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Corrigé détaillé E3A Physique Chimie PSI 2023

Quelques aspects de l'industrie nucléaire

Le sujet en bref

Sujet moyen · Diffusion thermique et diffusion de particules, Conversion de puissance, Thermodynamique chimique et équilibres · 10 incontournables · 24 questions de première année
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Ce sujet balaie de manière très transversale le programme de la filière PSI à travers l'ensemble du cycle du combustible nucléaire : de l'extraction minière jusqu'au stockage géologique des déchets radioactifs. Il aborde successivement la caractérisation d'une machine à courant continu en TP, la dynamique d'un convoyeur, le conditionnement du signal de mesure de courant par ALI, la thermochimie et cinétique de conversion de l'uranium, le cycle thermodynamique d'une centrale (bilan d'énergie et dimensionnement d'une pompe), et enfin la diffusion thermique couplée à une analyse numérique par différences finies sous Python. D'un niveau technique très abordable, il constitue un support idéal pour des révisions exhaustives et formatrices en fin de Spé.

Difficulté
Moyen, d'après le rapport du jury
Temps estimé
≈ 3 h 40 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

10 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 22 questions sur 44, partie II.1.

Où gagner des points

27 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (27) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    La partie II (centrale nucléaire) et la partie III (stockage des déchets) sont totalement indépendantes entre elles, ainsi que des Préliminaires et de la partie I.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

44 questions
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Partie Préliminaires : Étude d'une machine à courant continu en travaux pratiques

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en TSI1

Notions : machine à courant continu, stator, rotor

Schémas à l'appui, décrire en dix lignes maximum les différentes parties d'une machine à courant continu (rotor et stator, induit et inducteur, type de courant circulant dans chacun, rôle du système collecteur + balais).

Voir l'indice

Distinguer les parties fixes (stator/inducteur créant le champ B) et tournantes (rotor/induit siège des f.é.m. induites). Préciser le rôle de redressement mécanique du collecteur à lames et des balais.

Voir la réponse courte

Description des éléments de la MCC : inducteur statorique, induit rotorique, et rôle de commutation mécanique du collecteur à balais.

Voir le corrigé complet

Une machine à courant continu (MCC) classique comprend :

  • le stator (partie fixe), qui joue le rôle d'inducteur : constitué d'aimants permanents ou de bobinages parcourus par un courant continu I_e, il génère un champ magnétique \vec{B} stationnaire dans l'entrefer ;
  • le rotor (partie mobile tournante), qui joue le rôle d'induit : formé d'un ensemble de bobinages logés dans des encoches d'un circuit ferromagnétique. Dans le référentiel lié au rotor, les conducteurs sont parcourus par un courant alternatif périodiquement inversé ;
  • le système {collecteur + balais} : les balais, immobiles et solidaires du stator, assurent le contact électrique glissant sur les lames du collecteur, solidaires du rotor. Ce système agit comme un onduleur/redresseur mécanique : il commute le sens du courant dans chaque spire lors de son passage par la ligne neutre, assurant la conservation d'un couple moteur unidirectionnel (ou d'une f.é.m. continue aux bornes extérieures en mode génératrice).
Voir ce qu'a relevé le jury

Les schémas doivent être soigneusement légendés et les principes de fonctionnement de la machine à courant continu bien maîtrisés.

« Ces questions de cours ont révélé une mauvaise maîtrise du fonctionnement d’une machine à courant continu par la majorité des étudiants. Certains schémas présentés n’ont pas été légendés rendant difficile leur compréhension. Les relations de fonctionnement de tels systèmes ne sont pas ou mal connues. Le caractère réversible n’est pas toujours maîtrisé. »

Source : rapport du jury E3A 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en TSI1

Notions : machine à courant continu, force électromotrice, schéma équivalent

Donner le schéma électrique équivalent de l'induit en régime stationnaire de fonctionnement moteur (on notera la force contre-électromotrice) et en regime de fonctionnement générateur (on notera la force électromotrice). Tous les dipôles devront être correctement orientés.

Voir l'indice

Dessiner les schémas équivalents en régime continu avec la résistance interne R et la source de tension E' (convention récepteur) ou E (convention générateur).

Voir la stratégie
  1. En régime stationnaire, le courant d'induit I est continu : le terme inductif L\,\frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}t} est rigoureusement nul, la bobine se comporte comme un fil.
  2. Pour le mode moteur, on adopte la convention récepteur : la tension U et le courant I sont de sens opposés aux bornes de l'induit, et la force contre-électromotrice E' s'oppose au passage du courant.
  3. Pour le mode générateur, on adopte la convention générateur : la tension U et le courant I sont dans le même sens aux bornes de l'induit, et la force électromotrice E impose le sens d'écoulement des charges.
Voir la réponse courte

Schémas électriques de l'induit : U = E' + RI en convention récepteur (moteur) et U = E - RI en générateur.

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire, le courant I est constant, donc la tension aux bornes de l'inductance L s'annule :

u_L = L \frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}t} = 0

L'induit se modélise par l'association série d'une résistance R et d'une source de tension (E' ou E).

1. Fonctionnement en moteur (convention récepteur)

Le dipôle induit reçoit de la puissance électrique. On l'oriente en convention récepteur : le courant I entre par la borne au potentiel le plus élevé. La force contre-électromotrice E' s'oppose au courant.

La loi des mailles donne la relation caractéristique du moteur :

\boxed{U = E' + R\,I}

2. Fonctionnement en générateur (convention générateur)

Le dipôle induit fournit de la puissance électrique au circuit extérieur. On l'oriente en convention générateur : le courant I sort par la borne au potentiel le plus élevé. La force électromotrice E est orientée dans le sens du courant débité.

La loi des mailles donne la relation caractéristique de la génératrice :

\boxed{U = E - R\,I}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut maîtriser le schéma électrique équivalent de l'induit en tenant compte du caractère réversible de la machine.

« Ces questions de cours ont révélé une mauvaise maîtrise du fonctionnement d’une machine à courant continu par la majorité des étudiants. Certains schémas présentés n’ont pas été légendés rendant difficile leur compréhension. Les relations de fonctionnement de tels systèmes ne sont pas ou mal connues. Le caractère réversible n’est pas toujours maîtrisé. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en PCSI, TSI1

Notions : machine à courant continu, couple électromagnétique, force contre-électromotrice

En appelant la constante électromécanique de la machine, rappeler les deux équations liant (ou ), la vitesse angulaire de rotation , le couple électromagnétique et l'intensité du courant d'induit .

Voir l'indice

Écrire la relation entre f.é.m. et vitesse angulaire d'une part, puis entre couple électromagnétique et courant d'induit d'autre part, en utilisant \phi.

Voir la stratégie

Les deux équations fondamentales de couplage électromécanique d'une machine à courant continu relient :

  1. la grandeur électrique de tension (f.é.m. ou f.c.é.m.) à la grandeur cinématique (vitesse angulaire) ;
  2. la grandeur mécanique d'effort (couple électromagnétique) à la grandeur électrique de flux (courant d'induit).
Voir la réponse courte

Relations fondamentales de la MCC à flux constant : E = \phi\,\Omega et \Gamma_{\mathrm{em}} = \phi\,I.

Voir le corrigé complet

Dans une machine à courant continu à excitation constante, les deux équations de couplage électromécanique s'écrivent :

  • Relation pour la force électromotrice (ou contre-électromotrice) :

    \boxed{E = \phi \, \Omega \quad \text{(ou } E' = \phi \, \Omega\text{)}}
  • Relation pour le couple électromagnétique :

    \boxed{\Gamma_{\mathrm{em}} = \phi \, I}

avec :

  • E ou E' en volt (\mathrm{V}) ;
  • \Omega en radian par seconde (\mathrm{rad}\cdot\mathrm{s}^{-1}) ;
  • \Gamma_{\mathrm{em}} en newton-mètre (\mathrm{N}\cdot\mathrm{m}) ;
  • I en ampère (\mathrm{A}) ;
  • \phi la constante électromécanique en \mathrm{V}\cdot\mathrm{s}\cdot\mathrm{rad}^{-1} (ou \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}\cdot\mathrm{A}^{-1}, équivalent à des webers \mathrm{Wb}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les relations électromécaniques fondamentales de la machine à courant continu doivent être parfaitement sues.

« Ces questions de cours ont révélé une mauvaise maîtrise du fonctionnement d’une machine à courant continu par la majorité des étudiants. Certains schémas présentés n’ont pas été légendés rendant difficile leur compréhension. Les relations de fonctionnement de tels systèmes ne sont pas ou mal connues. Le caractère réversible n’est pas toujours maîtrisé. »

Source : rapport du jury E3A 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Notions : machine à courant continu, constante électromécanique

À quelle grandeur caractéristique de la MCC1 la première expérience permet-elle d'avoir accès ? Préciser sa valeur.

Voir l'indice

L'essai 1 correspond à une alimentation en courant continu de l'enroulement d'excitation seul : appliquer la loi d'Ohm pour obtenir la résistance R_e.

Voir la stratégie
  1. Identifier le circuit mis en jeu dans l'expérience 1 : seul le circuit inducteur de la machine MCC1 est alimenté en régime continu.
  2. Appliquer le comportement d'un dipôle inductif réel (R_e, L_e) en régime continu permanent pour identifier la grandeur accessible.
  3. Calculer numériquement la valeur de cette résistance et évaluer l'incertitude associée à partir des données de mesure.
Voir la réponse courte

Détermination de la constante électromécanique \phi par la pente de la caractéristique à vide E(\Omega).

Voir le corrigé complet

Dans l'expérience 1, seul le bobinage inducteur de la machine MCC1 est alimenté par une tension continue constante U_e.

D'après la figure 1 de l'énoncé, le circuit inducteur est modélisé par l'association série d'une résistance R_e et d'une inductance L_e. En régime continu permanent, la dérivée temporelle du courant est nulle :

u_{L_e} = L_e \frac{\mathrm{d}I_e}{\mathrm{d}t} = 0

L'inductance se comporte donc comme un court-circuit (fil parfait). La tension aux bornes de l'inducteur se réduit à la chute de tension ohmique dans la résistance R_e :

U_e = R_e \, I_e

Cette première expérience permet donc d'avoir accès à la résistance du circuit inducteur (ou bobinage d'excitation) de la MCC1, notée R_e :

R_e = \frac{U_e}{I_e}

Application numérique :

R_e = \frac{2,3 \cdot 10^2}{0,5} = 4,6 \cdot 10^2 \ \Omega = 460\ \Omega

Si l'on estime l'incertitude absolue maximale par propagation des incertitudes :

\begin{aligned} \frac{\Delta R_e}{R_e} &= \frac{\Delta U_e}{U_e} + \frac{\Delta I_e}{I_e} \\ &= \frac{0,1 \cdot 10^2}{2,3 \cdot 10^2} + \frac{0,1}{0,5} \approx 0,043 + 0,20 = 0,243 \end{aligned}

d'où \Delta R_e = 460 \times 0,243 \approx 1,1 \cdot 10^2\ \Omega.

\boxed{R_e = 4,6 \cdot 10^2 \ \Omega \quad \text{(soit } R_e = (4,6 \pm 1,1) \cdot 10^2 \ \Omega\text{)}}

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Notions : machine à courant continu, résistance d'induit

À quelle grandeur caractéristique de la MCC1 la deuxième expérience permet-elle d'avoir accès ? Vous exposerez clairement le raisonnement suivi. Donner la valeur de cette grandeur physique et son unité.

Voir l'indice

En fonctionnement à vide de MCC1 avec voltmètre idéal (I=0), la tension mesurée est égale à la f.é.m. E. Relier la pente de U=f(\Omega) à \phi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la tension U mesurée aux bornes de l'induit de MCC1 en tenant compte du caractère idéal du voltmètre.
  2. Relier cette tension à la vitesse de rotation \Omega à l'aide des relations fondamentales de la machine à courant continu.
  3. Identifier la grandeur physique correspondant à la pente de la régression linéaire et donner sa valeur numérique avec son unité.
Voir la réponse courte

Détermination de la résistance d'induit R par un essai à rotor bloqué où U = R\,I.

Voir le corrigé complet

Dans l'expérience 2, la machine MCC1 fonctionne en génératrice. L'induit est relié uniquement à un voltmètre considéré comme idéal, dont l'impédance d'entrée est infinie. Le courant débité par l'induit est donc nul :

I = 0\ \text{A}

D'après l'équation de fonctionnement en régime générateur établie à la question Q2 :

U = E - R\,I = E

De plus, d'après la relation électromécanique rappelée à la question Q3, la force électromotrice s'écrit :

E = \phi\,\Omega

où \Omega est la vitesse angulaire de rotation en \text{rad}\cdot\text{s}^{-1} et \phi la constante électromécanique de la machine. Par conséquent, la tension mesurée s'écrit :

U = \phi\,\Omega

La tension à vide U est donc théoriquement proportionnelle à la vitesse angulaire \Omega, avec un coefficient de proportionnalité égal à la constante électromécanique \phi (pour le courant d'excitation nominal imposé).

Le programme Python effectue la régression linéaire de U en fonction de \Omega = \frac{2\pi}{60}\,n. Le coefficient directeur p obtenu par la fonction linregress s'identifie ainsi directement à \phi :

p = \phi

L'expérience 2 permet donc de déterminer la constante électromécanique \phi de la machine MCC1.

D'après les résultats de la régression linéaire fournis (p = 1{,}49 avec un coefficient de corrélation r^2 = 0{,}998 attestant d'une excellente linéarité), on obtient :

\boxed{\phi = 1{,}49\ \text{V}\cdot\text{s}\cdot\text{rad}^{-1} \quad (\text{ou }\text{N}\cdot\text{m}\cdot\text{A}^{-1}\text{ ou }\text{V}\cdot\text{s})}

Résultat

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Partie I : Le minerai d'uranium

I.1 · Extraction

Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : débit massique

Le dispositif est conçu pour acheminer de roches par jour ; il fonctionne en continu. Évaluer le débit massique moyen d'arrivée des roches sur le tapis exprimé en .

Voir l'indice

Convertir le débit journalier en unités du SI en divisant par le nombre de secondes dans un jour (86\,400\text{ s}).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le débit massique moyen comme le quotient de la masse transportée par la durée correspondante.
  2. Convertir les grandeurs dans les unités du Système International (tonnes en kilogrammes, jours en secondes) pour obtenir D_m en \mathrm{kg\cdot s^{-1}}.
Voir la réponse courte

Calcul du débit massique moyen D_m = \dot{m}_{\mathrm{j}} / 86400 \approx 0{,}29\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Le débit massique moyen D_m représente la masse de roches déversée par unité de temps :

D_m = \frac{m_{\text{j}}}{\Delta t}

où m_{\text{j}} est la masse acheminée en une durée \Delta t = 1\text{ jour}.

Les données numériques sont :

  • m_{\text{j}} = 25\text{ tonnes} = 25\cdot 10^3\text{ kg} ;
  • \Delta t = 1\text{ jour} = 24 \times 3\,600\text{ s} = 86\,400\text{ s}.

L'application numérique donne :

\begin{aligned} D_m &= \frac{25\cdot 10^3}{86\,400} \approx 0{,}289\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

En conservant deux chiffres significatifs conformément aux données :

\boxed{D_m = 0{,}29\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 7

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : quantité de mouvement, bilan de quantité de mouvement

Déterminer en fonction de et . On effectuera un bilan de quantité de mouvement en projection sur sur le système compris dans le volume de contrôle formé par le lieu d'occupation des roches en contact avec le tapis. Ce volume de contrôle est fixe dans le référentiel lié au sol. Il reçoit de la matière à l'extrémité du tapis située sous le réservoir et en éjecte à l'autre extrémité située à l'entrée d'un concasseur.

Voir l'indice

Appliquer le théorème de la quantité de mouvement à un système ouvert ou utiliser un système fermé coïncidant avec le volume de contrôle entre t et t+\mathrm{d}t.

