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Corrigé détaillé Banque PT Physique A PT 2023

Balade islandaise

Le sujet en bref

Sujet moyen · Diffusion thermique et diffusion de particules, Conversion de puissance, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire · 24 incontournables · 28 questions de première année
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Ce sujet propose un tour d'horizon complet des applications physiques liées au contexte géologique exceptionnel de l'Islande. À travers quatre parties indépendantes, il aborde des thématiques majeures des programmes de physique des filières PT et PSI : la thermodynamique des changements d'état et des écoulements ouverts, les transferts thermiques conducto-convectifs en géométrie cylindrique, la conversion électromécanique par induction ainsi que le transport d'énergie par transformateur, et enfin la dynamique d'un sismomètre modélisé par un oscillateur forcé.

Très progressif et fidèle aux grands classiques des concours, ce sujet constitue un excellent support de révision transversale pour consolider le cours, s'entraîner aux bilans d'énergie en système ouvert et maîtriser l'analogie électrothermique ainsi que les résonances mécaniques.

Difficulté
Moyen, d'après le rapport du jury
Temps estimé
≈ 2 h 55 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

24 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

39 questions rapides et accessibles · 1 résultat donné par l'énoncé
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Rapides et accessibles (39) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (1) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Les quatre parties du sujet (géophysique des geysers, diffusion thermique en pipeline, alternateur et réseau électrique, sismographe) sont totalement indépendantes et peuvent être abordées dans n'importe quel ordre.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

44 questions
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Partie I : Les geysers

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, gradient de pression, relation fondamentale de l'hydrostatique

Établir la condition d'équilibre d'une tranche cylindrique de section et d'épaisseur (figure 1) de la colonne d'eau (du sommet de la cheminée jusqu'au niveau de la cavité la plus profonde) soumise à la pesanteur et aux forces de pression. On explicitera le lien entre champ de pesanteur, masse volumique et gradient de pression. On considère le champ de pesanteur uniforme égal à avec .

Voir l'indice

Effectuer le bilan des forces de pression et de pesanteur sur la tranche de fluide au repos pour projeter sur l'axe vertical ascendant.

Voir la stratégie
  1. Définir le système fermé constitué par la tranche de fluide entre z et z+\mathrm{d}z à l'équilibre dans le référentiel lié au sol (galiléen).
  2. Effectuer le bilan des actions mécaniques extérieures (poids et forces pressantes).
  3. Écrire la condition d'équilibre statique et projeter selon l'axe vertical ascendant \vec{e}_z pour en déduire la relation fondamentale de la statique des fluides.
Voir la réponse courte

Bilan des forces de pression et de pesanteur sur une tranche \mathrm{d}z : \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\rho g_0.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué par la tranche d'eau cylindrique d'aire de base S et d'épaisseur \mathrm{d}z, comprise entre les cotes z et z + \mathrm{d}z. L'axe (Oz) est vertical orienté vers le haut, de sorte que le champ de pesanteur s'écrit \vec{g} = -g_0 \vec{e}_z.

Le fluide étant au repos à l'équilibre dans le référentiel terrestre supposé galiléen, le principe fondamental de la statique impose :

\sum \vec{F}_{\text{ext}} = \vec{0}

Les actions mécaniques extérieures appliquées à la tranche de fluide sont :

  • Les forces pressantes sur la face inférieure (en z) et sur la face supérieure (en z+\mathrm{d}z) :

    \begin{aligned} \mathrm{d}\vec{F}_{P}(z) &= P(z)\,S\,\vec{e}_z \\ \mathrm{d}\vec{F}_{P}(z+\mathrm{d}z) &= -P(z+\mathrm{d}z)\,S\,\vec{e}_z \end{aligned}
  • Les forces pressantes sur la surface latérale, dont la résultante est nulle par raison de symétrie axiale ;
  • Le poids de la tranche de fluide de masse \mathrm{d}m = \rho\, S\,\mathrm{d}z :

    \mathrm{d}\vec{P}_{\text{oids}} = \mathrm{d}m\,\vec{g} = -\rho\,g_0\,S\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z

En sommant ces contributions, la condition d'équilibre s'écrit :

\left[ P(z) - P(z+\mathrm{d}z) \right] S\,\vec{e}_z - \rho\,g_0\,S\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_z = \vec{0}

En effectuant un développement limité au premier ordre, P(z+\mathrm{d}z) - P(z) = \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z}\,\mathrm{d}z, puis en simplifiant par le volume élémentaire \mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}z, on obtient :

-\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z}\,\vec{e}_z + \rho\,\vec{g} = \vec{0}

Sachant que le gradient de pression s'écrit ici \vec{\operatorname{grad}} P = \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z}\,\vec{e}_z, on en déduit la relation locale de la statique des fluides :

\boxed{\vec{\operatorname{grad}} P = \rho\,\vec{g}}

Ce qui se traduit par la projection scalaire sur l'axe (Oz) :

\boxed{\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\rho\,g_0}

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, pression hydrostatique

En déduire l'expression de la pression dans une cavité à la profondeur quand la colonne de la cheminée est remplie. On rappelle que la pression à l'altitude vaut avec . Quelle est la valeur de la surpression pour ?

Voir l'indice

Intégrer la relation de la statique des fluides en prenant garde au signe entre l'altitude z et la profondeur H.

Voir la réponse courte

Intégration pour un fluide incompressible : P(H) = P^0 + \rho g_0 H, d'où une surpression de \Delta P = 15\text{ bar}.

Voir le corrigé complet

L'eau liquide étant considérée comme incompressible et homogène, sa masse volumique \rho est uniforme et constante. D'après le résultat de la question 1, la loi de la statique des fluides s'écrit :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\rho g_0

L'altitude z = 0 correspondant au sommet de la colonne d'eau libre à l'air libre où P(0) = P^0, une cavité située à la profondeur H se trouve à la cote z = -H. Par intégration entre z = -H et z = 0 :

\begin{aligned} \int_{P(-H)}^{P^0} \mathrm{d}P &= -\rho g_0 \int_{-H}^{0} \mathrm{d}z \\ P^0 - P(-H) &= -\rho g_0 H \end{aligned}

On en déduit l'expression de la pression absolue au niveau de la cavité :

\boxed{P(H) = P^0 + \rho g_0 H}

La surpression par rapport à la pression atmosphérique est définie par \Delta P = P(H) - P^0 = \rho g_0 H.

Application numérique :

  • \rho = 1000\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3},
  • g_0 = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2},
  • H = 150\text{ m}.
\Delta P = 1000 \times 10 \times 150 = 1{,}5 \times 10^6\text{ Pa} = 15\text{ bar}
\boxed{\Delta P = 15\text{ bar} = 1{,}5\text{ MPa}}

La pression totale au fond de la cavité vaut alors P(H) = 1 + 15 = 16\text{ bar}.

Résultat

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : pression de vapeur saturante, changement d'état

On donne la formule empirique de la pression saturante de l'eau à la température (pour ) :

Pourquoi n'y a-t-il pas vaporisation de l'eau dans les cavités quand l'eau d'infiltration s'introduit à la température ? On considère que les échanges thermiques avec les roches chauffées par le magma sont beaucoup plus lents que le phénomène d'infiltration.

Voir l'indice

Calculer la pression de vapeur saturante à 293\text{ K} avec la formule fournie et la comparer à la pression totale régnant au fond de la cavité.

Voir la stratégie
  1. Exprimer et calculer la pression de vapeur saturante P_{\text{sat}} de l'eau à la température d'infiltration T_{\text{ext}} = 293\text{ K} à l'aide de la relation empirique fournie.
  2. Comparer cette valeur à la pression locale régnant dans la cavité (déterminée à la question précédente) pour conclure quant à la stabilité thermodynamique de la phase liquide.
Voir la réponse courte

À 20\,^\circ\text{C}, P_{\text{sat}} \approx 0{,}0016\text{ bar} \ll P(H), donc l'eau demeure à l'état liquide sous la pression régnant dans la cavité.

Voir le corrigé complet

L'eau liquide se vaporise au sein du fluide (ébullition) si sa pression de vapeur saturante P_{\text{sat}}(T) atteint ou dépasse la pression locale P du liquide :

P_{\text{sat}}(T) \ge P

À la température d'infiltration de l'eau T_{\text{ext}} = 293\text{ K}, la formule empirique donne :

\begin{aligned} \frac{P_{\text{sat}}(T_{\text{ext}})}{P^0} &= \left(\frac{293 - 273}{100}\right)^4 = (0{,}2)^4 = 1{,}6 \times 10^{-3} \end{aligned}

soit, avec P^0 = 1\text{ bar} = 10^5\text{ Pa} :

P_{\text{sat}}(T_{\text{ext}}) = 1{,}6 \times 10^{-3}\text{ bar} = 160\text{ Pa}

Or, les transferts thermiques avec les roches chauffées étant très lents devant le temps d'infiltration, l'eau arrive dans les cavités à la température T_{\text{ext}}. La pression locale P dans une cavité située à une profondeur H vaut, d'après la question 2 :

P = P^0 + \rho g_0 H \ge P^0 = 1\text{ bar}

(pour H = 150\text{ m}, P = 16\text{ bar}).

On constate ainsi que :

P_{\text{sat}}(T_{\text{ext}}) \ll P
\boxed{\text{L'eau se trouve dans le domaine de stabilité du liquide comprimé : il n'y a donc pas vaporisation.}}

Résultat

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : équilibre liquide-vapeur, pression de vapeur saturante

Au bout d'un temps suffisamment long l'eau des cavités se réchauffe en contact avec les roches proches du magma. Quelle est la valeur de la température , dans une cavité à la profondeur , pour laquelle l'eau qu'elle contient va se vaporiser ?

Voir l'indice

Écrire la condition d'ébullition P_{\text{sat}}(T) = P(H) et inverser la relation empirique liant pression et température.

Voir la stratégie
  1. La vaporisation de l'eau au sein du liquide (ébullition) se produit dès que la pression de vapeur saturante P_{\text{sat}}(T) atteint la pression hydrostatique locale P(H).
  2. On utilise la formule empirique donnée à la question 3 reliant P_{\text{sat}} et T, ainsi que l'expression de la pression P(H) établie à la question 2, pour exprimer la température d'ébullition T(H).
Voir la réponse courte

La vaporisation se produit lorsque P_{\text{sat}}(T) = P(H) = 16\text{ bar}, soit T(H) = 273 + 100 \times 16^{1/4} = 473\text{ K} = 200\,^\circ\text{C}.

Voir le corrigé complet

Pour que l'eau liquide se vaporise au sein de la cavité située à la profondeur H, des bulles de vapeur doivent pouvoir se former et subsister contre la pression imposée par le fluide environnant. La condition d'ébullition s'écrit donc :

P_{\text{sat}}(T(H)) = P(H)

D'après la formule empirique fournie à la question 3 :

\frac{P_{\text{sat}}(T(H))}{P^0} = \left(\frac{T(H) - 273}{100}\right)^4

avec T(H) > 273\text{ K}. En identifiant avec le rapport de pressions, il vient :

\left(\frac{T(H) - 273}{100}\right)^4 = \frac{P(H)}{P^0}

En prenant la racine quatrième (puisque T(H) > 273\text{ K}) :

T(H) = 273 + 100\left(\frac{P(H)}{P^0}\right)^{1/4}

En utilisant l'expression de la pression à la profondeur H établie à la question 2, P(H) = P^0 + \rho g_0 H :

\boxed{T(H) = 273 + 100\left(1 + \frac{\rho g_0 H}{P^0}\right)^{1/4}}

où T(H) est exprimée en kelvins (\text{K}).

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : enthalpie de vaporisation, bilan d'énergie

Quelle est la valeur de la température de changement d'état ? Quelle est alors la masse d'eau vaporisée ?

Voir l'indice

Remplacer H = 150\text{ m} dans l'expression précédente pour trouver T, puis utiliser la masse volumique du liquide pour la masse vaporisée.

Voir la réponse courte

La température d'ébullition reste 200\,^\circ\text{C} ; la masse d'eau vaporisée se déduit du transfert thermique apporté par les roches.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question 4, la température de changement d'état de l'eau à la profondeur H s'écrit :

T_{\text{vap}}(H) = 273 + 100 \left(1 + \frac{\rho g_0 H}{P^0}\right)^{1/4}

Pour H = 150\text{ m}, avec \rho = 1000\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, g_0 = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et P^0 = 10^5\text{ Pa}, on a :

1 + \frac{\rho g_0 H}{P^0} = 1 + \frac{1000 \times 10 \times 150}{10^5} = 1 + 15 = 16

Sachant que 16^{1/4} = (2^4)^{1/4} = 2, on obtient directement :

T_{\text{vap}} = 273 + 100 \times 2 = 473\text{ K}

soit en degrés Celsius :

\theta_{\text{vap}} = 473 - 273 = 200^\circ\text{C}
\boxed{T_{\text{vap}} = 473\text{ K} \quad (\text{soit } 200^\circ\text{C})}

L'énoncé précisant qu'il y a vaporisation totale de l'eau liquide contenue initialement dans la cavité de volume V_0 = 1\text{ L}, la masse d'eau vaporisée est :

m = \rho V_0

Avec \rho = 1000\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et V_0 = 1\text{ L} = 10^{-3}\text{ m}^3 :

m = 1000 \times 10^{-3} = 1\text{ kg}
\boxed{m = 1\text{ kg}}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : gaz parfait, équilibre liquide-vapeur

Quel est l'ordre de grandeur en litre du volume de gaz qui va « pousser » l'eau de la cheminée ? Expliquer pourquoi le phénomène est intermittent et nécessite la présence de roches non-poreuses.

Voir l'indice

Assimiler la vapeur à un gaz parfait à la température trouvée et sous la pression P(H) pour évaluer son volume volumique avant détente.

Voir la stratégie
  1. Pour le volume de gaz, modéliser la vapeur d'eau par un gaz parfait occupant un volume V_{\text{gaz}} = \frac{n R T}{P} à la température T_{\text{vap}} = 473\text{ K} et sous la pression régnant au fond (P = 16\text{ bar}), puis commenter son extension lors de la décompression.
  2. Analyser le rôle mécanique et thermique des roches encaissantes (étanchéité, confinement de la pression).
  3. Détailler le cycle thermo-mécanique qui conduit à l'intermittence des éruptions (différence entre le temps long de chauffage et le temps court d'éjection).
Voir la réponse courte

Calcul du volume par la loi des gaz parfaits ; l'expulsion vide la cavité, qui se réchauffe à nouveau si la roche est étanche.

Voir le corrigé complet

1. Ordre de grandeur du volume de gaz

L'eau vaporisée (m = 1\text{ kg}) représente une quantité de matière :

n = \frac{m}{M} = \frac{1\,000\text{ g}}{18\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}} \approx 55{,}6\text{ mol}

En assimilant la vapeur d'eau à un gaz parfait à la température T = 473\text{ K} sous la pression régnant dans la cavité P = 16\text{ bar} = 16 \times 10^5\text{ Pa} (question Q2) :

V_{\text{gaz}} = \frac{n R T}{P} = \frac{m R T}{M P}

Numériquement :

\begin{aligned} V_{\text{gaz}} &= \frac{55{,}6 \times 8{,}3 \times 473}{16 \times 10^5} \\ &= \frac{2{,}18 \times 10^5}{16 \times 10^5} \approx 0{,}136\text{ m}^3 \approx 140\text{ L} \end{aligned}

Au niveau de la cavité, le volume de gaz est ainsi de l'ordre de grandeur de :

\boxed{V_{\text{gaz}} \sim 10^2\text{ L}}

Ce volume est plus de cent fois supérieur au volume initial de la cavité (V_0 = 1\text{ L}). Lorsque ce gaz commence à refouler l'eau dans la cheminée et que la pression hydrostatique diminue, il se détend jusqu'à la pression atmosphérique P^0 = 1\text{ bar}, atteignant alors un volume de l'ordre de 2 \times 10^3\text{ L}.

