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Corrigé détaillé ENS Physique BCPST 2025 (page 4/4 : Partie 2 (questions 42 à 56))

Éruptions volcaniques : risques et prévention

  • 56 questions corrigées
  • Difficulté estimée : classique (1,5 / 4)
  • Faisable en Sup (en BCPST1 : 22 questions sur 56, parties 1.1, 2.2.1 et 2.2.2)
  • Vérifié question par question

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie 2 : Étude des déformations de la surface terrestre par interférométrie radar (suite)

2.3.1 · Étude de la phase du signal

Question 42

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : retard de propagation, déphasage

À une distance de l'antenne (située au point S), le signal prend la forme suivante :

À cause du retard lié à la propagation de l'onde sur la distance , à la vitesse , la phase du signal vérifie la condition suivante :

En déduire l'expression de (que nous appellerons déphasage) en fonction de et .

Voir l'indice

Écrire l'égalité des phases \psi(t,R) = \psi(t - R/c, 0), développer 2\pi f_0(t - R/c) et identifier le déphasage \phi(R) en introduisant \lambda = c/f_0.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (17), le signal émis en R = 0 s'écrit :

s(t, 0) = s_0 \cos(2\pi f_0 t)

Par identification avec l'expression générale (18) prise en R = 0, soit \psi(t, 0) = 2\pi f_0 t - \phi(0), on en déduit que la phase à l'origine est :

\psi(t, 0) = 2\pi f_0 t \quad (\text{soit } \phi(0) = 0)

En appliquant la condition de retard temporel due à la propagation sans dispersion à la vitesse c (équation (19)), la phase à la distance R vaut :

\psi(t, R) = \psi\!\left(t - \frac{R}{c}, 0\right) = 2\pi f_0 \left(t - \frac{R}{c}\right) = 2\pi f_0 t - 2\pi \frac{f_0}{c} R

En identifiant cette forme avec l'équation (18), \psi(t, R) = 2\pi f_0 t - \phi(R), on obtient l'expression du déphasage :

\phi(R) = 2\pi \frac{f_0}{c} R

Comme la longueur d'onde dans le milieu de propagation est reliée à la fréquence par \lambda = \frac{c}{f_0}, il vient finalement :

\boxed{\phi(R) = \frac{2\pi R}{\lambda}}

Résultat

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Question 43

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : déphasage, chemin optique

La diffusion de l'onde par la cible ajoute un déphasage propre aléatoire () à celui introduit par la distance parcourue par l'onde. Exprimer le déphasage du signal reçu par l'antenne pour une cible située à la distance . On notera que ce signal a parcouru un aller et retour depuis son émission.

Voir l'indice

Additionner le déphasage géométrique aller-retour pour un trajet de longueur 2R_{\mathrm{C}} et le déphasage propre aléatoire \phi_{\mathrm{cible}}.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat établi à la question Q42, la propagation d'une onde sur une distance d induit un déphasage lié au temps de parcours :

\phi(d) = \frac{2\pi}{\lambda} d

Pour une cible située à la distance R_{\mathrm{C}}, le signal effectue un trajet aller-retour complet entre le satellite et la cible, soit une distance totale parcourue :

d_{\text{tot}} = 2 R_{\mathrm{C}}

Le déphasage associé à la propagation s'élève donc à :

\phi_{\text{prop}} = \frac{2\pi}{\lambda} \times (2 R_{\mathrm{C}}) = \frac{4\pi R_{\mathrm{C}}}{\lambda}

La diffusion par la cible introduisant un déphasage supplémentaire \phi_{\text{cible}}, le déphasage total \phi_{\text{récep}} du signal reçu à l'antenne s'écrit :

\boxed{\phi_{\text{récep}} = \frac{4\pi R_{\mathrm{C}}}{\lambda} + \phi_{\text{cible}}}

Résultat

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Question 44

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : formule de fresnel, puissance moyenne

Établir que la puissance prend la forme suivante :

Voir l'indice

Calculer le carré du signal somme A(t) = A_1(t) + A_2(t), linéariser les produits trigonométriques et utiliser les valeurs moyennes temporelles fournies en annexe.