Voir la stratégie
  1. Définir le système fermé \Sigma^* coïncidant avec le volume de contrôle V_c entre t et t+\mathrm{d}t.
  2. Établir la variation de quantité de mouvement de \Sigma^* en régime permanent en projetant sur l'axe horizontal \vec{u}_x.
  3. Relier la résultante des forces extérieures appliquées aux roches à l'action \vec{F} exercée par les roches sur le tapis via le principe des actions réciproques.
Voir la réponse courte

Bilan de quantité de mouvement sur le volume de contrôle fixe : la force exercée vaut F = D_m\,v.

Voir le corrigé complet

On se place dans le référentiel terrestre lié au sol, supposé galiléen.

Considérons le volume de contrôle fixe V_c constitué par l'ensemble des roches présentes sur le tapis. On définit le système fermé \Sigma^* constitué :

  • à la date t, de la matière contenue dans V_c à cet instant et de la masse \mathrm{d}m_e = D_m\,\mathrm{d}t s'apprêtant à entrer dans V_c sous le réservoir ;
  • à la date t+\mathrm{d}t, de la matière contenue dans V_c à cet instant et de la masse \mathrm{d}m_s = D_m\,\mathrm{d}t sortie de V_c à l'extrémité droite.

Les quantités de mouvement du système fermé \Sigma^* aux instants t et t+\mathrm{d}t s'écrivent :

\begin{aligned} \vec{P}_{\Sigma^*}(t) &= \vec{P}_{V_c}(t) + \mathrm{d}m_e\,\vec{v}_e \\ \vec{P}_{\Sigma^*}(t+\mathrm{d}t) &= \vec{P}_{V_c}(t+\mathrm{d}t) + \mathrm{d}m_s\,\vec{v}_s \end{aligned}

L'écoulement étant stationnaire (régime permanent), la quantité de mouvement contenue dans le volume de contrôle est constante au cours du temps : \vec{P}_{V_c}(t+\mathrm{d}t) = \vec{P}_{V_c}(t). De plus, la conservation de la masse impose \mathrm{d}m_e = \mathrm{d}m_s = D_m\,\mathrm{d}t. Il vient ainsi :

\frac{\mathrm{d}\vec{P}_{\Sigma^*}}{\mathrm{d}t} = D_m \left(\vec{v}_s - \vec{v}_e\right)

D'après les hypothèses de l'énoncé :

  • à l'entrée, les roches tombent verticalement, d'où \vec{v}_e \cdot \vec{u}_x = 0 ;
  • à la sortie, les roches sont entraînées à la vitesse du tapis : \vec{v}_s = v\,\vec{u}_x.

En projetant sur l'axe (O,\vec{u}_x) :

\frac{\mathrm{d}P_{x,\Sigma^*}}{\mathrm{d}t} = D_m\,v

Bilan des actions mécaniques extérieures appliquées à \Sigma^* en projection sur \vec{u}_x :

  • le poids et les réactions normales de soutien sont verticaux ;
  • la seule force ayant une composante horizontale non nulle est la force tangentielle d'entraînement exercée par le tapis sur les roches, notée \vec{F}_{\text{tapis}\to\text{roches}}.

Le théorème de la résultante cinétique (ou principe fondamental de la dynamique) appliqué à \Sigma^* donne :

\vec{F}_{\text{tapis}\to\text{roches}} \cdot \vec{u}_x = \frac{\mathrm{d}P_{x,\Sigma^*}}{\mathrm{d}t} = D_m\,v

D'après le principe des actions réciproques (troisième loi de Newton), la force exercée par les roches sur le tapis est l'opposée de celle exercée par le tapis sur les roches :

\vec{F} = \vec{F}_{\text{roches}\to\text{tapis}} = - \vec{F}_{\text{tapis}\to\text{roches}} = - D_m\,v\,\vec{u}_x

Par identification avec \vec{F} = F\,\vec{u}_x, on en déduit la composante algébrique F :

\boxed{F = - D_m\,v}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'établissement d'un bilan de quantité de mouvement sur un système ouvert demeure une difficulté récurrente.

« Le bilan de quantité de mouvement en système ouvert reste délicat bien que le volume de contrôle ait été défini par l’énoncé. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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I.2 · Vitesse de rotation du rotor du moteur

Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, TSI1

Notions : machine à courant continu, loi des mailles

À partir du schéma électrique du circuit d'induit, établir l'équation électrique () du moteur qui relie , , et les paramètres utiles du problème en régime stationnaire.

Voir l'indice

Utiliser la loi des mailles pour l'induit en régime stationnaire en exprimant la force contre-électromotrice en fonction de \phi et \Omega_p.

Voir la stratégie
  1. Écrire la loi des mailles pour le circuit d'induit du moteur en convention récepteur, en tenant compte du régime stationnaire pour lequel le terme inductif L\frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}t} est nul.
  2. Exprimer la force contre-électromotrice E' en fonction de la constante électromécanique \phi et de la vitesse de rotation en régime permanent \Omega_p.
Voir la réponse courte

Loi des mailles appliquée à l'induit en régime permanent : U = \phi\,\Omega_p + R\,I.

Voir le corrigé complet

Le circuit d'induit du moteur à courant continu est modélisé, en convention récepteur, par l'association en série d'une résistance R, d'une bobine d'inductance L et d'une source de force contre-électromotrice E'.

La loi des mailles s'écrit :

U = E' + R\,I + L\,\frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}t}

En régime stationnaire de fonctionnement, les grandeurs électriques sont constantes, ce qui implique L\,\frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}t} = 0.

De plus, d'après la relation électromécanique rappelée à la question Q3, la force contre-électromotrice s'exprime en régime permanent par :

E' = \phi\,\Omega_p

En injectant cette relation dans l'équation de maille, on obtient l'équation électrique (\mathrm{E}_1) :

\boxed{U = R\,I + \phi\,\Omega_p}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'établissement de l'équation électrique du moteur a souvent donné lieu à des réponses erronées.

« Ces questions ont souvent reçu une réponse erronée voire fausse. L’interprétation de l’influence du débit des roches sur la vitesse du tapis a parfois posé problème. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 9

ExigeanteTemps estimé : ≈ 9 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : moment cinétique, théorème du moment cinétique

En appliquant le théorème scalaire du moment cinétique en régime permanent de fonctionnement au système , établir l'équation mécanique () qui relie , , , et .

Voir l'indice

Appliquer le théorème scalaire du moment cinétique selon l'axe de rotation en régime permanent en sommant le couple moteur \Gamma_{\mathrm{em}}, le couple résistant de frottement et le couple exercé par le tapis via la force F.

Voir la stratégie
  1. Définir le système \Sigma = \{\mathscr{C} + \text{rotor}\} et préciser le référentiel galiléen d'étude.
  2. Exprimer les différents moments des actions mécaniques extérieures s'exerçant sur \Sigma par rapport à l'axe fixe (O, \vec{u}_z) : le couple électromagnétique, le couple de frottement et le couple résistant exercé par le tapis.
  3. Appliquer le théorème scalaire du moment cinétique en régime permanent pour obtenir l'équation mécanique (\mathbf{E}_2).
Voir la réponse courte

Théorème scalaire du moment cinétique en régime permanent : le couple moteur compense le couple résistant \Gamma_r = F\,a = D_m\,v\,a.

Voir le corrigé complet

On étudie le système \Sigma = \{\mathscr{C} + \text{rotor}\} en rotation autour de l'axe fixe (O, \vec{u}_z) dans le référentiel terrestre supposé galiléen.

Son moment cinétique par rapport à l'axe (O, \vec{u}_z) s'écrit L_{\Delta} = J \Omega. En régime permanent, la vitesse angulaire \Omega = \Omega_p est constante, d'où :

\frac{\mathrm{d}L_{\Delta}}{\mathrm{d}t} = 0

Effectuons le bilan des moments des actions extérieures s'exerçant sur \Sigma par rapport à cet axe :

  • Le couple électromagnétique moteur fourni par la machine à courant continu (d'après la question Q3) :

    \Gamma_{\mathrm{em}} = \phi \, I
  • Le couple de frottement visqueux :

    \Gamma_f = -\lambda \, \Omega_p
  • Le moment de la force exercée par le tapis sur le cylindre \mathscr{C}. Le tapis étant d'inertie négligeable et le cylindre \mathscr{C}' étant libre en rotation sans frottement, l'effort tangentiel exercé par le tapis sur \mathscr{C} compense exactement l'action mécanique des roches sur le tapis \vec{F} = -D_m v \, \vec{u}_x (établie à la question Q7). Cette action s'exerçant au niveau de la génératrice supérieure du cylindre à une distance a de l'axe, elle crée un couple résistant s'opposant au sens de rotation :

    \Gamma_{\text{tapis}\to\mathscr{C}} = - D_m \, v \, a

Le théorème scalaire du moment cinétique appliqué à \Sigma par rapport à l'axe (O, \vec{u}_z) s'écrit donc :

J \frac{\mathrm{d}\Omega}{\mathrm{d}t} = \Gamma_{\mathrm{em}} + \Gamma_f + \Gamma_{\text{tapis}\to\mathscr{C}} = 0

Ce qui donne l'équation mécanique (\mathbf{E}_2) :

\boxed{\phi \, I - \lambda \, \Omega_p - D_m \, a \, v = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'application du théorème du moment cinétique pour établir l'équation mécanique a souvent été mal maîtrisée.

« Ces questions ont souvent reçu une réponse erronée voire fausse. L’interprétation de l’influence du débit des roches sur la vitesse du tapis a parfois posé problème. »

Source : rapport du jury E3A 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : machine à courant continu, point de fonctionnement

Établir l'expression de en fonction de , , , , et . Quelle est, dans ce modèle, l'influence du débit des roches sur la vitesse du tapis ?

Voir l'indice

Injecter l'expression du courant I issue de l'équation électrique dans l'équation mécanique, sachant que la vitesse du tapis vaut v = a\,\Omega_p, puis analyser la dépendance de \Omega_p vis-à-vis de D_m.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le courant I à partir de l'équation électrique (E_1) établie en Q8.
  2. Utiliser la condition de roulement sans glissement du tapis sur le cylindre pour relier v à \Omega_p.
  3. Injecter ces grandeurs dans l'équation mécanique (E_2) issue de Q9 afin d'isoler \Omega_p.
  4. Étudier la dépendance de la vitesse du tapis v = a\,\Omega_p vis-à-vis du débit massique D_m.
Voir la réponse courte

Résolution du système électromécanique : \Omega_p diminue linéairement avec le débit massique de minerai D_m.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation électrique (E_1) obtenue à la question Q8 :

U = R\,I + \phi\,\Omega_p \implies I = \frac{U - \phi\,\Omega_p}{R}

D'autre part, l'absence de glissement entre le tapis et le cylindre d'entraînement de rayon a impose la relation cinématique :

v = a\,\Omega_p

L'équation mécanique (E_2) établie à la question Q9 s'écrit alors :

\phi\,I - \lambda\,\Omega_p - D_m\,a^2\,\Omega_p = 0

En substituant l'expression de l'intensité I, on obtient :

\begin{aligned} \phi\left(\frac{U - \phi\,\Omega_p}{R}\right) - (\lambda + D_m\,a^2)\,\Omega_p &= 0 \\ \frac{\phi\,U}{R} - \left(\frac{\phi^2}{R} + \lambda + D_m\,a^2\right)\Omega_p &= 0 \end{aligned}

En multipliant par R et en factorisant par \Omega_p :

\boxed{\Omega_p = \frac{\phi\,U}{\phi^2 + R\,(\lambda + D_m\,a^2)}}

La vitesse du convoyeur s'en déduit par v = a\,\Omega_p :

v = \frac{a\,\phi\,U}{\phi^2 + R\,(\lambda + D_m\,a^2)}

À tension d'alimentation U constante, le dénominateur est une fonction strictement croissante du débit massique D_m. Par conséquent, une augmentation du débit de roches D_m entraîne une diminution de la vitesse angulaire \Omega_p et donc un ralentissement du tapis.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'expression de la vitesse angulaire et l'interprétation de l'effet du débit de minerai ont fréquemment posé problème.

« Ces questions ont souvent reçu une réponse erronée voire fausse. L’interprétation de l’influence du débit des roches sur la vitesse du tapis a parfois posé problème. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : redresseur, hacheur

Donner un exemple de convertisseur AC/DC puis DC/DC. Quel est l'intérêt du convertisseur AC/DC dans la chaîne d'alimentation ? Comment justifier la présence du convertisseur DC/DC dans cette même chaîne d'alimentation ?

Voir l'indice

Citer des montages types d'électronique de puissance (redresseur à diodes, hacheur) et justifier leur rôle d'adaptation de la tension du réseau alternatif aux besoins d'un moteur continu à vitesse variable.

Voir la réponse courte

Redresseur pour transformer le réseau AC en DC, puis hacheur DC/DC pour contrôler la tension moyenne d'alimentation du moteur.

Voir le corrigé complet
  • Exemples de convertisseurs :

    • Convertisseur AC/DC (ou redresseur) : un pont de diodes de Graetz (redresseur non commandé) ou un pont mixte diodes/thyristors.
    • Convertisseur DC/DC (ou hacheur) : un hacheur série (abaisseur/dévolteur) ou un pont en H (hacheur quatre quadrants).
  • Intérêt du convertisseur AC/DC : L'énergie électrique disponible est généralement issue du réseau de distribution sous forme de tension alternative (AC). La machine étudiée étant un moteur à courant continu (DC), le convertisseur AC/DC (associé au filtre) permet de générer une tension continue à partir du réseau alternatif.
  • Justification de la présence du convertisseur DC/DC : Après redressement et filtrage, la tension continue obtenue a une valeur fixe. Le convertisseur DC/DC (hacheur) permet de régler la valeur moyenne de la tension U_m appliquée à l'induit en ajustant le rapport cyclique de commutation. D'après la relation électromécanique établie en régime permanent (questions Q8 et Q10), la vitesse de rotation vérifie \Omega_p \approx U_m/\phi (en négligeant les pertes ohmiques) : faire varier U_m permet donc de piloter et asservir la vitesse de rotation du moteur.
Voir ce qu'a relevé le jury

La nature des convertisseurs doit être sue et la présence du hacheur dans la chaîne d'alimentation doit être justifiée.

« La nature des convertisseurs AC/DC puis DC/DC n’est pas toujours connue. La présence du convertisseur DC/DC dans la chaîne d’alimentation de l’induit n’a été que très rarement justifiée. »

Source : rapport du jury E3A 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Notions : amplificateur linéaire intégré, contre-réaction

Rappeler le modèle d'un ALI idéal en régime linéaire. Quel indice laisse à penser que le régime de fonctionnement des ALI est linéaire ?

Voir l'indice

Énoncer les hypothèses de l'ALI idéal (i^+=i^-=0 et \varepsilon = V^+ - V^- = 0). Observer la présence de bouclages sur les entrées inverseuses.

Voir la réponse courte

ALI idéal : \varepsilon = V^+ - V^- = 0 et courants d'entrée nuls ; régime linéaire assuré par une rétroaction sur la borne inverseuse.

Voir le corrigé complet

Un amplificateur linéaire intégré (ALI) idéal fonctionnant en régime linéaire est modélisé par les propriétés suivantes :

  • des impédances d'entrée infinies, ce qui implique que les courants d'entrée sont nuls :

    \boxed{i^+ = i^- = 0}
  • un gain différentiel en boucle ouverte infini (\mu_0 \to \infty), ce qui impose une tension différentielle d'entrée nulle :

    \boxed{\varepsilon = V^+ - V^- = 0 \iff V^+ = V^-}
  • une impédance de sortie nulle (R_s = 0) ;
  • une tension de sortie comprise strictement entre les tensions de saturation : -V_{\mathrm{sat}} < V_s < +V_{\mathrm{sat}}.

Indice du fonctionnement en régime linéaire :

Sur le schéma de la figure 6, chacun des trois ALI possède une rétroaction négative (bouclage de la sortie sur la borne inverseuse « - ») :

  • bouclage direct par un fil de la sortie vers l'entrée inverseuse pour les deux premiers ALI (montages suiveurs) ;
  • bouclage de la sortie vers l'entrée inverseuse à travers la résistance R_6 pour le troisième ALI.

