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Corrigé détaillé ENS Physique BCPST 2025

Éruptions volcaniques : risques et prévention

Le sujet en bref

Sujet difficile · Mécanique des fluides, Interférences lumineuses, Mouvement dans un champ de force centrale · 17 incontournables · 44 questions de première année
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Ce sujet d'une remarquable élégance applique des concepts fondamentaux de physique à la volcanologie moderne. Le premier problème traite de l'écoulement d'une nuée ardente modélisée comme un courant de gravité granulaire turbulent : gravité effective, vidange de particules par sédimentation et portée maximale de la coulée. Le second problème, ancré dans l'observation satellitaire contemporaine (mission Sentinel-1), étudie la télédétection radar active par impulsions modulées en fréquence (chirp) puis l'interférométrie radar différentielle (DInSAR) permettant de mesurer les déformations millimétriques de l'édifice volcanique avant éruption.

Très formateur et progressif, ce problème constitue une excellente synthèse reliant mécanique des fluides, traitement du signal radar, mécanique céleste et optique interférentielle. Les questions sont guidées tout en exigeant une réelle rigueur dans les bilans physiques, les approximations d'ordres de grandeur et les développements limités géométriques.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,02/20)
Temps estimé
≈ 3 h 30 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

17 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en BCPST1 : 22 questions sur 56, parties 1.1, 2.2.1 et 2.2.2.

Où gagner des points

53 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, à savoir
  • Parties indépendantes

    La sous-partie 2.1 (mécanique orbitale, Q25 à Q31) et la sous-partie 2.2 (radar et interférométrie, Q32 à Q56) sont largement indépendantes : l'étude de l'imagerie radar n'utilise que l'altitude orbitale H fournie dans les données.

  • À savoir

    Attention au changement de paramètre à la question Q56 : la longueur d'onde y est fixée à \lambda = 3\text{ cm}, rompant avec la valeur de 6\text{ cm} adoptée depuis la question Q32.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

56 questions
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Partie 1 : Premier problème : Étude d'une nuée ardente

1.1 · Gravité effective

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi des gaz parfaits, masse volumique

Rappeler la loi des gaz parfaits. En supposant qu'elle est applicable aux gaz du nuage, calculer la valeur de la masse volumique de ces gaz (sous la pression atmosphérique ).

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Utiliser p_0 V = n R T avec n = m/M et \rho_{\mathrm{g}} = m/V pour exprimer la masse volumique en fonction de p_0, M, R et T.

Voir la réponse courte

Expression de la loi des gaz parfaits puis calcul de la masse volumique \rho_{\mathrm{g}} = p_0 M / (R T).

Voir le corrigé complet

La loi des gaz parfaits relie la pression p, le volume V, la quantité de matière n et la température absolue T d'un gaz :

p V = n R T

où R est la constante des gaz parfaits.

La masse du gaz occupant le volume V est m = n M, où M est la masse molaire du mélange gazeux. La masse volumique \rho_{\mathrm{g}} s'exprime donc par :

\rho_{\mathrm{g}} = \frac{m}{V} = \frac{n M}{V}

En introduisant le rapport n/V = p_0 / (R T) sous la pression ambiante p_0, on obtient l'expression littérale :

\boxed{\rho_{\mathrm{g}} = \frac{p_0 M}{R T}}

Application numérique avec les données de l'énoncé :

  • p_0 = 1{,}0 \times 10^5\text{ Pa}
  • M = 40\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 40 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}
  • R = 8{,}3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}
  • T = 750\text{ K}
\rho_{\mathrm{g}} = \frac{1{,}0 \times 10^5 \times 40 \times 10^{-3}}{8{,}3 \times 750} \simeq 0{,}64\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}
\boxed{\rho_{\mathrm{g}} \simeq 0{,}64\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}}

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : masse volumique, fraction volumique

Dans le nuage, la fraction volumique solide est définie comme le volume occupé par les particules solides contenues dans un volume total , ramené au volume total considéré, soit : . Exprimer la masse volumique du nuage en fonction de , et .

Voir l'indice

Écrire la masse totale du nuage comme la somme des masses de solide et de gaz : m_{\mathrm{c}} = \rho_{\mathrm{s}} V_{\mathrm{s}} + \rho_{\mathrm{g}} V_{\mathrm{g}}, puis diviser par le volume total V sachant que V_{\mathrm{g}} = (1-\phi)V.

Voir la réponse courte

Bilan de masse sur le mélange diphasique donnant la masse volumique moyenne \rho_{\mathrm{c}} = \phi \rho_{\mathrm{s}} + (1-\phi)\rho_{\mathrm{g}}.

Voir le corrigé complet

Considérons un volume V de nuage pyroclastique. Ce volume est constitué du volume V_{\mathrm{s}} occupé par les particules solides et du volume V_{\mathrm{g}} occupé par le gaz, de sorte que l'additivité des volumes s'écrit :

V = V_{\mathrm{s}} + V_{\mathrm{g}}

La fraction volumique solide étant \phi = \dfrac{V_{\mathrm{s}}}{V}, la fraction occupée par la phase gazeuse vaut :

\frac{V_{\mathrm{g}}}{V} = 1 - \phi

La masse totale m contenue dans ce volume est la somme des masses des deux phases :

m = m_{\mathrm{s}} + m_{\mathrm{g}} = \rho_{\mathrm{s}} V_{\mathrm{s}} + \rho_{\mathrm{g}} V_{\mathrm{g}}

La masse volumique \rho_{\mathrm{c}} du nuage est alors donnée par le rapport de la masse totale au volume total :

\rho_{\mathrm{c}} = \frac{m}{V} = \rho_{\mathrm{s}} \frac{V_{\mathrm{s}}}{V} + \rho_{\mathrm{g}} \frac{V_{\mathrm{g}}}{V}

Soit finalement :

\boxed{\rho_{\mathrm{c}} = \phi \, \rho_{\mathrm{s}} + (1 - \phi) \, \rho_{\mathrm{g}}}

ou encore \rho_{\mathrm{c}} = \rho_{\mathrm{g}} + \phi(\rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}).

Résultat

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : poussée d'archimède, gravité effective

On appelle gravité effective la grandeur définie par la relation suivante :

Exprimer en fonction de . Calculer sa valeur pour .

Voir l'indice

Remplacer \rho_{\mathrm{c}} par l'expression trouvée en Q2 dans la formule de g' et factoriser par \phi.

Voir la réponse courte

Remplacement de \rho_{\mathrm{c}} dans la définition de g' puis calcul numérique pour \phi = 1\%.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q2, la masse volumique du nuage pyroclastique s'écrit en fonction de la fraction volumique solide \phi :

\rho_{\mathrm{c}} = \phi \rho_{\mathrm{s}} + (1 - \phi)\rho_{\mathrm{g}} = \rho_{\mathrm{g}} + \phi(\rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}})

En substituant cette relation dans la définition de la gravité effective donnée par l'équation (1), il vient :

\begin{aligned} g' &= \frac{\rho_{\mathrm{c}} - \rho_0}{\rho_0} \times g \\ &= \left( \frac{\rho_{\mathrm{g}} - \rho_0}{\rho_0} + \phi\,\frac{\rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}}{\rho_0} \right) g \end{aligned}
\boxed{g' = \left( \frac{\phi \rho_{\mathrm{s}} + (1 - \phi)\rho_{\mathrm{g}} - \rho_0}{\rho_0} \right) g = \left( \frac{\rho_{\mathrm{g}} - \rho_0}{\rho_0} + \phi\,\frac{\rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}}{\rho_0} \right) g}

Application numérique : Pour \phi = 1\% = 0{,}01, avec \rho_{\mathrm{s}} = 900\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, \rho_{\mathrm{g}} \simeq 0{,}64\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} (obtenu à la question Q1), \rho_0 = 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et g = 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

\rho_{\mathrm{c}} = 0{,}01 \times 900 + 0{,}99 \times 0{,}64 \simeq 9{,}0 + 0{,}63 = 9{,}63\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}

La gravité effective vaut donc :

g' = \frac{9{,}63 - 1{,}2}{1{,}2} \times 9{,}8 \simeq 7{,}03 \times 9{,}8 \simeq 69\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}
\boxed{g' \simeq 69\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}}

Résultat

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : poussée d'archimède, flottabilité

Exprimer la fraction volumique solide minimale pour laquelle . Calculer sa valeur.

Voir l'indice

Résoudre l'équation \rho_{\mathrm{c}} = \rho_0, ce qui traduit l'équilibre de flottabilité entre le nuage et l'air ambiant.

Voir la réponse courte

Condition de flottabilité neutre \rho_{\mathrm{c}} = \rho_0 conduisant à \phi_{\min} = (\rho_0 - \rho_{\mathrm{g}})/(\rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}).

Voir le corrigé complet

D'après la définition de la gravité effective donnée par l'équation (1), g' = 0 équivaut à :

\rho_{\mathrm{c}} = \rho_0

En utilisant l'expression de la masse volumique du nuage obtenue à la question 2, \rho_{\mathrm{c}} = \rho_{\mathrm{g}} + \phi(\rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}), la condition g' = 0 se traduit par :

\rho_{\mathrm{g}} + \phi_{\min}(\rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}) = \rho_0

On en déduit l'expression de la fraction volumique solide minimale :

\boxed{\phi_{\min} = \frac{\rho_0 - \rho_{\mathrm{g}}}{\rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}}}

Application numérique : Avec les données de l'énoncé :

  • \rho_0 = 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \rho_{\mathrm{s}} = 900\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \rho_{\mathrm{g}} \simeq 0{,}64\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} (valeur déterminée à la question 1).
\phi_{\min} = \frac{1{,}2 - 0{,}64}{900 - 0{,}64} = \frac{0{,}56}{899{,}36} \simeq 6{,}2 \times 10^{-4}
\boxed{\phi_{\min} \simeq 6{,}2 \times 10^{-4} \quad (\text{soit } 0{,}062\%)}

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : gravité effective, poussée d'archimède

Nous définissons les grandeurs suivantes : et (appelée fraction volumique solide d'excès). Établir que l'on peut écrire sous la forme suivante :

Voir l'indice

Exprimer \rho_{\mathrm{c}} - \rho_0 en introduisant \phi_{\min} défini à la question précédente et factoriser par \Delta\rho = \rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}.

Voir la réponse courte

Réarrangement algébrique de l'expression de g' en factorisant par \Delta\rho/\rho_0 et en introduisant \psi.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q2, la masse volumique du nuage s'exprime sous la forme :

\rho_{\mathrm{c}} = \rho_{\mathrm{g}} + \phi(\rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}) = \rho_{\mathrm{g}} + \phi\,\Delta\rho

où l'on a posé \Delta\rho = \rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}.

Par définition de la fraction volumique minimale \phi_{\min} établie à la question Q4, on a :

\phi_{\min} = \frac{\rho_0 - \rho_{\mathrm{g}}}{\rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}} = \frac{\rho_0 - \rho_{\mathrm{g}}}{\Delta\rho} \quad\implies\quad \rho_0 - \rho_{\mathrm{g}} = \phi_{\min}\,\Delta\rho

Le numérateur de la gravité effective définie à la relation (1) s'écrit alors :

\begin{aligned} \rho_{\mathrm{c}} - \rho_0 &= \left(\rho_{\mathrm{g}} + \phi\,\Delta\rho\right) - \rho_0 \\ &= \phi\,\Delta\rho - (\rho_0 - \rho_{\mathrm{g}}) \\ &= \phi\,\Delta\rho - \phi_{\min}\,\Delta\rho \\ &= (\phi - \phi_{\min})\,\Delta\rho \\ &= \psi\,\Delta\rho \end{aligned}

où \psi = \phi - \phi_{\min} est la fraction volumique solide d'excès.

En réinjectant cette expression dans la définition de g', on obtient bien :

\boxed{g' = g \times \frac{\Delta\rho}{\rho_0} \times \psi}

Résultat

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1.2 · Effondrement du nuage sous l'action de la pesanteur

Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : nombre de reynolds, écoulement inertiel

Nous notons la viscosité dynamique de la suspension de particules solides qui constitue le nuage. Indiquer à quelle condition, portant sur , , et , il devient possible de négliger les effets visqueux devant les effets inertiels, dans l'écoulement du nuage. Dans toute la suite, nous supposerons que cette condition reste vérifiée.

Voir l'indice

Former le nombre de Reynolds macroscopique de l'écoulement \mathrm{Re} = \rho_{\mathrm{c}} u h / \eta_{\mathrm{c}} et écrire la condition traduisant la prépondérance de l'inertie.

Voir la réponse courte

Les effets visqueux sont négligeables devant les effets inertiels lorsque le nombre de Reynolds vérifie \mathrm{Re} = \rho_{\mathrm{c}} u h / \eta_{\mathrm{c}} \gg 1.

Voir le corrigé complet

Dans l'équation de Navier-Stokes décrivant l'écoulement d'un fluide de masse volumique \rho_{\mathrm{c}} et de viscosité dynamique \eta_{\mathrm{c}}, les ordres de grandeur du terme convectif d'inertie et du terme de diffusion visqueuse s'écrivent respectivement, à l'échelle de la hauteur h et de la vitesse u :

\begin{aligned} \left\| \rho_{\mathrm{c}} (\vec{v} \cdot \vec{\nabla})\vec{v} \right\| &\sim \frac{\rho_{\mathrm{c}} u^2}{h} \\ \left\| \eta_{\mathrm{c}} \Delta \vec{v} \right\| &\sim \frac{\eta_{\mathrm{c}} u}{h^2} \end{aligned}

Le rapport de ces deux grandeurs définit le nombre de Reynolds de l'écoulement :

\mathrm{Re} = \frac{\rho_{\mathrm{c}} u h}{\eta_{\mathrm{c}}}

Les effets visqueux sont négligeables devant les effets inertiels lorsque ce nombre sans dimension est très supérieur à l'unité, soit :

\boxed{\frac{\rho_{\mathrm{c}} u h}{\eta_{\mathrm{c}}} \gg 1}

Résultat

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, célérité d'onde

Des expériences analogiques ont permis d'établir que la vitesse du front, dans ce régime d'écoulement, prend la forme suivante :

où est une constante sans dimension.

Par analyse dimensionnelle, déterminer la valeur de chacun des exposants et .

Voir l'indice

Poser l'équation aux dimensions sur les grandeurs u, g' et h sachant que [u] = \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1} et [g'] = \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}.

Voir la stratégie

Pour déterminer les exposants \alpha et \beta, on exprime la dimension de chaque grandeur intervenant dans l'équation (3) dans le système international d'unités (longueur \mathrm{L} et temps \mathrm{T}), puis on identifie les puissances de chaque dimension fondamentale de part et d'autre de l'égalité.

Voir la réponse courte

Identification dimensionnelle sur [u] = [g']^\alpha [h]^\beta conduisant à \alpha = 1/2 et \beta = 1/2.

Voir le corrigé complet

Déterminons la dimension de chacune des grandeurs intervenant dans l'expression (3) :

  • La vitesse du front u a pour dimension celle d'une vitesse :

    [u] = \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1}
  • La constante F est sans dimension par hypothèse : [F] = 1.
  • La gravité effective g' est homogène à l'accélération de la pesanteur g (puisque (\rho_{\mathrm{c}}-\rho_0)/\rho_0 est un rapport de masses volumiques, donc sans dimension) :

    [g'] = \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}
  • La hauteur h du nuage est une longueur :

    [h] = \mathrm{L}

En appliquant le principe d'homogénéité à la relation u = F \, (g')^{\alpha} \, h^{\beta}, on obtient :

[u] = [g']^{\alpha} \, [h]^{\beta} \iff \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1} = \left(\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}\right)^{\alpha} \mathrm{L}^{\beta} = \mathrm{L}^{\alpha + \beta} \, \mathrm{T}^{-2\alpha}

Par identification des exposants de chaque grandeur fondamentale :

\begin{aligned} \text{Sur le temps }\mathrm{T} : & \quad -2\alpha = -1 \implies \alpha = \frac{1}{2} \\ \text{Sur la longueur }\mathrm{L} : & \quad \alpha + \beta = 1 \implies \beta = 1 - \alpha = \frac{1}{2} \end{aligned}

On en déduit donc les valeurs des deux exposants :

\boxed{\alpha = \frac{1}{2}} \quad \text{et} \quad \boxed{\beta = \frac{1}{2}}

Résultat

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : gravité effective, vitesse d'écoulement

Utiliser l'équation (2) pour exprimer la vitesse du nuage en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

Substituer simplement l'expression de g' issue de la relation (2) dans l'équation donnant u avec les exposants déterminés en Q7.

Voir la réponse courte

Substitution de g' dans la loi de vitesse : u = F \sqrt{g h \psi \Delta\rho / \rho_0}.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question 7, la vitesse du front du nuage s'écrit :

u = F \sqrt{g' h}

En substituant l'expression de la gravité effective g' donnée par l'équation (2) :

g' = g \, \frac{\Delta\rho}{\rho_0} \, \psi

on obtient directement l'expression de la vitesse u du nuage :

\boxed{u = F \sqrt{g \, \frac{\Delta\rho}{\rho_0} \, \psi \, h} = F \left( g \, \frac{\Delta\rho}{\rho_0} \, \psi \, h \right)^{1/2}}

Résultat

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : vitesse d'écoulement, ordre de grandeur

Application numérique : Estimer la vitesse d'une nuée ardente de hauteur et pour . Commenter brièvement ce résultat.

Voir l'indice

Faire l'application numérique directe et convertir le résultat en \mathrm{km}\cdot\mathrm{h}^{-1} pour apprécier la dangerosité extrême du front.

Voir la réponse courte

Vitesse de l'ordre de plusieurs dizaines de mètres par seconde, illustrant la violence destructrice d'une nuée ardente.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q8, la vitesse du front s'écrit :

u = F \sqrt{g \frac{\Delta\rho}{\rho_0} \psi h}

avec \Delta\rho = \rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}} \simeq 900 - 0{,}64 \simeq 899{,}4\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}.

Avec les valeurs numériques de l'énoncé :

  • F \simeq 1{,}2 ;
  • g = 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} ;
  • \Delta\rho \simeq 900\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \rho_0 = 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \psi = 1\% = 1{,}0 \times 10^{-2} ;
  • h = 200\text{ m}.

Le terme sous la racine vaut :

g' = g \frac{\Delta\rho}{\rho_0} \psi = 9{,}8 \times \frac{899{,}4}{1{,}2} \times 1{,}0 \times 10^{-2} \simeq 73{,}5\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}

d'où :

\begin{aligned} u &= 1{,}2 \times \sqrt{73{,}5 \times 200} \\ &\simeq 1{,}2 \times 121 \\ &\simeq 1{,}5 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

Soit, en kilomètres par heure :

u \simeq 145 \times 3{,}6 \simeq 5{,}2 \times 10^2\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}
\boxed{u \simeq 1{,}5 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 520\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}}

Commentaire : La vitesse obtenue est considérable (de l'ordre de 500\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}, supérieure à celle d'un TGV en service commercial). Une telle vitesse explique le caractère foudroyant et dévastateur des nuées ardentes : le front progresse beaucoup trop vite pour permettre une quelconque fuite ou évacuation des populations à son approche (ce qui corrobore le lourd bilan de la catastrophe de la Montagne Pelée rappelé dans l'introduction).

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : conservation de la masse, cinématique du front

Nous supposons que le volume du nuage reste constant. Établir alors que la longueur du nuage vérifie l'équation différentielle suivante :

On donnera l'expression de la constante en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

Traduire la conservation du volume V(t) = L(t) h(t) W_0 = L_0 h_0 W_0 pour exprimer h(t) en fonction de L(t), puis substituer dans u = \mathrm{d}L/\mathrm{d}t.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la conservation du volume du nuage pyroclastique pour relier la hauteur instantanée h(t) à la longueur L(t) et aux conditions initiales h_0 et L_0.
  2. Injecter cette relation dans l'expression de la vitesse du front u(t) = \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} établie à la question Q8 afin d'identifier l'équation différentielle et la constante A.
Voir la réponse courte

Conservation du volume bidimensionnel h L = h_0 L_0 combinée à u = \mathrm{d}L/\mathrm{d}t, avec A = F\sqrt{g h_0 L_0 \Delta\rho / \rho_0}.

