Corrigé détaillé CCINP Physique Chimie MPI 2023
Le soleil a rendez-vous avec la pluie
- 42 questions corrigées
- Difficulté estimée : classique (1,8 / 4)
- Faisable en Sup (Parties I, II, III et VI traitables dès la première année : mécanique du point, oscillateur harmonique amorti, électrostatique et lois de Snell-Descartes)
- Vérifié question par question
Ce sujet propose une étude complète et transversale des gouttes de pluie, depuis leur modélisation mécanique et leur détection instrumentale jusqu'aux phénomènes optiques complexes qu'elles engendrent lorsqu'elles interagissent avec la lumière solaire. L'épreuve aborde successivement la mécanique de la chute avec frottement quadratique, l'instrumentation météorologique par trois technologies de disdromètres distinctes (masse-ressort amorti, capteur piézoélectrique et occultation optique), puis la théorie des arcs-en-ciel sous l'angle géométrique (rayon de Descartes), ondulatoire (arcs surnuméraires) et quantique par analogie tunnel. Très équilibré, progressif et sans technicité calculatoire excessive, ce sujet constitue un excellent support de révision couvrant les grands classiques du programme tout en proposant une ouverture physique moderne et stimulante sur la diffraction de Mie et l'effet tunnel optique.
Comment utiliser ce corrigé
Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés
Partie I : Vitesse des gouttes de pluie
Question 1
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : référentiel galiléen, poids
Définir "référentiel galiléen". Définir et exprimer le poids d'une goutte d'eau.
Voir l'indiceIndice
Rappeler la définition d'un référentiel galiléen à l'aide du principe d'inertie, puis exprimer la masse de la sphère à partir de son volume \frac{\pi D^3}{6}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
- Référentiel galiléen : Un référentiel galiléen (ou inertiel) est un référentiel dans lequel le principe d'inertie (première loi de Newton) est vérifié : tout point matériel isolé ou pseudo-isolé (soumis à un système de forces dont la somme vectorielle est nulle) y possède un vecteur vitesse constant (mouvement rectiligne uniforme ou repos).
Définition du poids : Le poids \vec{P} d'un corps de masse m au voisinage de la Terre est l'action mécanique exercée par la Terre sur ce corps dans le référentiel terrestre ; il correspond à la résultante de l'attraction gravitationnelle terrestre et de la force d'inertie d'entraînement axifuge liée à la rotation de la Terre :
\vec{P} = m\vec{g}Expression du poids de la goutte : La goutte est modélisée par une sphère homogène de diamètre D et de masse volumique \rho. Son volume vaut V = \frac{4}{3}\pi \left(\frac{D}{2}\right)^3 = \frac{\pi D^3}{6}, d'où sa masse :
m = \rho V = \frac{\pi}{6}\,\rho D^3L'accélération de la pesanteur étant \vec{g} = g\,\vec{e}_z, le poids de la goutte s'écrit :
Résultat
Question 2
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : analyse dimensionnelle, frottement fluide
On admet que la seule autre force mise en jeu est la force de frottement, due à l'air, proportionnelle au carré de la vitesse de la goutte. Elle s'écrit :
Vérifier l'homogénéité de cette formule.
Voir l'indiceIndice
Exprimer la dimension de chaque terme en fonction des dimensions de base M, L, T en remarquant que le coefficient C est sans dimension.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Effectuons une analyse dimensionnelle des deux membres de l'égalité régissant la force de frottement.
Pour le membre de gauche, la force \vec{F}_{\text{frott}} a la dimension d'une force, reliée à la masse et à l'accélération par la seconde loi de Newton :
Pour le membre de droite, déterminons la dimension du produit C \pi \rho_a D^2 v^2 sachant que le coefficient C et le nombre \pi sont sans dimension ([C] = [\pi] = 1) :
- [\rho_a] = \mathrm{M} \cdot \mathrm{L}^{-3} (masse volumique de l'air),
- [D^2] = \mathrm{L}^2 (carré d'une longueur),
- [v^2] = [v]^2 = (\mathrm{L} \cdot \mathrm{T}^{-1})^2 = \mathrm{L}^2 \cdot \mathrm{T}^{-2} (carré d'une vitesse),
- [\vec{e}_z] = 1 (vecteur unitaire adimensionné).