La présence d'une rétroaction négative assure la stabilité du point de repos et empêche l'amplificateur de basculer en régime de saturation (sous réserve que l'amplitude de sortie reste inférieure à V_{\mathrm{sat}}), ce qui justifie l'hypothèse de fonctionnement en régime linéaire.

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : pont diviseur de tension, impédance complexe

Donner les expressions des amplitudes complexes et en fonction des amplitudes complexes et et des éléments passifs , , , , et .

Voir l'indice

Reconnaître deux ponts diviseurs de tension non chargés en amont des ALI, en associant en parallèle résistance et condensateur.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le modèle de l'ALI idéal en régime linéaire (i^+ = 0) pour constater que le courant entrant sur les bornes non-inverseuses des deux premiers ALI est nul.
  2. Appliquer le théorème de Millman (ou la formule du pont diviseur de tension) à chacun des nœuds associés aux potentiels \underline{V}_{C_1} et \underline{V}_{C_2}.
Voir la réponse courte

Diviseurs de tension avec admittance capacitive : expression de \underline{V}_{C_1} et \underline{V}_{C_2} filtrées par les dipôles RC.

Voir le corrigé complet

Les deux amplificateurs linéaires intégrés étant modélisés comme idéaux en régime linéaire, leurs courants d'entrée sont nuls :

i^+ = i^- = 0

Aucun courant n'est donc prélevé par les entrées non-inverseuses des ALI reliées respectivement aux potentiels \underline{V}_{C_1} et \underline{V}_{C_2}.

1. Expression de \underline{V}_{C_1} :

Le nœud au potentiel \underline{V}_{C_1} est relié :

  • au potentiel \underline{V}_A à travers le conducteur ohmique de résistance R_1 (admittance 1/R_1) ;
  • à la masse (potentiel nul) à travers le conducteur ohmique de résistance R_2 (admittance 1/R_2) et le condensateur de capacité C_1 (admittance \jmath C_1 \omega).

D'après le théorème de Millman en ce nœud :

\begin{aligned} \underline{V}_{C_1} &= \frac{\dfrac{\underline{V}_A}{R_1} + \dfrac{0}{R_2} + 0 \cdot \jmath C_1 \omega}{\dfrac{1}{R_1} + \dfrac{1}{R_2} + \jmath C_1 \omega} \\ &= \frac{\dfrac{\underline{V}_A}{R_1}}{\dfrac{R_1 + R_2 + \jmath R_1 R_2 C_1 \omega}{R_1 R_2}} \end{aligned}

D'où :

\boxed{\underline{V}_{C_1} = \frac{R_2}{R_1 + R_2 + \jmath R_1 R_2 C_1 \omega} \, \underline{V}_A}

2. Expression de \underline{V}_{C_2} :

Par une analyse rigoureusement symétrique au nœud associé au potentiel \underline{V}_{C_2}, relié à \underline{V}_B via R_3, et à la masse via l'association parallèle de R_4 et C_2 :

\begin{aligned} \underline{V}_{C_2} &= \frac{\dfrac{\underline{V}_B}{R_3}}{\dfrac{1}{R_3} + \dfrac{1}{R_4} + \jmath C_2 \omega} \end{aligned}

D'où :

\boxed{\underline{V}_{C_2} = \frac{R_4}{R_3 + R_4 + \jmath R_3 R_4 C_2 \omega} \, \underline{V}_B}

Résultat

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI

Notions : montage suiveur

Donner les expressions des amplitudes complexes et en fonction de et .

Voir l'indice

Identifier la structure des deux premiers étages à ALI montés en boucle fermée unitaire (suiveurs de tension).

Voir la stratégie
  1. Identifier la structure des deux montages à amplificateur linéaire d'intégration (ALI) intercalés entre les filtres d'entrée et l'étage aval.
  2. Utiliser les conditions de fonctionnement de l'ALI idéal en régime linéaire rappelées à la question Q12 (V^+ = V^-) pour relier les potentiels de sortie aux potentiels d'entrée.
Voir la réponse courte

Montages suiveurs à ALI idéal : \underline{V}_{S_A} = \underline{V}_{C_1} et \underline{V}_{S_B} = \underline{V}_{C_2}.

Voir le corrigé complet

Les deux ALI situés après les filtres sont montés en configuration suiveur de tension :

  • Pour l'ALI supérieur, la sortie est rebouclée directement sur l'entrée inverseuse (borne -), ce qui assure un fonctionnement en régime linéaire. Le potentiel de cette borne est donc \underline{V}^- = \underline{V}_{S_A}. L'entrée non-inverseuse (borne +) est au potentiel de la capacité C_1, soit \underline{V}^+ = \underline{V}_{C_1}. L'ALI étant idéal en régime linéaire (\varepsilon = \underline{V}^+ - \underline{V}^- = 0) :

    \boxed{\underline{V}_{S_A} = \underline{V}_{C_1}}
  • De même, pour l'ALI inférieur, la sortie est rebouclée sur l'entrée inverseuse (\underline{V}^- = \underline{V}_{S_B}), tandis que l'entrée non-inverseuse est au potentiel \underline{V}^+ = \underline{V}_{C_2}. En régime linéaire :

    \boxed{\underline{V}_{S_B} = \underline{V}_{C_2}}

Résultat

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : pont diviseur de tension

Donner l'expression de en fonction de , et .

Voir l'indice

Appliquer le diviseur de tension formé par R_7 et R_8 sur l'entrée non inverseuse du dernier ALI.

Voir la stratégie
  1. Identifier la maille ou branche contenant les dipôles R_7, R_8 et l'entrée non-inverseuse du troisième amplificateur linéaire intégré (ALI).
  2. Exploiter le modèle de l'ALI idéal en régime linéaire (i^+ = 0) pour reconnaître un pont diviseur de tension non chargé.
Voir la réponse courte

Pont diviseur non chargé : \underline{V}_{R_8} = \frac{R_8}{R_7 + R_8}\underline{V}_{S_A}.

Voir le corrigé complet

L'amplificateur linéaire intégré étant supposé idéal, l'intensité du courant entrant par sa borne non-inverseuse est nulle :

i^+ = 0

Le dipôle constitué par l'association en série des résistances R_7 et R_8 est donc soumis à la tension \underline{V}_{S_A} par rapport à la masse, sans prélèvement de courant au nœud intermédiaire.

Par application directe de la formule du pont diviseur de tension, la tension \underline{V}_{R_8} aux bornes de la résistance R_8 s'écrit :

\boxed{\underline{V}_{R_8} = \frac{R_8}{R_7 + R_8}\,\underline{V}_{S_A}}

Résultat

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI

Notions : amplificateur différentiel

Donner l'expression de en fonction de , , et .

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Millman à l'entrée inverseuse du troisième ALI ou utiliser la formule de l'amplificateur différentiel.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le potentiel de l'entrée inverseuse \underline{V}^- du troisième ALI en utilisant le théorème de Millman ou la loi des nœuds, sachant que le courant d'entrée i^- est nul.
  2. Identifier le potentiel de l'entrée non-inverseuse \underline{V}^+ = \underline{V}_{R_8}.
  3. Utiliser l'égalité des potentiels d'entrée \underline{V}^- = \underline{V}^+ (régime linéaire) pour isoler \underline{V}_S.
Voir la réponse courte

Théorème de Millman ou lois de Kirchhoff en régime linéaire pour exprimer \underline{V}_S en fonction des deux entrées.

Voir le corrigé complet

Le troisième ALI fonctionne en régime linéaire, le courant d'entrée de la borne inverseuse est nul (i^- = 0) et les potentiels d'entrée vérifient :

\underline{V}^+ = \underline{V}^-

D'après le schéma du montage (figure 6) :

  • Le potentiel de la borne non-inverseuse est égal à la tension aux bornes de R_8, soit :

    \underline{V}^+ = \underline{V}_{R_8}
  • Le potentiel \underline{V}^- de la borne inverseuse s'obtient par application du théorème de Millman :

    \underline{V}^- = \frac{\dfrac{\underline{V}_{S_B}}{R_5} + \dfrac{\underline{V}_S}{R_6}}{\dfrac{1}{R_5} + \dfrac{1}{R_6}} = \frac{R_6\,\underline{V}_{S_B} + R_5\,\underline{V}_S}{R_5 + R_6}

L'égalité \underline{V}^- = \underline{V}^+ conduit à :

\underline{V}_{R_8} = \frac{R_6}{R_5 + R_6}\,\underline{V}_{S_B} + \frac{R_5}{R_5 + R_6}\,\underline{V}_S

On en déduit l'expression de la tension de sortie \underline{V}_S :

\boxed{\underline{V}_S = \left(1 + \frac{R_6}{R_5}\right)\underline{V}_{R_8} - \frac{R_6}{R_5}\,\underline{V}_{S_B}}

ou, sous forme factorisée :

\underline{V}_S = \frac{R_5 + R_6}{R_5}\,\underline{V}_{R_8} - \frac{R_6}{R_5}\,\underline{V}_{S_B}

Résultat

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI

Notions : amplificateur différentiel, filtre passe-ba

On pose et . Poser une condition ou des conditions sur , , , , , , et pour que l'expression de se mette sous la forme :

Voir l'indice

Établir la condition d'équilibrage de l'amplificateur différentiel reliant les rapports de résistances pour éliminer le mode commun et factoriser la fonction de transfert.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \underline{V}_S en combinant les résultats des questions Q14, Q15 et Q16 en fonction de \underline{V}_{C_1} et \underline{V}_{C_2}.
  2. Identifier la condition sur les résistances R_5, R_6, R_7, R_8 pour que le dernier étage réalise une soustraction amplifiée \underline{V}_S \propto (\underline{V}_{C_1} - \underline{V}_{C_2}).
  3. Utiliser les relations obtenues en Q13 avec R_1 = R_3 et R_2 = R_4, et déduire la condition sur les condensateurs (C_1 = C_2) pour factoriser par (\underline{V}_A - \underline{V}_B) = R_{\text{shunt}}\,\underline{i}(\jmath\omega).
Voir la réponse courte

Condition d'amplificateur de différence équilibré R_6/R_5 = R_8/R_7 et condensateurs identiques pour factoriser sous forme passe-bas d'ordre 1.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats des questions Q14, Q15 et Q16, la tension de sortie s'écrit :

\begin{aligned} \underline{V}_S &= \left(1 + \frac{R_6}{R_5}\right) \underline{V}_{R_8} - \frac{R_6}{R_5} \underline{V}_{S_B} \\ &= \left(1 + \frac{R_6}{R_5}\right)\frac{R_8}{R_7 + R_8} \underline{V}_{C_1} - \frac{R_6}{R_5} \underline{V}_{C_2} \end{aligned}

Pour que cet étage se comporte comme un amplificateur de différence parfait, les gains sur les voies non-inverseuse et inverseuse doivent être égaux en valeur absolue, c'est-à-dire :

\begin{aligned} \left(1 + \frac{R_6}{R_5}\right)\frac{R_8}{R_7 + R_8} = \frac{R_6}{R_5} &\iff \frac{R_5 + R_6}{R_5} \frac{R_8}{R_7 + R_8} = \frac{R_6}{R_5} \\ &\iff (R_5 + R_6)R_8 = R_6(R_7 + R_8) \\ &\iff R_5 R_8 = R_6 R_7 \quad \text{soit} \quad \frac{R_6}{R_5} = \frac{R_8}{R_7} \end{aligned}

(Une réalisation courante consiste à choisir R_5 = R_7 et R_6 = R_8).

Sous cette première condition, l'expression de \underline{V}_S devient :

\underline{V}_S = \frac{R_6}{R_5} (\underline{V}_{C_1} - \underline{V}_{C_2})

En utilisant les expressions obtenues à la question Q13 avec R_1 = R_3 et R_2 = R_4 :

\underline{V}_{C_1} = \frac{R_2}{R_1 + R_2 + \jmath R_1 R_2 C_1 \omega} \underline{V}_A \quad \text{et} \quad \underline{V}_{C_2} = \frac{R_2}{R_1 + R_2 + \jmath R_1 R_2 C_2 \omega} \underline{V}_B

Pour que \underline{V}_{C_1} - \underline{V}_{C_2} soit directement proportionnel à \underline{V}_A - \underline{V}_B = R_{\text{shunt}}\,\underline{i}(\jmath\omega), il est nécessaire que les fonctions de transfert des deux cellules de filtrage soient identiques, ce qui impose :

C_1 = C_2

Sous ces conditions, la différence s'écrit :

\underline{V}_S = \frac{R_6}{R_5} \frac{\frac{R_2}{R_1 + R_2}}{1 + \jmath \frac{R_1 R_2 C_1}{R_1 + R_2} \omega} (\underline{V}_A - \underline{V}_B) = \frac{\frac{R_6}{R_5}\frac{R_2 R_{\text{shunt}}}{R_1 + R_2}}{1 + \jmath \frac{R_1 R_2 C_1}{R_1 + R_2} \omega} \underline{i}(\jmath\omega)

qui est bien de la forme voulue.

\boxed{C_1 = C_2 \quad \text{et} \quad \frac{R_6}{R_5} = \frac{R_8}{R_7} \quad (\text{ou } R_5 R_8 = R_6 R_7)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Avoir en tête les ordres de grandeur du courant d'induit facilitait grandement la résolution de cette question technique.

« Ces deux questions plus techniques ont bien souvent posé problème. Avoir des ordres de grandeurs des intensités des courants d’induit pour de telles machines en tête permettait de simplifier la rédaction des réponses à ces questions. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Notions : filtre passe-ba, amplification

Donner les expressions de et en fonction des éléments passifs. Expliquer comment répondre à l'objectif posé.

Voir l'indice

Identifier le gain statique g_i et la pulsation de coupure (ou constante de temps \tau_i) par identification directe avec la forme canonique d'un passe-bas du premier ordre.

Voir la stratégie
  1. Identifier g_i et \tau_i par identification directe entre l'expression de \underline{V}_S obtenue à la question Q17 et la forme standard proposée.
  2. Rappeler l'objectif fixé dans le préambule : mesurer la valeur moyenne I = \langle i(t) \rangle du courant d'induit à partir de la tension V_S.
  3. Expliquer le rôle du filtre passe-bas (dimensionnement de \tau_i vis-à-vis des fréquences de découpage) et de l'amplification (dimensionnement de g_i vis-à-vis de la faible valeur de R_{\text{shunt}}).
Voir la réponse courte

Identification du gain statique g_i et du temps de réponse \tau_i, servant à amplifier et filtrer les parasites haute fréquence.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat établi à la question Q17 :

\underline{V}_S(\jmath\omega) = \frac{\dfrac{R_6}{R_5}\dfrac{R_2}{R_1+R_2}R_{\text{shunt}}}{1 + \jmath\dfrac{R_1 R_2 C_1}{R_1+R_2}\omega}\,\underline{i}(\jmath\omega)

Par identification avec la relation :

\underline{V}_S(\jmath\omega) = \frac{g_i}{1 + \jmath \tau_i \omega}\,\underline{i}(\jmath\omega)

on obtient immédiatement :

\boxed{g_i = \frac{R_6}{R_5}\,\frac{R_2}{R_1 + R_2}\,R_{\text{shunt}}}
\boxed{\tau_i = \frac{R_1 R_2}{R_1 + R_2}\,C_1 = (R_1 \parallel R_2)\,C_1}

Réponse à l'objectif posé (mesure de la valeur moyenne I) :

  • Le courant d'induit i(t) issu du hacheur (ou redresseur) est constitué d'une composante continue I = \langle i(t) \rangle et d'ondulations périodiques à la fréquence de découpage f_d.
  • La transmittance se comporte comme un filtre passe-bas du premier ordre de fréquence de coupure f_c = \dfrac{1}{2\pi \tau_i}. En choisissant \tau_i tel que :

    f_c \ll f_d \quad \Longleftrightarrow \quad \tau_i \gg \frac{1}{2\pi f_d}

    les composantes alternatives à fréquence élevée sont fortement atténuées.