Voir le corrigé complet

Le nuage est modélisé par un parallélépipède de largeur constante W_0, de longueur L(t) et de hauteur h(t). Son volume à l'instant t s'écrit :

V(t) = L(t)\,h(t)\,W_0

Puisque le volume du nuage reste constant au cours de l'écoulement, il est égal à sa valeur initiale à t = 0 :

L(t)\,h(t)\,W_0 = L_0\,h_0\,W_0 \implies h(t) = \frac{L_0\,h_0}{L(t)}

D'après le résultat de la question Q8, la vitesse du front s'exprime par :

u(t) = \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} = F \sqrt{g\,\frac{\Delta\rho}{\rho_0}\,\psi\,h(t)}

En remplaçant h(t) par son expression en fonction de L(t), on obtient :

\frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} = F \sqrt{g\,\frac{\Delta\rho}{\rho_0}\,\psi\,\frac{L_0\,h_0}{L(t)}} = F \sqrt{g\,\frac{\Delta\rho}{\rho_0}\,L_0\,h_0} \times \frac{\psi^{1/2}}{L^{1/2}}

En multipliant par L^{1/2}, on retrouve l'équation différentielle proposée :

L^{1/2}\,\frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} = A\,\psi^{1/2}

avec :

\boxed{A = F \sqrt{g\,\frac{\Delta\rho}{\rho_0}\,L_0\,h_0}}

Résultat

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Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation différentielle, intégration

Intégrer cette équation différentielle afin de déterminer la fonction .

Voir l'indice

Séparer les variables L^{1/2}\mathrm{d}L = A \psi^{1/2}\mathrm{d}t et intégrer entre t=0 (où L=L_0) et t en supposant \psi constant.

Voir la réponse courte

Séparation des variables et intégration directe menant à L(t) = \left(L_0^{3/2} + \frac{3}{2}A\psi^{1/2}t\right)^{2/3}.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle (4) régissant la longueur L(t) du nuage s'écrit :

L^{1/2} \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} = A \psi^{1/2}

La fraction volumique solide d'excès \psi étant supposée constante dans cette section, cette équation différentielle non linéaire est à variables séparables :

L^{1/2}\,\mathrm{d}L = A \psi^{1/2}\,\mathrm{d}t

En intégrant entre l'instant initial t = 0, où L(0) = L_0, et un instant t quelconque :

\begin{aligned} \int_{L_0}^{L(t)} L'^{1/2}\,\mathrm{d}L' &= \int_0^t A \psi^{1/2}\,\mathrm{d}t' \\ \left[ \frac{2}{3} L'^{3/2} \right]_{L_0}^{L(t)} &= A \psi^{1/2} t \\ \frac{2}{3} \left( L(t)^{3/2} - L_0^{3/2} \right) &= A \psi^{1/2} t \end{aligned}

On en déduit l'expression de L(t)^{3/2} :

L(t)^{3/2} = L_0^{3/2} + \frac{3}{2} A \psi^{1/2} t

Puis, en élevant à la puissance 2/3 :

\boxed{L(t) = \left( L_0^{3/2} + \frac{3}{2} A \psi^{1/2} t \right)^{2/3}}

Résultat

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : allure de courbe, loi de puissance

Représenter l'allure graphique de la fonction . Cette fonction a-t-elle une limite pour ?

Voir l'indice

Tracer une fonction en puissance t^{2/3} démarrant à L_0 et étudier sa limite lorsque le temps tend vers l'infini.

Voir la stratégie
  1. Analyser l'expression mathématique de L(t) obtenue à la question précédente : valeur initiale en t=0, sens de variation, concavité et comportement asymptotique.
  2. Tracer l'allure de la courbe L(t) en faisant apparaître les grandeurs caractéristiques (L_0 et la pente initiale).
  3. Conclure sur l'existence d'une limite pour t \to +\infty.
Voir la réponse courte

Tracé d'une puissance t^{2/3} à concavité vers le bas ; la longueur tend vers +\infty, ce qui est non physique.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q11, la longueur du nuage s'écrit :

L(t) = \left( L_0^{3/2} + \frac{3}{2} A \psi^{1/2} t \right)^{2/3}

avec A > 0 et \psi > 0 constants dans ce modèle.

Étude de la fonction L(t) :

  • Valeur initiale : à t = 0, on retrouve bien L(0) = L_0.
  • Vitesse d'expansion :

    \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} = A \psi^{1/2} L(t)^{-1/2} > 0

    La fonction L(t) est donc strictement croissante. La pente à l'origine vaut u(0) = A \psi^{1/2} L_0^{-1/2}.

  • Concavité :

    \frac{\mathrm{d}^2 L}{\mathrm{d}t^2} = -\frac{1}{2} A \psi^{1/2} L(t)^{-3/2} \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} = -\frac{1}{2} A^2 \psi L(t)^{-2} < 0

    La fonction est strictement concave (la progression du nuage ralentit continûment au fur et à mesure qu'il s'étale et que sa hauteur h(t) diminue).

Allure graphique :

Comportement quand t \to +\infty : Lorsque t \to +\infty, le terme linéaire domine largement le terme initial :

L(t) \underset{t \to +\infty}{\sim} \left(\frac{3}{2} A \psi^{1/2}\right)^{2/3} t^{2/3}

Par conséquent :

\boxed{\lim_{t \to +\infty} L(t) = +\infty}

La fonction L(t) n'admet donc aucune limite finie : dans le cadre de ce modèle sans dépôt de matière, le nuage s'étend indéfiniment.

Résultat

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : sédimentation, dépôt particulaire

Dans la réalité, on observe que atteint une longueur limite. Indiquer comment devrait alors se comporter pour . En déduire quel phénomène il est donc nécessaire de prendre en compte pour compléter ce premier modèle.

Voir l'indice

Constater que pour arrêter le front (u \to 0), il faut que le moteur gravitaire g' s'annule, ce qui nécessite une déplétion des particules solides.

Voir la réponse courte

Pour que la vitesse s'annule, il faut \psi \to 0 : le modèle doit incorporer la sédimentation des particules solides.

Voir le corrigé complet

Si la longueur du nuage atteint une valeur finie L_{\infty} = \lim_{t \to +\infty} L(t), la vitesse d'avancée du front doit nécessairement s'annuler en temps long :

\lim_{t \to +\infty} \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} = 0

D'après l'équation différentielle (4) issue de la question Q10 :

L^{1/2}\,\frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} = A \psi^{1/2}

Comme L(t) tend vers une limite finie non nulle L_\infty, le membre de gauche tend vers 0 lorsque t \to +\infty. La constante A étant strictement positive, cela implique que :

\boxed{\lim_{t \to +\infty} \psi(t) = 0}

Lorsque \psi \to 0, la fraction volumique solide tend vers sa valeur critique \phi_{\min}, ce qui annule la gravité effective g' (d'après l'équation (2)) : la masse volumique du nuage devient égale à celle de l'air ambiant (\rho_{\mathrm{c}} \to \rho_0), de sorte que la poussée d'Archimède compense exactement le poids du nuage, éteignant le moteur gravitaire de l'écoulement.

Dans la réalité, les particules solides en suspension ne restent pas indéfiniment dans le nuage : sous l'action de la pesanteur, elles tombent et se déposent sur le sol. Le phénomène physique indispensable à prendre en compte pour compléter ce modèle est donc la sédimentation (ou le dépôt gravitaire) des particules solides.

Résultat

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1.3 · Sédimentation des particules solides présentes dans le nuage

Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : force de traînée, coefficient de traînée

Nous supposons qu'une particule tombe verticalement à la vitesse (comptée positivement vers le bas) et que nous pouvons négliger la présence des autres particules (). Donner l'expression générale de la force de traînée (verticale) exercée par le gaz sur la particule, en faisant intervenir le coefficient de traînée .

Voir l'indice

Utiliser la définition du maître-couple de la sphère S = \pi d^2 / 4 dans l'expression standard de la force de traînée aérodynamique.

Voir la réponse courte

Force de traînée aérodynamique sur une sphère : F_{\mathrm{T}} = \frac{1}{2}\rho_{\mathrm{g}} \pi (d/2)^2 C_x v^2.

Voir le corrigé complet

La force de traînée exercée par un fluide de masse volumique \rho_{\mathrm{g}} sur un obstacle se déplaçant à la vitesse v a pour norme :

F_{\mathrm{T}} = \frac{1}{2} C_x \rho_{\mathrm{g}} S v^2

où S est le maître-couple (section droite frontale perpendiculaire à l'écoulement) et C_x le coefficient de traînée.

Pour une particule sphérique de diamètre d, le maître-couple correspond à la surface d'un disque de diamètre d :

S = \frac{\pi d^2}{4}

La force de traînée s'oppose au mouvement de la particule ; la particule chutant vers le bas, la force est donc dirigée verticalement vers le haut. En norme (ou intensité), elle s'écrit :

\boxed{F_{\mathrm{T}} = \frac{1}{8} \pi C_x \rho_{\mathrm{g}} d^2 v^2}

En projection sur un axe vertical orienté vers le bas (dans le sens de la vitesse v), sa composante algébrique est :

F_{\mathrm{T},z} = - \frac{1}{8} \pi C_x \rho_{\mathrm{g}} d^2 v^2

Résultat

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : traînée de stokes, nombre de reynolds

La dépendance du coefficient de traînée vis-à-vis du nombre de Reynolds particulaire , pour un objet sphérique, est représentée sur la figure (2).

Justifier, en précisant la méthode choisie, que dans la limite (approximation correspondant à la ligne en tirets), il devient acceptable d'exprimer le coefficient de traînée par la relation suivante :

On précisera la valeur du coefficient .

Voir l'indice

Reconnaître une échelle logarithmique où \log_{10}(C_x) = \log_{10}(C_1) - \log_{10}(\mathrm{Re}_{\mathrm{p}}) et relever l'ordonnée à l'origine ou pour \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} = 1.

Voir la stratégie
  1. Interpréter la représentation en coordonnées bi-logarithmiques (\log_{10}(C_x) en fonction de \log_{10}(\mathrm{Re}_{\mathrm{p}})) : une droite correspond à une loi de puissance.
  2. Déterminer la pente de la droite en tirets pour justifier l'exposant -1 associé à \mathrm{Re}_{\mathrm{p}}^{-1}.
  3. Lire l'ordonnée à l'abscisse \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} = 1 (ou pour toute autre valeur remarquable) pour en déduire la constante C_1.
Voir la réponse courte

Identification avec la force de Stokes F_{\mathrm{T}} = 3\pi\eta_{\mathrm{g}} d v ou lecture de pente -1 en log-log, donnant C_1 = 24.

Voir le corrigé complet

Le graphique de la figure (2) est tracé en coordonnées logarithmiques (\log_{10} - \log_{10}).

Dans ce repère, une fonction de la forme C_x = \frac{C_1}{\mathrm{Re}_{\mathrm{p}}} = C_1\,\mathrm{Re}_{\mathrm{p}}^{-1} conduit à la relation affine :

\log_{10}(C_x) = \log_{10}(C_1) - \log_{10}(\mathrm{Re}_{\mathrm{p}})

Il s'agit donc d'une droite de pente -1.

Justification de la forme de la loi :

  • Sur le domaine \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} \lesssim 1, la courbe expérimentale se confond avec la droite en tirets.
  • Mesurons la pente de cette droite en tirets à l'aide de deux points remarquables :

    • pour \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} = 10^{-1}, on lit C_x \simeq 2{,}4 \times 10^2 ;
    • pour \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} = 10^0 = 1, on lit C_x \simeq 2{,}4 \times 10^1 = 24.

    La pente vaut :

    a = \frac{\log_{10}(24) - \log_{10}(240)}{\log_{10}(1) - \log_{10}(10^{-1})} = \frac{-1}{1} = -1

    La dépendance affine de pente -1 en coordonnées logarithmiques justifie pleinement l'expression C_x = \frac{C_1}{\mathrm{Re}_{\mathrm{p}}}.

Valeur du coefficient C_1 : Pour \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} = 1, on a directement \log_{10}(\mathrm{Re}_{\mathrm{p}}) = 0, d'où C_x(1) = C_1.

Sur la grille logarithmique, à \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} = 1, la droite coupe l'axe entre la deuxième et la troisième ligne secondaire de la décade [10^1, 10^2] (correspondant à 20 et 30), très précisément à :

\boxed{C_1 \simeq 24}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : vitesse limite, traînée de stokes

Établir l'expression, dans le cadre de cette approximation, de la vitesse limite de sédimentation d'une particule solide dans le nuage, soumise à l'accélération de la pesanteur . On exprimera cette vitesse en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Écrire le bilan vertical des forces à vitesse limite (poids effectif incluant la poussée d'Archimède compensé par la traînée de Stokes).

Voir la réponse courte

Équilibre entre poids apparent et traînée de Stokes conduisant à v_{\mathrm{s}} = \frac{\Delta\rho g d^2}{18\eta_{\mathrm{g}}} = \frac{4\Delta\rho g d^2}{3 C_1 \eta_{\mathrm{g}}}.

Voir le corrigé complet

Considérons une particule solide sphérique de diamètre d, de volume V_{\mathrm{s}} = \frac{\pi d^3}{6} et de masse m = \rho_{\mathrm{s}} V_{\mathrm{s}}, en chute verticale dans le gaz du nuage à la vitesse limite v_{\mathrm{s}} (orientée vers le bas).

Le bilan des forces projeté selon l'axe vertical descendant s'écrit :

  • le poids de la particule :

    P = m g = \rho_{\mathrm{s}} \frac{\pi d^3}{6} g
  • la poussée d'Archimède exercée par le gaz du nuage :

    \Pi_{\mathrm{A}} = \rho_{\mathrm{g}} \frac{\pi d^3}{6} g
  • la force de traînée fluide (résultante vers le haut), d'après la question Q14 :

    F_{\mathrm{T}} = \frac{1}{2} C_x \rho_{\mathrm{g}} S v_{\mathrm{s}}^2 = \frac{1}{2} C_x \rho_{\mathrm{g}} \left( \frac{\pi d^2}{4} \right) v_{\mathrm{s}}^2

Dans le régime \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} \lesssim 1, en utilisant l'expression du coefficient de traînée C_x = \frac{C_1}{\mathrm{Re}_{\mathrm{p}}} et celle du nombre de Reynolds particulaire \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} = \frac{\rho_{\mathrm{g}} d v_{\mathrm{s}}}{\eta_{\mathrm{g}}} :

\begin{aligned} F_{\mathrm{T}} &= \frac{1}{2} \left( \frac{C_1 \eta_{\mathrm{g}}}{\rho_{\mathrm{g}} d v_{\mathrm{s}}} \right) \rho_{\mathrm{g}} \left( \frac{\pi d^2}{4} \right) v_{\mathrm{s}}^2 \\ &= \frac{\pi C_1}{8} \eta_{\mathrm{g}} d v_{\mathrm{s}} \end{aligned}

À la vitesse limite de sédimentation v_{\mathrm{s}}, l'accélération de la particule est nulle. Le principe fondamental de la dynamique se réduit à l'équilibre des forces :

P - \Pi_{\mathrm{A}} - F_{\mathrm{T}} = 0

En introduisant \Delta\rho = \rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}, il vient :

\begin{aligned} \Delta\rho \frac{\pi d^3}{6} g &= \frac{\pi C_1}{8} \eta_{\mathrm{g}} d v_{\mathrm{s}} \end{aligned}

En simplifiant par \pi d, on obtient :

\boxed{v_{\mathrm{s}} = \frac{4}{3 C_1} \frac{\Delta\rho \, g \, d^2}{\eta_{\mathrm{g}}}}

Résultat

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : nombre de reynolds, validité de modèle

Calculer la valeur de , pour . En déduire celle du nombre de Reynolds particulaire puis celle de (issue de la relation (5)), qui lui correspondent. Commenter ces résultats vis-à-vis de l'hypothèse adoptée ().

Voir l'indice

Calculer v_{\mathrm{s}}, injecter le résultat dans la formule de \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} et vérifier si la condition \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} \lesssim 1 est strictement respectée.

Voir la réponse courte

Calcul numérique montrant que \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} > 1, ce qui met en défaut le régime de Stokes strict.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q16 avec C_1 = 24, la vitesse limite de sédimentation s'écrit :

v_{\mathrm{s}} = \frac{\Delta\rho \, g \, d^2}{18\,\eta_{\mathrm{g}}}

avec \Delta\rho = \rho_{\mathrm{s}} - \rho_{\mathrm{g}}.

  • Calcul de la vitesse limite de sédimentation v_{\mathrm{s}} :

Avec les données numériques fournies :

  • \rho_{\mathrm{s}} = 900\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et \rho_{\mathrm{g}} = 0,6\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, soit \Delta\rho = 899{,}4\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} \simeq 900\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3},
  • g = 9,8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2},
  • d = 300\;\mu\text{m} = 3,0 \times 10^{-4}\text{ m},
  • \eta_{\mathrm{g}} = 4 \times 10^{-5}\text{ Pa}\cdot\text{s}.

On obtient :

\begin{aligned} v_{\mathrm{s}} &= \frac{900 \times 9{,}8 \times (3{,}0 \times 10^{-4})^2}{18 \times 4 \times 10^{-5}} = \frac{7{,}94 \times 10^{-4}}{7{,}2 \times 10^{-4}} \simeq 1{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
\boxed{v_{\mathrm{s}} \simeq 1{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}
  • Calcul du nombre de Reynolds particulaire \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} :

Par définition :

\begin{aligned} \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} &= \frac{\rho_{\mathrm{g}} \, d \, v_{\mathrm{s}}}{\eta_{\mathrm{g}}} = \frac{0{,}6 \times 3{,}0 \times 10^{-4} \times 1{,}10}{4 \times 10^{-5}} \simeq 5{,}0 \end{aligned}
\boxed{\mathrm{Re}_{\mathrm{p}} \simeq 5{,}0}
  • Calcul du coefficient de traînée C_x issu de la relation (5) :
\begin{aligned} C_x &= \frac{C_1}{\mathrm{Re}_{\mathrm{p}}} = \frac{24}{4{,}96} \simeq 4{,}8 \end{aligned}
\boxed{C_x \simeq 4{,}8}
  • Commentaire vis-à-vis de l'hypothèse \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} \lesssim 1 :

La valeur obtenue pour le nombre de Reynolds particulaire (\mathrm{Re}_{\mathrm{p}} \simeq 5) est supérieure à 1. L'hypothèse de l'écoulement rampant de Stokes (\mathrm{Re}_{\mathrm{p}} \lesssim 1) n'est donc pas strictement vérifiée : les effets inertiels locaux dans le sillage de la particule ne sont plus totalement négligeables devant les effets visqueux.

Résultat

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : coefficient de traînée, vitesse limite

À l'aide du graphe représenté sur la figure (2), déterminer la nouvelle valeur de (correspondant à la valeur de précédemment déterminée). La vitesse de sédimentation correspondante est-elle alors plus faible ou plus élevée que celle calculée en réponse à la question (17) ? Une argumentation est attendue.

Voir l'indice

Lire la valeur expérimentale de C_x sur la courbe pleine de la figure 2 pour le Reynolds trouvé, puis comparer la force de traînée résultante.

Voir la réponse courte

Lecture sur la courbe réelle : C_x est supérieur à 24/\mathrm{Re}_{\mathrm{p}}, donc la traînée est accrue et la vitesse réelle est plus faible.

