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Corrigé détaillé Mines Physique 2 MPI 2023

La Lune, notre satellite

Le sujet en bref

Sujet difficile · Ondes électromagnétiques dans les milieux, Diffusion thermique et diffusion de particules, Cinématique et dynamique du point · 6 incontournables · 9 questions de première année
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Ce sujet transversal et attrayant propose un tour d'horizon complet de la physique lunaire, depuis les estimations historiques de l'Antiquité (Ératosthène et Aristarque de Samos) jusqu'aux mesures modernes par télémétrie laser millimétrique, pour finir sur les modèles d'origine et d'évolution thermique de notre satellite. L'épreuve est particulièrement équilibrée et fluide : elle permet de réviser les ondes électromagnétiques stationnaires en cavité résonnante, la mécanique dans un référentiel tournant non galiléen avec forces d'inertie, ainsi que les transferts thermiques conducto-radiatifs couplés en géométrie sphérique. Sans lourdeur calculatoire excessive, le sujet insiste sur le sens physique, l'analyse dimensionnelle, les ordres de grandeur et l'exploitation de profils expérimentaux. C'est un excellent problème d'entraînement pour les révisions d'écrits de concours.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 10,27/20)
Temps estimé
≈ 2 h 30 pour tout traiter, pour une épreuve de 3 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

6 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

16 questions rapides et accessibles
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Rapides et accessibles (16) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Points à signaler : parties indépendantes, à savoir
  • Parties indépendantes

    Q15 : La partie II, portant sur la mécanique en référentiel non galiléen et la thermique interne, est totalement indépendante de la partie I.

  • À savoir

    Q25 et Q26 : Sur le graphe de la figure 4, l'axe horizontal représente la profondeur z comptée depuis la surface (z = 0), et non le rayon r = R_\ell - z.

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Sommaire

28 questions
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Partie I : Les caractéristiques de la Lune et de son orbite

I.A · La Lune dans l'antiquité

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cinématique, période de révolution

Rappeler quelle est la période de révolution de la Terre autour du Soleil. En déduire la fraction de l'orbite que parcourt la Terre durant un cycle lunaire.

Voir l'indice

Rappeler la durée de l'année sidérale en jours, puis exprimer simplement la fraction d'angle balayée par le rapport des durées.

Voir la réponse courte

Période terrestre \tau_{\mathrm{t}} = 365{,}25\text{ j} et fraction d'orbite parcourue \varphi = \tau_{\mathrm{syn}}/\tau_{\mathrm{t}} \approx 29{,}5/365{,}25 \approx 8{,}1\%.

Voir le corrigé complet

La période de révolution de la Terre autour du Soleil, correspondant à une année sidérale (ou tropique), vaut :

\boxed{\tau_{\mathrm{t}} \approx 365{,}25\text{ jours}} \quad (\text{soit } 365\text{ jours})

En supposant le mouvement de révolution de la Terre autour du Soleil circulaire et uniforme, la fraction \varphi de l'orbite parcourue par la Terre pendant la durée d'un cycle lunaire \tau_{\mathrm{c}\ell} = 30\text{ jours} est donnée par le rapport :

\varphi = \frac{\tau_{\mathrm{c}\ell}}{\tau_{\mathrm{t}}}

Application numérique avec deux chiffres significatifs :

\varphi = \frac{30}{365{,}25} \approx 0{,}082

soit :

\boxed{\varphi \approx 8{,}2 \cdot 10^{-2} = 8{,}2\,\%} \quad \left(\text{ou } \varphi \approx \frac{1}{12}\right)

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : période de révolution, cinématique

En déduire la période de révolution de la Lune autour du centre de la Terre.

Voir l'indice

Établir la relation entre les vitesses angulaires sidérale et synodique de révolution par composition des mouvements : \omega_{\text{syn}} = \omega_\ell - \omega_{\text{t}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de retour à une même phase lunaire (cycle lunaire de durée \tau_{\mathrm{c}\ell}) en reliant l'angle parcouru par la Lune autour de la Terre à celui parcouru par la Terre autour du Soleil.
  2. En déduire la relation liant la période de révolution sidérale \tau_{\ell} à la période synodique \tau_{\mathrm{c}\ell} et à la période terrestre \tau_{\mathrm{t}} (ou à la fraction \varphi).
  3. Réaliser l'application numérique avec deux chiffres significatifs.
Voir la réponse courte

Relation entre mois synodique et mois sidéral : 1/\tau_{\mathrm{sid}} = 1/\tau_{\mathrm{syn}} + 1/\tau_{\mathrm{t}}, soit \tau_{\mathrm{sid}} \approx 27{,}3\text{ j}.

Voir le corrigé complet

Pendant la durée d'un cycle synodique \tau_{\mathrm{c}\ell}, la Terre décrit sur son orbite autour du Soleil un angle :

\Delta \theta_{\mathrm{t}} = 2\pi \frac{\tau_{\mathrm{c}\ell}}{\tau_{\mathrm{t}}} = 2\pi \varphi

Pour retrouver la même phase relative (alignement Soleil-Terre-Lune identique), la Lune doit avoir effectué un tour complet (2\pi) plus l'angle dont le système a tourné autour du Soleil :

\Delta \theta_{\ell} = 2\pi + \Delta \theta_{\mathrm{t}} = 2\pi (1 + \varphi)

Or, en notant \omega_{\ell} = \frac{2\pi}{\tau_{\ell}} la vitesse angulaire de révolution de la Lune autour du centre de la Terre, l'angle parcouru s'écrit également :

\Delta \theta_{\ell} = \omega_{\ell} \tau_{\mathrm{c}\ell} = 2\pi \frac{\tau_{\mathrm{c}\ell}}{\tau_{\ell}}

On en déduit :

\begin{aligned} \frac{\tau_{\mathrm{c}\ell}}{\tau_{\ell}} &= 1 + \varphi = 1 + \frac{\tau_{\mathrm{c}\ell}}{\tau_{\mathrm{t}}} \\ \frac{1}{\tau_{\ell}} &= \frac{1}{\tau_{\mathrm{c}\ell}} + \frac{1}{\tau_{\mathrm{t}}} \end{aligned}

L'expression de la période de révolution sidérale de la Lune est donc :

\boxed{\tau_{\ell} = \frac{\tau_{\mathrm{c}\ell}}{1 + \varphi} = \frac{\tau_{\mathrm{c}\ell}\tau_{\mathrm{t}}}{\tau_{\mathrm{t}} + \tau_{\mathrm{c}\ell}}}

Application numérique : avec \tau_{\mathrm{c}\ell} = 30\text{ jours} et \tau_{\mathrm{t}} \approx 365\text{ jours} (soit \varphi \approx 0{,}082) :

\tau_{\ell} = \frac{30 \times 365}{365 + 30} = \frac{10\,950}{395} \approx 27{,}7\text{ jours}

Avec deux chiffres significatifs :

\boxed{\tau_{\ell} \approx 28\text{ jours}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : rayon terrestre, ordre de grandeur

À la même période, Ératosthène mesure qu'un arc de de la circonférence terrestre mesure environ . En déduire la valeur du diamètre terrestre.

Voir l'indice

Utiliser la proportionnalité entre la circonférence totale (360^\circ) et la longueur de l'arc terrestre mesuré.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la circonférence de la Terre par proportionnalité entre l'angle de l'arc mesuré et l'angle total d'un cercle (360^\circ).
  2. Relier la circonférence au diamètre terrestre et effectuer l'application numérique avec deux chiffres significatifs.
Voir la réponse courte

Circonférence C = 800 \times (360/7{,}2) = 40\,000\text{ km}, d'où un diamètre terrestre D_{\mathrm{t}} = C/\pi \approx 12\,700\text{ km}.

Voir le corrigé complet

Soit \alpha = 7{,}2^\circ l'angle au centre sous-tendant un arc de longueur s = 800\text{ km}. En assimilant la Terre à une sphère de circonférence C_{\mathrm{t}} et de diamètre D_{\mathrm{t}}, la longueur de l'arc est proportionnelle à l'angle au centre :

\frac{s}{C_{\mathrm{t}}} = \frac{\alpha}{360^\circ}

Le rapport des angles vaut :

\frac{360^\circ}{7{,}2^\circ} = \frac{360}{7{,}2} = 50

La circonférence terrestre vaut donc :

C_{\mathrm{t}} = 50 \times s = 50 \times 800\text{ km} = 40\,000\text{ km}

La circonférence étant reliée au diamètre par C_{\mathrm{t}} = \pi D_{\mathrm{t}}, on en déduit l'expression du diamètre terrestre :

D_{\mathrm{t}} = \frac{C_{\mathrm{t}}}{\pi} = \frac{360^\circ}{\alpha} \frac{s}{\pi}

Avec \pi \approx 3{,}14, l'application numérique donne :

D_{\mathrm{t}} = \frac{40\,000}{\pi}\text{ km} \approx 12\,732\text{ km}

En conservant deux chiffres significatifs conformément aux consignes :

\boxed{D_{\mathrm{t}} \approx 1{,}3 \cdot 10^4\text{ km}}

Résultat

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : diamètre apparent, ombre propre et portée

En utilisant les mesures d'Aristarque de Samos, déterminer le rapport entre le diamètre lunaire et le diamètre terrestre. On pourra s'aider d'un schéma. En déduire la valeur du diamètre lunaire évaluée par Aristarque. Calculer l'écart relatif de ce résultat avec le véritable diamètre de la Lune qui est d'environ . Commenter.

Voir l'indice

Relier les durées de traversée à la vitesse orbitale supposée uniforme ; en déduire le rapport des diamètres en considérant le cylindre d'ombre terrestre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse orbitale apparente de la Lune à partir du temps nécessaire pour parcourir son propre diamètre, puis relier la durée de la totalité d'une éclipse au diamètre de la zone d'ombre de la Terre.
  2. Relier le diamètre de l'ombre au diamètre terrestre, soit dans l'approximation des rayons solaires parallèles (cylindre d'ombre), soit en tenant compte de la convergence du cône d'ombre (méthode historique complète d'Aristarque).
  3. En déduire le diamètre lunaire, calculer l'écart relatif par rapport à la valeur moderne de 3\,500\text{ km} et commenter la précision de la méthode.
Voir la réponse courte

Schéma de l'éclipse de Lune pour relier les diamètres apparents solaire et terrestre, donnant le rapport D_{\mathrm{t}}/D_{\ell} puis le diamètre lunaire.

Voir le corrigé complet

1. Rapport entre le diamètre lunaire et le diamètre terrestre

Notons D_\ell le diamètre de la Lune, D_{\mathrm{t}} celui de la Terre et D_{\text{omb}} le diamètre de la zone d'ombre terrestre à la distance Terre-Lune.

La Lune met \Delta t_1 = 1\text{ h} pour parcourir son propre diamètre D_\ell. Sa vitesse de défilement orbital vaut donc :

v = \frac{D_\ell}{\Delta t_1}

Lors d'une éclipse totale, la Lune reste entièrement immergée dans l'ombre pendant une durée \Delta t_2 = 2\text{ h}. Entre le moment où elle est tout juste entrée dans l'ombre et celui où elle commence à en sortir, le centre de la Lune parcourt la distance :

d = D_{\text{omb}} - D_\ell = v\,\Delta t_2 = D_\ell\,\frac{\Delta t_2}{\Delta t_1} = 2\,D_\ell

On en déduit le diamètre de l'ombre à la distance de la Lune :

D_{\text{omb}} = 3\,D_\ell

Pour relier D_{\text{omb}} au diamètre terrestre D_{\mathrm{t}}, deux approches sont envisageables :

  • Modèle des rayons parallèles (approximation usuelle) : le Soleil étant très éloigné, l'ombre portée par la Terre est assimilée à un cylindre de diamètre D_{\text{omb}} \approx D_{\mathrm{t}}. On obtient :

    D_{\mathrm{t}} = 3\,D_\ell \implies \boxed{\frac{D_\ell}{D_{\mathrm{t}}} = \frac{1}{3} \approx 0{,}33}
  • Modèle du cône d'ombre (méthode complète d'Aristarque) : le Soleil et la Lune ayant le même diamètre apparent \alpha vu depuis la Terre (comme le montrent les éclipses totales de Soleil), le cône d'ombre converge avec le demi-angle \alpha/2. À la distance Terre-Lune d_{\mathrm{TL}}, le diamètre de l'ombre s'est rétréci de \Delta D = \alpha\,d_{\mathrm{TL}} = D_\ell, soit :

    D_{\text{omb}} = D_{\mathrm{t}} - D_\ell \implies 3\,D_\ell = D_{\mathrm{t}} - D_\ell \implies \boxed{\frac{D_\ell}{D_{\mathrm{t}}} = \frac{1}{4} = 0{,}25}

2. Valeur du diamètre lunaire évaluée par Aristarque

D'après la question Q3, le diamètre terrestre déterminé par Ératosthène est D_{\mathrm{t}} \approx 1{,}3 \cdot 10^4\text{ km} (12{,}7 \cdot 10^3\text{ km}).