  • La tension de sortie est alors quasi purement continue et proportionnelle à la valeur moyenne du courant :

    V_S \approx g_i\,\langle i(t) \rangle = g_i\,I
  • La résistance R_{\text{shunt}} est obligatoirement choisie très faible afin de minimiser les pertes par effet Joule et ne pas perturber l'alimentation du moteur. Le facteur d'amplification différentiel \dfrac{R_6}{R_5} permet alors d'ajuster g_i de façon à ce que la tension de sortie V_S appartienne à une gamme de mesure standard (par exemple 0 - 5\text{ V}) facilement exploitable par un voltmètre ou une carte d'acquisition. La valeur moyenne cherchée s'obtient simplement par :

    I = \frac{V_S}{g_i}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question technique a posé difficulté ; les ordres de grandeur du courant d'induit aidaient à y répondre.

« Ces deux questions plus techniques ont bien souvent posé problème. Avoir des ordres de grandeurs des intensités des courants d’induit pour de telles machines en tête permettait de simplifier la rédaction des réponses à ces questions. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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I.3 · Traitement

Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : réaction chimique, stœchiométrie

Ajuster les nombres stœchiométriques , et .

Voir l'indice

Assurer la conservation des éléments chimiques U, O, H et F entre réactifs et produits.

Voir la réponse courte

Conservation des éléments chimiques pour équilibrer la réaction d'hydrofluoration de l'oxyde d'uranium.

Voir le corrigé complet

L'équation de la réaction s'écrit :

\mathrm{UO}_{2(s)} + \alpha\,\mathrm{HF}_{(g)} \rightleftharpoons \beta\,\mathrm{UF}_{4(s)} + \gamma\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}

Établissons le bilan de conservation de chaque élément chimique :

  • Conservation de l'élément uranium (\mathrm{U}) :

    1 = \beta \implies \beta = 1
  • Conservation de l'élément fluor (\mathrm{F}) :

    \alpha = 4\,\beta \implies \alpha = 4
  • Conservation de l'élément oxygène (\mathrm{O}) :

    2 = \gamma \implies \gamma = 2
  • On vérifie la conservation de l'élément hydrogène (\mathrm{H}) :

    \alpha = 2\,\gamma \iff 4 = 2 \times 2 \quad \text{(vérifié)}

Les coefficients stœchiométriques sont donc :

\boxed{\alpha = 4, \quad \beta = 1, \quad \gamma = 2}

L'équation de la réaction modélisant l'hydrofluoration s'écrit ainsi :

\mathrm{UO}_{2(s)} + 4\,\mathrm{HF}_{(g)} \rightleftharpoons \mathrm{UF}_{4(s)} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : loi de hess, entropie standard de réaction

À l'aide des données fournies, calculer l'enthalpie de réaction ainsi que l'entropie standard de réaction associées à l'équation 2. Commenter ces deux valeurs.

Voir l'indice

Utiliser la loi de Hess avec les enthalpies de formation, puis relier l'enthalpie libre standard à la constante d'équilibre pour en déduire l'entropie standard.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de Hess à 298\text{ K} à partir des enthalpies standard de formation fournies pour déterminer \Delta_r H^\circ.
  2. Relier l'enthalpie libre standard de réaction \Delta_r G^\circ à la constante d'équilibre K^\circ(T_{1000}) à T_{1000} = 1{,}00\cdot 10^3\text{ K}, puis en déduire \Delta_r S^\circ sous l'approximation d'Ellingham (\Delta_r H^\circ et \Delta_r S^\circ indépendantes de la température).
  3. Commenter le signe de \Delta_r H^\circ (caractère thermique de la réaction) et celui de \Delta_r S^\circ au regard de la variation du nombre de moles de gaz.
Voir la réponse courte

Calcul de \Delta_r H^\circ par la loi de Hess et \Delta_r S^\circ par entropies molaires standard ; réaction fortement exothermique.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de la réaction établie à la question Q19 :

\mathrm{UO}_{2(s)} + 4\,\mathrm{HF}_{(g)} \rightleftharpoons \mathrm{UF}_{4(s)} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}

Calcul de l'enthalpie standard de réaction : D'après la loi de Hess :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ &= \Delta_f H^\circ(\mathrm{UF}_{4(s)}) + 2\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{UO}_{2(s)}) - 4\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{HF}_{(g)}) \end{aligned}

Application numérique avec les données du document 3 :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ &= -1921 + 2 \times (-241{,}9) - (-1084) - 4 \times (-268{,}7) \\ \Delta_r H^\circ &= -2404{,}8 + 2158{,}8 = -246{,}0\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta_r H^\circ = -246\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

Calcul de l'entropie standard de réaction : À la température T_{1000} = 1{,}00\cdot 10^3\text{ K}, l'enthalpie libre standard de réaction s'exprime de deux manières :

\begin{aligned} \Delta_r G^\circ(T_{1000}) &= -R\,T_{1000}\ln K^\circ(T_{1000}) \\ \Delta_r G^\circ(T_{1000}) &= \Delta_r H^\circ - T_{1000}\,\Delta_r S^\circ \end{aligned}

On en déduit l'expression de \Delta_r S^\circ :

\begin{aligned} \Delta_r S^\circ &= \frac{\Delta_r H^\circ + R\,T_{1000}\ln K^\circ(T_{1000})}{T_{1000}} = \frac{\Delta_r H^\circ}{T_{1000}} + R\ln K^\circ(T_{1000}) \end{aligned}

Application numérique :

\begin{aligned} \Delta_r S^\circ &= \frac{-246{,}0\cdot 10^3}{1{,}00\cdot 10^3} + 8{,}314 \times \ln(9{,}0\cdot 10^2) \\ \Delta_r S^\circ &= -246{,}0 + 8{,}314 \times 6{,}802 = -246{,}0 + 56{,}6 = -189{,}4\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta_r S^\circ = -189\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}}

Commentaires :

  • \Delta_r H^\circ < 0 : la réaction est exothermique. Elle dégage de la chaleur vers le milieu extérieur.
  • \Delta_r S^\circ < 0 : l'entropie standard diminue au cours de la réaction. Cela est parfaitement cohérent avec la variation du nombre stœchiométrique de constituants gazeux :

    \Delta \nu_g = \sum_{\text{gaz}} \nu_i = 2 - 4 = -2 < 0

    La disparition de 2 moles de gaz par mole d'avancement entraîne une diminution du désordre microscopique du système.

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : constante d'équilibre, enthalpie libre standard de réaction

Estimer la constante d'équilibre standard à la température puis sa valeur pour .

Voir l'indice

Intégrer la relation isobare de van 't Hoff entre la température de référence T = 1\,000\text{ K} et T = 650\text{ K}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \ln K^\circ(T) en utilisant l'enthalpie libre standard de réaction \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T \Delta_r S^\circ (ou par intégration de la loi de van 't Hoff) sous l'approximation d'Ellingham.
  2. Effectuer l'application numérique à T = 6,5 \cdot 10^2\text{ K}.
Voir la réponse courte

Calcul de \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T\Delta_r S^\circ puis déduction de K^\circ(T) = \exp(-\Delta_r G^\circ/RT).

Voir le corrigé complet

Sous l'approximation d'Ellingham, l'enthalpie standard de réaction \Delta_r H^\circ et l'entropie standard de réaction \Delta_r S^\circ sont indépendantes de la température.

L'enthalpie libre standard de réaction s'écrit :

\Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T\,\Delta_r S^\circ = -R\,T \ln K^\circ(T)

On en déduit l'expression de la constante d'équilibre standard à la température T :

\ln K^\circ(T) = -\frac{\Delta_r H^\circ}{R\,T} + \frac{\Delta_r S^\circ}{R}

soit de manière équivalente, en référence à la température T_1 = 1,00 \cdot 10^3\text{ K} (loi de van 't Hoff intégrée) :

\boxed{K^\circ(T) = K^\circ(T_1)\,\exp\left[-\frac{\Delta_r H^\circ}{R}\left(\frac{1}{T} - \frac{1}{T_1}\right)\right] = \exp\left(-\frac{\Delta_r H^\circ}{R\,T} + \frac{\Delta_r S^\circ}{R}\right)}

Application numérique : Pour T = 6,5 \cdot 10^2\text{ K}, avec :

  • T_1 = 1,00 \cdot 10^3\text{ K} et K^\circ(T_1) = 9,0 \cdot 10^2,
  • \Delta_r H^\circ = -246\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} = -2,46 \cdot 10^5\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1},
  • R = 8,314\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1},

on calcule l'argument de l'exponentielle :

-\frac{\Delta_r H^\circ}{R}\left(\frac{1}{T} - \frac{1}{T_1}\right) = -\frac{-2,46 \cdot 10^5}{8,314} \times \left(\frac{1}{650} - \frac{1}{1000}\right) \approx 29\,589 \times 5,385 \cdot 10^{-4} \approx 15,93

D'où :

K^\circ(6,5 \cdot 10^2\text{ K}) = 9,0 \cdot 10^2 \times \mathrm{e}^{15,93} \approx 9,0 \cdot 10^2 \times 8,3 \cdot 10^6 \approx 7,5 \cdot 10^9
\boxed{K^\circ(6,5 \cdot 10^2\text{ K}) \approx 7,5 \cdot 10^9}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : déplacement d'équilibre, loi de van 't hoff

On désire déplacer l'état d'équilibre vers la formation de . En justifiant rigoureusement, indiquer s'il faut augmenter ou diminuer la température et la pression totale ou encore diluer le gaz par un gaz inerte.

Voir l'indice

Appliquer le principe de modération de Le Chatelier ou la loi de van 't Hoff pour la température, et calculer la variation du nombre de moles de gaz \Delta \nu_g pour la pression et la dilution.

Voir la stratégie

Pour déterminer le sens de déplacement de l'équilibre chimique lors d'une perturbation, on étudie l'évolution du quotient de réaction Q_r par rapport à la constante d'équilibre standard K^\circ(T) :

  • Une modification de température agit sur la constante d'équilibre K^\circ(T) via la relation de van 't Hoff ;
  • Une modification de pression ou une addition de gaz inerte agit sur le quotient de réaction Q_r à composition fixée. Le système évolue dans le sens direct si Q_r < K^\circ.
Voir la réponse courte

Déplacement exothermique favorisé à basse température (Van 't Hoff) et sens de diminution du nombre de moles gazeuses favorisé par augmentation de pression.

Voir le corrigé complet

L'équation de la réaction d'hydrofluoration s'écrit (Q19) :

\mathrm{UO}_{2(s)} + 4\,\mathrm{HF}_{(g)} \rightleftharpoons \mathrm{UF}_{4(s)} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}

avec une variation de stœchiométrie gazeuse \Delta\nu_g = 2 - 4 = -2 < 0.

Les solides \mathrm{UO}_{2(s)} et \mathrm{UF}_{4(s)} étant supposés purs et non miscibles, leur activité vaut 1. Le quotient de réaction s'exprime donc en fonction des pressions partielles :

Q_r = \frac{\left(P_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}/P^\circ\right)^2}{\left(P_{\mathrm{HF}}/P^\circ\right)^4} = \frac{x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}{x_{\mathrm{HF}}^4}\left(\frac{P^\circ}{P}\right)^2 = \frac{n_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2 \cdot n_{g,\text{tot}}^2}{n_{\mathrm{HF}}^4}\left(\frac{P^\circ}{P}\right)^2

où P est la pression totale et n_{g,\text{tot}} la quantité totale de matière en phase gazeuse.

On cherche à déplacer l'état d'équilibre dans le sens direct (formation de \mathrm{UF}_{4(s)}).

1. Influence de la température : La dépendance en température de la constante d'équilibre est donnée par la loi de van 't Hoff :

\frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_r H^\circ}{R\,T^2}

D'après la question Q20, la réaction est exothermique : \Delta_r H^\circ = -246\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} < 0.

Par conséquent, \frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} < 0 : la constante K^\circ(T) augmente si la température diminue. Une diminution de température conduit à K^\circ(T_{\text{finale}}) > Q_r, ce qui provoque un déplacement de l'équilibre dans le sens direct.

\boxed{\text{Il faut diminuer la température.}}

2. Influence de la pression totale : À composition chimique donnée, la dépendance du quotient de réaction vis-à-vis de la pression totale est :

Q_r \propto P^{-2}

Une augmentation de la pression totale P entraîne une diminution de Q_r, de sorte que Q_r < K^\circ(T). Le système réagit alors en évoluant spontanément dans le sens direct pour rétablir l'équilibre (conforme à la loi de modération de Le Chatelier, une hausse de pression favorisant le sens diminuant la quantité de matière de gaz, \Delta\nu_g = -2).

\boxed{\text{Il faut augmenter la pression totale.}}

3. Influence de la dilution par un gaz inerte :

  • À pression et température constantes : L'ajout d'un gaz inerte augmente la quantité totale de moles de gaz n_{g,\text{tot}}. Comme Q_r \propto n_{g,\text{tot}}^2, l'adjonction de ce gaz fait augmenter Q_r, conduisant à Q_r > K^\circ(T). Le système évolue alors dans le sens indirect (destruction de \mathrm{UF}_4).
  • À volume et température constants : L'ajout d'un gaz inerte n'affecte pas les pressions partielles P_i = \frac{n_i R T}{V} des gaz réagissants. Le quotient Q_r reste inchangé, donc il n'y a aucun déplacement d'équilibre.
\boxed{\text{La dilution par un gaz inerte est défavorable ou sans effet : il ne faut pas diluer.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'utilisation de la loi de Le Châtelier n'était pas acceptée pour justifier le sens de déplacement de l'équilibre.

« Les réponses fournies n’ont pas été satisfaisantes globalement. L’utilisation de la loi de Le Châtelier ne constituait pas ici une justification recevable. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 23

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : fraction molaire, quotient de réaction

On se place à et . Calculer les fractions molaires des constituants physico-chimiques en phase gazeuse à l'équilibre.

Voir l'indice

Exprimer la constante d'équilibre en fonction des pressions partielles de \mathrm{HF} et \mathrm{H_2O} sachant que les solides ont une activité unitaire, puis utiliser la somme des fractions molaires égale à 1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le quotient de réaction à l'équilibre en fonction des fractions molaires des espèces gazeuses, en supposant le mélange de gaz parfaits et la présence des deux solides purs.
  2. Utiliser la relation de fermeture sur les fractions molaires en phase gazeuse (x_{\mathrm{HF}} + x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 1).
  3. Résoudre l'équation algébrique obtenue compte tenu de la valeur élevée de K^\circ(T).
Voir la réponse courte

Expression de la constante d'équilibre en fonction des pressions partielles pour déterminer les fractions molaires finales des gaz.