2. Nécessité de roches non-poreuses

  • Confinement de pression : Des roches imperméables sont indispensables pour assurer l'étanchéité du réservoir souterrain. Si la roche était poreuse, l'eau et la vapeur fuiraient latéralement, empêchant toute surpression significative dans la cavité.
  • Canalisation de l'éjection : L'imperméabilité des parois oblige la surpression à se décharger exclusivement vers le haut, à travers l'étroite cheminée conique.

3. Caractère intermittent du phénomène

Le fonctionnement du geyser s'explique par un cycle thermodynamique auto-entretenu :

  1. Infiltration et chauffage lent : De l'eau froide d'infiltration remplit la cavité et la cheminée. En profondeur, l'eau est soumise à une forte pression hydrostatique (16\text{ bar}), ce qui repousse sa température d'ébullition à 200^\circ\text{C}. L'eau s'échauffe lentement au contact des roches magmatiques (phénomène de conduction thermique lent).
  2. Déclenchement et décompression : Lorsque la température atteint 200^\circ\text{C} au fond, des bulles de vapeur se forment. En gonflant, elles chassent un volume d'eau hors du sommet de la cheminée.
  3. Ébullition explosive : La perte de cette masse d'eau réduit la hauteur de la colonne liquide, provoquant une baisse brutale de la pression hydrostatique dans tout le conduit. Toute l'eau surchauffée de la colonne se retrouve instantanément au-dessus de sa température d'ébullition : elle se vaporise massivement et de façon quasi-instantanée, projetant violemment l'eau et la vapeur vers le haut (le jaillissement).
  4. Réamorçage : Une fois la cheminée vidée et refroidie par la détente, une nouvelle masse d'eau froide s'infiltre. Le cycle recommence.

L'intermittence résulte ainsi du contraste majeur d'échelles de temps entre la phase de remplissage et de chauffage conductif (plusieurs dizaines de minutes) et la phase d'éruption hydrodynamique (quelques secondes à minutes).

Résultat

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Partie II : Le transport d'eau chaude pour le chauffage

II-A · Profil de température dans l'épaisseur du pipe-line

Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : loi de fourier, conductivité thermique, vecteur densité de flux thermique

Rappeler la loi de Fourier en donnant les noms des grandeurs y figurant. Quelle est leur signification physique ?

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Énoncer l'expression locale reliant densité de flux et gradient de température en précisant les unités du système international.

Voir la réponse courte

Énoncé de \vec{\jmath}_{\text{th}} = -\lambda \vec{\nabla}T en précisant les noms et le sens physique du gradient et du flux thermique.

Voir le corrigé complet

La loi de Fourier régit le transfert thermique par conduction au sein de la matière. Elle s'écrit sous forme locale et vectorielle :

\boxed{\vec{\jmath}_{\mathrm{th}} = -\lambda \, \vec{\operatorname{grad}} T}

où :

  • \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} (noté également \vec{\jmath}_Q) est le vecteur densité volumique de courant thermique (ou densité de flux thermique), exprimé en \mathrm{W \cdot m^{-2}}. Sa signification physique est la puissance thermique transitant par conduction à travers une unité de surface orientée : la puissance élémentaire traversant une surface \mathrm{d}\vec{S} s'écrit \delta\phi = \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} \cdot \mathrm{d}\vec{S}.
  • \lambda est la conductivité thermique du milieu conducteur, exprimée en \mathrm{W \cdot m^{-1} \cdot K^{-1}}. C'est un paramètre caractéristique du matériau qui quantifie sa capacité à conduire la chaleur.
  • T est le champ scalaire de température, exprimé en kelvins (\mathrm{K}).
  • \vec{\operatorname{grad}} T est le gradient de température, exprimé en \mathrm{K \cdot m^{-1}}, qui indique la direction et le sens de la plus forte augmentation spatiale de la température.

Résultat

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : flux thermique, symétrie

Justifier le fait que la puissance thermique qui traverse une longueur de tuyau est indépendante de .

Voir l'indice

Faire un bilan thermique en régime stationnaire sur une tranche de barre sans source ni perte latérale.

Voir la stratégie

Pour établir l'indépendance de la puissance thermique \phi vis-à-vis de la cote z, on effectue un bilan d'énergie sur une tranche de conducteur d'épaisseur \mathrm{d}z en exploitant le caractère stationnaire du régime ainsi que les conditions aux limites (parois calorifugées).

Voir la réponse courte

Invariance selon z et conservation du flux d'énergie en régime stationnaire sans perte axiale le long de la conduite.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué par la tranche infinitésimale de conducteur comprise entre les cotes z et z + \mathrm{d}z, de section S, pendant une durée \mathrm{d}t :

  • Régime stationnaire : la température en tout point est indépendante du temps, donc l'énergie interne du système est constante :

    \frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = 0
  • Absence de sources et de puits internes d'énergie thermique.
  • Isolation latérale : les parois latérales sont calorifugées, aucun échange thermique ne s'effectue à travers la surface latérale (\vec{\jmath}_{\mathrm{th}} \cdot \vec{n}_{\mathrm{lat}} = 0).

Le premier principe de la thermodynamique appliqué à ce système entre les instants t et t + \mathrm{d}t donne pour le bilan thermique :

\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = \phi(z) - \phi(z+\mathrm{d}z) = 0

où \phi(z) est la puissance thermique pénétrant dans la tranche par la section en z, et \phi(z+\mathrm{d}z) celle qui en ressort en z+\mathrm{d}z.

Il vient alors :

-\frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}z}\,\mathrm{d}z = 0 \implies \frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}z} = 0
\boxed{\phi(z) = \text{cte}}

La puissance thermique traversant une section droite quelconque du tuyau est donc rigoureusement indépendante de z.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : loi de fourier, équation de la chaleur

Évaluer l'expression du flux qui traverse la section dans le sens des croissants en fonction des données ainsi que la loi de température .

Voir l'indice

Intégrer le flux thermique surfacique constant à travers la section S pour expliciter le profil linéaire de température.

Voir la réponse courte

Intégration en coordonnées cartésiennes : profil affine de température T(z) et flux stationnaire conservatif \phi = \frac{\lambda S}{L}(T_1 - T_2).

Voir le corrigé complet

Le flux thermique \phi à travers une section droite S orientée selon les z croissants s'écrit, d'après la loi de Fourier rappelée en Q7 :

\phi = \iint_S \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} \cdot \vec{e}_z \, \mathrm{d}S = \iint_S \left( -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} \vec{e}_z \right) \cdot \vec{e}_z \, \mathrm{d}S = -\lambda S \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z}

D'après la question Q8, le flux \phi est indépendant de z en régime stationnaire. Par conséquent :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} = -\frac{\phi}{\lambda S} = \text{cte}

La dérivée spatiale de la température étant constante, le profil de température est affine :

T(z) = A z + B

Les conditions aux limites imposées par les thermostats s'écrivent :

  • en z = 0 : T(0) = T_0 \implies B = T_0 ;
  • en z = L : T(L) = T_1 \implies A L + T_0 = T_1 \implies A = \frac{T_1 - T_0}{L}.

On en déduit la loi de température dans la barre :

\boxed{T(z) = T_0 + (T_1 - T_0)\frac{z}{L}}

En réinjectant le gradient de température \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} = \frac{T_1 - T_0}{L} dans l'expression de \phi, on obtient :

\boxed{\phi = \frac{\lambda S}{L}(T_0 - T_1)}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : résistance thermique, analogie électrique

Définir la résistance thermique de la barre et l'exprimer en fonction des caractéristiques de celle-ci.

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Définir la résistance thermique par le rapport de l'écart de température sur le flux thermique traversant.

Voir la réponse courte

Définition par analogie avec la loi d'Ohm : R_{\text{th}} = \frac{\Delta T}{\phi} = \frac{L}{\lambda S}.

Voir le corrigé complet

Par analogie avec la loi d'Ohm en électrocinétique (U = R_{\text{élec}} I), la résistance thermique R_{\text{th}} d'un élément conducteur reliant une zone à la température T_0 à une zone à la température T_1 est définie par le rapport de l'écart de température sur la puissance thermique \phi qui le traverse de la borne amont vers la borne aval :

R_{\text{th}} = \frac{T_0 - T_1}{\phi}

D'après l'expression du flux thermique obtenue à la question Q9, \phi = \frac{\lambda S}{L}(T_0 - T_1), on en déduit l'expression de la résistance thermique en fonction des caractéristiques géométriques et thermophysiques de la barre :

\boxed{R_{\text{th}} = \frac{L}{\lambda S}}

Elle s'exprime en kelvins par watt (\mathrm{K\cdot W^{-1}}).

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : résistance thermique, géométrie cylindrique

En déduire la résistance associée à la diffusion thermique pour une longueur de tuyau. Faire l'application numérique pour 1 m de tuyau avec les valeurs ; ; . On donne .

Voir l'indice

Identifier l'expression de \mathcal{R} en comparant la relation fournie avec la définition d'une résistance thermique.

Voir la stratégie
  1. Par analogie avec la loi d'Ohm (définie à la question 10), identifier la résistance thermique comme le rapport de la différence de température motrice sur le flux thermique traversant la paroi cylindrique.
  2. Réaliser l'application numérique pour l = 1\text{ m} à l'aide des données fournies.
Voir la réponse courte

Intégration du flux radial \phi = -\lambda (2\pi r l) \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} pour aboutir à R_{\text{th}} = \frac{\ln(R_{\max}/R_{\min})}{2\pi \lambda l} \approx 0{,}048\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Par définition, la résistance thermique \mathcal{R} d'une paroi cylindrique traversée par un flux thermique \phi orienté de l'intérieur (r = R_{\min}) vers l'extérieur (r = R_{\max}) s'écrit :

\mathcal{R} = \frac{T_{R\min} - T_{R\max}}{\phi}

Une résistance thermique étant une grandeur intrinsèquement positive, l'expression du flux donnée dans l'énoncé conduit directement à :

\boxed{\mathcal{R} = \frac{\ln\left(\frac{R_{\max}}{R_{\min}}\right)}{2\pi\lambda l}}

Application numérique : Pour une longueur de tuyau l = 1\text{ m} :

  • \frac{R_{\max}}{R_{\min}} = \frac{40\text{ cm}}{30\text{ cm}} = \frac{4}{3}
  • \ln\left(\frac{4}{3}\right) \approx 0{,}3
  • \lambda = 1\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}
\begin{aligned} \mathcal{R} &= \frac{0{,}3}{2\pi \times 1 \times 1} \approx \frac{0{,}3}{6{,}28} \approx 4{,}8 \times 10^{-2}\text{ K}\cdot\text{W}^{-1} \end{aligned}

En retenant deux chiffres significatifs cohérents avec la donnée \ln(4/3) \sim 0{,}3 :

\boxed{\mathcal{R} \approx 4{,}8 \times 10^{-2}\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}} \quad (\text{ou } \mathcal{R} \approx 0{,}05\text{ K}\cdot\text{W}^{-1} \text{ avec } \pi \approx 3)

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : profil de température, conducto-convectif

Tracer l'allure du profil de température entre et .

Voir l'indice

Représenter les sauts de température aux interfaces fluide-solide (convection) encadrant un profil logarithmique dans l'épaisseur du matériau.

Voir la stratégie
  1. Décomposer l'espace radial en trois régions physiques : le cœur de l'écoulement d'eau chaude (r \le R_{\min}^-), la paroi solide conductrice (R_{\min} \le r \le R_{\max}) et l'air ambiant (r \ge R_{\max}^+).
  2. Déterminer l'expression analytique du profil de température dans la paroi à partir de la conservation du flux thermique radial en coordonnées cylindriques afin de préciser sa courbure (convexité).
  3. Représenter les chutes de température associées aux résistances de conducto-convection au sein des couches limites thermiques aux interfaces intérieure et extérieure.
Voir la réponse courte

Décroissance logarithmique dans l'épaisseur de la paroi et discontinuités de pente associées aux résistances conducto-convectives aux parois.

Voir le corrigé complet

Le transport thermique radial s'effectue à travers trois milieux successifs :

  1. Dans le fluide intérieur (eau chaude) et à l'interface interne (r \le R_{\min}) : L'eau liquide au cœur de la conduite est à une température uniforme T_{\text{eau}}. Au voisinage de la paroi interne (dans la couche limite thermique entre R_{\min}^- et R_{\min}), le phénomène de conducto-convection induit une chute de température de T(R_{\min}^-) = T_{\text{eau}} jusqu'à la température de surface intérieure du tube T(R_{\min}) = T_{R\min}.
  2. Dans l'épaisseur de la paroi (R_{\min} \le r \le R_{\max}) : Le transfert thermique a lieu par conduction pure en régime stationnaire. En l'absence de terme source, le flux thermique traversant un cylindre de rayon r et de longueur l est conservatif :

    \phi = j_Q(r) \cdot 2\pi r l = -2\pi \lambda l\, r\,\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} = \text{cte} > 0

    On en déduit :

    \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} = -\frac{\phi}{2\pi\lambda l}\,\frac{1}{r} < 0 \quad \text{et} \quad \frac{\mathrm{d}^2 T}{\mathrm{d}r^2} = \frac{\phi}{2\pi\lambda l}\,\frac{1}{r^2} > 0

    Le profil de température est logarithmique, strictement décroissant et strictement convexe :

    T(r) = T_{R\min} - (T_{R\min} - T_{R\max})\,\frac{\ln(r/R_{\min})}{\ln(R_{\max}/R_{\min})}
  3. À l'interface externe et dans le fluide extérieur (r \ge R_{\max}) : Entre la surface externe R_{\max} et l'air ambiant non perturbé R_{\max}^+, la conducto-convection provoque une nouvelle chute de température de T(R_{\max}) = T_{R\max} jusqu'à la température ambiante T(R_{\max}^+) = T_{\text{ext}}. Au-delà (r \ge R_{\max}^+), la température est uniforme et égale à T_{\text{ext}}.

Le profil de température T(r) présente donc l'allure suivante :

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : loi de newton, résistance thermique

Que valent les deux résistances associées à la conducto-convection ?

Voir l'indice

Appliquer la loi de Newton sur les surfaces cylindriques intérieure et extérieure de longueur l.

Voir la réponse courte

Résistances d'interface : R_{\text{conv,int}} = \frac{1}{2\pi R_{\min} l h_{\text{int}}} et R_{\text{conv,ext}} = \frac{1}{2\pi R_{\max} l h_{\text{ext}}}.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Newton rappelée dans les données de l'énoncé, la puissance thermique surfacique échangée entre une surface à la température T et un fluide à la température T_{\text{ext}} s'écrit :

P = h\,(T - T_{\text{ext}})

Pour une surface d'échange d'aire S isotherme, le flux thermique total traversant l'interface s'exprime par :

\phi = P\,S = h\,S\,(T - T_{\text{ext}})

Par analogie avec la loi d'Ohm électrocinétique (\Delta T = \mathcal{R}_{\text{th}}\,\phi), la résistance thermique de conducto-convection associée s'identifie à :

\mathcal{R}_{\text{th}} = \frac{1}{h\,S}

Appliquons cette relation aux deux interfaces du tuyau cylindrique de longueur l :

  • À la surface intérieure (r = R_{\min}), la surface d'échange avec l'eau en écoulement a pour aire S_{\text{int}} = 2\pi R_{\min} l. La résistance de conducto-convection interne vaut :

    \boxed{\mathcal{R}_{\text{int}} = \frac{1}{2\pi h R_{\min} l}}

    Pour une longueur de tuyau l = 1\text{ m}, avec R_{\min} = 0{,}30\text{ m} et h = 50\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} :

    \mathcal{R}_{\text{int}} = \frac{1}{2\pi \times 50 \times 0{,}30 \times 1} = \frac{1}{30\pi} \approx 1{,}1 \times 10^{-2}\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}
  • À la surface extérieure (r = R_{\max}), la surface d'échange avec l'air extérieur a pour aire S_{\text{ext}} = 2\pi R_{\max} l. La résistance de conducto-convection externe vaut :

    \boxed{\mathcal{R}_{\text{ext}} = \frac{1}{2\pi h' R_{\max} l}}

    Pour une longueur de tuyau l = 1\text{ m}, avec R_{\max} = 0{,}40\text{ m} et h' = 10\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} :

    \mathcal{R}_{\text{ext}} = \frac{1}{2\pi \times 10 \times 0{,}40 \times 1} = \frac{1}{8\pi} \approx 4{,}0 \times 10^{-2}\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Notions : analogie électrique, résistance thermique

Quel est le schéma électrique équivalent ? Quelle est la conductance thermique par unité de longueur de tuyau ?

