294{,}7\text{ K})}

    (une valeur comprise entre 21\,^\circ\mathrm{C} et 22\,^\circ\mathrm{C} est tout à fait acceptable compte tenu de la précision graphique).

  • À basse pression (P_{\text{BP}} = 6\text{ bar}) :

    Sur le diagramme (P, h), à l'ordonnée P = 6\text{ bar}, le palier horizontal correspond à une isotherme légèrement en dessous de 10\,^\circ\mathrm{C}.

    Sur le diagramme (T, s), l'isobare 6\text{ bar} présente un palier horizontal à :

    \boxed{T_{\mathrm{vap},\mathrm{BP}} \approx 9{,}5\,^\circ\mathrm{C}\quad (\text{soit } 282{,}7\text{ K})}

    (une valeur comprise entre 9\,^\circ\mathrm{C} et 10\,^\circ\mathrm{C} est acceptable).

Résultat

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : enthalpie de vaporisation, diagramme des frigoristes

Déterminer les valeurs numériques des enthalpies massiques de vaporisation et .

Voir l'indice

Calculer l'écart d'enthalpie massique \Delta h_{\mathrm{vap}} = h'' - h' entre vapeur saturante sèche et liquide saturant à la pression considérée.

Voir la stratégie
  1. Rappeler que l'enthalpie massique de vaporisation sous une pression P est la différence d'enthalpie massique entre l'état de vapeur saturante (x = 1) et l'état de liquide saturant (x = 0) à cette pression : \Delta h_{\mathrm{vap}}(P) = h''(P) - h'(P).
  2. Effectuer la lecture directe de ces deux grandeurs sur le diagramme (P, h) du document réponse 3 pour chacune des deux pressions imposées (9 bar et 6 bar).
Voir la réponse courte

Calcul de \Delta h_\mathrm{vap} = h_\mathrm{V} - h_\mathrm{L} par lecture des enthalpies massiques aux bornes du palier de vaporisation à pression constante.

Voir le corrigé complet

L'enthalpie massique de vaporisation à une pression P donnée correspond à la largeur du palier de changement d'état sur le diagramme (P, h) :

\Delta h_{\mathrm{vap}}(P) = h''(P) - h'(P)

où h''(P) est l'enthalpie massique de la vapeur saturante (x = 1, courbe de rosée) et h'(P) celle du liquide saturant (x = 0, courbe d'ébullition).

1. À haute pression (P = 9\text{ bar}) : Sur l'isobare P = 9\text{ bar} du diagramme (P, h) (document réponse 3) :

  • sur la courbe d'ébullition (point 1') : h'(9\text{ bar}) \approx 285\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • sur la courbe de rosée (point 2) : h''(9\text{ bar}) \approx 1\,465\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

On en déduit :

\Delta h_{\mathrm{vap},\mathrm{HP}} = 1\,465 - 285 \approx 1\,180\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
\boxed{\Delta h_{\mathrm{vap},\mathrm{HP}} \approx 1{,}18 \times 10^3\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}}

2. À basse pression (P = 6\text{ bar}) : Sur l'isobare P = 6\text{ bar} du diagramme (P, h) :

  • sur la courbe d'ébullition (point 4) : h'(6\text{ bar}) \approx 230\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • sur la courbe de rosée : h''(6\text{ bar}) \approx 1\,460\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

On en déduit :

\Delta h_{\mathrm{vap},\mathrm{BP}} = 1\,460 - 230 \approx 1\,230\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
\boxed{\Delta h_{\mathrm{vap},\mathrm{BP}} \approx 1{,}23 \times 10^3\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'enthalpie de vaporisation se lit sur la largeur du palier de changement d'état diphasé, et non sur la seule vapeur saturante.

« L’enthalpie massique de vaporisation n’est pas l’enthalpie massique de la vapeur saturante : beaucoup trop de candidats n’ont pas identifié Δhvap(T) à la longueur du palier isotherme du domaine diphasé liquide-vapeur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : compression isentropique, diagramme des frigoristes

La compression isentrope entre les points 4 et 1 est représentée sur le diagramme du document réponse 3. Justifier sa forme.

Voir l'indice

Utiliser l'identité thermodynamique \mathrm{d}h = T\,\mathrm{d}s + v\,\mathrm{d}P pour un liquide incompressible subissant une transformation isentropique.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de la transformation (compression isentropique, soit adiabatique réversible) et l'état physique du fluide (phase liquide).
  2. Exprimer la différentielle de l'enthalpie massique \mathrm{d}h le long de cette isentrope à l'aide de l'identité thermodynamique.
  3. Exploiter l'incompressibilité du liquide pour relier la pente de la courbe \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}h} au volume massique v et conclure sur l'allure du tracé (segment de droite quasi-vertical).
Voir la réponse courte

Pour un liquide quasi-incompressible, \mathrm{d}h = v\,\mathrm{d}P avec un volume massique très faible, donc l'isentrope est quasi-verticale sur le diagramme (P, h).

