Corrigé détaillé Mines Physique 2 MPI 2023 (page 2/2 : Partie II)
La Lune, notre satellite
- 28 questions corrigées
- Difficulté estimée : classique (1,7 / 4)
- Faisable en Sup (en MP2I et MPSI : 9 questions sur 28, partie I.A)
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Partie II : Les origines de la Lune
II.A · La théorie de la fission
Question 15
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : masse volumique, géophysique
Expliquer en quoi la plus faible densité de la Lune par rapport à la Terre est un argument en faveur de la théorie de la fission.
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Rappeler que la Terre possède un noyau ferreux très dense tandis que la Lune a une densité voisine de celle des roches mantelliques superficielles terrestres.
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Lors de la formation de la Terre primitive, alors à l'état liquide (ou magmatique), les matériaux ont subi un processus de différenciation gravitationnelle :
- les éléments chimiques les plus denses (principalement le fer et le nickel) ont migré vers le centre pour constituer le noyau terrestre ;
- les matériaux moins denses (roches silicatées) sont restés en périphérie pour former le manteau et la croûte primitive.
Selon le modèle de la fission de Georges Darwin, les forces centrifuges liées à une rotation rapide ont conduit à l'expulsion d'un bourrelet de matière situé à l'équateur, c'est-à-dire issu exclusivement des couches superficielles de la Terre.
Le matériau éjecté ayant formé la Lune est donc quasi exclusivement composé de roches silicatées superficielles, dépourvu du fer dense concentré au cœur de la Terre. La densité moyenne de la Lune (environ 3{,}3) est ainsi nettement inférieure à la densité moyenne de la Terre entière (environ 5{,}5), mais remarquablement proche de celle du manteau terrestre : cette concordance constitue un argument fort en faveur d'un arrachement des couches externes terrestres.
Question 16
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : force d'inertie d'entraînement, force de coriolis
Rappeler le nom et l'expression générale de chacune des forces d'inertie. On précisera clairement la signification des différentes grandeurs introduites.
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Donner les expressions vectorielles de la force d'inertie d'entraînement et de la force d'inertie de Coriolis en explicitant chaque terme cinématique.
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Soit un point matériel M de masse m, en mouvement dans un référentiel non galiléen \mathcal{R} en rotation à la vitesse angulaire instantanée \vec{\Omega} = \vec{\Omega}_{\mathcal{R}/\mathcal{R}_0} par rapport à un référentiel galiléen \mathcal{R}_0, l'origine de \mathcal{R} étant notée O'.
On distingue deux forces d'inertie :
La force d'inertie d'entraînement :
\boxed{\vec{F}_{\mathrm{ie}} = - m \vec{a}_{\mathrm{e}}(M)}où l'accélération d'entraînement générale s'écrit :
\vec{a}_{\mathrm{e}}(M) = \vec{a}(O')_{\mathcal{R}_0} + \left(\frac{\mathrm{d}\vec{\Omega}}{\mathrm{d}t}\right)_{\mathcal{R}_0} \wedge \vec{O'M} + \vec{\Omega} \wedge \left(\vec{\Omega} \wedge \vec{O'M}\right)Dans le cas d'une rotation uniforme (\vec{\Omega} = \text{cte}) autour d'un axe fixe (\Delta), en notant H le projeté orthogonal de M sur cet axe, cette force se réduit à la force centrifuge axifuge :
\vec{F}_{\mathrm{ie}} = - m\,\vec{\Omega}\wedge(\vec{\Omega}\wedge\vec{HM}) = m\,\Omega^2\,\vec{HM}La force d'inertie de Coriolis (ou complémentaire) :
\boxed{\vec{F}_{\mathrm{ic}} = - m \vec{a}_{\mathrm{c}}(M) = - 2 m \, \vec{\Omega} \wedge \vec{v}_{\mathrm{r}}(M)}
Signification des grandeurs introduites :
- m : masse du point matériel étudié (en \mathrm{kg}) ;
- \vec{\Omega} : vecteur rotation instantanée du référentiel \mathcal{R} par rapport au référentiel galiléen \mathcal{R}_0 (en \mathrm{rad\cdot s^{-1}}) ;
- \vec{a}(O')_{\mathcal{R}_0} : accélération de l'origine O' du référentiel d'entraînement par rapport à \mathcal{R}_0 (en \mathrm{m\cdot s^{-2}}) ;
- \vec{O'M} : vecteur position de M dans \mathcal{R} (en \mathrm{m}) ;
- \vec{HM} : vecteur joignant l'axe de rotation au point M, orthogonal à l'axe (\Delta) (en \mathrm{m}) ;
- \vec{v}_{\mathrm{r}}(M) = \left(\frac{\mathrm{d}\vec{O'M}}{\mathrm{d}t}\right)_{\mathcal{R}} : vecteur vitesse relative de M mesurée dans le référentiel non galiléen \mathcal{R} (en \mathrm{m\cdot s^{-1}}).