Voir la stratégie

Pour calculer la puissance moyenne P = \langle A^2(t) \rangle_T du signal résultant de la superposition A(t) = A_1(t) + A_2(t) :

  1. On développe le carré A^2(t) = A_1^2(t) + A_2^2(t) + 2 A_1(t) A_2(t) en exploitant la linéarité de la moyenne temporelle ;
  2. On calcule la valeur moyenne de chaque terme sur une période T = 1/f_0 à l'aide des formules trigonométriques fournies en annexe.
Voir le corrigé complet

Le signal total reçu par l'antenne s'écrit :

A(t) = A_1(t) + A_2(t)

En développant le carré, il vient :

A^2(t) = A_1^2(t) + A_2^2(t) + 2 A_1(t) A_2(t)

Par linéarité de l'opération de moyenne temporelle sur une période T = 1/f_0 :

P = \langle A^2(t) \rangle_T = \langle A_1^2(t) \rangle_T + \langle A_2^2(t) \rangle_T + 2 \langle A_1(t) A_2(t) \rangle_T

Calculons successivement chacun des termes :

  • Pour les termes d'auto-corrélation, d'après le résultat rappelé en annexe \langle (\cos \theta)^2 \rangle_{2\pi} = \frac{1}{2} :

    \begin{aligned} \langle A_1^2(t) \rangle_T &= A_0^2 \langle \cos^2(2\pi f_0 t - \phi_1) \rangle_T = \frac{1}{2} A_0^2 \\ \langle A_2^2(t) \rangle_T &= A_0^2 \langle \cos^2(2\pi f_0 t - \phi_2) \rangle_T = \frac{1}{2} A_0^2 \end{aligned}
  • Pour le terme croisé d'interférence, on utilise la formule trigonométrique :

    \cos a \cos b = \frac{\cos(a - b) + \cos(a + b)}{2}

    avec a = 2\pi f_0 t - \phi_1 et b = 2\pi f_0 t - \phi_2. On a donc :

    a - b = -(\phi_1 - \phi_2) = -\Delta\phi \quad \text{et} \quad a + b = 4\pi f_0 t - (\phi_1 + \phi_2)

    Le produit s'exprime alors comme :

    A_1(t) A_2(t) = \frac{A_0^2}{2} \left[ \cos(-\Delta\phi) + \cos(4\pi f_0 t - (\phi_1 + \phi_2)) \right]

    La parité du cosinus donne \cos(-\Delta\phi) = \cos(\Delta\phi), terme constant dans le temps, tandis que \cos(4\pi f_0 t - (\phi_1 + \phi_2)) oscille à la fréquence double 2f_0 et a donc une valeur moyenne nulle sur la période T (\langle \cos \theta \rangle_{2\pi} = 0). Il en résulte :

    2 \langle A_1(t) A_2(t) \rangle_T = 2 \times \frac{A_0^2}{2} \cos(\Delta\phi) = A_0^2 \cos(\Delta\phi)

En sommant ces trois contributions :

\begin{aligned} P &= \frac{1}{2} A_0^2 + \frac{1}{2} A_0^2 + A_0^2 \cos(\Delta\phi) \\ &= A_0^2 (1 + \cos(\Delta\phi)) \end{aligned}

On obtient bien la relation demandée :

\boxed{P = A_0^2 (1 + \cos(\Delta\phi)) \quad \text{avec} \quad \Delta\phi = \phi_1 - \phi_2}

Résultat

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Question 45

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : interférence constructive, interférence destructive

Représenter l'allure de la dépendance de la puissance vis-à-vis de . Indiquer brièvement pourquoi on parle d'interférences constructives et destructives entre les deux signaux quand, respectivement, et où .