Voir le corrigé complet

Pour une transformation réversible, l'identité thermodynamique appliquée à l'enthalpie massique s'écrit :

\mathrm{d}h = T\,\mathrm{d}s + v\,\mathrm{d}P

La compression étant isentropique (\mathrm{d}s = 0), on a :

\left(\frac{\partial h}{\partial P}\right)_s = v \quad \Longleftrightarrow \quad \left(\frac{\partial P}{\partial h}\right)_s = \frac{1}{v}

Entre le point 4 (liquide saturant à 6\text{ bar}) et le point 1 (liquide comprimé à 9\text{ bar}), l'ammoniac est en phase liquide. D'après les hypothèses de l'énoncé, le liquide est incompressible, son volume massique v = v_{\text{liq}} est donc constant.

Par intégration entre les états 4 et 1 :

h_1 - h_4 = v_{\text{liq}} (P_1 - P_4)

Il en découle deux caractéristiques pour le tracé dans le diagramme (P, h) :

  • la relation entre P et h étant affine (v_{\text{liq}} = \text{cste}), la trajectoire est un segment de droite ;
  • le volume massique du liquide étant extrêmement faible (v_{\text{liq}} \sim 1{,}6 \times 10^{-3}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}), la variation d'enthalpie associée à \Delta P = 3\text{ bar} est très faible (\Delta h \approx 0{,}5\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) au regard de l'échelle des abscisses (graduée en centaines de \text{kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) : la pente \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}h} = \frac{1}{v_{\text{liq}}} est donc extrêmement grande.
\boxed{\text{La compression isentrope est représentée par un segment de droite quasi-vertical.}}

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : détente isenthalpique, détente de joule-thomson

La détente isenthalpe entre les points 2 et 2' est représentée sur le diagramme du document réponse 4. À l'aide des deux diagrammes, déterminer la température , l'enthalpie massique et l'entropie massique . Préciser sous quelle(s) phase(s) se trouve l'ammoniac au point 2'.

Voir l'indice

Tracer une évolution à enthalpie constante h = \text{cte} partant du point 2 sur le diagramme (T, s) jusqu'à l'isobare 6\text{ bar} et noter si l'on se trouve hors de la cloche.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la nature isenthalpique de la détente dans la vanne WV2 pour déduire l'enthalpie h_{2'} à partir de celle du point 2.
  2. Déterminer par lecture sur les diagrammes (P, h) et (T, s) la température T_{2'} et l'entropie massique s_{2'}.
  3. Comparer l'état au point 2' à la courbe de rosée à 6 bar pour identifier la ou les phase(s) présente(s).
Voir la réponse courte

Détermination de T_{2'}, h_{2'} = h_2 et s_{2'} sous 6\text{ bar}, correspondant à un mélange diphasé liquide-vapeur.

Voir le corrigé complet

1. Enthalpie massique h_{2'} :

La détente de l'ammoniac dans la vanne de laminage WV2 étant isenthalpique, l'enthalpie massique se conserve entre les points 2 et 2' :

h_{2'} = h_2

Le point 2 étant situé sur la courbe de rosée à la pression de 9\text{ bar}, on a déterminé à la question Q8 que :

\boxed{h_{2'} \approx 1\,465\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}}

2. Température T_{2'} et entropie massique s_{2'} :

Le point 2' correspond à l'intersection de l'isobare P = 6\text{ bar} et de l'isenthalpe h = 1\,465\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

  • Sur le diagramme (T, s) du document réponse 4, le point 2' est déjà placé à l'intersection de l'isobare 6\text{ bar} et de la courbe isenthalpique issue du point 2. On lit sur l'axe des ordonnées :

    \boxed{T_{2'} \approx 15\,^{\circ}\text{C} \quad (\text{soit entre } 14\,^{\circ}\text{C}\text{ et } 16\,^{\circ}\text{C})}
  • Sur l'axe des abscisses du document réponse 4 (gradué en \text{J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}), ou à l'aide des courbes isentropes du diagramme (P, h) (document réponse 3), on lit :

    \boxed{s_{2'} \approx 5{,}13\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} = 5\,130\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} \quad (\pm 0{,}03\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1})}

3. Phase(s) présente(s) au point 2' :

À la pression P = 6\text{ bar}, la température de vaporisation vaut T_{\text{vap},\text{BP}} \approx 9{,}5\,^{\circ}\text{C} (question Q7) et l'enthalpie de la vapeur saturante vaut h''(6\text{ bar}) \approx 1\,460\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} (question Q8).

Comme T_{2'} > T_{\text{vap},\text{BP}} (ou de manière équivalente h_{2'} > h''(6\text{ bar})), le point 2' se situe en dehors de la zone diphasique, dans le domaine de la vapeur. L'ammoniac se trouve donc sous une seule phase :

\boxed{\text{L'ammoniac est à l'état de vapeur surchauffée (gaz seul).}}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : détente isentropique, diagramme des frigoristes

La détente isentrope entre les points 2 et 3 est représentée sur le diagramme du document réponse 3. À l'aide des deux diagrammes, déterminer la température , l'enthalpie massique et l'entropie massique .

