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Corrigé détaillé CCINP Physique Chimie MPI 2023 (page 3/3 : Parties VII et VIII)

Le soleil a rendez-vous avec la pluie

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Partie VII : Théorie ondulatoire de l'arc-en-ciel

Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, MP2I

Notions : cohérence, formule de fresnel, interférence

Cette question a pour but de rappeler certaines conditions d'observation des interférences lumineuses. Deux sources lumineuses ponctuelles et émettent deux ondes électromagnétiques monochromatiques de pulsations respectives et . Ces deux ondes se propagent dans un milieu d'indice et interfèrent en un point après avoir parcouru les distances et . On modélise les amplitudes des ondes en par les grandeurs scalaires :

avec (), constantes. est la célérité de la lumière dans le vide. a) Donner un ordre de grandeur de et pour la lumière visible. b) L'intensité lumineuse observée à l'œil nu en est proportionnelle à la valeur moyenne du carré de l'amplitude reçue en , soit : . Sur quelle durée cette valeur moyenne est-elle calculée ? c) Calculer l'intensité et montrer qu'elle s'écrit : . À quelle(s) condition(s) le terme est-il non nul ? Donnée : . d) On suppose dans la suite que et . Montrer que l'intensité en s'écrit :

où est la longueur d'onde dans le vide. La grandeur sera exprimée en fonction de l'indice du milieu, de et de .

Voir l'indice

a) Utiliser \omega = 2\pi c / \lambda. b) Temps de réponse lié à la persistance rétinienne (\approx 0{,}1\text{ s}). c) Développer le terme d'interférence et discuter la cohérence temporelle. d) Exprimer le déphasage en fonction du chemin optique \delta(P).

Voir la réponse courte

Temps d'intégration du récepteur, condition de synchronisme pour avoir un terme d'interférence non nul et formule de Fresnel.

Voir le corrigé complet

a) Dans le domaine visible, la longueur d'onde dans le vide est comprise entre \lambda_0 = 400\text{ nm} et \lambda_0 = 800\text{ nm}. La pulsation associée vaut \omega = \frac{2\pi c}{\lambda_0}. Pour \lambda_0 \approx 600\text{ nm} :

\omega \approx \frac{2\pi \times 3{,}0 \cdot 10^8}{6{,}0 \cdot 10^{-7}} \approx 3 \cdot 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{\omega_1, \, \omega_2 \sim 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}}

b) Le récepteur étant l'œil nu, la durée d'intégration \tau correspond au temps de persistance rétinienne :

\boxed{\tau \sim 0{,}1\text{ s} \quad (\approx 50 \text{ à } 100\text{ ms})}

Cette durée est extrêmement grande devant les périodes optiques T_i = \frac{2\pi}{\omega_i} \sim 10^{-15}\text{ s} (\tau \gg T_i).

c) Le principe de superposition donne l'amplitude totale en P :

s(P, t) = s_1(P, t) + s_2(P, t)

En élevant au carré et en appliquant la moyenne temporelle :

\langle s^2(P, t) \rangle_\tau = \langle s_1^2(P, t) \rangle_\tau + \langle s_2^2(P, t) \rangle_\tau + 2\langle s_1(P, t)s_2(P, t) \rangle_\tau

En multipliant par la constante de sensibilité K, il vient :

I(P) = I_1 + I_2 + I_{12}(P)

avec les intensités propres de chaque onde :

I_1 = K\langle s_1^2 \rangle_\tau = \frac{1}{2}Ka_1^2 \quad \text{et} \quad I_2 = K\langle s_2^2 \rangle_\tau = \frac{1}{2}Ka_2^2

car \langle \cos^2(\omega_i t + \dots) \rangle_\tau = \frac{1}{2} puisque \tau \gg T_i.

Le terme d'interférence s'écrit :

\begin{aligned} I_{12}(P) &= 2K \langle s_1(P,t) s_2(P,t) \rangle_\tau \\ &= K a_1 a_2 \Big\langle \cos\big((\omega_1+\omega_2)t - (k_1 x_1 + k_2 x_2) + \varphi_1 + \varphi_2\big) \\ &\quad\quad\quad\quad + \cos\big((\omega_1-\omega_2)t - k_1 x_1 + k_2 x_2 + \varphi_1 - \varphi_2\big) \Big\rangle_\tau \end{aligned}

Le terme à très haute fréquence \omega_1 + \omega_2 \approx 2\cdot 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} a une moyenne temporelle strictement nulle sur \tau \sim 0{,}1\text{ s}. Le terme en \omega_1 - \omega_2 n'a une moyenne non nulle que si sa période d'oscillation est très grande devant \tau, c'est-à-dire si :

\boxed{\omega_1 = \omega_2 \quad (\text{ou } |\omega_1 - \omega_2| \ll \frac{2\pi}{\tau})}

De plus, pour observer une figure stable dans le temps, la différence de phase à l'origine \varphi_1 - \varphi_2 doit être constante dans le temps (ondes mutuellement cohérentes).

d) Avec \omega_1 = \omega_2 = \omega, k_1 = k_2 = k = \frac{n\omega}{c} = \frac{2\pi n}{\lambda} (où \lambda = \frac{2\pi c}{\omega} est la longueur d'onde dans le vide) et \varphi_1 = \varphi_2, le terme d'interférence devient :