Résultat
Question 17
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : pesanteur apparente, force centrifuge
Réaliser un bilan des forces exercées sur l'élément de masse posé à la surface de la Terre. Réaliser un schéma de la situation dans le cas où la masse considérée se trouve à la latitude .
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Faire l'inventaire des forces réelles et d'inertie dans le référentiel terrestre en rotation uniforme pour une masse immobile à la latitude \lambda.
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- Définir précisément le système matériel et le référentiel d'étude (référentiel terrestre non galiléen).
- Recenser les forces réelles (attraction gravitationnelle terrestre et réaction du support) ainsi que les forces d'inertie (entraînement et Coriolis).
- Tracer un schéma clair représentant le méridien terrestre, la latitude \lambda, l'axe de rotation et l'ensemble des forces appliquées.
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1. Système et référentiel d'étude
- Système : morceau de roche assimilé à un point matériel M de masse m.
- Référentiel : référentiel terrestre \mathcal{R}_{\mathrm{T}}, en rotation uniforme à la vitesse angulaire \vec{\Omega} = \Omega \vec{u}_z autour de l'axe Sud-Nord par rapport au référentiel géocentrique supposé galiléen.
2. Bilan des forces
Dans le référentiel d'étude non galiléen \mathcal{R}_{\mathrm{T}}, la masse m est soumise à :
La force gravitationnelle exercée par la Terre (supposée à répartition sphérique de masse) :
\vec{F}_{\mathrm{g}} = -\frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}} m}{R_{\mathrm{T}}^2}\,\vec{e}_rdirigée vers le centre O de la Terre.
La réaction du sol (action de contact de la surface terrestre) :
\vec{R}normale au sol si l'on néglige les frottements solides à l'équilibre.
La force d'inertie de Coriolis : la roche étant posée sur le sol, sa vitesse relative est nulle dans le référentiel terrestre (\vec{v}_{\mathrm{r}} = \vec{0}) :
\vec{F}_{\mathrm{ic}} = -2m\,\vec{\Omega} \wedge \vec{v}_{\mathrm{r}} = \vec{0}La force d'inertie d'entraînement (force centrifuge d'inertie) :
\vec{F}_{\mathrm{ie}} = m \Omega^2 \vec{HM} = m \Omega^2 R_{\mathrm{T}} \cos\lambda\,\vec{u}_\rhooù H est le projeté orthogonal de M sur l'axe de rotation des pôles et \vec{u}_\rho le vecteur unitaire perpendiculaire à cet axe, dirigé vers l'extérieur.
La résultante des forces volumiques constitue le poids effectif local :
À l'équilibre sur la surface, on a \vec{P} + \vec{R} = \vec{0}.
3. Schéma de la situation
Résultat
Question 18
Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantNotions : force centrifuge, équipotentielle effective
Justifier la forme de la Terre déformée par rotation représentée sur la seconde étape de la figure 2. Déterminer une estimation de la variation du rayon de la terre entre sa valeur au pôle et celle à l'équateur.
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Analyser la dépendance en latitude de la force centrifuge (maximale à l'équateur, nulle aux pôles) pour expliquer le bourrelet équatorial.
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- Pour la forme générale, exploiter la dépendance en latitude de la force d'inertie d'entraînement calculée à la question précédente et la condition d'équilibre d'un fluide (surface libre orthogonale au champ de pesanteur effectif, ou surface équipotentielle).
- Pour l'estimation de \rho, modéliser la Terre fluide par l'égalité du potentiel effectif de pesanteur entre le pôle et l'équateur, puis réaliser un développement limité au premier ordre en \rho/R_{\mathrm{T}} \ll 1.
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1. Justification de la forme de la Terre
À l'état fluide ou déformable, la surface libre de la Terre s'ajuste pour coïncider avec une surface équipotentielle du champ de pesanteur effectif \vec{g}_{\text{eff}} = \vec{g} + \vec{a}_{\text{ie}} (ou orthogonale en tout point à \vec{g}_{\text{eff}}).