Voir l'indice

Suivre l'isentrope passant par le point 2 (s = \text{cte}) jusqu'à la pression de 6\text{ bar} pour lire l'enthalpie et la température correspondantes.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de la transformation 2 \to 3 (détente isentropique) pour en déduire la valeur de s_3 à partir de s_2.
  2. Lire l'enthalpie massique h_3 sur l'axe des abscisses du document réponse 3 au point 3 déjà tracé à la pression P_3 = 6\text{ bar}.
  3. Identifier la phase au point 3 pour déterminer sa température T_3 (température de changement d'état sous 6 bar).
Voir la réponse courte

Lecture sur les diagrammes des caractéristiques du point 3 obtenu par détente isentrope (s_3 = s_2) jusqu'à 6\text{ bar}.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, l'évolution virtuelle entre les points 2 et 3 est une détente isentropique, ce qui impose :

s_3 = s_2

L'entropie massique au point 2 (vapeur saturante sèche à P_2 = 9\text{ bar}) se lit sur le diagramme (T, s) du document réponse 4 ou sur le diagramme (P, h) :

\boxed{s_3 = s_2 \approx 5{,}08\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} \quad (\text{soit } 5{,}1\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1})}

Sur le diagramme (P, h) du document réponse 3, le point 3 est situé à l'intersection de l'isobare P = 6\text{ bar} et de l'isentrope issue du point 2. La lecture de son abscisse donne :

\boxed{h_3 \approx 1\,425\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}} \quad (\text{tolérance usuelle : } [1\,420\,;\,1\,430]\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1})

Le point 3 se trouvant sous la courbe de rosée (h_3 < h''(\text{6 bar}) \approx 1\,460\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}), le fluide est un mélange diphasique liquide-vapeur (de titre en vapeur x_3 \approx 0{,}97). À la pression P_3 = 6\text{ bar}, la température est donc la température de saturation T_{\mathrm{vap},\mathrm{BP}} déterminée à la question Q7 :

\boxed{T_3 = T_{\mathrm{vap},\mathrm{BP}} \approx 9{,}5\,^{\circ}\text{C}\text{ à }10\,^{\circ}\text{C}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : diagramme des frigoristes, diagramme entropique

Représenter sur les diagrammes et des documents réponses 3 et 4 le cycle effectué par l'ammoniac dans le dispositif ETM. On fera apparaître en particulier les points 1, 2, 2', 3, 4 et 1' (liquide juste saturant à ).

Voir l'indice

Tracer les étapes successives du cycle fermé sur les deux diagrammes en reliant soigneusement les points 1 \to 1' \to 2 \to 2' \to 3 \to 4 \to 1.

Voir la stratégie

Pour représenter le cycle sur chacun des diagrammes, on procède étape par étape en identifiant la nature de chaque transformation thermodynamique :

  1. Identifier la nature de chaque étape du cycle réel : évaporation isobare sous 9\text{ bar} (1 \to 1' \to 2), détente isenthalpique (2 \to 2'), désurchauffe isobare sous 6\text{ bar} (2' \to 3), condensation isobare sous 6\text{ bar} (3 \to 4), puis compression isentropique (4 \to 1).
  2. Déterminer l'allure géométrique de chaque portion de courbe dans les plans (P, h) et (T, s).
  3. Positionner les points remarquables, notamment le point 1' (liquide saturant à 9\text{ bar}), et orienter le cycle à l'aide de flèches.
Voir la réponse courte

Tracé soigné des différents états et des transformations composant le cycle moteur sur les diagrammes (P, h) et (T, s).

Voir le corrigé complet

1. Cycle sur le diagramme de Mollier (P, h) (Document réponse 3) :

  • Échauffement et vaporisation isobares (1 \to 1' \to 2 sous P = 9\text{ bar}) : L'isobare est un segment horizontal orienté vers la droite, allant de h_1 = 240\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} à h_2 \approx 1\,465\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}. Le point 1' est situé à l'intersection de cette horizontale et de la courbe d'ébullition (x = 0, h_{1'} \approx 285\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}). Le point 2 est sur la courbe de rosée (x = 1).
  • Détente isenthalpique (2 \to 2') : L'évolution dans la vanne WV2 s'effectuant à enthalpie massique constante (h_{2'} = h_2), elle est représentée par un segment vertical descendant de P = 9\text{ bar} à P = 6\text{ bar}.
  • Désurchauffe isobare (2' \to 3 sous P = 6\text{ bar}) : Segment horizontal orienté vers la gauche, de h_{2'} \approx 1\,465\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} jusqu'à h_3 \approx 1\,425\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} (le point 3 est situé sur l'isentrope passant par le point 2, déjà esquissée sur le document).
  • Condensation isobare (3 \to 4 sous P = 6\text{ bar}) : Poursuite du segment horizontal vers la gauche jusqu'à la courbe d'ébullition (x = 0) au point 4 (h_4 \approx 230\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}).
  • Compression isentropique (4 \to 1) : Segment quasi vertical montant de P = 6\text{ bar} (point 4) à P = 9\text{ bar} (point 1), déjà représenté sur le document réponse 3.