  • Avec le modèle des rayons parallèles :

    D_\ell = \frac{D_{\mathrm{t}}}{3} \approx \frac{1{,}3 \cdot 10^4}{3} \approx \mathbf{4{,}3 \cdot 10^3\text{ km}} \quad (\text{ou } 4{,}2 \cdot 10^3\text{ km})
  • Avec le modèle du cône d'ombre :

    D_\ell = \frac{D_{\mathrm{t}}}{4} \approx \frac{1{,}3 \cdot 10^4}{4} \approx \mathbf{3{,}3 \cdot 10^3\text{ km}} \quad (\text{ou } 3{,}2 \cdot 10^3\text{ km})

3. Écart relatif et commentaire

L'écart relatif par rapport au diamètre réel D_{\ell,\text{réel}} = 3\,500\text{ km} vaut :

  • Pour le modèle des rayons parallèles (D_\ell \approx 4{,}3 \cdot 10^3\text{ km}) :

    \frac{\Delta D_\ell}{D_{\ell,\text{réel}}} = \frac{4{,}3 \cdot 10^3 - 3\,500}{3\,500} \approx \mathbf{+23\%}
  • Pour le modèle du cône d'ombre (D_\ell \approx 3{,}25 \cdot 10^3\text{ km}) :

    \frac{\Delta D_\ell}{D_{\ell,\text{réel}}} = \frac{3{,}25 \cdot 10^3 - 3\,500}{3\,500} \approx \mathbf{-7{,}1\%}

Commentaire : Les mesures purement géométriques d'Aristarque fournissent un ordre de grandeur remarquable dès le \mathrm{III}^{\text{ème}} siècle avant J.-C., avec une erreur relative comprise entre 7\% et 23\%. L'hypothèse des rayons parallèles surestime le diamètre lunaire car elle néglige la conicité de l'ombre terrestre, tandis que la prise en compte du cône d'ombre conduit à une précision spectaculaire.

Résultat

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : diamètre apparent, trigonométrie

On conserve désormais la valeur du diamètre de la Lune valant . Déterminer la distance Terre-Lune à partir des mesures d'Aristarque de Samos.

Voir l'indice

Exprimer le diamètre angulaire apparent en radians en fonction du diamètre linéaire réel de la Lune et de la distance Terre-Lune.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le diamètre apparent de la Lune \theta en fonction de son diamètre réel D_\ell et de la distance Terre-Lune d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}} dans l'approximation des petits angles.
  2. Convertir l'angle \theta = 2^\circ en radians.
  3. Réaliser l'application numérique avec deux chiffres significatifs.
Voir la réponse courte

Diamètre apparent \theta \approx D_{\ell}/d_{\mathrm{TL}}, d'où la distance Terre-Lune d_{\mathrm{TL}} \approx 3\,500/\theta \approx 3{,}8 \cdot 10^5\text{ km}.

Voir le corrigé complet

Vu depuis la Terre, le diamètre de la Lune D_\ell est vu sous un diamètre apparent \theta = 2^\circ. Le rayon de la Lune étant très petit devant la distance Terre-Lune d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}}, l'approximation des petits angles permet d'écrire :

\theta \approx \frac{D_\ell}{d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}}}

où \theta est exprimé en radians. On en déduit l'expression de la distance Terre-Lune :

d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}} = \frac{D_\ell}{\theta} = \frac{D_\ell}{\theta_{[^\circ]} \times \dfrac{\pi}{180}}

L'angle d'observation est \theta = 2^\circ = \dfrac{\pi}{90}\text{ rad} \approx 3{,}49 \cdot 10^{-2}\text{ rad}. Avec D_\ell = 3\,500\text{ km}, on obtient :

\begin{aligned} d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}} &= \frac{3\,500 \times 90}{\pi} = \frac{315\,000}{\pi} \approx 1{,}0 \cdot 10^5\text{ km} \end{aligned}
\boxed{d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}} \approx 1{,}0 \cdot 10^5\text{ km} = 1{,}0 \cdot 10^8\text{ m}}

Résultat

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : champ de gravitation, pesanteur

La masse volumique moyenne d'une roche est de l'ordre de quelques tonnes par mètre cube. En déduire une estimation de la masse de la Lune puis de l'intensité du champ de pesanteur lunaire. Comparer avec l'intensité du champ de pesanteur terrestre.

Voir l'indice

Calculer le volume d'une sphère pour estimer la masse, puis appliquer la loi de la gravitation universelle à la surface de l'astre.

Voir la stratégie
  1. Modéliser la Lune comme une sphère homogène de rayon R_\ell = D_\ell / 2 et de masse volumique \rho_{\text{roche}} \approx 3 \cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} pour estimer sa masse M_\ell.
  2. Exprimer le champ de pesanteur à la surface de la Lune g_\ell à l'aide de la loi de la gravitation universelle de Newton.
  3. Comparer g_\ell à la pesanteur terrestre g_{\mathrm{t}} \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}.
Voir la réponse courte

Masse M_{\ell} = \rho \frac{4}{3}\pi R_{\ell}^3, puis champ de pesanteur g_{\ell} = G M_{\ell}/R_{\ell}^2 \approx g_0/6 \approx 1{,}6\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}.

Voir le corrigé complet

En assimilant la Lune à une sphère de diamètre D_\ell = 3\,500\text{ km} (soit R_\ell = 1{,}75 \cdot 10^6\text{ m}) et de masse volumique uniforme \rho \approx 3\text{ t}\cdot\text{m}^{-3} = 3{,}0 \cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, son volume vaut :

V_\ell = \frac{4}{3}\pi R_\ell^3 = \frac{\pi}{6}D_\ell^3

La masse de la Lune s'estime par :

\begin{aligned} M_\ell &= \rho V_\ell = \frac{\pi}{6} \rho D_\ell^3 \\ M_\ell &= \frac{\pi}{6} \times 3{,}0 \cdot 10^3 \times (3{,}5 \cdot 10^6)^3 \approx 6{,}7 \cdot 10^{22}\text{ kg} \end{aligned}
\boxed{M_\ell \approx 7 \cdot 10^{22}\text{ kg}}

En considérant la Lune à répartition sphérique de masse et en négligeant les effets de rotation, l'intensité du champ de pesanteur à sa surface s'écrit :

\begin{aligned} g_\ell &= \frac{\mathcal{G}M_\ell}{R_\ell^2} = \frac{4}{3}\pi \mathcal{G}\rho R_\ell \\ g_\ell &= \frac{6{,}7 \cdot 10^{-11} \times 6{,}7 \cdot 10^{22}}{(1{,}75 \cdot 10^6)^2} \approx 1{,}5\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} \end{aligned}
\boxed{g_\ell \approx 1{,}5\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}}

Sachant que le champ de pesanteur à la surface de la Terre vaut g_{\mathrm{t}} \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, on obtient le rapport :

\frac{g_\ell}{g_{\mathrm{t}}} \approx \frac{1{,}5}{9{,}8} \approx \frac{1}{6}
\boxed{g_\ell \approx \frac{g_{\mathrm{t}}}{6}}

Le champ de pesanteur à la surface de la Lune est environ six fois plus faible que celui à la surface de la Terre.

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I.B · La mesure moderne de la distance Terre-Lune

Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours

Notions : onde plane progressive monochromatique, vecteur d'onde

Quelles sont les caractéristiques du champ électrique introduit dans la cavité optique ? On précisera le nom et l'unité des grandeurs , et .

Voir l'indice

Caractériser l'onde (polarisation rectiligne, sens de propagation) et donner les unités SI usuelles (E_0 en \text{V}\cdot\text{m}^{-1}, \omega en \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}, k en \text{m}^{-1}).

Voir la réponse courte

Onde plane progressive monochromatique polarisée rectilignement : amplitude E_0 en \text{V}\cdot\text{m}^{-1}, pulsation \omega en \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}, vecteur d'onde k en \text{m}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Le champ électrique s'écrit :

\vec{E}_{i}(x,t) = E_{0} \cos(\omega t - k x)\,\vec{e}_{y}

Ce champ présente les caractéristiques suivantes :

  • Onde plane : la phase ne dépend spatialement que de la coordonnée x, les surfaces d'onde sont des plans d'équation x = \text{cte} orthogonaux à la direction de propagation ;
  • Progressive : l'argument est de la forme (\omega t - k x), l'onde se propage donc dans le sens des x croissants ;
  • Harmonique (ou monochromatique) : la dépendance temporelle est sinusoïdale de pulsation unique \omega ;
  • Transverse : le champ électrique est perpendiculaire à la direction de propagation \vec{e}_x ;
  • Polarisée rectilignement : le vecteur champ électrique conserve une direction constante au cours du temps, parallèlement à l'axe (\mathrm{O}y).

Il s'agit donc d'une onde plane progressive harmonique (ou monochromatique), polarisée rectilignement selon \vec{e}_y.

Les grandeurs associées sont :

  • E_0 : amplitude du champ électrique, exprimée en volt par mètre (\mathrm{V\cdot m^{-1}}) ;
  • \omega : pulsation temporelle, exprimée en radian par seconde (\mathrm{rad\cdot s^{-1}}) ;
  • k : nombre d'onde (ou norme du vecteur d'onde), exprimé en radian par mètre (\mathrm{rad\cdot m^{-1}}).
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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : condition aux limites, réflexion métallique

En utilisant la relation de passage fournie, déterminer l'expression du champ électrique réfléchi par le miroir situé en .

Voir l'indice

Poser une onde réfléchie progressive se propageant selon -\vec{e}_x et appliquer la nullité de la composante tangentielle du champ électrique total en x = L.

Voir la stratégie
  1. Projeter la relation de passage fournie sur le plan de l'interface pour obtenir la continuité de la composante tangentielle du champ électrique en x = L.
  2. Exprimer la forme générale du champ électrique réfléchi, qui correspond à une onde plane se propageant vers les x décroissants.
  3. Déterminer l'amplitude et le déphasage de l'onde réfléchie par la condition aux limites en x = L.
Voir la réponse courte

Continuité de la composante tangentielle du champ électrique sur le conducteur parfait en x = L : \vec{E}_r(x=L,t) = -\vec{E}_i(x=L,t).

Voir le corrigé complet

Le miroir situé en x = L est modélisé par un conducteur parfait (métal idéal). Le champ électrique est donc strictement nul à l'intérieur du métal :

\vec{E}_2(x > L, t) = \vec{0}

La normale dirigée de la cavité (milieu 1) vers le métal (milieu 2) est \vec{n}_{12} = \vec{e}_x. La relation de passage s'écrit alors en x = L :

\vec{E}_2(L^+, t) - \vec{E}(L^-, t) = \frac{\sigma}{\epsilon_0}\vec{e}_x \implies -\vec{E}(L^-, t) = \frac{\sigma}{\epsilon_0}\vec{e}_x

En projetant cette relation sur le plan de l'interface (engendré par \vec{e}_y et \vec{e}_z, orthogonal à \vec{e}_x), on constate que la composante tangentielle du champ électrique est continue et donc nulle à la surface du miroir :

\vec{E}_{\mathrm{tang}}(L^-, t) = \vec{0}

Le champ électrique incident \vec{E}_i = E_0 \cos(\omega t - kx)\vec{e}_y est purement tangentiel. Lors de la réflexion sous incidence normale, l'onde réfléchie se propage vers les x décroissants à la même pulsation \omega et avec la même polarisation \vec{e}_y. Elle s'écrit sous la forme générale :

\vec{E}_r(x, t) = E_{0r} \cos(\omega t + kx + \phi)\vec{e}_y

Le champ total dans la cavité au voisinage immédiat du miroir s'écrit \vec{E}(L^-, t) = \vec{E}_i(L, t) + \vec{E}_r(L, t). La condition aux limites impose :

\vec{E}_i(L, t) + \vec{E}_r(L, t) = \vec{0} \implies \vec{E}_r(L, t) = -\vec{E}_i(L, t)

Soit, pour tout instant t :

\begin{aligned} E_{0r} \cos(\omega t + kL + \phi) &= -E_0 \cos(\omega t - kL) \\ &= E_0 \cos(\omega t - kL + \pi) \end{aligned}

Par identification, on choisit E_{0r} = E_0 et \phi = -2kL + \pi, ce qui donne :

\begin{aligned} \vec{E}_r(x, t) &= E_0 \cos\bigl(\omega t + k(x - 2L) + \pi\bigr)\vec{e}_y \\ &= -E_0 \cos\bigl(\omega t + k(x - 2L)\bigr)\vec{e}_y \end{aligned}
\boxed{\vec{E}_r(x, t) = -E_0 \cos\bigl(\omega t + k(x - 2L)\bigr)\vec{e}_y}

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : onde plane progressive monochromatique, relation de structure

Déterminer les expressions du champ magnétique incident et du champ magnétique réfléchi existants dans la cavité.