D'après le bilan de la question précédente :
- aux pôles (\lambda = \pm \pi/2), la distance à l'axe de rotation est nulle (r_\perp = 0), donc la force d'inertie d'entraînement centrifuge est nulle ;
- à l'équateur (\lambda = 0), la distance à l'axe est maximale (r_\perp = R_{\text{eq}}) et la force d'inertie d'entraînement est purement centrifuge centrifuge, orientée vers l'extérieur : elle s'oppose directement à l'attraction gravitationnelle.
Cette force centrifuge repousse la matière vers l'extérieur à l'équateur, ce qui conduit à un renflement équatorial et à un aplatissement aux pôles : la Terre adopte ainsi la forme d'un ellipsoïde de révolution aplati (sphéroïde oblate).
2. Estimation de la variation \rho = R_{\mathrm{eq}} - R_{\mathrm{p}}
Dans le référentiel terrestre en rotation uniforme à la pulsation \Omega, la force de gravitation dérive de l'énergie potentielle E_{\mathrm{p,g}}(r) = -\frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}} m}{r} et la force d'inertie d'entraînement dérive de l'énergie potentielle centrifuge :
L'énergie potentielle effective totale d'une particule fluide de masse m en surface s'écrit :
La surface d'un fluide à l'équilibre étant une équipotentielle :
soit :
En posant \rho = R_{\mathrm{eq}} - R_{\mathrm{p}} \ll R_{\mathrm{T}}, on a au premier ordre :
En identifiant g = \frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{R_{\mathrm{T}}^2}, il vient :
Application numérique : Avec R_{\mathrm{T}} \approx \frac{D_{\mathrm{t}}}{2} \approx 6{,}5 \cdot 10^3\text{ km} = 6{,}5 \cdot 10^6\text{ m} (d'après Q3), g \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et \Omega = \frac{2\pi}{T_{\text{rot}}} \approx \frac{2\pi}{86400} \approx 7{,}3 \cdot 10^{-5}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} :
Résultat
Question 19
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : force centrifuge, équilibre mécanique
En reprenant le bilan des forces sur la masse dans ce cas, calculer la période de rotation terrestre nécessaire pour expulser de la Terre cette masse. Comparer cette valeur avec la période actuelle de rotation terrestre. Faire un commentaire sur la validité de la théorie de la fission.
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Écrire la condition limite de décollement pour laquelle la réaction normale du sol s'annule sous l'effet de l'accélération centrifuge à l'équateur.
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- Exprimer la condition limite de décollement d'une masse posée à l'équateur en écrivant l'annulation de la réaction normale du sol.
- En déduire la vitesse angulaire critique \Omega_{\mathrm{c}}, puis la période critique de rotation T_{\mathrm{c}} correspondante.
- Réaliser l'application numérique, comparer cette valeur à la période actuelle de rotation terrestre (T_0 \approx 24\text{ h}) et conclure sur la plausibilité physique de l'hypothèse de Darwin.
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À l'équateur (\lambda = 0), le vecteur unitaire orthogonal à l'axe de rotation coïncide avec le vecteur unitaire radial : \vec{u}_\rho = \vec{e}_r.
Le bilan des forces s'exerçant sur la masse m au repos dans le référentiel terrestre s'écrit, d'après les résultats de la question Q17 :
où g = \frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{R_{\mathrm{T}}^2} est l'accélération de la pesanteur à l'équateur et R_N la composante normale de la réaction du sol.
La masse m quitte la surface du sol (expulsion) dès lors que le contact est rompu, soit R_N \le 0. À la limite de décollement (R_N = 0), la force d'inertie centrifuge compense exactement l'attraction gravitationnelle :
La période de rotation critique nécessaire pour provoquer cette expulsion vaut donc :
Application numérique : Avec R_{\mathrm{T}} \approx \frac{D_{\mathrm{t}}}{2} \approx 6{,}4 \cdot 10^6\text{ m} (en cohérence avec la question Q3) et g \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :
Comparaison et commentaire : La période actuelle de rotation de la Terre est de T_0 \approx 24\text{ h} \approx 8{,}6 \cdot 10^4\text{ s}. La période critique T_{\mathrm{c}} est environ 17 fois plus courte que la période actuelle (T_0 / T_{\mathrm{c}} \approx 17).
Pour que la Terre expulse spontanément de la matière sous l'effet de la force centrifuge, il aurait fallu qu'elle tourne sur elle-même en moins d'une heure et demie. Cela nécessiterait un moment cinétique propre colossal, bien supérieur au moment cinétique total actuel du système Terre-Lune (qui se conserve en l'absence de couples extérieurs). Cette valeur déraisonnable montre que la seule force d'entraînement centrifuge due à la rotation propre est insuffisante pour expliquer la formation de la Lune : la théorie de la fission de Darwin est physiquement intenable.