2. Cycle sur le diagramme entropique (T, s) (Document réponse 4) :

  • Échauffement et vaporisation isobares (1 \to 1' \to 2 sous 9\text{ bar}) :

    • Échauffement du liquide 1 \to 1' : suit la ligne isobare 9\text{ bar} dans le domaine liquide de T_1 = 12\,^\circ\text{C} jusqu'à T_{1'} = T_{\text{vap,HP}} \approx 21{,}5\,^\circ\text{C} sur la courbe d'ébullition.
    • Vaporisation 1' \to 2 : palier de changement d'état horizontal et isotherme à T_{\text{vap,HP}} \approx 21{,}5\,^\circ\text{C}, de la courbe d'ébullition (point 1') jusqu'à la courbe de rosée (point 2).
  • Détente isenthalpique (2 \to 2') : Suit l'isenthalpe en tirets h \approx 1\,465\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} qui descend vers la droite (l'entropie augmente par irréversibilité) de T_2 \approx 21{,}5\,^\circ\text{C} jusqu'à l'isobare 6\text{ bar} en T_{2'} \approx 15\,^\circ\text{C}.
  • Désurchauffe isobare (2' \to 3 sous 6\text{ bar}) : Suit l'isobare 6\text{ bar} en descendant vers la gauche, de T_{2'} \approx 15\,^\circ\text{C} à la température de saturation T_3 \approx 9{,}5\,^\circ\text{C} (atteignant la verticale isentropique s_3 = s_2 \approx 5{,}08\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}).
  • Condensation isobare (3 \to 4 sous 6\text{ bar}) : Palier horizontal et isotherme à T_{\text{vap,BP}} \approx 9{,}5\,^\circ\text{C}, de droite à gauche, jusqu'au point 4 situé sur la courbe d'ébullition.
  • Compression isentropique (4 \to 1) : Segment vertical ou quasi vertical (à s \approx \text{cste}) reliant le point 4 à l'état de liquide comprimé 1.

Sur chacun des diagrammes, on munit les tracés de flèches indiquant le sens de parcours : le cycle est parcouru dans le sens des aiguilles d'une montre (sens moteur).

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : diagramme des frigoristes, titre en vapeur

Compléter le tableau du document réponse 5.

Voir l'indice

Utiliser les coordonnées thermodynamiques lues ou déduites par la règle des moments pour compléter les cases manquantes du tableau.

Voir la stratégie

Pour compléter le tableau du document réponse 5 :

  1. Identifier la nature de chaque point du cycle (liquide sous-refroidi, liquide saturant, vapeur saturante, vapeur surchauffée ou diphasique).
  2. Regrouper les grandeurs déjà déterminées dans les questions précédentes :

    • Températures de changement d'état T_{\mathrm{vap,HP}} \approx 21{,}5\,^\circ\text{C} et T_{\mathrm{vap,BP}} \approx 9{,}5\,^\circ\text{C} (Q7) ;
    • Enthalpies massiques des états saturants h'_{1'}, h'_4, h''_2 (Q8) ;
    • Caractéristiques des points 2' (Q10) et 3 (Q11).
  3. Compléter les grandeurs restantes (x_i, s_i, etc.) par lecture sur les diagrammes (P,h) et (T,s) ou par les relations thermodynamiques.
Voir la réponse courte

Remplissage du tableau récapitulatif des variables d'état (P, T, h, s, x) pour chaque point remarquable du cycle.

Voir le corrigé complet

Rappelons les caractéristiques physiques des différents états du fluide :

  • Point 1 : liquide sous-refroidi à P_1 = 9\text{ bar} et T_1 = 12\,^\circ\text{C}. Les valeurs h_1 = 240\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et s_1 = 1{,}15\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} sont fournies. La fraction massique en vapeur est nulle : x_1 = 0.
  • Point 1' : liquide juste saturant à haute pression (P_{1'} = 9\text{ bar}) :

    • T_{1'} = T_{\mathrm{vap,HP}} \approx 21{,}5\,^\circ\text{C} (d'après Q7) ;
    • x_{1'} = 0 (courbe d'ébullition) ;
    • h_{1'} = h'(9\text{ bar}) \approx 285\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} (d'après Q8) ;
    • s_{1'} se lit sur la courbe d'ébullition à 21{,}5\,^\circ\text{C} sur le diagramme (T,s) : s_{1'} \approx 1{,}30\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}.
  • Point 2 : vapeur juste saturante à haute pression (P_2 = 9\text{ bar}) :

    • T_2 = T_{\mathrm{vap,HP}} \approx 21{,}5\,^\circ\text{C} ;
    • x_2 = 1 (courbe de rosée) ;
    • h_2 = h''(9\text{ bar}) \approx 1\,465\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} (d'après Q8) ;
    • s_2 se lit à l'intersection de l'isobare 9\text{ bar} et de la courbe de rosée : s_2 \approx 5{,}08\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}.
  • Point 2' : issu de la détente isenthalpique dans la vanne WV2 jusqu'à P_{2'} = 6\text{ bar} (d'après Q10) :