I_{12}(P) = K a_1 a_2 \cos\big(k(x_2 - x_1)\big) = 2 \sqrt{\frac{1}{2}Ka_1^2} \sqrt{\frac{1}{2}Ka_2^2} \, \cos\left(\frac{2\pi}{\lambda} n(x_2 - x_1)\right)

En identifiant avec l'expression demandée :

\boxed{I(P) = I_1 + I_2 + 2\sqrt{I_1 I_2}\cos\left(\frac{2\pi}{\lambda}\delta(P)\right)}

où la différence de marche optique \delta(P) s'exprime par :

\boxed{\delta(P) = n(x_2 - x_1)}

(ou par parité de la fonction cosinus, \delta(P) = n(x_1 - x_2)).

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, MP2I

Notions : formule de fresnel, contraste

Représenter la courbe en fonction de . En observant la photo 5, que peut-on dire de et ?

Voir l'indice

Tracer une sinusoïde en fonction de \delta(P) ; observer l'extinction quasi-totale des minima sur la photo pour conclure sur le contraste et la proximité des amplitudes I_1 et I_2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les grandeurs caractéristiques du signal d'interférence I(P) en fonction de \delta(P) (période spatiale, extremums, valeur moyenne), puis tracer la courbe correspondante.
  2. Définir le contraste (ou facteur de visibilité) des franges à partir de la photo 5 pour en déduire une relation entre I_1 et I_2.
Voir la réponse courte

Tracé sinusoïdal en cosinus et déduction d'intensités I_1 \neq I_2 car les minima ne s'annulent pas parfaitement sur la photo.

Voir le corrigé complet

D'après la formule de Fresnel établie à la question Q29 :

I(P) = I_1 + I_2 + 2\sqrt{I_1 I_2}\cos\left(\frac{2\pi}{\lambda}\delta(P)\right)

La fonction \delta(P) \mapsto I(P) est une sinusoïde de période spatiale \lambda, oscillant autour de sa valeur moyenne I_1 + I_2 entre deux valeurs extrêmes :

  • un maximum I_{\max} = \left(\sqrt{I_1} + \sqrt{I_2}\right)^2 atteint pour \delta(P) = p\,\lambda avec p \in \mathbb{Z} ;
  • un minimum I_{\min} = \left(\sqrt{I_1} - \sqrt{I_2}\right)^2 atteint pour \delta(P) = \left(p + \frac{1}{2}\right)\lambda avec p \in \mathbb{Z}.

Sur la photo 5, on observe un réseau de franges d'interférences très bien contrastées : les zones sombres sont quasiment noires, ce qui traduit une extinction quasi-totale au niveau des minima d'intensité :

I_{\min} \approx 0

Le contraste (ou visibilité) des franges s'exprime par :

\mathcal{C} = \frac{I_{\max} - I_{\min}}{I_{\max} + I_{\min}} = \frac{2\sqrt{I_1 I_2}}{I_1 + I_2} \approx 1

Puisque I_{\min} = \left(\sqrt{I_1} - \sqrt{I_2}\right)^2 \approx 0, on en déduit que :

\boxed{I_1 \approx I_2}

Les deux ondes qui interfèrent ont des intensités de même ordre de grandeur, très proches l'une de l'autre.

Résultat

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, MP2I

Notions : localisation des franges, interférence à l'infini

Où ces rayons interfèrent-ils ?

Voir l'indice

Les rayons émergents étant parallèles entre eux, ils se croisent et interfèrent à l'infini (ou dans le plan focal d'une lentille, comme la rétine de l'œil).

Voir la réponse courte

Rayons émergents parallèles pour une même déviation : les interférences sont localisées à l'infini (observables sur la rétine).

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé et la figure 9, les deux rayons lumineux émergent de la goutte d'eau selon des directions parallèles.

Par conséquent, ces deux rayons :

\boxed{\text{interfèrent à l'infini}}

En pratique, l'observateur observant le ciel à l'infini visualise ces interférences directement sur sa rétine, qui correspond au plan focal image du système optique de l'œil.

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, MP2I

Notions : différence de marche, interfrange

On admet que la différence de marche en un point du champ d'interférences s'écrit :

Exprimer la condition permettant d'observer des interférences constructives. L'écart angulaire entre les franges est-il plus grand pour les petites ou les grosses gouttes ? Justifier qualitativement.

Voir l'indice

Écrire la condition de cohérence constructive \delta(P) = p\lambda ; différentier la différence de marche pour relier l'écart angulaire à 1/D.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition générale d'interférences constructives en termes de différence de marche \delta(P) et de longueur d'onde \lambda.
  2. Analyser la dépendance de la différence de marche par rapport au diamètre D de la goutte pour en déduire l'effet de la taille des gouttes sur l'écartement angulaire des franges.
Voir la réponse courte

Condition \delta = p\lambda ; la différence de marche étant proportionnelle à D, l'interfrange angulaire \lambda/D croît pour les petites gouttes.