Voir le corrigé complet

1. Détermination graphique de C_x :

D'après la question Q17, le nombre de Reynolds particulaire associé à la vitesse calculée dans l'approximation de Stokes vaut :

\mathrm{Re}_{\mathrm{p}} \simeq 5{,}0

Sur la figure 2 (tracée en échelle logarithmique \log_{10}-\log_{10}) :

  • on repère sur l'axe des abscisses la graduation correspondant à \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} = 5 (cinquième graduation secondaire entre 10^0 = 1 et 10^1 = 10) ;
  • à cette abscisse, la courbe en tirets (loi de Stokes C_x = 24/\mathrm{Re}_{\mathrm{p}}) donne bien C_x \simeq 4{,}8, mais la courbe en trait plein (comportement réel de la sphère) s'en écarte vers le haut ;
  • sur la courbe réelle en trait plein, on lit sur l'axe des ordonnées une valeur comprise entre 6,5 et 7 :
\boxed{C_x \simeq 7}

2. Comparaison des vitesses de sédimentation :

À la vitesse limite de sédimentation v_{\mathrm{s}}, le bilan des forces verticales projeté selon la verticale descendante s'écrit :

P - \Pi - F_{\mathrm{T}} = 0 \implies F_{\mathrm{T}} = \frac{1}{6}\pi d^3 \Delta\rho \, g

En exprimant la force de traînée selon la formule générale donnée à la question Q14 :

\frac{1}{2} C_x \rho_{\mathrm{g}} \left( \frac{\pi d^2}{4} \right) v_{\mathrm{s}}^2 = \frac{1}{6}\pi d^3 \Delta\rho \, g \iff C_x \, v_{\mathrm{s}}^2 = \frac{4}{3} \frac{\Delta\rho \, g \, d}{\rho_{\mathrm{g}}} = \text{Cste}

Le second membre étant fixé uniquement par les caractéristiques de la particule et du fluide :

  • la nouvelle valeur du coefficient de traînée (C_x \simeq 7) est supérieure à celle issue de la formule de Stokes (C_x \simeq 4{,}8) ;
  • la force de freinage exercée par le fluide à vitesse donnée est donc plus grande que dans le modèle visqueux pur ;
  • pour équilibrer le poids apparent, la vitesse de sédimentation réelle doit donc être plus faible.
\boxed{v_{\mathrm{s}} \text{ est plus faible que la valeur calculée à la question Q17.}}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : flux de particules, sédimentation

Exprimer le nombre de particules solides du nuage qui atteignent le sol (), entre les instants et . On fera apparaître, en particulier, les grandeurs et .

Voir l'indice

Considérer le volume balayé par les particules qui sédimentent pendant \mathrm{d}t sur la surface au sol L(t) W_0, soit \mathrm{d}V_{\mathrm{s}} = \phi(t) L(t) W_0 v_{\mathrm{s}} \mathrm{d}t, et diviser par le volume d'une sphère.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le volume élémentaire \mathrm{d}V de la tranche de nuage adjacente au sol dont les particules atteignent la surface z = 0 pendant l'intervalle de temps \mathrm{d}t.
  2. Utiliser l'uniformité spatiale de la fraction volumique solide \phi(t) pour en déduire le volume total de matière solide \mathrm{d}V_{\mathrm{s}} déposé.
  3. Relier ce volume au volume individuel v_{\mathrm{p}} d'une particule sphérique de diamètre d pour obtenir le nombre de particules \mathrm{d}N_{\mathrm{s}}.
Voir la réponse courte

Nombre de particules contenues dans le volume déposé au sol pendant \mathrm{d}t : \mathrm{d}N_{\mathrm{s}} = \frac{\phi}{V_{\mathrm{p}}} W L(t) v_{\mathrm{s}} \mathrm{d}t.

Voir le corrigé complet

Le nuage est modélisé par un pavé droit de longueur L(t), de largeur constante W_0 selon l'axe (\mathrm{O}y) et de hauteur h(t). La surface de contact entre la base du nuage et le sol horizontal (z=0) est donc :

S(t) = L(t) \, W_0

Chaque particule solide chute verticalement vers le sol à la vitesse constante v_{\mathrm{s}}. Pendant la durée infinitésimale \mathrm{d}t, les particules qui atteignent le sol sont celles qui se trouvaient initialement à une altitude z \le v_{\mathrm{s}} \mathrm{d}t. Elles sont donc issues d'un volume élémentaire adjacent au sol :

\mathrm{d}V = S(t) \times v_{\mathrm{s}} \mathrm{d}t = L(t) \, W_0 \, v_{\mathrm{s}} \mathrm{d}t

Comme la turbulence maintient la fraction volumique solide \phi(t) spatialement uniforme dans tout le nuage, le volume total de solide contenu dans cette tranche s'écrit :

\mathrm{d}V_{\mathrm{s}} = \phi(t) \, \mathrm{d}V = \phi(t) \, L(t) \, W_0 \, v_{\mathrm{s}} \mathrm{d}t

Les particules étant des sphères identiques de diamètre d, le volume propre d'une particule est :

v_{\mathrm{p}} = \frac{4}{3}\pi \left(\frac{d}{2}\right)^3 = \frac{\pi d^3}{6}

Le nombre \mathrm{d}N_{\mathrm{s}} de particules solides atteignant le sol entre t et t + \mathrm{d}t est le rapport de ces volumes :

\mathrm{d}N_{\mathrm{s}} = \frac{\mathrm{d}V_{\mathrm{s}}}{v_{\mathrm{p}}} = \frac{\phi(t) \, L(t) \, W_0 \, v_{\mathrm{s}} \mathrm{d}t}{\dfrac{\pi d^3}{6}}

d'où l'expression recherchée :

\boxed{\mathrm{d}N_{\mathrm{s}} = \frac{6 \, W_0 \, v_{\mathrm{s}}}{\pi d^3} \, L(t) \, \phi(t) \, \mathrm{d}t}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : bilan particulaire, sédimentation

Nous considérons que le volume du nuage reste constant. Établir un bilan sur le nombre de particules présentes dans le nuage. En déduire que la fraction volumique de solide vérifie l'équation différentielle suivante :

On exprimera la constante en fonction des paramètres , et .

Reformuler cette équation en la faisant maintenant porter sur la variable (fraction volumique solide d'excès).

Voir l'indice

Relier la variation du nombre total de particules \mathrm{d}N = \mathrm{d}(\phi V / v_{\mathrm{p}}) au nombre de particules perdues -\mathrm{d}N_{\mathrm{s}}, puis remplacer \phi par \psi + \phi_{\min}.

Voir la réponse courte

Bilan sur le stock de particules à volume constant donnant B = v_{\mathrm{s}}/(L_0 h_0), puis \mathrm{d}\psi/\mathrm{d}t = -B L(t)(\psi + \phi_{\min}).

Voir le corrigé complet

Le volume total du nuage est supposé constant au cours de l'écoulement :

V = L(t)\, h(t)\, W_0 = L_0\, h_0\, W_0 = \text{cte}

Soit v_{\mathrm{p}} = \frac{\pi d^3}{6} le volume d'une particule solide. Le volume total occupé par les particules dans le nuage est V_{\mathrm{s}}(t) = \phi(t) V, de sorte que le nombre total de particules solides présentes dans le nuage à l'instant t s'écrit :

N(t) = \frac{V_{\mathrm{s}}(t)}{v_{\mathrm{p}}} = \frac{\phi(t) V}{v_{\mathrm{p}}}

Entre les instants t et t+\mathrm{d}t, les particules qui se déposent au sol ne participent plus à la dynamique du nuage. Le bilan sur le nombre de particules s'écrit donc :

\mathrm{d}N(t) = N(t+\mathrm{d}t) - N(t) = -\mathrm{d}N_{\mathrm{s}}

En utilisant l'expression de \mathrm{d}N_{\mathrm{s}} établie à la question Q19 (\mathrm{d}N_{\mathrm{s}} = \frac{\phi(t)\, L(t)\, W_0\, v_{\mathrm{s}}\, \mathrm{d}t}{v_{\mathrm{p}}}), il vient :

\frac{V}{v_{\mathrm{p}}}\,\mathrm{d}\phi(t) = -\frac{W_0\, v_{\mathrm{s}}}{v_{\mathrm{p}}}\, L(t)\, \phi(t)\,\mathrm{d}t

En divisant par \mathrm{d}t et en simplifiant par v_{\mathrm{p}}, on obtient :

\frac{\mathrm{d}\phi(t)}{\mathrm{d}t} = -\frac{W_0\, v_{\mathrm{s}}}{V}\, L(t)\, \phi(t) = -\frac{W_0\, v_{\mathrm{s}}}{L_0\, h_0\, W_0}\, L(t)\, \phi(t) = -B\, L(t)\, \phi(t)

On identifie ainsi l'expression de la constante B :

\boxed{B = \frac{v_{\mathrm{s}}}{L_0\, h_0}}

Par définition (question Q5), la fraction volumique solide d'excès s'écrit \psi(t) = \phi(t) - \phi_{\min}, où \phi_{\min} est une constante. On a donc :

\frac{\mathrm{d}\psi(t)}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}\phi(t)}{\mathrm{d}t} \quad \text{et} \quad \phi(t) = \psi(t) + \phi_{\min}

En injectant ces relations dans l'équation différentielle (6), on obtient :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\psi(t)}{\mathrm{d}t} = -B\, L(t)\,\big(\psi(t) + \phi_{\min}\big)}

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : arrêt d'écoulement, équation différentielle

En s'appuyant sur la structure de l'équation différentielle portant sur la variable , et sur le fait que , représenter l'allure graphique de la dépendance de vis-à-vis du temps (il s'agit d'un tracé qualitatif). Justifier qu'il existe alors une longueur d'arrêt de la coulée.

Voir l'indice

Remarquer que \mathrm{d}\psi/\mathrm{d}t < 0 tant que \psi \ge 0 et que le front s'arrête dès que \psi s'annule (vitesse u \propto \psi^{1/2} = 0).

Voir la stratégie
  1. Analyser le signe et les propriétés de la dérivée \dfrac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}t} à partir de l'équation différentielle établie à la question précédente.
  2. En déduire le comportement monotone de \psi(t) et montrer que \psi s'annule en un temps fini compte tenu de la condition \psi \ge 0.
  3. Tracer l'allure de la courbe \psi(t).
  4. Relier l'annulation de \psi à celle de la vitesse du front u = \dfrac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} pour justifier l'existence d'une longueur d'arrêt.
Voir la réponse courte

Tracé qualitatif montrant l'annulation de \psi en temps fini, annulant g' et la vitesse, ce qui impose une portée maximale.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente, la fraction volumique d'excès \psi(t) vérifie l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}\psi(t)}{\mathrm{d}t} = -B L(t) \bigl(\psi(t) + \phi_{\min}\bigr)

avec B = \dfrac{v_{\mathrm{s}}}{L_0 h_0} > 0.

1. Sens de variation et annulation en temps fini :

  • Pour tout t \ge 0, le nuage s'étale donc sa longueur vérifie L(t) \ge L_0 > 0.
  • Puisque la fraction volumique d'excès est positive ou nulle (\psi(t) \ge 0) et que \phi_{\min} > 0, la parenthèse reste strictement positive : \psi(t) + \phi_{\min} \ge \phi_{\min} > 0.
  • Par conséquent, la dérivée temporelle est strictement négative et majorée par une constante strictement négative :

    \frac{\mathrm{d}\psi(t)}{\mathrm{d}t} \le -B L_0 \phi_{\min} < 0

La fonction \psi(t) est donc strictement décroissante. De plus, sa dérivée ne s'annulant pas au voisinage de \psi = 0, \psi(t) atteint nécessairement la valeur 0 en un instant fini t_{\text{arrêt}} (avec t_{\text{arrêt}} \le \dfrac{\psi_0}{B L_0 \phi_{\min}}). La condition physique \psi \ge 0 impose ensuite \psi(t) = 0 pour tout t \ge t_{\text{arrêt}}.

2. Justification de l'existence d'une longueur d'arrêt : D'après l'équation (4), la vitesse de progression du front s'écrit :

u = \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} = \frac{A \psi^{1/2}}{L^{1/2}}

Lorsque \psi(t) s'annule à l'instant t_{\text{arrêt}} :

  • la gravité effective s'annule : g' = g \dfrac{\Delta\rho}{\rho_0} \psi = 0 ;
  • la force motrice d'étalement disparaît, entraînant l'annulation de la vitesse du front :

    \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t}(t_{\text{arrêt}}) = 0

La longueur de la coulée cesse alors de croître et plafonne à une valeur finie :

\boxed{L_{\max} = L(t_{\text{arrêt}})}

Il existe donc bien une longueur d'arrêt (ou extension maximale) pour la nuée ardente.

Résultat

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1.4 · Distance d'arrêt de la nuée ardente

Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : séparation de variables, équation différentielle

Pendant l'intervalle de temps , la longueur du nuage progresse de et son excès de fraction volumique solide varie de . À partir des équations (4) et (6), établir que et sont liées selon l'équation différentielle suivante :

où est une constante dont on donnera l'expression en fonction des constantes et précédemment introduites.

On rappelle la relation suivante : .

Voir l'indice

Exprimer le rapport (\mathrm{d}L/\mathrm{d}t)/(\mathrm{d}\psi/\mathrm{d}t) = \mathrm{d}L/\mathrm{d}\psi à l'aide des équations (4) et (6) et isoler les termes en L d'un côté et en \psi de l'autre.

Voir la stratégie

Pour éliminer le paramètre temporel t et relier directement la longueur L à l'excès de fraction volumique \psi :

  1. Exprimer \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} à partir de l'équation d'avancement du front (4) et \frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}t} à partir du bilan de sédimentation (6) reformulé à la question Q20.
  2. Relier \mathrm{d}L et \mathrm{d}\psi via la dérivée \frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}\psi} = \frac{\mathrm{d}L/\mathrm{d}t}{\mathrm{d}\psi/\mathrm{d}t}.
  3. Séparer les variables pour identifier la constante K en fonction de A et B.
Voir la réponse courte

Élimination de \mathrm{d}t entre les deux équations différentielles via \mathrm{d}L/\mathrm{d}\psi = \dot{L}/\dot{\psi}, avec K = A/B.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (4) régissant la propagation du front :

\frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t} = A \frac{\psi^{1/2}}{L^{1/2}}

D'après l'équation (6) reformulée en fonction de la fraction volumique d'excès \psi à la question Q20 :

\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}t} = -B L (\psi + \phi_{\min})

En utilisant la relation rappelée par l'énoncé :

\frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}\psi} = \frac{\frac{\mathrm{d}L}{\mathrm{d}t}}{\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}t}} = \frac{A \frac{\psi^{1/2}}{L^{1/2}}}{-B L (\psi + \phi_{\min})} = -\frac{A}{B} \frac{\psi^{1/2}}{L^{3/2}(\psi + \phi_{\min})}

En séparant les variables L et \psi, on obtient :

L^{3/2} \, \mathrm{d}L = -\frac{A}{B} \frac{\psi^{1/2}}{\psi + \phi_{\min}} \, \mathrm{d}\psi

Cette équation s'identifie bien à la relation (7) de l'énoncé :

L^{3/2} \, \mathrm{d}L = -K \frac{\psi^{1/2}}{\psi + \phi_{\min}} \, \mathrm{d}\psi

avec :

\boxed{K = \frac{A}{B}}

En rappelant les expressions obtenues aux questions Q10 et Q20 (A = F \sqrt{g \frac{\Delta\rho}{\rho_0} L_0 h_0} et B = \frac{v_{\mathrm{s}}}{L_0 h_0}), on a également :

K = \frac{F (L_0 h_0)^{3/2}}{v_{\mathrm{s}}} \sqrt{g \frac{\Delta\rho}{\rho_0}}

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : longueur d'arrêt, intégration

Établir que la longueur d'extension maximale du nuage s'exprime selon la relation suivante :

Voir l'indice

Intégrer l'équation différentielle séparable entre l'état initial (L_0, \psi_0) et l'arrêt de la coulée (L_{\max}, \psi = 0) en utilisant l'intégrale G(x,b).

Voir la stratégie
  1. Identifier les bornes d'intégration correspondant à l'état initial (t = 0) et à l'arrêt complet de la nuée ardente (t = t_{\text{arrêt}}).
  2. Intégrer la relation différentielle reliant L et \psi établie à la question Q22 entre ces deux états.
  3. Identifier l'intégrale obtenue à l'aide de la fonction G(x, b) définie par l'énoncé et en déduire l'expression de L_{\max}.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation différentielle séparable entre l'état initial (\psi_0, L_0) et l'arrêt (\psi = 0, L_{\max}).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q21, la coulée pyroclastique s'arrête lorsque sa fraction volumique solide d'excès s'annule, soit \psi(t_{\text{arrêt}}) = 0. À cet instant, la longueur du nuage atteint sa valeur maximale L(t_{\text{arrêt}}) = L_{\max}.

À l'instant initial t = 0, la longueur est L(0) = L_0 et la fraction volumique d'excès vaut \psi(0) = \psi_0.

En intégrant l'équation différentielle (7) obtenue à la question Q22 entre l'instant initial et l'instant d'arrêt, il vient :

\begin{aligned} \int_{L_0}^{L_{\max}} L^{3/2} \, \mathrm{d}L &= -K \int_{\psi_0}^{0} \frac{\psi^{1/2}}{\psi + \phi_{\min}} \, \mathrm{d}\psi \\ &= K \int_{0}^{\psi_0} \frac{\psi^{1/2}}{\psi + \phi_{\min}} \, \mathrm{d}\psi \end{aligned}

Le membre de gauche s'intègre immédiatement :

\int_{L_0}^{L_{\max}} L^{3/2} \, \mathrm{d}L = \left[ \frac{2}{5} L^{5/2} \right]_{L_0}^{L_{\max}} = \frac{2}{5} \left( L_{\max}^{5/2} - L_0^{5/2} \right)

En utilisant la définition de la fonction G(x, b) donnée par l'équation (8) :

G(\psi_0, \phi_{\min}) = \int_{0}^{\psi_0} \frac{y^{1/2}}{y + \phi_{\min}} \, \mathrm{d}y

le membre de droite s'écrit simplement K \, G(\psi_0, \phi_{\min}). On obtient donc :

\frac{2}{5} \left( L_{\max}^{5/2} - L_0^{5/2} \right) = K \, G(\psi_0, \phi_{\min})

Soit, en isolant L_{\max} :

L_{\max}^{5/2} = L_0^{5/2} + \frac{5K}{2} G(\psi_0, \phi_{\min})

D'où l'expression de la longueur d'extension maximale :

\boxed{L_{\max} = \left( L_0^{5/2} + \frac{5K}{2} G(\psi_0, \phi_{\min}) \right)^{2/5}}

Résultat

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique

Notions : longueur d'arrêt, ordre de grandeur

Application numérique : Calculer la distance parcourue par une nuée ardente pour les valeurs suivantes (comparables au cas de l'éruption du Mont Saint-Helens en 1980) : ; ; ; (obtenue avec la valeur ).

Voir l'indice

Calculer la variable X = (\psi_0/\phi_{\min})^{1/2}, lire ou calculer \Gamma(X) = X - \arctan(X), puis en déduire G(\psi_0,\phi_{\min}) et L_{\max}.