Voir l'indice

Tracer la courbe 1+\cos(\Delta\phi) et expliquer que l'amplitude résultante est maximale (2A_0) quand les ondes sont en phase et nulle en opposition de phase.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question précédente, la puissance reçue s'écrit :

P(\Delta\phi) = A_0^2 \big(1 + \cos(\Delta\phi)\big)

Il s'agit d'une fonction paire, 2\pi-périodique en \Delta\phi, qui oscille de façon sinusoïdale entre une valeur minimale P_{\min} = 0 et une valeur maximale P_{\max} = 2A_0^2.

Interprétation physique des deux régimes :

  • Interférences constructives (\Delta\phi = 2q\pi, avec q \in \mathbb{Z}) : les deux signaux oscillent en phase (A_2(t) = A_1(t)). Le signal résultant a pour amplitude 2A_0, soit la somme directe des deux amplitudes :

    A(t) = 2A_0 \cos(2\pi f_0 t - \phi_1)

    Les deux ondes se renforcent mutuellement et la puissance atteint sa valeur maximale possible :

    \boxed{P = 2A_0^2 = P_{\max}}
  • Interférences destructives (\Delta\phi = (2q + 1)\pi, avec q \in \mathbb{Z}) : les deux signaux oscillent en opposition de phase (A_2(t) = -A_1(t)). Leurs contributions se compensent exactement à chaque instant :

    A(t) = A_1(t) + A_2(t) = 0

    Les deux ondes s'annihilent mutuellement et la puissance s'annule complètement :

    \boxed{P = 0 = P_{\min}}

Résultat

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2.3.2 · Franges de terrain plat

Question 46

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : approximation des petits angles, géométrie de visée

Dans toute la suite, le satellite est supposé observer une zone de la surface terrestre d'extension , délimitée angulairement par les angles et (). Vérifier que toute cible située dans cette zone est vue selon un angle tel que .

Voir l'indice

Différencier y = H\tan\theta pour relier \Delta y à la dispersion angulaire \beta_{\max} \simeq \Delta y \cos^2\theta_0 / H et vérifier numériquement qu'elle est très petite devant 1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'abscisse au sol y en fonction de l'angle de visée \theta et de l'altitude H du satellite.
  2. Déterminer l'écart angulaire maximal \beta_{\max} = \theta_1 - \theta_0 associé à l'extension spatiale \Delta y = 30\text{ km}.
  3. Comparer \beta_{\max} (exprimé en radians) à 1 pour valider l'approximation.
Voir le corrigé complet

Dans le repère local de la figure (6), l'abscisse au sol d'une cible vue sous l'angle \theta depuis le satellite situé à l'altitude H s'écrit :

y = H \tan\theta

La zone observée s'étend de y_0 = H \tan\theta_0 à y_1 = H \tan\theta_1, de sorte que l'extension spatiale vaut :

\Delta y = y_1 - y_0 = H (\tan\theta_1 - \tan\theta_0)

On en déduit :

\tan\theta_1 = \tan\theta_0 + \frac{\Delta y}{H}

Avec H = 700\text{ km}, \Delta y = 30\text{ km} et \theta_0 = 30^\circ :

\begin{aligned} \frac{\Delta y}{H} &= \frac{30}{700} \simeq 4{,}29 \times 10^{-2} \\ \tan\theta_0 &= \tan(30^\circ) = \frac{1}{\sqrt{3}} \simeq 0{,}577 \\ \tan\theta_1 &= 0{,}577 + 0{,}043 = 0{,}620 \implies \theta_1 = \arctan(0{,}620) \simeq 31{,}8^\circ \simeq 0{,}555\text{ rad} \end{aligned}

L'écart angulaire maximal est donc :

\beta_{\max} = \theta_1 - \theta_0 \simeq 1{,}8^\circ \simeq 3{,}2 \times 10^{-2}\text{ rad}

Remarque (calcul différentiel) : À l'ordre 1, \Delta y \simeq \dfrac{H}{\cos^2\theta_0} \beta_{\max}, soit :

\beta_{\max} \simeq \frac{\Delta y}{H} \cos^2\theta_0 = \frac{3}{70} \times \left(\frac{\sqrt{3}}{2}\right)^2 = \frac{9}{280} \simeq 3{,}21 \times 10^{-2}\text{ rad}

Puisque toute cible de cette zone est vue sous un angle \theta = \theta_0 + \beta avec 0 \le \beta \le \beta_{\max}, on a bien :

\boxed{\beta \le 3{,}2 \times 10^{-2}\text{ rad} \ll 1}

L'approximation au premier ordre en \beta est donc pleinement justifiée pour la suite.