Voir l'indice

Associer en série les trois résistances thermiques radiales successives pour déduire la conductance linéique.

Voir la stratégie
  1. Par analogie avec l'électrocinétique, la température joue le rôle du potentiel et le flux thermique joue celui de l'intensité.
  2. Le transfert thermique radial s'effectuant successivement à travers l'interface interne, l'épaisseur du tuyau et l'interface externe, le même flux traverse ces trois milieux : les résistances thermiques sont donc en série.
  3. On en déduit la résistance thermique totale d'une portion de longueur l, puis la conductance linéique G_{\text{lin}} = \frac{1}{l\,\mathcal{R}_{\text{tot}}}.
Voir la réponse courte

Association en série des trois résistances thermiques, donnant la conductance linéique G_{\text{lin}} = \frac{1}{l \sum R_i}.

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire et en l'absence de sources internes de chaleur, le flux thermique radial \phi traversant la surface de rayon r est indépendant de r. Le flux est ainsi identique à travers :

  • la couche limite interne en r = R_{\min} (résistance de conducto-convection \mathcal{R}_{\text{int}}) ;
  • la paroi du tuyau pour R_{\min} \le r \le R_{\max} (résistance de conduction \mathcal{R}) ;
  • la couche limite externe en r = R_{\max} (résistance de conducto-convection \mathcal{R}_{\text{ext}}).

Ces trois résistances sont donc connectées en série entre la température de l'eau T_{\text{eau}} = T(R_{\min}^-) et la température extérieure T_{\text{ext}} = T(R_{\max}^+).

La résistance thermique totale pour une longueur l de tuyau s'écrit :

\mathcal{R}_{\text{tot}} = \mathcal{R}_{\text{int}} + \mathcal{R} + \mathcal{R}_{\text{ext}}

En utilisant les expressions obtenues aux questions 11 et 13 :

\begin{aligned} \mathcal{R}_{\text{tot}} &= \frac{1}{2\pi h R_{\min} l} + \frac{\ln\left(\frac{R_{\max}}{R_{\min}}\right)}{2\pi\lambda l} + \frac{1}{2\pi h' R_{\max} l} \\ &= \frac{1}{2\pi l} \left( \frac{1}{h R_{\min}} + \frac{1}{\lambda}\ln\left(\frac{R_{\max}}{R_{\min}}\right) + \frac{1}{h' R_{\max}} \right) \end{aligned}

La conductance thermique G est l'inverse de la résistance thermique, G = \frac{1}{\mathcal{R}_{\text{tot}}}. La conductance thermique par unité de longueur (conductance linéique) est alors définie par :

G_{\text{lin}} = \frac{G}{l} = \frac{1}{l\,\mathcal{R}_{\text{tot}}}

D'où l'expression :

\boxed{G_{\text{lin}} = \frac{2\pi}{\dfrac{1}{h R_{\min}} + \dfrac{1}{\lambda}\ln\left(\dfrac{R_{\max}}{R_{\min}}\right) + \dfrac{1}{h' R_{\max}}}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique

Notions : résistance thermique

Application numérique : déterminer l'ordre de grandeur de .

Voir l'indice

Effectuer l'application numérique en sommant les trois contributions résistives calculées précédemment.

Voir la réponse courte

Calcul numérique de G_{\text{lin}} à partir des résistances de convection et de conduction calculées précédemment.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question 14, la conductance thermique par unité de longueur s'écrit :

G_{\text{lin}} = \frac{2\pi}{\dfrac{1}{h R_{\min}} + \dfrac{1}{\lambda}\ln\left(\dfrac{R_{\max}}{R_{\min}}\right) + \dfrac{1}{h' R_{\max}}}

Calculons séparément chacun des termes du dénominateur :

  • Terme de conducto-convection interne :

    \frac{1}{h R_{\min}} = \frac{1}{50 \times 0{,}30} = \frac{1}{15} \approx 0{,}067\text{ m}\cdot\text{K}\cdot\text{W}^{-1}
  • Terme de conduction dans la paroi du tuyau :

    \frac{1}{\lambda}\ln\left(\frac{R_{\max}}{R_{\min}}\right) = \frac{1}{1} \times 0{,}3 \approx 0{,}30\text{ m}\cdot\text{K}\cdot\text{W}^{-1}
  • Terme de conducto-convection externe :

    \frac{1}{h' R_{\max}} = \frac{1}{10 \times 0{,}40} = \frac{1}{4} = 0{,}25\text{ m}\cdot\text{K}\cdot\text{W}^{-1}

La somme des trois résistances thermiques linéiques vaut :

\mathcal{R}_{\text{lin}} = \frac{1}{15} + 0{,}30 + 0{,}25 \approx 0{,}067 + 0{,}550 = 0{,}617\text{ m}\cdot\text{K}\cdot\text{W}^{-1} \approx 0{,}6\text{ m}\cdot\text{K}\cdot\text{W}^{-1}

On en déduit la conductance linéique :

G_{\text{lin}} = \frac{2\pi}{\mathcal{R}_{\text{lin}}} \approx \frac{2 \times 3{,}14}{0{,}617} \approx 10\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{m}^{-1}
\boxed{G_{\text{lin}} \approx 10\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{m}^{-1}}

Résultat

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II-B · Température de l'eau dans la conduite

Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : premier principe, système ouvert

Rappeler la démonstration à l'aide du premier principe pour un écoulement stationnaire unidimensionnel dans un système ouvert (à une entrée et une sortie) du « principe industriel » :

en précisant la signification physique des grandeurs écrites.

Voir l'indice

Raisonner sur un système fermé coïncidant avec le fluide ouvert entre t et t+\mathrm{d}t, en explicitant les travaux de transvasement.

Voir la stratégie

Pour établir le premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire :

  1. Définir un système fermé coïncident \Sigma^* à deux instants successifs t et t+\mathrm{d}t, constitué du volume de contrôle et des masses de fluide entrant et sortant.
  2. Écrire la variation d'énergie totale \mathrm{d}E_{\text{tot}} de ce système fermé en utilisant l'hypothèse de stationnarité.
  3. Exprimer les échanges d'énergie (travail des forces de pression, travail utile, transfert thermique) et regrouper les termes pour faire apparaître l'enthalpie massique h = u + P/\rho.
Voir la réponse courte

Démonstration classique du premier principe pour un écoulement stationnaire à l'aide d'un système fermé coïncident entre t et t+\mathrm{d}t.

Voir le corrigé complet

Considérons une conduite parcourue par un fluide en écoulement stationnaire unidimensionnel, présentant une section d'entrée e et une section de sortie s. On note \mathcal{V}_c le volume de contrôle fixe délimité par les parois internes de la conduite entre e et s.

Définissons le système fermé \Sigma^* à deux dates t et t+\mathrm{d}t :

  • À l'instant t, \Sigma^*(t) est constitué de la matière contenue dans \mathcal{V}_c à laquelle on ajoute la tranche infinitésimale de masse \mathrm{d}m_e qui va pénétrer par e pendant \mathrm{d}t.
  • À l'instant t+\mathrm{d}t, \Sigma^*(t+\mathrm{d}t) est constitué de la matière contenue dans \mathcal{V}_c à laquelle on ajoute la tranche de masse \mathrm{d}m_s qui est sortie par s pendant \mathrm{d}t.

En régime permanent (stationnaire), la conservation de la masse impose :

\mathrm{d}m_e = \mathrm{d}m_s = \mathrm{d}m

L'énergie totale d'une masse de fluide est la somme de son énergie interne U et de son énergie mécanique macroscopique E_{\text{mec}} = E_c + E_{p,\text{pes}} :

E_{\text{tot}} = U + E_{\text{mec}}

Pour le système fermé \Sigma^*, la variation d'énergie totale entre t et t+\mathrm{d}t s'écrit :

\begin{aligned} \mathrm{d}E_{\text{tot}} &= E_{\text{tot}}(t+\mathrm{d}t) - E_{\text{tot}}(t) \\ &= \left[E_{\text{tot}}(\mathcal{V}_c, t+\mathrm{d}t) + \mathrm{d}m\,(u_s + e_{\text{mec},s})\right] - \left[E_{\text{tot}}(\mathcal{V}_c, t) + \mathrm{d}m\,(u_e + e_{\text{mec},e})\right] \end{aligned}

Comme le régime est stationnaire, l'état du fluide dans le volume fixe \mathcal{V}_c est indépendant du temps : E_{\text{tot}}(\mathcal{V}_c, t+\mathrm{d}t) = E_{\text{tot}}(\mathcal{V}_c, t). Il vient :

\mathrm{d}E_{\text{tot}} = \mathrm{d}m \left[(u_s - u_e) + (e_{\text{mec},s} - e_{\text{mec},e})\right] = \mathrm{d}m\,(\Delta u + \Delta e_{\text{mec}})

où \Delta X = X_s - X_e désigne la variation d'une grandeur massique entre la sortie et l'entrée.

D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué au système fermé \Sigma^* :

\mathrm{d}E_{\text{tot}} = \delta W + \delta Q

Le travail \delta W reçu par \Sigma^* se décompose en :

  • le travail des forces de pression extérieures appliquées en entrée et en sortie (forces de transvasement) :

    \delta W_{\text{press}} = \vec{F}_{p,e} \cdot \vec{v}_e\,\mathrm{d}t + \vec{F}_{p,s} \cdot \vec{v}_s\,\mathrm{d}t = P_e S_e v_e\,\mathrm{d}t - P_s S_s v_s\,\mathrm{d}t

    En introduisant les volumes massiques v_{m,e} = 1/\rho_e et v_{m,s} = 1/\rho_s, le volume balayé vaut S v\,\mathrm{d}t = \mathrm{d}m/\rho, d'où :

    \delta W_{\text{press}} = \mathrm{d}m \left( \frac{P_e}{\rho_e} - \frac{P_s}{\rho_s} \right) = -\,\mathrm{d}m\,\Delta\left(\frac{P}{\rho}\right)
  • le travail utile \delta W_u = \mathrm{d}m\,w_u échangé avec des parties mobiles (pales de turbine, pompe, etc.) ;
  • les parois indéformables de la conduite ne fournissent aucun travail.

Le transfert thermique reçu s'écrit \delta Q = \mathrm{d}m\,q.

En rassemblant les termes dans le premier principe :

\mathrm{d}m\,(\Delta u + \Delta e_{\text{mec}}) = \mathrm{d}m \left( \frac{P_e}{\rho_e} - \frac{P_s}{\rho_s} \right) + \mathrm{d}m\,w_u + \mathrm{d}m\,q

En divisant par \mathrm{d}m et en regroupant les grandeurs à l'entrée et à la sortie :

\Delta u + \Delta\left(\frac{P}{\rho}\right) + \Delta e_{\text{mec}} = q + w_u

L'enthalpie massique étant définie par h = u + \dfrac{P}{\rho}, on obtient le « principe industriel » :

\boxed{\Delta h + \Delta e_{\text{mec}} = q + w_u}

Signification physique des grandeurs écrites :

  • \Delta h = h_s - h_e : variation d'enthalpie massique du fluide entre la sortie et l'entrée (\mathrm{J\cdot kg^{-1}}) ;
  • \Delta e_{\text{mec}} = \Delta\left(\frac{1}{2}v^2 + g z\right) : variation de l'énergie mécanique massique (cinétique et potentielle de pesanteur) du fluide entre la sortie et l'entrée (\mathrm{J\cdot kg^{-1}}) ;
  • q = \dfrac{\delta Q}{\mathrm{d}m} : transfert thermique massique reçu par le fluide à travers les parois de la conduite (\mathrm{J\cdot kg^{-1}}) ;
  • w_u = \dfrac{\delta W_u}{\mathrm{d}m} : travail mécanique utile massique échangé avec l'extérieur, hors travail des forces de pression aux frontières fluides (associé à des organes mobiles tels qu'une turbine ou une pompe) (\mathrm{J\cdot kg^{-1}}).

Résultat

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : conservation de la masse, débit volumique

Quelle est la vitesse de l'eau à l'entrée ? Pourquoi peut-elle être supposée uniforme dans le tuyau ?

Voir l'indice

Relier le débit volumique à la section intérieure du tuyau et exploiter l'incompressibilité du liquide.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la section droite intérieure de la conduite à partir du rayon intérieur R_{\min}.
  2. Exprimer puis calculer la vitesse d'écoulement à l'entrée à l'aide de la définition du débit volumique D_v = v S.
  3. Justifier l'uniformité de la vitesse à la fois sur la section droite (absence de viscosité) et le long du tuyau (incompressibilité et section constante).
Voir la réponse courte

Conservation du débit volumique D_v = S v pour un écoulement incompressible à section constante, d'où la vitesse uniforme v.

Voir le corrigé complet

L'eau liquide s'écoule à l'intérieur du cylindre creux de rayon intérieur R_{\min}. La section de passage du fluide vaut :

S = \pi R_{\min}^2

Le débit volumique D_v s'exprime en fonction de la vitesse moyenne v par D_v = v S. On en déduit l'expression de la vitesse de l'eau à l'entrée :

\boxed{v = \frac{D_v}{\pi R_{\min}^2}}

Application numérique : Avec D_v = 500\text{ L}\cdot\text{s}^{-1} = 0{,}500\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} et R_{\min} = 0{,}30\text{ m} :

S = \pi \times (0{,}30)^2 = 0{,}09\pi \approx 0{,}283\text{ m}^2
v = \frac{0{,}500}{0{,}09\pi} = \frac{50}{9\pi} \approx \frac{50}{28{,}3} \approx \boxed{1{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Uniformité de la vitesse dans le tuyau :

  • Sur une section droite transverse : d'après les données de l'énoncé, l'eau liquide présente une « viscosité négligeable ». Dans le cadre de l'écoulement d'un fluide parfait sans frottement visqueux, il n'y a pas de condition d'adhérence aux parois ni de gradient transversal de vitesse (profil plat ou écoulement « bouchon ») ; la vitesse est donc uniforme sur toute la section.
  • Le long de la conduite (selon x) : le fluide est supposé incompressible et indilatable (\rho = \text{cte}), la section droite S est constante sur toute la longueur et l'écoulement est stationnaire. La conservation du débit massique D_m = \rho S v = \text{cte} implique que la vitesse v reste constante et uniforme le long de tout le trajet.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation

Notions : premier principe, bilan d'énergie

On suppose par la suite que la température de l'eau ne dépend que de la variable , et on néglige les phénomènes de diffusion thermique en son sein. Appliquer l'égalité écrite à la question 16 à la portion d'eau contenue entre et en négligeant la variation d'énergie potentielle de pesanteur au cours de l'écoulement. On écrira une expression liant et .

Voir l'indice

Appliquer le premier principe industriel à la tranche entre x et x+\mathrm{d}x en exprimant le transfert thermique surfacique reçu à travers la paroi.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x.
  2. Évaluer chaque terme de l'égalité \Delta h + \Delta e_{\text{mec}} = q + w_u : travail utile, énergie cinétique, énergie potentielle, variation d'enthalpie et transfert thermique reçu.
  3. Relier le transfert thermique massique q au flux thermique reçu à travers la paroi latérale sur la longueur \mathrm{d}x via la conductance linéique G_{\text{lin}}.
Voir la réponse courte

Application du premier principe en écoulement stationnaire : D_m c\,\mathrm{d}T = \delta \Phi = G_{\text{lin}}(T_{\text{ext}} - T(x))\mathrm{d}x.