Voir le corrigé complet

1. Condition d'interférences constructives

D'après la formule de Fresnel établie à la question Q29, l'intensité lumineuse est maximale lorsque le cosinus vaut 1, c'est-à-dire pour une différence de phase \Delta\varphi = \frac{2\pi}{\lambda}\delta(P) = 2p\pi, soit :

\boxed{\delta(P) = p\,\lambda \quad \text{avec } p \in \mathbb{Z}}

où p désigne l'ordre d'interférence et \lambda la longueur d'onde de la lumière dans le vide.

2. Dépendance de l'écart angulaire avec la taille des gouttes

La différence de marche s'écrit sous la forme factorisée :

\delta(P) = D \cdot f(\Delta)

où f(\Delta) = \cos(i_2) - \cos(i_1) - 2n(\cos(r_2) - \cos(r_1)) ne dépend que de la direction d'émergence des rayons (repérée par l'angle de déviation \Delta).

Deux franges brillantes successives correspondent à une variation d'ordre \Delta p = 1, soit une variation de différence de marche :

\Delta \delta \approx D \left| \frac{\mathrm{d}f}{\mathrm{d}\Delta} \right| \delta \theta = \lambda \implies \delta \theta \propto \frac{\lambda}{D}

Par conséquent, l'écart angulaire \delta \theta entre les franges est d'autant plus grand que les gouttes sont petites.

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, MP2I

Notions : ordre d'interférence, différence de marche

Les rayons incidents d'angles d'incidence et donnent pour une radiation rouge (, ) des rayons émergents parallèles. Quel diamètre de goutte permettra d'observer la frange claire d'ordre dans la direction des rayons émergents ?

Voir l'indice

Appliquer la formule de différence de marche pour l'ordre p = -2, calculer numériquement les angles de réfraction r_1 et r_2 puis isoler D.

Voir la stratégie
  1. Déterminer les angles de réfraction r_1 et r_2 associés aux angles d'incidence i_1 et i_2 à l'aide de la loi de Snell-Descartes.
  2. Écrire la condition d'interférence constructive pour la frange claire d'ordre p = -2 : \delta(P) = -2\lambda.
  3. Isoler le diamètre D de la goutte et effectuer l'application numérique avec une précision suffisante sur les fonctions trigonométriques.
Voir la réponse courte

Utilisation de \delta = -2\lambda, calcul des angles de réfraction par Descartes et résolution pour déterminer le diamètre D.

Voir le corrigé complet

D'après les lois de Snell-Descartes pour la réfraction à la traversée air-eau :

\sin(i_1) = n \sin(r_1) \quad \text{et} \quad \sin(i_2) = n \sin(r_2)

Les angles de réfraction valent donc :

\begin{aligned} r_1 &= \arcsin\left(\frac{\sin(i_1)}{n}\right) = \arcsin\left(\frac{\sin(50{,}13^\circ)}{1{,}330}\right) \approx 35{,}25^\circ \\ r_2 &= \arcsin\left(\frac{\sin(i_2)}{n}\right) = \arcsin\left(\frac{\sin(67{,}98^\circ)}{1{,}330}\right) \approx 44{,}19^\circ \end{aligned}

D'après le résultat de la question précédente, la condition d'obtention d'une frange brillante d'ordre p = -2 s'écrit :

\delta(P) = -2\lambda

En utilisant la formule admise pour la différence de marche \delta(P) :

D \left[(\cos(i_2) - \cos(i_1)) - 2n (\cos(r_2) - \cos(r_1))\right] = -2\lambda

On en déduit l'expression du diamètre D :

\boxed{D = \frac{-2\lambda}{(\cos(i_2) - \cos(i_1)) - 2n (\cos(r_2) - \cos(r_1))}}

Calculons les termes trigonométriques intervenant au dénominateur :

\begin{aligned} \cos(i_2) - \cos(i_1) &= \cos(67{,}98^\circ) - \cos(50{,}13^\circ) \approx 0{,}37485 - 0{,}64101 = -0{,}26616 \\ \cos(r_2) - \cos(r_1) &= \cos(44{,}19^\circ) - \cos(35{,}25^\circ) \approx 0{,}71702 - 0{,}81668 = -0{,}09966 \end{aligned}

Le dénominateur vaut ainsi :

-0{,}26616 - 2 \times 1{,}330 \times (-0{,}09966) = -0{,}26616 + 0{,}26510 = -1{,}06 \cdot 10^{-3}

Avec \lambda = 700\text{ nm} = 700 \cdot 10^{-9}\text{ m} :

D = \frac{-2 \times 700 \cdot 10^{-9}}{-1{,}06 \cdot 10^{-3}} \approx 1{,}3 \cdot 10^{-3}\text{ m}
\boxed{D \approx 1{,}3\text{ mm}}

Résultat

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Partie VIII : Effet tunnel optique

Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : diffraction, arc-en-ciel surnuméraire

Les calculs de l'intensité diffractée par une goutte d'eau ont été menés en 1908 par Gustav Mie, à l'aide des équations de Maxwell. Le résultat est donné figure 10. Commenter cette figure à la lumière de la figure 8 et de la photo 5.

Voir l'indice

Relier les oscillations rapides et enveloppées observées à la combinaison de la réfraction classique (accumulation au pic principal) et de figures d'interférence/diffraction.