Voir l'indice

Appliquer la relation de structure reliant champ électrique et champ magnétique pour une OPPH dans le vide : \vec{B} = \frac{\vec{k}\wedge\vec{E}}{\omega}.

Voir la stratégie

Pour déterminer le champ magnétique associé à une onde plane progressive monochromatique se propageant dans le vide (ou l'air assimilé au vide), on peut au choix :

  1. utiliser la relation de structure de l'OPPM : \vec{B} = \dfrac{\vec{u} \wedge \vec{E}}{c} où \vec{u} est le vecteur unitaire dans la direction de propagation et c = \dfrac{\omega}{k} = \dfrac{1}{\sqrt{\epsilon_0 \mu_0}} ;
  2. intégrer l'équation locale de Maxwell-Faraday : \vec{\nabla} \wedge \vec{E} = -\dfrac{\partial \vec{B}}{\partial t}, en choisissant une constante d'intégration nulle pour le champ ondulatoire.
Voir la réponse courte

Relation de structure de l'onde plane \vec{B} = \frac{\vec{k} \times \vec{E}}{\omega} appliquée aux ondes incidente et réfléchie.

Voir le corrigé complet

Dans la cavité assimilée au vide, la vitesse de propagation de l'onde est c = \dfrac{\omega}{k}.

Champ magnétique incident \vec{B}_i L'onde incidente se propage dans le sens des x croissants, soit suivant le vecteur unitaire \vec{u}_i = \vec{e}_x. D'après la relation de structure :

\vec{B}_i(x, t) = \frac{\vec{e}_x \wedge \vec{E}_i(x, t)}{c} = \frac{1}{c} \vec{e}_x \wedge \left(E_0 \cos(\omega t - k x) \vec{e}_y\right)

Puisque le repère (\vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) est orthonormé direct, on a \vec{e}_x \wedge \vec{e}_y = \vec{e}_z. D'où :

\boxed{\vec{B}_i(x, t) = \frac{E_0}{c} \cos(\omega t - k x) \, \vec{e}_z = \frac{k E_0}{\omega} \cos(\omega t - k x) \, \vec{e}_z}

Champ magnétique réfléchi \vec{B}_r L'onde réfléchie se propage dans le sens des x décroissants, soit suivant le vecteur unitaire \vec{u}_r = -\vec{e}_x. D'après la question Q8, le champ électrique réfléchi est :

\vec{E}_r(x, t) = -E_0 \cos(\omega t + k(x - 2L)) \, \vec{e}_y

En appliquant la relation de structure à l'onde réfléchie :

\begin{aligned} \vec{B}_r(x, t) &= \frac{\vec{u}_r \wedge \vec{E}_r(x, t)}{c} \\ &= \frac{1}{c} (-\vec{e}_x) \wedge \left(-E_0 \cos(\omega t + k(x - 2L)) \vec{e}_y\right) \\ &= \frac{E_0}{c} \cos(\omega t + k(x - 2L)) (\vec{e}_x \wedge \vec{e}_y) \end{aligned}

On obtient ainsi :

\boxed{\vec{B}_r(x, t) = \frac{E_0}{c} \cos(\omega t + k(x - 2L)) \, \vec{e}_z = \frac{k E_0}{\omega} \cos(\omega t + k(x - 2L)) \, \vec{e}_z}

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : onde stationnaire, nœud de vibration

En déduire l'expression du champ électrique résultant et du champ magnétique résultant dans la cavité. Commenter le résultat obtenu en terme d'amplitude, de phase et de tout autre caractère pertinent.

Voir l'indice

Sommer champ incident et champ réfléchi en utilisant des identités trigonométriques pour séparer les dépendances spatiale et temporelle.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe de superposition pour sommer les ondes incidente et réfléchie établies aux questions Q8 et Q9.
  2. Factoriser les expressions trigonométriques à l'aide des formules d'addition pour faire apparaître la séparation des variables spatiale et temporelle, caractéristique d'une onde stationnaire.
  3. Analyser les propriétés du champ électromagnétique résultant (onde stationnaire, nœuds et ventres, quadratures spatiale et temporelle).
Voir la réponse courte

Somme des ondes incidente et réfléchie : structure d'onde stationnaire avec découplage spatial et temporel, nœuds de \vec{E} et ventres de \vec{B}.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q7 et Q8, le champ électrique total dans la cavité s'obtient par superposition du champ incident et du champ réfléchi :

\begin{aligned} \vec{E}(x,t) &= \vec{E}_i(x,t) + \vec{E}_r(x,t) \\ &= E_0 \Big[ \cos(\omega t - kx) - \cos(\omega t + kx - 2kL) \Big] \vec{e}_y \end{aligned}

En utilisant l'identité trigonométrique \cos p - \cos q = 2 \sin\left(\frac{p+q}{2}\right) \sin\left(\frac{q-p}{2}\right), avec :

\frac{p+q}{2} = \omega t - kL \quad \text{et} \quad \frac{q-p}{2} = k(x-L)

on obtient :

\boxed{\vec{E}(x,t) = 2E_0 \sin(k(x-L)) \sin(\omega t - kL) \, \vec{e}_y}

(ou de manière équivalente \vec{E}(x,t) = -2E_0 \sin(k(L-x)) \sin(\omega t - kL) \, \vec{e}_y).

De même, pour le champ magnétique, d'après la question Q9 :

\begin{aligned} \vec{B}(x,t) &= \vec{B}_i(x,t) + \vec{B}_r(x,t) \\ &= \frac{E_0}{c} \Big[ \cos(\omega t - kx) + \cos(\omega t + kx - 2kL) \Big] \vec{e}_z \end{aligned}

À l'aide de l'identité \cos p + \cos q = 2 \cos\left(\frac{p+q}{2}\right) \cos\left(\frac{p-q}{2}\right), sachant que le cosinus est une fonction paire :

\boxed{\vec{B}(x,t) = \frac{2E_0}{c} \cos(k(x-L)) \cos(\omega t - kL) \, \vec{e}_z}

Commentaires sur le résultat obtenu :

  • Structure d'onde stationnaire : Les dépendances spatiale et temporelle sont totalement découplées sous la forme f(x)g(t) : il ne s'agit plus d'une onde progressive se propageant dans l'espace, mais d'une onde stationnaire.
  • Amplitude et structure spatiale : L'amplitude varie sinusoïdalement dans l'espace. Le miroir parfait situé en x = L impose un nœud de champ électrique (\vec{E}(L,t) = \vec{0}) et par suite un ventre de champ magnétique d'amplitude 2E_0/c. Plus généralement, les nœuds de champ électrique correspondent aux ventres de champ magnétique, et inversement : il y a quadrature spatiale.
  • Phase et quadrature temporelle : Le champ électrique dépend du temps par un sinus tandis que le champ magnétique en dépend par un cosinus. Les deux champs sont donc en quadrature de phase temporelle (\Delta \phi_t = \pi/2).
  • Polarisation : La polarisation demeure inchangée par rapport aux ondes initiales : \vec{E} reste rectilignement polarisé selon \vec{e}_y et \vec{B} selon \vec{e}_z.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : vecteur de poynting, cavité résonnante

Déterminer l'expression du vecteur de Poynting de l'onde électromagnétique résultante ainsi que sa valeur moyenne au cours d'une période . L'un des deux miroirs n'est pas parfaitement réfléchissant, quel en est l'intérêt ? Expliquer le rôle de l'amplificateur optique.

Voir l'indice

Calculer \vec{\Pi} = \frac{\vec{E}\wedge\vec{B}}{\mu_0} et constater le déphasage spatial et temporel en quadrature ; justifier la transmission partielle requise pour former le faisceau laser utile.

Voir la stratégie
  1. Calculer le vecteur de Poynting \vec{\Pi} = \frac{1}{\mu_0} \vec{E} \wedge \vec{B} à partir des champs électromagnétiques stationnaires établis à la question Q10, puis évaluer sa moyenne temporelle \langle \vec{\Pi} \rangle sur une période.
  2. Discuter le fonctionnement d'un oscillateur laser : extraction de puissance utile grâce au miroir de sortie et compensation des pertes par le milieu amplificateur.
Voir la réponse courte

Vecteur de Poynting \vec{\Pi} = \vec{E} \times \vec{B}/\mu_0 oscillant de moyenne temporelle nulle (onde stationnaire) ; extraction du faisceau et compensation des pertes.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, les champs résultants dans la cavité s'écrivent :

\vec{E}(x,t) = 2E_0 \sin(k(x-L)) \sin(\omega t - kL)\,\vec{e}_y \quad\text{et}\quad \vec{B}(x,t) = \frac{2E_0}{c} \cos(k(x-L)) \cos(\omega t - kL)\,\vec{e}_z

Par définition, le vecteur de Poynting dans le vide/l'air s'exprime par :

\vec{\Pi}(x,t) = \frac{1}{\mu_0} \vec{E}(x,t) \wedge \vec{B}(x,t)

Sachant que \vec{e}_y \wedge \vec{e}_z = \vec{e}_x et en utilisant la relation trigonométrique 2\sin u \cos u = \sin(2u), il vient :

\begin{aligned} \vec{\Pi}(x,t) &= \frac{4E_0^2}{\mu_0 c} \sin(k(x-L))\cos(k(x-L)) \sin(\omega t - kL)\cos(\omega t - kL)\,\vec{e}_x \\ &= \frac{E_0^2}{\mu_0 c} \sin(2k(x-L)) \sin(2(\omega t - kL))\,\vec{e}_x \end{aligned}
\boxed{\vec{\Pi}(x,t) = \frac{E_0^2}{\mu_0 c} \sin(2k(x-L)) \sin(2(\omega t - kL))\,\vec{e}_x}

La valeur moyenne temporelle sur une période \tau = \frac{2\pi}{\omega} s'obtient en intégrant la fonction sinusoïdale de pulsation 2\omega :

\langle \sin(2(\omega t - kL)) \rangle = \frac{1}{\tau} \int_0^{\tau} \sin(2(\omega t - kL))\,\mathrm{d}t = 0

On en déduit que le flux moyen d'énergie est rigoureusement nul :

\boxed{\langle \vec{\Pi} \rangle = \vec{0}}

Rôle d'un miroir non parfaitement réfléchissant : Si les deux miroirs étaient des réflecteurs parfaits (R = 1), l'énergie électromagnétique resterait intégralement piégée à l'intérieur de la cavité. Un miroir de sortie partiellement transparent (R < 1) permet d'extraire une partie de la puissance lumineuse de la cavité pour former le faisceau laser utilisé vers la Lune.

Rôle de l'amplificateur optique : À chaque aller-retour dans la cavité, l'onde subit des pertes (extraction par le miroir de sortie, absorption résiduelle, diffusion). L'amplificateur optique (milieu à inversion de population) apporte du gain par émission stimulée. Il permet de compenser exactement les pertes au régime stationnaire afin d'entretenir l'oscillation laser.

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : mode propre, cavité résonnante

Justifier que la forme du champ électromagnétique ne permet pas d'utiliser la cavité pour obtenir n'importe quelle fréquence laser. Déterminer l'expression des fréquences possibles en fonction notamment de la longueur de la cavité.

Voir l'indice

Imposer la condition aux limites supplémentaire sur le miroir en x = 0 pour obtenir la discrétisation des nombres d'onde et des fréquences propres.

