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Corrigé détaillé E3A Physique Chimie PSI 2023 (page 2/3 : Partie I (questions 19 à 26) et partie II)

Quelques aspects de l'industrie nucléaire

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : Le minerai d'uranium (suite)

I.3 · Traitement

Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : réaction chimique, stœchiométrie

Ajuster les nombres stœchiométriques , et .

Voir l'indice

Assurer la conservation des éléments chimiques U, O, H et F entre réactifs et produits.

Voir la réponse courte

Conservation des éléments chimiques pour équilibrer la réaction d'hydrofluoration de l'oxyde d'uranium.

Voir le corrigé complet

L'équation de la réaction s'écrit :

\mathrm{UO}_{2(s)} + \alpha\,\mathrm{HF}_{(g)} \rightleftharpoons \beta\,\mathrm{UF}_{4(s)} + \gamma\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}

Établissons le bilan de conservation de chaque élément chimique :

  • Conservation de l'élément uranium (\mathrm{U}) :

    1 = \beta \implies \beta = 1
  • Conservation de l'élément fluor (\mathrm{F}) :

    \alpha = 4\,\beta \implies \alpha = 4
  • Conservation de l'élément oxygène (\mathrm{O}) :

    2 = \gamma \implies \gamma = 2
  • On vérifie la conservation de l'élément hydrogène (\mathrm{H}) :

    \alpha = 2\,\gamma \iff 4 = 2 \times 2 \quad \text{(vérifié)}

Les coefficients stœchiométriques sont donc :

\boxed{\alpha = 4, \quad \beta = 1, \quad \gamma = 2}

L'équation de la réaction modélisant l'hydrofluoration s'écrit ainsi :

\mathrm{UO}_{2(s)} + 4\,\mathrm{HF}_{(g)} \rightleftharpoons \mathrm{UF}_{4(s)} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : loi de hess, entropie standard de réaction

À l'aide des données fournies, calculer l'enthalpie de réaction ainsi que l'entropie standard de réaction associées à l'équation 2. Commenter ces deux valeurs.

Voir l'indice

Utiliser la loi de Hess avec les enthalpies de formation, puis relier l'enthalpie libre standard à la constante d'équilibre pour en déduire l'entropie standard.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de Hess à 298\text{ K} à partir des enthalpies standard de formation fournies pour déterminer \Delta_r H^\circ.
  2. Relier l'enthalpie libre standard de réaction \Delta_r G^\circ à la constante d'équilibre K^\circ(T_{1000}) à T_{1000} = 1{,}00\cdot 10^3\text{ K}, puis en déduire \Delta_r S^\circ sous l'approximation d'Ellingham (\Delta_r H^\circ et \Delta_r S^\circ indépendantes de la température).
  3. Commenter le signe de \Delta_r H^\circ (caractère thermique de la réaction) et celui de \Delta_r S^\circ au regard de la variation du nombre de moles de gaz.
Voir la réponse courte

Calcul de \Delta_r H^\circ par la loi de Hess et \Delta_r S^\circ par entropies molaires standard ; réaction fortement exothermique.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de la réaction établie à la question Q19 :

\mathrm{UO}_{2(s)} + 4\,\mathrm{HF}_{(g)} \rightleftharpoons \mathrm{UF}_{4(s)} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}

Calcul de l'enthalpie standard de réaction : D'après la loi de Hess :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ &= \Delta_f H^\circ(\mathrm{UF}_{4(s)}) + 2\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{UO}_{2(s)}) - 4\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{HF}_{(g)}) \end{aligned}

Application numérique avec les données du document 3 :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ &= -1921 + 2 \times (-241{,}9) - (-1084) - 4 \times (-268{,}7) \\ \Delta_r H^\circ &= -2404{,}8 + 2158{,}8 = -246{,}0\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta_r H^\circ = -246\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

Calcul de l'entropie standard de réaction : À la température T_{1000} = 1{,}00\cdot 10^3\text{ K}, l'enthalpie libre standard de réaction s'exprime de deux manières :

\begin{aligned} \Delta_r G^\circ(T_{1000}) &= -R\,T_{1000}\ln K^\circ(T_{1000}) \\ \Delta_r G^\circ(T_{1000}) &= \Delta_r H^\circ - T_{1000}\,\Delta_r S^\circ \end{aligned}

On en déduit l'expression de \Delta_r S^\circ :

\begin{aligned} \Delta_r S^\circ &= \frac{\Delta_r H^\circ + R\,T_{1000}\ln K^\circ(T_{1000})}{T_{1000}} = \frac{\Delta_r H^\circ}{T_{1000}} + R\ln K^\circ(T_{1000}) \end{aligned}

Application numérique :

\begin{aligned} \Delta_r S^\circ &= \frac{-246{,}0\cdot 10^3}{1{,}00\cdot 10^3} + 8{,}314 \times \ln(9{,}0\cdot 10^2) \\ \Delta_r S^\circ &= -246{,}0 + 8{,}314 \times 6{,}802 = -246{,}0 + 56{,}6 = -189{,}4\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta_r S^\circ = -189\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}}

Commentaires :

  • \Delta_r H^\circ < 0 : la réaction est exothermique. Elle dégage de la chaleur vers le milieu extérieur.
  • \Delta_r S^\circ < 0 : l'entropie standard diminue au cours de la réaction. Cela est parfaitement cohérent avec la variation du nombre stœchiométrique de constituants gazeux :

    \Delta \nu_g = \sum_{\text{gaz}} \nu_i = 2 - 4 = -2 < 0

    La disparition de 2 moles de gaz par mole d'avancement entraîne une diminution du désordre microscopique du système.