Voir le corrigé complet

Considérons une tranche d'eau s'écoulant de x à x + \mathrm{d}x en régime stationnaire. On applique le premier principe industriel établi à la question Q16 :

\Delta h + \Delta e_{\text{mec}} = q + w_u

Détaillons les différents termes :

  • Il n'y a pas de partie mobile (pas de turbine ni de pompe entre x et x+\mathrm{d}x), donc le travail utile massique est nul :

    w_u = 0
  • L'écoulement est stationnaire et l'eau est modélisée par un fluide incompressible de masse volumique \rho uniforme dans une conduite de section droite constante. D'après la question Q17, la vitesse d'écoulement v est uniforme le long du tuyau, d'où \Delta e_c = 0.
  • L'énoncé indique de négliger la variation d'énergie potentielle de pesanteur : \Delta e_p = 0. On en déduit :

    \Delta e_{\text{mec}} = \Delta e_c + \Delta e_p = 0
  • Pour un liquide assimilé à une phase condensée incompressible et indilatable de capacité thermique massique c, la variation massique d'enthalpie se réduit à :

    \Delta h = h(x+\mathrm{d}x) - h(x) = c\,\mathrm{d}T(x) = c\,\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}\,\mathrm{d}x
  • Pendant la durée \mathrm{d}t, la masse de fluide traversant la tranche est :

    \mathrm{d}m = D_m\,\mathrm{d}t = \rho D_v\,\mathrm{d}t

    Le transfert thermique élémentaire reçu de l'extérieur par le tronçon de longueur \mathrm{d}x s'exprime à l'aide de la conductance thermique linéique G_{\text{lin}} définie à la question Q14 :

    \delta Q = \delta\Phi\,\mathrm{d}t = G_{\text{lin}}\,\mathrm{d}x\,\big(T_{\text{ext}} - T(x)\big)\,\mathrm{d}t

    Le transfert thermique massique s'écrit alors :

    q = \frac{\delta Q}{\mathrm{d}m} = \frac{G_{\text{lin}}\,\big(T_{\text{ext}} - T(x)\big)\,\mathrm{d}x}{\rho D_v}

En injectant ces résultats dans le premier principe, on obtient :

c\,\mathrm{d}T = \frac{G_{\text{lin}}\,\big(T_{\text{ext}} - T(x)\big)}{\rho D_v}\,\mathrm{d}x

soit, sous forme différentielle :

\boxed{\rho D_v c\,\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} = G_{\text{lin}}\,\big(T_{\text{ext}} - T(x)\big)}

Résultat

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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de diffusion, analyse dimensionnelle

En déduire que l'équation différentielle vérifiée par peut s'écrire sous la forme

en précisant expression et dimension de .

Voir l'indice

Diviser par \mathrm{d}x pour obtenir la dérivée spatiale et identifier le facteur \delta par homogénéité à une longueur.

Voir la réponse courte

Mise sous forme canonique et identification de la longueur caractéristique \delta = \frac{\rho c D_v}{G_{\text{lin}}}.

Voir le corrigé complet

D'après le bilan énergétique établi à la question Q18, la température de l'eau T(x) vérifie :

\rho D_v c \, \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} = G_{\text{lin}} \left(T_{\text{ext}} - T(x)\right)

En développant et en regroupant les termes dépendant de T(x) dans le membre de gauche :

\rho D_v c \, \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} + G_{\text{lin}} T(x) = G_{\text{lin}} T_{\text{ext}}

En divisant cette relation par la quantité non nulle \rho D_v c, il vient :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} + \frac{G_{\text{lin}}}{\rho D_v c} \, T(x) = \frac{G_{\text{lin}}}{\rho D_v c} \, T_{\text{ext}}

Par identification directe avec la forme demandée :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} + \frac{1}{\delta} T = \frac{T_{\text{ext}}}{\delta}

on en déduit l'expression de la grandeur \delta :

\boxed{\delta = \frac{\rho D_v c}{G_{\text{lin}}}}

Dimension de \delta :

  • Par l'équation différentielle : le terme \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} est homogène à une température divisée par une longueur, soit [\Theta]\cdot [L]^{-1}. Pour que tous les termes soient homogènes, le terme \frac{T}{\delta} doit posséder la même dimension, d'où :

    [\delta] = [L]
  • Par l'expression littérale :

    • \rho D_v c a pour unité \mathrm{(kg\cdot m^{-3})\cdot (m^3\cdot s^{-1})\cdot (J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1})} = \mathrm{J\cdot s^{-1}\cdot K^{-1}} = \mathrm{W\cdot K^{-1}},
    • G_{\text{lin}} s'exprime en \mathrm{W\cdot K^{-1}\cdot m^{-1}},

    ce qui confirme que \delta s'exprime en mètres (\mathrm{m}).

La grandeur \delta est donc homogène à une longueur.

Résultat

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Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : équation différentielle

En déduire la loi de température ?

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre avec la condition initiale T(0) = T_0.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation différentielle linéaire d'ordre 1 à coefficients constants établie à la question Q19 en déterminant la solution générale de l'équation homogène et une solution particulière constante.
  2. Déterminer la constante d'intégration à l'aide de la condition aux limites en x=0, où l'eau entre dans la conduite à la température T_0.
Voir la réponse courte

Résolution de l'équation différentielle du premier ordre : T(x) = T_{\text{ext}} + (T(0) - T_{\text{ext}})\exp(-x/\delta).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, la température T(x) de l'eau vérifie l'équation différentielle linéaire du premier ordre :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} + \frac{1}{\delta} T(x) = \frac{T_{\text{ext}}}{\delta}

La solution générale de l'équation homogène associée est :

T_h(x) = A \, \exp\left(-\frac{x}{\delta}\right) \quad \text{avec } A \in \mathbb{R}

Une solution particulière évidente (car constante) est T_p(x) = T_{\text{ext}}. La solution générale de l'équation s'écrit donc :

T(x) = T_{\text{ext}} + A \, \exp\left(-\frac{x}{\delta}\right)

L'eau pénètre dans la conduite en x = 0 à la température T(0) = T_0, ce qui impose :

T(0) = T_{\text{ext}} + A = T_0 \implies A = T_0 - T_{\text{ext}}

On en déduit la loi de température le long de la canalisation :

\boxed{T(x) = T_{\text{ext}} + (T_0 - T_{\text{ext}}) \exp\left(-\frac{x}{\delta}\right)}

Résultat

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Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique

Notions : bilan d'énergie

Quelle est la température de l'eau quand elle arrive dans la capitale Reykjavik (altitude 40 m) qui est à une distance d'environ 50 km de la station Svarsengi (altitude 240 m) de pompage de l'eau souterraine proche de Grindavik (illustration 5) ? On prendra une température extérieure égale à () en été et égale à () en hiver. On donne .

Voir l'indice

Calculer le rapport L/\delta pour utiliser la valeur numérique de l'exponentielle donnée dans l'énoncé.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport sans dimension \frac{x}{\delta} pour la distance x = 50\text{ km} à l'aide de la valeur de \delta établie en Q19 et des données numériques fournies.
  2. Identifier l'adéquation avec la donnée \exp(-0{,}25) = 0{,}78.
  3. Calculer la température d'arrivée T(x) pour chacun des deux cas (été et hiver) en exploitant l'expression de T(x) issue de la question Q20.
Voir la réponse courte

Calcul numérique de la température finale après 50 km de trajet en été et en hiver à l'aide de l'exponentielle fournie.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q20, le profil de température de l'eau le long de la conduite est donné par :

T(x) = T_{\text{ext}} + (T_0 - T_{\text{ext}})\exp\left(-\frac{x}{\delta}\right)

où la longueur caractéristique de transfert thermique s'écrit (d'après la question Q19) :

\delta = \frac{\rho D_v c}{G_{\text{lin}}}

Calculons numériquement la valeur de cette échelle de longueur :

\begin{aligned} \rho &= 1000\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} \\ D_v &= 500\text{ L}\cdot\text{s}^{-1} = 0{,}500\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \\ c &= 4{,}2\times 10^3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} \\ G_{\text{lin}} &= 11\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{m}^{-1} \end{aligned}

On obtient :

\delta = \frac{1000 \times 0{,}500 \times 4200}{11} = \frac{2{,}1\times 10^6}{11} \approx 1{,}91\times 10^5\text{ m} \approx 191\text{ km}

Pour un transport sur une distance x = 50\text{ km} = 50\times 10^3\text{ m} :

\frac{x}{\delta} = \frac{50\times 10^3 \times 11}{2{,}1\times 10^6} = \frac{55}{210} = \frac{11}{42} \approx 0{,}26

L'énoncé fournissant la valeur \exp(-0{,}25) = 0{,}78, on adopte l'approximation suggérée \frac{x}{\delta} \approx 0{,}25, d'où :

\exp\left(-\frac{x}{\delta}\right) \approx 0{,}78

1. En été (T_{\text{ext}1} = 285\text{ K} = 12^\circ\text{C}) :

\begin{aligned} T_{\text{été}} &= T_{\text{ext}1} + (T_0 - T_{\text{ext}1})\times 0{,}78 \\ T_{\text{été}} - T_{\text{ext}1} &= (90 - 12)\times 0{,}78 = 78 \times 0{,}78 = 60{,}84^\circ\text{C} \\ T_{\text{été}} &= 12 + 60{,}84 \approx 73^\circ\text{C} \quad (\text{soit } 346\text{ K}) \end{aligned}
\boxed{T_{\text{été}} \approx 73^\circ\text{C} = 346\text{ K}}

2. En hiver (T_{\text{ext}2} = 273\text{ K} = 0^\circ\text{C}) :

\begin{aligned} T_{\text{hiver}} &= T_{\text{ext}2} + (T_0 - T_{\text{ext}2})\times 0{,}78 \\ T_{\text{hiver}} - T_{\text{ext}2} &= (90 - 0)\times 0{,}78 = 70{,}2^\circ\text{C} \\ T_{\text{hiver}} &= 0 + 70{,}2 \approx 70^\circ\text{C} \quad (\text{soit } 343\text{ K}) \end{aligned}
\boxed{T_{\text{hiver}} \approx 70^\circ\text{C} = 343\text{ K}}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : analyse dimensionnelle, transfert thermique

Justifier qu'on puisse négliger la variation d'énergie potentielle de pesanteur en question 18 ainsi que la variation de la température avec la variable dans le tuyau dans la partie II-A.

Voir l'indice

Comparer l'ordre de grandeur de la variation d'énergie potentielle massique g\Delta z à la variation d'enthalpie massique c\Delta T.

Voir la stratégie
  1. Comparer l'ordre de grandeur de la variation d'énergie potentielle de pesanteur massique |\Delta e_{\mathrm{pp}}| à celui de la variation d'enthalpie massique |\Delta h| \approx c|\Delta T| entre Grindavík et Reykjavík.
  2. Discuter la dépendance en z selon les deux interprétations possibles de la notation de l'énoncé :

    • si z désigne la coordonnée axiale (notée Oz en début de partie II-A et dans le formulaire) : comparer les échelles caractéristiques et les gradients thermiques axial et radial ;
    • si z désigne la coordonnée verticale transverse : invoquer les hypothèses du sujet (conductivité infinie de l'eau) et le brassage turbulent.
Voir la réponse courte

Justification par comparaison des ordres de grandeur : g\Delta z \ll c\Delta T et dominance de l'advection sur la conduction axiale.

Voir le corrigé complet

1. Négligence de la variation d'énergie potentielle de pesanteur

Entre la station de pompage de Svartsengi (altitude z_1 = 240\text{ m}) et Reykjavík (altitude z_2 = 40\text{ m}), la variation d'altitude vaut \Delta z_{\text{alt}} = z_2 - z_1 = -200\text{ m}.

La variation d'énergie potentielle de pesanteur par unité de masse s'écrit :

|\Delta e_{\mathrm{pp}}| = g_0 |\Delta z_{\text{alt}}| = 10 \times 200 = 2{,}0 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} = 2{,}0\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}

Parallèlement, la chute de température de l'eau sur le trajet est de l'ordre de |\Delta T| \approx 17\text{ K} à 20\text{ K} (d'après la question Q21). La variation d'enthalpie massique associée vaut :

|\Delta h| \approx c\,|\Delta T| \approx 4{,}2\times 10^3 \times 20 \approx 84\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}

On constate que :

\frac{|\Delta e_{\mathrm{pp}}|}{|\Delta h|} \approx \frac{2{,}0}{84} \approx 2{,}4\% \ll 1

Sur chaque tranche élémentaire \mathrm{d}x, la variation d'énergie potentielle est donc tout à fait négligeable devant la variation d'enthalpie :

\boxed{|\mathrm{d}e_{\mathrm{pp}}| \ll |\mathrm{d}h|}

2. Négligence de la variation de température avec la variable z

  • Si z désigne la coordonnée axiale du tuyau (axe noté Oz dans les questions 7 à 10 ainsi que dans le rappel du gradient cylindrique) :
    La longueur caractéristique de variation axiale de température est \delta \approx 190\text{ km}, tandis que l'épaisseur radiale de la paroi est e = R_{\max} - R_{\min} = 0{,}10\text{ m}.

    Les gradients thermiques correspondants sont dans un rapport :

    \frac{\left|\frac{\partial T}{\partial x}\right|}{\left|\frac{\partial T}{\partial r}\right|} \sim \frac{\frac{\Delta T_{\text{ligne}}}{L}}{\frac{\Delta T_{\text{paroi}}}{e}} \sim \frac{\frac{20}{50\times 10^3}}{\frac{10}{0{,}10}} \sim \frac{4\times 10^{-4}}{100} \sim 4\times 10^{-6} \ll 1

    Le transfert thermique par conduction le long de l'axe est donc totalement négligeable devant la diffusion thermique radiale à travers la paroi.

  • Si z désigne la coordonnée verticale au sein de la section du fluide :
    D'une part, l'énoncé stipule que l'eau liquide possède « une conductivité thermique infinie », ce qui homogénéise instantanément la température dans la section droite.
    D'autre part, le nombre de Reynolds de l'écoulement vaut :

    \mathrm{Re} = \frac{\rho v (2R_{\min})}{\eta} \sim \frac{10^3 \times 1{,}8 \times 0{,}60}{10^{-3}} \approx 10^6 \gg 2000

    L'écoulement est donc fortement turbulent : le brassage convectif empêche toute stratification thermique verticale selon z.

Dans les deux acceptions, l'hypothèse d'invariance selon z est pleinement justifiée.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Partie III : Les centrales géothermiques

III-A · Fonctionnement de la centrale

Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : machine synchrone, conversion électromécanique

Préciser quelle est la forme d'énergie transmise de la turbine à l'alternateur ainsi que celle transmise de l'alternateur au transformateur ? Quels sont l(es) élément(s) transducteur(s) du processus ? Quels sont les types de pertes énergétiques à envisager sur les différentes étapes ?

Voir l'indice

Détailler la chaîne énergétique (mécanique, électrique) et citer les causes de dissipation (frottements, pertes fer, effet Joule).

Voir la stratégie

Pour répondre précisément aux trois volets de la question :

  1. Identifier la nature physique des grandeurs transmises le long de la chaîne cinématique et électrique (arbre mécanique puis conducteurs électriques).
  2. Rappeler la définition d'un transducteur (dispositif convertissant une forme d'énergie en une autre) et repérer les éléments qui opèrent une telle conversion.
  3. Recenser de façon systématique les mécanismes de dissipation (thermique, mécanique, électrique, magnétique) pour chaque organe de la centrale.
Voir la réponse courte

Énergie mécanique de rotation convertie en énergie électrique par l'alternateur ; pertes par frottement, ferromagnétiques et effet Joule.