    • T_{2'} \approx 15\,^\circ\text{C} ;
    • x_{2'} = 1 (vapeur surchauffée, hors de la zone diphasique) ;
    • h_{2'} = h_2 \approx 1\,465\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
    • s_{2'} \approx 5{,}13\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}.
  • Point 3 : issu de la détente isentropique virtuelle 2 \to 3 jusqu'à P_3 = 6\text{ bar} (d'après Q11) :

    • T_3 = T_{\mathrm{vap,BP}} \approx 9{,}5\,^\circ\text{C} ;
    • h_3 \approx 1\,425\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
    • s_3 = s_2 \approx 5{,}08\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} ;
    • le titre en vapeur vaut :

      x_3 = \frac{h_3 - h_4}{\Delta h_{\mathrm{vap,BP}}} \approx \frac{1\,425 - 230}{1\,230} \approx 0{,}97.
  • Point 4 : liquide juste saturant à basse pression (P_4 = 6\text{ bar}) :

    • T_4 = T_{\mathrm{vap,BP}} \approx 9{,}5\,^\circ\text{C} ;
    • x_4 = 0 (courbe d'ébullition) ;
    • h_4 = h'(6\text{ bar}) \approx 230\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} (d'après Q8) ;
    • s_4 se lit sur la courbe d'ébullition à 9{,}5\,^\circ\text{C} : s_4 \approx 1{,}12\text{ à }1{,}15\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} (la compression 4 \to 1 étant isentropique pour un liquide incompressible, s_4 \approx s_1 = 1{,}15\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}).

On complète ainsi le tableau du document réponse 5 :

\boxed{ \begin{array}{|c|c|c|c|c|c|} \hline \text{Point } i & T_i\ (^\circ\text{C}) & P_i\ (\text{bar}) & x_i & h_i\ (\text{kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) & s_i\ (\text{kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}) \\ \hline 1 & 12 & 9 & 0 & 240 & 1{,}15 \\ \hline 1' & 21{,}5 & 9 & 0 & 285 & 1{,}30 \\ \hline 2 & 21{,}5 & 9 & 1 & 1\,465 & 5{,}08 \\ \hline 2' & 15 & 6 & 1 & 1\,465 & 5{,}13 \\ \hline 3 & 9{,}5 & 6 & 0{,}97 & 1\,425 & 5{,}08 \\ \hline 4 & 9{,}5 & 6 & 0 & 230 & 1{,}13\text{ à }1{,}15 \\ \hline \end{array} }

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : capacité thermique, enthalpie

En déduire la valeur de , capacité thermique massique de l'ammoniac liquide.

Voir l'indice

Écrire la variation d'enthalpie d'un liquide sous haute pression \Delta h = c_{\mathrm{a}}\,\Delta T entre l'état sous-refroidi 1 et le liquide saturant 1'.

Voir la stratégie
  1. Identifier une transformation où l'ammoniac reste à l'état de liquide monophasique (par exemple l'échauffement isobare de l'ammoniac liquide de l'état 1 à l'état de liquide saturant 1' dans l'évaporateur).
  2. Exprimer la variation d'enthalpie d'une phase condensée incompressible et indilatable sous pression constante : \Delta h = c_\mathrm{a} \Delta T.
  3. En déduire c_\mathrm{a} à partir des valeurs de h et T obtenues au tableau de la question Q13.
Voir la réponse courte

Détermination de la capacité thermique du liquide via \Delta h = c_\mathrm{a} \Delta T sur un échauffement monophasique à pression constante.

Voir le corrigé complet

Entre le point 1 (liquide sous-refroidi à P_1 = 9\text{ bar}, T_1 = 12\,^\circ\text{C}) et le point 1' (liquide juste saturant sous la même pression P_1 = 9\text{ bar}, T_{1'} = T_{\mathrm{vap},\mathrm{HP}} \approx 21{,}5\,^\circ\text{C}), l'ammoniac est à l'état liquide et subit un échauffement isobare à P = 9\text{ bar}.

Pour une phase liquide considérée comme incompressible :

\mathrm{d}h = c_\mathrm{a}\,\mathrm{d}T + v\,\mathrm{d}P

L'évolution étant isobare (\mathrm{d}P = 0), on en déduit :

h_{1'} - h_1 = c_\mathrm{a}\,(T_{1'} - T_1) \implies c_\mathrm{a} = \frac{h_{1'} - h_1}{T_{1'} - T_1}

D'après le tableau complété à la question Q13 :

  • h_1 = 240\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et T_1 = 12\,^\circ\text{C} ;
  • h_{1'} \approx 285\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et T_{1'} \approx 21{,}5\,^\circ\text{C}.