Voir la stratégie

Pour commenter la figure 10 à la lumière de la figure 8 (optique géométrique) et de la photo 5 (optique ondulatoire), on adopte une démarche comparative par zones angulaires :

  1. Identifier la déviation minimale \Delta_m issue de la figure 8 et analyser le comportement pour \Delta < \Delta_m (zone d'ombre géométrique) ainsi que la position du pic principal.
  2. Interpréter les oscillations d'intensité observées pour \Delta > \Delta_m en faisant le lien avec les franges d'interférence (arcs surnuméraires) de la photo 5.
  3. Noter la présence d'une structure fine (modulations rapides) que la simple théorie à deux rayons n'explique pas, introduisant l'effet tunnel optique.
Voir la réponse courte

Identification du pic principal à l'arc géométrique et des oscillations secondaires aux arcs surnuméraires dus aux interférences.

Voir le corrigé complet

L'analyse de l'intensité émergente calculée par la théorie de Mie (figure 10) révèle trois caractéristiques majeures :

  • Lien avec la figure 8 (optique géométrique et caustique) : La figure 8 montrait l'existence d'une déviation minimale \Delta_m \approx 137{,}8^\circ pour cette gamme de longueurs d'onde.

    • Pour \Delta < \Delta_m, l'optique géométrique prévoit une absence totale de lumière émergente (zone d'ombre géométrique, correspondant au côté extérieur de l'arc ou bande sombre d'Alexandre). La figure 10 confirme une intensité quasi nulle pour \Delta < 137{,}5^\circ, mais celle-ci n'est pas strictement nulle : une fraction d'onde pénètre dans la région interdite par diffraction.
    • Au voisinage immédiat de \Delta_m, l'accumulation lumineuse géométrique est lissée par la diffraction en un pic d'intensité principal très marqué, décalé légèrement vers \Delta \approx 138{,}3^\circ.
  • Lien avec la photo 5 (interférences à deux ondes) : Pour \Delta > \Delta_m, la figure 8 montre que deux rayons incidents d'angles i_1 et i_2 émergent avec la même déviation. En interférant, ils donnent naissance à une modulation d'intensité macroscopique formée d'une suite de maxima et de minima (périodicité de l'ordre de 0{,}8^\circ). Ces oscillations correspondent fidèlement aux franges alternées claires et sombres des arcs surnuméraires visibles sur la photo 5.
  • Apport de la théorie de Mie (diffraction et résonances) : En plus de l'enveloppe oscillante des arcs surnuméraires, la courbe présente des fluctuations rapides à haute fréquence spatiale (structure fine ou « ripples »). Ces oscillations ne sont pas prévisibles par le modèle simplifié à deux rayons et traduisent des effets purement ondulatoires (ondes de surface, résonances morphologiques, effet tunnel optique).
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Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MP2I, TSI1

Notions : diffraction, tache d'airy

On considère une goutte de diamètre éclairée par une onde plane de longueur d'onde . En considérant la goutte comme opaque, exprimer l'angle caractéristique sous lequel est diffractée l'onde. Faire l'application numérique en degrés pour , et justifier à l'aide de la figure 10 l'importance de la diffraction.

Voir l'indice

Appliquer le critère de diffraction par une ouverture circulaire (tache d'Airy) \theta \approx 1{,}22\,\lambda/D et comparer cette valeur angulaire aux oscillations de la courbe.

Voir la stratégie
  1. Assimiler la goutte opaque de diamètre D à une ouverture circulaire de même dimension grâce au principe ou théorème de Babinet, puis exprimer le demi-angle de diffraction caractéristique \theta.
  2. Réaliser l'application numérique en radians puis convertir en degrés.
  3. Analyser l'échelle angulaire des fines oscillations visibles sur la figure 10 et la comparer à \theta.
Voir la réponse courte

Demi-angle de diffraction \theta \approx 1,22 \lambda/D, calcul numérique et discussion de l'étalement angulaire par rapport à l'arc.

Voir le corrigé complet

D'après le théorème de Babinet, la figure de diffraction produite par un obstacle opaque de diamètre D (la goutte d'eau projetée en un disque opaque) présente la même distribution angulaire d'intensité que celle d'une ouverture circulaire de même diamètre (en dehors de l'onde incidente transmise directe).

L'angle caractéristique sous lequel l'onde est diffractée s'écrit classiquement :

\boxed{\theta \approx \frac{\lambda}{D}} \quad \text{ou plus précisément (rayon angulaire du disque d'Airy) :} \quad \boxed{\theta = 1{,}22\,\frac{\lambda}{D}}

Application numérique : Pour \lambda = 632\text{ nm} = 6{,}32 \cdot 10^{-7}\text{ m} et D = 0{,}6\text{ mm} = 6{,}0 \cdot 10^{-4}\text{ m} :

\begin{aligned} \theta &= \frac{6{,}32 \cdot 10^{-7}}{6{,}0 \cdot 10^{-4}} \approx 1{,}05 \cdot 10^{-3}\text{ rad} = 1{,}05 \cdot 10^{-3} \times \frac{180}{\pi} \approx 0{,}060^\circ \\ \text{ou avec le facteur } 1{,}22 : \quad \theta &= 1{,}22 \times 1{,}05 \cdot 10^{-3} \times \frac{180}{\pi} \approx 0{,}074^\circ \end{aligned}

On retient :

\boxed{\theta \approx 0{,}06^\circ \quad (\text{soit } 0{,}07^\circ \text{ avec le préfacteur } 1{,}22)}