Voir la stratégie
  1. Identifier la condition aux limites supplémentaire imposée par le second miroir situé en x = 0.
  2. Appliquer cette condition au champ électrique stationnaire établi à la question Q10 afin de quantifier le vecteur d'onde k.
  3. En déduire la discrétisation des fréquences permises au sein de la cavité résonante.
Voir la réponse courte

Annulation du champ électrique aux deux miroirs imposant k L = p\pi, d'où la quantification des fréquences f_p = p c / (2L).

Voir le corrigé complet

Le miroir situé en x = 0 est également constitué d'un métal parfait. La composante tangentielle du champ électrique doit donc s'y annuler à tout instant :

\vec{E}(x=0, t) = \vec{0} \quad \forall t

D'après l'expression du champ électrique total obtenue à la question Q10, \vec{E}(x,t) = 2E_0 \sin(k(x-L)) \sin(\omega t - kL)\,\vec{e}_y, cette condition en x = 0 s'écrit :

-2E_0 \sin(kL) \sin(\omega t - kL)\,\vec{e}_y = \vec{0} \quad \forall t

Pour que cette relation soit vérifiée en dehors de la solution triviale E_0 = 0, il est nécessaire que :

\sin(k L) = 0 \iff k L = p\pi \quad \text{avec } p \in \mathbb{N}^*

Le nombre d'onde k ne peut donc pas prendre n'importe quelle valeur : il est quantifié.

En reliant le nombre d'onde à la fréquence f (ou \nu) par la relation de dispersion dans le vide k = \frac{\omega}{c} = \frac{2\pi f}{c}, où c = \frac{1}{\sqrt{\epsilon_0 \mu_0}} est la célérité de la lumière, on en déduit les fréquences propres autorisées dans la cavité :

\frac{2\pi f}{c} L = p\pi
\boxed{f_p = p \frac{c}{2L} \quad (p \in \mathbb{N}^*)}

La cavité optique constitue une cavité résonante : seules les fréquences multiples entiers de l'intervalle spectral libre \Delta f = \frac{c}{2L} (modes longitudinaux) peuvent donner lieu à des interférences constructives stationnaires et être amplifiées par effet laser.

Résultat

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : spectre électromagnétique, optique non linéaire

Le laser utilisé pour la télémétrie Terre-Lune est un laser YAG-Nd de longueur d'onde auquel on a adjoint un doubleur de fréquence. Quelle est la longueur d'onde utilisée pour cette mesure et quel est le domaine électromagnétique correspondant ?

Voir l'indice

Le doublage de fréquence double la fréquence \nu' = 2\nu, d'où une division par deux de la longueur d'onde dans le vide ; identifier la couleur correspondante.

Voir la réponse courte

Doublement de fréquence : \lambda' = \lambda/2 = 532\text{ nm}, rayonnement situé dans le domaine visible (vert).

Voir le corrigé complet

La relation entre la longueur d'onde dans le vide \lambda, la célérité de la lumière c et la fréquence de l'onde f s'écrit :

\lambda = \frac{c}{f}

L'adjonction d'un cristal non linéaire doubleur de fréquence génère une onde à la fréquence harmonique f' = 2f. La nouvelle longueur d'onde \lambda' de l'impulsion laser vaut donc :

\lambda' = \frac{c}{f'} = \frac{c}{2f} = \frac{\lambda}{2}

Application numérique :

\lambda' = \frac{1\,064\text{ nm}}{2} = 532\text{ nm} \quad (\text{soit } 5{,}3 \cdot 10^2\text{ nm} \text{ avec deux chiffres significatifs})
\boxed{\lambda' = 532\text{ nm}}

Le domaine du visible s'étendant d'environ 400\text{ nm} (violet) à 750\text{ nm} (rouge), cette longueur d'onde appartient au :

\boxed{\text{domaine du visible (rayonnement vert)}}

Résultat

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : temps de vol, vitesse de la lumière

La durée moyenne de l'aller-retour pour un très grand nombre d'impulsions laser entre la Terre et la Lune est . Déterminer la distance Terre-Lune obtenue par la télémétrie laser. Comparer avec le résultat obtenu par la mesure d'Aristarque de Samos. Commenter.

Voir l'indice

Relier la distance aller-retour parcourue à la célérité de la lumière par 2\,d = c\,\Delta t et comparer avec le résultat d'Aristarque.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la distance Terre-Lune d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}} en fonction de la célérité de la lumière dans le vide c et du temps de trajet aller-retour \Delta t.
  2. Réaliser l'application numérique avec deux chiffres significatifs.
  3. Comparer cette valeur moderne à celle obtenue par Aristarque à la question Q5 et commenter l'origine de l'écart.
Voir la réponse courte

Distance d = c\Delta t/2 \approx 3{,}84 \cdot 10^5\text{ km}, en excellent accord avec l'estimation historique d'Aristarque.

Voir le corrigé complet

L'impulsion laser se propage dans le vide à la célérité c = \dfrac{1}{\sqrt{\epsilon_0 \mu_0}} \approx 3{,}0 \cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Le signal effectuant un trajet aller-retour sur la distance Terre-Lune d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}}, la durée de propagation vérifie :

\Delta t = \frac{2 d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}}}{c}

On en déduit l'expression de la distance Terre-Lune :

\boxed{d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}} = \frac{c\,\Delta t}{2}}

Application numérique :

\begin{aligned} d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}} &= \frac{3{,}0 \cdot 10^8 \times 2{,}56}{2} = 3{,}84 \cdot 10^8\text{ m} \end{aligned}

Avec deux chiffres significatifs :

\boxed{d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}} \approx 3{,}8 \cdot 10^5\text{ km} \quad (3{,}8 \cdot 10^8\text{ m})}

Comparaison et commentaire :

  • La mesure d'Aristarque obtenue à la question Q5 donnait d_{\text{Aristarque}} \approx 1{,}0 \cdot 10^5\text{ km}, soit une valeur environ 4 fois plus faible :

    \frac{d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}}}{d_{\text{Aristarque}}} \approx 3{,}8 \approx 4
  • Cet écart s'explique directement par l'observation d'Aristarque qui surestimait le diamètre angulaire apparent de la Lune (\theta \approx 2^\circ, alors que la valeur réelle est voisine de 0{,}5^\circ, soit un facteur 4 plus faible). Comme d_{\mathrm{T}\text{-}\mathrm{L}} = D_\ell / \theta, une surestimation d'un facteur 4 de l'angle conduit à une sous-estimation d'un facteur 4 de la distance.
  • La télémétrie laser moderne est d'une précision remarquable : en mesurant la durée d'aller-retour avec une résolution de l'ordre de la picoseconde sur un grand nombre d'impulsions, elle permet de déterminer la distance Terre-Lune au millimètre près, mettant notamment en évidence l'éloignement séculaire de la Lune d'environ 3{,}8\text{ cm par an} sous l'effet des marées.

Résultat

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Partie II : Les origines de la Lune

II.A · La théorie de la fission

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : masse volumique, géophysique

Expliquer en quoi la plus faible densité de la Lune par rapport à la Terre est un argument en faveur de la théorie de la fission.

Voir l'indice

Rappeler que la Terre possède un noyau ferreux très dense tandis que la Lune a une densité voisine de celle des roches mantelliques superficielles terrestres.

Voir la réponse courte

La densité lunaire proche de celle du manteau terrestre suggère une formation par éjection des couches superficielles de la Terre.

Voir le corrigé complet

Lors de la formation de la Terre primitive, alors à l'état liquide (ou magmatique), les matériaux ont subi un processus de différenciation gravitationnelle :

  • les éléments chimiques les plus denses (principalement le fer et le nickel) ont migré vers le centre pour constituer le noyau terrestre ;
  • les matériaux moins denses (roches silicatées) sont restés en périphérie pour former le manteau et la croûte primitive.

Selon le modèle de la fission de Georges Darwin, les forces centrifuges liées à une rotation rapide ont conduit à l'expulsion d'un bourrelet de matière situé à l'équateur, c'est-à-dire issu exclusivement des couches superficielles de la Terre.

Le matériau éjecté ayant formé la Lune est donc quasi exclusivement composé de roches silicatées superficielles, dépourvu du fer dense concentré au cœur de la Terre. La densité moyenne de la Lune (environ 3{,}3) est ainsi nettement inférieure à la densité moyenne de la Terre entière (environ 5{,}5), mais remarquablement proche de celle du manteau terrestre : cette concordance constitue un argument fort en faveur d'un arrachement des couches externes terrestres.

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : force d'inertie d'entraînement, force de coriolis

Rappeler le nom et l'expression générale de chacune des forces d'inertie. On précisera clairement la signification des différentes grandeurs introduites.

Voir l'indice

Donner les expressions vectorielles de la force d'inertie d'entraînement et de la force d'inertie de Coriolis en explicitant chaque terme cinématique.

Voir la réponse courte

Définitions de \vec{F}_{\mathrm{ie}} = -m\vec{a}_{\mathrm{e}} et \vec{F}_{\mathrm{ic}} = -2m\vec{\Omega} \times \vec{v}_{\mathrm{r}}, avec explicitation du vecteur rotation et des vitesses.

Voir le corrigé complet

Soit un point matériel M de masse m, en mouvement dans un référentiel non galiléen \mathcal{R} en rotation à la vitesse angulaire instantanée \vec{\Omega} = \vec{\Omega}_{\mathcal{R}/\mathcal{R}_0} par rapport à un référentiel galiléen \mathcal{R}_0, l'origine de \mathcal{R} étant notée O'.

On distingue deux forces d'inertie :

  1. La force d'inertie d'entraînement :

    \boxed{\vec{F}_{\mathrm{ie}} = - m \vec{a}_{\mathrm{e}}(M)}

    où l'accélération d'entraînement générale s'écrit :

    \vec{a}_{\mathrm{e}}(M) = \vec{a}(O')_{\mathcal{R}_0} + \left(\frac{\mathrm{d}\vec{\Omega}}{\mathrm{d}t}\right)_{\mathcal{R}_0} \wedge \vec{O'M} + \vec{\Omega} \wedge \left(\vec{\Omega} \wedge \vec{O'M}\right)

    Dans le cas d'une rotation uniforme (\vec{\Omega} = \text{cte}) autour d'un axe fixe (\Delta), en notant H le projeté orthogonal de M sur cet axe, cette force se réduit à la force centrifuge axifuge :

    \vec{F}_{\mathrm{ie}} = - m\,\vec{\Omega}\wedge(\vec{\Omega}\wedge\vec{HM}) = m\,\Omega^2\,\vec{HM}
  2. La force d'inertie de Coriolis (ou complémentaire) :

    \boxed{\vec{F}_{\mathrm{ic}} = - m \vec{a}_{\mathrm{c}}(M) = - 2 m \, \vec{\Omega} \wedge \vec{v}_{\mathrm{r}}(M)}

Signification des grandeurs introduites :

  • m : masse du point matériel étudié (en \mathrm{kg}) ;
  • \vec{\Omega} : vecteur rotation instantanée du référentiel \mathcal{R} par rapport au référentiel galiléen \mathcal{R}_0 (en \mathrm{rad\cdot s^{-1}}) ;
  • \vec{a}(O')_{\mathcal{R}_0} : accélération de l'origine O' du référentiel d'entraînement par rapport à \mathcal{R}_0 (en \mathrm{m\cdot s^{-2}}) ;
  • \vec{O'M} : vecteur position de M dans \mathcal{R} (en \mathrm{m}) ;
  • \vec{HM} : vecteur joignant l'axe de rotation au point M, orthogonal à l'axe (\Delta) (en \mathrm{m}) ;
  • \vec{v}_{\mathrm{r}}(M) = \left(\frac{\mathrm{d}\vec{O'M}}{\mathrm{d}t}\right)_{\mathcal{R}} : vecteur vitesse relative de M mesurée dans le référentiel non galiléen \mathcal{R} (en \mathrm{m\cdot s^{-1}}).

Résultat

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Schéma ou tracé

Notions : pesanteur apparente, force centrifuge

Réaliser un bilan des forces exercées sur l'élément de masse posé à la surface de la Terre. Réaliser un schéma de la situation dans le cas où la masse considérée se trouve à la latitude .

Voir l'indice

Faire l'inventaire des forces réelles et d'inertie dans le référentiel terrestre en rotation uniforme pour une masse immobile à la latitude \lambda.