On en déduit la dimension du membre de droite :
Les deux membres ont la dimension d'une force :
La formule proposée est donc bien homogène.
Résultat
Question 3
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : principe fondamental de la dynamique, vitesse limite
En appliquant la seconde loi de Newton à la goutte dans le référentiel terrestre, montrer que sa vitesse limite, donc indépendante du temps, s'écrit :
où est un coefficient à exprimer en fonction de , , et de . Calculer la vitesse limite pour des diamètres égaux à , et .
Voir l'indiceIndice
À vitesse limite, l'accélération est nulle : projeter le bilan des forces sur la verticale descendante et isoler v_{\lim}.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le principe fondamental de la dynamique (deuxième loi de Newton) à la goutte dans le référentiel d'étude en projetant sur l'axe vertical descendant Oz.
- Établir la condition de régime permanent (\vec{v} = \vec{v}_{\lim} = \text{cte}, soit \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{0}) pour isoler v_{\lim} et identifier le coefficient K.
- Réaliser l'application numérique pour les trois diamètres demandés avec deux chiffres significatifs.
Voir le corrigé completCorrigé complet
On étudie la goutte d'eau modélisée par un point matériel de masse m = \frac{\pi}{6}\rho D^3 dans le référentiel terrestre supposé galiléen.
D'après les questions précédentes, les forces appliquées à la goutte en mouvement descendant à la vitesse \vec{v} = v\vec{e}_z (v > 0) sont :
- son poids : \vec{P} = mg\vec{e}_z = \frac{\pi}{6}\rho g D^3 \vec{e}_z ;
- la force de frottement de l'air : \vec{F}_{\text{frott}} = -C\pi \rho_a D^2 v^2 \vec{e}_z.
La deuxième loi de Newton s'écrit :
En projection sur l'axe vertical descendant Oz :
Lorsque la vitesse limite est atteinte, la vitesse est constante au cours du temps, d'où \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = 0. Il vient :
La vitesse étant dirigée vers le bas (v_{\lim} > 0), on en déduit :
avec :
Applications numériques :
Calculons tout d'abord la valeur numérique du coefficient K :
Pour les différents diamètres :
Pour D = 1\text{ mm} = 1,0 \cdot 10^{-3}\text{ m} :
v_{\lim}(1\text{ mm}) = 145 \times \sqrt{1,0 \cdot 10^{-3}} \approx 4,6\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}Pour D = 3\text{ mm} = 3,0 \cdot 10^{-3}\text{ m} :
v_{\lim}(3\text{ mm}) = 145 \times \sqrt{3,0 \cdot 10^{-3}} \approx 7,9\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}Pour D = 5\text{ mm} = 5,0 \cdot 10^{-3}\text{ m} :
v_{\lim}(5\text{ mm}) = 145 \times \sqrt{5,0 \cdot 10^{-3}} \approx 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 4
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : frottement fluide, modélisation
Pour quelle(s) raison(s) le modèle théorique élaboré aux questions de Q1 à Q3 n'est-il pas validé pour toutes les tailles de gouttes ?
Voir l'indiceIndice
Penser aux hypothèses implicites du modèle : déformation de la goutte (perte de sphéricité sous contrainte aérodynamique) voire éclatement pour les grandes tailles, ou changement de régime d'écoulement.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La comparaison entre la courbe expérimentale et le modèle théorique sur la figure 1 met en évidence deux désaccords majeurs :
- Pour les grosses gouttes (D \gtrsim 2\text{ à }3\text{ mm}) : la vitesse limite mesurée sature autour de 9\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} alors que le modèle prédit une croissance continue en \sqrt{D}. En réalité, l'hypothèse d'une goutte sphérique n'est plus valable : la pression aérodynamique exercée par l'écoulement d'air aplatit la goutte (elle adopte une forme d'ellipsoïde aplati, voire d'ombrelle), ce qui augmente notablement son maître-couple (section frontale effective) ainsi que le coefficient de traînée C. La force de frottement s'en trouve accrue, freinant davantage la goutte (les gouttes de diamètre supérieur à 5\text{ mm} finissent même par se fractionner).