Justification de l'importance de la diffraction à l'aide de la figure 10 :

  • Sur la courbe d'intensité de la figure 10, on constate la superposition de deux échelles angulaires :

    • une enveloppe modulée à basse fréquence (les pics des arcs surnuméraires espacés d'environ 0{,}7^\circ à 0{,}8^\circ) ;
    • une structure fine très dense (oscillations rapides) dont la période angulaire est de l'ordre de 0{,}05^\circ à 0{,}07^\circ (on dénombre une quinzaine de sous-pics sur un intervalle de 1^\circ).
  • Cette échelle angulaire fine correspond exactement à l'ordre de grandeur de l'angle de diffraction \theta \approx 0{,}06^\circ\text{--}0{,}07^\circ.
  • De surcroît, la diffraction explique que de la lumière soit diffusée sous des angles de déviation inférieurs à la déviation minimale géométrique (\Delta < 137{,}5^\circ), région théoriquement interdite en optique géométrique pure.

La prise en compte de la diffraction est donc essentielle pour modéliser précisément le profil d'intensité.

Résultat

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : effet tunnel

Citer deux applications dans lesquelles intervient l'effet tunnel.

Voir l'indice

Penser au microscope à effet tunnel (STM), à la radioactivité \alpha, ou à la diode tunnel.

Voir la réponse courte

Exemples de cours : microscope à effet tunnel (STM), désintégration alpha ou diodes tunnel.

Voir le corrigé complet

L'effet tunnel intervient dans de nombreux dispositifs et phénomènes physiques, parmi lesquels on peut citer :

  1. Le microscope à effet tunnel (STM) : une pointe conductrice extrêmement fine est approchée à une distance nanométrique d'une surface conductrice. Les électrons franchissent la barrière de potentiel séparant la pointe de la surface par effet tunnel. La mesure du courant tunnel, qui décroît exponentiellement avec la distance, permet de cartographier la surface avec une résolution atomique.
  2. La radioactivité \alpha (modèle de Gamow) : le noyau d'hélium (^4_2\text{He}) confiné au sein d'un noyau lourd franchit par effet tunnel la barrière de potentiel coulombienne, bien que son énergie soit inférieure à la hauteur de cette barrière, ce qui explique l'émission spontanée de particules \alpha.
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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de schrödinger, effet tunnel

Établir l'équation différentielle vérifiée par la fonction , puis exprimer la solution de cette équation dans la région , en introduisant deux constantes et , qu'on ne cherchera pas à calculer. Exprimer la profondeur de pénétration de l'onde de matière dans cette zone en fonction de , , et de .

Voir l'indice

Injecter la forme stationnaire dans l'équation de Schrödinger, poser l'équation différentielle spatiale et identifier la longueur d'atténuation caractéristique sous la barrière.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme d'onde stationnaire \psi(x,t) = \varphi(x)\,\mathrm{e}^{-iEt/\hbar} dans l'équation de Schrödinger dépendante du temps pour obtenir l'équation différentielle spatiale (équation de Schrödinger stationnaire).
  2. Dans la région II, le potentiel est constant (V(x) = V_0 > E). L'équation se résout à l'aide d'exponentielles réelles, ce qui permet d'identifier directement la longueur caractéristique de décroissance, appelée profondeur de pénétration \delta.
Voir la réponse courte

Équation de Schrödinger indépendante du temps avec E < V_0, solution en exponentielles réelles et \delta = \hbar/\sqrt{2m(V_0-E)}.

Voir le corrigé complet

L'équation de Schrödinger à une dimension s'écrit :

i\hbar \frac{\partial \psi}{\partial t}(x,t) = -\frac{\hbar^2}{2m}\frac{\partial^2 \psi}{\partial x^2}(x,t) + V(x)\psi(x,t)

Pour une fonction d'onde stationnaire \psi(x,t) = \varphi(x)\,\mathrm{e}^{-\frac{iE}{\hbar}t}, les dérivées temporelle et spatiale s'expriment par :

\frac{\partial \psi}{\partial t}(x,t) = -\frac{iE}{\hbar}\,\varphi(x)\,\mathrm{e}^{-\frac{iE}{\hbar}t} \quad \implies \quad i\hbar \frac{\partial \psi}{\partial t}(x,t) = E\,\varphi(x)\,\mathrm{e}^{-\frac{iE}{\hbar}t}
\frac{\partial^2 \psi}{\partial x^2}(x,t) = \frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2}(x)\,\mathrm{e}^{-\frac{iE}{\hbar}t}

En injectant ces expressions dans l'équation de Schrödinger et en simplifiant par le terme non nul \mathrm{e}^{-\frac{iE}{\hbar}t}, on obtient l'équation différentielle vérifiée par \varphi(x) :

\boxed{-\frac{\hbar^2}{2m}\frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2}(x) + V(x)\varphi(x) = E\varphi(x)}

soit encore :

\frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2}(x) + \frac{2m}{\hbar^2}\big(E - V(x)\big)\varphi(x) = 0

Dans la région II (x_2 < x < x_3), le potentiel est constant et vaut V(x) = V_0 > E. L'équation différentielle devient :