Voir la stratégie
  1. Définir précisément le système matériel et le référentiel d'étude (référentiel terrestre non galiléen).
  2. Recenser les forces réelles (attraction gravitationnelle terrestre et réaction du support) ainsi que les forces d'inertie (entraînement et Coriolis).
  3. Tracer un schéma clair représentant le méridien terrestre, la latitude \lambda, l'axe de rotation et l'ensemble des forces appliquées.
Voir la réponse courte

Bilan des forces (gravitation, réaction, force d'inertie centrifuge m\Omega^2 r\vec{u}_r) et schéma avec angle de latitude \lambda.

Voir le corrigé complet

1. Système et référentiel d'étude

  • Système : morceau de roche assimilé à un point matériel M de masse m.
  • Référentiel : référentiel terrestre \mathcal{R}_{\mathrm{T}}, en rotation uniforme à la vitesse angulaire \vec{\Omega} = \Omega \vec{u}_z autour de l'axe Sud-Nord par rapport au référentiel géocentrique supposé galiléen.

2. Bilan des forces

Dans le référentiel d'étude non galiléen \mathcal{R}_{\mathrm{T}}, la masse m est soumise à :

  • La force gravitationnelle exercée par la Terre (supposée à répartition sphérique de masse) :

    \vec{F}_{\mathrm{g}} = -\frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}} m}{R_{\mathrm{T}}^2}\,\vec{e}_r

    dirigée vers le centre O de la Terre.

  • La réaction du sol (action de contact de la surface terrestre) :

    \vec{R}

    normale au sol si l'on néglige les frottements solides à l'équilibre.

  • La force d'inertie de Coriolis : la roche étant posée sur le sol, sa vitesse relative est nulle dans le référentiel terrestre (\vec{v}_{\mathrm{r}} = \vec{0}) :

    \vec{F}_{\mathrm{ic}} = -2m\,\vec{\Omega} \wedge \vec{v}_{\mathrm{r}} = \vec{0}
  • La force d'inertie d'entraînement (force centrifuge d'inertie) :

    \vec{F}_{\mathrm{ie}} = m \Omega^2 \vec{HM} = m \Omega^2 R_{\mathrm{T}} \cos\lambda\,\vec{u}_\rho

    où H est le projeté orthogonal de M sur l'axe de rotation des pôles et \vec{u}_\rho le vecteur unitaire perpendiculaire à cet axe, dirigé vers l'extérieur.

La résultante des forces volumiques constitue le poids effectif local :

\boxed{\vec{P} = \vec{F}_{\mathrm{g}} + \vec{F}_{\mathrm{ie}} = -\frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}} m}{R_{\mathrm{T}}^2}\,\vec{e}_r + m \Omega^2 R_{\mathrm{T}} \cos\lambda\,\vec{u}_\rho}

À l'équilibre sur la surface, on a \vec{P} + \vec{R} = \vec{0}.

3. Schéma de la situation

Résultat

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Question 18

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force centrifuge, équipotentielle effective

Justifier la forme de la Terre déformée par rotation représentée sur la seconde étape de la figure 2. Déterminer une estimation de la variation du rayon de la terre entre sa valeur au pôle et celle à l'équateur.

Voir l'indice

Analyser la dépendance en latitude de la force centrifuge (maximale à l'équateur, nulle aux pôles) pour expliquer le bourrelet équatorial.

Voir la stratégie
  1. Pour la forme générale, exploiter la dépendance en latitude de la force d'inertie d'entraînement calculée à la question précédente et la condition d'équilibre d'un fluide (surface libre orthogonale au champ de pesanteur effectif, ou surface équipotentielle).
  2. Pour l'estimation de \rho, modéliser la Terre fluide par l'égalité du potentiel effectif de pesanteur entre le pôle et l'équateur, puis réaliser un développement limité au premier ordre en \rho/R_{\mathrm{T}} \ll 1.
Voir la réponse courte

L'accélération centrifuge maximale à l'équateur et nulle aux pôles induit un renflement équatorial et un aplatissement polaire.

Voir le corrigé complet

1. Justification de la forme de la Terre

À l'état fluide ou déformable, la surface libre de la Terre s'ajuste pour coïncider avec une surface équipotentielle du champ de pesanteur effectif \vec{g}_{\text{eff}} = \vec{g} + \vec{a}_{\text{ie}} (ou orthogonale en tout point à \vec{g}_{\text{eff}}).

D'après le bilan de la question précédente :

  • aux pôles (\lambda = \pm \pi/2), la distance à l'axe de rotation est nulle (r_\perp = 0), donc la force d'inertie d'entraînement centrifuge est nulle ;
  • à l'équateur (\lambda = 0), la distance à l'axe est maximale (r_\perp = R_{\text{eq}}) et la force d'inertie d'entraînement est purement centrifuge centrifuge, orientée vers l'extérieur : elle s'oppose directement à l'attraction gravitationnelle.

Cette force centrifuge repousse la matière vers l'extérieur à l'équateur, ce qui conduit à un renflement équatorial et à un aplatissement aux pôles : la Terre adopte ainsi la forme d'un ellipsoïde de révolution aplati (sphéroïde oblate).

2. Estimation de la variation \rho = R_{\mathrm{eq}} - R_{\mathrm{p}}

Dans le référentiel terrestre en rotation uniforme à la pulsation \Omega, la force de gravitation dérive de l'énergie potentielle E_{\mathrm{p,g}}(r) = -\frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}} m}{r} et la force d'inertie d'entraînement dérive de l'énergie potentielle centrifuge :

E_{\mathrm{p,ie}}(r, \lambda) = -\frac{1}{2} m \Omega^2 r^2 \cos^2\lambda

L'énergie potentielle effective totale d'une particule fluide de masse m en surface s'écrit :

E_{\mathrm{p,eff}}(r, \lambda) = -\frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}} m}{r} - \frac{1}{2} m \Omega^2 r^2 \cos^2\lambda

La surface d'un fluide à l'équilibre étant une équipotentielle :

E_{\mathrm{p,eff}}\!\left(R_{\mathrm{p}}, \frac{\pi}{2}\right) = E_{\mathrm{p,eff}}(R_{\mathrm{eq}}, 0)

soit :

-\frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{R_{\mathrm{p}}} = -\frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{R_{\mathrm{eq}}} - \frac{1}{2} \Omega^2 R_{\mathrm{eq}}^2

En posant \rho = R_{\mathrm{eq}} - R_{\mathrm{p}} \ll R_{\mathrm{T}}, on a au premier ordre :

\frac{1}{R_{\mathrm{p}}} - \frac{1}{R_{\mathrm{eq}}} = \frac{R_{\mathrm{eq}} - R_{\mathrm{p}}}{R_{\mathrm{p}} R_{\mathrm{eq}}} \approx \frac{\rho}{R_{\mathrm{T}}^2}

En identifiant g = \frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{R_{\mathrm{T}}^2}, il vient :

g \rho \approx \frac{1}{2} \Omega^2 R_{\mathrm{T}}^2
\boxed{\rho \approx \frac{\Omega^2 R_{\mathrm{T}}^2}{2 g}}

Application numérique : Avec R_{\mathrm{T}} \approx \frac{D_{\mathrm{t}}}{2} \approx 6{,}5 \cdot 10^3\text{ km} = 6{,}5 \cdot 10^6\text{ m} (d'après Q3), g \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et \Omega = \frac{2\pi}{T_{\text{rot}}} \approx \frac{2\pi}{86400} \approx 7{,}3 \cdot 10^{-5}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} :

\rho \approx \frac{(7{,}3 \cdot 10^{-5})^2 \times (6{,}5 \cdot 10^6)^2}{2 \times 9{,}8} \approx \frac{5{,}3 \cdot 10^{-9} \times 4{,}2 \cdot 10^{13}}{19{,}6} \approx 1{,}1 \cdot 10^4\text{ m} = 11\text{ km}
\boxed{\rho \approx 11\text{ km}}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Application numérique

Notions : force centrifuge, équilibre mécanique

En reprenant le bilan des forces sur la masse dans ce cas, calculer la période de rotation terrestre nécessaire pour expulser de la Terre cette masse. Comparer cette valeur avec la période actuelle de rotation terrestre. Faire un commentaire sur la validité de la théorie de la fission.

Voir l'indice

Écrire la condition limite de décollement pour laquelle la réaction normale du sol s'annule sous l'effet de l'accélération centrifuge à l'équateur.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition limite de décollement d'une masse posée à l'équateur en écrivant l'annulation de la réaction normale du sol.
  2. En déduire la vitesse angulaire critique \Omega_{\mathrm{c}}, puis la période critique de rotation T_{\mathrm{c}} correspondante.
  3. Réaliser l'application numérique, comparer cette valeur à la période actuelle de rotation terrestre (T_0 \approx 24\text{ h}) et conclure sur la plausibilité physique de l'hypothèse de Darwin.
Voir la réponse courte

Condition d'arrachement à l'équateur G M_{\mathrm{t}}/R_{\mathrm{t}}^2 = R_{\mathrm{t}} \Omega^2, d'où T \approx 1{,}4\text{ h} : rotation irréaliste réfutant la fission simple.

Voir le corrigé complet

À l'équateur (\lambda = 0), le vecteur unitaire orthogonal à l'axe de rotation coïncide avec le vecteur unitaire radial : \vec{u}_\rho = \vec{e}_r.

Le bilan des forces s'exerçant sur la masse m au repos dans le référentiel terrestre s'écrit, d'après les résultats de la question Q17 :

\vec{F} = \vec{F}_{\mathrm{g}} + \vec{F}_{\mathrm{ie}} + \vec{R} = \left( -m g + m \Omega^2 R_{\mathrm{T}} + R_N \right) \vec{e}_r = \vec{0}

où g = \frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{R_{\mathrm{T}}^2} est l'accélération de la pesanteur à l'équateur et R_N la composante normale de la réaction du sol.

La masse m quitte la surface du sol (expulsion) dès lors que le contact est rompu, soit R_N \le 0. À la limite de décollement (R_N = 0), la force d'inertie centrifuge compense exactement l'attraction gravitationnelle :

m \Omega_{\mathrm{c}}^2 R_{\mathrm{T}} = m g \implies \Omega_{\mathrm{c}} = \sqrt{\frac{g}{R_{\mathrm{T}}}}

La période de rotation critique nécessaire pour provoquer cette expulsion vaut donc :

\boxed{T_{\mathrm{c}} = \frac{2\pi}{\Omega_{\mathrm{c}}} = 2\pi \sqrt{\frac{R_{\mathrm{T}}}{g}}}

Application numérique : Avec R_{\mathrm{T}} \approx \frac{D_{\mathrm{t}}}{2} \approx 6{,}4 \cdot 10^6\text{ m} (en cohérence avec la question Q3) et g \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

T_{\mathrm{c}} = 2\pi \sqrt{\frac{6{,}4 \cdot 10^6}{9{,}8}} \approx 2\pi \times 808\text{ s} \approx 5{,}1 \cdot 10^3\text{ s} \approx 1{,}4\text{ h}

Comparaison et commentaire : La période actuelle de rotation de la Terre est de T_0 \approx 24\text{ h} \approx 8{,}6 \cdot 10^4\text{ s}. La période critique T_{\mathrm{c}} est environ 17 fois plus courte que la période actuelle (T_0 / T_{\mathrm{c}} \approx 17).

Pour que la Terre expulse spontanément de la matière sous l'effet de la force centrifuge, il aurait fallu qu'elle tourne sur elle-même en moins d'une heure et demie. Cela nécessiterait un moment cinétique propre colossal, bien supérieur au moment cinétique total actuel du système Terre-Lune (qui se conserve en l'absence de couples extérieurs). Cette valeur déraisonnable montre que la seule force d'entraînement centrifuge due à la rotation propre est insuffisante pour expliquer la formation de la Lune : la théorie de la fission de Darwin est physiquement intenable.

Résultat

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II.B · La théorie de l'impact

Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : loi de stefan-boltzmann, équilibre radiatif

En utilisant la loi de Stefan-Boltzmann, fournie en fin de sujet, déterminer l'expression de la puissance solaire absorbée par la Lune. En l'assimilant à un corps noir, déterminer ensuite l'expression de la puissance perdue par la Lune par rayonnement. Déterminer enfin l'expression de la puissance totale perdue par la Lune. L'application numérique de cette grandeur donne une puissance de l'ordre de .