L'application numérique donne :

c_\mathrm{a} = \frac{285 - 240}{21{,}5 - 12} = \frac{45}{9{,}5} \approx 4{,}7\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}
\boxed{c_\mathrm{a} \approx 4{,}7\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} = 4{,}7 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : pression de vapeur saturante, fluide frigorigène

Expliquer pourquoi on utilise l'ammoniac comme fluide de travail et non de l'eau. Donner néanmoins un inconvénient de l'utilisation de l'ammoniac.

Voir l'indice

Comparer la pression de vapeur saturante de l'ammoniac et de l'eau aux températures de travail (5 à 26\,^{\circ}\mathrm{C}). Mentionner la toxicité et le risque chimique de \mathrm{NH}_3.

Voir la réponse courte

L'ammoniac présente une pression de vapeur saturante de plusieurs bars aux températures océaniques, contrairement à l'eau ; son inconvénient majeur est sa toxicité.

Voir le corrigé complet

1. Choix de l'ammoniac plutôt que de l'eau :

La centrale fonctionne entre les températures des sources océaniques, soit environ T_{\mathrm{f}} = 5\,^\circ\mathrm{C} et T_{\mathrm{c}} = 26\,^\circ\mathrm{C}.

  • Pour l'eau, la pression de vapeur saturante à ces températures est extrêmement faible :

    P_{\mathrm{sat},\,\mathrm{H_2O}}(5\,^\circ\mathrm{C}) \approx 9\times 10^{-3}\text{ bar} \quad\text{et}\quad P_{\mathrm{sat},\,\mathrm{H_2O}}(26\,^\circ\mathrm{C}) \approx 3{,}4\times 10^{-2}\text{ bar}.

    Un cycle utilisant l'eau nécessiterait donc de travailler sous un vide très poussé, ce qui entraîne :

    • un volume massique de vapeur considérable (v \approx 30\text{ à }40\text{ m}^3\cdot\mathrm{kg}^{-1}), imposant des conduites et des turbines de dimensions gigantesques pour faire passer le débit nécessaire ;
    • des contraintes d'étanchéité drastiques pour éviter toute entrée d'air incondensable dans l'installation.
  • Pour l'ammoniac (\mathrm{NH}_3), les pressions de saturation correspondantes sont modérées et adaptées :

    P_{\mathrm{sat},\,\mathrm{NH_3}}(5\,^\circ\mathrm{C}) \approx 5\text{ bar} \quad\text{et}\quad P_{\mathrm{sat},\,\mathrm{NH_3}}(26\,^\circ\mathrm{C}) \approx 10\text{ bar}.

    Ces pressions sont supérieures à la pression atmosphérique (évitant les rentrées d'air extérieur) et la masse volumique de la vapeur est bien plus grande, ce qui permet de concevoir des échangeurs et des turbines nettement plus compacts.

2. Inconvénient de l'ammoniac :

L'ammoniac est un composé toxique, irritant et dangereux pour le personnel comme pour l'écosystème marin en cas de fuite. De plus, il est corrosif (notamment pour le cuivre et ses alliages) et présente un risque d'inflammabilité voire d'explosion en mélange avec l'air dans certaines proportions.

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : premier principe industriel, système ouvert

Établir l'expression suivante du premier principe industriel dans le cas d'un système ouvert à une entrée et une sortie, en écoulement permanent avec un débit massique , en explicitant bien toutes les hypothèses :

où désigne l'enthalpie massique de sortie, l'enthalpie massique d'entrée, la puissance utile reçue par le système due aux pièces mobiles et la puissance thermique reçue par le système.

Voir l'indice

Effectuer un bilan d'énergie pour le système ouvert entre l'instant t et t+\mathrm{d}t en régime stationnaire en appliquant le premier principe à un système fermé coïncident.

Voir la stratégie
  1. Définir un système fermé à deux instants voisins t et t+\mathrm{d}t englobant le fluide contenu dans le volume de contrôle et les masses élémentaires entrante et sortante.
  2. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à ce système fermé en explicitant les travaux des forces de pression aux frontières et le travail utile.
  3. Exploiter le régime permanent et la négligence des énergies cinétique et potentielle pour aboutir au bilan enthalpique massique.
Voir la réponse courte

Démonstration classique du premier principe pour un système ouvert en écoulement permanent par la méthode du système fermé coïncident.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé déformable constitué :

  • à l'instant t : du fluide contenu dans la machine (volume fixe \mathcal{V}_0) et de la tranche de fluide élémentaire de masse \mathrm{d}m s'apprêtant à entrer à travers la section d'entrée \Sigma_\mathrm{e} ;
  • à l'instant t+\mathrm{d}t : du fluide contenu dans \mathcal{V}_0 et de la tranche de fluide de masse \mathrm{d}m venant de sortir à travers la section de sortie \Sigma_\mathrm{s}.