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : constante d'équilibre, enthalpie libre standard de réaction

Estimer la constante d'équilibre standard à la température puis sa valeur pour .

Voir l'indice

Intégrer la relation isobare de van 't Hoff entre la température de référence T = 1\,000\text{ K} et T = 650\text{ K}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \ln K^\circ(T) en utilisant l'enthalpie libre standard de réaction \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T \Delta_r S^\circ (ou par intégration de la loi de van 't Hoff) sous l'approximation d'Ellingham.
  2. Effectuer l'application numérique à T = 6,5 \cdot 10^2\text{ K}.
Voir la réponse courte

Calcul de \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T\Delta_r S^\circ puis déduction de K^\circ(T) = \exp(-\Delta_r G^\circ/RT).

Voir le corrigé complet

Sous l'approximation d'Ellingham, l'enthalpie standard de réaction \Delta_r H^\circ et l'entropie standard de réaction \Delta_r S^\circ sont indépendantes de la température.

L'enthalpie libre standard de réaction s'écrit :

\Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T\,\Delta_r S^\circ = -R\,T \ln K^\circ(T)

On en déduit l'expression de la constante d'équilibre standard à la température T :

\ln K^\circ(T) = -\frac{\Delta_r H^\circ}{R\,T} + \frac{\Delta_r S^\circ}{R}

soit de manière équivalente, en référence à la température T_1 = 1,00 \cdot 10^3\text{ K} (loi de van 't Hoff intégrée) :

\boxed{K^\circ(T) = K^\circ(T_1)\,\exp\left[-\frac{\Delta_r H^\circ}{R}\left(\frac{1}{T} - \frac{1}{T_1}\right)\right] = \exp\left(-\frac{\Delta_r H^\circ}{R\,T} + \frac{\Delta_r S^\circ}{R}\right)}

Application numérique : Pour T = 6,5 \cdot 10^2\text{ K}, avec :

  • T_1 = 1,00 \cdot 10^3\text{ K} et K^\circ(T_1) = 9,0 \cdot 10^2,
  • \Delta_r H^\circ = -246\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} = -2,46 \cdot 10^5\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1},
  • R = 8,314\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1},

on calcule l'argument de l'exponentielle :

-\frac{\Delta_r H^\circ}{R}\left(\frac{1}{T} - \frac{1}{T_1}\right) = -\frac{-2,46 \cdot 10^5}{8,314} \times \left(\frac{1}{650} - \frac{1}{1000}\right) \approx 29\,589 \times 5,385 \cdot 10^{-4} \approx 15,93

D'où :

K^\circ(6,5 \cdot 10^2\text{ K}) = 9,0 \cdot 10^2 \times \mathrm{e}^{15,93} \approx 9,0 \cdot 10^2 \times 8,3 \cdot 10^6 \approx 7,5 \cdot 10^9
\boxed{K^\circ(6,5 \cdot 10^2\text{ K}) \approx 7,5 \cdot 10^9}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : déplacement d'équilibre, loi de van 't hoff

On désire déplacer l'état d'équilibre vers la formation de . En justifiant rigoureusement, indiquer s'il faut augmenter ou diminuer la température et la pression totale ou encore diluer le gaz par un gaz inerte.

Voir l'indice

Appliquer le principe de modération de Le Chatelier ou la loi de van 't Hoff pour la température, et calculer la variation du nombre de moles de gaz \Delta \nu_g pour la pression et la dilution.

Voir la stratégie

Pour déterminer le sens de déplacement de l'équilibre chimique lors d'une perturbation, on étudie l'évolution du quotient de réaction Q_r par rapport à la constante d'équilibre standard K^\circ(T) :

  • Une modification de température agit sur la constante d'équilibre K^\circ(T) via la relation de van 't Hoff ;
  • Une modification de pression ou une addition de gaz inerte agit sur le quotient de réaction Q_r à composition fixée. Le système évolue dans le sens direct si Q_r < K^\circ.
Voir la réponse courte

Déplacement exothermique favorisé à basse température (Van 't Hoff) et sens de diminution du nombre de moles gazeuses favorisé par augmentation de pression.

Voir le corrigé complet

L'équation de la réaction d'hydrofluoration s'écrit (Q19) :

\mathrm{UO}_{2(s)} + 4\,\mathrm{HF}_{(g)} \rightleftharpoons \mathrm{UF}_{4(s)} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}

avec une variation de stœchiométrie gazeuse \Delta\nu_g = 2 - 4 = -2 < 0.

Les solides \mathrm{UO}_{2(s)} et \mathrm{UF}_{4(s)} étant supposés purs et non miscibles, leur activité vaut 1. Le quotient de réaction s'exprime donc en fonction des pressions partielles :

Q_r = \frac{\left(P_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}/P^\circ\right)^2}{\left(P_{\mathrm{HF}}/P^\circ\right)^4} = \frac{x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}{x_{\mathrm{HF}}^4}\left(\frac{P^\circ}{P}\right)^2 = \frac{n_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2 \cdot n_{g,\text{tot}}^2}{n_{\mathrm{HF}}^4}\left(\frac{P^\circ}{P}\right)^2

où P est la pression totale et n_{g,\text{tot}} la quantité totale de matière en phase gazeuse.