Voir l'indice

Calculer la puissance interceptée par le disque lunaire de section efficace \pi R_\ell^2, corriger du coefficient d'absorption (1-\mathcal{A}), puis sommer avec la puissance totale rayonnée sur toute la sphère.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance totale émise par le Soleil, le flux surfacique solaire au niveau de la Lune, puis la puissance absorbée par le disque apparent lunaire d'aire \pi R_\ell^2 compte tenu de l'albédo \mathcal{A}.
  2. Exprimer la puissance réémise par la Lune sur l'ensemble de sa surface sphérique (4\pi R_\ell^2) en l'assimilant à un corps noir à la température T_\ell.
  3. En déduire la puissance totale nette cédée par la Lune à l'espace par différence entre puissance émise et puissance absorbée.
Voir la réponse courte

Puissance absorbée \pi R^2 (1-A) F_{\mathrm{s}}, puissance réémise 4\pi R^2 \sigma T^4 et puissance nette cédée par bilan radiatif.

Voir le corrigé complet

1. Puissance solaire absorbée par la Lune :

Le Soleil est assimilé à un corps noir sphérique de rayon R_{\mathrm{s}} à la température de surface T_{\mathrm{s}}. D'après la loi de Stefan-Boltzmann, la puissance surfacique qu'il rayonne est \mathcal{P}_{\mathrm{s}} = \sigma T_{\mathrm{s}}^4. La puissance totale rayonnée par le Soleil s'écrit donc :

P_{\mathrm{s}} = 4\pi R_{\mathrm{s}}^2 \sigma T_{\mathrm{s}}^4

Cette puissance se propage de manière isotrope dans l'espace. À la distance D_{\mathrm{s}-\ell} du Soleil, la puissance surfacique (ou flux solaire incident) traversant une sphère centrée sur le Soleil vaut :

\varphi_{\mathrm{s}} = \frac{P_{\mathrm{s}}}{4\pi D_{\mathrm{s}-\ell}^2} = \sigma T_{\mathrm{s}}^4 \left(\frac{R_{\mathrm{s}}}{D_{\mathrm{s}-\ell}}\right)^2

La Lune intercepte ce rayonnement solaire par sa surface apparente, correspondant au disque de projection de section droite d'aire S_{\mathrm{app}} = \pi R_\ell^2. La puissance solaire reçue par la Lune est ainsi :

P_{\mathrm{rec}} = \varphi_{\mathrm{s}} S_{\mathrm{app}} = \pi R_\ell^2 \sigma T_{\mathrm{s}}^4 \left(\frac{R_{\mathrm{s}}}{D_{\mathrm{s}-\ell}}\right)^2

Par définition de l'albédo \mathcal{A}, la fraction d'énergie solaire réfléchie est \mathcal{A}, de sorte que la fraction absorbée vaut 1 - \mathcal{A}. La puissance solaire absorbée par la Lune est donc :

\boxed{P_{\mathrm{abs}} = (1 - \mathcal{A}) \pi R_\ell^2 \sigma T_{\mathrm{s}}^4 \left(\frac{R_{\mathrm{s}}}{D_{\mathrm{s}-\ell}}\right)^2}

2. Puissance perdue par rayonnement :

En assimilant la Lune à un corps noir à la température T_\ell, elle émet sur toute sa surface sphérique d'aire totale S_\ell = 4\pi R_\ell^2 une puissance surfacique \mathcal{P}_\ell = \sigma T_\ell^4. La puissance totale émise par la Lune par rayonnement s'écrit :

\boxed{P_{\mathrm{ray}} = 4\pi R_\ell^2 \sigma T_\ell^4}

3. Puissance totale perdue par la Lune :

Le bilan thermique radiatif global de la Lune traduit que la puissance totale nette perdue est l'écart entre la puissance qu'elle émet par rayonnement et la puissance solaire qu'elle absorbe :

P_{\mathrm{tot}} = P_{\mathrm{ray}} - P_{\mathrm{abs}}

Soit, en remplaçant par les expressions obtenues :

\boxed{P_{\mathrm{tot}} = \pi R_\ell^2 \sigma \left[ 4 T_\ell^4 - (1 - \mathcal{A}) T_{\mathrm{s}}^4 \left(\frac{R_{\mathrm{s}}}{D_{\mathrm{s}-\ell}}\right)^2 \right]}

Résultat

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Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : loi de fourier, conductivité thermique

Rappeler la loi de Fourier en indiquant les noms et les unités des grandeurs introduites.

Voir l'indice

Écrire la relation vectorielle reliant la densité de flux thermique au gradient spatial de température en précisant les unités des grandeurs.

Voir la réponse courte

Vecteur densité de flux thermique \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} = -\lambda \vec{\mathrm{grad}}\,T, avec conductivité \lambda en \text{W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.

Voir le corrigé complet

La loi de Fourier modélise le transfert thermique par conduction dans un milieu matériel isotrope. Elle relie localement le vecteur densité de flux thermique au gradient du champ de température sous la forme :

\boxed{\vec{\jmath}_{\mathrm{th}} = -\lambda \, \overrightarrow{\operatorname{grad}} T}

Les grandeurs introduites sont :

  • \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} : le vecteur densité de courant thermique (ou densité de flux thermique), exprimé en watt par mètre carré (\mathrm{W \cdot m^{-2}}) ;
  • \lambda : la conductivité thermique du milieu considéré, exprimée en watt par mètre par kelvin (\mathrm{W \cdot m^{-1} \cdot K^{-1}}) ;
  • T : la température, exprimée en kelvin (\mathrm{K}) ;
  • \overrightarrow{\operatorname{grad}} T : le gradient spatial de température, exprimé en kelvin par mètre (\mathrm{K \cdot m^{-1}}).

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de la chaleur, diffusivité thermique

Établir l'équation de la chaleur. Donner l'expression du coefficient de diffusion thermique et son unité. On notera les grandeurs avec l'indice correspondant aux différents milieux décrits sur la figure 3. On considèrera les conductivités thermiques uniformes et constantes en les prenant égales à leur moyenne sur le volume de la couche considérée.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe de la thermodynamique à une coquille sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r en exploitant la formule du laplacien sphérique fournie.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à un volume de contrôle fixe arbitraire V situé au sein du milieu i, en l'absence de terme source interne.
  2. Transformer le flux thermique surfacique à l'aide du théorème de Green-Ostrogradski et injecter la loi de Fourier établie à la question Q21 avec \lambda_i uniforme.
  3. Identifier l'équation de diffusion thermique, l'expression de la diffusivité thermique D_i et son unité.
Voir la réponse courte

Bilan d'énergie sur une coquille sphérique : \frac{\partial T_i}{\partial t} = D_i \Delta T_i avec diffusivité D_i = \lambda_i / (\rho_i c_i) en \text{m}^2\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Considérons un volume fixe quelconque V entièrement inclus dans le milieu i (i \in \{1, 2, 3, 4\}), délimité par une surface fermée S orientée vers l'extérieur par le vecteur normal unitaire \vec{n}_{\mathrm{ext}}. Le milieu est assimilé à une phase condensée indéformable de masse volumique \rho_i et de capacité thermique massique c_i.

Le premier principe de la thermodynamique appliqué au système contenu dans V pendant une durée \mathrm{d}t, en l'absence de travail utile et de sources de chaleur internes volumiques, s'écrit :

\mathrm{d}U_i = \delta Q

La variation d'énergie interne s'exprime par :

\mathrm{d}U_i = \left(\iiint_V \rho_i c_i \frac{\partial T_i}{\partial t}\,\mathrm{d}V\right)\mathrm{d}t

Le transfert thermique traversant la frontière S s'écrit, d'après la définition du vecteur densité de flux thermique \vec{\jmath}_{\mathrm{th}, i} :

\delta Q = - \left(\iint_S \vec{\jmath}_{\mathrm{th}, i} \cdot \vec{n}_{\mathrm{ext}}\,\mathrm{d}S\right)\mathrm{d}t

Par le théorème de Green-Ostrogradski, le bilan thermique devient :

\iiint_V \left(\rho_i c_i \frac{\partial T_i}{\partial t} + \operatorname{div}\vec{\jmath}_{\mathrm{th}, i}\right)\mathrm{d}V = 0

Ce résultat étant valable pour tout volume V, on obtient la forme locale de conservation de l'énergie :

\rho_i c_i \frac{\partial T_i}{\partial t} = -\operatorname{div}\vec{\jmath}_{\mathrm{th}, i}

En utilisant la loi de Fourier rappelée à la question Q21 (\vec{\jmath}_{\mathrm{th}, i} = -\lambda_i\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T_i) et compte tenu du fait que la conductivité thermique \lambda_i est uniforme et constante dans chaque milieu :

\operatorname{div}\vec{\jmath}_{\mathrm{th}, i} = -\lambda_i \operatorname{div}(\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T_i) = -\lambda_i \Delta T_i

On aboutit ainsi à l'équation de la chaleur pour le milieu i :

\boxed{\frac{\partial T_i}{\partial t} = D_i \Delta T_i}

où le coefficient de diffusion thermique (ou diffusivité thermique) s'exprime par :

\boxed{D_i = \frac{\lambda_i}{\rho_i c_i}}

Unité de la diffusivité thermique :

  • [\lambda_i] = \mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}} = \mathrm{J\cdot s^{-1}\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}}
  • [\rho_i c_i] = \mathrm{J\cdot m^{-3}\cdot K^{-1}}

On en déduit immédiatement que l'unité de D_i dans le Système International est le \mathrm{m^2\cdot s^{-1}}.

Compte tenu de la symétrie sphérique du problème où T_i = T_i(r, t), le Laplacien donné dans les rappels de l'énoncé se réduit à sa partie radiale, ce qui donne explicitement :

\boxed{\frac{\partial T_i}{\partial t} = \frac{D_i}{r^2} \frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \frac{\partial T_i}{\partial r}\right)}

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation

Notions : flux thermique, condition aux limites thermiques

Établir les quatre équations traduisant la conservation du flux thermique au niveau des quatre interfaces que l'on doit considérer.

Voir l'indice

Traduire la continuité de la composante radiale de la densité de flux conductif aux trois interfaces solides internes, puis égaler le flux conductif de surface au flux radiatif net perdu.

Voir la stratégie
  1. Identifier les quatre interfaces délimitant les couches concentriques de la Lune d'après la figure 3 : les trois interfaces internes (r = R_4, r = R_3, r = R_2) et l'interface externe à la surface de la Lune (r = R_\ell).
  2. Établir la relation de passage thermique : en l'absence de source ou de puits d'énergie surfacique (pas de transition de phase à l'interface), le flux thermique surfacique normal est continu à la traversée de chaque interface interne.
  3. À la surface de la Lune (r = R_\ell), exprimer l'égalité entre le flux thermique conduit depuis la croûte et la puissance totale nette rayonnée vers l'espace calculée à la question Q20.
Voir la réponse courte

Continuité de la température et du flux thermique radial -\lambda_i \frac{\partial T_i}{\partial r} 4\pi r^2 aux quatre interfaces.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 3, la Lune est découpée en quatre milieux emboîtés :

  • Milieu 4 : la graine solide (0 \leqslant r \leqslant R_4) ;
  • Milieu 3 : le noyau liquide (R_4 \leqslant r \leqslant R_3) ;
  • Milieu 2 : le manteau rocheux (R_3 \leqslant r \leqslant R_2) ;
  • Milieu 1 : la croûte (R_2 \leqslant r \leqslant R_\ell).

Les quatre interfaces sont donc situées aux rayons r = R_4, r = R_3, r = R_2 et r = R_\ell.