Résultat

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Question 47

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : différence de marche, projection géométrique

Exprimer, en fonction de , et , la projection définie sur la figure (11).

Voir l'indice

Déterminer l'angle entre le vecteur de base \vec{B} et la direction de visée (S_1C), puis projeter par produit scalaire : \delta R = \vec{B}\cdot\vec{u}.

Voir la stratégie
  1. Définir le vecteur unitaire \vec{u} de la ligne de visée (S_1C) orienté de S_1 vers la cible C, dans la base cartésienne (\vec{e}_y, \vec{e}_z) du plan vertical d'observation.
  2. Exprimer les composantes du vecteur de base orbitale \vec{B} = \overrightarrow{S_1S_2} en fonction de sa norme B et de l'angle \alpha.
  3. Obtenir la projection algébrique \delta R = (S_1Q) par le produit scalaire \vec{B} \cdot \vec{u} et simplifier à l'aide d'une formule d'addition trigonométrique.
Voir le corrigé complet

Dans le repère cartésien (O, y, z), la position de la première antenne est S_1(0, H) et celle de la cible est C(Y, 0).

D'après la géométrie de la visée (figures 6 et 11), l'angle \theta est repéré par rapport à la verticale descendante -\vec{e}_z. Les coordonnées de la cible s'écrivent :

Y = R_1 \sin\theta \quad \text{et} \quad H = R_1 \cos\theta

où R_1 = \|\overrightarrow{S_1C}\|. Le vecteur unitaire \vec{u} orienté le long de la ligne de visée de S_1 vers C s'exprime donc par :

\vec{u} = \frac{\overrightarrow{S_1C}}{R_1} = \sin\theta\,\vec{e}_y - \cos\theta\,\vec{e}_z

Par définition de l'angle \alpha = \text{Angle}(\vec{e}_y, \vec{B}), le vecteur \vec{B} = \overrightarrow{S_1S_2} reliant les deux positions orbitales du satellite a pour composantes :

\vec{B} = B\cos\alpha\,\vec{e}_y + B\sin\alpha\,\vec{e}_z

Le point Q étant le projeté orthogonal de S_2 sur la droite (S_1C), la projection algébrique \delta R = (S_1Q) est donnée par le produit scalaire :

\begin{aligned} \delta R &= \vec{B} \cdot \vec{u} \\ &= (B\cos\alpha\,\vec{e}_y + B\sin\alpha\,\vec{e}_z) \cdot (\sin\theta\,\vec{e}_y - \cos\theta\,\vec{e}_z) \\ &= B(\sin\theta\cos\alpha - \cos\theta\sin\alpha) \end{aligned}

En utilisant la formule trigonométrique fournie en annexe :

\sin(a - b) = \sin a \cos b - \sin b \cos a

avec a = \theta et b = \alpha, on obtient :

\boxed{\delta R = B \sin(\theta - \alpha)}

Résultat

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Question 48

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : approximation de fraunhofer, rayon parallèle

Justifier que .

En conséquence, nous considérerons que les directions et sont parallèles et donc que .

Voir l'indice

Évaluer l'ordre de grandeur de l'angle \varepsilon \sim B/R_1 en comparant la ligne de base de 100 m à la distance oblique de plus de 800 km.