Voir la stratégie
  1. Calculer la variable sans dimension X = \sqrt{\psi_0 / \phi_{\min}} et en déduire la valeur de \Gamma(X) = X - \arctan(X) (soit par lecture graphique sur la figure 3, soit par calcul direct).
  2. Évaluer la fonction G(\psi_0, \phi_{\min}) = 2 \sqrt{\phi_{\min}}\,\Gamma(X).
  3. Appliquer la relation (9) établie à la question précédente pour calculer L_{\max}, en veillant à exprimer L_0 en mètres.
Voir la réponse courte

Application numérique de la formule intégrale donnant une distance d'arrêt de l'ordre d'une vingtaine de kilomètres.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (8), la fonction G(\psi_0, \phi_{\min}) s'écrit :

G(\psi_0, \phi_{\min}) = 2 \phi_{\min}^{1/2} \left( X - \arctan(X) \right) = 2 \phi_{\min}^{1/2} \, \Gamma(X)

où la variable X vaut :

X = \left( \frac{\psi_0}{\phi_{\min}} \right)^{1/2} = \left( \frac{10^{-2}}{10^{-3}} \right)^{1/2} = \sqrt{10} \simeq 3{,}16

Sur la figure 3, pour X \simeq 3{,}16, on lit sur l'axe des ordonnées :

\Gamma(X) \simeq 1{,}9

Le calcul direct confirme cette valeur :

\Gamma(\sqrt{10}) = \sqrt{10} - \arctan(\sqrt{10}) \simeq 3{,}162 - 1{,}265 = 1{,}897 \simeq 1{,}90

On en déduit la valeur de G(\psi_0, \phi_{\min}) :

\begin{aligned} G(\psi_0, \phi_{\min}) &= 2 \times \sqrt{10^{-3}} \times 1{,}897 \\ &\simeq 2 \times 3{,}162 \times 10^{-2} \times 1{,}897 \simeq 0{,}120 \end{aligned}

Calculons à présent les deux termes intervenant dans la relation (9) :

  • Avec L_0 = 1\text{ km} = 10^3\text{ m} :

    L_0^{5/2} = (10^3)^{5/2} = 10^{7{,}5} \simeq 3{,}16 \times 10^7\text{ m}^{5/2}
  • Pour le second terme, avec K = 10^{11}\text{ m}^{5/2} :

    \frac{5K}{2} G(\psi_0, \phi_{\min}) = 2{,}5 \times 10^{11} \times 0{,}120 = 3{,}0 \times 10^{10}\text{ m}^{5/2}

On constate que L_0^{5/2} \ll \frac{5K}{2} G(\psi_0, \phi_{\min}) (le terme initial est inférieur au second d'un facteur 1000). Il vient ainsi :

\begin{aligned} L_{\max} &= \left( L_0^{5/2} + \frac{5K}{2} G(\psi_0, \phi_{\min}) \right)^{2/5} \\ &\simeq \left( 3{,}0 \times 10^{10} \right)^{2/5} \\ &\simeq 1{,}55 \times 10^4\text{ m} \end{aligned}
\boxed{L_{\max} \simeq 16\text{ km}}

Résultat

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Partie 2 : Étude des déformations de la surface terrestre par interférométrie radar

2.1 · Orbite du satellite

Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : coordonnée polaire, mouvement circulaire

Exprimer, dans la base polaire , la vitesse puis l'accélération du point S relativement au référentiel .

Voir l'indice

Dériver le vecteur position \vec{r}(t) = r\vec{e}_r par rapport au temps à rayon constant en utilisant les dérivées des vecteurs unitaires polaires.

Voir la stratégie
  1. Dériver le vecteur position \vec{r}(t) = r \vec{e}_r par rapport au temps dans le référentiel \mathcal{R}_0 en exploitant le caractère circulaire de la trajectoire (r = \text{Cste}).
  2. Dériver à nouveau le vecteur vitesse obtenu par rapport au temps à l'aide des relations de dérivation de la base polaire fournies pour en déduire l'accélération \vec{\gamma}.
Voir la réponse courte

Cinématique polaire à rayon constant : \vec{v} = r\dot{\theta}\vec{e}_\theta et \vec{\gamma} = -r\dot{\theta}^2\vec{e}_r + r\ddot{\theta}\vec{e}_\theta.

Voir le corrigé complet

Le satellite \mathrm{S} est astreint à une orbite circulaire de rayon fixe r = R_{\mathrm{T}} + H = \text{Cste} dans le plan (\mathrm{O}, x, y). Son vecteur position s'écrit :

\overrightarrow{\mathrm{OS}}(t) = r \vec{e}_r

La vitesse de \mathrm{S} dans le référentiel \mathcal{R}_0 est la dérivée temporelle de son vecteur position :

\begin{aligned} \vec{v} &= \left( \frac{\mathrm{d}\overrightarrow{\mathrm{OS}}}{\mathrm{d}t} \right)_{\mathcal{R}_0} = \frac{\mathrm{d}r}{\mathrm{d}t}\vec{e}_r + r\frac{\mathrm{d}\vec{e}_r}{\mathrm{d}t} \end{aligned}

Comme r est constant, \frac{\mathrm{d}r}{\mathrm{d}t} = 0, et d'après l'équation (11), \frac{\mathrm{d}\vec{e}_r}{\mathrm{d}t} = \dot{\theta}\vec{e}_\theta. On en déduit :

\boxed{\vec{v} = r \dot{\theta} \vec{e}_\theta}

L'accélération \vec{\gamma} du point matériel \mathrm{S} dans \mathcal{R}_0 s'obtient en dérivant le vecteur vitesse :

\begin{aligned} \vec{\gamma} &= \left( \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} \right)_{\mathcal{R}_0} \\ &= \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\left( r\dot{\theta} \vec{e}_\theta \right) \\ &= r\ddot{\theta} \vec{e}_\theta + r\dot{\theta}\frac{\mathrm{d}\vec{e}_\theta}{\mathrm{d}t} \end{aligned}

En utilisant la relation \frac{\mathrm{d}\vec{e}_\theta}{\mathrm{d}t} = -\dot{\theta}\vec{e}_r, il vient :

\boxed{\vec{\gamma} = -r\dot{\theta}^2 \vec{e}_r + r\ddot{\theta} \vec{e}_\theta}

Résultat

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : principe fondamental de la dynamique, vitesse angulaire

Appliquer, dans le référentiel , le principe fondamental de la dynamique au satellite. Projeter l'égalité vectorielle obtenue dans la base polaire . En déduire que la vitesse angulaire du satellite est constante (nous la supposerons positive). Donner son expression.

Dans la suite, nous noterons .

Voir l'indice

Projeter la relation fondamentale \vec{F} = m\vec{\gamma} sur \vec{e}_\theta pour prouver la constance de \dot{\theta}, puis sur \vec{e}_r pour déterminer \omega.

Voir la stratégie
  1. Isoler le système constitué par le satellite et inventorier l'unique force exercée (interaction gravitationnelle terrestre) dans le référentiel géocentrique galiléen \mathcal{R}_0.
  2. Projeter le principe fondamental de la dynamique sur les axes radial \vec{e}_r et orthoradial \vec{e}_\theta en utilisant l'accélération issue de la question Q25.
  3. Conclure sur la nullité de \ddot{\theta} (vitesse angulaire constante) puis déterminer \omega = \dot{\theta}.
Voir la réponse courte

Projection radiale et orthoradiale du PFD : \ddot{\theta} = 0 donc \omega = \dot{\theta} = \sqrt{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}/r^3} est constante.

Voir le corrigé complet

On applique le principe fondamental de la dynamique (PFD) au satellite S de masse m, assimilé à un point matériel, dans le référentiel géocentrique \mathcal{R}_0 supposé galiléen :

m\vec{\gamma} = \vec{F}

où \vec{F} = -\mathcal{G}\dfrac{m M_{\mathrm{T}}}{r^2}\vec{e}_r est la force d'attraction gravitationnelle exercée par la Terre.

En utilisant l'expression de l'accélération obtenue à la question Q25 pour une trajectoire circulaire de rayon constant r, le PFD s'écrit :

m\left(-r\dot{\theta}^2\vec{e}_r + r\ddot{\theta}\vec{e}_\theta\right) = -\mathcal{G}\frac{m M_{\mathrm{T}}}{r^2}\vec{e}_r

Par projection dans la base polaire (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta), on obtient le système d'équations scalaires :

\begin{aligned} \text{sur }\vec{e}_r &: -m r \dot{\theta}^2 = -\mathcal{G}\frac{m M_{\mathrm{T}}}{r^2} \\ \text{sur }\vec{e}_\theta &: m r \ddot{\theta} = 0 \end{aligned}

Comme m \neq 0 et r = R_{\mathrm{T}} + H \neq 0, la projection sur \vec{e}_\theta donne immédiatement :

\ddot{\theta} = 0 \implies \dot{\theta} = \text{Cste}

La vitesse angulaire du satellite est donc constante : le mouvement orbital est circulaire et uniforme.

En supposant cette vitesse angulaire positive (\dot{\theta} > 0), la projection radiale donne :

r \dot{\theta}^2 = \frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{r^2} \implies \dot{\theta}^2 = \frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{r^3}

On en déduit l'expression de la vitesse angulaire \omega = \dot{\theta} :

\boxed{\omega = \sqrt{\frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{r^3}} = \sqrt{\frac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{(R_{\mathrm{T}} + H)^3}}}

Résultat

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Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : troisième loi de kepler, période orbitale

Exprimer la période de révolution du satellite autour de la Terre, en fonction de , et .

Voir l'indice

Utiliser la relation de définition de la période T = 2\pi/\omega et injecter l'expression de la pulsation orbitale.

Voir la réponse courte

Troisième loi de Kepler pour une orbite circulaire : T = 2\pi/\omega = 2\pi\sqrt{r^3/(\mathcal{G} M_{\mathrm{T}})}.

Voir le corrigé complet

Le mouvement du satellite étant circulaire uniforme à la vitesse angulaire constante \omega = \dot{\theta} (d'après la question 26), la période de révolution T est la durée nécessaire pour parcourir un tour complet, soit un angle de 2\pi\text{ rad} :

T = \frac{2\pi}{\omega}

En remplaçant \omega par son expression obtenue à la question 26, \omega = \sqrt{\dfrac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{r^3}}, on obtient :

\boxed{T = 2\pi \sqrt{\frac{r^3}{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}}}

Résultat

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : orbite circulaire, satellite terrestre

Application numérique : Calculer la valeur de la période de révolution du satellite autour de la Terre puis celle de sa vitesse de déplacement .

Voir l'indice

Prendre garde à la valeur du rayon orbital r = R_{\mathrm{T}} + H en mètres dans le calcul de T, puis utiliser v = r\omega.

Voir la réponse courte

Calcul numérique de la période T \approx 98\text{ min} et de la vitesse orbitale v \approx 7{,}5\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Le rayon de l'orbite circulaire du satellite s'écrit :

r = R_{\mathrm{T}} + H = 6\,400\text{ km} + 700\text{ km} = 7\,100\text{ km} = 7{,}1 \times 10^6\text{ m}

D'après le résultat de la question Q27, la période de révolution s'exprime par :

T = 2\pi \sqrt{\frac{r^3}{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}}

Avec les données numériques de l'énoncé :

  • \mathcal{G} = 6{,}7 \times 10^{-11}\text{ N}\cdot\text{m}^2\cdot\text{kg}^{-2} ;
  • M_{\mathrm{T}} = 6{,}0 \times 10^{24}\text{ kg} ;
  • r = 7{,}1 \times 10^6\text{ m}.

Le calcul numérique donne :

\begin{aligned} T &= 2\pi \sqrt{\frac{(7{,}1 \times 10^6)^3}{6{,}7 \times 10^{-11} \times 6{,}0 \times 10^{24}}} \\ &\simeq 5{,}93 \times 10^3\text{ s} \simeq 98{,}8\text{ min} \simeq 1{,}6\text{ h} \end{aligned}

En ne conservant que deux chiffres significatifs :

\boxed{T \simeq 5{,}9 \times 10^3\text{ s} \simeq 99\text{ min}}

La vitesse orbitale scalaire du satellite vaut :

v = r\omega = \sqrt{\frac{\mathcal{G}M_{\mathrm{T}}}{r}} = \frac{2\pi r}{T}

L'application numérique donne :

\begin{aligned} v &= \sqrt{\frac{6{,}7 \times 10^{-11} \times 6{,}0 \times 10^{24}}{7{,}1 \times 10^6}} \\ &\simeq 7{,}52 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

Soit, avec deux chiffres significatifs :

\boxed{v \simeq 7{,}5\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} = 7{,}5 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : tracé au sol, rotation terrestre

Exprimer l'angle de rotation de la Terre sur elle-même pendant que le satellite parcourt une orbite entière (se reporter à la figure (5b)). En déduire l'expression, en fonction de , de la distance (c'est-à-dire la longueur de l'arc ) qui sépare deux points et de l'équateur, successivement survolés par le satellite (en orbite descendante).

Voir l'indice

Multiplier la vitesse angulaire terrestre \Omega par la durée d'une révolution orbitale T, puis calculer la longueur d'arc équatorial L = R_{\mathrm{T}}\Delta\varphi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'angle de rotation de la Terre \Delta\varphi en reliant la vitesse angulaire \Omega = 2\pi/T_0 à la durée d'une révolution orbitale T, puis utiliser la relation (13).
  2. Relier la longueur d'arc équatorial L au rayon terrestre R_{\mathrm{T}} et à l'angle au centre \Delta\varphi.
Voir la réponse courte

Rotation propre de la Terre pendant une révolution : \Delta\varphi = 2\pi T/T_0 d'où l'arc équatorial L = 2\pi R_{\mathrm{T}} T/T_0.

Voir le corrigé complet

La Terre tourne autour de l'axe des pôles (\mathrm{O}y) à la vitesse angulaire constante \Omega = \frac{2\pi}{T_0} par rapport au référentiel géocentrique \mathcal{R}_0.

Pendant que le satellite parcourt une orbite complète, il s'écoule une durée égale à sa période orbitale T. L'angle de rotation de la Terre sur elle-même durant cette durée s'écrit :

\Delta\varphi = \Omega T = 2\pi \frac{T}{T_0}

En utilisant la relation (13) donnée par l'énoncé, T = \frac{12}{175} T_0, on obtient :

\boxed{\Delta\varphi = \frac{24\pi}{175}\text{ rad}}

Soit numériquement \Delta\varphi \simeq 0{,}431\text{ rad} \simeq 24{,}7^\circ.

Le plan de l'orbite étant fixe dans le référentiel géocentrique \mathcal{R}_0, le satellite franchit le plan équatorial en un point de longitude fixe dans \mathcal{R}_0. Pendant la durée T, la Terre a tourné d'un angle \Delta\varphi d'ouest en est, de sorte que le nouveau point équatorial survolé M_2 est décalé vers l'ouest par rapport à M_1.

L'équateur étant un cercle de rayon R_{\mathrm{T}}, la longueur L de l'arc de cercle (M_2 M_1) sous-tendu par l'angle au centre \Delta\varphi vaut :

L = R_{\mathrm{T}} \Delta\varphi = 2\pi R_{\mathrm{T}} \frac{T}{T_0}

Soit, en fonction de R_{\mathrm{T}} :

\boxed{L = \frac{24\pi}{175} R_{\mathrm{T}}}

Application numérique : Avec R_{\mathrm{T}} = 6\,400\text{ km}, on trouve :

L = \frac{24\pi}{175} \times 6\,400 \times 10^3\text{ m} \simeq 2{,}76 \times 10^6\text{ m} = 2\,760\text{ km}

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : cycle orbital, tracé au sol

On appelle cycle orbital le nombre (minimal) de jours qui séparent deux passages, en orbite descendante, du satellite au-dessus d'un même point de la surface terrestre. Exprimer sa durée (en fonction de ou de ) et le nombre d'orbites que le satellite parcourt pendant ce cycle.

Voir l'indice

Identifier la plus petite période temporelle multiple commun de T et T_0 à partir de la fraction irréductible T/T_0 = 12/175.

Voir la stratégie
  1. Pour que le satellite survole à nouveau exactement le même point de la surface terrestre dans la même configuration (orbite descendante), il faut qu'un nombre entier d'orbites corresponde à un nombre entier de rotations complètes de la Terre sur elle-même.
  2. Traduire cette condition sous la forme T_{\mathrm{c}} = k\,T_0 = N_{\mathrm{c}}\,T, avec k et N_{\mathrm{c}} entiers naturels non nuls minimaux.
  3. Utiliser la relation T = \frac{12}{175}\,T_0 et le fait que les entiers 12 et 175 sont premiers entre eux pour en déduire k et N_{\mathrm{c}}.
Voir la réponse courte

Définition de la récurrence exacte par concordance entière entre le nombre de jours et le nombre d'orbites N_{\mathrm{c}} T = T_{\mathrm{c}}.

Voir le corrigé complet

Le plan de l'orbite étant fixe dans le référentiel géocentrique \mathcal{R}_0 et la Terre effectuant un tour complet en une durée T_0, le satellite repasse au zénith d'un même point de la Terre (dans le même sens de défilement, ici descendant) au bout d'une durée T_{\mathrm{c}} correspondant à la fois à :

  • un nombre entier k \in \mathbb{N}^* de rotations complètes de la Terre (soit k jours terrestres) ;
  • un nombre entier N_{\mathrm{c}} \in \mathbb{N}^* de révolutions orbitales du satellite.

On a donc :

T_{\mathrm{c}} = k\,T_0 = N_{\mathrm{c}}\,T

En introduisant la relation (13) donnée par l'énoncé, T = \dfrac{12}{175}\,T_0, cette égalité devient :

k\,T_0 = N_{\mathrm{c}} \times \frac{12}{175}\,T_0 \iff 175\,k = 12\,N_{\mathrm{c}}

Décomposons 12 et 175 en facteurs premiers :

\begin{aligned} 12 &= 2^2 \times 3 \\ 175 &= 5^2 \times 7 \end{aligned}

Les entiers 12 et 175 sont donc premiers entre eux (\mathrm{PGCD}(12, 175) = 1).

D'après le lemme de Gauss, 12 divise 175\,k et étant premier avec 175, 12 divise nécessairement k. La valeur minimale non nulle de k est donc :

k = 12

On en déduit immédiatement le nombre d'orbites N_{\mathrm{c}} :

N_{\mathrm{c}} = 175

La durée du cycle orbital vaut ainsi :

\boxed{T_{\mathrm{c}} = 12\,T_0 = 175\,T \quad (\text{soit } 12\text{ jours})}

et le nombre d'orbites parcourues pendant ce cycle est :

\boxed{N_{\mathrm{c}} = 175}

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : tracé au sol, satellite terrestre

En déduire l'expression, en fonction de , de la distance minimale séparant deux points survolés sur l'équateur. Calculer la valeur de .

Voir l'indice

Remarquer qu'en un cycle de N_{\mathrm{c}} orbites, les traces équatoriales se répartissent uniformément sur le périmètre terrestre 2\pi R_{\mathrm{T}}.

Voir la stratégie
  1. Recenser le nombre de passages à l'équateur effectués par le satellite au cours d'un cycle orbital complet.
  2. Utiliser la propriété arithmétique de la relation de résonance orbitale (\mathrm{pgcd}(12, 175) = 1) pour en déduire la répartition spatiale de ces traces sur le périmètre équatorial.
  3. Exprimer puis calculer la distance minimale d_{\mathrm{c}} entre deux traces équatoriales adjacentes.
Voir la réponse courte

Espacement minimal entre deux traces consécutives à l'équateur : d_{\mathrm{c}} = 2\pi R_{\mathrm{T}}/N_{\mathrm{c}} et calcul numérique.

Voir le corrigé complet

Au cours d'un cycle orbital complet de durée T_{\mathrm{c}} = 12 \, T_0 = 175 \, T, le satellite effectue N_{\mathrm{c}} = 175 orbites et coupe ainsi N_{\mathrm{c}} fois l'équateur en orbite descendante.

À chaque orbite, la trace équatoriale se décale vers l'ouest d'une distance L telle que :

L = \frac{12}{175} \times 2\pi R_{\mathrm{T}}

Les entiers 12 et 175 étant premiers entre eux (\mathrm{pgcd}(12, 175) = 1), les multiples successifs de 12 modulo 175 balaient l'ensemble des entiers \{0, 1, \dots, 174\}. Les N_{\mathrm{c}} = 175 traces équatoriales descendantes sont donc réparties de façon parfaitement régulière le long du cercle équatorial de circonférence 2\pi R_{\mathrm{T}}.