Voir le corrigé complet

La réaction d'hydrofluoration considérée (Q19) s'écrit :

\mathrm{UO}_{2(s)} + 4\,\mathrm{HF}_{(g)} \rightleftharpoons \mathrm{UF}_{4(s)} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}

À l'équilibre, en présence des deux solides dans leur état standard de référence (a_{\mathrm{UO}_2} = a_{\mathrm{UF}_4} = 1), les activités des constituants gazeux, modélisés par des gaz parfaits, sont données par :

a_{\mathrm{HF}} = \frac{P_{\mathrm{HF}}}{P^\circ} = x_{\mathrm{HF}}\,\frac{P}{P^\circ} \quad \text{et} \quad a_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = \frac{P_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}}{P^\circ} = x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}\,\frac{P}{P^\circ}

Puisque la pression totale imposée est P = P^\circ = 1,0\text{ bar}, la constante d'équilibre s'exprime selon :

K^\circ(T) = \frac{a_{\mathrm{UF}_4} \cdot a_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}{a_{\mathrm{UO}_2} \cdot a_{\mathrm{HF}}^4} = \frac{x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}{x_{\mathrm{HF}}^4}

En prenant la racine carrée, on obtient :

\frac{x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}}{x_{\mathrm{HF}}^2} = \sqrt{K^\circ(T)}

En l'absence de tout autre gaz, la somme des fractions molaires de la phase gazeuse vaut 1 :

x_{\mathrm{HF}} + x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 1 \implies x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 1 - x_{\mathrm{HF}}

D'où l'équation en x_{\mathrm{HF}} :

\sqrt{K^\circ(T)}\,x_{\mathrm{HF}}^2 + x_{\mathrm{HF}} - 1 = 0

D'après le résultat de la question Q21, à T = 6,5 \cdot 10^2\text{ K}, K^\circ(T) \approx 7,5 \cdot 10^9, soit :

\sqrt{K^\circ(T)} \approx 8,7 \cdot 10^4 \gg 1

Comme \sqrt{K^\circ(T)} \gg 1, le gaz est quasi-exclusivement constitué de vapeur d'eau : x_{\mathrm{HF}} \ll 1, soit x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} \approx 1. Il vient immédiatement :

\begin{aligned} x_{\mathrm{HF}} &\approx \frac{1}{\left(K^\circ(T)\right)^{1/4}} = \frac{1}{\left(7,5 \cdot 10^9\right)^{1/4}} \approx 3,4 \cdot 10^{-3} \\ x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} &= 1 - x_{\mathrm{HF}} \approx 1 - 3,4 \cdot 10^{-3} = 0,9966 \approx 1,00 \end{aligned}
\boxed{x_{\mathrm{HF}} = 3,4 \cdot 10^{-3} \quad \text{et} \quad x_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 0,997 \approx 1,00}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul des fractions molaires via un bilan de matière gazeux et la loi d'action de masse reste problématique.

« Les bilans de matière en phase gazeuse et l’utilisation de la loi de Güldberg et Waage pour déterminer les fractions molaires à l’équilibre restent problématiques. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : cinétique chimique, ordre de réaction

Exprimer en fonction de , et .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire homogène du premier ordre à coefficients constants.

Voir la réponse courte

Intégration d'une loi de cinétique d'ordre 1 : C_r(t) = C_r(0)\,\exp(-\lambda t).

Voir le corrigé complet

L'évolution de la concentration C_r(t) est régie par l'équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants :

\frac{\mathrm{d}C_r}{\mathrm{d}t}(t) + \lambda \, C_r(t) = 0

Par séparation des variables ou résolution directe, la solution générale s'écrit sous la forme :

C_r(t) = A \, \mathrm{e}^{-\lambda t}

où A est une constante d'intégration déterminée par la condition initiale à t = 0 :

C_r(0) = A

On en déduit immédiatement la loi de décroissance radioactive :

\boxed{C_r(t) = C_r(0) \, \mathrm{e}^{-\lambda t}}

Résultat

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : temps de demi-réaction

L'usage est de caractériser l'activité d'un atome par sa période (ou demie vie) radioactive , temps au bout duquel la concentration initiale a été divisée par deux. Donner la relation existant entre et .

Voir l'indice

Appliquer la définition de la demi-vie en écrivant C_r(T_{1/2}) = C_r(0)/2.

Voir la réponse courte

Relation classique liant demi-vie radioactive et constante radioactive : T_{1/2} = \frac{\ln 2}{\lambda}.

Voir le corrigé complet

Par définition de la demi-vie (ou période radioactive) T_{1/2}, la concentration à cet instant est égale à la moitié de la concentration initiale :

C_r(T_{1/2}) = \frac{C_r(0)}{2}

En utilisant la loi de décroissance radioactive établie à la question Q24, C_r(t) = C_r(0)\,\mathrm{e}^{-\lambda t}, il vient :

\begin{aligned} C_r(0)\,\mathrm{e}^{-\lambda T_{1/2}} &= \frac{C_r(0)}{2} \\ \mathrm{e}^{-\lambda T_{1/2}} &= \frac{1}{2} \\ -\lambda T_{1/2} &= -\ln 2 \end{aligned}

On obtient ainsi la relation usuelle :

\boxed{T_{1/2} = \frac{\ln 2}{\lambda} \quad \text{soit} \quad \lambda = \frac{\ln 2}{T_{1/2}}}

Résultat

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Question 26

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résolution de problème
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : énergie nucléaire

() possède la propriété d'être fissile : il peut capter un neutron lent pour fissionner en plusieurs atomes plus légers et plusieurs neutrons rapides selon par exemple :

En moyenne sur toutes les réactions possibles, chaque atome qui fissionne libère et neutrons. Évaluer la masse d'uranium qu'un « mini réacteur » de volume et de puissance est susceptible de contenir.

Donnée numérique : • Période radioactive moyenne associée aux processus de fission de : .

Voir l'indice

Calculer le nombre total de fissions nécessaires par seconde pour fournir la puissance \mathcal{P}, en déduire l'activité et relier celle-ci au nombre de noyaux présents via la constante radioactive.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance thermique \mathcal{P} produite par le réacteur en reliant le nombre de fissions par seconde (activité A) à l'énergie \mathscr{E} libérée par chaque fission d'un noyau d^{235}\mathrm{U}.
  2. Utiliser la loi cinétique d'ordre 1 et la relation entre \lambda et T_{1/2,\mathrm{moy}} établies aux questions Q24 et Q25 pour relier le taux de fission au nombre N de noyaux d'uranium présents.
  3. En déduire le nombre de noyaux N, puis la masse correspondante m.
Voir la réponse courte

Bilan de puissance \mathcal{P} = \dot{N}\,\mathscr{E} avec \dot{N} = \lambda N, permettant de calculer le nombre de noyaux puis la masse m.

Voir le corrigé complet

Chaque atome d^{235}\mathrm{U} qui fissionne libère une énergie :

\mathscr{E} = 200\text{ MeV} = 200 \times 10^6 \times 1{,}6 \cdot 10^{-19}\text{ J} = 3{,}2 \cdot 10^{-11}\text{ J}

Soit N(t) le nombre de noyaux d^{235}\mathrm{U} présents dans le réacteur à l'instant t. Le nombre de fissions se produisant par unité de temps correspond au taux de disparition des noyaux d^{235}\mathrm{U} :

\dot{N}_{\mathrm{fiss}} = -\frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}

D'après la loi de décroissance radioactive d'ordre 1 étudiée aux questions Q24 et Q25 :

-\frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t} = \lambda N = \frac{\ln 2}{T_{1/2,\mathrm{moy}}} N

La puissance thermique \mathcal{P} dégagée par l'ensemble de ces fissions s'écrit donc :

\mathcal{P} = \dot{N}_{\mathrm{fiss}} \, \mathscr{E} = \frac{\ln 2}{T_{1/2,\mathrm{moy}}} N \, \mathscr{E}

On en déduit le nombre N de noyaux d^{235}\mathrm{U} nécessaires pour maintenir cette puissance :

N = \frac{\mathcal{P} \, T_{1/2,\mathrm{moy}}}{\mathscr{E} \ln 2}

La masse m d^{235}\mathrm{U} correspondante est liée à la quantité de matière par m = n \, \mathcal{M}_{^{235}\mathrm{U}} = \frac{N}{\mathcal{N}_A}\mathcal{M}_{^{235}\mathrm{U}}, d'où l'expression littérale :

\boxed{m = \frac{\mathcal{P} \, T_{1/2,\mathrm{moy}} \, \mathcal{M}_{^{235}\mathrm{U}}}{\mathscr{E} \, \mathcal{N}_A \ln 2}}

Application numérique :

  • \mathcal{P} = 2\text{ kW} = 2 \cdot 10^3\text{ W}
  • T_{1/2,\mathrm{moy}} \sim 1 \cdot 10^1\text{ s}
  • \mathcal{M}_{^{235}\mathrm{U}} = 235{,}0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 0{,}2350\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}
  • \mathscr{E} = 3{,}2 \cdot 10^{-11}\text{ J}
  • \mathcal{N}_A = 6{,}02 \cdot 10^{23}\text{ mol}^{-1}
\begin{aligned} m &= \frac{2 \cdot 10^3 \times 10 \times 0{,}2350}{3{,}2 \cdot 10^{-11} \times 6{,}02 \cdot 10^{23} \times \ln 2} \\ m &\approx 3{,}5 \cdot 10^{-10}\text{ kg} = 3{,}5 \cdot 10^{-7}\text{ g} = 0{,}35\ \mu\mathrm{g} \end{aligned}
\boxed{m \approx 3{,}5 \cdot 10^{-10}\text{ kg} = 0{,}35\ \mu\mathrm{g}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il est attendu de bien expliciter la démarche suivie et de commenter le résultat numérique obtenu.

« Cette première résolution de problème a conduit à des réponses plus ou moins satisfaisantes. Tout résultat numérique appelle un commentaire. Les étudiants devraient préciser le raisonnement suivi afin de faciliter la compréhension de la réponse rédigée. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Partie II : Centrale nucléaire

II.1 · Fonctionnement global

Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cycle de carnot, rendement

Calculer le rendement de la centrale sachant qu'il est égal à du rendement maximal de Carnot. Vous établirez tout d'abord l'expression du rendement de Carnot.

Voir l'indice

Exprimer le rendement théorique réversible de Carnot à partir des deux températures de sources puis lui appliquer le facteur 0{,}600.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier et le second principe de la thermodynamique à un fluide décrivant un cycle ditherme réversible (cycle de Carnot) entre la source chaude à T_C et la source froide à T_F.
  2. Définir le rendement moteur et en déduire l'expression de \eta_C.
  3. Calculer numériquement \eta_C puis \eta = 0{,}600 \times \eta_C.
Voir la réponse courte

Rendement de Carnot \eta_C = 1 - T_F/T_C puis application numérique du rendement réel \eta = 0{,}60\,\eta_C.

Voir le corrigé complet

Considérons le fluide caloporteur décrivant un cycle de transformations entre la source chaude à température T_C et la source froide à température T_F.

  • Le premier principe de la thermodynamique appliqué au fluide sur un cycle (\Delta U = 0) s'écrit :

    W + Q_C + Q_F = 0 \implies -W = Q_C + Q_F

    où W est le travail algébriquement reçu par le fluide, et Q_C, Q_F sont les transferts thermiques reçus respectivement de la source chaude et de la source froide.

  • Le second principe de la thermodynamique sur un cycle (\Delta S = 0) s'écrit :

    \frac{Q_C}{T_C} + \frac{Q_F}{T_F} + S_c = 0 \quad \text{avec} \quad S_c \geqslant 0

Le fonctionnement étant moteur, le fluide reçoit de l'énergie thermique de la source chaude (Q_C > 0) et fournit du travail mécanique au milieu extérieur (travail utile -W > 0). Le rendement thermique est défini par :

\eta = \frac{-W}{Q_C} = \frac{Q_C + Q_F}{Q_C} = 1 + \frac{Q_F}{Q_C}

D'après le second principe :

\frac{Q_F}{T_F} = -\frac{Q_C}{T_C} - S_c \leqslant -\frac{Q_C}{T_C}

Comme Q_C > 0, il vient :

\frac{Q_F}{Q_C} \leqslant -\frac{T_F}{T_C} \implies \eta \leqslant 1 - \frac{T_F}{T_C}

Le rendement maximal correspond au cas d'un cycle réversible (S_c = 0), appelé rendement de Carnot :

\boxed{\eta_C = 1 - \frac{T_F}{T_C}}

Application numérique : Avec T_C = 573\text{ K} et T_F = 287\text{ K} :

\eta_C = 1 - \frac{287}{573} = \frac{286}{573} \approx 0{,}499 \quad (\text{soit } 49{,}9\,\%)

Le rendement réel de la centrale est donné par \eta = 0{,}600\,\eta_C :

\begin{aligned} \eta &= 0{,}600 \times \left(1 - \frac{287}{573}\right) = 0{,}600 \times 0{,}4991 = 0{,}299 \end{aligned}
\boxed{\eta = 29{,}9\,\% \approx 30\,\%}

Résultat

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : premier principe, rendement

Exprimer la puissance thermique reçue de la source chaude vers le fluide caloporteur en fonction de et , puissance mécanique algébriquement reçue.

Voir l'indice

Utiliser la définition du rendement thermodynamique reliant le travail mécanique cédé (opposé du travail algébriquement reçu) à la chaleur fournie par la source chaude.

Voir la réponse courte

Définition du rendement moteur : \mathscr{P}_{\mathrm{th, C}} = -\mathscr{P} / \eta.

Voir le corrigé complet

Dans une machine thermique fonctionnant en moteur (centrale thermique motrice), le fluide caloporteur décrit un cycle au cours duquel :

  • il reçoit une puissance thermique de la source chaude : \mathscr{P}_{\text{th, C}} > 0 ;
  • il cède une puissance mécanique au milieu extérieur (turbine couplée à l'alternateur).

Puisque \mathscr{P} désigne la puissance mécanique algébriquement reçue par le fluide, celle-ci est négative (\mathscr{P} < 0). La puissance mécanique utile fournie à l'extérieur s'écrit donc :

\mathscr{P}_{\text{utile}} = -\mathscr{P} > 0

Par définition thermodynamique, le rendement \eta d'un moteur thermique est le rapport de la puissance utile fournie sur la puissance thermique coûteuse reçue de la source chaude :

\eta = \frac{\mathscr{P}_{\text{utile}}}{\mathscr{P}_{\text{th, C}}} = -\frac{\mathscr{P}}{\mathscr{P}_{\text{th, C}}}

On en déduit l'expression de la puissance thermique reçue de la source chaude :

\boxed{\mathscr{P}_{\text{th, C}} = -\frac{\mathscr{P}}{\eta}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 29

ExigeanteTemps estimé : ≈ 9 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résolution de problème
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : transfert thermique, capacité thermique

() Estimer la variation de température de l'eau de la Moselle due à la présence de la centrale nucléaire de Cattenom. Commenter la valeur obtenue.

Donnée numérique : • Débit volumique annuel moyen de la Moselle : .

Voir l'indice

Calculer la puissance thermique totale rejetée à la source froide par les 4 réacteurs, puis effectuer un bilan thermique sur le débit massique de la Moselle.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la puissance électrique nominale totale \mathcal{P}_e fournie par les réacteurs de la centrale de Cattenom (document 1).
  2. Exprimer puis calculer la puissance thermique |\mathscr{P}_{\mathrm{th, F}}| évacuée vers la source froide à l'aide du rendement \eta trouvé en Q27.
  3. Établir le bilan d'enthalpie sur le débit de la Moselle pour en déduire l'élévation théorique de température \Delta T, puis commenter l'ordre de grandeur obtenu.
Voir la réponse courte

Bilan thermique sur le fleuve recevant la chaleur de la source froide : \mathscr{P}_{\mathrm{th, F}} = D_m\,c_{\mathrm{eau}}\,\Delta T.

Voir le corrigé complet

D'après le document 1, la centrale de Cattenom est constituée de 4 réacteurs à eau pressurisée délivrant chacun une puissance électrique nominale de 1\,300\text{ MWe}, soit une puissance électrique totale installée :

\mathcal{P}_e = 4 \times 1\,300\text{ MW} = 5{,}2 \cdot 10^9\text{ W} = 5{,}2\text{ GW}.

En assimilant la puissance électrique fournie à la puissance mécanique utile du cycle (-\mathscr{P} = \mathcal{P}_e), le bilan énergétique global du fluide en régime stationnaire s'écrit :

\mathscr{P}_{\mathrm{th, C}} + \mathscr{P}_{\mathrm{th, F}} + \mathscr{P} = 0 \iff |\mathscr{P}_{\mathrm{th, F}}| = \mathscr{P}_{\mathrm{th, C}} - \mathcal{P}_e.

Le rendement thermodynamique s'écrit \eta = \frac{\mathcal{P}_e}{\mathscr{P}_{\mathrm{th, C}}}, d'où :

|\mathscr{P}_{\mathrm{th, F}}| = \mathcal{P}_e\left(\frac{1-\eta}{\eta}\right).