On cherche à déplacer l'état d'équilibre dans le sens direct (formation de \mathrm{UF}_{4(s)}).

1. Influence de la température : La dépendance en température de la constante d'équilibre est donnée par la loi de van 't Hoff :

\frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_r H^\circ}{R\,T^2}

D'après la question Q20, la réaction est exothermique : \Delta_r H^\circ = -246\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} < 0.

Par conséquent, \frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} < 0 : la constante K^\circ(T) augmente si la température diminue. Une diminution de température conduit à K^\circ(T_{\text{finale}}) > Q_r, ce qui provoque un déplacement de l'équilibre dans le sens direct.

\boxed{\text{Il faut diminuer la température.}}

2. Influence de la pression totale : À composition chimique donnée, la dépendance du quotient de réaction vis-à-vis de la pression totale est :

Q_r \propto P^{-2}

Une augmentation de la pression totale P entraîne une diminution de Q_r, de sorte que Q_r < K^\circ(T). Le système réagit alors en évoluant spontanément dans le sens direct pour rétablir l'équilibre (conforme à la loi de modération de Le Chatelier, une hausse de pression favorisant le sens diminuant la quantité de matière de gaz, \Delta\nu_g = -2).

\boxed{\text{Il faut augmenter la pression totale.}}

3. Influence de la dilution par un gaz inerte :

  • À pression et température constantes : L'ajout d'un gaz inerte augmente la quantité totale de moles de gaz n_{g,\text{tot}}. Comme Q_r \propto n_{g,\text{tot}}^2, l'adjonction de ce gaz fait augmenter Q_r, conduisant à Q_r > K^\circ(T). Le système évolue alors dans le sens indirect (destruction de \mathrm{UF}_4).
  • À volume et température constants : L'ajout d'un gaz inerte n'affecte pas les pressions partielles P_i = \frac{n_i R T}{V} des gaz réagissants. Le quotient Q_r reste inchangé, donc il n'y a aucun déplacement d'équilibre.
\boxed{\text{La dilution par un gaz inerte est défavorable ou sans effet : il ne faut pas diluer.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'utilisation de la loi de Le Châtelier n'était pas acceptée pour justifier le sens de déplacement de l'équilibre.

« Les réponses fournies n’ont pas été satisfaisantes globalement. L’utilisation de la loi de Le Châtelier ne constituait pas ici une justification recevable. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 23

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : fraction molaire, quotient de réaction

On se place à et . Calculer les fractions molaires des constituants physico-chimiques en phase gazeuse à l'équilibre.

Voir l'indice

Exprimer la constante d'équilibre en fonction des pressions partielles de \mathrm{HF} et \mathrm{H_2O} sachant que les solides ont une activité unitaire, puis utiliser la somme des fractions molaires égale à 1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le quotient de réaction à l'équilibre en fonction des fractions molaires des espèces gazeuses, en supposant le mélange de gaz parfaits et la présence des deux solides purs.
  2. Utiliser la relation de fermeture sur les fractions molaires en phase gazeuse (x_{\mathrm{HF}} + x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 1).
  3. Résoudre l'équation algébrique obtenue compte tenu de la valeur élevée de K^\circ(T).
Voir la réponse courte

Expression de la constante d'équilibre en fonction des pressions partielles pour déterminer les fractions molaires finales des gaz.

Voir le corrigé complet

La réaction d'hydrofluoration considérée (Q19) s'écrit :

\mathrm{UO}_{2(s)} + 4\,\mathrm{HF}_{(g)} \rightleftharpoons \mathrm{UF}_{4(s)} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}

À l'équilibre, en présence des deux solides dans leur état standard de référence (a_{\mathrm{UO}_2} = a_{\mathrm{UF}_4} = 1), les activités des constituants gazeux, modélisés par des gaz parfaits, sont données par :

a_{\mathrm{HF}} = \frac{P_{\mathrm{HF}}}{P^\circ} = x_{\mathrm{HF}}\,\frac{P}{P^\circ} \quad \text{et} \quad a_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = \frac{P_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}}{P^\circ} = x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}\,\frac{P}{P^\circ}

Puisque la pression totale imposée est P = P^\circ = 1,0\text{ bar}, la constante d'équilibre s'exprime selon :

K^\circ(T) = \frac{a_{\mathrm{UF}_4} \cdot a_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}{a_{\mathrm{UO}_2} \cdot a_{\mathrm{HF}}^4} = \frac{x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}{x_{\mathrm{HF}}^4}

En prenant la racine carrée, on obtient :

\frac{x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}}{x_{\mathrm{HF}}^2} = \sqrt{K^\circ(T)}

En l'absence de tout autre gaz, la somme des fractions molaires de la phase gazeuse vaut 1 :

x_{\mathrm{HF}} + x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 1 \implies x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 1 - x_{\mathrm{HF}}

D'où l'équation en x_{\mathrm{HF}} :