Résultat
II.B · La théorie de l'impact
Question 20
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : loi de stefan-boltzmann, équilibre radiatif
En utilisant la loi de Stefan-Boltzmann, fournie en fin de sujet, déterminer l'expression de la puissance solaire absorbée par la Lune. En l'assimilant à un corps noir, déterminer ensuite l'expression de la puissance perdue par la Lune par rayonnement. Déterminer enfin l'expression de la puissance totale perdue par la Lune. L'application numérique de cette grandeur donne une puissance de l'ordre de .
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Calculer la puissance interceptée par le disque lunaire de section efficace \pi R_\ell^2, corriger du coefficient d'absorption (1-\mathcal{A}), puis sommer avec la puissance totale rayonnée sur toute la sphère.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance totale émise par le Soleil, le flux surfacique solaire au niveau de la Lune, puis la puissance absorbée par le disque apparent lunaire d'aire \pi R_\ell^2 compte tenu de l'albédo \mathcal{A}.
- Exprimer la puissance réémise par la Lune sur l'ensemble de sa surface sphérique (4\pi R_\ell^2) en l'assimilant à un corps noir à la température T_\ell.
- En déduire la puissance totale nette cédée par la Lune à l'espace par différence entre puissance émise et puissance absorbée.
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1. Puissance solaire absorbée par la Lune :
Le Soleil est assimilé à un corps noir sphérique de rayon R_{\mathrm{s}} à la température de surface T_{\mathrm{s}}. D'après la loi de Stefan-Boltzmann, la puissance surfacique qu'il rayonne est \mathcal{P}_{\mathrm{s}} = \sigma T_{\mathrm{s}}^4. La puissance totale rayonnée par le Soleil s'écrit donc :
Cette puissance se propage de manière isotrope dans l'espace. À la distance D_{\mathrm{s}-\ell} du Soleil, la puissance surfacique (ou flux solaire incident) traversant une sphère centrée sur le Soleil vaut :
La Lune intercepte ce rayonnement solaire par sa surface apparente, correspondant au disque de projection de section droite d'aire S_{\mathrm{app}} = \pi R_\ell^2. La puissance solaire reçue par la Lune est ainsi :
Par définition de l'albédo \mathcal{A}, la fraction d'énergie solaire réfléchie est \mathcal{A}, de sorte que la fraction absorbée vaut 1 - \mathcal{A}. La puissance solaire absorbée par la Lune est donc :
2. Puissance perdue par rayonnement :
En assimilant la Lune à un corps noir à la température T_\ell, elle émet sur toute sa surface sphérique d'aire totale S_\ell = 4\pi R_\ell^2 une puissance surfacique \mathcal{P}_\ell = \sigma T_\ell^4. La puissance totale émise par la Lune par rayonnement s'écrit :
3. Puissance totale perdue par la Lune :
Le bilan thermique radiatif global de la Lune traduit que la puissance totale nette perdue est l'écart entre la puissance qu'elle émet par rayonnement et la puissance solaire qu'elle absorbe :
Soit, en remplaçant par les expressions obtenues :
Résultat
Question 21
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : loi de fourier, conductivité thermique
Rappeler la loi de Fourier en indiquant les noms et les unités des grandeurs introduites.
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Écrire la relation vectorielle reliant la densité de flux thermique au gradient spatial de température en précisant les unités des grandeurs.
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La loi de Fourier modélise le transfert thermique par conduction dans un milieu matériel isotrope. Elle relie localement le vecteur densité de flux thermique au gradient du champ de température sous la forme :
Les grandeurs introduites sont :
- \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} : le vecteur densité de courant thermique (ou densité de flux thermique), exprimé en watt par mètre carré (\mathrm{W \cdot m^{-2}}) ;
- \lambda : la conductivité thermique du milieu considéré, exprimée en watt par mètre par kelvin (\mathrm{W \cdot m^{-1} \cdot K^{-1}}) ;
- T : la température, exprimée en kelvin (\mathrm{K}) ;
- \overrightarrow{\operatorname{grad}} T : le gradient spatial de température, exprimé en kelvin par mètre (\mathrm{K \cdot m^{-1}}).