Pour les petites gouttes (D \lesssim 1\text{ mm}) : le modèle suppose un frottement purement quadratique avec un coefficient C constant. Or, le régime d'écoulement dépend du nombre de Reynolds :
\mathrm{Re} = \frac{\rho_a v D}{\eta_{\text{air}}}Pour les très petites gouttes, le nombre de Reynolds devient faible (\mathrm{Re} \ll 10^3) : le frottement tend vers un régime linéaire (force de Stokes proportionnelle à v et non à v^2), et le coefficient de traînée adimensionné dépend fortement de \mathrm{Re} au lieu d'être constant.
Partie II : Disdromètre à impact avec platine
Question 5
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : équilibre, force de rappel
Exprimer la longueur du ressort à l'équilibre de la platine, sans impact de goutte.
Voir l'indiceIndice
Écrire la condition d'équilibre statique de la platine soumise à son poids et à la tension du ressort orientée vers le haut.
Voir la stratégieStratégie
- Définir le système et le référentiel galiléen d'étude.
- Réaliser le bilan des forces à l'équilibre en prêtant attention à la géométrie du montage (la platine repose sur le ressort, situé au-dessus du support fixe).
- Appliquer le principe fondamental de la statique (ou première loi de Newton) pour en déduire l_{\text{équ}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
On étudie la platine de masse M dans le référentiel lié au support fixe, supposé galiléen.
À l'équilibre, en l'absence de goutte, la platine est immobile (\vec{v}_{\text{platine}} = \vec{0}, donc la force d'amortissement fluide est nulle) et soumise à deux forces :
son poids vertical descendant :
\vec{P} = M g \vec{e}_zla force de rappel élastique exercée par le ressort. Le support fixe étant situé sous la platine (figure 2), le ressort soutient celle-ci et travaille en compression (l_{\text{équ}} < l_0). Il exerce une force dirigée vers le haut :
\vec{F}_{\text{él}} = -k(l_0 - l_{\text{équ}}) \vec{e}_z
D'après le principe fondamental de la statique :
En projetant sur l'axe vertical descendant \vec{e}_z :
On en déduit l'expression de la longueur à l'équilibre :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 6
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : oscillateur harmonique, principe fondamental de la dynamique
Montrer que l'équation liant à est :
et exprimer les coefficients et en fonction de , et de .
Voir l'indiceIndice
Appliquer la deuxième loi de Newton à la platine dans le référentiel galiléen et exprimer l'écart par rapport à l'équilibre statique.
Voir la stratégieStratégie
- Définir le système constitué par la platine de masse M dans le référentiel terrestre supposé galiléen.
- Effectuer le bilan des forces appliquées à la platine lors de son déplacement vertical Z(t) par rapport à sa position d'équilibre.
- Appliquer la seconde loi de Newton en projection selon l'axe vertical descendant Oz, simplifier la composante constante du poids grâce à la condition d'équilibre (Q5), puis identifier \gamma et \beta.
Voir le corrigé completCorrigé complet
On applique la seconde loi de Newton à la platine, assimilée à un point matériel de masse M, dans le référentiel terrestre supposé galiléen lié au support fixe.
L'axe Oz étant orienté verticalement vers le bas, la position de la platine est repérée par son écart à l'équilibre Z(t). La platine est soumise à :
- son poids : \vec{P} = M g \vec{e}_z ;
la force de rappel du ressort : la platine étant située au-dessus du support fixe, un déplacement Z(t) > 0 vers le bas comprime davantage le ressort. Sa longueur s'écrit l(t) = l_{\text{équ}} - Z(t). Le ressort pousse la platine vers le haut avec une force :
\vec{F}_{\text{ressort}} = -k\left(l_0 - l(t)\right)\vec{e}_z = -k\left(l_0 - l_{\text{équ}} + Z(t)\right)\vec{e}_zD'après la question Q5, à l'équilibre statique on a k(l_0 - l_{\text{équ}}) = Mg, d'où :
\vec{F}_{\text{ressort}} = -\left(Mg + k Z(t)\right)\vec{e}_zla force d'amortissement fluide :
\vec{f} = -\lambda \vec{v}_{\text{platine}} = -\lambda \frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}t} \vec{e}_z- la force exercée par l'impact de la goutte : \vec{F}(t) = F(t)\vec{e}_z.