Voir la stratégie
  1. Exprimer géométriquement l'angle \varepsilon sous-tendu par la base \vec{B} = \overrightarrow{\mathrm{S}_1\mathrm{S}_2} depuis la cible \mathrm{C}.
  2. Majorer cet angle à l'aide de la distance satellite-cible R_1 et de la longueur de la ligne de base B.
  3. Effectuer l'application numérique pour conclure.
Voir le corrigé complet

Dans le triangle \mathrm{S}_1\mathrm{S}_2\mathrm{C}, la ligne de base \overrightarrow{\mathrm{S}_1\mathrm{S}_2} de longueur B = \|\vec{B}\| est vue depuis la cible \mathrm{C} sous l'angle \varepsilon = \mathrm{Angle}(\overrightarrow{\mathrm{CS}_2}, \overrightarrow{\mathrm{CS}_1}).

D'après la loi des sinus dans ce triangle :

\frac{\sin|\varepsilon|}{B} = \frac{\sin(\widehat{\mathrm{S}_1\mathrm{S}_2\mathrm{C}})}{R_1} \le \frac{1}{R_1}

Sachant que la distance R_1 vérifie R_1 = \dfrac{H}{\cos\theta} \ge H, on en déduit la majoration :

\sin|\varepsilon| \le \frac{B}{R_1} \le \frac{B}{H}

Avec B = 100\text{ m} et H = 700\text{ km} = 7{,}0 \times 10^5\text{ m} :

\frac{B}{H} = \frac{100}{7{,}0 \times 10^5} \simeq 1{,}4 \times 10^{-4}\text{ rad}

Puisque cette borne supérieure est très petite devant 1, on a :

\boxed{|\varepsilon| \lesssim \frac{B}{R_1} \sim 10^{-4}\text{ rad} \ll 1}

L'angle \varepsilon étant extrêmement faible (environ 0{,}008^\circ), les directions (\mathrm{S}_1\mathrm{C}) et (\mathrm{S}_2\mathrm{C}) peuvent être considérées comme rigoureusement parallèles. Par conséquent, en projetant orthogonalement \mathrm{S}_2 en \mathrm{Q} sur (\mathrm{S}_1\mathrm{C}), on a bien R_2 = \mathrm{CS}_2 \simeq \mathrm{CQ} = R_1 - \delta R.

Résultat

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Question 49

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : déphasage, interférométrie radar

Nous supposons qu'entre les deux images radar, prises successivement depuis les positions et du satellite, le déphasage propre (définie à la question (43)) reste inchangé. En utilisant le résultat établi en réponse à la question (43), exprimer, en fonction de , , et , la différence de phase des deux signaux réceptionnés.

Voir l'indice

Exprimer \Delta\phi_{\mathrm{tp}} = \phi_{\mathrm{récep},1} - \phi_{\mathrm{récep},2} = \frac{4\pi}{\lambda}(R_1 - R_2) en constatant la simplification du déphasage propre de la cible.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat établi à la question Q43, le déphasage d'un signal radar après un trajet aller-retour jusqu'à une cible située à une distance R de l'antenne s'écrit :

\phi_{\text{récep}} = \frac{4\pi R}{\lambda} + \phi_{\text{cible}}

Pour chacune des deux prises de vue, aux positions \mathrm{S}_1 et \mathrm{S}_2, les distances à la cible sont respectivement R_1 et R_2. Le déphasage propre à la cible \phi_{\text{cible}} étant supposé inchangé entre les deux passages, les déphasages des signaux reçus s'écrivent :

\begin{aligned} \phi_{\text{récep},1} &= \frac{4\pi R_1}{\lambda} + \phi_{\text{cible}} \\ \phi_{\text{récep},2} &= \frac{4\pi R_2}{\lambda} + \phi_{\text{cible}} \end{aligned}

La différence de phase entre les deux signaux réceptionnés s'exprime donc par :

\Delta\phi_{\mathrm{tp}} = \phi_{\text{récep},1} - \phi_{\text{récep},2} = \frac{4\pi}{\lambda} (R_1 - R_2)

En utilisant la relation issue de l'approximation des rayons parallèles établie à la question Q48, soit R_1 - R_2 = \delta R, et l'expression de la projection obtenue à la question Q47, \delta R = B\sin(\theta - \alpha), on obtient :

\boxed{\Delta\phi_{\mathrm{tp}} = \frac{4\pi B}{\lambda} \sin(\theta - \alpha)}

Résultat

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Question 50

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : interfrange, interférométrie radar

Caractériser l'angle de vue d'une cible qui conduit à des interférences constructives entre les signaux reçus par le satellite successivement dans les positions et (on tiendra compte de la réponse donnée à la question (46)). Nous rappelons que cette situation correspond à la condition ().