\frac{\mathrm{d}^2\varphi_{II}}{\mathrm{d}x^2}(x) - \frac{2m(V_0 - E)}{\hbar^2}\varphi_{II}(x) = 0

Comme V_0 - E > 0, l'équation caractéristique associée admet deux racines réelles opposées \pm \frac{1}{\delta}, où :

\boxed{\delta = \frac{\hbar}{\sqrt{2m(V_0 - E)}}}

La solution générale dans la région II s'exprime donc sous la forme :

\boxed{\varphi_{II}(x) = A_{II}\,\mathrm{e}^{-x/\delta} + B_{II}\,\mathrm{e}^{x/\delta}}

(les constantes A_{II} et B_{II} pouvant être redéfinies si l'on prend l'abscisse d'entrée x_2 comme référence, sous la forme A'_{II}\,\mathrm{e}^{-(x-x_2)/\delta} + B'_{II}\,\mathrm{e}^{(x-x_2)/\delta}).

Résultat

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : effet tunnel, onde évanescente

À quelle grandeur la profondeur de pénétration doit-elle être comparée pour quantifier l'effet tunnel ? Écrire l'inéquation traduisant un effet tunnel peu important.

Voir l'indice

Comparer la profondeur de pénétration \delta à l'épaisseur de la barrière x_3 - x_2.

Voir la réponse courte

Comparaison de \delta à l'épaisseur de la barrière L : effet tunnel négligeable si \delta \ll L.

Voir le corrigé complet

Pour quantifier l'effet tunnel, la profondeur de pénétration \delta doit être comparée à la largeur de la barrière de potentiel, notée :

L = x_3 - x_2

Dans la zone sous la barrière (région II), la fonction d'onde s'atténue de manière exponentielle sur une distance caractéristique \delta. Le coefficient de transmission T de la particule à travers la barrière est de l'ordre de grandeur de :

T \sim \exp\left(-2\,\frac{x_3 - x_2}{\delta}\right)

L'effet tunnel est donc peu important (T \ll 1) lorsque la barrière est très large devant la profondeur de pénétration, ce qui se traduit par l'inéquation :

\boxed{\delta \ll x_3 - x_2}

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : barrière de potentiel, potentiel effectif

Tracer sur un même graphique l'allure de dans la goutte (), d'indice , puis dans l'air (), dont l'indice sera pris égal à 1. On supposera . Commenter cette allure.

Voir l'indice

Tracer la branche en 1/r^2 décalée vers le bas à l'intérieur de la goutte par l'indice n, observer la discontinuité en r = a créant une barrière de potentiel.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le potentiel V(r) dans chaque domaine à partir de l'expression fournie par l'énoncé en utilisant l'indice du milieu considéré (n dans la goutte, 1 dans l'air).
  2. Étudier les variations, les limites et la discontinuité en r = a.
  3. Tracer l'allure de V(r) en faisant apparaître le niveau d'énergie E, puis interpréter physiquement l'allure obtenue sous forme d'une barrière de potentiel.
Voir la réponse courte

Tracé du potentiel effectif présentant une discontinuité en r=a et formant une barrière centrifuge dans le milieu extérieur.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le potentiel effectif s'écrit :

V(r) = E\left(1 - n_{\text{milieu}}^2\right) + E\frac{b^2}{r^2}
  • Dans l'air (r > a) : l'indice vaut n_{\text{air}} = 1, d'où :

    V(r) = E\frac{b^2}{r^2}

    V(r) est strictement décroissante de V(a^+) = E\dfrac{b^2}{a^2} à 0 lorsque r \to +\infty.

  • Dans la goutte (0 < r \le a) : l'indice vaut n > 1, d'où :

    V(r) = E\left(1 - n^2\right) + E\frac{b^2}{r^2}

    V(r) est également strictement décroissante, diverge vers +\infty en r \to 0^+ et atteint en r = a^- la valeur :

    V(a^-) = E\left(1 - n^2\right) + E\frac{b^2}{a^2}

    L'hypothèse E\dfrac{b^2}{a^2} > \left(n^2 - 1\right)E assure que V(a^-) > 0.

  • Discontinuité à l'interface (r = a) : le potentiel subit un saut négatif vers l'intérieur :

    V(a^+) - V(a^-) = \left(n^2 - 1\right)E > 0

Commentaire de l'allure :

  • Pour r > b, on a V(r) < E : c'est un domaine classiquement accessible pour une particule venant de l'infini.
  • Pour a < r < b, on a V(r) > E : cette zone constitue une barrière de potentiel (domaine classiquement interdit) d'épaisseur b - a.
  • À la traversée de la surface en r = a, la chute brusque du potentiel d'amplitude (n^2 - 1)E permet d'avoir V(a^-) < E (lorsque b < na). Une particule incidente peut ainsi pénétrer dans la goutte (r \le a) en franchissant la barrière par effet tunnel.
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Question 40

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : potentiel effectif, paramètre d'impact

Déduire du graphique précédent que la particule peut pénétrer dans le domaine (donc que le rayon lumineux peut pénétrer dans la goutte) si son paramètre d'impact est inférieur à avec . Exprimer la valeur de en fonction de et de .

Voir l'indice

Pour que la particule pénètre dans la goutte par effet tunnel, le sommet de la barrière interne doit être franchissable à l'énergie E, ce qui impose une condition limite sur b.