La seconde loi de Newton s'écrit :
En projetant sur le vecteur unitaire \vec{e}_z :
En divisant par la masse M, on obtient l'équation différentielle demandée :
par identification des termes :
Résultat
Question 7
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : ordre de grandeur, durée d'impact
Donner la signification physique de et justifier que son ordre de grandeur est :
On utilise en pratique un facteur correctif tel que :
Calculer pour .
Voir l'indiceIndice
Interpréter \tau comme la durée mise par la goutte pour s'écraser complètement sur la platine, soit le temps de parcours d'une distance de l'ordre de son diamètre à la vitesse v_{\lim}.
Voir la stratégieStratégie
- Interpréter la modélisation de la force d'impact pour identifier la nature physique de la durée \tau.
- Justifier l'ordre de grandeur de \tau par une analyse cinématique du processus d'écrasement de la goutte sur la platine.
- Calculer la vitesse limite v_{\lim} à l'aide de la loi fournie au début de la partie II, puis en déduire la valeur numérique de \tau.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Signification physique de \tau :
La durée \tau représente la durée de l'impact (ou temps d'écrasement) de la goutte d'eau sur la platine du disdromètre. Pendant cet intervalle de temps, la quantité de mouvement de la goutte passe de m v_{\lim} à 0, ce qui se traduit d'après le théorème de l'impulsion par une force moyenne F_0 \approx \frac{m v_{\lim}}{\tau}.
Justification de l'ordre de grandeur :
Considérons une goutte sphérique de diamètre D arrivant à la vitesse v_{\lim}(D). Le contact s'établit dès que le bas de la goutte touche la surface plane de la platine ; l'impact se termine lorsque le sommet de la goutte rejoint la platine. Pendant cette phase d'écrasement, la matière parcourt une distance caractéristique de l'ordre de sa taille initiale D à une vitesse de l'ordre de v_{\lim}(D). Par conséquent :
Calcul numérique de \tau pour D = 2{,}5\text{ mm} :
D'après la loi donnée en début de partie II :
Avec K = 150\text{ m}^{1/2}\cdot\text{s}^{-1} et D = 2{,}5 \cdot 10^{-3}\text{ m} :
On en déduit la durée de l'impact :
Soit, avec deux chiffres significatifs :
Résultat
Question 8
Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantFaisable en SupNotions : oscillateur harmonique, régime critique, équation différentielle
On se place à et on souhaite que la réponse du disdromètre soit la plus rapide possible. a) Quelle doit être la relation entre les coefficients et ? On se place dans ce cas. b) Le système étant à l'équilibre avant la chute de la goutte, montrer que la réponse du disdromètre s'écrit alors pour :
c) Comment choisir pour réaliser ? Montrer alors que est proportionnel à et donner la valeur de . d) Tracer l'allure de pour . e) Comment la mesure de permet-elle de connaître ?
Voir l'indiceIndice
Pour une réponse la plus rapide sans oscillation, identifier la condition du régime critique (\Delta = 0). Intégrer l'équation avec second membre constant en exploitant les conditions initiales nulles.
Voir la stratégieStratégie
- Associer la condition de rapidité sans dépassement au régime apériodique critique (\Delta = 0).
- Résoudre l'équation différentielle linéaire d'ordre 2 avec second membre constant (F_0) sous conditions initiales de repos.
- Exprimer F_0 en fonction de D via la masse m(D), la vitesse v_{\lim}(D) et la durée \tau(D) pour identifier la puissance \alpha.
- Représenter l'allure de Z(t) sur [0, 2\tau] en tenant compte de l'extinction de la force à t = \tau, puis conclure sur le principe de mesure.