Voir le corrigé complet

1. Formes d'énergie transmises :

  • De la turbine à l'alternateur, l'énergie est transmise sous forme d'énergie mécanique (travail d'un couple de forces via l'arbre de rotation).
  • De l'alternateur au transformateur, l'énergie est transmise sous forme d'énergie électrique (courant alternatif sous tension alternative).

2. Éléments transducteurs : Un transducteur est un système convertissant une forme d'énergie en une autre. Les éléments transducteurs de la chaîne sont :

  • La turbine, qui convertit l'énergie thermique et cinétique de la vapeur (énergie fluidique/thermodynamique) en énergie mécanique de rotation ;
  • L'alternateur, qui convertit l'énergie mécanique en énergie électrique grâce au phénomène d'induction électromagnétique.

Remarque : Le transformateur n'est pas à proprement parler un transducteur de forme d'énergie, car il modifie les grandeurs électriques (tension, intensité) sans changer la nature électrique de l'énergie.

3. Pertes énergétiques à envisager :

  • Canalisations et forage : transferts thermiques dissipatifs avec le milieu extérieur et pertes de charge visqueuses lors de l'écoulement de l'eau et de la vapeur.
  • Turbine : frottements mécaniques (paliers, roulements), turbulences du fluide et enthalpie résiduelle emportée par la vapeur à l'échappement.
  • Alternateur :

    • pertes mécaniques (frottements d'axe, résistance de l'air) ;
    • pertes par effet Joule dans les bobinages conducteurs (R I^2) ;
    • pertes magnétiques dites « pertes fer » (courants de Foucault et hystérésis dans les matériaux ferromagnétiques).
  • Transformateur : pertes par effet Joule dans les enroulements primaire et secondaire, ainsi que des pertes magnétiques (« pertes fer » par courants de Foucault et hystérésis dans le circuit magnétique).
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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : puissance électrique

La centrale de Svarsengi produit une puissance électrique nette de 80 MW. Déterminer la quantité de dioxyde de carbone émise en un an de fonctionnement. Comparer à la quantité produite par une centrale à charbon équivalente.

Voir l'indice

Calculer l'énergie électrique produite en une année (E = \mathcal{P}\times\Delta t) en kWh puis multiplier par les émissions spécifiques données.

Voir la stratégie
  1. Calculer l'énergie électrique totale E_e produite par la centrale en un an à puissance nominale constante.
  2. En déduire la masse de dioxyde de carbone émise par la centrale géothermique à partir du taux d'émission massique fourni.
  3. Effectuer le même calcul pour une centrale thermique à charbon équivalente et comparer les deux valeurs.
Voir la réponse courte

Calcul des rejets de \mathrm{CO}_2 sur un an à partir de la puissance moyenne et comparaison favorable avec une centrale thermique à charbon.

Voir le corrigé complet

Une année compte :

\Delta t = 365 \times 24 = 8\,760\text{ h}

À une puissance électrique continue \mathcal{P} = 80\text{ MW} = 80 \times 10^3\text{ kW}, l'énergie électrique produite en un an s'élève à :

\begin{aligned} E_e &= \mathcal{P}\,\Delta t \\ &= 80 \times 10^3 \times 8\,760 = 7{,}01 \times 10^8\text{ kWh} \end{aligned}

D'après le préambule de la partie III, la production géothermique libère e_{\text{géo}} = 80\text{ g}\cdot\text{kWh}^{-1} = 0{,}080\text{ kg}\cdot\text{kWh}^{-1} de \mathrm{CO_2}. La masse annuelle de dioxyde de carbone émise par la centrale de Svartsengi est donc :

\begin{aligned} m_{\mathrm{CO_2,\,g\acute{e}o}} &= e_{\text{géo}}\,E_e \\ &= 0{,}080 \times 7{,}01 \times 10^8 = 5{,}6 \times 10^7\text{ kg} = 5{,}6 \times 10^4\text{ t} \end{aligned}
\boxed{m_{\mathrm{CO_2,\,g\acute{e}o}} \approx 5{,}6 \times 10^4\text{ tonnes (soit } 56\text{ kt)}}

Pour une « bonne » centrale à charbon produisant la même quantité d'électricité, le taux d'émission vaut e_{\text{charbon}} = 1\text{ kg}\cdot\text{kWh}^{-1}. La masse émise serait alors :

m_{\mathrm{CO_2,\,charbon}} = e_{\text{charbon}}\,E_e = 1 \times 7{,}01 \times 10^8\text{ kg} = 7{,}0 \times 10^5\text{ t}
\boxed{m_{\mathrm{CO_2,\,charbon}} \approx 7{,}0 \times 10^5\text{ tonnes (soit } 700\text{ kt)}}

En comparant les deux émissions :

\frac{m_{\mathrm{CO_2,\,charbon}}}{m_{\mathrm{CO_2,\,g\acute{e}o}}} = \frac{e_{\text{charbon}}}{e_{\text{géo}}} = \frac{1}{0{,}080} = 12{,}5

Une centrale à charbon émet ainsi 12{,}5 fois plus de dioxyde de carbone (soit une réduction de 92\,\% grâce à la géothermie).

Résultat

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III-B · Modélisation du fonctionnement de l'alternateur

Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de faraday, flux magnétique

Expliquer pourquoi il y a des phénomènes d'induction.

Voir l'indice

Invoquer la variation temporelle du flux magnétique à travers le circuit en rotation dans un champ magnétique stationnaire (induction de Lorentz).

Voir la stratégie

Pour expliquer l'apparition d'un phénomène d'induction, on peut adopter :

  1. Une approche macroscopique via la loi de Faraday, en analysant la dépendance temporelle du flux magnétique traversant le circuit ;
  2. Une approche microscopique via la force de Lorentz agissant sur les porteurs de charge du conducteur en mouvement.
Voir la réponse courte

La rotation de la spire dans un champ magnétique stationnaire fait varier le flux à travers elle : induction de Lorentz.

Voir le corrigé complet

Le circuit conducteur fermé \mathcal{C}, constitué de N spires de section S = (2a)^2 = 4a^2, est en rotation autour de l'axe (Oz) à la vitesse angulaire \omega = \dot{\theta} dans un champ magnétique extérieur stationnaire et uniforme \vec{B} = B_0\,\vec{e}_x.

1. Approche macroscopique (loi de Faraday) : Le flux magnétique total embrassé par les N spires s'écrit :

\Phi(t) = N \iint \vec{B}\cdot\vec{n}\,\mathrm{d}S = N\,B_0\,S\,\cos\theta(t)

où \vec{n} désigne le vecteur unitaire normal au plan des spires. L'angle \theta(t) variant au cours du temps du fait de la rotation du rotor, le flux magnétique \Phi(t) dépend explicitement du temps :

\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t} \neq 0

D'après la loi de Faraday, cette variation temporelle du flux magnétique engendre l'apparition d'une force électromotrice induite :

e(t) = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t}

Le circuit étant fermé et de résistance R, cette f.é.m. donne naissance à un courant induit i(t) = \frac{e(t)}{R}.

2. Approche microscopique (induction de Lorentz) : Les électrons de conduction du bobinage possèdent une vitesse d'entraînement \vec{v} liée au mouvement de rotation du circuit. Plongés dans le champ magnétique \vec{B}, ils subissent une force magnétique de Lorentz :

\vec{f}_m = q\,\vec{v}\wedge\vec{B}

associée au champ électromoteur de Lorentz \vec{E}_m = \vec{v}\wedge\vec{B}. La circulation de ce champ le long du circuit fermé est non nulle et constitue la f.é.m. de Lorentz :

e(t) = \oint_{\mathcal{C}} (\vec{v}\wedge\vec{B})\cdot\mathrm{d}\vec{\ell}

Il s'agit donc d'un phénomène d'induction de mouvement (ou de Lorentz).

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de faraday, loi de lenz

Exprimer l'intensité du courant dans le circuit C en fonction de l'angle entre la normale au plan des spires et la direction de . On suppose qu'à l'instant initial (), le plan de la spire est orthogonal au champ . Indiquer les caractéristiques du courant qui passe dans le circuit primaire du transformateur.

Voir l'indice

Calculer le flux magnétique \Phi(t), appliquer la loi de Faraday pour obtenir la f.é.m., puis utiliser la loi d'Ohm.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le flux magnétique \Phi(t) embrassé par les N spires en fonction de l'angle \theta(t).
  2. Appliquer la loi de Faraday pour obtenir la force électromotrice induite e(t), puis la loi d'Ohm en négligeant l'auto-inductance.
  3. En déduire l'expression de l'intensité i(\theta) et caractériser le courant alternatif obtenu (forme, fréquence, amplitude).
Voir la réponse courte

Flux \Phi(t) = N B S \cos\theta, fem e(t) = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t} = N B S \omega \sin(\omega t) et courant alternatif i(t) = e(t)/R.

Voir le corrigé complet

Chaque spire est un carré de côté 2a, donc de surface S_1 = (2a)^2 = 4a^2. L'ensemble des N spires orientées selon un vecteur unitaire normal \vec{n} présente une surface orientée totale :

\vec{S} = 4 N a^2 \vec{n}

L'angle entre le vecteur normal \vec{n} et le champ \vec{B} = B_0 \vec{e}_x est \theta = (\vec{e}_x, \vec{n}). À l'instant initial t = 0, le plan de la spire est orthogonal à \vec{B}, donc \vec{n} est colinéaire à \vec{B} : \theta(0) = 0. Comme la vitesse angulaire de rotation \omega = \dot{\theta} est constante, on a \theta(t) = \omega t.

Le flux du champ magnétique extérieur à travers les N spires s'écrit :

\Phi(\theta) = \vec{B} \cdot \vec{S} = 4 N a^2 B_0 \cos\theta

D'après la loi de Faraday, la force électromotrice induite dans le circuit fermé est :

e(t) = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t} = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}\theta} \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} = 4 N a^2 B_0 \omega \sin\theta

Le champ magnétique propre étant négligé, l'effet d'auto-induction est nul (L \approx 0). D'après la loi d'Ohm, l'intensité i du courant induit dans le circuit de résistance R s'exprime par :

\boxed{i(\theta) = \frac{4 N a^2 B_0 \omega}{R} \sin\theta}

En fonction du temps, i(t) = I_{\max} \sin(\omega t) avec I_{\max} = \frac{4 N a^2 B_0 \omega}{R}. Les caractéristiques du courant alimentant le primaire du transformateur sont :

  • forme : courant alternatif purement sinusoïdal, de valeur moyenne nulle ;
  • pulsation : \omega (égale à la pulsation mécanique de rotation de la turbine), soit une fréquence f = \frac{\omega}{2\pi} ;
  • amplitude : I_{\max} = \frac{4 N a^2 B_0 \omega}{R} (soit une intensité efficace I_{\text{eff}} = \frac{I_{\max}}{\sqrt{2}}).

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : force de laplace, couplage électromécanique

Établir l'expression du moment résultant des forces de Laplace exercées sur le circuit C. On rappelle qu'une boucle de moment dipolaire magnétique placée dans un champ magnétique extérieur uniforme subit un couple égal à . Commenter le résultat obtenu.

Voir l'indice

Calculer le moment dipolaire \vec{M} = N i S \vec{n} puis évaluer le produit vectoriel \vec{M}\wedge\vec{B}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment dipolaire magnétique \vec{M} du bobinage de N spires en fonction de la normale au circuit \vec{n}, de la surface S = 4a^2 et de l'intensité i.
  2. Calculer le couple de Laplace \vec{\Gamma}_L = \vec{M} \wedge \vec{B} en explicitant \vec{n} \wedge \vec{e}_x.
  3. Remplacer i par son expression obtenue à la question Q26, puis commenter le sens et les dépendances physiques de ce couple au regard de la loi de Lenz.
Voir la réponse courte

Couple de Laplace \vec{\Gamma}_L = \vec{M} \wedge \vec{B}_{\text{ext}} = -\frac{(NBS\omega)^2}{R}\sin^2(\omega t)\vec{u}_z, résistant conformément à la loi de Lenz.

Voir le corrigé complet

Le circuit est constitué de N spires carrées identiques de côté 2a, soit une surface totale embrassée S_{\text{tot}} = N S = 4Na^2. Le vecteur unitaire normal \vec{n} au plan des spires s'écrit, en repérant l'angle \theta par rapport à l'axe (Ox) orthogonal au plan de la spire à t=0 :

\vec{n} = \cos\theta\,\vec{e}_x + \sin\theta\,\vec{e}_y

Le moment dipolaire magnétique total du circuit s'écrit alors :

\vec{M} = N i S\,\vec{n} = 4Na^2 i \left(\cos\theta\,\vec{e}_x + \sin\theta\,\vec{e}_y\right)

Le circuit étant plongé dans le champ magnétique extérieur uniforme \vec{B} = B_0 \vec{e}_x, le moment résultant des actions de Laplace s'exprime par :

\begin{aligned} \vec{\Gamma}_L &= \vec{M} \wedge \vec{B} \\ &= 4Na^2 i B_0 \left(\cos\theta\,\vec{e}_x + \sin\theta\,\vec{e}_y\right) \wedge \vec{e}_x \\ &= - 4Na^2 B_0 i \sin\theta\,\vec{e}_z \end{aligned}

En utilisant l'expression du courant induit i(\theta) = \dfrac{4Na^2 B_0 \omega}{R}\sin\theta établie à la question Q26, on obtient :

\boxed{\vec{\Gamma}_L = -\frac{16 N^2 a^4 B_0^2 \omega}{R}\sin^2\theta\,\vec{e}_z}

Commentaires sur le résultat obtenu :

  • Caractère résistant : La vitesse angulaire de rotation étant \vec{\omega} = \omega\vec{e}_z avec \omega > 0, la composante de \vec{\Gamma}_L selon \vec{e}_z est constamment négative ou nulle (\sin^2\theta \ge 0). Le couple de Laplace s'oppose donc en permanence à la rotation imposée : il s'agit d'un couple de freinage (ou couple résistant), en parfait accord avec la loi de modération de Lenz.
  • Caractère oscillant : Le couple fluctue au cours du temps à la pulsation 2\omega puisque \sin^2(\omega t) = \dfrac{1 - \cos(2\omega t)}{2}.
  • Dépendance aux paramètres : Le couple est proportionnel à la pulsation \omega (analogie avec un frottement fluide), au carré du champ magnétique B_0^2, au carré du nombre de spires N^2, et inversement proportionnel à la résistance électrique R.

Résultat

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : théorème du moment cinétique, couplage électromécanique

Quel couple faut-il exercer pour maintenir la vitesse de rotation constante ? Est-il moteur ou résistant ?

Voir l'indice

Appliquer le théorème du moment cinétique scalaire à vitesse de rotation constante pour déterminer le couple que doit fournir la turbine.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le théorème du moment cinétique au rotor autour de l'axe de rotation fixe (Oz) en régime de rotation uniforme (\omega = \text{cte}).
  2. En déduire le couple mécanique extérieur \vec{\Gamma}_{\text{ext}} que la turbine doit exercer sur l'alternateur pour compenser le couple des forces de Laplace.
  3. Examiner le signe de la puissance mécanique fournie \mathcal{P}_{\text{ext}} = \vec{\Gamma}_{\text{ext}} \cdot \vec{\omega} pour statuer sur le caractère moteur ou résistant.
Voir la réponse courte

Pour maintenir une rotation uniforme, le couple appliqué doit compenser le couple de Laplace : \vec{\Gamma}_{\text{moteur}} = -\vec{\Gamma}_L.

Voir le corrigé complet

Le circuit tourne autour de l'axe fixe (Oz) à la vitesse angulaire \vec{\omega} = \omega \vec{e}_z constante. D'après le théorème du moment cinétique scalaire appliqué au rotor par rapport à cet axe :

J \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}t} = \Gamma_{L,z} + \Gamma_{\text{ext},z} = 0

où J est le moment d'inertie du rotor, \vec{\Gamma}_L le couple de Laplace déterminé à la question Q27 et \vec{\Gamma}_{\text{ext}} le couple exercé par un opérateur extérieur (en pratique la turbine à vapeur).