L'écartement minimal (le pas de la grille de traces à l'équateur) s'obtient donc en divisant le périmètre équatorial par le nombre total d'orbites du cycle :

d_{\mathrm{c}} = \frac{2\pi R_{\mathrm{T}}}{N_{\mathrm{c}}} = \frac{L}{12}

D'où l'expression recherchée :

\boxed{d_{\mathrm{c}} = \frac{2\pi R_{\mathrm{T}}}{175}}

Application numérique : Avec R_{\mathrm{T}} = 6\,400\text{ km} :

d_{\mathrm{c}} = \frac{2\pi \times 6\,400 \times 10^3}{175} \simeq 2{,}30 \times 10^5\text{ m}
\boxed{d_{\mathrm{c}} \simeq 230\text{ km}}

Résultat

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2.2 · Principe de l'imagerie radar

Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : longueur d'onde, spectre électromagnétique

L'antenne du satellite Sentinel-1 émet des ondes électromagnétiques de fréquence . Calculer la longueur d'onde correspondante. Préciser à quel domaine du spectre électromagnétique ce signal appartient.

Voir l'indice

Appliquer la relation de dispersion dans le vide \lambda = c/f_0 et situer la longueur d'onde obtenue dans les micro-ondes (domaine radar).

Voir la réponse courte

Relation \lambda = c/f_0 = 6\text{ cm}, appartenant au domaine des micro-ondes (hyperfréquences).

Voir le corrigé complet

La longueur d'onde \lambda dans le vide d'une onde électromagnétique de fréquence f_0 se propageant à la célérité c est donnée par la relation :

\lambda = \frac{c}{f_0}

Avec c = 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et f_0 = 5\text{ GHz} = 5{,}0 \times 10^9\text{ Hz}, on obtient :

\lambda = \frac{3{,}0 \times 10^8}{5{,}0 \times 10^9} = 6{,}0 \times 10^{-2}\text{ m} = 6{,}0\text{ cm}
\boxed{\lambda = 6{,}0\text{ cm}}

Cette onde, dont la longueur d'onde est de l'ordre du centimètre (fréquence de quelques gigahertz), appartient au domaine des micro-ondes (ou hyperfréquences, au sein des ondes radio/hertziennes, plus précisément la « bande C » des radars spatiaux).

Résultat

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Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : fauchée, trigonométrie

L'antenne du satellite émet, latéralement, en direction de la surface terrestre, un faisceau d'onde délimité par les angles et , comme le représente la figure (6). Calculer la largeur de fauchée du satellite. Commenter ce résultat au regard de la réponse à la question (31).

Voir l'indice

Exprimer y(\theta) = H\tan\theta dans le repère local pour obtenir y_{\max} et y_{\min}, puis comparer la largeur couverte à la distance inter-trace d_{\mathrm{c}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les coordonnées y_{\min} et y_{\max} en fonction de l'altitude H et des angles d'incidence \theta_{\min} et \theta_{\max} dans le triangle rectangle formé par le satellite, le point sous trace et la cible.
  2. Calculer numériquement la largeur de fauchée \Delta y = y_{\max} - y_{\min}.
  3. Comparer \Delta y à la distance minimale entre deux traces équatoriales d_{\mathrm{c}} obtenue à la question Q31 et interpréter en termes de couverture surfacique.
Voir la réponse courte

Largeur de fauchée \Delta y = H(\tan\theta_{\max} - \tan\theta_{\min}) \approx 250\text{ km}, supérieure à d_{\mathrm{c}}, assurant un recouvrement global.

Voir le corrigé complet

D'après la figure (6), le satellite se trouve à l'altitude H au-dessus du point \mathrm{O}. Dans le triangle rectangle reliant le satellite \mathrm{S}, l'origine \mathrm{O} et une cible au sol d'abscisse y, on a :

\tan\theta = \frac{y}{H} \implies y = H \tan\theta

Les limites de la zone éclairée par le faisceau (la fauchée) sont données par :

\begin{aligned} y_{\min} &= H \tan\theta_{\min} \\ y_{\max} &= H \tan\theta_{\max} \end{aligned}

La largeur de la fauchée s'exprime donc par :

\Delta y = y_{\max} - y_{\min} = H (\tan\theta_{\max} - \tan\theta_{\min})

Application numérique : Avec H = 700\text{ km}, \theta_{\min} = 20^\circ et \theta_{\max} = 50^\circ :

\begin{aligned} \tan(20^\circ) &\simeq 0{,}364 \\ \tan(50^\circ) &\simeq 1{,}192 \\ \Delta y &= 700 \times (1{,}192 - 0{,}364) \simeq 5{,}8 \times 10^2\text{ km} \end{aligned}
\boxed{\Delta y \simeq 580\text{ km}}

Commentaire : À la question Q31, la distance minimale séparant deux passages consécutifs au niveau de l'équateur (où l'écart entre traces est maximal) a été évaluée à d_{\mathrm{c}} \simeq 230\text{ km}. On constate que :

\Delta y > d_{\mathrm{c}} \quad (\Delta y \simeq 2{,}5 \, d_{\mathrm{c}})

La largeur de la fauchée est largement supérieure à l'écartement maximal entre deux traces descendantes. Cela assure une couverture intégrale de la surface terrestre en un cycle orbital (12 jours), sans zone d'ombre (« trou » de fauchée), avec un recouvrement notable entre deux bandes adjacentes qui facilite les raccords cartographiques et l'interférométrie.

Résultat

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2.2.1 · Localisation d'une cible

Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : retard temporel, télémétrie

Relier l'intervalle de temps mesuré à l'angle , l'altitude du satellite et la célérité . Relier également l'abscisse de la cible à , et .

Voir l'indice

Exprimer la distance oblique satellite-cible R = H/\cos\theta, relier au temps de vol aller-retour 2R = c\Delta t, et appliquer Pythagore pour Y.

Voir la réponse courte

Relations géométriques du radar : \Delta t = 2H/(c\cos\theta) et Y = \sqrt{(c\Delta t/2)^2 - H^2} = H\tan\theta.

Voir le corrigé complet

Le signal radar effectue un trajet aller-retour en ligne droite entre le satellite \mathrm{S} et la cible \mathrm{C} à la célérité c. La distance parcourue par l'onde électromagnétique entre l'émission à l'instant t_{\mathrm{i}} et la réception de l'écho à l'instant t_{\mathrm{e}} est donc 2 \times \mathrm{SC}. L'intervalle de temps mesuré s'écrit :

\Delta t = t_{\mathrm{e}} - t_{\mathrm{i}} = \frac{2 \, \mathrm{SC}}{c}

D'après la figure (6), dans le triangle \mathrm{SOC} rectangle en \mathrm{O}, l'angle au sommet \mathrm{S} entre la verticale descendante (\mathrm{SO}) et la ligne de visée (\mathrm{SC}) est l'angle de visée \theta. On a ainsi :

\cos\theta = \frac{\mathrm{SO}}{\mathrm{SC}} = \frac{H}{\mathrm{SC}} \implies \mathrm{SC} = \frac{H}{\cos\theta}

On en déduit l'expression de l'intervalle de temps \Delta t :

\boxed{\Delta t = \frac{2 H}{c \cos\theta}}

Par application du théorème de Pythagore dans le triangle rectangle \mathrm{SOC}, la distance de la cible à l'aplomb du satellite vérifie :

\mathrm{SC}^2 = \mathrm{SO}^2 + \mathrm{OC}^2 = H^2 + Y^2

Sachant que \mathrm{SC} = \dfrac{c\Delta t}{2} et que Y > 0, il vient :

\boxed{Y = \sqrt{\left(\frac{c \Delta t}{2}\right)^2 - H^2}}

Résultat

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : résolution spatiale, calcul différentiel

Nous envisageons la situation où les deux cibles sont voisines et telles que . Exprimer, en fonction de , et , la distance entre les deux cibles en dessous de laquelle leurs échos ne sont plus disjoints, à la réception. Cette distance minimale peut être assimilée à la résolution spatiale du dispositif d'imagerie, ou encore à la largeur d'un pixel-terrain, dans la direction . Commenter sa dépendance vis-à-vis de (ou de ).

Indication : Un calcul différentiel est suggéré.

Voir l'indice

Différencier la relation Y = \sqrt{(c\Delta t/2)^2 - H^2} par rapport à \Delta t et poser que l'écart temporel minimal séparable est de l'ordre de la durée d'impulsion \tau.

Voir la stratégie
  1. Établir la relation différentielle entre la distance au sol Y et le délai de parcours \Delta t à l'aide des relations géométriques obtenues à la question précédente.
  2. Déterminer, d'après la figure 8, l'écart temporel minimal (t_{\mathrm{e}}' - t_{\mathrm{e}}) pour que les deux échos reçus soient disjoints.
  3. Exprimer la résolution spatiale (\Delta Y)_{\min} et commenter son évolution en fonction de l'angle d'incidence \theta (et de l'abscisse Y).
Voir la réponse courte

Différentiation de Y^2 + H^2 = R^2 avec \delta R = c\tau/2 donnant la résolution au sol (\Delta Y)_{\min} = \frac{c\tau}{2\sin\theta}.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente, la distance à la cible R et son abscisse Y sont reliées à l'altitude H et au temps d'aller-retour \Delta t par :

R^2 = Y^2 + H^2 = \left( \frac{c\Delta t}{2} \right)^2

L'altitude H du satellite étant constante au cours de la mesure, la différentiation de cette relation par rapport aux variables Y et \Delta t donne :

2 Y\,\mathrm{d}Y = 2\left(\frac{c\Delta t}{2}\right) \frac{c}{2}\,\mathrm{d}(\Delta t) = c R\,\mathrm{d}(\Delta t)

Or, d'après la géométrie de la visée (figure 6), on a \sin\theta = \dfrac{Y}{R}, d'où :

\mathrm{d}Y = \frac{c}{2\sin\theta}\,\mathrm{d}(\Delta t)

Pour deux cibles très proches telles que \left|\dfrac{Y'-Y}{Y}\right| \ll 1, on effectue l'approximation des petits accroissements au premier ordre :

\Delta Y \simeq \frac{c}{2\sin\theta}\,\Delta(\Delta t) = \frac{c}{2\sin\theta}\,(t_{\mathrm{e}}' - t_{\mathrm{e}})

D'après la figure 8, le signal traité issu de chaque cible présente une base temporelle totale de durée 2\tau (le pic s'étend sur [t_{\mathrm{e}} - \tau,\, t_{\mathrm{e}} + \tau]). Pour que les deux échos soient disjoints à la réception, l'intervalle entre leurs sommets doit être supérieur ou égal à la largeur totale de la base :

(t_{\mathrm{e}}' - t_{\mathrm{e}})_{\min} = 2\tau

On en déduit l'expression de la résolution spatiale minimale au sol :

(\Delta Y)_{\min} = \frac{c}{2\sin\theta} \times 2\tau
\boxed{(\Delta Y)_{\min} = \frac{c\tau}{\sin\theta}}

Remarque : Si l'on adopte le critère de résolution usuel fondé sur la durée \tau du pulse non traité (ou la largeur à mi-hauteur du pic corrélé), la condition de séparation temporelle s'écrit \Delta(\Delta t)_{\min} = \tau, ce qui conduit à l'expression :

(\Delta Y)_{\min} = \frac{c\tau}{2\sin\theta}

Commentaire sur la dépendance vis-à-vis de \theta et de Y :

  • Comme \sin\theta = \dfrac{Y}{\sqrt{H^2 + Y^2}}, la fonction \theta \mapsto \sin\theta est strictement croissante sur [0, \pi/2]. Par conséquent, (\Delta Y)_{\min} est une fonction strictement décroissante de \theta (ou de Y) : la résolution spatiale s'améliore (le pixel-terrain devient plus étroit) à mesure que l'on s'éloigne de la trace du satellite (vers le bord lointain de la fauchée, far range).
  • À l'aplomb du satellite (\theta \to 0, soit Y \to 0), \sin\theta \to 0, ce qui implique (\Delta Y)_{\min} \to +\infty : la discrimination spatiale par mesure du temps de vol devient impossible à la verticale directe (au nadir). C'est pourquoi un radar imageur fonctionne obligatoirement en visée latérale (side-looking radar).

Résultat

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : résolution spatiale, ordre de grandeur

En pratique, l'antenne émet un pulse de durée . Calculer la valeur de pour . Commenter brièvement ce résultat dans le contexte du relevé d'un relief volcanique.

Voir l'indice

Effectuer l'application numérique de (\Delta Y)_{\min} et commenter la résolution médiocre (plusieurs kilomètres) au regard des d'étails géologiques d'un cratère.

Voir la réponse courte

Résolution brute (\Delta Y)_{\min} = 12\text{ km}, bien trop grossière pour résoudre un édifice volcanique.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de la résolution spatiale établie à la question Q35 :

(\Delta Y)_{\min} = \frac{c\,\tau}{\sin\theta}

(ou \displaystyle (\Delta Y)_{\min} = \frac{c\,\tau}{2\sin\theta} si l'on retient la durée \tau du pulse non traité).

Avec les valeurs numériques fournies :

  • c = 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • \tau = 40\;\mu\text{s} = 4{,}0 \times 10^{-5}\text{ s} ;
  • \theta = 30^{\circ}, d'où \sin\theta = 0{,}50.

On obtient :

\begin{aligned} (\Delta Y)_{\min} &= \frac{3{,}0 \times 10^8 \times 4{,}0 \times 10^{-5}}{0{,}50} = 2{,}4 \times 10^4\text{ m} = 24\text{ km} \end{aligned}

(ou 12\text{ km} avec la convention du pulse de durée \tau).

\boxed{(\Delta Y)_{\min} = 24\text{ km} \quad (\text{ou } 12\text{ km})}

Commentaire :
Un édifice ou cratère volcanique possède typiquement une extension spatiale de l'ordre de quelques kilomètres (à l'image de la caldeira du Kilauea dont l'échelle est de 2\text{ km}, voir figure 13). Une résolution de 12 à 24\text{ km} est bien trop grossière : l'ensemble de l'édifice volcanique serait contenu dans un seul ou deux pixels-terrain, rendant impossible toute cartographie du relief ou suivi des déformations locales. Ce résultat justifie la mise en œuvre de signaux modulés en fréquence (chirp) pour comprimer temporellement l'impulsion et améliorer drastiquement la résolution.

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : fréquence instantanée, modulation de fréquence

Nous définissons la fréquence instantanée du signal par la relation . Exprimer cette fréquence. Représenter son allure graphique sur l'intervalle temporel . Représenter, en correspondance, celle du signal .

Voir l'indice

Dériver l'argument de phase \phi(t) par rapport au temps pour trouver une fréquence croissant linéairement de f_0 à f_0 + \Delta f.

Voir la réponse courte

Dérivation de la phase : f(t) = f_0 + \mu t (rampe linéaire), et tracé d'un signal chirp aux oscillations se resserrant dans le temps.

Voir le corrigé complet

La phase instantanée du signal s'écrit, d'après l'équation (15), pour t \in [0, \tau] :

\phi(t) = 2\pi \left( f_0 t + \frac{\Delta f}{2\tau} t^2 \right)

La fréquence instantanée f(t) est définie par 2\pi f(t) = \dfrac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}t}, ce qui donne :

f(t) = \frac{1}{2\pi} \frac{\mathrm{d}\phi(t)}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \left( f_0 t + \frac{\Delta f}{2\tau} t^2 \right)

En dérivant terme à terme par rapport au temps, on obtient :

\boxed{f(t) = f_0 + \frac{\Delta f}{\tau} t}

Allures graphiques en correspondance :

  • Sur l'intervalle [0, \tau], la fréquence instantanée f(t) varie de façon affine et croissante : elle part de f(0) = f_0 à l'instant initial pour atteindre f(\tau) = f_0 + \Delta f en fin d'impulsion, avec une pente constante égale à \dfrac{\Delta f}{\tau}.
  • Le signal s(t) = s_0 \sin(\phi(t)) \, \Pi(t/\tau) est strictement nul en dehors de [0, \tau]. Sur l'intervalle [0, \tau], il oscille entre -s_0 et +s_0. Puisque sa fréquence instantanée augmente, la pseudo-période T(t) \simeq \dfrac{1}{f(t)} diminue : les oscillations se resserrent continûment au cours du temps (modulation linéaire de fréquence montante ou « chirp »).

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : compression d'impulsion, résolution spatiale

La figure (9) présente l'aspect, après traitement, du signal d'écho du chirp renvoyé par une cible. La largeur du pic central est égale à . Exprimer la nouvelle résolution en fonction de et du produit .

La bande passante du satellite Sentinel-1 est égale à . Calculer la valeur pour . Commenter ce résultat en comparaison à celui obtenu en réponse à la question (36).

Voir l'indice

Remplacer la durée temporelle effective \tau par la largeur temporelle comprimée 1/\Delta f dans l'expression de la résolution spatiale.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la nouvelle résolution spatiale (\Delta Y)_{\min,\mathrm{c}} en remplaçant la durée temporelle du pulse non modulé par la largeur temporelle 1/\Delta f du pic après traitement (compression d'impulsion).
  2. Identifier le facteur de réduction de la résolution en faisant intervenir le produit sans dimension \tau \Delta f.
  3. Effectuer l'application numérique et analyser le gain de résolution obtenu vis-à-vis des dimensions typiques d'un édifice volcanique.
Voir la réponse courte

Compression d'un facteur \tau\Delta f donnant (\Delta Y)_{\min,\mathrm{c}} \approx 20\text{ m}, excellente résolution adaptée à la géomorphologie.

Voir le corrigé complet

Après traitement par corrélation (filtrage adapté), l'écho présente un pic central dont la largeur temporelle vaut désormais :

\tau_{\mathrm{c}} = \frac{1}{\Delta f}

au lieu de la durée caractéristique initiale \tau. La résolution spatiale étant directement proportionnelle à la largeur temporelle du signal traité (d'après la question 35), la nouvelle résolution (\Delta Y)_{\min,\mathrm{c}} s'obtient simplement en substituant \tau par \tau_{\mathrm{c}} = \frac{1}{\Delta f} :

(\Delta Y)_{\min,\mathrm{c}} = \frac{(\Delta Y)_{\min}}{\tau \Delta f}
\boxed{(\Delta Y)_{\min,\mathrm{c}} = \frac{c}{\Delta f \sin\theta}}

(ou \frac{c}{2\Delta f \sin\theta} si l'on a retenu le demi-écartement à la question 35).

Application numérique : Le produit bande-durée (facteur de compression d'impulsion) vaut :

\tau \Delta f = (40 \times 10^{-6}\text{ s}) \times (15 \times 10^6\text{ Hz}) = 600

Avec \Delta f = 15\text{ MHz}, c = 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et \theta = 30^{\circ} (\sin 30^{\circ} = 0{,}5) :

(\Delta Y)_{\min,\mathrm{c}} = \frac{3{,}0 \times 10^8}{15 \times 10^6 \times 0{,}5} = 40\text{ m}

(ou 20\text{ m} selon la convention de la question 35).

\boxed{(\Delta Y)_{\min,\mathrm{c}} = 40\text{ m} \quad (\text{ou } 20\text{ m})}

Commentaire : La résolution est améliorée d'un facteur 600. Alors qu'une résolution kilométrique (24\text{ km} ou 12\text{ km}) ne permettait pas de distinguer un édifice volcanique (une caldeira mesurant typiquement quelques kilomètres, comme l'échelle de 2\text{ km} indiquée sur la figure 13), une résolution de quelques dizaines de mètres (20 à 40\text{ m}) est parfaitement adaptée à la cartographie fine du relief et au suivi des déformations locales.