Voir le corrigé completCorrigé complet
a) L'équation caractéristique associée à l'équation différentielle homogène établie en Q6 s'écrit :
Son discriminant est \Delta = \gamma^2 - 4\beta. Pour obtenir le retour ou la réponse la plus rapide possible sans oscillations (qui allongeraient le temps de réponse et risqueraient de fausser les mesures), le système doit être réglé dans le régime critique (\Delta = 0). La relation cherchée est donc :
b) Pour 0 \le t \le \tau, la force est constante et vaut F(t) = F_0. L'équation différentielle de Q6 devient :
Une solution particulière constante est :
Z_p = \frac{F_0}{M \beta} = \frac{F_0}{k} \quad \left(\text{car } \beta = \frac{k}{M}\right)La solution générale de l'équation homogène en régime critique (racine double r = -\gamma/2) est :
Z_h(t) = (A + B t) \,\mathrm{e}^{-\gamma t / 2}
La solution complète s'écrit donc :
Les conditions initiales imposent que la platine est au repos à sa position d'équilibre à t = 0^- :
On en déduit l'expression de la réponse de la platine pour 0 \le t \le \tau :
c) Pour réaliser Z(\tau) \approx \dfrac{F_0}{k}, il faut que le terme transitoire soit devenu négligeable à l'instant t = \tau, soit :
Le temps de réponse propre du disdromètre est alors très court devant la durée \tau de l'impact de la goutte.
Exprimons alors F_0 en fonction de D. D'après l'expression donnée :
En utilisant \tau(D) = \xi \dfrac{D}{v_{\lim}(D)} (d'après Q7) :
Comme v_{\lim}(D) = K \sqrt{D}, il vient v_{\lim}^2(D) = K^2 D, d'où :
Avec la masse de la goutte m(D) = \rho \dfrac{\pi D^3}{6} (d'après Q1), la force maximale s'écrit :
Par conséquent, à t = \tau :
d) Pour 0 \le t \le \tau, Z(t) croît depuis 0 avec une tangente horizontale et atteint un palier de valeur F_0/k. Pour t > \tau, F(t) = 0 : le système retourne vers sa position d'équilibre Z = 0 selon le régime critique libre (décroissance apériodique).
e) La valeur maximale atteinte par le déplacement de la platine au cours de l'impact est :
La mesure expérimentale de l'amplitude Z_{\max} permet donc de déterminer directement le diamètre D de la goutte par la relation :
Résultat
Partie III : Disdromètre à impact avec piezoélectrique
Question 9
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : symétrie, invariance, champ électrostatique
En étudiant les symétries, puis les invariances de la distribution, donner la direction du champ électrique en un point quelconque de l'espace et les coordonnées dont ce champ dépend.
Voir l'indiceIndice
Identifier deux plans de symétrie orthogonaux pour fixer la direction du champ, puis utiliser les invariances par translation selon les deux axes du plan.
Voir la stratégieStratégie
- Déterminer les invariances géométriques de la distribution (infinie dans le plan) pour en déduire les variables spatiales dont dépend le champ \vec{E}.
- Identifier au moins deux plans de symétrie matérielle orthogonaux passant par un point M quelconque pour fixer la direction du champ \vec{E}(M).
Voir le corrigé completCorrigé complet
On repère l'espace en coordonnées cartésiennes (x,y,z), le plan infini chargé étant situé en z = e/2 et parallèle au plan (Oxy).
1. Invariances : La distribution de charge surfacique est uniforme et infinie dans le plan z = e/2. Elle est donc invariante par toute translation selon \vec{e}_x et selon \vec{e}_y :
Le champ électrique ne dépend que de la seule coordonnée z.
2. Symétries : Soit M(x, y, z) un point quelconque de l'espace.
- Le plan \Pi_{1} passant par M et dirigé par (\vec{e}_x, \vec{e}_z) est un plan de symétrie de la distribution de charges. Par conséquent, \vec{E}(M) \in \Pi_{1}.