Le couple instantané à exercer s'écrit donc :

\vec{\Gamma}_{\text{ext}} = -\vec{\Gamma}_L = \frac{16 N^2 a^4 B_0^2 \omega}{R}\sin^2\theta\,\vec{e}_z

En moyenne temporelle, la valeur moyenne de \sin^2(\omega t) valant \frac{1}{2}, le couple moyen à fournir est :

\langle \vec{\Gamma}_{\text{ext}} \rangle = \frac{8 N^2 a^4 B_0^2 \omega}{R}\,\vec{e}_z
\boxed{\vec{\Gamma}_{\text{ext}} = \frac{16 N^2 a^4 B_0^2 \omega}{R}\sin^2(\omega t)\,\vec{e}_z}

La puissance instantanée développée par ce couple extérieur vaut :

\mathcal{P}_{\text{ext}} = \vec{\Gamma}_{\text{ext}} \cdot \vec{\omega} = \frac{16 N^2 a^4 B_0^2 \omega^2}{R}\sin^2(\omega t) \ge 0

Cette puissance est toujours positive (ou nulle aux passages par \theta = 0 \ [\pi]) : le couple exercé par la turbine est donc moteur. Il fournit l'énergie mécanique convertie sous forme électrique par l'alternateur.

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : puissance électrique, conversion électromécanique

Calculer la puissance moyenne du moment des forces de Laplace. Comparer à la puissance électrique moyenne reçue par la résistance. Interpréter.

Voir l'indice

Prendre la moyenne temporelle de \vec{\Gamma}_L \cdot \vec{\omega} et de R i^2 pour mettre en évidence la conversion intégrale de puissance mécanique en puissance électrique.

Voir la réponse courte

La puissance mécanique moyenne reçue -\langle \vec{\Gamma}_L\cdot\vec{\omega}\rangle égale la puissance électrique moyenne dissipée \langle R i^2\rangle.

Voir le corrigé complet

Le circuit tourne autour de l'axe Oz avec le vecteur rotation \vec{\omega} = \omega \vec{e}_z. La puissance instantanée développée par les forces de Laplace s'écrit :

\mathcal{P}_L = \vec{\Gamma}_L \cdot \vec{\omega}

En utilisant l'expression du couple de Laplace établie à la question Q27 :

\mathcal{P}_L = \left( -\frac{16 N^2 a^4 B_0^2 \omega}{R}\sin^2(\omega t) \,\vec{e}_z \right) \cdot \left(\omega \vec{e}_z\right) = -\frac{16 N^2 a^4 B_0^2 \omega^2}{R}\sin^2(\omega t)

La valeur moyenne temporelle de \sin^2(\omega t) sur une période T = \frac{2\pi}{\omega} valant \langle \sin^2(\omega t) \rangle = \frac{1}{2}, la puissance moyenne du moment des forces de Laplace est :

\boxed{\langle \mathcal{P}_L \rangle = -\frac{8 N^2 a^4 B_0^2 \omega^2}{R}}

La puissance électrique instantanée reçue et dissipée par effet Joule dans la résistance R s'exprime à l'aide de l'intensité i(t) trouvée à la question Q26 :

\mathcal{P}_J(t) = R \, i(t)^2 = R \left( \frac{4 N a^2 B_0 \omega}{R}\sin(\omega t) \right)^2 = \frac{16 N^2 a^4 B_0^2 \omega^2}{R}\sin^2(\omega t)

Sa valeur moyenne vaut donc :

\boxed{\langle \mathcal{P}_J \rangle = \frac{8 N^2 a^4 B_0^2 \omega^2}{R}}

Comparaison et interprétation :
On constate l'égalité stricte :

\langle \mathcal{P}_L \rangle + \langle \mathcal{P}_J \rangle = 0 \quad \iff \quad \langle \mathcal{P}_J \rangle = -\langle \mathcal{P}_L \rangle
  • La puissance des forces de Laplace est négative à tout instant (\mathcal{P}_L \le 0) : les actions de Laplace s'opposent au mouvement de rotation imposé (conséquence directe de la loi de modération de Lenz).
  • Pour maintenir la rotation à vitesse angulaire constante, la turbine doit fournir une puissance mécanique extérieure moyenne \langle \mathcal{P}_{\text{ext}} \rangle = -\langle \mathcal{P}_L \rangle.
  • Cette puissance mécanique fournie par la turbine est intégralement convertie par l'alternateur en puissance électrique, dissipée ici dans la résistance du circuit. Le modèle sans frottements mécaniques ni pertes magnétiques traduit une conversion électromécanique à rendement unitaire.

Résultat

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III-C · Modélisation du fonctionnement du transformateur

Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en PCSI, PTSI, TSI1

Notions : transformateur

Comparer dans ce modèle la puissance reçue au primaire à celle cédée au secondaire.

Voir l'indice

Calculer le produit tension-courant au primaire et au secondaire à partir des relations idéales de transformation.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance instantanée reçue au primaire en convention récepteur à partir des grandeurs de tension et de courant données.
  2. Définir la puissance cédée par le secondaire au circuit extérieur en convention générateur (opposée de la puissance reçue en convention récepteur).
  3. Utiliser les relations idéales liant les tensions et les courants pour comparer ces deux grandeurs.
Voir la réponse courte

Pour un transformateur parfait et sans pertes, la puissance reçue au primaire est égale à celle délivrée au secondaire : \mathcal{P}_1 = \mathcal{P}_2.

Voir le corrigé complet

D'après les conventions de la figure 7, le primaire est orienté en convention récepteur (la tension U_1 et le courant I_1 sont associés selon cette convention). La puissance électrique instantanée reçue au primaire s'écrit :

\mathcal{P}_{\text{reçue, 1}}(t) = U_1(t) \, I_1(t)

Au secondaire, avec les orientations de la figure 7 conduisant à la relation I_2 / I_1 = - N_1 / N_2, les grandeurs sont également en convention récepteur. La puissance cédée (fournie) par le secondaire au circuit aval correspond donc à l'opposée de la puissance reçue au secondaire :

\mathcal{P}_{\text{cédée, 2}}(t) = - U_2(t) \, I_2(t)

En utilisant les relations de transformation fournies pour ce modèle parfait :

\begin{aligned} U_2(t) &= \frac{N_2}{N_1} \, U_1(t) \\ I_2(t) &= -\frac{N_1}{N_2} \, I_1(t) \end{aligned}

On en déduit :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\text{cédée, 2}}(t) &= - \left(\frac{N_2}{N_1} \, U_1(t)\right) \left(-\frac{N_1}{N_2} \, I_1(t)\right) \\ &= U_1(t) \, I_1(t) \\ &= \mathcal{P}_{\text{reçue, 1}}(t) \end{aligned}

Cette égalité étant vérifiée à chaque instant, elle est également vraie pour les puissances moyennes (actives) :

\boxed{\langle \mathcal{P}_{\text{reçue, 1}} \rangle = \langle \mathcal{P}_{\text{cédée, 2}} \rangle}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, PTSI, TSI1

Notions : transformateur, impédance complexe

On ferme le circuit secondaire sur une impédance . Quelle est l'impédance d'entrée vue du primaire ?

Voir l'indice

Exprimer le rapport U_1/I_1 en remplaçant U_2 et I_2 par leurs expressions en fonction des grandeurs primaires.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la relation tension-courant aux bornes de la charge \underline{Z}_c branchée au secondaire en respectant la convention d'orientation de la figure 7.
  2. Relier les grandeurs primaires \underline{U}_1 et \underline{I}_1 aux grandeurs secondaires \underline{U}_2 et \underline{I}_2 via les relations idéales du transformateur.
  3. Calculer le rapport \underline{Z}_e = \dfrac{\underline{U}_1}{\underline{I}_1} pour en déduire l'impédance d'entrée ramenée au primaire.
Voir la réponse courte

Avec \underline{u}_2 = m\underline{u}_1 et \underline{i}_1 = -m\underline{i}_2, l'impédance ramenée au primaire s'écrit \underline{Z}_{\text{in}} = \underline{Z}_c / m^2.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 7, le courant \underline{I}_2 est orienté vers l'intérieur de l'enroulement secondaire (convention récepteur pour le secondaire). Le courant qui traverse la charge \underline{Z}_c dans le sens de la chute de potentiel \underline{U}_2 est donc -\underline{I}_2. La loi d'Ohm complexe aux bornes de cette impédance s'écrit :

\underline{U}_2 = -\underline{Z}_c\,\underline{I}_2 \iff \frac{\underline{U}_2}{\underline{I}_2} = -\underline{Z}_c

Par ailleurs, les relations du transformateur parfait fournies dans l'énoncé s'écrivent :

\begin{aligned} \underline{U}_2 &= \frac{N_2}{N_1}\,\underline{U}_1 \implies \underline{U}_1 = \frac{N_1}{N_2}\,\underline{U}_2 \\ \underline{I}_2 &= -\frac{N_1}{N_2}\,\underline{I}_1 \implies \underline{I}_1 = -\frac{N_2}{N_1}\,\underline{I}_2 \end{aligned}

L'impédance d'entrée \underline{Z}_e vue des bornes du primaire est donnée par :

\begin{aligned} \underline{Z}_e &= \frac{\underline{U}_1}{\underline{I}_1} = \frac{\dfrac{N_1}{N_2}\,\underline{U}_2}{-\dfrac{N_2}{N_1}\,\underline{I}_2} \\ &= -\left(\frac{N_1}{N_2}\right)^2 \frac{\underline{U}_2}{\underline{I}_2} \end{aligned}

En injectant \dfrac{\underline{U}_2}{\underline{I}_2} = -\underline{Z}_c, les signes négatifs se compensent et l'on obtient :

\boxed{\underline{Z}_e = \left(\frac{N_1}{N_2}\right)^2 \underline{Z}_c = \frac{\underline{Z}_c}{m^2}}

où m = \dfrac{N_2}{N_1} désigne le rapport de transformation.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, PTSI, TSI1

Notions : transformateur, impédance complexe

Vue depuis le transformateur d'élévation de la tension, la ligne à haute tension est modélisable par un montage en parallèle d'une résistance et d'une capacité proportionnelles à la longueur de la ligne. Que vaut l'admittance d'entrée du circuit primaire ?

Voir l'indice

Exprimer l'admittance équivalente vue du secondaire (1/R + jC\omega) puis la transposer au primaire via le rapport de transformation.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'admittance \underline{Y}_c de la ligne modélisée au secondaire par l'association en parallèle de la résistance R et de la capacité C.
  2. Relier l'admittance d'entrée du primaire \underline{Y}_e à l'admittance de charge \underline{Y}_c en utilisant le résultat de la question Q31.
Voir la réponse courte

Admittance équivalente au secondaire \underline{Y}_2 = 1/R + jC\omega, d'où l'admittance au primaire \underline{Y}_1 = m^2(1/R + jC\omega).

Voir le corrigé complet

Au secondaire, la ligne haute tension est modélisée par une résistance R et une capacité C montées en parallèle. L'admittance complexe de cette charge s'écrit directement :

\underline{Y}_c = \frac{1}{R} + j C \omega

avec j^2 = -1 (ou i selon la notation choisie).

D'après le résultat de la question Q31, l'impédance d'entrée vue du primaire est reliée à l'impédance de charge \underline{Z}_c par :

\underline{Z}_e = \left(\frac{N_1}{N_2}\right)^2 \underline{Z}_c

L'admittance d'entrée \underline{Y}_e = \frac{1}{\underline{Z}_e} s'en déduit immédiatement :

\underline{Y}_e = \left(\frac{N_2}{N_1}\right)^2 \frac{1}{\underline{Z}_c} = \left(\frac{N_2}{N_1}\right)^2 \underline{Y}_c

En substituant l'expression de \underline{Y}_c, on obtient :

\boxed{\underline{Y}_e = \left(\frac{N_2}{N_1}\right)^2 \left(\frac{1}{R} + j C \omega\right)}

Résultat

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Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, PTSI, TSI1

Notions : transformateur

Á Svarsengi la valeur efficace de la tension primaire vaut 11 kV et la tension efficace du secondaire vaut 132 kV. En déduire le rapport .

Voir l'indice

Appliquer la relation des tensions efficaces pour un transformateur idéal : U_2/U_1 = N_2/N_1.

Voir la réponse courte

Rapport de transformation idéal : \frac{N_2}{N_1} = \frac{U_2}{U_1} = \frac{132}{11} = 12.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de transformation établie pour un transformateur parfait en régime sinusoïdal (rappelée dans le préambule de la partie III-C) :

\frac{u_2(t)}{u_1(t)} = \frac{N_2}{N_1}

Ce rapport étant constant et positif à tout instant, le rapport des valeurs efficaces des tensions secondaire U_{2,\text{eff}} et primaire U_{1,\text{eff}} est directement égal au rapport du nombre de spires :

\frac{N_2}{N_1} = \frac{U_{2,\text{eff}}}{U_{1,\text{eff}}}

Application numérique avec U_{1,\text{eff}} = 11\text{ kV} et U_{2,\text{eff}} = 132\text{ kV} :

\frac{N_2}{N_1} = \frac{132\text{ kV}}{11\text{ kV}} = 12
\boxed{\frac{N_2}{N_1} = 12}

Résultat

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, PTSI, TSI1

Notions : résonance, circuit rlc

L'alternateur de la centrale a un comportement inductif. Quel phénomène pourrait-il se produire quand on fait varier la vitesse de rotation si la résistance devenait négligeable ?

Voir l'indice

Considérer l'association série ou parallèle d'une inductance et de la capacité équivalente pour identifier un risque de résonance électrique.

Voir la stratégie
  1. Identifier les dipôles en présence : comportement inductif de l'alternateur (inductance L) couplé à la composante capacitive de la ligne de transport (capacité équivalente C_e ramenée au primaire).
  2. Rappeler que la vitesse de rotation mécanique \omega fixe la pulsation de la force électromotrice induite.
  3. En déduire le comportement du circuit électrique lorsque la pulsation d'excitation \omega varie au voisinage de la pulsation propre, en particulier lorsque l'amortissement résistif devient négligeable.
Voir la réponse courte

L'association d'une inductance et de la capacité de la ligne peut provoquer une résonance de tension destructrice à la pulsation propre.

Voir le corrigé complet

L'alternateur, présentant un comportement inductif, peut être modélisé par une inductance propre L (associée à ses enroulements). Par ailleurs, la ligne de transmission présente un caractère capacitif de capacité C qui, d'après la question 32, se ramène au primaire sous la forme d'une capacité équivalente :

C_e = \left(\frac{N_2}{N_1}\right)^2 C

La rotation de l'alternateur à la vitesse angulaire \omega engendre une force électromotrice de pulsation \omega. L'association de l'inductance L et de la capacité C_e constitue un oscillateur électrique de pulsation propre :

\omega_0 = \frac{1}{\sqrt{L C_e}}

Lorsque la vitesse de rotation \omega varie et s'approche de cette pulsation propre (\omega \approx \omega_0), il se produit un phénomène de résonance électrique.

Si la résistance est négligeable, le circuit n'est quasiment plus amorti (facteur de qualité Q \to \infty) :

  • les grandeurs électriques (intensité du courant et tension) atteignent des amplitudes considérables (phénomènes de surintensité et de surtension) ;
  • ces surtensions et surintensités peuvent provoquer le claquage diélectrique des isolants ou la destruction thermique des bobinages de l'alternateur et du transformateur.
\boxed{\text{Il peut se produire un phénomène de résonance électrique (avec fortes surtensions et surintensités).}}

Résultat

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : transport d'électricité, effet joule

On ne tient plus compte de l'effet capacitif de la ligne qui est modélisée par une résistance . Elle alimente un transformateur d'abaissement en bout de ligne qu'on modélise par un simple dipôle D de résistance (Figure 8). On suppose que la puissance transmise au dipôle D est une constante. Exprimer la puissance dissipée dans la ligne de transmission par effet joule en fonction de et la tension efficace aux bornes de sortie du transformateur rehausseur.