\sqrt{K^\circ(T)}\,x_{\mathrm{HF}}^2 + x_{\mathrm{HF}} - 1 = 0

D'après le résultat de la question Q21, à T = 6,5 \cdot 10^2\text{ K}, K^\circ(T) \approx 7,5 \cdot 10^9, soit :

\sqrt{K^\circ(T)} \approx 8,7 \cdot 10^4 \gg 1

Comme \sqrt{K^\circ(T)} \gg 1, le gaz est quasi-exclusivement constitué de vapeur d'eau : x_{\mathrm{HF}} \ll 1, soit x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} \approx 1. Il vient immédiatement :

\begin{aligned} x_{\mathrm{HF}} &\approx \frac{1}{\left(K^\circ(T)\right)^{1/4}} = \frac{1}{\left(7,5 \cdot 10^9\right)^{1/4}} \approx 3,4 \cdot 10^{-3} \\ x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} &= 1 - x_{\mathrm{HF}} \approx 1 - 3,4 \cdot 10^{-3} = 0,9966 \approx 1,00 \end{aligned}
\boxed{x_{\mathrm{HF}} = 3,4 \cdot 10^{-3} \quad \text{et} \quad x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 0,997 \approx 1,00}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul des fractions molaires via un bilan de matière gazeux et la loi d'action de masse reste problématique.

« Les bilans de matière en phase gazeuse et l’utilisation de la loi de Güldberg et Waage pour déterminer les fractions molaires à l’équilibre restent problématiques. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : cinétique chimique, ordre de réaction

Exprimer en fonction de , et .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire homogène du premier ordre à coefficients constants.

Voir la réponse courte

Intégration d'une loi de cinétique d'ordre 1 : C_r(t) = C_r(0)\,\exp(-\lambda t).

Voir le corrigé complet

L'évolution de la concentration C_r(t) est régie par l'équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants :

\frac{\mathrm{d}C_r}{\mathrm{d}t}(t) + \lambda \, C_r(t) = 0

Par séparation des variables ou résolution directe, la solution générale s'écrit sous la forme :

C_r(t) = A \, \mathrm{e}^{-\lambda t}

où A est une constante d'intégration déterminée par la condition initiale à t = 0 :

C_r(0) = A

On en déduit immédiatement la loi de décroissance radioactive :

\boxed{C_r(t) = C_r(0) \, \mathrm{e}^{-\lambda t}}

Résultat

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : temps de demi-réaction

L'usage est de caractériser l'activité d'un atome par sa période (ou demie vie) radioactive , temps au bout duquel la concentration initiale a été divisée par deux. Donner la relation existant entre et .

Voir l'indice

Appliquer la définition de la demi-vie en écrivant C_r(T_{1/2}) = C_r(0)/2.

Voir la réponse courte

Relation classique liant demi-vie radioactive et constante radioactive : T_{1/2} = \frac{\ln 2}{\lambda}.

Voir le corrigé complet

Par définition de la demi-vie (ou période radioactive) T_{1/2}, la concentration à cet instant est égale à la moitié de la concentration initiale :

C_r(T_{1/2}) = \frac{C_r(0)}{2}

En utilisant la loi de décroissance radioactive établie à la question Q24, C_r(t) = C_r(0)\,\mathrm{e}^{-\lambda t}, il vient :

\begin{aligned} C_r(0)\,\mathrm{e}^{-\lambda T_{1/2}} &= \frac{C_r(0)}{2} \\ \mathrm{e}^{-\lambda T_{1/2}} &= \frac{1}{2} \\ -\lambda T_{1/2} &= -\ln 2 \end{aligned}

On obtient ainsi la relation usuelle :

\boxed{T_{1/2} = \frac{\ln 2}{\lambda} \quad \text{soit} \quad \lambda = \frac{\ln 2}{T_{1/2}}}

Résultat

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Question 26

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résolution de problème
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : énergie nucléaire

() possède la propriété d'être fissile : il peut capter un neutron lent pour fissionner en plusieurs atomes plus légers et plusieurs neutrons rapides selon par exemple :

En moyenne sur toutes les réactions possibles, chaque atome qui fissionne libère et neutrons. Évaluer la masse d'uranium qu'un « mini réacteur » de volume et de puissance est susceptible de contenir.

Donnée numérique : • Période radioactive moyenne associée aux processus de fission de : .

Voir l'indice

Calculer le nombre total de fissions nécessaires par seconde pour fournir la puissance \mathcal{P}, en déduire l'activité et relier celle-ci au nombre de noyaux présents via la constante radioactive.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance thermique \mathcal{P} produite par le réacteur en reliant le nombre de fissions par seconde (activité A) à l'énergie \mathscr{E} libérée par chaque fission d'un noyau d^{235}\mathrm{U}.
  2. Utiliser la loi cinétique d'ordre 1 et la relation entre \lambda et T_{1/2,\mathrm{moy}} établies aux questions Q24 et Q25 pour relier le taux de fission au nombre N de noyaux d'uranium présents.
  3. En déduire le nombre de noyaux N, puis la masse correspondante m.
Voir la réponse courte

Bilan de puissance \mathcal{P} = \dot{N}\,\mathscr{E} avec \dot{N} = \lambda N, permettant de calculer le nombre de noyaux puis la masse m.