- Le plan \Pi_{2} passant par M et dirigé par (\vec{e}_y, \vec{e}_z) est également un plan de symétrie de la distribution de charges. Par conséquent, \vec{E}(M) \in \Pi_{2}.
Le champ électrique appartient à l'intersection de ces deux plans de symétrie sécants selon la droite (M, \vec{e}_z) :
En combinant symétries et invariances, le champ électrique en tout point M(x,y,z) s'écrit :
De plus, le plan z = e/2 étant lui-même un plan de symétrie de la distribution, la composante E_z est impaire par rapport à z = e/2, soit :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 10
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : théorème de gauss, champ électrostatique
En utilisant un théorème d'électromagnétisme à énoncer, calculer le champ électrique créé par cette distribution en tout point de l'espace.
Voir l'indiceIndice
Choisir un cylindre de Gauss fermé orthogonal au plan, exploiter les symétries pour le flux et énoncer rigoureusement le théorème de Gauss.
Voir la stratégieStratégie
- Énoncer le théorème de Gauss en électrostatique dans le vide.
- Choisir une surface de Gauss fermée adaptée aux symétries établies à la question précédente (cylindre d'axe orthogonal au plan chargé).
- Calculer le flux du champ électrique, expliciter la charge intérieure en introduisant la densité surfacique de charge \sigma = \frac{Q}{S}, puis en déduire l'expression vectorielle de \vec{E}(M) de part et d'autre du plan.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Énoncé du théorème de Gauss :
Le flux du champ électrostatique \vec{E} à travers une surface fermée orientée vers l'extérieur \mathcal{S}_G est égal au quotient de la charge électrique totale Q_{\text{int}} contenue dans le volume délimité par \mathcal{S}_G par la permittivité diélectrique du vide \varepsilon_0 :
Calcul du champ électrostatique :
Le plan infini situé en z = e/2 porte une charge Q répartie uniformément sur une surface S, soit une densité surfacique de charge uniforme :
On choisit comme surface de Gauss \mathcal{S}_G un cylindre fermé d'axe vertical (Oz), de section droite d'aire \mathcal{A}, dont les bases planes sont situées symétriquement par rapport au plan z = e/2, aux cotes z_2 = e/2 + u et z_1 = e/2 - u (avec u > 0).
Le flux de \vec{E} à travers cette surface fermée se décompose en :
- Le flux à travers la surface latérale : en tout point de cette surface, le vecteur normal extérieur unitaire est orthogonal à \vec{e}_z. D'après la question précédente, \vec{E} = E_z(z)\,\vec{e}_z, donc \vec{E} \cdot \mathrm{d}\vec{S}_{\text{lat}} = 0, et le flux latéral est nul.
Le flux à travers la base supérieure (z = e/2 + u) : la normale unitaire sortante est +\vec{e}_z, d'où :
\Phi_{\text{sup}} = \iint \vec{E}\left(\frac{e}{2}+u\right) \cdot (\vec{e}_z\,\mathrm{d}S) = E_z\left(\frac{e}{2}+u\right) \mathcal{A}Le flux à travers la base inférieure (z = e/2 - u) : la normale unitaire sortante est -\vec{e}_z. En utilisant la relation d'antisymétrie E_z(e/2 - u) = - E_z(e/2 + u) :
\Phi_{\text{inf}} = \iint \vec{E}\left(\frac{e}{2}-u\right) \cdot (-\vec{e}_z\,\mathrm{d}S) = - E_z\left(\frac{e}{2}-u\right) \mathcal{A} = E_z\left(\frac{e}{2}+u\right) \mathcal{A}
Le flux total s'écrit donc :
La charge contenue à l'intérieur de \mathcal{S}_G est la charge découpée par le cylindre sur le plan z = e/2 :
D'après le théorème de Gauss :
Par conséquent, le champ électrique créé en tout point de l'espace par cette distribution s'écrit :
ce qui peut également s'écrire sous forme condensée :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 11
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : principe de superposition, permittivité diélectrique
En déduire l'expression du champ électrique créé par l'association des deux électrodes chargées et , en un point entre les deux électrodes s'il y avait le vide. Dans un matériau ayant une permittivité , on remplace la permittivité diélectrique du vide par . En déduire le champ à l'intérieur du matériau piézoélectrique.