Voir la stratégie
  1. Identifier la condition énergétique pour qu'une région soit classiquement permise (zone de propagation où l'énergie cinétique est positive, soit E \ge V(r)).
  2. Exprimer le potentiel juste à l'intérieur de la goutte en r = a^- et déterminer la condition pour que V(a^-) \le E, garantissant l'existence d'un puits accessible par effet tunnel.
  3. En déduire l'expression de la borne supérieure b_0 sur le paramètre d'impact.
Voir la réponse courte

Franchissement classique de la barrière si E \ge V(a^+), conduisant au paramètre d'impact critique b_0 = na.

Voir le corrigé complet

Pour qu'une particule puisse pénétrer et se propager dans le domaine r < a, il faut qu'il existe à l'intérieur de la goutte une région classiquement permise, c'est-à-dire où son énergie totale soit supérieure ou égale au potentiel :

E \ge V(r) \quad \text{pour } r \le a.

Comme la fonction V(r) = E(1 - n^2) + E \frac{b^2}{r^2} est strictement décroissante avec r pour r \in ]0, a], son minimum sur ce domaine est atteint en r = a^- :

V(a^-) = E(1 - n^2) + E\frac{b^2}{a^2}.

Pour que le fond du puits soit accessible (c'est-à-dire que la barrière de potentiel ait une largeur finie et laisse place à une zone de propagation à l'intérieur de la goutte), il faut nécessairement que :

\begin{aligned} V(a^-) \le E &\iff E(1 - n^2) + E\frac{b^2}{a^2} \le E \\ &\iff \frac{b^2}{a^2} \le n^2 \\ &\iff b \le n a. \end{aligned}

On identifie ainsi la valeur limite b_0 du paramètre d'impact :

\boxed{b_0 = n a}

L'indice optique de l'eau étant n > 1, on a bien b_0 > a.

Résultat

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Question 41

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : effet tunnel, onde évanescente

Quelle est la largeur maximale de la barrière de potentiel ? Montrer que l'analogue pour la lumière de la profondeur de pénétration est :

Quelle est sa valeur pour ? L'effet tunnel est-il faible ou important pour ?

Voir l'indice

Identifier le rayon extérieur où V(r) = E pour déterminer la largeur de la barrière, puis appliquer la formule quantique par analogie pour trouver \delta_{\text{opt}}.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'intervalle spatial où s'étend la barrière de potentiel pour un paramètre d'impact b \in ]a, b_0], et en déduire la largeur maximale atteinte en b = b_0.
  2. Identifier la hauteur de barrière V(a^+) - E au voisinage immédiat de la goutte et utiliser la relation de de Broglie liant l'énergie E à la longueur d'onde \lambda pour exprimer \delta_{\text{opt}}.
  3. Évaluer \delta_{\text{opt}} en b = b_0 et comparer cette grandeur à l'épaisseur de la barrière L_{\max} à l'aide du critère de la question Q38.
Voir la réponse courte

Identification de l'épaisseur de barrière, calcul de \delta_{\text{opt}} qui diverge en b_0 traduisant un effet tunnel majeur.

Voir le corrigé complet

1. Largeur maximale de la barrière de potentiel

Dans le milieu extérieur (air où n = 1), pour r > a, le potentiel effectif s'écrit d'après la question Q39 :

V(r) = E\frac{b^2}{r^2}

La région de barrière correspond aux positions où l'énergie potentielle est supérieure à l'énergie mécanique E de la particule :

V(r) > E \iff E\frac{b^2}{r^2} > E \iff r < b

Pour un rayon incident hors de la goutte (b > a), la barrière de potentiel s'étend donc sur le domaine spatial r \in [a, b]. Son épaisseur vaut :

L(b) = b - a

D'après la question Q40, la pénétration dans la goutte n'est possible que pour b \le b_0 = n a. La largeur maximale de la barrière est donc obtenue pour b = b_0 :

\boxed{L_{\max} = b_0 - a = (n - 1)a}

2. Expression de la profondeur de pénétration optique

D'après la question Q37, la profondeur de pénétration de l'onde de matière dans une barrière de potentiel de hauteur V_0 s'écrit :

\delta = \frac{\hbar}{\sqrt{2m(V_0 - E)}}

Ici, au bord extérieur de la goutte (r = a^+), l'énergie potentielle vaut V(a^+) = E\frac{b^2}{a^2}. L'excès d'énergie potentielle au sommet de la barrière est donc :

V(a^+) - E = E\left(\frac{b^2}{a^2} - 1\right)

Pour faire l'analogie avec l'optique ondulatoire, on associe à l'onde lumineuse de longueur d'onde dans le vide \lambda le vecteur d'onde k_0 = \frac{2\pi}{\lambda}. La relation de de Broglie donne une énergie cinétique dans le vide vérifiant :

E = \frac{\hbar^2 k_0^2}{2m} = \frac{\hbar^2}{2m}\left(\frac{2\pi}{\lambda}\right)^2 \iff 2mE = \hbar^2\left(\frac{2\pi}{\lambda}\right)^2