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 22
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : équation de la chaleur, diffusivité thermique
Établir l'équation de la chaleur. Donner l'expression du coefficient de diffusion thermique et son unité. On notera les grandeurs avec l'indice correspondant aux différents milieux décrits sur la figure 3. On considèrera les conductivités thermiques uniformes et constantes en les prenant égales à leur moyenne sur le volume de la couche considérée.
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Appliquer le premier principe de la thermodynamique à une coquille sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r en exploitant la formule du laplacien sphérique fournie.
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- Appliquer le premier principe de la thermodynamique à un volume de contrôle fixe arbitraire V situé au sein du milieu i, en l'absence de terme source interne.
- Transformer le flux thermique surfacique à l'aide du théorème de Green-Ostrogradski et injecter la loi de Fourier établie à la question Q21 avec \lambda_i uniforme.
- Identifier l'équation de diffusion thermique, l'expression de la diffusivité thermique D_i et son unité.
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Considérons un volume fixe quelconque V entièrement inclus dans le milieu i (i \in \{1, 2, 3, 4\}), délimité par une surface fermée S orientée vers l'extérieur par le vecteur normal unitaire \vec{n}_{\mathrm{ext}}. Le milieu est assimilé à une phase condensée indéformable de masse volumique \rho_i et de capacité thermique massique c_i.
Le premier principe de la thermodynamique appliqué au système contenu dans V pendant une durée \mathrm{d}t, en l'absence de travail utile et de sources de chaleur internes volumiques, s'écrit :
La variation d'énergie interne s'exprime par :
Le transfert thermique traversant la frontière S s'écrit, d'après la définition du vecteur densité de flux thermique \vec{\jmath}_{\mathrm{th}, i} :
Par le théorème de Green-Ostrogradski, le bilan thermique devient :
Ce résultat étant valable pour tout volume V, on obtient la forme locale de conservation de l'énergie :
En utilisant la loi de Fourier rappelée à la question Q21 (\vec{\jmath}_{\mathrm{th}, i} = -\lambda_i\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,T_i) et compte tenu du fait que la conductivité thermique \lambda_i est uniforme et constante dans chaque milieu :
On aboutit ainsi à l'équation de la chaleur pour le milieu i :
où le coefficient de diffusion thermique (ou diffusivité thermique) s'exprime par :
Unité de la diffusivité thermique :
- [\lambda_i] = \mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}} = \mathrm{J\cdot s^{-1}\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}}
- [\rho_i c_i] = \mathrm{J\cdot m^{-3}\cdot K^{-1}}
On en déduit immédiatement que l'unité de D_i dans le Système International est le \mathrm{m^2\cdot s^{-1}}.
Compte tenu de la symétrie sphérique du problème où T_i = T_i(r, t), le Laplacien donné dans les rappels de l'énoncé se réduit à sa partie radiale, ce qui donne explicitement :
Résultat
Question 23
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : flux thermique, condition aux limites thermiques
Établir les quatre équations traduisant la conservation du flux thermique au niveau des quatre interfaces que l'on doit considérer.
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Traduire la continuité de la composante radiale de la densité de flux conductif aux trois interfaces solides internes, puis égaler le flux conductif de surface au flux radiatif net perdu.
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- Identifier les quatre interfaces délimitant les couches concentriques de la Lune d'après la figure 3 : les trois interfaces internes (r = R_4, r = R_3, r = R_2) et l'interface externe à la surface de la Lune (r = R_\ell).
- Établir la relation de passage thermique : en l'absence de source ou de puits d'énergie surfacique (pas de transition de phase à l'interface), le flux thermique surfacique normal est continu à la traversée de chaque interface interne.
- À la surface de la Lune (r = R_\ell), exprimer l'égalité entre le flux thermique conduit depuis la croûte et la puissance totale nette rayonnée vers l'espace calculée à la question Q20.
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D'après la figure 3, la Lune est découpée en quatre milieux emboîtés :
- Milieu 4 : la graine solide (0 \leqslant r \leqslant R_4) ;
- Milieu 3 : le noyau liquide (R_4 \leqslant r \leqslant R_3) ;
- Milieu 2 : le manteau rocheux (R_3 \leqslant r \leqslant R_2) ;
- Milieu 1 : la croûte (R_2 \leqslant r \leqslant R_\ell).
Les quatre interfaces sont donc situées aux rayons r = R_4, r = R_3, r = R_2 et r = R_\ell.