En déduire que la différence des abscisses de deux telles cibles et s'exprime selon la relation suivante :

où la fonction est à expliciter.

Application numérique : Calculer la valeur de dans le cas où , et .

Voir l'indice

Écrire la condition \Delta\phi_{\mathrm{tp}} = 2q\pi, différentier par rapport à \theta, puis exprimer \mathrm{d}Y = (H/\cos^2\theta)\mathrm{d}\theta pour aboutir au pas de frange w.

Voir le corrigé complet

La condition d'interférences constructives pour la cible \mathrm{C}_n vue sous l'angle \theta_n = \theta_0 + \beta_n s'écrit, d'après le résultat de la question Q49 :

\Delta\phi_{\mathrm{tp}}(\theta_n) = \frac{4\pi B}{\lambda} \sin(\theta_n - \alpha) = 2q\pi \quad (q \in \mathbb{Z})

D'après la question Q46, la zone observée vérifie \beta_n \ll 1. En utilisant le développement limité au premier ordre fourni en annexe :

\sin(\theta_n - \alpha) = \sin(\theta_0 - \alpha + \beta_n) \simeq \sin(\theta_0 - \alpha) + \beta_n \cos(\theta_0 - \alpha)

La condition d'interférences constructives devient :

\frac{4\pi B}{\lambda} \Big( \sin(\theta_0 - \alpha) + \beta_n \cos(\theta_0 - \alpha) \Big) = 2q\pi

ce qui caractérise l'écart angulaire \beta_n associé à l'ordre d'interférence q :

\boxed{\beta_n = \frac{q \dfrac{\lambda}{2B} - \sin(\theta_0 - \alpha)}{\cos(\theta_0 - \alpha)}} \quad \text{avec} \quad \theta_n = \theta_0 + \beta_n

L'écart angulaire entre deux franges constructives consécutives (associées à des ordres entiers consécutifs \Delta q = 1) est donc :

\Delta\beta = \beta_{n+1} - \beta_n = \frac{\lambda}{2B \cos(\theta_0 - \alpha)}

L'abscisse de la cible au sol est reliée à son angle de visée par Y = H \tan\theta. Au premier ordre en \beta_n, d'après le formulaire :

Y_n = H \tan(\theta_0 + \beta_n) \simeq H \left( \tan\theta_0 + \frac{\beta_n}{\cos^2\theta_0} \right)

La distance entre deux cibles consécutives conduisant à des interférences constructives (pas du réseau de franges au sol, ou interfrange) s'en déduit :

w = Y_{n+1} - Y_n = \frac{H}{\cos^2\theta_0} (\beta_{n+1} - \beta_n) = \frac{H}{\cos^2\theta_0} \times \frac{\lambda}{2B \cos(\theta_0 - \alpha)}

On identifie ainsi l'expression demandée :

w = \frac{\lambda H}{2B} \, Q(\theta_0, \alpha) \quad \text{avec} \quad \boxed{Q(\theta_0, \alpha) = \frac{1}{\cos^2\theta_0 \cos(\theta_0 - \alpha)}}

Application numérique : Pour \theta_0 = 30^{\circ}, \alpha = 0, \lambda = 6\text{ cm} = 0{,}060\text{ m}, H = 700\text{ km} = 7{,}0 \times 10^5\text{ m} et B = 100\text{ m} :

\begin{aligned} \frac{\lambda H}{2B} &= \frac{0{,}060 \times 7{,}0 \times 10^5}{2 \times 100} = 210\text{ m} \\ Q(30^{\circ}, 0) &= \frac{1}{\cos^3(30^{\circ})} = \frac{1}{\left(\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right)^3} = \frac{8}{3\sqrt{3}} \simeq 1{,}54 \end{aligned}