Le flux thermique sortant à travers une sphère de rayon r s'exprime, compte tenu de la symétrie sphérique et de la loi de Fourier, par :

\Phi(r) = \iint_{\mathcal{S}(r)} \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(r) \cdot \mathrm{d}\vec{S} = 4\pi r^2 \, j_{\mathrm{th},r}(r) = -4\pi r^2 \lambda \, \frac{\partial T}{\partial r}

1. Interfaces internes (r = R_4, r = R_3, r = R_2) :
Considérons une coquille sphérique entourant l'interface entre les milieux i+1 et i, d'épaisseur 2\varepsilon comprise entre R - \varepsilon et R + \varepsilon. Lorsque \varepsilon \to 0, le volume et la capacité thermique de la coquille tendent vers zéro. En l'absence de source d'énergie surfacique localisée à l'interface, le bilan d'énergie impose la continuité du flux thermique \Phi, soit la continuité de la composante radiale de la densité de courant thermique :

j_{\mathrm{th},r}(R^-) = j_{\mathrm{th},r}(R^+) \iff -\lambda_{i+1} \left.\frac{\partial T_{i+1}}{\partial r}\right|_{r=R} = -\lambda_i \left.\frac{\partial T_i}{\partial r}\right|_{r=R}

On en déduit les trois premières équations de conservation :

  • À l'interface graine / noyau liquide (r = R_4) :

    \Phi_4(R_4) = \Phi_3(R_4) \iff -\lambda_4 \left.\frac{\partial T_4}{\partial r}\right|_{r=R_4} = -\lambda_3 \left.\frac{\partial T_3}{\partial r}\right|_{r=R_4}
  • À l'interface noyau liquide / manteau (r = R_3) :

    \Phi_3(R_3) = \Phi_2(R_3) \iff -\lambda_3 \left.\frac{\partial T_3}{\partial r}\right|_{r=R_3} = -\lambda_2 \left.\frac{\partial T_2}{\partial r}\right|_{r=R_3}
  • À l'interface manteau / croûte (r = R_2) :

    \Phi_2(R_2) = \Phi_1(R_2) \iff -\lambda_2 \left.\frac{\partial T_2}{\partial r}\right|_{r=R_2} = -\lambda_1 \left.\frac{\partial T_1}{\partial r}\right|_{r=R_2}

2. Interface externe avec l'espace (r = R_\ell) :
À la surface de la Lune, le flux thermique par conduction issu de la croûte est intégralement évacué vers l'espace sous forme de rayonnement net (puissance totale perdue P_{\mathrm{tot}} déterminée à la question Q20) :

\Phi_1(R_\ell) = P_{\mathrm{tot}} \iff -4\pi R_\ell^2 \lambda_1 \left.\frac{\partial T_1}{\partial r}\right|_{r=R_\ell} = P_{\mathrm{tot}}

soit encore en termes de densité surfacique de flux :

-\lambda_1 \left.\frac{\partial T_1}{\partial r}\right|_{r=R_\ell} = \frac{P_{\mathrm{tot}}}{4\pi R_\ell^2} = \sigma T_1(R_\ell)^4 - \frac{1 - \mathcal{A}}{4} \sigma T_{\mathrm{s}}^4 \left(\frac{R_{\mathrm{s}}}{D_{\mathrm{s}-\ell}}\right)^2
\boxed{\left\{ \begin{aligned} \text{en } r = R_4 : \quad & -\lambda_4 \left.\frac{\partial T_4}{\partial r}\right|_{r=R_4} = -\lambda_3 \left.\frac{\partial T_3}{\partial r}\right|_{r=R_4} \\ \text{en } r = R_3 : \quad & -\lambda_3 \left.\frac{\partial T_3}{\partial r}\right|_{r=R_3} = -\lambda_2 \left.\frac{\partial T_2}{\partial r}\right|_{r=R_3} \\ \text{en } r = R_2 : \quad & -\lambda_2 \left.\frac{\partial T_2}{\partial r}\right|_{r=R_2} = -\lambda_1 \left.\frac{\partial T_1}{\partial r}\right|_{r=R_2} \\ \text{en } r = R_\ell : \quad & -\lambda_1 \left.\frac{\partial T_1}{\partial r}\right|_{r=R_\ell} = \frac{P_{\mathrm{tot}}}{4\pi R_\ell^2} \end{aligned} \right.}

Résultat

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : diagramme de phase, fusion sous pression

Expliquer en quoi le profil de température dans le noyau n'est pas incompatible avec l'existence de la graine.

Voir l'indice

Penser à la dépendance de la température de fusion du fer avec la pression lithostatique, qui croît rapidement vers le centre de l'astre.

Voir la stratégie
  1. Identifier le paradoxe apparent : d'après la figure 4, la température est plus élevée dans la graine solide (T \sim 1\,700\text{ à }2\,000\text{ K}) que dans le noyau liquide (T \sim 1\,200\text{ à }1\,600\text{ K}).
  2. Faire intervenir la pression hydrostatique interne et la relation de Clapeyron sur la température de fusion du fer.
  3. Conclure sur la comparaison entre la température locale T(r) et la température de fusion locale T_{\mathrm{fus}}(P(r)).
Voir la réponse courte

La température centrale est inférieure à la température de fusion du fer sous très haute pression, permettant une graine solide.

Voir le corrigé complet

Le profil de température de la figure 4 montre que la température croît avec la profondeur, atteignant sa valeur maximale au centre de la Lune (r = 0, dans la graine, où T \approx 1\,900\text{--}2\,000\text{ K}), alors qu'elle est plus faible dans le noyau liquide situé au-dessus (T \approx 1\,200\text{--}1\,600\text{ K}).

Ce constat n'est pas incompatible avec la présence d'une graine solide pour les raisons suivantes :

  • Effet de la pression : L'état physique du fer dépend à la fois de la température locale T et de la pression locale P. En s'enfonçant vers le centre de l'astre, la pression hydrostatique croît continûment en raison du poids des couches sus-jacentes.
  • Évolution de la température de fusion : D'après la relation de Clapeyron :

    \frac{\mathrm{d}T_{\mathrm{fus}}}{\mathrm{d}P} = \frac{T\,\Delta v_{\mathrm{fus}}}{\Delta h_{\mathrm{fus}}}

    Puisque le fer solide est plus dense que le fer liquide à ces pressions (\Delta v_{\mathrm{fus}} = v_{\mathrm{liq}} - v_{\mathrm{sol}} > 0) et que la fusion est endothermique (\Delta h_{\mathrm{fus}} > 0), la température de fusion T_{\mathrm{fus}}(P) est une fonction strictement croissante de la pression.

  • Comparaison des profils : Avec la profondeur, la pression augmente suffisamment vite pour que la température de fusion locale T_{\mathrm{fus}}(P) croisse plus rapidement que la température réelle T :

    • dans le noyau liquide : T(r) > T_{\mathrm{fus}}(P(r)), le fer est à l'état liquide ;
    • dans la graine : T(r) < T_{\mathrm{fus}}(P(r)), le fer se solidifie.
\boxed{\text{La très forte pression au centre augmente la température de fusion au-delà de la température réelle : } T < T_{\mathrm{fus}}(P).}

Résultat

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : profil de température, calcul numérique

Déterminer les valeurs numériques des constantes , , et .

Voir l'indice

Identifier les points d'ancrage aux extrémités des domaines sur la figure 4 pour calculer pentes et ordonnées à l'origine des segments affines.

Voir la stratégie
  1. Relier la profondeur z repérée en abscisse sur la figure 4 à la coordonnée radiale r = R_\ell - z, sachant que le rayon lunaire vaut R_\ell = 1\,750\text{ km} et que le noyau s'étend jusqu'à 1\,400\text{ km} de profondeur, soit R_{\mathrm{n}} = 350\text{ km}.
  2. Lire sur la figure 4 les températures aux extrémités des segments modélisés en trait gris pointillé pour le noyau (r \in [0\,;\, R_{\mathrm{n}}]) et pour la roche (r \in [R_{\mathrm{n}}\,;\, R_\ell]).
  3. Résoudre les systèmes linéaires pour identifier les coefficients a (ordonnée à l'origine) et b (opposé de la pente) de chaque loi affine.
Voir la réponse courte

Résolution du système linéaire imposé par les conditions aux limites pour obtenir les pentes a et ordonnées b.

Voir le corrigé complet

La profondeur z et le rayon r sont reliés par r = R_\ell - z. On identifie ainsi trois points remarquables :

  • Au centre de la Lune (z = 1\,750\text{ km}) : r = 0 ;
  • À la frontière noyau-manteau (z = 1\,400\text{ km}) : r = R_{\mathrm{n}} = 1\,750 - 1\,400 = 350\text{ km} = 3{,}5 \cdot 10^5\text{ m} ;
  • À la surface de la Lune (z = 0) : r = R_\ell = 1\,750\text{ km} = 1{,}75 \cdot 10^6\text{ m}.

1. Constantes relatives au noyau de fer :
Le modèle simplifié (segment en trait gris pointillé pour z \in [1\,400\text{ km}\,;\, 1\,750\text{ km}]) donne :

T_{\mathrm{n}}(r = 0) = 2\,000\text{ K} \quad \text{et} \quad T_{\mathrm{n}}(r = R_{\mathrm{n}}) = 1\,200\text{ K}

Comme T_{\mathrm{n}}(r) = a_{\mathrm{n}} - b_{\mathrm{n}} r, on en déduit directement :

a_{\mathrm{n}} = T_{\mathrm{n}}(0) = 2\,000\text{ K}

Puis pour le gradient thermique b_{\mathrm{n}} :

b_{\mathrm{n}} = \frac{a_{\mathrm{n}} - T_{\mathrm{n}}(R_{\mathrm{n}})}{R_{\mathrm{n}}} = \frac{2\,000 - 1\,200}{350} = \frac{800}{350} = \frac{16}{7} \approx 2{,}29\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}

En unités du Système International :

\boxed{a_{\mathrm{n}} = 2{,}0 \cdot 10^3\text{ K}} \qquad \text{et} \qquad \boxed{b_{\mathrm{n}} = 2{,}3 \cdot 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}^{-1}} \quad (= 2{,}3\text{ K}\cdot\text{km}^{-1})

2. Constantes relatives à la couche rocheuse :
Le segment en trait gris pointillé représentant la roche (z \in [0\,;\, 1\,400\text{ km}]) relie la température à l'interface noyau-roche T_{\mathrm{r}}(R_{\mathrm{n}}) = 1\,200\text{ K} à la température de surface extrapolée T_{\mathrm{r}}(R_\ell) = 500\text{ K} (le modèle simplifié lissant la très forte chute thermique localisée dans la croûte) :

\begin{aligned} b_{\mathrm{r}} &= -\frac{T_{\mathrm{r}}(R_\ell) - T_{\mathrm{r}}(R_{\mathrm{n}})}{R_\ell - R_{\mathrm{n}}} = \frac{1\,200 - 500}{1\,750 - 350} = \frac{700}{1\,400} = 0{,}50\text{ K}\cdot\text{km}^{-1} = 5{,}0 \cdot 10^{-4}\text{ K}\cdot\text{m}^{-1} \end{aligned}

L'ordonnée fictive à l'origine a_{\mathrm{r}} s'obtient alors par :

\begin{aligned} a_{\mathrm{r}} &= T_{\mathrm{r}}(R_\ell) + b_{\mathrm{r}} R_\ell = 500 + 0{,}50 \times 1\,750 = 500 + 875 = 1\,375\text{ K} \end{aligned}

Ce que l'on vérifie également à l'interface : a_{\mathrm{r}} = 1\,200 + 0{,}50 \times 350 = 1\,375\text{ K}.
Avec deux chiffres significatifs :

\boxed{a_{\mathrm{r}} = 1{,}4 \cdot 10^3\text{ K}} \qquad \text{et} \qquad \boxed{b_{\mathrm{r}} = 5{,}0 \cdot 10^{-4}\text{ K}\cdot\text{m}^{-1}} \quad (= 0{,}50\text{ K}\cdot\text{km}^{-1})

Résultat

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Question 26

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral

Notions : énergie interne, capacité thermique volumique

En utilisant la modélisation affine de la température, déterminer l'expression de l'énergie interne de la Lune en fonction notamment des capacités thermiques volumiques de la roche et du noyau ainsi que des rayons du noyau et de la Lune. L'application numérique de cette grandeur donne .

Voir l'indice

Intégrer l'expression de la densité volumique d'énergie thermique C_v T(r) sur des éléments de volume sphériques \mathrm{d}V = 4\pi r^2\mathrm{d}r pour chaque couche.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie interne thermique élémentaire contenue dans une coquille sphérique de rayon r et d'épaisseur \mathrm{d}r où la température est T(r), en prenant pour référence U = 0 à 0\text{ K} pour les phases condensées.
  2. Intégrer séparément sur les deux zones homogènes à symétrie sphérique : le noyau (0 \le r \le R_{\mathrm{n}}) et la couche rocheuse (R_{\mathrm{n}} \le r \le R_\ell).
  3. Sommer les deux contributions pour obtenir l'énergie interne globale de la Lune.
Voir la réponse courte

Intégration spatiale de l'énergie interne U = \int \rho c T(r) \, 4\pi r^2 \mathrm{d}r sur le noyau et le manteau rocheux.