Le flux thermique sortant à travers une sphère de rayon r s'exprime, compte tenu de la symétrie sphérique et de la loi de Fourier, par :
1. Interfaces internes (r = R_4, r = R_3, r = R_2) :
Considérons une coquille sphérique entourant l'interface entre les milieux i+1 et i, d'épaisseur 2\varepsilon comprise entre R - \varepsilon et R + \varepsilon. Lorsque \varepsilon \to 0, le volume et la capacité thermique de la coquille tendent vers zéro. En l'absence de source d'énergie surfacique localisée à l'interface, le bilan d'énergie impose la continuité du flux thermique \Phi, soit la continuité de la composante radiale de la densité de courant thermique :
On en déduit les trois premières équations de conservation :
À l'interface graine / noyau liquide (r = R_4) :
\Phi_4(R_4) = \Phi_3(R_4) \iff -\lambda_4 \left.\frac{\partial T_4}{\partial r}\right|_{r=R_4} = -\lambda_3 \left.\frac{\partial T_3}{\partial r}\right|_{r=R_4}À l'interface noyau liquide / manteau (r = R_3) :
\Phi_3(R_3) = \Phi_2(R_3) \iff -\lambda_3 \left.\frac{\partial T_3}{\partial r}\right|_{r=R_3} = -\lambda_2 \left.\frac{\partial T_2}{\partial r}\right|_{r=R_3}À l'interface manteau / croûte (r = R_2) :
\Phi_2(R_2) = \Phi_1(R_2) \iff -\lambda_2 \left.\frac{\partial T_2}{\partial r}\right|_{r=R_2} = -\lambda_1 \left.\frac{\partial T_1}{\partial r}\right|_{r=R_2}
2. Interface externe avec l'espace (r = R_\ell) :
À la surface de la Lune, le flux thermique par conduction issu de la croûte est intégralement évacué vers l'espace sous forme de rayonnement net (puissance totale perdue P_{\mathrm{tot}} déterminée à la question Q20) :
soit encore en termes de densité surfacique de flux :
Résultat
Question 24
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : diagramme de phase, fusion sous pression
Expliquer en quoi le profil de température dans le noyau n'est pas incompatible avec l'existence de la graine.
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Penser à la dépendance de la température de fusion du fer avec la pression lithostatique, qui croît rapidement vers le centre de l'astre.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier le paradoxe apparent : d'après la figure 4, la température est plus élevée dans la graine solide (T \sim 1\,700\text{ à }2\,000\text{ K}) que dans le noyau liquide (T \sim 1\,200\text{ à }1\,600\text{ K}).
- Faire intervenir la pression hydrostatique interne et la relation de Clapeyron sur la température de fusion du fer.
- Conclure sur la comparaison entre la température locale T(r) et la température de fusion locale T_{\mathrm{fus}}(P(r)).
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Le profil de température de la figure 4 montre que la température croît avec la profondeur, atteignant sa valeur maximale au centre de la Lune (r = 0, dans la graine, où T \approx 1\,900\text{--}2\,000\text{ K}), alors qu'elle est plus faible dans le noyau liquide situé au-dessus (T \approx 1\,200\text{--}1\,600\text{ K}).
Ce constat n'est pas incompatible avec la présence d'une graine solide pour les raisons suivantes :
- Effet de la pression : L'état physique du fer dépend à la fois de la température locale T et de la pression locale P. En s'enfonçant vers le centre de l'astre, la pression hydrostatique croît continûment en raison du poids des couches sus-jacentes.
Évolution de la température de fusion : D'après la relation de Clapeyron :
\frac{\mathrm{d}T_{\mathrm{fus}}}{\mathrm{d}P} = \frac{T\,\Delta v_{\mathrm{fus}}}{\Delta h_{\mathrm{fus}}}Puisque le fer solide est plus dense que le fer liquide à ces pressions (\Delta v_{\mathrm{fus}} = v_{\mathrm{liq}} - v_{\mathrm{sol}} > 0) et que la fusion est endothermique (\Delta h_{\mathrm{fus}} > 0), la température de fusion T_{\mathrm{fus}}(P) est une fonction strictement croissante de la pression.
Comparaison des profils : Avec la profondeur, la pression augmente suffisamment vite pour que la température de fusion locale T_{\mathrm{fus}}(P) croisse plus rapidement que la température réelle T :
- dans le noyau liquide : T(r) > T_{\mathrm{fus}}(P(r)), le fer est à l'état liquide ;
- dans la graine : T(r) < T_{\mathrm{fus}}(P(r)), le fer se solidifie.
Résultat
Question 25
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : profil de température, calcul numérique
Déterminer les valeurs numériques des constantes , , et .
Voir l'indiceIndice
Identifier les points d'ancrage aux extrémités des domaines sur la figure 4 pour calculer pentes et ordonnées à l'origine des segments affines.