Avec \eta \approx 29{,}9\,\% (d'après Q27) :

|\mathscr{P}_{\mathrm{th, F}}| = 5{,}2 \cdot 10^9 \times \frac{1 - 0{,}299}{0{,}299} \approx 1{,}22 \cdot 10^{10}\text{ W} = 12{,}2\text{ GW}.

Si l'intégralité de cette puissance thermique était cédée à l'eau de la Moselle, de débit massique D_{m,\text{Moselle}} = \varrho_e D_V, le premier principe pour un système ouvert à capacité thermique massique c_e constante donnerait :

|\mathscr{P}_{\mathrm{th, F}}| = \varrho_e \, D_V \, c_e \, \Delta T.

On en déduit l'expression de l'élévation de température :

\Delta T = \frac{\mathcal{P}_e\left(\frac{1-\eta}{\eta}\right)}{\varrho_e \, D_V \, c_e}.

Application numérique avec les données : \varrho_e = 1{,}00 \cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, D_V = 3{,}3 \cdot 10^2\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} et c_e = 4{,}18 \cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} :

\begin{aligned} \Delta T &= \frac{1{,}22 \cdot 10^{10}}{1{,}00 \cdot 10^3 \times 3{,}3 \cdot 10^2 \times 4{,}18 \cdot 10^3} \\ &= \frac{1{,}22 \cdot 10^{10}}{1{,}38 \cdot 10^9} \approx 8{,}8\text{ K}. \end{aligned}
\boxed{\Delta T \approx 9\text{ K} \quad (\text{ou } 9^\circ\text{C})}.

Remarque : si l'on effectue le calcul avec la puissance moyenne réelle produite en 2020 (31{,}18\text{ TWh} sur l'année, soit \mathcal{P}_{e,\mathrm{moy}} \approx 3{,}56\text{ GW}), on trouve \Delta T \approx 6\text{ K}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut définir explicitement le système étudié et penser à commenter le résultat numérique obtenu.

« Définir le système permet d’éviter certaines erreurs ! Le résultat numérique obtenu appelle un commentaire. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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II.2 · Puissance de la pompe du circuit secondaire

Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : premier principe, système ouvert

Évaluer la puissance mécanique que la pompe doit fournir au fluide. L'évolution du fluide est supposée adiabatique à l'intérieur de celle-ci.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe pour un fluide en écoulement stationnaire en considérant la variation d'enthalpie du liquide incompressible sous forme thermique et hydraulique.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à un système ouvert en écoulement stationnaire (premier principe industriel) entre l'entrée et la sortie de la pompe pour relier le travail massique utile w_u à la variation d'enthalpie massique \Delta h.
  2. Exprimer \Delta h pour une phase condensée (eau liquide) incompressible et indilatable à partir de sa capacité thermique massique c_e et de sa masse volumique \varrho_e.
  3. En déduire la puissance mécanique \mathscr{P}_m = D_m w_u fournie par la pompe au fluide.
Voir la réponse courte

Premier principe industriel pour un fluide incompressible : puissance mécanique \mathcal{P}_m = D_m\,\frac{\Delta P}{\varrho}.

Voir le corrigé complet

Considérons le volume de contrôle délimité par la pompe en régime stationnaire. Le premier principe pour un système ouvert en écoulement permanent s'écrit, en grandeurs massiques :

\Delta h + \Delta e_c + \Delta e_p = w_u + q

où :

  • l'évolution est adiabatique à l'intérieur de la pompe, soit q = 0 ;
  • les variations d'énergie cinétique macroscopique et d'énergie potentielle de pesanteur entre l'entrée et la sortie sont négligeables devant les variations d'enthalpie : \Delta e_c \approx 0 et \Delta e_p \approx 0.

On en déduit que le travail massique utile reçu par le fluide est égal à la variation d'enthalpie massique :

w_u = h_s - h_e

L'eau liquide est modélisée par une phase condensée idéale, incompressible et indilatable de masse volumique \varrho_e et de capacité thermique massique c_e. L'identité thermodynamique fondamentale pour l'enthalpie s'écrit :

\mathrm{d}h = T\,\mathrm{d}s + v\,\mathrm{d}P = c_e\,\mathrm{d}T + \frac{\mathrm{d}P}{\varrho_e}

Par intégration entre l'état d'entrée (T_e, P_e) et l'état de sortie (T_s, P_s) :

h_s - h_e = c_e (T_s - T_e) + \frac{P_s - P_e}{\varrho_e}

La puissance mécanique \mathscr{P}_m que la pompe doit fournir au fluide s'exprime donc par :

\mathscr{P}_m = D_m \left[ c_e (T_s - T_e) + \frac{P_s - P_e}{\varrho_e} \right]

Calculons séparément les deux contributions massiques :

  • Contribution thermique :

    c_e (T_s - T_e) = 4,18 \cdot 10^3 \times (76 - 33) = 1,797 \cdot 10^5\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}
  • Contribution mécanique (travail de transvasement) :

    \frac{P_s - P_e}{\varrho_e} = \frac{(70 - 18) \cdot 10^5}{1,00 \cdot 10^3} = 5,2 \cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}

La variation d'enthalpie massique vaut :

\Delta h = 1,797 \cdot 10^5 + 5,2 \cdot 10^3 = 1,85 \cdot 10^5\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}

D'où la puissance mécanique totale fournie au fluide :

\begin{aligned} \mathscr{P}_m &= 640 \times 1,849 \cdot 10^5 \\ &= 1,18 \cdot 10^8\text{ W} = 118\text{ MW} \end{aligned}
\boxed{\mathscr{P}_m = D_m \left[ c_e (T_s - T_e) + \frac{P_s - P_e}{\varrho_e} \right] \approx 1,2 \cdot 10^2\text{ MW}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'expression de la variation d'enthalpie massique a posé problème et la cohérence de la valeur obtenue devait interpeller.

« Si le premier principe industriel est connu, son exploitation a posé problème dans nombre de copies, en particulier l’expression de la variation de l’enthalpie massique h. La valeur obtenue doit interpeller ! »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : rendement

La pompe a un rendement de . En déduire la puissance électrique consommée par cette dernière.

Voir l'indice

Diviser la puissance utile fournie au fluide par le rendement de la machine hydraulique.

Voir la stratégie

Le rendement \eta_{\text{pompe}} d'un groupe moto-pompe est défini comme le rapport entre la puissance mécanique utile cédée au fluide \mathscr{P}_m et la puissance électrique \mathcal{P}_{\text{élec}} absorbée par le moteur électrique d'entraînement. On en déduit directement l'expression de \mathcal{P}_{\text{élec}}.

Voir la réponse courte

Puissance électrique consommée par la pompe : \mathcal{P}_{\text{élec}} = \mathcal{P}_m / \eta_{\mathrm{pompe}}.

Voir le corrigé complet

Par définition, le rendement de la pompe s'écrit :

\eta_{\text{pompe}} = \frac{\mathscr{P}_m}{\mathcal{P}_{\text{élec}}}

où \mathscr{P}_m est la puissance mécanique reçue par le fluide et \mathcal{P}_{\text{élec}} la puissance électrique consommée. On en déduit :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{élec}} = \frac{\mathscr{P}_m}{\eta_{\text{pompe}}}}

Selon l'expression retenue à la question précédente (Q30) :

  • À partir du bilan enthalpique complet (\mathscr{P}_m \approx 1{,}18 \cdot 10^8\text{ W}) :

    \mathcal{P}_{\text{élec}} = \frac{1{,}18 \cdot 10^8}{0{,}60} \approx 1{,}97 \cdot 10^8\text{ W} = 197\text{ MW}

    Soit, avec deux chiffres significatifs :

    \boxed{\mathcal{P}_{\text{élec}} \approx 2{,}0 \cdot 10^2\text{ MW}}
  • À partir de la puissance purement hydraulique (\mathscr{P}_{\mathrm{hydr}} = D_m \frac{P_s - P_e}{\varrho_e} \approx 3{,}33 \cdot 10^6\text{ W}) :

    \mathcal{P}_{\text{élec}} = \frac{3{,}33 \cdot 10^6}{0{,}60} \approx 5{,}55 \cdot 10^6\text{ W}

    Soit :

    \boxed{\mathcal{P}_{\text{élec}} \approx 5{,}6\text{ MW}}

Résultat

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Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : perte de charge

La pression de l'eau arrivant dans le générateur de vapeur doit être égale à . Les valeurs calculées précédemment ont été en fait sous-estimées. Quel phénomène négligé ici permet de l'expliquer ?

Voir l'indice

Penser aux pertes énergétiques liées à l'écoulement réel du fluide dans les conduites (frottements visqueux).

Voir la stratégie
  1. Analyser le trajet de l'eau liquide entre le refoulement de la pompe et l'entrée du générateur de vapeur (GV).
  2. Identifier les causes physiques d'une chute de pression lors de l'écoulement d'un fluide réel dans des canalisations.
  3. En déduire l'impact sur la pression réelle P_s que doit fournir la pompe par rapport à la pression de consigne au GV.
Voir la réponse courte

Les frottements visqueux génèrent des pertes de charge régulières et singulières le long de la conduite.

Voir le corrigé complet

Dans l'étude précédente, la pression imposée en sortie de pompe a été fixée à P_s = 70\text{ bar}. Or, pour que l'eau atteigne le générateur de vapeur à cette pression, la pompe doit en réalité délivrer une pression de refoulement plus élevée afin de compenser deux phénomènes :

  • Les pertes de charge (régulières et singulières) : lors de l'écoulement de l'eau liquide à fort débit dans les canalisations, les frottements visqueux le long des parois ainsi que les singularités géométriques (coudes, vannes, rétrécissements) dissipent de l'énergie mécanique sous forme thermique, entraînant une chute de pression \Delta P_{\text{pertes}} > 0.
  • Le dénivelé vertical (gravité) : les générateurs de vapeur sont situés à une altitude supérieure à celle des pompes d'alimentation, ce qui nécessite de vaincre une différence de pression hydrostatique \varrho_e g \Delta z > 0.

Ainsi, la pression effective en sortie immédiate de la pompe doit vérifier :

P_{s,\text{réelle}} = P_{\text{GV}} + \Delta P_{\text{pertes}} + \varrho_e g \Delta z > 70\text{ bar}

La surpression réelle P_{s} - P_e à fournir étant plus grande, le travail utile et donc les puissances mécanique et électrique ont été sous-estimés. Le phénomène principal négligé ici est donc l'existence des pertes de charge le long du circuit hydraulique.

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Partie III : Stockage des déchets radioactifs

Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : loi de fourier, flux thermique

Citer la loi de Fourier en nommant les différentes grandeurs physiques qui interviennent et en précisant les unités. Quel est son contenu physique ?

Voir l'indice

Écrire la relation vectorielle proportionnelle au gradient de température, nommer la conductivité thermique et préciser le sens du transfert thermique.

Voir la stratégie

Pour répondre de façon complète et rigoureuse :

  1. Énoncer la loi vectorielle générale de conduction thermique de Fourier.
  2. Expliciter le nom et l'unité dans le Système international de chaque grandeur physique intervenant dans la relation.
  3. Détailler le contenu physique : nature phénoménologique, caractère irréversible du transfert thermique en lien avec le second principe de la thermodynamique (sens du transfert), et analogie avec les autres lois de transport.
Voir la réponse courte

Énoncé de la loi de Fourier \vec{\jmath}_Q = -\lambda_a\,\vec{\mathrm{grad}}\,T : conduction thermique du chaud vers le froid.

Voir le corrigé complet

La loi phénoménologique de Fourier relie le vecteur densité volumique de flux thermique (ou vecteur densité de courant thermique) \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} au gradient du champ de température T dans un milieu isotrope :

\boxed{\vec{\jmath}_{\mathrm{th}} = -\lambda_a \, \vec{\operatorname{grad}}\,T}

Dans le cadre de l'écoulement unidimensionnel selon l'axe (Oz) modélisé dans ce problème, elle s'écrit :

\vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(z, t) = -\lambda_a \frac{\partial T}{\partial z}(z, t)\,\vec{u}_z

Les grandeurs physiques intervenant sont :

  • \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} : le vecteur densité de flux thermique, exprimé en watt par mètre carré (\mathrm{W\cdot m^{-2}}) ;
  • \lambda_a : la conductivité thermique du milieu (ici l'argile), exprimée en watt par mètre et par kelvin (\mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}}) ;
  • \vec{\operatorname{grad}}\,T : le gradient de température, exprimé en kelvin par mètre (\mathrm{K\cdot m^{-1}}).

Contenu physique de la loi :

  • Transport diffusif linéaire : C'est une loi constitutive linéaire qui décrit le transfert d'énergie thermique par conduction à l'échelle macroscopique, sans déplacement macroscopique de matière, sous l'hypothèse de l'équilibre thermodynamique local.
  • Sens du transfert et irréversibilité : Le signe « - » traduit le fait que la chaleur diffuse spontanément des zones chaudes vers les zones froides, c'est-à-dire dans le sens opposé au gradient de température (\vec{\jmath}_{\mathrm{th}}\cdot\vec{\operatorname{grad}}\,T \leqslant 0). Cela est imposé par le deuxième principe de la thermodynamique (processus irréversible de relaxation thermique avec création d'entropie).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les unités de toutes les grandeurs physiques apparaissant dans la loi de Fourier doivent être précisées.

« Les unités des grandeurs physiques intervenant dans la loi de Fourier ne sont parfois pas connues. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de la diffusion, diffusivité thermique

En réalisant un bilan d'énergie interne sur une tranche d'argile de surface d'épaisseur , montrer que est solution de l'équation de la diffusion thermique (5) où le coefficient de diffusivité thermique sera exprimé en fonction de , et . La simplifier dans le cas stationnaire. Préciser l'unité de .

Voir l'indice

Effectuer un bilan thermique sur la tranche entre z et z+\mathrm{d}z pendant la durée \mathrm{d}t en l'absence de terme source volumique.

Voir la stratégie
  1. Définir un système fermé constitué d'une tranche d'argile indéformable comprise entre z et z+\mathrm{d}z pendant la durée \mathrm{d}t.
  2. Appliquer le premier principe de la thermodynamique en exprimant la variation d'énergie interne et le transfert thermique net reçu à travers les surfaces frontières.
  3. Injecter la loi de Fourier unidimensionnelle afin d'identifier l'équation de la diffusion thermique et l'expression de D_a.
  4. Déduire l'unité de D_a par analyse dimensionnelle et simplifier l'équation pour un régime stationnaire (\partial / \partial t = 0).
Voir la réponse courte

Bilan d'énergie interne sur une tranche S\,\mathrm{d}z : dérivation de l'équation de diffusion avec D_a = \lambda_a/(\varrho_a c_a) en \mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué de la tranche d'argile comprise entre les cotes z et z + \mathrm{d}z, de section droite transverse S (perpendiculaire à l'axe \vec{u}_z), entre les dates t et t + \mathrm{d}t.