En injectant cette relation dans l'expression de la profondeur de pénétration :

\begin{aligned} \delta_{\text{opt}} &= \frac{\hbar}{\sqrt{2m\left(V(a^+) - E\right)}} \\ &= \frac{\hbar}{\sqrt{2mE\left(\frac{b^2}{a^2}-1\right)}} \\ &= \frac{\hbar}{\hbar \left(\frac{2\pi}{\lambda}\right)\sqrt{\frac{b^2}{a^2}-1}} \end{aligned}

On obtient bien :

\boxed{\delta_{\text{opt}} = \frac{\lambda}{2\pi}\frac{1}{\sqrt{\frac{b^2}{a^2}-1}}}

3. Valeur pour b = b_0 et importance de l'effet tunnel

Pour b = b_0 = n a, le terme sous le radical devient \frac{b_0^2}{a^2} - 1 = n^2 - 1. La profondeur de pénétration s'écrit alors :

\boxed{\delta_{\text{opt}}(b_0) = \frac{\lambda}{2\pi\sqrt{n^2 - 1}}}

Pour l'eau (n \approx 1{,}33), on a \sqrt{n^2 - 1} \approx \sqrt{1{,}33^2 - 1} \approx 0{,}88, d'où :

\delta_{\text{opt}}(b_0) \approx \frac{\lambda}{5{,}5} \sim 0{,}1\,\mu\mathrm{m} \quad (\text{pour } \lambda \approx 600\text{ nm})

Comparons cette profondeur à la largeur de la barrière L_{\max} : pour une goutte de pluie millimétrique, a \approx 0{,}5\text{ mm}, ce qui donne :

L_{\max} = (n - 1)a \approx 0{,}33 \times 0{,}5\text{ mm} \approx 165\,\mu\mathrm{m}

On constate que :

\delta_{\text{opt}}(b_0) \ll L_{\max} \quad (\text{avec un rapport de l'ordre de } 10^{-3})

D'après le critère établi en Q38 (\delta \ll \text{largeur de la barrière}), l'onde est quasi totalement atténuée avant d'atteindre la goutte : l'effet tunnel est donc extrêmement faible (négligeable) pour b = b_0.

Résultat

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Question 42

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : onde stationnaire, résonance

Dans le cas où le rayon pénètre dans la goutte par effet tunnel, il se propage à l'intérieur de la goutte entre les sphères de rayon et (figure 13), chaque incidence sur la surface pouvant donner lieu à une réflexion et à une transmission par effet tunnel. Expliquer qualitativement pourquoi ce modèle permet d'expliquer certaines variations de l'intensité observée sur la figure 10.

Voir l'indice

Interpréter la propagation interne entre deux réflexions comme une cavité résonnante où des interférences à ondes multiples (façon Fabry-Pérot sphérique) modulent l'intensité transmise.

Voir la stratégie
  1. Identifier sur la figure 10 les deux échelles d'oscillation : les franges larges (arcs surnuméraires décrits en partie VII) et la structure fine d'oscillations rapides (« ripple structure »).
  2. Décrire le comportement de l'onde piégée dans la goutte : réflexions internes successives et fuites partielles par effet tunnel à chaque rebond.
  3. Relier ces réflexions multiples à des interférences à grande différence de marche et à l'existence de résonances de cavité (modes de galerie), expliquant ainsi la structure fine observée.
Voir la réponse courte

Interférences constructives le long du parcours circulaire fermé dans la goutte formant des modes de galerie très résonants.

Voir le corrigé complet

L'observation attentive de la figure 10 révèle la présence simultanée de deux régimes de variations :

  • une modulation à grande échelle angulaire (période de l'ordre de 0{,}8^\circ à 1^\circ), correspondant aux interférences à deux ondes entre les rayons d'incidences i_1 et i_2 (arcs surnuméraires étudiés en partie VII) ;
  • des oscillations très rapides à haute fréquence angulaire (structure fine ou « ripple structure »), superposées à l'enveloppe précédente et inexplicables par le simple modèle à deux rayons.

Le modèle de pénétration par effet tunnel optique permet d'interpréter cette structure fine :

  1. Piégeage et fuite par effet tunnel : Un rayon incident de paramètre d'impact b \in ]a, b_0] traverse la barrière de potentiel par effet tunnel et pénètre dans la goutte. Il s'y propage en subissant une suite de réflexions totales internes sur la surface r = a (guidage par onde de surface ou mode de galerie). À chaque rebond sur la frontière interne, une fraction de l'énergie fuit vers l'extérieur par effet tunnel optique inverse (franchissement de la barrière de potentiel vers r > a).
  2. Interférences à ondes multiples : Les rayons émergeant après un nombre variable de réflexions internes (ou interférant avec les rayons géométriques classiques) présentent entre eux des différences de marche \Delta L considérables, de l'ordre de grandeur de la circonférence de la goutte ou de plusieurs cordes (\Delta L \sim \pi D \gg \lambda). L'interférence de ces multiples composantes produit des franges d'interférence extrêmement serrées, d'écart angulaire typique :

    \delta\theta \sim \frac{\lambda}{\Delta L} \ll 1^\circ
  3. Résonances de cavité : Lorsque la condition de phase sur un tour complet de la goutte est vérifiée (interférences constructives le long du contour fermé), il apparaît un phénomène de résonance (résonance morphologique de Mie), qui se traduit par des pics d'intensité très étroits et intenses à certains angles de déviation.
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