Voir le corrigé complet

Chaque atome d^{235}\mathrm{U} qui fissionne libère une énergie :

\mathscr{E} = 200\text{ MeV} = 200 \times 10^6 \times 1{,}6 \cdot 10^{-19}\text{ J} = 3{,}2 \cdot 10^{-11}\text{ J}

Soit N(t) le nombre de noyaux d^{235}\mathrm{U} présents dans le réacteur à l'instant t. Le nombre de fissions se produisant par unité de temps correspond au taux de disparition des noyaux d^{235}\mathrm{U} :

\dot{N}_{\mathrm{fiss}} = -\frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}

D'après la loi de décroissance radioactive d'ordre 1 étudiée aux questions Q24 et Q25 :

-\frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t} = \lambda N = \frac{\ln 2}{T_{1/2,\mathrm{moy}}} N

La puissance thermique \mathcal{P} dégagée par l'ensemble de ces fissions s'écrit donc :

\mathcal{P} = \dot{N}_{\mathrm{fiss}} \, \mathscr{E} = \frac{\ln 2}{T_{1/2,\mathrm{moy}}} N \, \mathscr{E}

On en déduit le nombre N de noyaux d^{235}\mathrm{U} nécessaires pour maintenir cette puissance :

N = \frac{\mathcal{P} \, T_{1/2,\mathrm{moy}}}{\mathscr{E} \ln 2}

La masse m d^{235}\mathrm{U} correspondante est liée à la quantité de matière par m = n \, \mathcal{M}_{^{235}\mathrm{U}} = \frac{N}{\mathcal{N}_A}\mathcal{M}_{^{235}\mathrm{U}}, d'où l'expression littérale :

\boxed{m = \frac{\mathcal{P} \, T_{1/2,\mathrm{moy}} \, \mathcal{M}_{^{235}\mathrm{U}}}{\mathscr{E} \, \mathcal{N}_A \ln 2}}

Application numérique :

  • \mathcal{P} = 2\text{ kW} = 2 \cdot 10^3\text{ W}
  • T_{1/2,\mathrm{moy}} \sim 1 \cdot 10^1\text{ s}
  • \mathcal{M}_{^{235}\mathrm{U}} = 235{,}0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 0{,}2350\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}
  • \mathscr{E} = 3{,}2 \cdot 10^{-11}\text{ J}
  • \mathcal{N}_A = 6{,}02 \cdot 10^{23}\text{ mol}^{-1}
\begin{aligned} m &= \frac{2 \cdot 10^3 \times 10 \times 0{,}2350}{3{,}2 \cdot 10^{-11} \times 6{,}02 \cdot 10^{23} \times \ln 2} \\ m &\approx 3{,}5 \cdot 10^{-10}\text{ kg} = 3{,}5 \cdot 10^{-7}\text{ g} = 0{,}35\ \mu\mathrm{g} \end{aligned}
\boxed{m \approx 3{,}5 \cdot 10^{-10}\text{ kg} = 0{,}35\ \mu\mathrm{g}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il est attendu de bien expliciter la démarche suivie et de commenter le résultat numérique obtenu.

« Cette première résolution de problème a conduit à des réponses plus ou moins satisfaisantes. Tout résultat numérique appelle un commentaire. Les étudiants devraient préciser le raisonnement suivi afin de faciliter la compréhension de la réponse rédigée. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Partie II : Centrale nucléaire

II.1 · Fonctionnement global

Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cycle de carnot, rendement

Calculer le rendement de la centrale sachant qu'il est égal à du rendement maximal de Carnot. Vous établirez tout d'abord l'expression du rendement de Carnot.

Voir l'indice

Exprimer le rendement théorique réversible de Carnot à partir des deux températures de sources puis lui appliquer le facteur 0{,}600.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier et le second principe de la thermodynamique à un fluide décrivant un cycle ditherme réversible (cycle de Carnot) entre la source chaude à T_C et la source froide à T_F.
  2. Définir le rendement moteur et en déduire l'expression de \eta_C.
  3. Calculer numériquement \eta_C puis \eta = 0{,}600 \times \eta_C.
Voir la réponse courte

Rendement de Carnot \eta_C = 1 - T_F/T_C puis application numérique du rendement réel \eta = 0{,}60\,\eta_C.

Voir le corrigé complet

Considérons le fluide caloporteur décrivant un cycle de transformations entre la source chaude à température T_C et la source froide à température T_F.

  • Le premier principe de la thermodynamique appliqué au fluide sur un cycle (\Delta U = 0) s'écrit :

    W + Q_C + Q_F = 0 \implies -W = Q_C + Q_F

    où W est le travail algébriquement reçu par le fluide, et Q_C, Q_F sont les transferts thermiques reçus respectivement de la source chaude et de la source froide.