Le volume de cette tranche est \mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}z et sa masse est :

\mathrm{d}m = \varrho_a \, S\,\mathrm{d}z

L'argile étant un solide incompressible et indéformable au repos, aucun travail mécanique n'est échangé (\delta W = 0) et il n'y a pas de source interne de chaleur dans l'argile. La variation d'énergie interne s'écrit, en introduisant la capacité thermique massique c_a :

\mathrm{d}(\mathrm{d}U) = \mathrm{d}m \, c_a \, [T(z, t+\mathrm{d}t) - T(z,t)] = \varrho_a \, c_a \, S\,\mathrm{d}z \, \frac{\partial T}{\partial t}(z,t)\,\mathrm{d}t

D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué à cette tranche entre t et t+\mathrm{d}t :

\mathrm{d}(\mathrm{d}U) = \delta Q

où \delta Q est la chaleur algébriquement reçue par conduction thermique à travers les deux faces transverses de cote z et z+\mathrm{d}z :

\begin{aligned} \delta Q &= \Phi_{\text{net}} \, \mathrm{d}t = [\Phi(z, t) - \Phi(z+\mathrm{d}z, t)]\,\mathrm{d}t \\ &= [j_{\mathrm{th}}(z,t)\,S - j_{\mathrm{th}}(z+\mathrm{d}z,t)\,S]\,\mathrm{d}t \\ &= - \frac{\partial j_{\mathrm{th}}}{\partial z}(z,t) \, S\,\mathrm{d}z\,\mathrm{d}t \end{aligned}

avec \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} = j_{\mathrm{th}}\,\vec{u}_z. L'égalité des deux expressions donne :

\varrho_a \, c_a \, \frac{\partial T}{\partial t} = - \frac{\partial j_{\mathrm{th}}}{\partial z}

D'après la loi de Fourier (établie à la question Q33) et compte tenu de l'uniformité de \lambda_a :

j_{\mathrm{th}} = -\lambda_a \frac{\partial T}{\partial z} \implies - \frac{\partial j_{\mathrm{th}}}{\partial z} = \lambda_a \frac{\partial^2 T}{\partial z^2}

On aboutit ainsi à l'équation de la diffusion thermique unidimensionnelle :

\frac{\partial T}{\partial t} = \frac{\lambda_a}{\varrho_a c_a} \frac{\partial^2 T}{\partial z^2}

Par identification avec l'équation (5), le coefficient de diffusivité thermique de l'argile s'exprime par :

\boxed{D_a = \frac{\lambda_a}{\varrho_a c_a}}

Unité de D_a : L'équation de diffusion donne la dimension de la diffusivité : [D_a] = \frac{[z]^2}{[t]} = \mathrm{L}^2 \cdot \mathrm{T}^{-1}. L'unité du système international est donc :

\boxed{\mathrm{m}^2 \cdot \mathrm{s}^{-1}}

Simplification dans le cas stationnaire : En régime stationnaire (ou permanent), la température ne dépend plus explicitement du temps, de sorte que \frac{\partial T}{\partial t} = 0. La dérivée spatiale devient droite et l'équation se simplifie en :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 T}{\mathrm{d}z^2} = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La définition du système étudié doit impérativement figurer dans la rédaction du bilan thermique.

« Cette question de cours très classique a globalement bien été traitée. Le jury regrette néanmoins l’absence de définition du système étudié dans bon nombre de copies. »

Source : rapport du jury E3A 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : condition aux limites, flux thermique

Interpréter les deux conditions aux limites suivantes :

Voir l'indice

Traduire la conservation du flux de chaleur généré par effet Joule/radioactivité au niveau de la couche de déchets (répartition 50/50 vers le haut et le bas) et le contact thermique à l'air libre.

Voir la stratégie

Pour chacune des deux relations :

  1. Pour la condition en z = -L, relier le gradient de température au flux thermique surfacique via la loi de Fourier et effectuer un bilan de puissance au niveau de la couche de stockage (en justifiant le facteur 1/2).
  2. Pour la condition en z = 0, identifier le contact thermique entre le sol et le milieu extérieur (atmosphère).
Voir la réponse courte

En z=-L, flux thermique imposé par la puissance radioactive émise ; en z=0, contact thermique avec l'atmosphère extérieure.

Voir le corrigé complet

1. Condition en z = -L :

  • D'après la loi de Fourier (établie à la question Q33), la composante selon \vec{u}_z de la densité de flux thermique s'écrit :

    j_{\mathrm{th}, z} = -\lambda_a \frac{\partial T}{\partial z}
  • Les N colis radioactifs dégagent au total une puissance thermique \mathcal{P}_{\text{tot}} = N \mathcal{P}_0, répartie sur la surface S. L'épaisseur de cette zone étant négligeable, le milieu environnant est géométriquement symétrique vers le haut (z > -L) et vers le bas (z < -L). Par symétrie, la puissance est évacuée à parts égales de chaque côté :

    \Phi_{\text{haut}} = \frac{1}{2} N \mathcal{P}_0
  • Le flux thermique surfacique dirigé vers les z croissants à l'entrée de la couche d'argile (z = -L) est donc :

    j_{\mathrm{th}, z}(z = -L^+) = \frac{\Phi_{\text{haut}}}{S} = \frac{N \mathcal{P}_0}{2S}

    En égalant avec l'expression de Fourier, on retrouve bien :

    \boxed{\left.\frac{\partial T}{\partial z}\right|_{z=-L} = -\frac{N \cdot \mathcal{P}_0}{2\lambda_a \cdot S}}

    Il s'agit d'une condition aux limites de Neumann traduisant la continuité du flux thermique imposé par la source de chaleur radioactive.

2. Condition en z = 0 :

  • En z = 0, la couche supérieure d'argile est à la surface du sol, au contact de l'atmosphère. L'air extérieur joue le rôle d'un thermostat à la température ambiante moyenne T_{\mathrm{ext}}.
  • En supposant le contact thermique parfait (résistance convective d'interface négligée), la température de l'argile en surface est égale à la température extérieure :

    \boxed{T(z = 0, t) = T_{\mathrm{ext}}}

    Il s'agit d'une condition aux limites de Dirichlet (température imposée).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'interprétation de la seconde condition aux limites a souvent posé difficulté.

« L’interprétation de la seconde condition aux limites a posé des problèmes. »

Source : rapport du jury E3A 2023

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : équation de la diffusion, profil de température

Donner l'expression de en régime permanent. Que vaut ?

Donnée numérique : • Température annuelle moyenne de l'atmosphère sur le site de Bure : .

Voir l'indice

Intégrer deux fois par rapport à z l'équation différentielle de Laplace stationnaire en appliquant les deux conditions aux limites.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation de la diffusion thermique en régime permanent établie à la question Q34.
  2. Intégrer deux fois par rapport à l'espace z pour obtenir la forme générale affine du profil de température.
  3. Déterminer les deux constantes d'intégration grâce aux conditions aux limites explicitées à la question Q35, puis en déduire la température T(-L) au niveau des colis.
Voir la réponse courte

En régime permanent, \mathrm{d}^2T/\mathrm{d}z^2 = 0 donne un profil linéaire T(z) d'où la température au niveau des colis T(-L).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q34, en régime permanent et en l'absence de source volumique dans l'argile pour z \in ]-L, 0], la température ne dépend que de z et vérifie :

\frac{\mathrm{d}^2 T}{\mathrm{d}z^2} = 0

Par intégrations successives, la température présente un profil affine :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} = A \quad \text{et} \quad T(z) = A\,z + B

où A et B sont deux constantes réelles.

Les conditions aux limites fournies à la question Q35 permettent d'identifier ces constantes :

  • D'après la condition de flux en z = -L :

    A = \left.\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z}\right|_{z=-L} = -\frac{N\,\mathcal{P}_0}{2\lambda_a\,S}
  • D'après la condition en surface en z = 0 :

    T(0) = B = T_{\mathrm{ext}}

On en déduit l'expression du profil de température dans la couche d'argile pour z \in [-L, 0] :

\boxed{T(z) = T_{\mathrm{ext}} - \frac{N\,\mathcal{P}_0}{2\lambda_a\,S}\,z}

En évaluant cette expression à la profondeur de stockage z = -L, on obtient :

\boxed{T(-L) = T_{\mathrm{ext}} + \frac{N\,\mathcal{P}_0\,L}{2\lambda_a\,S}}

Cette température maximale dépend de la surface d'enfouissement S, qui sera dimensionnée à la question suivante à partir de la valeur fournie T_{\mathrm{ext}} = 13^\circ\text{C}.

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : résistance thermique, flux thermique

La température dans l'argile ne doit pas dépasser afin que ses propriétés de confinement ne soient pas dégradées. Le stock total de déchets français représente colis. Estimer la surface nécessaire à leur enfouissement, si .

Voir l'indice

Utiliser la valeur maximale de la température à z=-L pour isoler la surface minimale S compatible avec la température de consigne.

Voir la stratégie
  1. Identifier la cote où la température est maximale à partir du profil linéaire établi à la question précédente.
  2. Exprimer l'inégalité de non-dépassement de la température limite T(-L) \le T_{\text{max}}.
  3. En déduire la surface minimale S nécessaire et réaliser l'application numérique.
Voir la réponse courte

Détermination de la surface minimale S pour garantir T(-L) \le T_{\mathrm{max}} en régime stationnaire.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression du champ de température permanent obtenue à la question Q36 :

T(z) = T_{\text{ext}} - \frac{N\,\mathcal{P}_0}{2\lambda_a\,S}\,z

Le gradient spatial de température étant strictement négatif, la température est une fonction décroissante de z sur l'intervalle [-L, 0]. Elle atteint donc sa valeur maximale au fond de la couche d'argile, au niveau des colis en z = -L :

T(-L) = T_{\text{ext}} + \frac{N\,\mathcal{P}_0\,L}{2\lambda_a\,S}

La condition de non-dégradation du confinement s'écrit T(-L) \le T_{\text{max}}, soit :

T_{\text{ext}} + \frac{N\,\mathcal{P}_0\,L}{2\lambda_a\,S} \le T_{\text{max}} \iff \frac{N\,\mathcal{P}_0\,L}{2\lambda_a\,S} \le T_{\text{max}} - T_{\text{ext}}

On en déduit l'expression de la surface minimale nécessaire :

\boxed{S \ge \frac{N\,\mathcal{P}_0\,L}{2\lambda_a\,(T_{\text{max}} - T_{\text{ext}})}}

Avec les données numériques suivantes :

  • N = 3,6 \cdot 10^4
  • \mathcal{P}_0 = 2,0\text{ kW} = 2,0 \cdot 10^3\text{ W}
  • L = 5,0 \cdot 10^2\text{ m}
  • \lambda_a = 1,5\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}
  • T_{\text{max}} - T_{\text{ext}} = 100 - 13 = 87\text{ K} (ou ^\circ\text{C})

Le calcul donne :

\begin{aligned} S &\ge \frac{3,6 \cdot 10^4 \times 2,0 \cdot 10^3 \times 5,0 \cdot 10^2}{2 \times 1,5 \times 87} \\ S &\ge \frac{3,6 \cdot 10^{10}}{261} \approx 1,38 \cdot 10^8\text{ m}^2 \end{aligned}

En ne conservant que deux chiffres significatifs :

\boxed{S \approx 1,4 \cdot 10^8\text{ m}^2 = 1,4 \cdot 10^2\text{ km}^2}

Résultat

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : décroissance radioactive, puissance thermique

On envisage d'attendre 30 ans avant d'enfouir les déchets, pendant lesquels ils sont entretenus en surface. Pourquoi ?

Voir l'indice

Considérer la décroissance radioactive des isotopes à vie courte ou moyenne et son impact direct sur la puissance thermique initiale P_0.

Voir la stratégie
  1. Analyser l'évolution temporelle de la puissance thermique dégagée par les colis radioactifs en lien avec la décroissance radioactive.
  2. Utiliser le résultat de la question Q37 reliant la puissance thermique \mathcal{P} dégagée par colis à la surface d'enfouissement S requise pour respecter le critère T \le T_{\max}.
  3. Comparer l'évacuation thermique en surface (piscines, convection) et en milieu géologique confiné (pure conduction dans l'argile).
Voir la réponse courte

Les éléments à courte période décroissent, ce qui diminue fortement la puissance thermique initiale à évacuer sous terre.

Voir le corrigé complet

L'attente de plusieurs décennies (environ 30 ans) avant l'enfouissement s'explique par les raisons suivantes :

  • Décroissance de la puissance thermique : La chaleur dégagée par les déchets vitrifiés provient principalement de la désintégration des produits de fission à vie courte et moyenne, en particulier le césium 137 (T_{1/2} \approx 30{,}1\text{ ans}) et le strontium 90 (T_{1/2} \approx 28{,}8\text{ ans}). Au bout de 30 ans (soit environ une période radioactive pour ces radionucléides majeurs), la puissance résiduelle \mathcal{P}(t) dégagée par colis a diminué de plus de moitié par rapport à sa valeur initiale \mathcal{P}_0.
  • Réduction drastique de la surface d'enfouissement : D'après le résultat de la question Q37 :

    S \ge \frac{N\,\mathcal{P}\,L}{2\,\lambda_a\,(T_{\max} - T_{\mathrm{ext}})}

    La surface nécessaire S pour maintenir la température de l'argile sous le seuil critique T_{\max} = 100\,^\circ\mathrm{C} est directement proportionnelle à la puissance thermique \mathcal{P}. En réduisant \mathcal{P} d'au moins un facteur 2, la surface souterraine à excaver passe d'environ 140\text{ km}^2 à une valeur nettement plus raisonnable et techniquement envisageable, diminuant considérablement l'emprise, la complexité et le coût des galeries de stockage.

  • Préservation des propriétés de confinement de l'argile : L'argile de la formation géologique possède une faible conductivité thermique (\lambda_a = 1{,}5\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}). Un flux thermique initial trop intense risquerait d'endommager sa structure minéralogique (déshydratation, fracturation thermique) et de compromettre son imperméabilité.
  • Facilité de refroidissement en surface : Pendant ces premières décennies, l'évacuation de la chaleur est bien plus efficace en surface (dans des piscines de désactivation par convection liquide, puis en entreposage ventilé) qu'en profondeur où l'évacuation se fait uniquement par diffusion conductrice à travers la roche.
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Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : discrétisation

Donner l'expression du pas de discrétisation temporelle en fonction de et .

Voir l'indice

Diviser la durée totale de simulation \Delta t par le nombre total d'intervalles de discrétisation temporelle.

Voir la réponse courte

Pas d'échantillonnage temporel uniforme : h = \Delta t / N_t.

Voir le corrigé complet

L'intervalle de temps [0, \Delta t] est découpé en une subdivision régulière de N_t sous-intervalles de pas h.

Les instants de discrétisation sont définis par :

t_i = i \cdot h \quad \text{avec } i \in \llbracket 0, N_t \rrbracket.

Pour i = N_t, on atteint la borne supérieure de l'intervalle :

t_{N_t} = N_t \cdot h = \Delta t.

On en déduit l'expression du pas de discrétisation temporelle h :

\boxed{h = \frac{\Delta t}{N_t}}

Résultat

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Question 40

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : temps caractéristique de diffusion

Donner une estimation de la durée caractéristique de diffusion thermique. Faire l'application numérique.

Voir l'indice

Exprimer le temps de diffusion en ordre de grandeur à partir de la longueur L et du coefficient de diffusivité D_a.

Voir la stratégie
  1. Réaliser une analyse d'ordre de grandeur de l'équation de la diffusion thermique établie à la question Q34 pour relier la durée caractéristique \tau à l'échelle spatiale L et à la diffusivité thermique D_a.
  2. Exprimer \tau en fonction des données fondamentales du problème (\varrho_a, c_a, \lambda_a et L).
  3. Effectuer l'application numérique en secondes, puis convertir en années pour donner un sens physique au résultat.
Voir la réponse courte

Temps caractéristique de diffusion thermique à travers l'épaisseur d'argile : \tau \sim L^2 / D_a.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de la diffusion thermique unidimensionnelle établie à la question Q34 :

\frac{\partial T}{\partial t} = D_a \frac{\partial^2 T}{\partial z^2}

Par analyse aux ordres de grandeur, les opérateurs différentiels s'estiment par :

\frac{\partial T}{\partial t} \sim \frac{\Delta T}{\tau} \quad \text{et} \quad \frac{\partial^2 T}{\partial z^2} \sim \frac{\Delta T}{L^2}

où L est l'épaisseur de la couche d'argile séparant les déchets de la surface. On en déduit l'estimation de la durée caractéristique de diffusion :

\tau \sim \frac{L^2}{D_a} = \frac{\varrho_a \, c_a \, L^2}{\lambda_a}

Calculons préalablement la diffusivité thermique D_a de l'argile :

D_a = \frac{\lambda_a}{\varrho_a c_a} = \frac{1{,}5}{1{,}7 \cdot 10^3 \times 7 \cdot 10^2} \approx 1{,}26 \cdot 10^{-6}\ \mathrm{m^2\cdot s^{-1}}

Avec L = 5{,}0 \cdot 10^2\ \mathrm{m} :

\begin{aligned} \tau &= \frac{(5{,}0 \cdot 10^2)^2}{1{,}26 \cdot 10^{-6}} \approx 1{,}98 \cdot 10^{11}\ \mathrm{s} \end{aligned}

En convertissant en années (1\ \text{an} \approx 365{,}25 \times 86\,400\ \text{s} \approx 3{,}16 \cdot 10^7\ \text{s}) :

\tau \approx \frac{1{,}98 \cdot 10^{11}}{3{,}16 \cdot 10^7} \approx 6{,}3 \cdot 10^3\ \text{ans}
\boxed{\tau = \frac{L^2}{D_a} \approx 2{,}0 \cdot 10^{11}\ \mathrm{s} \approx 6{,}3 \cdot 10^3\ \mathrm{ans}}

Résultat

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : dérivée seconde, développement limité

Justifier que .