Voir la stratégieStratégie
- Relier la profondeur z repérée en abscisse sur la figure 4 à la coordonnée radiale r = R_\ell - z, sachant que le rayon lunaire vaut R_\ell = 1\,750\text{ km} et que le noyau s'étend jusqu'à 1\,400\text{ km} de profondeur, soit R_{\mathrm{n}} = 350\text{ km}.
- Lire sur la figure 4 les températures aux extrémités des segments modélisés en trait gris pointillé pour le noyau (r \in [0\,;\, R_{\mathrm{n}}]) et pour la roche (r \in [R_{\mathrm{n}}\,;\, R_\ell]).
- Résoudre les systèmes linéaires pour identifier les coefficients a (ordonnée à l'origine) et b (opposé de la pente) de chaque loi affine.
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La profondeur z et le rayon r sont reliés par r = R_\ell - z. On identifie ainsi trois points remarquables :
- Au centre de la Lune (z = 1\,750\text{ km}) : r = 0 ;
- À la frontière noyau-manteau (z = 1\,400\text{ km}) : r = R_{\mathrm{n}} = 1\,750 - 1\,400 = 350\text{ km} = 3{,}5 \cdot 10^5\text{ m} ;
- À la surface de la Lune (z = 0) : r = R_\ell = 1\,750\text{ km} = 1{,}75 \cdot 10^6\text{ m}.
1. Constantes relatives au noyau de fer :
Le modèle simplifié (segment en trait gris pointillé pour z \in [1\,400\text{ km}\,;\, 1\,750\text{ km}]) donne :
Comme T_{\mathrm{n}}(r) = a_{\mathrm{n}} - b_{\mathrm{n}} r, on en déduit directement :
Puis pour le gradient thermique b_{\mathrm{n}} :
En unités du Système International :
2. Constantes relatives à la couche rocheuse :
Le segment en trait gris pointillé représentant la roche (z \in [0\,;\, 1\,400\text{ km}]) relie la température à l'interface noyau-roche T_{\mathrm{r}}(R_{\mathrm{n}}) = 1\,200\text{ K} à la température de surface extrapolée T_{\mathrm{r}}(R_\ell) = 500\text{ K} (le modèle simplifié lissant la très forte chute thermique localisée dans la croûte) :
L'ordonnée fictive à l'origine a_{\mathrm{r}} s'obtient alors par :
Ce que l'on vérifie également à l'interface : a_{\mathrm{r}} = 1\,200 + 0{,}50 \times 350 = 1\,375\text{ K}.
Avec deux chiffres significatifs :
Résultat
Question 26
Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantNotions : énergie interne, capacité thermique volumique
En utilisant la modélisation affine de la température, déterminer l'expression de l'énergie interne de la Lune en fonction notamment des capacités thermiques volumiques de la roche et du noyau ainsi que des rayons du noyau et de la Lune. L'application numérique de cette grandeur donne .
Voir l'indiceIndice
Intégrer l'expression de la densité volumique d'énergie thermique C_v T(r) sur des éléments de volume sphériques \mathrm{d}V = 4\pi r^2\mathrm{d}r pour chaque couche.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer l'énergie interne thermique élémentaire contenue dans une coquille sphérique de rayon r et d'épaisseur \mathrm{d}r où la température est T(r), en prenant pour référence U = 0 à 0\text{ K} pour les phases condensées.
- Intégrer séparément sur les deux zones homogènes à symétrie sphérique : le noyau (0 \le r \le R_{\mathrm{n}}) et la couche rocheuse (R_{\mathrm{n}} \le r \le R_\ell).
- Sommer les deux contributions pour obtenir l'énergie interne globale de la Lune.
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L'énergie interne d'un volume élémentaire \mathrm{d}V de matière assimilée à une phase condensée indilatable s'écrit, en prenant l'origine des énergies internes à T = 0\text{ K} :
où C_{\mathrm{v}} désigne la capacité thermique volumique du milieu considéré.
Compte tenu de la symétrie sphérique du problème, le volume d'une coquille sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r est \mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r.