Résultat

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2.2.2 · Puissance de l'écho détecté

Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : puissance surfacique, ouverture d'antenne

Exprimer, en fonction de , , et de la distance , la puissance par unité de surface traversant la portion de surface sphérique de rayon du cône d'émission.

Voir l'indice

Diviser la puissance totale émise P_0 par la surface de la calotte sphérique interceptée par le faisceau, soit S_{\mathrm{cone}} = 4\pi R^2 / G.

Voir la réponse courte

Bilan de flux dans le cône de diffraction d'angle solide \Omega \sim \lambda^2/S_{\mathrm{a}} : p_0(R) = P_0 S_{\mathrm{a}} / (\lambda^2 R^2).

Voir le corrigé complet

La surface totale d'une sphère de rayon R centrée sur l'émetteur \mathrm{S} vaut :

\Sigma(R) = 4\pi R^2

D'après l'énoncé, le cône d'émission intercepte une fraction 1/G de cette surface sphérique. L'aire de la calotte sphérique traversée par le faisceau à la distance R est donc :

\Sigma_{{cône}}(R) = \frac{\Sigma(R)}{G} = \frac{4\pi R^2}{G}

La puissance totale émise P_0 étant répartie uniformément sur cette portion de sphère, la puissance par unité de surface s'écrit :

p_0(R) = \frac{P_0}{\Sigma_{{cône}}(R)} = \frac{P_0 \, G}{4\pi R^2}

En remplaçant le gain géométrique G par son expression donnée par l'équation (16), G = \dfrac{4\pi S_{\mathrm{a}}}{\lambda^2}, on obtient :

p_0(R) = \frac{P_0}{4\pi R^2} \times \frac{4\pi S_{\mathrm{a}}}{\lambda^2}

d'où finalement :

\boxed{p_0(R) = \frac{P_0 \, S_{\mathrm{a}}}{\lambda^2 R^2}}

Résultat

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation radar, surface équivalente radar

L'antenne émettrice sert également de récepteur du signal diffusé par la cible C. La normale à sa surface est supposée orientée selon la direction (SC). Exprimer, en fonction de , , , et , la puissance que l'antenne reçoit, en écho, de la cible.

Voir l'indice

Calculer la puissance réémise P_{\mathrm{d}} = \sigma p_0(R_{\mathrm{C}}), la répartir uniformément sur le demi-espace supérieur de surface 2\pi R_{\mathrm{C}}^2, puis intercepter avec l'aire S_{\mathrm{a}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance P_{\mathrm{d}} diffusée par la cible à partir de la puissance surfacique incidente p_0(R_{\mathrm{C}}) obtenue à la question 39.
  2. Déterminer la puissance surfacique de l'écho arrivant au niveau du satellite, en tenant compte de la répartition uniforme de P_{\mathrm{d}} dans le demi-espace supérieur (demi-sphère de rayon R_{\mathrm{C}}).
  3. En déduire la puissance P_{\mathrm{e}} interceptée par l'antenne réceptrice de surface S_{\mathrm{a}} orientée vers la cible.
Voir la réponse courte

Puissance interceptée par la cible puis rediffusée vers l'antenne : P_{\mathrm{e}} = P_0 S_{\mathrm{a}}^2 \sigma / (4\pi \lambda^2 R_{\mathrm{C}}^4).

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question 39, la puissance par unité de surface de l'onde incidente au niveau de la cible C située à la distance R_{\mathrm{C}} vaut :

p_0(R_{\mathrm{C}}) = \frac{P_0 S_{\mathrm{a}}}{\lambda^2 R_{\mathrm{C}}^2}

La puissance totale renvoyée par la cible de surface effective \sigma s'écrit alors :

P_{\mathrm{d}} = \sigma \, p_0(R_{\mathrm{C}}) = \frac{P_0 S_{\mathrm{a}} \sigma}{\lambda^2 R_{\mathrm{C}}^2}

Cette puissance P_{\mathrm{d}} est réémise de manière isotrope dans toutes les directions orientées vers le haut, c'est-à-dire dans un angle solide de 2\pi\text{ sr}. À la distance R_{\mathrm{C}}, elle se répartit donc uniformément sur une demi-sphère de surface :

\mathcal{S}_{\text{demi-sphère}} = 2\pi R_{\mathrm{C}}^2

La puissance par unité de surface p_{\mathrm{d}}(R_{\mathrm{C}}) du signal d'écho parvenant au niveau du satellite est donc :

p_{\mathrm{d}}(R_{\mathrm{C}}) = \frac{P_{\mathrm{d}}}{2\pi R_{\mathrm{C}}^2} = \frac{P_0 S_{\mathrm{a}} \sigma}{2\pi \lambda^2 R_{\mathrm{C}}^4}

L'antenne du satellite ayant pour surface géométrique S_{\mathrm{a}} et sa normale étant orientée selon la direction (\mathrm{SC}), la surface apparente interceptant l'écho est exactement S_{\mathrm{a}}. La puissance reçue P_{\mathrm{e}} par l'antenne vaut donc :

P_{\mathrm{e}} = p_{\mathrm{d}}(R_{\mathrm{C}}) \times S_{\mathrm{a}}

Soit finalement :

\boxed{P_{\mathrm{e}} = \frac{P_0 S_{\mathrm{a}}^2 \sigma}{2\pi \lambda^2 R_{\mathrm{C}}^4}}

Résultat

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation radar, bilan de liaison

Application numérique : Estimer l'ordre de grandeur du rapport de la puissance reçue de l'écho à la puissance émise par l'antenne. Nous adopterons les valeurs suivantes : et . Commenter brièvement ce résultat.

Voir l'indice

Calculer la distance oblique R_{\mathrm{C}} = H/\cos\theta puis évaluer le ratio P_{\mathrm{e}}/P_0 pour souligner l'extrême sensibilité requise pour le récepteur.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la distance radar R_{\mathrm{C}} en fonction de l'altitude H et de l'angle de visée \theta.
  2. Évaluer numériquement le rapport K = P_{\mathrm{e}}/P_0 à partir de l'expression établie à la question précédente.
  3. Commenter physiquement l'ordre de grandeur obtenu en lien avec la dépendance en 1/R_{\mathrm{C}}^4 et les exigences technologiques sur la chaîne de réception radar.
Voir la réponse courte

Rapport K \sim 10^{-14} (-140 dB), soulignant l'extrême atténuation de l'écho et la nécessité d'un récepteur très sensible.

Voir le corrigé complet

D'après la géométrie de la visée (figure 10), la distance de la cible au satellite s'exprime par :

R_{\mathrm{C}} = \frac{H}{\cos\theta}

Pour H = 700\text{ km} = 7{,}0 \times 10^5\text{ m} et \theta = 30^{\circ} :

R_{\mathrm{C}} = \frac{7{,}0 \times 10^5}{\cos 30^{\circ}} \simeq 8{,}08 \times 10^5\text{ m}

D'après le résultat de la question Q40, le rapport de puissance s'écrit :

K = \frac{P_{\mathrm{e}}}{P_0} = \frac{S_{\mathrm{a}}^2 \, \sigma}{2\pi \lambda^2 R_{\mathrm{C}}^4}

Avec les valeurs numériques fournies :

  • S_{\mathrm{a}} = 10\text{ m}^2 ;
  • \sigma = 10^3\text{ m}^2 ;
  • \lambda = 6{,}0\text{ cm} = 6{,}0 \times 10^{-2}\text{ m} (déterminée à la question Q32) ;
  • R_{\mathrm{C}} \simeq 8{,}08 \times 10^5\text{ m}.

On calcule le numérateur et le dénominateur :

\begin{aligned} S_{\mathrm{a}}^2 \, \sigma &= (10)^2 \times 10^3 = 1{,}0 \times 10^5\text{ m}^6 \\ 2\pi \lambda^2 R_{\mathrm{C}}^4 &= 2\pi \times (6{,}0 \times 10^{-2})^2 \times (8{,}08 \times 10^5)^4 \simeq 9{,}7 \times 10^{21}\text{ m}^6 \end{aligned}

On en déduit :

K = \frac{1{,}0 \times 10^5}{9{,}7 \times 10^{21}} \simeq 1{,}0 \times 10^{-17}
\boxed{K \sim 10^{-17}}

Commentaire : La puissance reçue par le satellite est extraordinairement faible : pour une puissance émise P_0 = 4\text{ kW}, la puissance de l'écho n'est que de :

P_{\mathrm{e}} = K P_0 \simeq 4 \times 10^{-14}\text{ W} = 40\text{ fW}

Cette atténuation drastique (de l'ordre de -170\text{ dB}) découle de la décroissance géométrique en 1/R_{\mathrm{C}}^4, caractéristique d'un aller-retour en onde sphérique sur une distance orbitale considérable (R_{\mathrm{C}} \simeq 800\text{ km}). La détection d'un signal aussi ténu nécessite des récepteurs à très faible bruit thermique (amplificateurs cryogéniques ou LNA) ainsi que des méthodes de filtrage adapté et de compression d'impulsion afin d'extraire l'écho du bruit de fond.

Résultat

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2.3.1 · Étude de la phase du signal

Question 42

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : retard de propagation, déphasage

À une distance de l'antenne (située au point S), le signal prend la forme suivante :

À cause du retard lié à la propagation de l'onde sur la distance , à la vitesse , la phase du signal vérifie la condition suivante :

En déduire l'expression de (que nous appellerons déphasage) en fonction de et .

Voir l'indice

Écrire l'égalité des phases \psi(t,R) = \psi(t - R/c, 0), développer 2\pi f_0(t - R/c) et identifier le déphasage \phi(R) en introduisant \lambda = c/f_0.

Voir la réponse courte

Retard temporel de propagation R/c identifié dans la phase : \phi(R) = 2\pi f_0 R/c = 2\pi R/\lambda.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (17), le signal émis en R = 0 s'écrit :

s(t, 0) = s_0 \cos(2\pi f_0 t)

Par identification avec l'expression générale (18) prise en R = 0, soit \psi(t, 0) = 2\pi f_0 t - \phi(0), on en déduit que la phase à l'origine est :

\psi(t, 0) = 2\pi f_0 t \quad (\text{soit } \phi(0) = 0)

En appliquant la condition de retard temporel due à la propagation sans dispersion à la vitesse c (équation (19)), la phase à la distance R vaut :

\psi(t, R) = \psi\!\left(t - \frac{R}{c}, 0\right) = 2\pi f_0 \left(t - \frac{R}{c}\right) = 2\pi f_0 t - 2\pi \frac{f_0}{c} R

En identifiant cette forme avec l'équation (18), \psi(t, R) = 2\pi f_0 t - \phi(R), on obtient l'expression du déphasage :

\phi(R) = 2\pi \frac{f_0}{c} R

Comme la longueur d'onde dans le milieu de propagation est reliée à la fréquence par \lambda = \frac{c}{f_0}, il vient finalement :

\boxed{\phi(R) = \frac{2\pi R}{\lambda}}

Résultat

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Question 43

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : déphasage, chemin optique

La diffusion de l'onde par la cible ajoute un déphasage propre aléatoire () à celui introduit par la distance parcourue par l'onde. Exprimer le déphasage du signal reçu par l'antenne pour une cible située à la distance . On notera que ce signal a parcouru un aller et retour depuis son émission.

Voir l'indice

Additionner le déphasage géométrique aller-retour pour un trajet de longueur 2R_{\mathrm{C}} et le déphasage propre aléatoire \phi_{\mathrm{cible}}.

Voir la réponse courte

Trajet aller-retour sur 2R_{\mathrm{C}} additionné au déphasage aléatoire : \phi_{\text{récep}} = \frac{4\pi R_{\mathrm{C}}}{\lambda} + \phi_{\text{cible}}.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat établi à la question Q42, la propagation d'une onde sur une distance d induit un déphasage lié au temps de parcours :

\phi(d) = \frac{2\pi}{\lambda} d

Pour une cible située à la distance R_{\mathrm{C}}, le signal effectue un trajet aller-retour complet entre le satellite et la cible, soit une distance totale parcourue :

d_{\text{tot}} = 2 R_{\mathrm{C}}

Le déphasage associé à la propagation s'élève donc à :

\phi_{\text{prop}} = \frac{2\pi}{\lambda} \times (2 R_{\mathrm{C}}) = \frac{4\pi R_{\mathrm{C}}}{\lambda}

La diffusion par la cible introduisant un déphasage supplémentaire \phi_{\text{cible}}, le déphasage total \phi_{\text{récep}} du signal reçu à l'antenne s'écrit :

\boxed{\phi_{\text{récep}} = \frac{4\pi R_{\mathrm{C}}}{\lambda} + \phi_{\text{cible}}}

Résultat

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Question 44

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : formule de fresnel, puissance moyenne

Établir que la puissance prend la forme suivante :

Voir l'indice

Calculer le carré du signal somme A(t) = A_1(t) + A_2(t), linéariser les produits trigonométriques et utiliser les valeurs moyennes temporelles fournies en annexe.

Voir la stratégie

Pour calculer la puissance moyenne P = \langle A^2(t) \rangle_T du signal résultant de la superposition A(t) = A_1(t) + A_2(t) :

  1. On développe le carré A^2(t) = A_1^2(t) + A_2^2(t) + 2 A_1(t) A_2(t) en exploitant la linéarité de la moyenne temporelle ;
  2. On calcule la valeur moyenne de chaque terme sur une période T = 1/f_0 à l'aide des formules trigonométriques fournies en annexe.
Voir la réponse courte

Moyenne temporelle du carré de la somme de deux signaux cohérents de même amplitude : P = A_0^2(1 + \cos\Delta\phi).

Voir le corrigé complet

Le signal total reçu par l'antenne s'écrit :

A(t) = A_1(t) + A_2(t)

En développant le carré, il vient :

A^2(t) = A_1^2(t) + A_2^2(t) + 2 A_1(t) A_2(t)

Par linéarité de l'opération de moyenne temporelle sur une période T = 1/f_0 :

P = \langle A^2(t) \rangle_T = \langle A_1^2(t) \rangle_T + \langle A_2^2(t) \rangle_T + 2 \langle A_1(t) A_2(t) \rangle_T

Calculons successivement chacun des termes :

  • Pour les termes d'auto-corrélation, d'après le résultat rappelé en annexe \langle (\cos \theta)^2 \rangle_{2\pi} = \frac{1}{2} :

    \begin{aligned} \langle A_1^2(t) \rangle_T &= A_0^2 \langle \cos^2(2\pi f_0 t - \phi_1) \rangle_T = \frac{1}{2} A_0^2 \\ \langle A_2^2(t) \rangle_T &= A_0^2 \langle \cos^2(2\pi f_0 t - \phi_2) \rangle_T = \frac{1}{2} A_0^2 \end{aligned}
  • Pour le terme croisé d'interférence, on utilise la formule trigonométrique :

    \cos a \cos b = \frac{\cos(a - b) + \cos(a + b)}{2}

    avec a = 2\pi f_0 t - \phi_1 et b = 2\pi f_0 t - \phi_2. On a donc :

    a - b = -(\phi_1 - \phi_2) = -\Delta\phi \quad \text{et} \quad a + b = 4\pi f_0 t - (\phi_1 + \phi_2)

    Le produit s'exprime alors comme :

    A_1(t) A_2(t) = \frac{A_0^2}{2} \left[ \cos(-\Delta\phi) + \cos(4\pi f_0 t - (\phi_1 + \phi_2)) \right]

    La parité du cosinus donne \cos(-\Delta\phi) = \cos(\Delta\phi), terme constant dans le temps, tandis que \cos(4\pi f_0 t - (\phi_1 + \phi_2)) oscille à la fréquence double 2f_0 et a donc une valeur moyenne nulle sur la période T (\langle \cos \theta \rangle_{2\pi} = 0). Il en résulte :

    2 \langle A_1(t) A_2(t) \rangle_T = 2 \times \frac{A_0^2}{2} \cos(\Delta\phi) = A_0^2 \cos(\Delta\phi)

En sommant ces trois contributions :

\begin{aligned} P &= \frac{1}{2} A_0^2 + \frac{1}{2} A_0^2 + A_0^2 \cos(\Delta\phi) \\ &= A_0^2 (1 + \cos(\Delta\phi)) \end{aligned}

On obtient bien la relation demandée :

\boxed{P = A_0^2 (1 + \cos(\Delta\phi)) \quad \text{avec} \quad \Delta\phi = \phi_1 - \phi_2}

Résultat

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Question 45

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : interférence constructive, interférence destructive

Représenter l'allure de la dépendance de la puissance vis-à-vis de . Indiquer brièvement pourquoi on parle d'interférences constructives et destructives entre les deux signaux quand, respectivement, et où .

Voir l'indice

Tracer la courbe 1+\cos(\Delta\phi) et expliquer que l'amplitude résultante est maximale (2A_0) quand les ondes sont en phase et nulle en opposition de phase.

Voir la réponse courte

Tracé sinusoïdal oscillant entre 0 et 2A_0^2 ; les ondes sont en phase (constructif) ou en opposition de phase (destructif).

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question précédente, la puissance reçue s'écrit :

P(\Delta\phi) = A_0^2 \big(1 + \cos(\Delta\phi)\big)

Il s'agit d'une fonction paire, 2\pi-périodique en \Delta\phi, qui oscille de façon sinusoïdale entre une valeur minimale P_{\min} = 0 et une valeur maximale P_{\max} = 2A_0^2.

Interprétation physique des deux régimes :

  • Interférences constructives (\Delta\phi = 2q\pi, avec q \in \mathbb{Z}) : les deux signaux oscillent en phase (A_2(t) = A_1(t)). Le signal résultant a pour amplitude 2A_0, soit la somme directe des deux amplitudes :

    A(t) = 2A_0 \cos(2\pi f_0 t - \phi_1)

    Les deux ondes se renforcent mutuellement et la puissance atteint sa valeur maximale possible :

    \boxed{P = 2A_0^2 = P_{\max}}
  • Interférences destructives (\Delta\phi = (2q + 1)\pi, avec q \in \mathbb{Z}) : les deux signaux oscillent en opposition de phase (A_2(t) = -A_1(t)). Leurs contributions se compensent exactement à chaque instant :

    A(t) = A_1(t) + A_2(t) = 0

    Les deux ondes s'annihilent mutuellement et la puissance s'annule complètement :

    \boxed{P = 0 = P_{\min}}

Résultat

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2.3.2 · Franges de terrain plat

Question 46

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : approximation des petits angles, géométrie de visée

Dans toute la suite, le satellite est supposé observer une zone de la surface terrestre d'extension , délimitée angulairement par les angles et (). Vérifier que toute cible située dans cette zone est vue selon un angle tel que .

Voir l'indice

Différencier y = H\tan\theta pour relier \Delta y à la dispersion angulaire \beta_{\max} \simeq \Delta y \cos^2\theta_0 / H et vérifier numériquement qu'elle est très petite devant 1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'abscisse au sol y en fonction de l'angle de visée \theta et de l'altitude H du satellite.
  2. Déterminer l'écart angulaire maximal \beta_{\max} = \theta_1 - \theta_0 associé à l'extension spatiale \Delta y = 30\text{ km}.
  3. Comparer \beta_{\max} (exprimé en radians) à 1 pour valider l'approximation.
Voir la réponse courte

Différentiation de Y = H\tan\theta montrant que \beta \approx \Delta y \cos^2\theta_0 / H \approx 0{,}03\text{ rad} \ll 1.