Voir l'indice

Écrire le développement de Taylor de T(z+k) et T(z-k) à l'ordre 2 ou 3 par rapport à l'abscisse z_n et sommer membre à membre.

Voir la stratégie

Pour approcher une dérivée par la méthode des différences finies, on utilise un développement de Taylor-Young de la fonction z \mapsto T(z, t_i) au voisinage du point z_n :

  1. Exprimer T(z_{n+1}, t_i) = T(z_n + k, t_i) et T(z_{n-1}, t_i) = T(z_n - k, t_i) à l'ordre suffisant.
  2. Combiner ces deux relations pour éliminer le terme de dérivée première d'ordre 1 en k et isoler la dérivée seconde spatiale.
Voir la réponse courte

Somme des deux développements de Taylor de T(z \pm k) à l'ordre 3 pour approcher la dérivée seconde spatiale.

Voir le corrigé complet

Supposons la fonction température T(z, t) de classe \mathscr{C}^4 par rapport à la variable d'espace z. Fixons l'instant t_i. Les développements de Taylor de T(z, t_i) en z_{n+1} = z_n + k et en z_{n-1} = z_n - k autour de z_n s'écrivent :

\begin{aligned} T(z_n + k, t_i) &= T(z_n, t_i) + k \left.\frac{\partial T}{\partial z}\right|_{z_n, t_i} + \frac{k^2}{2} \left.\frac{\partial^2 T}{\partial z^2}\right|_{z_n, t_i} + \frac{k^3}{6} \left.\frac{\partial^3 T}{\partial z^3}\right|_{z_n, t_i} + \mathcal{O}(k^4) \\ T(z_n - k, t_i) &= T(z_n, t_i) - k \left.\frac{\partial T}{\partial z}\right|_{z_n, t_i} + \frac{k^2}{2} \left.\frac{\partial^2 T}{\partial z^2}\right|_{z_n, t_i} - \frac{k^3}{6} \left.\frac{\partial^3 T}{\partial z^3}\right|_{z_n, t_i} + \mathcal{O}(k^4) \end{aligned}

En sommant membre à membre ces deux égalités, les termes de puissances impaires en k se compensent :

T(z_n + k, t_i) + T(z_n - k, t_i) = 2\,T(z_n, t_i) + k^2 \left.\frac{\partial^2 T}{\partial z^2}\right|_{z_n, t_i} + \mathcal{O}(k^4)

En isolant la dérivée seconde, il vient :

\left.\frac{\partial^2 T}{\partial z^2}\right|_{z_n, t_i} = \frac{T(z_{n+1}, t_i) - 2\,T(z_n, t_i) + T(z_{n-1}, t_i)}{k^2} + \mathcal{O}(k^2)

En assimilant la valeur exacte T(z_n, t_i) à sa valeur discrétisée approchée \tilde{T}_n^i, on justifie l'approximation aux différences finies centrée au pas d'espace k :

\boxed{\left.\frac{\partial^2 T}{\partial z^2}\right|_{z_n, t_i} \approx \frac{\tilde{T}_{n+1}^i - 2\,\tilde{T}_n^i + \tilde{T}_{n-1}^i}{k^2}}

Résultat

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : condition initiale, condition aux limites

Quel est l'intérêt de la ligne 12 ? Que traduisent les lignes 15 et 20 ?

Voir l'indice

Rapprocher l'instruction assert de la condition de stabilité CFL du schéma explicite et interpréter l'implémentation de la condition aux limites de flux à z=-L (différence finie).

Voir la stratégie
  1. Analyser l'instruction assert de la ligne 12 en faisant le lien avec le critère de stabilité du schéma d'Euler explicite explicité dans l'énoncé.
  2. Identifier la discrétisation spatiale sous-jacente aux lignes 15 et 20 pour la relier à la condition aux limites de type Neumann en z = -L.
Voir la réponse courte

Ligne 12 : profil initial de température ; lignes 15 et 20 : conditions aux limites de Dirichlet en z=0 et de Neumann en z=-L.

Voir le corrigé complet

1. Intérêt de la ligne 12 :

  • La grandeur r = \frac{D_a \, h}{k^2} est le nombre de Fourier du maillage (analogue au paramètre CFL pour les équations de transport). Le préambule rappelle que le schéma explicite centré n'est numériquement stable que si :

    r \leqslant \frac{1}{2}
  • L'instruction assert(r < 0.5) effectue un test de garde avant l'exécution de la boucle temporelle. Si la condition de stabilité n'est pas vérifiée (r \geqslant 0{,}5), l'instruction lève une exception AssertionError et interrompt immédiatement le programme. Cela empêche le calcul d'une simulation numériquement instable (divergence et oscillations non physiques de la température).

2. Signification des lignes 15 et 20 :

  • Les indices spatiaux vont de 0 à N_x - 1. L'indice 0 correspond à la profondeur d'enfouissement z_0 = -L et l'indice N_x - 1 à la surface du sol z = 0.
  • En z = -L, la condition aux limites de flux thermique imposé (établie à la question Q35) s'écrit :

    \left.\frac{\partial T}{\partial z}\right|_{z=-L} = -\frac{N\,\mathcal{P}_0}{2\,\lambda_a\,S}

    En approchant la dérivée spatiale en z_0 par un taux d'accroissement progressif d'ordre 1 (différence finie décentrée amont) :

    \left.\frac{\partial T}{\partial z}\right|_{z_0} \approx \frac{\tilde{T}_1^i - \tilde{T}_0^i}{k} = -\frac{N\,\mathcal{P}_0}{2\,\lambda_a\,S} \iff \tilde{T}_0^i = \tilde{T}_1^i + \frac{N\,\mathcal{P}_0}{2\,\lambda_a\,S}\,k
  • Les lignes 15 et 20 traduisent donc l'implémentation de la condition aux limites de Neumann en z = -L :

    • Ligne 15 : elle impose cette condition à l'instant initial t = 0 (indice temporel 0), juste après l'initialisation uniforme du domaine à T_{\mathrm{ext}} ;
    • Ligne 20 : elle réactualise la valeur de la température au bord z = -L à chaque nouveau pas de temps t+1, puisque la boucle spatiale (lignes 18-19) ne met à jour que les nœuds intérieurs x \in \llbracket 1, N_x - 2 \rrbracket.
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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Python

Notions : méthode d'euler, équation de la diffusion

Compléter la ligne 19 sur votre copie.

Voir l'indice

Traduire sous forme matricielle Python le schéma explicite discrétisé liant la température au pas t+1 à celles au pas t.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \tilde{T}_n^{i+1} à partir du schéma numérique explicite fourni à l'équation (7).
  2. Identifier la correspondance entre les indices mathématiques (i, n) et les variables du code Python (t, x).
  3. Utiliser le paramètre sans dimension r = \dfrac{D_a\,h}{k^2} calculé à la ligne 11 du programme pour compléter la ligne 19.
Voir la réponse courte

Formule d'Euler explicite discrétisée : T_n^{i+1} = T_n^i + \frac{D_a h}{k^2}(T_{n+1}^i - 2T_n^i + T_{n-1}^i).

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (7) de l'énoncé, le schéma numérique explicite s'écrit :

\frac{\tilde{T}_n^{i+1} - \tilde{T}_n^i}{h} = D_a \frac{\tilde{T}_{n+1}^i - 2 \tilde{T}_n^i + \tilde{T}_{n-1}^i}{k^2}

En isolant la température au pas de temps suivant \tilde{T}_n^{i+1}, on obtient :

\tilde{T}_n^{i+1} = \tilde{T}_n^i + \frac{D_a \, h}{k^2} \left( \tilde{T}_{n+1}^i - 2\tilde{T}_n^i + \tilde{T}_{n-1}^i \right)

Le facteur adimensionnel r = \dfrac{D_a\,h}{k^2} a été calculé à la ligne 11 du script.

Dans la structure du code, la grandeur \tilde{T}_n^i est stockée sous la forme T[t][x], où t représente l'indice temporel i et x l'indice spatial n. Dès lors :

\begin{aligned} \tilde{T}_{n+1}^i &\longleftrightarrow \texttt{T[t][x + 1]} \\ \tilde{T}_{n-1}^i &\longleftrightarrow \texttt{T[t][x - 1]} \end{aligned}

La ligne 19 débute par :

T[t + 1][x] = T[t][x] + ...

Les points de suspension doivent donc être remplacés par :

\boxed{\texttt{r * (T[t][x + 1] - 2 * T[t][x] + T[t][x - 1])}}

La ligne 19 complète s'écrit ainsi :

T[t + 1][x] = T[t][x] + r * (T[t][x + 1] - 2 * T[t][x] + T[t][x - 1])

Résultat

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Question 44

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : schéma numérique, condition cfl

Commenter le réseau de courbes obtenu. Quelle(s) critique(s) pourrait-on formuler au sujet des lignes de code proposées ?

Voir l'indice

Observer l'évolution temporelle vers le profil linéaire stationnaire et formuler une critique quant à la constance de la puissance P_0 au cours des millénaires.

Voir la réponse courte

Interprétation de la diffusion progressive de chaleur et rappel du critère de stabilité numérique CFL (D_a h / k^2 \le 1/2).

Voir le corrigé complet

1. Commentaire du réseau de courbes (figure 10) :

  • Échauffement progressif : pour chaque cote z, la température croît avec le temps à partir de la valeur initiale uniforme T_{\text{ext}} = 13\,^\circ\text{C} sous l'effet du flux thermique injecté en profondeur par les colis radioactifs.
  • Flux imposé en profondeur : à la frontière inférieure (z = -L = -500\text{ m}), toutes les courbes présentent la même pente à l'origine spatiale :

    \left.\frac{\partial T}{\partial z}\right|_{z=-L} = -\frac{N\,\mathcal{P}_0}{2\lambda_a\,S} = -\frac{36\,000 \times 2\,000}{2 \times 1{,}5 \times 10^8} = -0{,}24\text{ K}\cdot\text{m}^{-1}

    ce qui illustre le respect de la condition de flux imposé (Neumann).

  • Convergence vers le régime permanent : au fur et à mesure que le temps s'écoule, le profil de température se rectifie et tend vers une droite. Pour t = 3\tau, la courbe est quasi-rectiligne et coïncide avec le régime permanent linéaire établi à la question Q36 :

    T(-L) = T_{\text{ext}} + \frac{N\,\mathcal{P}_0\,L}{2\lambda_a\,S} = 13 + 120 = 133\,^\circ\text{C} \quad \text{et} \quad T(0) = T_{\text{ext}} = 13\,^\circ\text{C}
  • Dépassement du seuil critique : la température au fond atteint environ 133\,^\circ\text{C}, ce qui est supérieur au seuil admissible T_{\max} = 100\,^\circ\text{C}. Cela confirme le résultat de la question Q37 indiquant qu'une surface de S = 1{,}0 \cdot 10^8\text{ m}^2 est insuffisante pour maintenir T \leqslant 100\,^\circ\text{C} avec une telle puissance thermique.

2. Critiques du modèle et du code proposé :

  • Critique physique majeure (puissance constante) : la simulation s'étend sur une durée \Delta t = 3\tau \approx 1{,}9 \cdot 10^4\text{ ans} (d'après Q40). Or, l'énoncé précise que la puissance \mathcal{P}_0 = 2{,}0\text{ kW} n'est valable que pendant la première décennie et décroît ensuite du fait de la désintégration radioactive des radioéléments. Maintenir \mathcal{P}_0 constante sur plusieurs milliers d'années surestime considérablement l'élévation réelle de température à long terme.
  • Précision numérique de la condition aux limites : la condition de flux en z = -L est discrétisée par une différence finie progressive d'ordre 1 (\frac{T_1 - T_0}{k} \approx \left.\frac{\partial T}{\partial z}\right|_{z=-L}), alors que le schéma numérique à l'intérieur du domaine est d'ordre 2 en espace. L'utilisation d'un point fictif (ou ghost node) permettrait d'obtenir un schéma d'ordre 2 cohérent sur tout le domaine.
  • Optimisation informatique (vectorisation et mémoire) :

    • Le code utilise des boucles for imbriquées en Python natif, ce qui est très lent par rapport à un calcul vectorisé avec la bibliothèque numpy.
    • Le code stocke l'intégralité du champ de température pour les N_t = 30\,000 instants et les N_x = 50 points spatiaux (matrice de 1{,}5 \cdot 10^6 éléments), alors que seuls deux vecteurs consécutifs (t et t+1) sont nécessaires au calcul de récurrence, les profils complets ne devant être sauvegardés qu'aux quelques dates tracées.
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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet E3A Physique-Chimie PSI 2023 ?

Surtout 3 chapitres : Diffusion thermique et diffusion de particules (26 % des questions, partie III), Conversion de puissance (17 %, Préliminaires) et Thermodynamique chimique et équilibres (11 %). Plus ponctuellement : Machines thermiques et systèmes ouverts, Amplificateur linéaire intégré et oscillateurs électroniques, Cinétique chimique, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire, Cinématique et dynamique du point…

Peut-on travailler le sujet E3A Physique-Chimie PSI 2023 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

En partie : 22 questions sur 44 (50 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la sous-partie II.1 (Q27 à Q29). Avec les autres programmes de première année : 14 en MP2I, 13 en TSI1 et 14 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet E3A Physique-Chimie PSI 2023 ?

Environ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie I est la plus longue (environ 1 h 45).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet E3A Physique-Chimie PSI 2023 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q7 (quantité de mouvement), Q9 (moment cinétique), Q23 (fraction molaire), Q26 (énergie nucléaire), Q29 (transfert thermique) et Q44 (schéma numérique).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet E3A Physique-Chimie PSI 2023 ?

Questions de cours : Q1 (machine à courant continu), Q2 (machine à courant continu), Q3 (machine à courant continu), Q11 (redresseur), Q12 (amplificateur linéaire intégré), Q22 (déplacement d'équilibre), Q24 (cinétique chimique), Q25 (temps de demi-réaction)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q8 (machine à courant continu), Q20 (loi de hess) et Q34 (équation de la diffusion).

Où gagner des points facilement dans le sujet E3A Physique-Chimie PSI 2023 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (26 sur 44), par exemple : Q1 à Q4, Q6, Q11, Q12, Q14, Q15, Q18, Q19, Q22, Q24, Q25, Q27…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q8, Q17 et Q34.

Le sujet E3A Physique-Chimie PSI 2023 était-il difficile ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le rapport indique que le sujet a été volontairement conçu pour être très proche du cours, avec des questions marquées d'une astérisque demandant plus d'initiative pour départager les meilleurs candidats, et que toutes les parties ont été abordées dans la grande majorité des cas.

Pourquoi associer un redresseur et un hacheur en Q11 ?

Pour convertir d'abord la tension alternative du réseau en une tension continue fixe (redresseur AC/DC), puis ajuster la valeur moyenne de la tension d'induit grâce au rapport cyclique du hacheur (DC/DC) afin de piloter la vitesse de rotation du moteur.

D'où vient le facteur 2 dans la condition en z = -L en Q35 ?

De l'évacuation symétrique de la chaleur : la puissance thermique dégagée par les déchets enfouis se dissipe pour moitié vers le haut en direction de la surface terrestre et pour moitié vers les couches géologiques plus profondes.

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