1. Contribution du noyau (0 \le r \le R_{\mathrm{n}}) Avec le profil thermique linéaire T_{\mathrm{n}}(r) = a_{\mathrm{n}} - b_{\mathrm{n}} r et la capacité thermique volumique C_{\mathrm{v,n}} :
2. Contribution de la couche de roche (R_{\mathrm{n}} \le r \le R_\ell) Avec le profil thermique linéaire T_{\mathrm{r}}(r) = a_{\mathrm{r}} - b_{\mathrm{r}} r et la capacité thermique volumique C_{\mathrm{v,r}} :
3. Énergie interne totale de la Lune L'énergie interne totale est la somme de ces deux composantes :
L'évaluation numérique menée avec les valeurs des constantes trouvées à la question précédente et les capacités volumiques moyennes correspondantes fournit la valeur annoncée par l'énoncé :
Résultat
Question 27
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : énergie interne, capacité thermique volumique
Déterminer l'expression de l'énergie interne de la Lune lorsqu'elle sera totalement refroidie et thermalisée à la température . L'application numérique de cette grandeur donne .
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Reprendre l'intégrale précédente avec une température T_{\text{f}} uniforme et factorisable pour le noyau et la roche.
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Lorsque la Lune est totalement refroidie et thermalisée, sa température est uniforme et égale à T_{\mathrm{f}} en tout point :
En adoptant la même référence d'énergie interne nulle à T = 0\text{ K} qu'à la question précédente, l'énergie interne finale U_{\mathrm{f}} s'obtient en intégrant la densité volumique d'énergie interne u_{\mathrm{f}} = C_{\mathrm{v}} T_{\mathrm{f}} sur le volume total de la Lune, composé de la sphère centrale du noyau (indice \mathrm{n}) de rayon R_{\mathrm{n}} et de la coquille sphérique rocheuse (indice \mathrm{r}) comprise entre R_{\mathrm{n}} et R_\ell :
où les volumes respectifs des deux zones valent :
On en déduit l'expression de l'énergie interne finale de la Lune :
L'application numérique fournie par l'énoncé donne bien :
Résultat
Question 28
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : bilan d'énergie, temps de refroidissement
Donner une estimation du temps nécessaire pour que la Lune soit uniformément refroidie dans ce modèle. Commenter le résultat obtenu.
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Estimer le temps de décharge thermique par le rapport entre la variation totale d'énergie interne \Delta U et la puissance moyenne évacuée P_{\text{tot}}.
Voir la stratégieStratégie
- Déterminer l'énergie thermique totale à évacuer pour amener la Lune de son état actuel à l'état thermalisé uniforme à T_{\mathrm{f}} : \Delta U = U - U_{\mathrm{f}}.
- Estimer la durée caractéristique de refroidissement \tau_{\mathrm{ref}} en supposant que la puissance nette perdue par la Lune reste de l'ordre de P_{\mathrm{tot}} \sim 10^{15}\text{ W} calculée en Q20.
- Convertir cette durée en années et la comparer aux échelles de temps géologiques et à l'âge du Système solaire.
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L'énergie interne cédée par la Lune lors de son refroidissement complet jusqu'à la température uniforme T_{\mathrm{f}} = 250\text{ K} vaut :
D'après les applications numériques fournies aux questions Q26 et Q27 :
En modélisant la perte énergétique globale par la puissance totale rayonnée nette estimée à la question Q20, soit P_{\mathrm{tot}} \sim 10^{15}\text{ W}, le temps nécessaire au refroidissement s'estime par :
En réalisant l'application numérique :
Sachant qu'une année compte environ 1\text{ an} \approx 365{,}25 \times 86\,400\text{ s} \approx 3{,}15 \cdot 10^7\text{ s} :
Commentaires sur le résultat obtenu :
- Échelle de temps : Cette durée de l'ordre d'un million d'années est extrêmement brève à l'échelle des temps géologiques et cosmologiques, sachant que la Lune et la Terre sont âgées d'environ 4{,}5\text{ milliards d'années} (4{,}5 \cdot 10^9\text{ ans}). Si ce modèle était exact, la Lune serait totalement refroidie et inerte depuis très longtemps.
Limites physiques du modèle :
- La puissance d'évacuation P_{\mathrm{tot}} a été supposée constante et égale à sa valeur actuelle : or, à mesure que la surface se refroidit, le flux radiatif émis décroît fortement (selon T^4).
- La résistance thermique conductive interne est le facteur limitant : les roches du manteau et de la croûte sont de très mauvais conducteurs thermiques. Le temps de diffusion thermique interne \tau_{\mathrm{diff}} \sim R_\ell^2 / D est de plusieurs milliards d'années, ce qui piège la chaleur dans les profondeurs de l'astre.
- Les sources internes de chaleur (désintégration des radioéléments naturels tels que l'uranium, le thorium et le potassium) entretiennent un flux thermique permanent au cours du temps.
Résultat
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.