  • Le second principe de la thermodynamique sur un cycle (\Delta S = 0) s'écrit :

    \frac{Q_C}{T_C} + \frac{Q_F}{T_F} + S_c = 0 \quad \text{avec} \quad S_c \geqslant 0

Le fonctionnement étant moteur, le fluide reçoit de l'énergie thermique de la source chaude (Q_C > 0) et fournit du travail mécanique au milieu extérieur (travail utile -W > 0). Le rendement thermique est défini par :

\eta = \frac{-W}{Q_C} = \frac{Q_C + Q_F}{Q_C} = 1 + \frac{Q_F}{Q_C}

D'après le second principe :

\frac{Q_F}{T_F} = -\frac{Q_C}{T_C} - S_c \leqslant -\frac{Q_C}{T_C}

Comme Q_C > 0, il vient :

\frac{Q_F}{Q_C} \leqslant -\frac{T_F}{T_C} \implies \eta \leqslant 1 - \frac{T_F}{T_C}

Le rendement maximal correspond au cas d'un cycle réversible (S_c = 0), appelé rendement de Carnot :

\boxed{\eta_C = 1 - \frac{T_F}{T_C}}

Application numérique : Avec T_C = 573\text{ K} et T_F = 287\text{ K} :

\eta_C = 1 - \frac{287}{573} = \frac{286}{573} \approx 0{,}499 \quad (\text{soit } 49{,}9\,\%)

Le rendement réel de la centrale est donné par \eta = 0{,}600\,\eta_C :

\begin{aligned} \eta &= 0{,}600 \times \left(1 - \frac{287}{573}\right) = 0{,}600 \times 0{,}4991 = 0{,}299 \end{aligned}
\boxed{\eta = 29{,}9\,\% \approx 30\,\%}

Résultat

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : premier principe, rendement

Exprimer la puissance thermique reçue de la source chaude vers le fluide caloporteur en fonction de et , puissance mécanique algébriquement reçue.

Voir l'indice

Utiliser la définition du rendement thermodynamique reliant le travail mécanique cédé (opposé du travail algébriquement reçu) à la chaleur fournie par la source chaude.

Voir la réponse courte

Définition du rendement moteur : \mathscr{P}_{\mathrm{th, C}} = -\mathscr{P} / \eta.

Voir le corrigé complet

Dans une machine thermique fonctionnant en moteur (centrale thermique motrice), le fluide caloporteur décrit un cycle au cours duquel :

  • il reçoit une puissance thermique de la source chaude : \mathscr{P}_{\text{th, C}} > 0 ;
  • il cède une puissance mécanique au milieu extérieur (turbine couplée à l'alternateur).

Puisque \mathscr{P} désigne la puissance mécanique algébriquement reçue par le fluide, celle-ci est négative (\mathscr{P} < 0). La puissance mécanique utile fournie à l'extérieur s'écrit donc :

\mathscr{P}_{\text{utile}} = -\mathscr{P} > 0

Par définition thermodynamique, le rendement \eta d'un moteur thermique est le rapport de la puissance utile fournie sur la puissance thermique coûteuse reçue de la source chaude :

\eta = \frac{\mathscr{P}_{\text{utile}}}{\mathscr{P}_{\text{th, C}}} = -\frac{\mathscr{P}}{\mathscr{P}_{\text{th, C}}}

On en déduit l'expression de la puissance thermique reçue de la source chaude :

\boxed{\mathscr{P}_{\text{th, C}} = -\frac{\mathscr{P}}{\eta}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 29

ExigeanteTemps estimé : ≈ 9 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résolution de problème
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : transfert thermique, capacité thermique

() Estimer la variation de température de l'eau de la Moselle due à la présence de la centrale nucléaire de Cattenom. Commenter la valeur obtenue.

Donnée numérique : • Débit volumique annuel moyen de la Moselle : .

Voir l'indice

Calculer la puissance thermique totale rejetée à la source froide par les 4 réacteurs, puis effectuer un bilan thermique sur le débit massique de la Moselle.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la puissance électrique nominale totale \mathcal{P}_e fournie par les réacteurs de la centrale de Cattenom (document 1).
  2. Exprimer puis calculer la puissance thermique |\mathscr{P}_{\mathrm{th, F}}| évacuée vers la source froide à l'aide du rendement \eta trouvé en Q27.
  3. Établir le bilan d'enthalpie sur le débit de la Moselle pour en déduire l'élévation théorique de température \Delta T, puis commenter l'ordre de grandeur obtenu.
Voir la réponse courte

Bilan thermique sur le fleuve recevant la chaleur de la source froide : \mathscr{P}_{\mathrm{th, F}} = D_m\,c_{\mathrm{eau}}\,\Delta T.

Voir le corrigé complet

D'après le document 1, la centrale de Cattenom est constituée de 4 réacteurs à eau pressurisée délivrant chacun une puissance électrique nominale de 1\,300\text{ MWe}, soit une puissance électrique totale installée :

\mathcal{P}_e = 4 \times 1\,300\text{ MW} = 5{,}2 \cdot 10^9\text{ W} = 5{,}2\text{ GW}.

En assimilant la puissance électrique fournie à la puissance mécanique utile du cycle (-\mathscr{P} = \mathcal{P}_e), le bilan énergétique global du fluide en régime stationnaire s'écrit :

\mathscr{P}_{\mathrm{th, C}} + \mathscr{P}_{\mathrm{th, F}} + \mathscr{P} = 0 \iff |\mathscr{P}_{\mathrm{th, F}}| = \mathscr{P}_{\mathrm{th, C}} - \mathcal{P}_e.

Le rendement thermodynamique s'écrit \eta = \frac{\mathcal{P}_e}{\mathscr{P}_{\mathrm{th, C}}}, d'où :

|\mathscr{P}_{\mathrm{th, F}}| = \mathcal{P}_e\left(\frac{1-\eta}{\eta}\right).