Hypothèses de l'étude :

  1. Régime stationnaire (ou permanent) : les grandeurs locales ne dépendent pas explicitement du temps ; la masse contenue dans \mathcal{V}_0 est constante, d'où l'égalité des débits massiques d'entrée et de sortie D_\mathrm{m} = \frac{\mathrm{d}m}{\mathrm{d}t}, et l'énergie interne U(\mathcal{V}_0) est invariable au cours du temps.
  2. Énergies cinétique et potentielle macroscopiques négligées : conformément au préambule, \Delta e_\mathrm{c} \approx 0 et \Delta e_\mathrm{p} \approx 0. L'énergie totale du système se résume donc à son énergie interne U.
  3. Écoulement monodimensionnel aux sections d'accès : les grandeurs d'état (P, T, h, v) sont supposées uniformes sur les sections d'entrée \Sigma_\mathrm{e} et de sortie \Sigma_\mathrm{s}.

La variation d'énergie totale du système fermé entre t et t+\mathrm{d}t s'écrit :

\begin{aligned} \mathrm{d}E &= \mathrm{d}U = U(t+\mathrm{d}t) - U(t) \\ &= \left[ U_{\mathcal{V}_0}(t+\mathrm{d}t) + u_\mathrm{s} \, \mathrm{d}m \right] - \left[ U_{\mathcal{V}_0}(t) + u_\mathrm{e} \, \mathrm{d}m \right] \\ &= (u_\mathrm{s} - u_\mathrm{e}) \, \mathrm{d}m \end{aligned}

où u_\mathrm{e} et u_\mathrm{s} sont les énergies internes massiques aux sections d'entrée et de sortie.

D'après le premier principe pour un système fermé :

\mathrm{d}U = \delta W + \delta Q

Le travail mécanique \delta W reçu par le fluide se décompose en :

  • le travail utile \delta W_\mathrm{u} = \mathcal{P}_\mathrm{u} \, \mathrm{d}t échangé avec d'éventuelles parties mobiles (arbre d'une turbine, piston d'une pompe) ;
  • le travail des forces de pression extérieures aux frontières ouvertes :

    • travail d'admission par le fluide amont : \delta W_{\mathrm{p},\mathrm{e}} = + P_\mathrm{e} \, \mathrm{d}\mathcal{V}_\mathrm{e} = + P_\mathrm{e} v_\mathrm{e} \, \mathrm{d}m ;
    • travail d'échappement contre le fluide aval : \delta W_{\mathrm{p},\mathrm{s}} = - P_\mathrm{s} \, \mathrm{d}\mathcal{V}_\mathrm{s} = - P_\mathrm{s} v_\mathrm{s} \, \mathrm{d}m.

Le transfert thermique élémentaire reçu s'écrit \delta Q = \mathcal{P}_\mathrm{th} \, \mathrm{d}t. On obtient ainsi :

(u_\mathrm{s} - u_\mathrm{e}) \, \mathrm{d}m = \delta W_\mathrm{u} + (P_\mathrm{e} v_\mathrm{e} - P_\mathrm{s} v_\mathrm{s}) \, \mathrm{d}m + \delta Q

En regroupant les grandeurs massiques de sortie et d'entrée :

\left[ (u_\mathrm{s} + P_\mathrm{s} v_\mathrm{s}) - (u_\mathrm{e} + P_\mathrm{e} v_\mathrm{e}) \right] \mathrm{d}m = \delta W_\mathrm{u} + \delta Q

En introduisant l'enthalpie massique h = u + P v :

(h_\mathrm{s} - h_\mathrm{e}) \, \mathrm{d}m = \mathcal{P}_\mathrm{u} \, \mathrm{d}t + \mathcal{P}_\mathrm{th} \, \mathrm{d}t

En divisant par la durée \mathrm{d}t et en identifiant le débit massique D_\mathrm{m} = \frac{\mathrm{d}m}{\mathrm{d}t}, on obtient bien :

\boxed{D_\mathrm{m}(h_\mathrm{s} - h_\mathrm{e}) = \mathcal{P}_\mathrm{u} + \mathcal{P}_\mathrm{th}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Fournir une démonstration complète en définissant le système fermé à l'aide des masses entrante et sortante, en négligeant les variations d'énergie mécanique.

« Il s’agissait de redémontrer le premier principe industriel […] pas de l’utiliser de manière tautologique. Une démonstration complète était attendue. »

« Ce sont les variations d’énergie mécanique qui sont négligées, pas l’énergie mécanique elle-même. »

« Trop peu de candidats définissent correctement le système fermé à partir du système ouvert, des masses élémentaires de fluide δmeet δmsrespectivement entrante et sortante dans la zone active de la machine entre tet t+dt. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : premier principe industriel, transfert thermique

Exprimer et calculer et , les puissances thermiques reçues par l'ammoniac au niveau de l'évaporateur lors des cycles respectivement réel et virtuel, puis commenter leur signe.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe industriel à l'ammoniac traversant l'évaporateur sans échange de travail utile.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique en système ouvert (établi à la question Q16) à l'ammoniac traversant l'évaporateur \mathrm{E} entre les points 1 (entrée) et 2 (sortie).
  2. Identifier le débit massique d'ammoniac circulant dans l'évaporateur pour chacun des deux cycles (réel et virtuel).
  3. Effectuer l'application numérique avec les valeurs de l'énoncé et de la question Q8, puis commenter le signe obtenu.
Voir la réponse courte

Application à l'évaporateur sans travail utile : \mathcal{P}_\mathrm{th} = D_\mathrm{m} \Delta h > 0, puissance thermique reçue de la source chaude.