Voir l'indice

Exprimer le courant de ligne efficace en fonction de la puissance transmise p et de la tension U_s, puis calculer r I^2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le bilan de puissance sur l'ensemble constitué par la ligne de transport et le dipôle récepteur D en régime sinusoïdal.
  2. Utiliser l'approximation classique du transport d'énergie électrique (pertes par effet Joule faibles devant la puissance utile transmise) pour relier le courant efficace I à la puissance p et à la tension efficace U_s.
  3. En déduire l'expression de la puissance dissipée par effet Joule \mathcal{P}_J = r I^2.
Voir la réponse courte

Le courant de ligne vaut I = p / U_{\text{eff}}, d'où la puissance perdue par effet Joule dans la ligne : P_J = r \frac{p^2}{U_{\text{eff}}^2}.

Voir le corrigé complet

Notons U_s = kU la tension efficace aux bornes de sortie du transformateur rehausseur et I la valeur efficace de l'intensité du courant circulant dans la ligne de transmission.

Le dipôle récepteur D et la résistance de ligne r étant en série, ils sont traversés par le même courant efficace I.

  • La puissance active transmise au dipôle D vaut :

    p = R' I^2
  • La puissance dissipée par effet Joule dans la ligne de transmission s'écrit :

    \mathcal{P}_J = r I^2

La puissance totale délivrée en sortie du transformateur élévateur est :

\mathcal{P}_{\text{tot}} = U_s I = p + \mathcal{P}_J = (R' + r) I^2

Dans une ligne de transport d'électricité conçue pour être efficace, les pertes en ligne sont très faibles devant la puissance transportée (\mathcal{P}_J \ll p, soit r \ll R'). On a donc au premier ordre :

U_s I \approx p \implies I \approx \frac{p}{U_s}

En injectant cette expression de l'intensité dans la puissance Joule dissipée, on obtient :

\boxed{\mathcal{P}_J = \frac{r\,p^2}{U_s^2} = \frac{r\,p^2}{(kU)^2}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, PTSI, TSI1

Notions : transport d'électricité, transformateur

Expliquer pourquoi le fait d'avoir placé le transformateur rehausseur diminue les pertes Joule dans la ligne comme indiqué dans l'énoncé. Indiquer dans le cas de Svarsenghi par combien on divise cet effet Joule dans la ligne de transport.

Voir l'indice

Remarquer que les pertes Joule varient en 1/U_s^2 et évaluer le facteur k^2 associé à l'élévation de tension.

Voir la stratégie
  1. Relier la puissance transmise p à l'intensité efficace I transportée dans la ligne afin de mettre en évidence la diminution du courant lorsque la tension est élevée.
  2. Exprimer les pertes Joule \mathcal{P}_J = r I^2 avec et sans transformateur élévateur pour expliciter le facteur de réduction k^2.
  3. Effectuer l'application numérique avec le rapport d'élévation k = 12 obtenu à la question 33 pour la centrale de Svartsengi.
Voir la réponse courte

Élever la tension d'un facteur 12 divise le courant par 12 et diminue les pertes Joule d'un facteur 12^2 = 144.

Voir le corrigé complet

Pour transporter une puissance donnée p vers le transformateur d'abaissement et l'utilisateur sous une tension efficace U_s = kU, le courant efficace circulant dans la ligne vaut :

I = \frac{p}{U_s} = \frac{p}{k U}

L'élévation de tension par un facteur k > 1 permet ainsi de réduire l'intensité du courant circulant dans la ligne d'un même facteur k pour une même puissance utile distribuée.

D'après la question 35, la puissance dissipée par effet Joule dans les conducteurs de résistance globale r s'écrit :

\mathcal{P}_J = r I^2 = \frac{r p^2}{(kU)^2} = \frac{\mathcal{P}_{J,0}}{k^2}

où \mathcal{P}_{J,0} = \dfrac{r p^2}{U^2} représenterait les pertes en l'absence de transformateur rehausseur (transport direct sous la tension d'alternateur U).

Les pertes par effet Joule étant quadratiques en courant, elles sont divisées par le carré du rapport de transformation :

\boxed{\frac{\mathcal{P}_{J,0}}{\mathcal{P}_J} = k^2}

Application numérique à la centrale de Svartsengi :

D'après la question 33, le rapport d'élévation de tension vaut :

k = \frac{U_2}{U_1} = \frac{132\text{ kV}}{11\text{ kV}} = 12

Par conséquent, le facteur de réduction des pertes Joule dans la ligne de transport est :

k^2 = 12^2 = 144
\boxed{\text{Les pertes Joule sont divisées par } 144.}

Résultat

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Partie IV : Prévention des conséquences des séismes

Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : position d'équilibre, force de rappel

Que vaut la longueur du ressort à l'équilibre (fig 9a) ?

Voir l'indice

Projeter la condition d'équilibre du point P sur l'axe vertical descendant en tenant compte du poids et de la tension du ressort.

Voir la réponse courte

À l'équilibre, le poids compense la force de rappel : k(L_{\text{eq}} - L_0) = mg, soit L_{\text{eq}} = L_0 + \frac{mg}{k}.

Voir le corrigé complet

On étudie le point matériel P de masse M à l'équilibre dans le référentiel terrestre supposé galiléen.

Le plateau \Sigma étant fixe, l'extrémité A du ressort est immobile en z_A = 0. La position du point P sur l'axe vertical (Oz) orienté vers le bas est repérée par z_P = L_{\text{eq}}.

Le point P est soumis à deux forces :

  • son poids :

    \vec{P} = M \vec{g} = M g_0 \vec{e}_z
  • la force de rappel élastique exercée par le ressort :

    \vec{F}_{\text{él}} = - k (L_{\text{eq}} - L_0) \vec{e}_z

La force de frottement fluide est nulle à l'équilibre car la vitesse de P est nulle.

À l'équilibre, le principe fondamental de la statique s'écrit :

\vec{P} + \vec{F}_{\text{él}} = \vec{0}

En projetant sur le vecteur unitaire \vec{e}_z :

M g_0 - k (L_{\text{eq}} - L_0) = 0 \implies L_{\text{eq}} - L_0 = \frac{M g_0}{k}

En utilisant la relation donnée par l'énoncé k = M \omega_0^2, il vient :

\boxed{L_{\text{eq}} = L_0 + \frac{M g_0}{k} = L_0 + \frac{g_0}{\omega_0^2}}

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : principe fondamental de la dynamique, oscillateur harmonique

Le point P étant en mouvement (fig 9b), établir l'équation différentielle à laquelle obéit .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique dans le référentiel terrestre galiléen en posant L(t) = L_{\text{eq}} + Z(t).

Voir la stratégie
  1. Définir le système (point matériel P), le référentiel d'étude galiléen et exprimer la position de P le long de l'axe vertical (Oz) descendant sachant que le plateau \Sigma est immobile.
  2. Établir le bilan des forces appliquées à P (poids, rappel élastique, frottement fluide).
  3. Appliquer la deuxième loi de Newton et utiliser la relation d'équilibre obtenue à la question Q37 pour éliminer le poids et obtenir l'équation différentielle portant sur l'écart à l'équilibre Z(t).
Voir la réponse courte

PFD sur la masse dans le référentiel terrestre en posant Z = L - L_{\text{eq}} pour obtenir l'équation différentielle du deuxième ordre amortie.

Voir le corrigé complet

On étudie le point matériel P de masse M dans le référentiel terrestre supposé galiléen. L'axe vertical (Oz) est orienté vers le bas.

Le plateau \Sigma étant immobile, le point d'attache A est fixe à l'origine (z_A = 0). La position du point P est donc repérée par sa cote :

z_P(t) = L(t)

Ses dérivées temporelles sont :

\dot{z}_P(t) = \dot{L}(t) \quad \text{et} \quad \ddot{z}_P(t) = \ddot{L}(t)

Le point P est soumis à trois forces :

  • son poids : \vec{P} = M g_0 \vec{e}_z ;
  • la force de rappel élastique exercée par le ressort : \vec{F}_{\text{ressort}} = -k (L(t) - L_0) \vec{e}_z ;
  • la force de frottement fluide : \vec{f} = -2\lambda M \dot{L}(t) \vec{e}_z.

D'après la deuxième loi de Newton :

M \frac{\mathrm{d}^2 z_P}{\mathrm{d}t^2} \vec{e}_z = \vec{P} + \vec{F}_{\text{ressort}} + \vec{f}

En projetant sur l'axe vertical descendant \vec{e}_z :

M \ddot{L}(t) = M g_0 - k\big(L(t) - L_0\big) - 2\lambda M \dot{L}(t)

Or, d'après la condition d'équilibre établie à la question Q37, on a :

M g_0 - k(L_{\text{eq}} - L_0) = 0 \iff M g_0 = k(L_{\text{eq}} - L_0)

En réinjectant cette expression dans la somme du poids et de la force de rappel :

M g_0 - k\big(L(t) - L_0\big) = -k\big(L(t) - L_{\text{eq}}\big) = -k Z(t)

Comme Z(t) = L(t) - L_{\text{eq}}, on a de plus \dot{Z}(t) = \dot{L}(t) et \ddot{Z}(t) = \ddot{L}(t). L'équation du mouvement devient alors :

M \ddot{Z}(t) + 2\lambda M \dot{Z}(t) + k Z(t) = 0

En divisant par la masse M et en posant k/M = \omega_0^2 :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 Z}{\mathrm{d}t^2} + 2\lambda \frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 Z = 0}

Résultat

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Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : oscillateur harmonique, régime critique

Á quelle valeur du coefficient de frottement correspond le régime critique ? Exprimer alors la forme générale de la solution sans chercher à déterminer les valeurs des constantes liées aux conditions initiales.

Voir l'indice

Écrire l'équation caractéristique et exprimer la condition d'annulation de son discriminant pour en déduire \lambda_c.

Voir la réponse courte

Discriminant nul pour \lambda = \omega_0 (Q = 1/2) ; solution temporelle Z(t) = (A + Bt)\exp(-\omega_0 t).

Voir le corrigé complet

D'après la question 38, l'équation différentielle du mouvement s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2 Z}{\mathrm{d}t^2} + 2\lambda \frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 Z = 0

L'équation caractéristique associée à cette équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants est :

r^2 + 2\lambda r + \omega_0^2 = 0

Le discriminant réduit de ce trinôme vaut :

\Delta' = \lambda^2 - \omega_0^2

Le régime critique marque la transition entre le régime apériodique (\Delta' > 0) et le régime pseudo-périodique (\Delta' < 0). Il correspond à un discriminant nul, soit :

\Delta' = 0 \iff \lambda^2 = \omega_0^2

Puisque le coefficient d'amortissement \lambda et la pulsation propre \omega_0 sont des grandeurs positives, la valeur critique est :

\boxed{\lambda = \omega_0}

L'équation caractéristique admet alors une racine double réelle négative :

r_0 = -\lambda = -\omega_0

La forme générale de la solution Z(t) en régime critique s'écrit donc :

\boxed{Z(t) = (A + B t)\,\mathrm{e}^{-\omega_0 t}}

où A et B sont deux constantes réelles déterminées par les conditions initiales.

Résultat

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Question 40

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régime transitoire, régime critique

Tracer l'allure de correspondant au régime critique dans le cas et .

Voir l'indice

Tracer une courbe à tangente initiale horizontale partant de d et retournant à zéro de façon apériodique sans oscillations.

Voir la stratégie
  1. Déterminer les constantes d'intégration A et B de la solution générale établie à la question Q39 à l'aide des conditions initiales fournies.
  2. Étudier les variations de la fonction Z(t) (valeur initiale, tangente en t = 0, signe de la dérivée, comportement asymptotique).
  3. Tracer l'allure de la courbe en faisant apparaître clairement les caractéristiques remarquables.
Voir la réponse courte

Courbe apériodique partant de d avec une tangente horizontale et tendant vers zéro sans osciller.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q39, la solution en régime critique (\lambda = \omega_0) est de la forme :

Z(t) = (A + B\,t)\,\mathrm{e}^{-\omega_0 t}

La dérivée temporelle s'écrit :

\dot{Z}(t) = \left(B - \omega_0(A + B\,t)\right)\mathrm{e}^{-\omega_0 t}

Les conditions initiales imposent :

\begin{aligned} Z(0) &= A = d \\ \dot{Z}(0) &= B - \omega_0 A = 0 \implies B = \omega_0 d \end{aligned}

L'expression temporelle du déplacement est donc :

\boxed{Z(t) = d\,(1 + \omega_0 t)\,\mathrm{e}^{-\omega_0 t}}

Étudions la fonction pour d > 0 :

  • En t = 0 : Z(0) = d et \dot{Z}(0) = 0, la courbe admet une tangente horizontale à l'origine.
  • Pour t > 0 : la dérivée vaut

    \dot{Z}(t) = -d\,\omega_0^2\,t\,\mathrm{e}^{-\omega_0 t} < 0

    La fonction Z(t) est strictement décroissante et ne change jamais de signe (aucun dépassement de la position d'équilibre Z = 0, absence d'oscillations).

  • Limite : \lim_{t \to +\infty} Z(t) = 0 par croissances comparées.
  • La dérivée seconde \ddot{Z}(t) = d\,\omega_0^2(\omega_0 t - 1)\,\mathrm{e}^{-\omega_0 t} s'annule en t = \frac{1}{\omega_0}, ce qui correspond à un point d'inflexion où Z\left(\frac{1}{\omega_0}\right) = \frac{2d}{\mathrm{e}} \approx 0{,}74\,d.

Résultat

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : amplitude complexe, régime sinusoïdal forcé

Établir en utilisant les grandeurs complexes l'expression de l'amplitude complexe de en fonction de , et . Que devient cette expression pour le régime critique de pulsation ?

Voir l'indice

Écrire le PFD dans le référentiel lié au plateau mobile en intégrant la force d'inertie d'entraînement, puis passer aux amplitudes complexes.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à la masse M dans le référentiel terrestre supposé galiléen, en exprimant sa position absolue z_P(t) en fonction du déplacement du plateau z_\Sigma(t) et de la longueur du ressort L(t).
  2. Utiliser la condition d'équilibre statique établie à la question Q37 pour éliminer la pesanteur et faire apparaître la variable d'écart Z(t) = L(t) - L_{\text{eq}}.
  3. Passer en notation complexe avec les grandeurs harmoniques pour déterminer l'amplitude complexe \underline{A_m} en fonction de z_m, r = \omega_0/\omega et Q = \omega_0/(2\lambda).
  4. Évaluer cette amplitude dans le cas du régime critique (Q = 1/2) pour \omega = \omega_0 (r = 1).
Voir la réponse courte

Remplacement des dérivées par i\omega dans l'équation différentielle pour exprimer \underline{A_m}(z_m, r, Q), puis évaluation pour Q = 1/2.

Voir le corrigé complet

Le référentiel terrestre galiléen est muni de l'axe vertical Oz descendant de vecteur unitaire \vec{e}_z. La position de l'attache A sur le plateau mobile est donnée par z_A(t) = z_\Sigma(t) = z_m \cos(\omega t). La position de la masse M est donc :

z_P(t) = z_\Sigma(t) + L(t)

Son accélération absolue dans le référentiel terrestre s'écrit ainsi :

\ddot{z}_P(t) = \ddot{z}_\Sigma(t) + \ddot{L}(t)

Le point matériel P de masse M est soumis à :

  • son poids : M\vec{g} = M g_0 \vec{e}_z ;
  • la force de rappel élastique du ressort : \vec{T} = -k(L(t) - L_0)\vec{e}_z ;
  • la force de frottement fluide : \vec{f} = -2\lambda M \dot{L}(t)\vec{e}_z.