Voir le corrigé complet

Dans le repère local de la figure (6), l'abscisse au sol d'une cible vue sous l'angle \theta depuis le satellite situé à l'altitude H s'écrit :

y = H \tan\theta

La zone observée s'étend de y_0 = H \tan\theta_0 à y_1 = H \tan\theta_1, de sorte que l'extension spatiale vaut :

\Delta y = y_1 - y_0 = H (\tan\theta_1 - \tan\theta_0)

On en déduit :

\tan\theta_1 = \tan\theta_0 + \frac{\Delta y}{H}

Avec H = 700\text{ km}, \Delta y = 30\text{ km} et \theta_0 = 30^\circ :

\begin{aligned} \frac{\Delta y}{H} &= \frac{30}{700} \simeq 4{,}29 \times 10^{-2} \\ \tan\theta_0 &= \tan(30^\circ) = \frac{1}{\sqrt{3}} \simeq 0{,}577 \\ \tan\theta_1 &= 0{,}577 + 0{,}043 = 0{,}620 \implies \theta_1 = \arctan(0{,}620) \simeq 31{,}8^\circ \simeq 0{,}555\text{ rad} \end{aligned}

L'écart angulaire maximal est donc :

\beta_{\max} = \theta_1 - \theta_0 \simeq 1{,}8^\circ \simeq 3{,}2 \times 10^{-2}\text{ rad}

Remarque (calcul différentiel) : À l'ordre 1, \Delta y \simeq \dfrac{H}{\cos^2\theta_0} \beta_{\max}, soit :

\beta_{\max} \simeq \frac{\Delta y}{H} \cos^2\theta_0 = \frac{3}{70} \times \left(\frac{\sqrt{3}}{2}\right)^2 = \frac{9}{280} \simeq 3{,}21 \times 10^{-2}\text{ rad}

Puisque toute cible de cette zone est vue sous un angle \theta = \theta_0 + \beta avec 0 \le \beta \le \beta_{\max}, on a bien :

\boxed{\beta \le 3{,}2 \times 10^{-2}\text{ rad} \ll 1}

L'approximation au premier ordre en \beta est donc pleinement justifiée pour la suite.

Résultat

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Question 47

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : différence de marche, projection géométrique

Exprimer, en fonction de , et , la projection définie sur la figure (11).

Voir l'indice

Déterminer l'angle entre le vecteur de base \vec{B} et la direction de visée (S_1C), puis projeter par produit scalaire : \delta R = \vec{B}\cdot\vec{u}.

Voir la stratégie
  1. Définir le vecteur unitaire \vec{u} de la ligne de visée (S_1C) orienté de S_1 vers la cible C, dans la base cartésienne (\vec{e}_y, \vec{e}_z) du plan vertical d'observation.
  2. Exprimer les composantes du vecteur de base orbitale \vec{B} = \overrightarrow{S_1S_2} en fonction de sa norme B et de l'angle \alpha.
  3. Obtenir la projection algébrique \delta R = (S_1Q) par le produit scalaire \vec{B} \cdot \vec{u} et simplifier à l'aide d'une formule d'addition trigonométrique.
Voir la réponse courte

Projection de la ligne de base sur l'axe de visée : \delta R = B\sin(\theta - \alpha).

Voir le corrigé complet

Dans le repère cartésien (O, y, z), la position de la première antenne est S_1(0, H) et celle de la cible est C(Y, 0).

D'après la géométrie de la visée (figures 6 et 11), l'angle \theta est repéré par rapport à la verticale descendante -\vec{e}_z. Les coordonnées de la cible s'écrivent :

Y = R_1 \sin\theta \quad \text{et} \quad H = R_1 \cos\theta

où R_1 = \|\overrightarrow{S_1C}\|. Le vecteur unitaire \vec{u} orienté le long de la ligne de visée de S_1 vers C s'exprime donc par :

\vec{u} = \frac{\overrightarrow{S_1C}}{R_1} = \sin\theta\,\vec{e}_y - \cos\theta\,\vec{e}_z

Par définition de l'angle \alpha = \text{Angle}(\vec{e}_y, \vec{B}), le vecteur \vec{B} = \overrightarrow{S_1S_2} reliant les deux positions orbitales du satellite a pour composantes :

\vec{B} = B\cos\alpha\,\vec{e}_y + B\sin\alpha\,\vec{e}_z

Le point Q étant le projeté orthogonal de S_2 sur la droite (S_1C), la projection algébrique \delta R = (S_1Q) est donnée par le produit scalaire :

\begin{aligned} \delta R &= \vec{B} \cdot \vec{u} \\ &= (B\cos\alpha\,\vec{e}_y + B\sin\alpha\,\vec{e}_z) \cdot (\sin\theta\,\vec{e}_y - \cos\theta\,\vec{e}_z) \\ &= B(\sin\theta\cos\alpha - \cos\theta\sin\alpha) \end{aligned}

En utilisant la formule trigonométrique fournie en annexe :

\sin(a - b) = \sin a \cos b - \sin b \cos a

avec a = \theta et b = \alpha, on obtient :

\boxed{\delta R = B \sin(\theta - \alpha)}

Résultat

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Question 48

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : approximation de fraunhofer, rayon parallèle

Justifier que .

En conséquence, nous considérerons que les directions et sont parallèles et donc que .

Voir l'indice

Évaluer l'ordre de grandeur de l'angle \varepsilon \sim B/R_1 en comparant la ligne de base de 100 m à la distance oblique de plus de 800 km.

Voir la stratégie
  1. Exprimer géométriquement l'angle \varepsilon sous-tendu par la base \vec{B} = \overrightarrow{\mathrm{S}_1\mathrm{S}_2} depuis la cible \mathrm{C}.
  2. Majorer cet angle à l'aide de la distance satellite-cible R_1 et de la longueur de la ligne de base B.
  3. Effectuer l'application numérique pour conclure.
Voir la réponse courte

Écart angulaire \varepsilon \sim B/R_1 \sim 10^{-4}\text{ rad} négligeable devant 1 : les deux visées sont quasi-parallèles.

Voir le corrigé complet

Dans le triangle \mathrm{S}_1\mathrm{S}_2\mathrm{C}, la ligne de base \overrightarrow{\mathrm{S}_1\mathrm{S}_2} de longueur B = \|\vec{B}\| est vue depuis la cible \mathrm{C} sous l'angle \varepsilon = \mathrm{Angle}(\overrightarrow{\mathrm{CS}_2}, \overrightarrow{\mathrm{CS}_1}).

D'après la loi des sinus dans ce triangle :

\frac{\sin|\varepsilon|}{B} = \frac{\sin(\widehat{\mathrm{S}_1\mathrm{S}_2\mathrm{C}})}{R_1} \le \frac{1}{R_1}

Sachant que la distance R_1 vérifie R_1 = \dfrac{H}{\cos\theta} \ge H, on en déduit la majoration :

\sin|\varepsilon| \le \frac{B}{R_1} \le \frac{B}{H}

Avec B = 100\text{ m} et H = 700\text{ km} = 7{,}0 \times 10^5\text{ m} :

\frac{B}{H} = \frac{100}{7{,}0 \times 10^5} \simeq 1{,}4 \times 10^{-4}\text{ rad}

Puisque cette borne supérieure est très petite devant 1, on a :

\boxed{|\varepsilon| \lesssim \frac{B}{R_1} \sim 10^{-4}\text{ rad} \ll 1}

L'angle \varepsilon étant extrêmement faible (environ 0{,}008^\circ), les directions (\mathrm{S}_1\mathrm{C}) et (\mathrm{S}_2\mathrm{C}) peuvent être considérées comme rigoureusement parallèles. Par conséquent, en projetant orthogonalement \mathrm{S}_2 en \mathrm{Q} sur (\mathrm{S}_1\mathrm{C}), on a bien R_2 = \mathrm{CS}_2 \simeq \mathrm{CQ} = R_1 - \delta R.

Résultat

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Question 49

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : déphasage, interférométrie radar

Nous supposons qu'entre les deux images radar, prises successivement depuis les positions et du satellite, le déphasage propre (définie à la question (43)) reste inchangé. En utilisant le résultat établi en réponse à la question (43), exprimer, en fonction de , , et , la différence de phase des deux signaux réceptionnés.

Voir l'indice

Exprimer \Delta\phi_{\mathrm{tp}} = \phi_{\mathrm{récep},1} - \phi_{\mathrm{récep},2} = \frac{4\pi}{\lambda}(R_1 - R_2) en constatant la simplification du déphasage propre de la cible.

Voir la réponse courte

Élimination du déphasage propre constant de la cible : \Delta\phi_{\mathrm{tp}} = \frac{4\pi}{\lambda}\delta R = \frac{4\pi B}{\lambda}\sin(\theta - \alpha).

Voir le corrigé complet

D'après le résultat établi à la question Q43, le déphasage d'un signal radar après un trajet aller-retour jusqu'à une cible située à une distance R de l'antenne s'écrit :

\phi_{\text{récep}} = \frac{4\pi R}{\lambda} + \phi_{\text{cible}}

Pour chacune des deux prises de vue, aux positions \mathrm{S}_1 et \mathrm{S}_2, les distances à la cible sont respectivement R_1 et R_2. Le déphasage propre à la cible \phi_{\text{cible}} étant supposé inchangé entre les deux passages, les déphasages des signaux reçus s'écrivent :

\begin{aligned} \phi_{\text{récep},1} &= \frac{4\pi R_1}{\lambda} + \phi_{\text{cible}} \\ \phi_{\text{récep},2} &= \frac{4\pi R_2}{\lambda} + \phi_{\text{cible}} \end{aligned}

La différence de phase entre les deux signaux réceptionnés s'exprime donc par :

\Delta\phi_{\mathrm{tp}} = \phi_{\text{récep},1} - \phi_{\text{récep},2} = \frac{4\pi}{\lambda} (R_1 - R_2)

En utilisant la relation issue de l'approximation des rayons parallèles établie à la question Q48, soit R_1 - R_2 = \delta R, et l'expression de la projection obtenue à la question Q47, \delta R = B\sin(\theta - \alpha), on obtient :

\boxed{\Delta\phi_{\mathrm{tp}} = \frac{4\pi B}{\lambda} \sin(\theta - \alpha)}

Résultat

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Question 50

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : interfrange, interférométrie radar

Caractériser l'angle de vue d'une cible qui conduit à des interférences constructives entre les signaux reçus par le satellite successivement dans les positions et (on tiendra compte de la réponse donnée à la question (46)). Nous rappelons que cette situation correspond à la condition ().

En déduire que la différence des abscisses de deux telles cibles et s'exprime selon la relation suivante :

où la fonction est à expliciter.

Application numérique : Calculer la valeur de dans le cas où , et .

Voir l'indice

Écrire la condition \Delta\phi_{\mathrm{tp}} = 2q\pi, différentier par rapport à \theta, puis exprimer \mathrm{d}Y = (H/\cos^2\theta)\mathrm{d}\theta pour aboutir au pas de frange w.

Voir la réponse courte

Écart angulaire pour \Delta(\Delta\phi_{\mathrm{tp}}) = 2\pi et différentiation de Y(\theta) avec Q = \frac{1}{\cos^2\theta_0 \cos(\theta_0-\alpha)} ; w \approx 280\text{ m}.

Voir le corrigé complet

La condition d'interférences constructives pour la cible \mathrm{C}_n vue sous l'angle \theta_n = \theta_0 + \beta_n s'écrit, d'après le résultat de la question Q49 :

\Delta\phi_{\mathrm{tp}}(\theta_n) = \frac{4\pi B}{\lambda} \sin(\theta_n - \alpha) = 2q\pi \quad (q \in \mathbb{Z})

D'après la question Q46, la zone observée vérifie \beta_n \ll 1. En utilisant le développement limité au premier ordre fourni en annexe :

\sin(\theta_n - \alpha) = \sin(\theta_0 - \alpha + \beta_n) \simeq \sin(\theta_0 - \alpha) + \beta_n \cos(\theta_0 - \alpha)

La condition d'interférences constructives devient :

\frac{4\pi B}{\lambda} \Big( \sin(\theta_0 - \alpha) + \beta_n \cos(\theta_0 - \alpha) \Big) = 2q\pi

ce qui caractérise l'écart angulaire \beta_n associé à l'ordre d'interférence q :

\boxed{\beta_n = \frac{q \dfrac{\lambda}{2B} - \sin(\theta_0 - \alpha)}{\cos(\theta_0 - \alpha)}} \quad \text{avec} \quad \theta_n = \theta_0 + \beta_n

L'écart angulaire entre deux franges constructives consécutives (associées à des ordres entiers consécutifs \Delta q = 1) est donc :

\Delta\beta = \beta_{n+1} - \beta_n = \frac{\lambda}{2B \cos(\theta_0 - \alpha)}

L'abscisse de la cible au sol est reliée à son angle de visée par Y = H \tan\theta. Au premier ordre en \beta_n, d'après le formulaire :

Y_n = H \tan(\theta_0 + \beta_n) \simeq H \left( \tan\theta_0 + \frac{\beta_n}{\cos^2\theta_0} \right)

La distance entre deux cibles consécutives conduisant à des interférences constructives (pas du réseau de franges au sol, ou interfrange) s'en déduit :

w = Y_{n+1} - Y_n = \frac{H}{\cos^2\theta_0} (\beta_{n+1} - \beta_n) = \frac{H}{\cos^2\theta_0} \times \frac{\lambda}{2B \cos(\theta_0 - \alpha)}

On identifie ainsi l'expression demandée :

w = \frac{\lambda H}{2B} \, Q(\theta_0, \alpha) \quad \text{avec} \quad \boxed{Q(\theta_0, \alpha) = \frac{1}{\cos^2\theta_0 \cos(\theta_0 - \alpha)}}

Application numérique : Pour \theta_0 = 30^{\circ}, \alpha = 0, \lambda = 6\text{ cm} = 0{,}060\text{ m}, H = 700\text{ km} = 7{,}0 \times 10^5\text{ m} et B = 100\text{ m} :

\begin{aligned} \frac{\lambda H}{2B} &= \frac{0{,}060 \times 7{,}0 \times 10^5}{2 \times 100} = 210\text{ m} \\ Q(30^{\circ}, 0) &= \frac{1}{\cos^3(30^{\circ})} = \frac{1}{\left(\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right)^3} = \frac{8}{3\sqrt{3}} \simeq 1{,}54 \end{aligned}

D'où :

\boxed{w \simeq 3{,}2 \times 10^2\text{ m}}

Résultat

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2.3.3 · Effet de la topographie

Question 51

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : distorsion géométrique, effet de relief

Établir, qu'au premier ordre relativement à l'écart , ce dernier est lié à selon la relation suivante :

Comparer les distances apparentes entre chacun des deux pieds (d'altitude nulle) et le sommet d'une montagne (que l'on supposera de profil triangulaire), par rapport aux distances réelles. On peut appuyer son raisonnement sur une figure.

Voir l'indice

Écrire les relations géométriques de distance dans le repère local : R_1^2 = H^2 + Y'^2 = (H-h)^2 + Y^2, puis développer au premier ordre en h et \delta Y.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les coordonnées de la position du satellite S_1, de la cible réelle C et de la cible apparente C' dans le repère cartésien local \mathcal{R}(O, x, y, z).
  2. Traduire la condition d'égalité des distances radiales S_1C = S_1C' = R_1, puis mener un développement au premier ordre en négligeant les termes d'ordre 2 (h^2 et \delta Y^2) devant les termes croisés.
  3. Considérer une montagne de profil triangulaire avec deux pieds d'altitude nulle et un sommet d'altitude h > 0, puis comparer les distances réelles et apparentes séparant les pieds du sommet.
Voir la réponse courte

Raccourcissement de pente (« foreshortening ») : la face amont tournée vers le satellite apparaît plus courte que la réalité.

Voir le corrigé complet

Dans le repère local \mathcal{R}(O, x, y, z), le satellite S_1 se trouve à l'altitude H à l'aplomb de l'origine : S_1\,(0, 0, H).
La cible réelle C a pour coordonnées (0, Y, h) et la cible apparente C' a pour coordonnées (0, Y', 0) avec Y' = Y - \delta Y.

La distance mesurée par le radar étant identique pour C et C' (R_1 = \|\overrightarrow{S_1 C}\| = \|\overrightarrow{S_1 C'}\|), écrivons l'égalité des carrés des distances :

\begin{aligned} \|\overrightarrow{S_1 C}\|^2 &= Y^2 + (H - h)^2 = Y^2 + H^2 - 2Hh + h^2 \\ \|\overrightarrow{S_1 C'}\|^2 &= Y'^2 + H^2 = (Y - \delta Y)^2 + H^2 = Y^2 - 2Y\delta Y + (\delta Y)^2 + H^2 \end{aligned}

En égalant les deux expressions et en simplifiant par Y^2 + H^2 :

-2Y\delta Y + (\delta Y)^2 = -2Hh + h^2

Puisque le relief est de faible dimension devant l'altitude et la distance horizontale (h \ll H et \delta Y \ll Y), les termes quadratiques (\delta Y)^2 et h^2 sont négligeables au premier ordre devant les termes linéaires :

-2Y\delta Y \simeq -2Hh

On en déduit immédiatement la relation demandée :

\boxed{\delta Y = \frac{H}{Y} \times h}

Comparaison des distances pour une montagne de profil triangulaire. Considérons une montagne triangulaire posée sur le sol (z = 0) entre un pied avant P_1\,(Y_1, 0) (le plus proche du satellite, Y_1 < Y) et un pied arrière P_2\,(Y_2, 0) (Y_2 > Y), avec un sommet S\,(Y_S, h) d'altitude h > 0.

Les pieds P_1 et P_2 étant d'altitude nulle (h = 0), leur position apparente coïncide avec leur position réelle : Y'_{P_1} = Y_1 et Y'_{P_2} = Y_2.
En revanche, le sommet d'altitude h > 0 subit un décalage vers le satellite :

Y'_S = Y_S - \delta Y < Y_S \quad \text{avec} \quad \delta Y = \frac{H}{Y_S}h > 0

On compare alors les distances apparentes au sol aux distances réelles horizontales :

  • Versant avant (face au radar, P_1 \to S) :

    d'_{\text{avant}} = Y'_S - Y_1 = (Y_S - Y_1) - \delta Y = d_{\text{avant}} - \delta Y < d_{\text{avant}}

    La distance apparente est inférieure à la distance réelle : le versant avant apparaît raccourci (phénomène de foreshortening).

  • Versant arrière (opposé au radar, S \to P_2) :

    d'_{\text{arrière}} = Y_2 - Y'_S = (Y_2 - Y_S) + \delta Y = d_{\text{arrière}} + \delta Y > d_{\text{arrière}}

    La distance apparente est supérieure à la distance réelle : le versant arrière apparaît étiré (allongé).

Résultat

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Question 52

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : phase topographique, interférométrie radar

À l'instar de la situation en terrain plat, la cible est observée par le satellite une première fois lorsqu'il est en position puis une seconde fois lorsqu'il se trouve en position . La cible apparente est telle que alors que les distances et sont, en général, différentes (se reporter à la figure (12)). Cette remarque est à prendre en compte dans le calcul du déphasage.

Établir que le déphasage total du signal reçu par le satellite en position , par rapport à celui reçu en position , attribué à la cible apparente , s'exprime par la relation suivante :

On pourra s'appuyer directement sur la relation suivante :

Voir l'indice

Exprimer la différence des chemins optiques en tenant compte du fait que la cible réelle est en (Y,h) lors du survol S_2 et utiliser un développement au premier ordre de l'angle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le déphasage effectif mesuré entre les signaux reçus en \mathrm{S}_1 et \mathrm{S}_2 pour la cible réelle \mathrm{C} à l'aide de la relation (26).
  2. Exprimer l'écart angulaire \delta\theta = \theta - \theta' en fonction de l'altitude h et de l'abscisse apparente Y' en reliant les coordonnées de \mathrm{C} et \mathrm{C}'.
  3. Effectuer un développement limité au premier ordre par rapport à \delta\theta pour faire apparaître la composante de terrain plat \Delta\phi_{\mathrm{tp}}(Y') et en déduire l'expression de \Delta\phi_{\mathrm{topo}}(Y').
Voir la réponse courte

Développement au premier ordre en h du terme interférométrique faisant émerger la phase topographique.