Voir le corrigé complet

L'évaporateur \mathrm{E} ne comporte aucune pièce mobile, la puissance utile reçue par le fluide est donc nulle :

\mathcal{P}_{\mathrm{u}} = 0

D'après le premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire établi à la question Q16, la puissance thermique reçue par le fluide s'écrit :

\mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E}} = D_{\mathrm{m}} \, (h_2 - h_1)

D'après les schémas des cycles de la figure 3 :

  • Pour le cycle réel (figure 3(a)), le débit massique d'ammoniac traversant l'évaporateur est \dot{m}_1.
  • Pour le cycle virtuel (figure 3(b)), le débit massique dans tout le cycle, et en particulier dans l'évaporateur, est également \dot{m}_1.

Les deux cycles partagent le même état d'entrée (point 1) et le même état de sortie (point 2) dans l'évaporateur, d'où :

\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E},\mathrm{R}} = \mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E},\mathrm{V}} = \dot{m}_1 (h_2 - h_1)}

Application numérique :

  • \dot{m}_1 = 4{,}0 \times 10^{-1}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • h_1 = 240\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} (tableau 2 de l'énoncé) ;
  • h_2 = h''(9\text{ bar}) \approx 1\,465\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} (vapeur saturante à 9 bar, déterminé à la question Q8).
\begin{aligned} \mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E},\mathrm{R}} = \mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E},\mathrm{V}} &= 0{,}40 \times (1\,465 - 240) = 0{,}40 \times 1\,225 \\ &= 490\text{ kW} = 4{,}9 \times 10^2\text{ kW} = 4{,}9 \times 10^5\text{ W} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E},\mathrm{R}} = \mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E},\mathrm{V}} \approx 4{,}9 \times 10^2\text{ kW}}

Commentaire du signe : La puissance thermique reçue par l'ammoniac est positive (\mathcal{P}_{\mathrm{th},\mathrm{E}} > 0). En convention récepteur, cela traduit le fait que l'ammoniac reçoit de l'énergie sous forme thermique de la part de l'eau chaude, ce qui est conforme au rôle d'un évaporateur dans une machine thermique motrice où le fluide de travail puise de la chaleur à la source chaude pour se réchauffer et se vaporiser.

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2024 ?

Surtout 4 chapitres : Machines thermiques et systèmes ouverts (36 % des questions, partie A), Ondes mécaniques et acoustiques (23 %), Mécanique des fluides (22 %) et Changements d'état du corps pur (11 %). Plus ponctuellement : Optique géométrique et Premier et second principes de la thermodynamique.

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2024 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 16 questions sur 52 (31 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la sous-partie A.I (Q1 à Q5). Avec les autres programmes de première année : 15 en MPSI, 15 en PTSI, 15 en MP2I, 15 en TSI1 et 16 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2024 ?

Environ 4 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2024 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q33 (condition cinématique d'interface), Q38 (relation de dispersion) et Q40 (instabilité de kelvin-helmholtz).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2024 ?

Questions de cours : Q1 (moteur thermique), Q6 (courbe de saturation), Q16 (premier principe industriel), Q20 (détente isenthalpique), Q28 (écoulement incompressible) et Q34 (continuité de la pression). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (cycle de carnot), Q4 (statique des fluides), Q29 (équation d'euler), Q42 (onde de gravité), Q43 (vitesse de phase) et Q45 (relation de dispersion).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2024 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (38 sur 52), par exemple : Q1 à Q11, Q14, Q15, Q17 à Q27, Q31, Q32, Q35, Q39, Q41, Q43 à Q48 et Q50 à Q52. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q16, Q28 à Q30, Q34, Q36 à Q38, Q40, Q42 et Q49.

Le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2024 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge la partie A relativement classique et accessible, la partie B plus calculatoire et difficile mais guidée, l'ensemble étant plutôt long et rarement traité en totalité. Moyenne : 9,42/20 (écart-type 3,89, 3 585 présents).

Comment abréger la résolution de l'équation sur le potentiel en Q36 ?

Chercher directement \phi_1(z) sous la forme A\cosh(k(z+h)). Cette forme hyperbolique décalée vérifie immédiatement la condition d'imperméabilité au fond marin \left.\frac{\partial\phi_1}{\partial z}\right|_{-h} = 0, évitant ainsi la résolution d'un système de deux équations à deux inconnues.

Faut-il utiliser l'approximation des petits angles en Q50 ?

Non : l'angle initial \theta_0 n'est pas nécessairement petit. Il faut conserver la relation exacte \frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x} = \tan\theta(x) = \frac{\sin\theta(x)}{\sqrt{1 - \sin^2\theta(x)}}, le jury ayant expressément sanctionné l'approximation \tan\theta \approx \sin\theta \approx \theta.

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