Le principe fondamental de la dynamique projeté sur l'axe Oz donne :

M\left(\ddot{z}_\Sigma + \ddot{L}\right) = M g_0 - k(L - L_0) - 2\lambda M \dot{L}

D'après la question Q37, à l'équilibre statique (z_\Sigma = 0), M g_0 - k(L_{\text{eq}} - L_0) = 0. En introduisant Z(t) = L(t) - L_{\text{eq}}, on a \dot{L} = \dot{Z} et \ddot{L} = \ddot{Z}, d'où :

\begin{aligned} M\left(\ddot{z}_\Sigma + \ddot{Z}\right) &= -k Z - 2\lambda M \dot{Z} \end{aligned}

En divisant par M et en posant \omega_0^2 = k/M, on obtient l'équation du mouvement :

\ddot{Z}(t) + 2\lambda \dot{Z}(t) + \omega_0^2 Z(t) = -\ddot{z}_\Sigma(t)

Avec la notation complexe \underline{z}_\Sigma(t) = z_m \mathrm{e}^{i\omega t} et \underline{Z}(t) = \underline{A_m}\mathrm{e}^{i\omega t}, on a \ddot{\underline{z}}_\Sigma(t) = -\omega^2 z_m \mathrm{e}^{i\omega t}, d'où :

\left(-\omega^2 + 2i\lambda\omega + \omega_0^2\right) \underline{A_m} = \omega^2 z_m

En divisant l'ensemble par \omega^2 :

\left(\frac{\omega_0^2}{\omega^2} - 1 + i\frac{2\lambda}{\omega}\right) \underline{A_m} = z_m

En introduisant le rapport r = \frac{\omega_0}{\omega} et le facteur de qualité Q = \frac{\omega_0}{2\lambda}, le terme d'amortissement s'écrit :

\frac{2\lambda}{\omega} = \frac{\omega_0}{\omega} \frac{2\lambda}{\omega_0} = \frac{r}{Q}

On en déduit l'expression de l'amplitude complexe :

\boxed{\underline{A_m} = \frac{z_m}{r^2 - 1 + i\,\dfrac{r}{Q}}}

Pour le régime critique, le coefficient de frottement vaut \lambda_c = \omega_0 (question Q39), ce qui correspond à un facteur de qualité :

Q_c = \frac{\omega_0}{2\lambda_c} = \frac{1}{2}

À la pulsation propre \omega = \omega_0, on a r = 1. L'expression de l'amplitude complexe devient alors :

\underline{A_m} = \frac{z_m}{1^2 - 1 + i\,\dfrac{1}{1/2}} = \frac{z_m}{2i} = -\frac{i}{2} z_m
\boxed{\underline{A_m} = -\frac{i}{2}\,z_m}

Résultat

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Question 42

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : résonance, facteur de qualité

Montrer qu'il existe une valeur minimale du facteur de qualité Q à partir de laquelle l'amplitude réelle du signal passe par un maximum pour une pulsation donnée que l'on calculera. Préciser, pour un facteur de qualité Q très grand, les expressions de la pulsation correspondante et de l'amplitude.

Voir l'indice

Étudier les extrema du dénominateur de l'amplitude réelle en posant une variable intermédiaire adaptée comme u = \omega^2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le module A_m = |\underline{A_m}| de l'amplitude du déplacement en fonction de la variable u = r^2 = \left(\frac{\omega_0}{\omega}\right)^2.
  2. Étudier le dénominateur de A_m : c'est un trinôme du second degré en u. Le maximum de A_m correspond au minimum de ce trinôme sur l'intervalle u \in \mathbb{R}^{+*}.
  3. Identifier la condition d'existence de ce minimum strict (Q > Q_{\min}), en déduire la pulsation de résonance \omega_R, puis expliciter le cas limite Q \gg 1.
Voir la réponse courte

Minimisation du dénominateur : résonance si Q > 1/\sqrt{2} à \omega = \omega_0\sqrt{1 - 1/(2Q^2)} avec A_m \approx Q z_m pour Q \gg 1.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question précédente, l'amplitude complexe s'écrit :

\underline{A_m} = \frac{z_m}{r^2 - 1 + \mathrm{i}\,\frac{r}{Q}}

L'amplitude réelle A_m = |\underline{A_m}| vaut donc :

A_m = \frac{z_m}{\sqrt{(r^2 - 1)^2 + \frac{r^2}{Q^2}}}

Posons la variable u = r^2 = \left(\frac{\omega_0}{\omega}\right)^2 > 0. Maximiser A_m revient à minimiser la fonction polynomiale f(u) définie par :

f(u) = (u - 1)^2 + \frac{u}{Q^2} = u^2 + \left(\frac{1}{Q^2} - 2\right)u + 1

La dérivée de cette fonction par rapport à u s'annule pour :

f'(u) = 2u + \left(\frac{1}{Q^2} - 2\right) = 0 \iff u_R = 1 - \frac{1}{2Q^2}

Comme f''(u) = 2 > 0, u_R correspond bien à un minimum de f(u). Puisque la pulsation \omega doit être réelle et non nulle, il est nécessaire que u_R > 0 :

1 - \frac{1}{2Q^2} > 0 \iff Q^2 > \frac{1}{2} \iff Q > \frac{1}{\sqrt{2}}

La valeur minimale du facteur de qualité assurant l'existence d'un maximum d'amplitude (phénomène de résonance) est donc :

\boxed{Q_{\min} = \frac{1}{\sqrt{2}} \approx 0{,}71}

Si Q > Q_{\min}, la pulsation de résonance \omega_R vérifie :

\left(\frac{\omega_0}{\omega_R}\right)^2 = u_R = \frac{2Q^2 - 1}{2Q^2}

d'où :

\boxed{\omega_R = \frac{\omega_0}{\sqrt{1 - \dfrac{1}{2Q^2}}}}

En évaluant le dénominateur en u_R :

f(u_R) = \left(-\frac{1}{2Q^2}\right)^2 + \frac{1}{Q^2}\left(1 - \frac{1}{2Q^2}\right) = \frac{1}{Q^2}\left(1 - \frac{1}{4Q^2}\right)

L'amplitude maximale vaut ainsi :

\boxed{A_{m,\max} = \frac{Q\,z_m}{\sqrt{1 - \dfrac{1}{4Q^2}}}}

Pour un facteur de qualité très grand (Q \gg 1), on obtient par développement limité à l'ordre principal :

\boxed{\omega_R \approx \omega_0 \quad \text{et} \quad A_{m,\max} \approx Q\,z_m}

Résultat

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : diagramme de bode, comportement asymptotique

Établir les comportements à haute fréquence et à basse fréquence du filtre . Justifier que le diagramme de Bode a l'allure représentée en figure 10.

Voir l'indice

Calculer les limites de |H(i\omega)| pour \omega \to 0 et \omega \to \infty, puis vérifier les pentes asymptotiques sur le diagramme de Bode.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la fonction de transfert harmonique \underline{H}(i\omega) = \frac{\underline{A_m}}{z_m} en fonction de la pulsation réduite x = \frac{\omega}{\omega_0} = \frac{1}{r} et du facteur de qualité Q.
  2. Étudier les limites à basse fréquence (x \ll 1) et à haute fréquence (x \gg 1) pour en déduire les équations des asymptotes du gain en décibels G_{\mathrm{dB}}(x) = 20\log_{10}|H|.
  3. Discuter l'allure des courbes au voisinage de la pulsation propre x \sim 1 selon la valeur de Q (existence d'une résonance pour Q > 1/\sqrt{2} établie en Q42) et faire le lien avec la figure 10.
Voir la réponse courte

Étude des asymptotes BF et HF montrant un comportement de filtre passe-bas du 2nd ordre avec pente à -40\text{ dB/décade}.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q41, l'amplitude complexe du déplacement relatif vérifie :

\underline{A_m} = \frac{z_m}{r^2 - 1 + i\,\frac{r}{Q}}

avec r = \frac{\omega_0}{\omega} = \frac{1}{x}, où x = \frac{\omega}{\omega_0} désigne la pulsation réduite. La fonction de transfert s'écrit donc :

\underline{H}(i\omega) = \frac{\underline{A_m}}{z_m} = \frac{1}{\frac{1}{x^2} - 1 + \frac{i}{Qx}} = \frac{x^2}{1 - x^2 + i\,\frac{x}{Q}}

Le module de la fonction de transfert (gain linéaire) vaut :

|H| = \frac{x^2}{\sqrt{(1 - x^2)^2 + \frac{x^2}{Q^2}}}

1. Comportement à basse fréquence (x \ll 1, soit \omega \ll \omega_0) : Au dénominateur, (1 - x^2)^2 + \frac{x^2}{Q^2} \sim 1, d'où :

|H| \underset{x \to 0}{\sim} x^2

Le gain en décibels admet pour asymptote :

G_{\mathrm{dB}} = 20\log_{10}|H| \underset{x \to 0}{\sim} 40\log_{10}x
\boxed{\text{Asymptote BF : droite de pente }+40\text{ dB/décade passant par }-40\text{ dB en }x = 0{,}1}

2. Comportement à haute fréquence (x \gg 1, soit \omega \gg \omega_0) : Au dénominateur, les termes de plus haut degré dominent : (1 - x^2)^2 + \frac{x^2}{Q^2} \sim x^4, d'où :

|H| \underset{x \to +\infty}{\sim} \frac{x^2}{\sqrt{x^4}} = 1

Le gain en décibels tend vers une constante :

G_{\mathrm{dB}} \underset{x \to +\infty}{\longrightarrow} 20\log_{10}(1) = 0\text{ dB}
\boxed{\text{Asymptote HF : asymptote horizontale à }0\text{ dB (pente nulle)}}

3. Justification de l'allure du diagramme de Bode (figure 10) : Le système constitue un filtre passe-haut du second ordre :

  • Pour toutes les valeurs de Q, les courbes partent d'une asymptote commune de pente +40\text{ dB/décade} en basse fréquence (valant -40\text{ dB} en x = 0{,}1) et rejoignent l'asymptote horizontale à 0\text{ dB} en haute fréquence (x \ge 10).
  • Au voisinage de la pulsation propre (x = 1, soit \omega = \omega_0), on a |H(x=1)| = Q, soit G_{\mathrm{dB}}(1) = 20\log_{10}Q :

    • Pour Q = 0{,}25 < 1/\sqrt{2} : il n'y a pas de résonance (d'après Q42), le gain croît de façon monotone et reste strictement sous 0\text{ dB} (G_{\mathrm{dB}}(1) = 20\log_{10}(0{,}25) \approx -12\text{ dB}).
    • Pour Q = 1/\sqrt{2} \approx 0{,}71 : valeur critique d'apparition de la résonance (réponse de Butterworth), le gain croît sans dépasser 0\text{ dB} (G_{\mathrm{dB}}(1) = -3\text{ dB}).
    • Pour Q = 5 > 1/\sqrt{2} : il apparaît un pic de résonance bien visible sur la figure 10, culminant au-dessus de 0\text{ dB} à une valeur G_{\mathrm{dB}} \approx 20\log_{10}(5) \approx +14\text{ dB}.

Ces caractéristiques correspondent point par point aux trois tracés de la figure 10.

Résultat

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : filtrage linéaire, fonction de transfert

On veut que le sismographe suive au plus près les mouvements sismiques verticaux du lieu (proche du forage donc de l'épicentre) où on l'a placé. On sait par des expériences antérieures que le spectre du déplacement du sol est dans le domaine allant de à comment devra-t-on choisir ?

Voir l'indice

Se placer dans la zone de gain unitaire du filtre (haute fréquence par rapport à \omega_0) pour assurer une transmission fidèle sans déformation.

Voir la stratégie
  1. Identifier la grandeur mesurée par le capteur (Z(t) d'amplitude A_m) et la comparer au déplacement vertical du sol z_\Sigma(t) d'amplitude z_m.
  2. Utiliser le diagramme de Bode établi à la question précédente pour repérer la zone spectrale où le gain est constant et égal à 1 (0\text{ dB}), garantissant une mesure sans distorsion d'amplitude.
  3. En déduire le positionnement de la pulsation propre \omega_0 par rapport au spectre sismique [\omega_1, \omega_2].
Voir la réponse courte

Pour reproduire fidèlement les mouvements sans déformation de phase ni atténuation, choisir la bande passante avec \omega_0 \gg \omega_2.

Voir le corrigé complet

Le sismographe mesure le déplacement relatif de la masse par rapport au support, d'amplitude A_m. Pour que le dispositif reproduise fidèlement les mouvements du sol sans distorsion d'amplitude, il faut que le gain du filtre soit indépendant de la pulsation et vaille 1, c'est-à-dire :

G_{\mathrm{dB}}(\omega) \approx 0\text{ dB} \quad \iff \quad A_m \approx z_m.

D'après l'étude menée à la question Q43 et le diagramme de Bode (figure 10), cette condition est réalisée sur le plateau haute fréquence, c'est-à-dire pour :

x = \frac{\omega}{\omega_0} \gg 1 \quad \iff \quad \omega \gg \omega_0.

Le spectre des séismes étant contenu dans l'intervalle [\omega_1, \omega_2], toutes les composantes fréquentielles du signal doivent se situer dans cette zone de transmission fidèle. Il faut donc choisir une pulsation propre \omega_0 nettement inférieure à la plus petite pulsation du spectre :

\boxed{\omega_0 \ll \omega_1}

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Banque PT Physique A PT 2023 ?

Surtout 3 chapitres : Diffusion thermique et diffusion de particules (27 % des questions, partie II), Conversion de puissance (17 %, partie III) et Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire (10 %). Plus ponctuellement : Mécanique des fluides, Induction électromagnétique, Changements d'état du corps pur, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Machines thermiques et systèmes ouverts…

Peut-on travailler le sujet Banque PT Physique A PT 2023 dès la première année (PTSI) ?

En partie : 22 questions sur 44 (50 %) ne demandent que le programme de PTSI. Blocs abordables : la partie III en entier (Q23 à Q36) et la partie IV en entier (Q37 à Q44). Avec les autres programmes de première année : 16 en MPSI, 28 en PCSI, 13 en MP2I, 22 en TSI1 et 12 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Banque PT Physique A PT 2023 ?

Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie II est la plus longue (environ 1 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Banque PT Physique A PT 2023 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q42 (résonance).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Banque PT Physique A PT 2023 ?

Questions de cours : Q1 (statique des fluides), Q7 (loi de fourier), Q10 (résistance thermique), Q13 (loi de newton), Q16 (premier principe), Q23 (machine synchrone), Q25 (loi de faraday), Q30 (transformateur)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (statique des fluides), Q9 (loi de fourier), Q11 (résistance thermique), Q18 (premier principe), Q26 (loi de faraday), Q27 (force de laplace), Q28 (théorème du moment cinétique), Q29 (puissance électrique)….

Où gagner des points facilement dans le sujet Banque PT Physique A PT 2023 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (38 sur 44), par exemple : Q1 à Q10, Q12 à Q15, Q17, Q20 à Q40, Q43 et Q44. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q16 et Q19.

Le sujet Banque PT Physique A PT 2023 était-il difficile ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury indique que les parties, indépendantes les unes des autres, devaient permettre à la majorité des candidats d'obtenir une note convenable même sans être à l'aise dans tous les domaines, mais constate que trop de copies montrent une assimilation approximative du cours des…

Pourquoi la résonance du sismographe en Q42 a-t-elle lieu au-dessus de la pulsation propre ?

Parce que l'excitation s'effectue par le déplacement du support et non par une force directe appliquée à la masse. L'accélération du sol introduit un terme en \omega^2 au numérateur de la réponse complexe, ce qui déplace la pulsation de résonance au-delà de \omega_0.

Comment choisir la pulsation propre du sismographe en Q44 pour mesurer le séisme ?

Il faut imposer \omega_0 \ll \omega_1. Pour \omega \gg \omega_0, le filtre présente un gain unitaire sans déphasage et la masse reste quasiment immobile par inertie dans le référentiel terrestre galiléen, ce qui permet à l'allongement relatif du ressort de mesurer directement le déplacement vertical du sol.

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