Voir le corrigé complet

L'énergie interne d'un volume élémentaire \mathrm{d}V de matière assimilée à une phase condensée indilatable s'écrit, en prenant l'origine des énergies internes à T = 0\text{ K} :

\mathrm{d}U = C_{\mathrm{v}} \, T(\vec{r}) \, \mathrm{d}V

où C_{\mathrm{v}} désigne la capacité thermique volumique du milieu considéré.

Compte tenu de la symétrie sphérique du problème, le volume d'une coquille sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r est \mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r.

1. Contribution du noyau (0 \le r \le R_{\mathrm{n}}) Avec le profil thermique linéaire T_{\mathrm{n}}(r) = a_{\mathrm{n}} - b_{\mathrm{n}} r et la capacité thermique volumique C_{\mathrm{v,n}} :

\begin{aligned} U_{\mathrm{n}} &= \int_0^{R_{\mathrm{n}}} C_{\mathrm{v,n}} (a_{\mathrm{n}} - b_{\mathrm{n}} r) \, 4\pi r^2 \mathrm{d}r \\ &= 4\pi C_{\mathrm{v,n}} \left[ a_{\mathrm{n}} \frac{r^3}{3} - b_{\mathrm{n}} \frac{r^4}{4} \right]_0^{R_{\mathrm{n}}} \\ &= 4\pi C_{\mathrm{v,n}} R_{\mathrm{n}}^3 \left( \frac{a_{\mathrm{n}}}{3} - \frac{b_{\mathrm{n}} R_{\mathrm{n}}}{4} \right) \end{aligned}

2. Contribution de la couche de roche (R_{\mathrm{n}} \le r \le R_\ell) Avec le profil thermique linéaire T_{\mathrm{r}}(r) = a_{\mathrm{r}} - b_{\mathrm{r}} r et la capacité thermique volumique C_{\mathrm{v,r}} :

\begin{aligned} U_{\mathrm{r}} &= \int_{R_{\mathrm{n}}}^{R_\ell} C_{\mathrm{v,r}} (a_{\mathrm{r}} - b_{\mathrm{r}} r) \, 4\pi r^2 \mathrm{d}r \\ &= 4\pi C_{\mathrm{v,r}} \left[ \frac{a_{\mathrm{r}}}{3} \left( R_\ell^3 - R_{\mathrm{n}}^3 \right) - \frac{b_{\mathrm{r}}}{4} \left( R_\ell^4 - R_{\mathrm{n}}^4 \right) \right] \end{aligned}

3. Énergie interne totale de la Lune L'énergie interne totale est la somme de ces deux composantes :

\boxed{U = 4\pi C_{\mathrm{v,n}} \left( \frac{a_{\mathrm{n}} R_{\mathrm{n}}^3}{3} - \frac{b_{\mathrm{n}} R_{\mathrm{n}}^4}{4} \right) + 4\pi C_{\mathrm{v,r}} \left[ \frac{a_{\mathrm{r}}}{3} \left( R_\ell^3 - R_{\mathrm{n}}^3 \right) - \frac{b_{\mathrm{r}}}{4} \left( R_\ell^4 - R_{\mathrm{n}}^4 \right) \right]}

L'évaluation numérique menée avec les valeurs des constantes trouvées à la question précédente et les capacités volumiques moyennes correspondantes fournit la valeur annoncée par l'énoncé :

U \approx 4{,}1 \cdot 10^{28}\text{ J}

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : énergie interne, capacité thermique volumique

Déterminer l'expression de l'énergie interne de la Lune lorsqu'elle sera totalement refroidie et thermalisée à la température . L'application numérique de cette grandeur donne .

Voir l'indice

Reprendre l'intégrale précédente avec une température T_{\text{f}} uniforme et factorisable pour le noyau et la roche.

Voir la réponse courte

Énergie interne finale uniforme U_{\mathrm{f}} = T_{\mathrm{f}} \left( C_{\mathrm{v,n}} V_{\mathrm{n}} + C_{\mathrm{v,r}} V_{\mathrm{r}} \right).

Voir le corrigé complet

Lorsque la Lune est totalement refroidie et thermalisée, sa température est uniforme et égale à T_{\mathrm{f}} en tout point :

T(r) = T_{\mathrm{f}} \quad \text{pour tout } r \in [0, R_\ell]

En adoptant la même référence d'énergie interne nulle à T = 0\text{ K} qu'à la question précédente, l'énergie interne finale U_{\mathrm{f}} s'obtient en intégrant la densité volumique d'énergie interne u_{\mathrm{f}} = C_{\mathrm{v}} T_{\mathrm{f}} sur le volume total de la Lune, composé de la sphère centrale du noyau (indice \mathrm{n}) de rayon R_{\mathrm{n}} et de la coquille sphérique rocheuse (indice \mathrm{r}) comprise entre R_{\mathrm{n}} et R_\ell :

\begin{aligned} U_{\mathrm{f}} &= \iiint_{\text{noyau}} C_{\mathrm{v,n}} T_{\mathrm{f}} \, \mathrm{d}V + \iiint_{\text{roche}} C_{\mathrm{v,r}} T_{\mathrm{f}} \, \mathrm{d}V \\ &= C_{\mathrm{v,n}} T_{\mathrm{f}} V_{\mathrm{n}} + C_{\mathrm{v,r}} T_{\mathrm{f}} V_{\mathrm{r}} \end{aligned}

où les volumes respectifs des deux zones valent :

V_{\mathrm{n}} = \frac{4}{3}\pi R_{\mathrm{n}}^3 \quad \text{et} \quad V_{\mathrm{r}} = \frac{4}{3}\pi \left(R_\ell^3 - R_{\mathrm{n}}^3\right)

On en déduit l'expression de l'énergie interne finale de la Lune :

\boxed{U_{\mathrm{f}} = \frac{4}{3}\pi T_{\mathrm{f}} \left[ C_{\mathrm{v,n}} R_{\mathrm{n}}^3 + C_{\mathrm{v,r}} \left(R_\ell^3 - R_{\mathrm{n}}^3\right) \right]}

L'application numérique fournie par l'énoncé donne bien :

U_{\mathrm{f}} = 1{,}4 \cdot 10^{28}\text{ J}

Résultat

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : bilan d'énergie, temps de refroidissement

Donner une estimation du temps nécessaire pour que la Lune soit uniformément refroidie dans ce modèle. Commenter le résultat obtenu.

Voir l'indice

Estimer le temps de décharge thermique par le rapport entre la variation totale d'énergie interne \Delta U et la puissance moyenne évacuée P_{\text{tot}}.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'énergie thermique totale à évacuer pour amener la Lune de son état actuel à l'état thermalisé uniforme à T_{\mathrm{f}} : \Delta U = U - U_{\mathrm{f}}.
  2. Estimer la durée caractéristique de refroidissement \tau_{\mathrm{ref}} en supposant que la puissance nette perdue par la Lune reste de l'ordre de P_{\mathrm{tot}} \sim 10^{15}\text{ W} calculée en Q20.
  3. Convertir cette durée en années et la comparer aux échelles de temps géologiques et à l'âge du Système solaire.
Voir la réponse courte

Durée estimée par \Delta t = (U - U_{\mathrm{f}})/\mathcal{P} \sim 10^9\text{ ans}, compatible avec l'âge et le lent refroidissement lunaire.

Voir le corrigé complet

L'énergie interne cédée par la Lune lors de son refroidissement complet jusqu'à la température uniforme T_{\mathrm{f}} = 250\text{ K} vaut :

\Delta U = U - U_{\mathrm{f}}

D'après les applications numériques fournies aux questions Q26 et Q27 :

\Delta U = 4{,}1 \cdot 10^{28} - 1{,}4 \cdot 10^{28} = 2{,}7 \cdot 10^{28}\text{ J}

En modélisant la perte énergétique globale par la puissance totale rayonnée nette estimée à la question Q20, soit P_{\mathrm{tot}} \sim 10^{15}\text{ W}, le temps nécessaire au refroidissement s'estime par :

\tau_{\mathrm{ref}} \approx \frac{\Delta U}{P_{\mathrm{tot}}}

En réalisant l'application numérique :

\begin{aligned} \tau_{\mathrm{ref}} &\approx \frac{2{,}7 \cdot 10^{28}\text{ J}}{10^{15}\text{ W}} = 2{,}7 \cdot 10^{13}\text{ s} \end{aligned}

Sachant qu'une année compte environ 1\text{ an} \approx 365{,}25 \times 86\,400\text{ s} \approx 3{,}15 \cdot 10^7\text{ s} :

\begin{aligned} \tau_{\mathrm{ref}} &\approx \frac{2{,}7 \cdot 10^{13}}{3{,}15 \cdot 10^7} \approx 8{,}6 \cdot 10^5\text{ ans} \approx 9 \cdot 10^5\text{ ans} \end{aligned}
\boxed{\tau_{\mathrm{ref}} \approx 2{,}7 \cdot 10^{13}\text{ s} \approx 9 \cdot 10^5\text{ ans}}

Commentaires sur le résultat obtenu :

  • Échelle de temps : Cette durée de l'ordre d'un million d'années est extrêmement brève à l'échelle des temps géologiques et cosmologiques, sachant que la Lune et la Terre sont âgées d'environ 4{,}5\text{ milliards d'années} (4{,}5 \cdot 10^9\text{ ans}). Si ce modèle était exact, la Lune serait totalement refroidie et inerte depuis très longtemps.
  • Limites physiques du modèle :

    • La puissance d'évacuation P_{\mathrm{tot}} a été supposée constante et égale à sa valeur actuelle : or, à mesure que la surface se refroidit, le flux radiatif émis décroît fortement (selon T^4).
    • La résistance thermique conductive interne est le facteur limitant : les roches du manteau et de la croûte sont de très mauvais conducteurs thermiques. Le temps de diffusion thermique interne \tau_{\mathrm{diff}} \sim R_\ell^2 / D est de plusieurs milliards d'années, ce qui piège la chaleur dans les profondeurs de l'astre.
    • Les sources internes de chaleur (désintégration des radioéléments naturels tels que l'uranium, le thorium et le potassium) entretiennent un flux thermique permanent au cours du temps.

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 2 MPI 2023 ?

Surtout 4 chapitres : Ondes électromagnétiques dans les milieux (21 % des questions), Cinématique et dynamique du point (20 %), Diffusion thermique et diffusion de particules (20 %) et Référentiels non galiléens (12 %). Plus ponctuellement : Optique géométrique, Premier et second principes de la thermodynamique, Mouvement dans un champ de force centrale, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide, Rayonnement thermique…

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 2 MPI 2023 dès la première année (MP2I ou MPSI) ?

En partie : 9 questions sur 28 (32 %) ne demandent que le programme de MP2I ou MPSI. Blocs abordables : la sous-partie I.A (Q1 à Q6), ainsi que Q13 à Q15. Avec les autres programmes de première année : 9 en PCSI, 9 en PTSI, 9 en TSI1 et 9 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 2 MPI 2023 ?

Environ 2 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 3 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 2 MPI 2023 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q18 (force centrifuge) et Q26 (énergie interne).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 2 MPI 2023 ?

Questions de cours : Q1 (cinématique), Q7 (onde plane progressive monochromatique), Q16 (force d'inertie d'entraînement), Q21 (loi de fourier) et Q22 (équation de la chaleur). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q6 (champ de gravitation), Q10 (onde stationnaire) et Q12 (mode propre).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 2 MPI 2023 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (16 sur 28), par exemple : Q1 à Q3, Q5 à Q9, Q13 à Q16, Q21, Q24, Q27 et Q28.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 MPI 2023 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le rapport signale que, malgré une longueur raisonnable, de nombreux candidats n'ont traité qu'une petite partie du sujet, et plusieurs questions, notamment sur les forces d'inertie et la thermique du noyau, n'ont été que rarement traitées convenablement. Moyenne : 10,27/20 (écart-type 4,01, 664 présents).

Quelle est la quatrième interface à considérer en Q23 ?

C'est la surface externe de la Lune (r = R_\ell). Le centre r = 0 relève d'une condition de symétrie, tandis que la surface constitue l'interface avec le milieu extérieur, où s'applique le bilan radiatif déterminé en Q20.

Que faire si l'on bloque sur le calcul d'énergie en Q26 ?

Utiliser directement la valeur numérique fournie par l'énoncé (4{,}1 \cdot 10^{28}\text{ J}). Elle permet d'aborder sans difficulté l'énergie résiduelle en Q27 puis le temps de refroidissement en Q28.

Où je me situe, question par question

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.