Avec \eta \approx 29{,}9\,\% (d'après Q27) :

|\mathscr{P}_{\mathrm{th, F}}| = 5{,}2 \cdot 10^9 \times \frac{1 - 0{,}299}{0{,}299} \approx 1{,}22 \cdot 10^{10}\text{ W} = 12{,}2\text{ GW}.

Si l'intégralité de cette puissance thermique était cédée à l'eau de la Moselle, de débit massique D_{m,\text{Moselle}} = \varrho_e D_V, le premier principe pour un système ouvert à capacité thermique massique c_e constante donnerait :

|\mathscr{P}_{\mathrm{th, F}}| = \varrho_e \, D_V \, c_e \, \Delta T.

On en déduit l'expression de l'élévation de température :

\Delta T = \frac{\mathcal{P}_e\left(\frac{1-\eta}{\eta}\right)}{\varrho_e \, D_V \, c_e}.

Application numérique avec les données : \varrho_e = 1{,}00 \cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, D_V = 3{,}3 \cdot 10^2\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} et c_e = 4{,}18 \cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} :

\begin{aligned} \Delta T &= \frac{1{,}22 \cdot 10^{10}}{1{,}00 \cdot 10^3 \times 3{,}3 \cdot 10^2 \times 4{,}18 \cdot 10^3} \\ &= \frac{1{,}22 \cdot 10^{10}}{1{,}38 \cdot 10^9} \approx 8{,}8\text{ K}. \end{aligned}
\boxed{\Delta T \approx 9\text{ K} \quad (\text{ou } 9^\circ\text{C})}.

Remarque : si l'on effectue le calcul avec la puissance moyenne réelle produite en 2020 (31{,}18\text{ TWh} sur l'année, soit \mathcal{P}_{e,\mathrm{moy}} \approx 3{,}56\text{ GW}), on trouve \Delta T \approx 6\text{ K}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut définir explicitement le système étudié et penser à commenter le résultat numérique obtenu.

« Définir le système permet d’éviter certaines erreurs ! Le résultat numérique obtenu appelle un commentaire. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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II.2 · Puissance de la pompe du circuit secondaire

Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : premier principe, système ouvert

Évaluer la puissance mécanique que la pompe doit fournir au fluide. L'évolution du fluide est supposée adiabatique à l'intérieur de celle-ci.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe pour un fluide en écoulement stationnaire en considérant la variation d'enthalpie du liquide incompressible sous forme thermique et hydraulique.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à un système ouvert en écoulement stationnaire (premier principe industriel) entre l'entrée et la sortie de la pompe pour relier le travail massique utile w_u à la variation d'enthalpie massique \Delta h.
  2. Exprimer \Delta h pour une phase condensée (eau liquide) incompressible et indilatable à partir de sa capacité thermique massique c_e et de sa masse volumique \varrho_e.
  3. En déduire la puissance mécanique \mathscr{P}_m = D_m w_u fournie par la pompe au fluide.
Voir la réponse courte

Premier principe industriel pour un fluide incompressible : puissance mécanique \mathcal{P}_m = D_m\,\frac{\Delta P}{\varrho}.

Voir le corrigé complet

Considérons le volume de contrôle délimité par la pompe en régime stationnaire. Le premier principe pour un système ouvert en écoulement permanent s'écrit, en grandeurs massiques :

\Delta h + \Delta e_c + \Delta e_p = w_u + q

où :

  • l'évolution est adiabatique à l'intérieur de la pompe, soit q = 0 ;
  • les variations d'énergie cinétique macroscopique et d'énergie potentielle de pesanteur entre l'entrée et la sortie sont négligeables devant les variations d'enthalpie : \Delta e_c \approx 0 et \Delta e_p \approx 0.

On en déduit que le travail massique utile reçu par le fluide est égal à la variation d'enthalpie massique :

w_u = h_s - h_e

L'eau liquide est modélisée par une phase condensée idéale, incompressible et indilatable de masse volumique \varrho_e et de capacité thermique massique c_e. L'identité thermodynamique fondamentale pour l'enthalpie s'écrit :

\mathrm{d}h = T\,\mathrm{d}s + v\,\mathrm{d}P = c_e\,\mathrm{d}T + \frac{\mathrm{d}P}{\varrho_e}

Par intégration entre l'état d'entrée (T_e, P_e) et l'état de sortie (T_s, P_s) :

h_s - h_e = c_e (T_s - T_e) + \frac{P_s - P_e}{\varrho_e}

La puissance mécanique \mathscr{P}_m que la pompe doit fournir au fluide s'exprime donc par :

\mathscr{P}_m = D_m \left[ c_e (T_s - T_e) + \frac{P_s - P_e}{\varrho_e} \right]

Calculons séparément les deux contributions massiques :

  • Contribution thermique :

    c_e (T_s - T_e) = 4,18 \cdot 10^3 \times (76 - 33) = 1,797 \cdot 10^5\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}
  • Contribution mécanique (travail de transvasement) :

    \frac{P_s - P_e}{\varrho_e} = \frac{(70 - 18) \cdot 10^5}{1,00 \cdot 10^3} = 5,2 \cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}

La variation d'enthalpie massique vaut :

\Delta h = 1,797 \cdot 10^5 + 5,2 \cdot 10^3 = 1,85 \cdot 10^5\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}

D'où la puissance mécanique totale fournie au fluide :

\begin{aligned} \mathscr{P}_m &= 640 \times 1,849 \cdot 10^5 \\ &= 1,18 \cdot 10^8\text{ W} = 118\text{ MW} \end{aligned}
\boxed{\mathscr{P}_m = D_m \left[ c_e (T_s - T_e) + \frac{P_s - P_e}{\varrho_e} \right] \approx 1,2 \cdot 10^2\text{ MW}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'expression de la variation d'enthalpie massique a posé problème et la cohérence de la valeur obtenue devait interpeller.