Voir le corrigé complet

Le signal reçu provient de la cible réelle \mathrm{C}, située aux distances R_1 = \|\overrightarrow{\mathrm{S}_1\mathrm{C}}\| et R_2 = \|\overrightarrow{\mathrm{S}_2\mathrm{C}}\|. D'après les questions 43 et 49, en supposant que le déphasage propre \phi_{\mathrm{cible}} est invariable entre les deux passages, la différence de phase mesurée s'écrit :

\Delta\phi = \frac{4\pi}{\lambda}(R_1 - R_2)

En utilisant la relation (26) fournie par l'énoncé, R_2 = R_1 - B\sin(\theta - \alpha), on a :

\Delta\phi = \frac{4\pi B}{\lambda}\sin(\theta - \alpha)

Ce signal est attribué par le système d'imagerie au pixel de terrain plat correspondant à la cible apparente \mathrm{C}', repérée par l'angle \theta' et d'abscisse Y'. Posons :

\theta = \theta' + \delta\theta

Déterminons l'écart angulaire \delta\theta. Par définition des angles \theta et \theta' dans le triangle rectangle projeté :

\sin\theta = \frac{Y}{R_1} \quad \text{et} \quad \sin\theta' = \frac{Y'}{R_1}

Au premier ordre par rapport au petit angle \delta\theta, le formulaire fournit :

\sin(\theta' + \delta\theta) \simeq \sin\theta' + \delta\theta \cos\theta'

On en déduit :

\delta\theta \cos\theta' = \sin\theta - \sin\theta' = \frac{Y - Y'}{R_1} = \frac{\delta Y}{R_1}

Or, d'après la question 51, \delta Y = \dfrac{H}{Y}h \simeq \dfrac{H}{Y'}h au premier ordre, et la géométrie de la visée de \mathrm{C}' donne \cos\theta' = \dfrac{H}{R_1}. Il vient donc :

\delta\theta \left(\frac{H}{R_1}\right) = \frac{1}{R_1} \left(\frac{H}{Y'}h\right) \implies \delta\theta = \frac{h}{Y'}

Développons maintenant l'expression du déphasage au premier ordre en \delta\theta :

\begin{aligned} \sin(\theta - \alpha) &= \sin\big((\theta' - \alpha) + \delta\theta\big) \\ &= \sin(\theta' - \alpha) + \delta\theta \cos(\theta' - \alpha) \end{aligned}

En injectant cette relation dans \Delta\phi, on obtient :

\Delta\phi(Y') = \frac{4\pi B}{\lambda}\sin(\theta' - \alpha) + \frac{4\pi B}{\lambda}\,\delta\theta\cos(\theta' - \alpha)

On reconnaît dans le premier terme la contribution de terrain plat évaluée en Y' (question 49) :

\Delta\phi_{\mathrm{tp}}(Y') = \frac{4\pi B}{\lambda}\sin(\theta' - \alpha)

Le second terme constitue la phase topographique \Delta\phi_{\mathrm{topo}}(Y'). En remplaçant \delta\theta = \dfrac{h}{Y'}, on parvient au résultat attendu :

\boxed{\Delta\phi(Y') = \Delta\phi_{\mathrm{tp}}(Y') + \Delta\phi_{\mathrm{topo}}(Y') \quad \text{avec} \quad \Delta\phi_{\mathrm{topo}}(Y') = \frac{4\pi}{\lambda}\times\frac{hB}{Y'}\times\cos(\theta' - \alpha)}

Résultat

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Question 53

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : sensibilité de mesure, précision altimétrique

La composante de phase peut être soustraite du déphasage puisque l'abscisse est déduite de la mesure du temps de parcours (qui donne ) et est donc connue. En raison notamment des perturbations atmosphériques, la précision de la mesure du déphasage est de l'ordre de . Estimer la précision attendue d'une mesure d'altitude basée sur la mesure de pour une visée à et .

Rappel des données : ; ; .

Voir l'indice

Différencier la relation reliant \Delta\phi_{\mathrm{topo}} à h et isoler l'incertitude sur l'altitude \delta h correspondant au bruit de phase \Delta\phi_{\mathrm{bruit}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'abscisse apparente Y' en fonction de la hauteur orbitale H et de l'angle de visée apparent \theta'.
  2. Inverser la relation (25) pour exprimer l'altitude h en fonction de la composante topographique \Delta\phi_{\mathrm{topo}}.
  3. En déduire l'incertitude sur l'altitude \delta h induite par le bruit de phase \Delta\phi_{\text{bruit}}, puis effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Résolution altimétrique déduite du bruit de phase : \Delta h \approx 10\text{ m}.

Voir le corrigé complet

D'après la géométrie de la visée radar (figure 12), la cible apparente \mathrm{C}' située au sol (z = 0) est repérée par l'angle \theta' tel que :

Y' = H \tan\theta'

En injectant cette relation dans l'expression (25) de la composante topographique du déphasage :

\Delta\phi_{\mathrm{topo}}(Y') = \frac{4\pi}{\lambda} \frac{h B}{H \tan\theta'} \cos(\theta' - \alpha)

On en déduit l'expression de l'altitude h :

h = \Delta\phi_{\mathrm{topo}} \times \frac{\lambda H \tan\theta'}{4\pi B \cos(\theta' - \alpha)}

Pour \alpha = 0, cette relation se simplifie en :

h = \Delta\phi_{\mathrm{topo}} \times \frac{\lambda H \sin\theta'}{4\pi B \cos^2\theta'}

La précision \delta h sur la détermination de l'altitude découle directement de la précision de mesure du déphasage \Delta\phi_{\text{bruit}} \simeq \frac{\pi}{4} :

\delta h = \Delta\phi_{\text{bruit}} \times \frac{\lambda H \sin\theta'}{4\pi B \cos^2\theta'} = \frac{\pi}{4} \times \frac{\lambda H \sin\theta'}{4\pi B \cos^2\theta'} = \frac{\lambda H \sin\theta'}{16 B \cos^2\theta'}

Application numérique : Avec H = 700\text{ km} = 7{,}0 \times 10^5\text{ m}, \lambda = 6\text{ cm} = 0{,}06\text{ m}, B = 100\text{ m} et \theta' = 30^{\circ} (\sin 30^{\circ} = 1/2, \cos^2 30^{\circ} = 3/4, soit \frac{\sin 30^{\circ}}{\cos^2 30^{\circ}} = \frac{2}{3}) :

\delta h = \frac{0{,}06 \times 7{,}0 \times 10^5}{16 \times 100} \times \frac{2}{3} = \frac{42\,000}{1\,600} \times \frac{2}{3} = 17{,}5\text{ m}

Soit, avec deux chiffres significatifs :

\boxed{\delta h \simeq 18\text{ m}}

Résultat

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2.3.4 · Mesure de la déformation d'un volcan

Question 54

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : déphasage, interférométrie différentielle

Établir que ce déplacement induit le déphasage supplémentaire suivant :

On se souviendra que les direction et sont quasi-parallèles (objet de la question (48)).

Voir l'indice

Calculer la variation de distance oblique induite par un déplacement vertical pur : \mathrm{d}R = -\mathrm{d}z \cos\theta = -\eta\cos\theta, puis en déduire le déphasage aller-retour.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation de la distance satellite-cible R_2 sous l'effet du déplacement vertical \vec{\delta \mathrm{C}} = \eta \vec{e}_z, en exploitant la quasi-parallélisme des visées établi à la question Q48.
  2. En déduire la variation du déphasage aller-retour du second signal, puis le déphasage différentiel supplémentaire \Delta\phi_{\mathrm{d}} qui en résulte.
Voir la réponse courte

Projection du déplacement vertical sur la visée \delta R = \eta\cos\theta conduisant à \Delta\phi_{\mathrm{d}} = \frac{4\pi}{\lambda}\eta\cos\theta.

Voir le corrigé complet

Entre la première et la seconde prise de vue, la cible \mathrm{C} subit un déplacement vertical \vec{\delta \mathrm{C}} = \eta \vec{e}_z.

D'après la question Q48, les directions (\mathrm{CS}_1) et (\mathrm{CS}_2) sont quasi-parallèles et font un angle \theta avec la verticale descendante -\vec{e}_z. Le vecteur unitaire orienté du satellite vers la cible s'écrit dans le repère (O, \vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) :

\vec{u} = \sin\theta \, \vec{e}_y - \cos\theta \, \vec{e}_z

Au premier ordre en \eta / R_2, la variation de la distance R_2 = \|\overrightarrow{\mathrm{S}_2\mathrm{C}}\| induite par le déplacement \vec{\delta \mathrm{C}} s'obtient par projection :

\delta R_2 = \|\overrightarrow{\mathrm{S}_2\mathrm{C}}(h+\eta)\| - \|\overrightarrow{\mathrm{S}_2\mathrm{C}}(h)\| = \vec{u} \cdot \vec{\delta \mathrm{C}} = (\sin\theta \, \vec{e}_y - \cos\theta \, \vec{e}_z) \cdot (\eta \, \vec{e}_z) = -\eta \cos\theta

Un soulèvement vertical (\eta > 0) rapproche donc la cible du satellite d'une quantité \eta \cos\theta.

Le déphasage du signal reçu lors du second passage est donné par la relation établie à la question Q43 :

\phi_{\text{récep}, 2} = \frac{4\pi}{\lambda} R_2 + \phi_{\text{cible}}

La variation de ce déphasage induite par le déplacement s'écrit :

\delta\phi_{\text{récep}, 2} = \frac{4\pi}{\lambda} \delta R_2 = -\frac{4\pi}{\lambda} \eta \cos\theta

La première acquisition n'étant pas affectée par cette déformation ultérieure, la variation du déphasage interférométrique \Delta\phi = \phi_{\text{récep}, 1} - \phi_{\text{récep}, 2} est :

\Delta\phi_{\mathrm{d}} = -\delta\phi_{\text{récep}, 2}

On en déduit immédiatement :

\boxed{\Delta\phi_{\mathrm{d}} = \frac{4\pi}{\lambda} \times \eta \cos\theta}

Résultat

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Question 55

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : sensibilité de mesure, interférométrie différentielle

Estimer la valeur du déplacement minimal décelable pour une précision sur la mesure du déphasage de l'ordre de et pour .

Voir l'indice

Inverser la formule de la question précédente en remplaçant \Delta\phi_{\mathrm{d}} par l'incertitude de mesure \Delta\phi_{\mathrm{bruit}} = \pi/4.

Voir la stratégie
  1. Associer le déplacement vertical minimal décelable \eta_{\min} à la condition où la variation de phase induite dépasse le niveau de bruit de mesure : \Delta\phi_{\mathrm{d}} \simeq \Delta\phi_{\text{bruit}}.
  2. Inverser la relation établie à la question précédente (Q54) pour obtenir l'expression littérale de \eta_{\min}.
  3. Réaliser l'application numérique avec la longueur d'onde \lambda = 6\text{ cm} du radar Sentinel-1.
Voir la réponse courte

Déplacement vertical minimal décelable : \eta_{\min} = \frac{\lambda \Delta\phi_{\text{bruit}}}{4\pi\cos\theta} \approx 4\text{ mm} (sensibilité millimétrique).

Voir le corrigé complet

D'après la relation (27) établie à la question Q54, le déphasage induit par un déplacement vertical \eta vaut :

\Delta\phi_{\mathrm{d}} = \frac{4\pi}{\lambda} \, \eta \cos\theta

Pour que ce déplacement soit mesurable, le déphasage qu'il engendre doit être au moins de l'ordre du bruit de mesure sur la phase, soit \Delta\phi_{\mathrm{d}} \ge \Delta\phi_{\text{bruit}}. Le déplacement vertical minimal décelable vérifie donc :

\frac{4\pi}{\lambda} \, \eta_{\min} \cos\theta = \Delta\phi_{\text{bruit}}

En injectant \Delta\phi_{\text{bruit}} \simeq \frac{\pi}{4}, on obtient l'expression littérale :

\eta_{\min} = \frac{\lambda \, \Delta\phi_{\text{bruit}}}{4\pi \cos\theta} = \frac{\lambda}{16\cos\theta}

Application numérique : Avec \lambda = 6{,}0\text{ cm} = 6{,}0 \times 10^{-2}\text{ m} et \theta = 30^{\circ} (\cos 30^{\circ} = \frac{\sqrt{3}}{2} \simeq 0{,}866) :

\eta_{\min} = \frac{6{,}0 \times 10^{-2}}{16 \times \cos(30^{\circ})} \simeq 4{,}3 \times 10^{-3}\text{ m} = 4{,}3\text{ mm}
\boxed{\eta_{\min} = \frac{\lambda}{16\cos\theta} \simeq 4{,}3\text{ mm}}

Résultat

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Question 56

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : interférométrie différentielle, comptage de franges

La figure (13) représente les franges d'interférences résultant de la somme de deux images (une image est une collection de signaux issus de tous les pixels-terrain qui constituent la surface explorée) du volcan Kilauea (cratère Halema'uma'u) à Hawaii. Elles ont été prises à un mois d'intervalle, sous un angle de visée . La longueur d'onde utilisée est ici égale à (elle diffère donc de celle que nous avons considérée jusqu'alors).

Estimer la surrection (ou soulèvement) du volcan.

Voir l'indice

Compter le nombre de cycles de phase de 2\pi du centre du motif vers l'extérieur sur la figure 13 et multiplier par la surrection associée à une frange.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le soulèvement \eta en fonction du déphasage mesuré \Delta\phi_{\mathrm{d}} en inversant la relation (27) établie à la question précédente.
  2. Calculer le déplacement vertical associé à l'écartement d'une frange d'interférence complète (\Delta\phi = 2\pi).
  3. Dénombrer le nombre de franges N entre la périphérie non déformée (\Delta\phi = 0) et le centre de la déformation sur la figure (13), puis en déduire une estimation de la surrection \eta_{\mathrm{s}}.
Voir la réponse courte

Comptage des N franges concentriques sur le volcan et calcul de la surrection totale via \eta_{\mathrm{s}} = N \frac{\lambda}{2\cos\theta} (quelques centimètres).

Voir le corrigé complet

D'après la relation (27) établie à la question précédente, le déphasage différentiel \Delta\phi_{\mathrm{d}} lié à un déplacement vertical \eta vaut :

\Delta\phi_{\mathrm{d}} = \frac{4\pi}{\lambda}\,\eta\cos\theta

Le déplacement vertical \eta s'exprime donc en fonction du déphasage par :

\eta = \frac{\lambda}{4\pi\cos\theta}\,\Delta\phi_{\mathrm{d}}

Un cycle complet de déphasage \delta(\Delta\phi) = 2\pi (correspondant à une frange d'interférence complète, soit la répétition d'un motif coloré) est associé à un déplacement élémentaire :

\delta\eta = \frac{\lambda}{2\cos\theta}

Avec \lambda = 3\text{ cm} = 3{,}0 \times 10^{-2}\text{ m} et \theta = 44^\circ :

\delta\eta = \frac{3{,}0 \times 10^{-2}}{2\cos(44^\circ)} \simeq 2{,}09 \times 10^{-2}\text{ m} \simeq 2{,}1\text{ cm}

Sur la figure (13), les franges forment des anneaux concentriques centrés sur la caldera du volcan Kilauea. Les annotations indiquent :

  • \Delta\phi = 0 en bordure extérieure non déformée ;
  • \Delta\phi = 2\pi sur le premier anneau vers l'intérieur (1re frange) ;
  • \Delta\phi = 4\pi sur le deuxième anneau (2e frange).

En poursuivant le comptage vers le centre du gonflement (au niveau du lac de lave et de la caldera), on dénombre encore 2 à 3 franges supplémentaires (soit un total de N \simeq 4\text{ à }5 franges, correspondant à un déphasage maximal au centre \Delta\phi_{\max} \simeq 8\pi\text{ à }10\pi).

Le soulèvement maximal (surrection) \eta_{\mathrm{s}} du volcan au centre de la déformation vaut donc :

\eta_{\mathrm{s}} = N\,\delta\eta = N \times \frac{\lambda}{2\cos\theta}
  • Pour N = 4 franges : \eta_{\mathrm{s}} \simeq 4 \times 2{,}09\text{ cm} \simeq 8{,}4\text{ cm} ;
  • Pour N = 5 franges : \eta_{\mathrm{s}} \simeq 5 \times 2{,}09\text{ cm} \simeq 10{,}5\text{ cm}.
\boxed{\eta_{\mathrm{s}} \simeq 8\text{ à }11\text{ cm}\quad (\text{soit de l'ordre de } 10\text{ cm})}

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique BCPST 2025 ?

Surtout 2 chapitres : Mécanique des fluides (38 % des questions, partie 1) et Interférences lumineuses (24 %). Plus ponctuellement : Cinématique et dynamique du point, Mouvement dans un champ de force centrale, Ondes mécaniques et acoustiques, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide, Optique géométrique…

Peut-on travailler le sujet ENS Physique BCPST 2025 dès la première année (BCPST1) ?

En partie : 22 questions sur 56 (39 %) ne demandent que le programme de BCPST1. Blocs abordables : la sous-partie 1.1 (Q1 à Q5), la sous-partie 2.2.1 (Q34 à Q38) et la sous-partie 2.2.2 (Q39 à Q41). Avec les autres programmes de première année : 44 en MPSI, 44 en PCSI, 44 en PTSI, 44 en MP2I et 29 en TSI1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet ENS Physique BCPST 2025 ?

Environ 3 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet ENS Physique BCPST 2025 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q52 (phase topographique).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet ENS Physique BCPST 2025 ?

Questions de cours : Q1 (loi des gaz parfaits), Q6 (nombre de reynolds), Q14 (force de traînée), Q15 (traînée de stokes), Q25 (coordonnée polaire), Q32 (longueur d'onde) et Q44 (formule de fresnel). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q7 (analyse dimensionnelle), Q16 (vitesse limite), Q26 (principe fondamental de la dynamique), Q27 (troisième loi de kepler), Q42 (retard de propagation), Q45 (interférence constructive), Q47 (différence de marche), Q49 (déphasage)….

Où gagner des points facilement dans le sujet ENS Physique BCPST 2025 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (45 sur 56), par exemple : Q1 à Q4, Q6 à Q9, Q11 à Q14, Q16 à Q19, Q21, Q24 à Q43, Q45 à Q49, Q53, Q55 et Q56. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q5, Q10, Q15, Q20, Q22, Q23, Q44, Q50 à Q52 et Q54.

Le sujet ENS Physique BCPST 2025 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. La moyenne obtenue est de 8,02/20 avec un écart-type de 3,48, et le rapport précise que le sujet est long, les meilleures copies n'ayant répondu qu'à environ 3/5 des questions. Écart-type : 3,48 (791 présents).

Comment déterminer la valeur de C_1 à la question Q15 ?

Par lecture graphique sur la figure 2 à \mathrm{Re}_{\mathrm{p}} = 1 (où C_x = C_1), ou par identification entre l'expression de la traînée F_{\mathrm{T}} = \frac{1}{8}\pi C_x \rho_{\mathrm{g}} d^2 v^2 et la formule de Stokes F_{\mathrm{T}} = 3\pi \eta_{\mathrm{g}} d v. Les deux approches donnent C_1 \simeq 24.

Pourquoi la nuée ardente s'arrête-t-elle en un temps fini en Q21 ?

Car la dérivée \mathrm{d}\psi/\mathrm{d}t ne s'annule pas lorsque \psi \to 0 : le second membre contient le terme constant non nul -B L(t) \phi_{\min} < 0. La décroissance n'est pas asymptotique mais atteint \psi = 0 à un instant fini, fixant ainsi la portée maximale.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
–
0 question réussie sur 56
Position estimée
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des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 56 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 8,02 et d'écart-type 3,48 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

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Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.