Voir l'indiceIndice
Utiliser le principe de superposition pour sommer les champs créés par chaque armature, puis remplacer \varepsilon_0 par \varepsilon dans le diélectrique.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le principe de superposition pour sommer les champs créés par l'électrode supérieure (+Q en z = e/2) et l'électrode inférieure (-Q en z = -e/2) dans la région inter-électrodes -e/2 < z < e/2.
- Remplacer la permittivité du vide \varepsilon_0 par la permittivité \varepsilon du milieu diélectrique pour en déduire le champ \vec{E}(M)_{\text{piezo}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q10, le plan supérieur situé en z = e/2, portant la charge +Q (densité surfacique \sigma = Q/S > 0), crée en tout point M(z) tel que z < e/2 le champ électrique :
De même, l'électrode inférieure située en z = -e/2 porte la charge -Q, correspondant à la densité surfacique -\sigma = -Q/S. En un point situé au-dessus de ce plan (z > -e/2), le champ qu'elle crée s'écrit :
Par application du principe de superposition, le champ électrostatique total entre les deux électrodes (-e/2 < z < e/2) dans le vide est la somme de ces deux contributions :
Dans le matériau piézoélectrique de permittivité diélectrique \varepsilon, on remplace \varepsilon_0 par \varepsilon selon la prescription de l'énoncé :
Résultat
Question 12
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : champ électrostatique, potentiel électrostatique
On admet que la charge est proportionnelle à la force exercée par une goutte sur le capteur lors de son impact. Montrer, en utilisant la modélisation de proposée en haut de la page 5, que la tension aux bornes du capteur piézoélectrique est proportionnelle à .
Voir l'indiceIndice
Relier la tension u(t) au champ électrique par intégration sur l'épaisseur e, puis exprimer F_0 en fonction de m et \tau.
Voir la stratégieStratégie
- Relier la tension u(t) aux bornes du capteur à la charge Q(t) à l'aide du champ électrique calculé à la question précédente.
- Exprimer la force F(t) lors de l'impact (0 < t < \tau) en explicitant la masse m(D), la vitesse limite v_{\lim}(D) et la durée d'impact \tau(D).
- Conclure sur la proportionnalité entre u(t) et D^3.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q11, le champ électrique régnant dans le matériau piézoélectrique d'épaisseur e est uniforme et s'écrit :
La différence de potentiel u(t) = V(e/2) - V(-e/2) entre l'électrode positive et l'électrode négative vaut donc :
La tension u(t) est ainsi proportionnelle à la charge Q(t) (le capteur se comporte comme un condensateur plan de capacité C = \frac{\varepsilon S}{e}).
L'énoncé indique que la charge Q(t) est proportionnelle à la force F(t), ce qui implique :
Pendant la durée de l'impact (0 < t < \tau), la modélisation de la page 5 donne :
Or :
- la masse de la goutte sphérique est m(D) = \rho \dfrac{\pi D^3}{6} ;
- la durée de l'impact est modélisée par \tau(D) = \xi \dfrac{D}{v_{\lim}(D)} (question Q7) ;
- la vitesse limite s'écrit v_{\lim}(D) = K\sqrt{D} (question Q3).
En injectant l'expression de \tau(D), le rapport d'accélération moyenne devient :
Ce terme est donc rigoureusement indépendant du diamètre D. Il en résulte :
Puisque u(t) \propto Q(t) \propto F(t), on en déduit que pendant le choc :
Résultat
Où je me situe, question par question
Cochez les questions que vous avez réussies sans aide. Toutes les questions du sujet sont ici, y compris celles des autres pages : votre sélection est gardée d'une page à l'autre.
- Note estimée
- –
- 0 question réussie sur 42
- Position estimée
- –
- des copies sous cette note
Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 42 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,06 et d'écart-type 3,83 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
Source des chiffres : document officiel du concours.
Signaler une erreur
Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q1) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.
Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.