« Si le premier principe industriel est connu, son exploitation a posé problème dans nombre de copies, en particulier l’expression de la variation de l’enthalpie massique h. La valeur obtenue doit interpeller ! »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : rendement

La pompe a un rendement de . En déduire la puissance électrique consommée par cette dernière.

Voir l'indice

Diviser la puissance utile fournie au fluide par le rendement de la machine hydraulique.

Voir la stratégie

Le rendement \eta_{\text{pompe}} d'un groupe moto-pompe est défini comme le rapport entre la puissance mécanique utile cédée au fluide \mathscr{P}_m et la puissance électrique \mathcal{P}_{\text{élec}} absorbée par le moteur électrique d'entraînement. On en déduit directement l'expression de \mathcal{P}_{\text{élec}}.

Voir la réponse courte

Puissance électrique consommée par la pompe : \mathcal{P}_{\text{élec}} = \mathcal{P}_m / \eta_{\mathrm{pompe}}.

Voir le corrigé complet

Par définition, le rendement de la pompe s'écrit :

\eta_{\text{pompe}} = \frac{\mathscr{P}_m}{\mathcal{P}_{\text{élec}}}

où \mathscr{P}_m est la puissance mécanique reçue par le fluide et \mathcal{P}_{\text{élec}} la puissance électrique consommée. On en déduit :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{élec}} = \frac{\mathscr{P}_m}{\eta_{\text{pompe}}}}

Selon l'expression retenue à la question précédente (Q30) :

  • À partir du bilan enthalpique complet (\mathscr{P}_m \approx 1{,}18 \cdot 10^8\text{ W}) :

    \mathcal{P}_{\text{élec}} = \frac{1{,}18 \cdot 10^8}{0{,}60} \approx 1{,}97 \cdot 10^8\text{ W} = 197\text{ MW}

    Soit, avec deux chiffres significatifs :

    \boxed{\mathcal{P}_{\text{élec}} \approx 2{,}0 \cdot 10^2\text{ MW}}
  • À partir de la puissance purement hydraulique (\mathscr{P}_{\mathrm{hydr}} = D_m \frac{P_s - P_e}{\varrho_e} \approx 3{,}33 \cdot 10^6\text{ W}) :

    \mathcal{P}_{\text{élec}} = \frac{3{,}33 \cdot 10^6}{0{,}60} \approx 5{,}55 \cdot 10^6\text{ W}

    Soit :

    \boxed{\mathcal{P}_{\text{élec}} \approx 5{,}6\text{ MW}}

Résultat

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Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : perte de charge

La pression de l'eau arrivant dans le générateur de vapeur doit être égale à . Les valeurs calculées précédemment ont été en fait sous-estimées. Quel phénomène négligé ici permet de l'expliquer ?

Voir l'indice

Penser aux pertes énergétiques liées à l'écoulement réel du fluide dans les conduites (frottements visqueux).

Voir la stratégie
  1. Analyser le trajet de l'eau liquide entre le refoulement de la pompe et l'entrée du générateur de vapeur (GV).
  2. Identifier les causes physiques d'une chute de pression lors de l'écoulement d'un fluide réel dans des canalisations.
  3. En déduire l'impact sur la pression réelle P_s que doit fournir la pompe par rapport à la pression de consigne au GV.
Voir la réponse courte

Les frottements visqueux génèrent des pertes de charge régulières et singulières le long de la conduite.

Voir le corrigé complet

Dans l'étude précédente, la pression imposée en sortie de pompe a été fixée à P_s = 70\text{ bar}. Or, pour que l'eau atteigne le générateur de vapeur à cette pression, la pompe doit en réalité délivrer une pression de refoulement plus élevée afin de compenser deux phénomènes :

  • Les pertes de charge (régulières et singulières) : lors de l'écoulement de l'eau liquide à fort débit dans les canalisations, les frottements visqueux le long des parois ainsi que les singularités géométriques (coudes, vannes, rétrécissements) dissipent de l'énergie mécanique sous forme thermique, entraînant une chute de pression \Delta P_{\text{pertes}} > 0.
  • Le dénivelé vertical (gravité) : les générateurs de vapeur sont situés à une altitude supérieure à celle des pompes d'alimentation, ce qui nécessite de vaincre une différence de pression hydrostatique \varrho_e g \Delta z > 0.

Ainsi, la pression effective en sortie immédiate de la pompe doit vérifier :

P_{s,\text{réelle}} = P_{\text{GV}} + \Delta P_{\text{pertes}} + \varrho_e g \Delta z > 70\text{ bar}

La surpression réelle P_{s} - P_e à fournir étant plus grande, le travail utile et donc les puissances mécanique et électrique ont été sous-estimés. Le phénomène principal négligé ici est donc l'existence des pertes de charge le long du circuit hydraulique.

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