D'où :

\boxed{w \simeq 3{,}2 \times 10^2\text{ m}}

Résultat

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2.3.3 · Effet de la topographie

Question 51

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : distorsion géométrique, effet de relief

Établir, qu'au premier ordre relativement à l'écart , ce dernier est lié à selon la relation suivante :

Comparer les distances apparentes entre chacun des deux pieds (d'altitude nulle) et le sommet d'une montagne (que l'on supposera de profil triangulaire), par rapport aux distances réelles. On peut appuyer son raisonnement sur une figure.

Voir l'indice

Écrire les relations géométriques de distance dans le repère local : R_1^2 = H^2 + Y'^2 = (H-h)^2 + Y^2, puis développer au premier ordre en h et \delta Y.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les coordonnées de la position du satellite S_1, de la cible réelle C et de la cible apparente C' dans le repère cartésien local \mathcal{R}(O, x, y, z).
  2. Traduire la condition d'égalité des distances radiales S_1C = S_1C' = R_1, puis mener un développement au premier ordre en négligeant les termes d'ordre 2 (h^2 et \delta Y^2) devant les termes croisés.
  3. Considérer une montagne de profil triangulaire avec deux pieds d'altitude nulle et un sommet d'altitude h > 0, puis comparer les distances réelles et apparentes séparant les pieds du sommet.
Voir le corrigé complet

Dans le repère local \mathcal{R}(O, x, y, z), le satellite S_1 se trouve à l'altitude H à l'aplomb de l'origine : S_1\,(0, 0, H).
La cible réelle C a pour coordonnées (0, Y, h) et la cible apparente C' a pour coordonnées (0, Y', 0) avec Y' = Y - \delta Y.

La distance mesurée par le radar étant identique pour C et C' (R_1 = \|\overrightarrow{S_1 C}\| = \|\overrightarrow{S_1 C'}\|), écrivons l'égalité des carrés des distances :

\begin{aligned} \|\overrightarrow{S_1 C}\|^2 &= Y^2 + (H - h)^2 = Y^2 + H^2 - 2Hh + h^2 \\ \|\overrightarrow{S_1 C'}\|^2 &= Y'^2 + H^2 = (Y - \delta Y)^2 + H^2 = Y^2 - 2Y\delta Y + (\delta Y)^2 + H^2 \end{aligned}

En égalant les deux expressions et en simplifiant par Y^2 + H^2 :

-2Y\delta Y + (\delta Y)^2 = -2Hh + h^2

Puisque le relief est de faible dimension devant l'altitude et la distance horizontale (h \ll H et \delta Y \ll Y), les termes quadratiques (\delta Y)^2 et h^2 sont négligeables au premier ordre devant les termes linéaires :

-2Y\delta Y \simeq -2Hh

On en déduit immédiatement la relation demandée :

\boxed{\delta Y = \frac{H}{Y} \times h}

Comparaison des distances pour une montagne de profil triangulaire. Considérons une montagne triangulaire posée sur le sol (z = 0) entre un pied avant P_1\,(Y_1, 0) (le plus proche du satellite, Y_1 < Y) et un pied arrière P_2\,(Y_2, 0) (Y_2 > Y), avec un sommet S\,(Y_S, h) d'altitude h > 0.

Les pieds P_1 et P_2 étant d'altitude nulle (h = 0), leur position apparente coïncide avec leur position réelle : Y'_{P_1} = Y_1 et Y'_{P_2} = Y_2.
En revanche, le sommet d'altitude h > 0 subit un décalage vers le satellite :

Y'_S = Y_S - \delta Y < Y_S \quad \text{avec} \quad \delta Y = \frac{H}{Y_S}h > 0

On compare alors les distances apparentes au sol aux distances réelles horizontales :

  • Versant avant (face au radar, P_1 \to S) :

    d'_{\text{avant}} = Y'_S - Y_1 = (Y_S - Y_1) - \delta Y = d_{\text{avant}} - \delta Y < d_{\text{avant}}

    La distance apparente est inférieure à la distance réelle : le versant avant apparaît raccourci (phénomène de foreshortening).

  • Versant arrière (opposé au radar, S \to P_2) :

    d'_{\text{arrière}} = Y_2 - Y'_S = (Y_2 - Y_S) + \delta Y = d_{\text{arrière}} + \delta Y > d_{\text{arrière}}

    La distance apparente est supérieure à la distance réelle : le versant arrière apparaît étiré (allongé).

Résultat

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Question 52

Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantFaisable en Sup

Notions : phase topographique, interférométrie radar

À l'instar de la situation en terrain plat, la cible est observée par le satellite une première fois lorsqu'il est en position puis une seconde fois lorsqu'il se trouve en position . La cible apparente est telle que alors que les distances et sont, en général, différentes (se reporter à la figure (12)). Cette remarque est à prendre en compte dans le calcul du déphasage.

Établir que le déphasage total du signal reçu par le satellite en position , par rapport à celui reçu en position , attribué à la cible apparente , s'exprime par la relation suivante :

On pourra s'appuyer directement sur la relation suivante :

Voir l'indice

Exprimer la différence des chemins optiques en tenant compte du fait que la cible réelle est en (Y,h) lors du survol S_2 et utiliser un développement au premier ordre de l'angle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le déphasage effectif mesuré entre les signaux reçus en \mathrm{S}_1 et \mathrm{S}_2 pour la cible réelle \mathrm{C} à l'aide de la relation (26).
  2. Exprimer l'écart angulaire \delta\theta = \theta - \theta' en fonction de l'altitude h et de l'abscisse apparente Y' en reliant les coordonnées de \mathrm{C} et \mathrm{C}'.
  3. Effectuer un développement limité au premier ordre par rapport à \delta\theta pour faire apparaître la composante de terrain plat \Delta\phi_{\mathrm{tp}}(Y') et en déduire l'expression de \Delta\phi_{\mathrm{topo}}(Y').
Voir le corrigé complet

Le signal reçu provient de la cible réelle \mathrm{C}, située aux distances R_1 = \|\overrightarrow{\mathrm{S}_1\mathrm{C}}\| et R_2 = \|\overrightarrow{\mathrm{S}_2\mathrm{C}}\|. D'après les questions 43 et 49, en supposant que le déphasage propre \phi_{\mathrm{cible}} est invariable entre les deux passages, la différence de phase mesurée s'écrit :

\Delta\phi = \frac{4\pi}{\lambda}(R_1 - R_2)

En utilisant la relation (26) fournie par l'énoncé, R_2 = R_1 - B\sin(\theta - \alpha), on a :

\Delta\phi = \frac{4\pi B}{\lambda}\sin(\theta - \alpha)

Ce signal est attribué par le système d'imagerie au pixel de terrain plat correspondant à la cible apparente \mathrm{C}', repérée par l'angle \theta' et d'abscisse Y'. Posons :

\theta = \theta' + \delta\theta

Déterminons l'écart angulaire \delta\theta. Par définition des angles \theta et \theta' dans le triangle rectangle projeté :

\sin\theta = \frac{Y}{R_1} \quad \text{et} \quad \sin\theta' = \frac{Y'}{R_1}

Au premier ordre par rapport au petit angle \delta\theta, le formulaire fournit :

\sin(\theta' + \delta\theta) \simeq \sin\theta' + \delta\theta \cos\theta'

On en déduit :

\delta\theta \cos\theta' = \sin\theta - \sin\theta' = \frac{Y - Y'}{R_1} = \frac{\delta Y}{R_1}

Or, d'après la question 51, \delta Y = \dfrac{H}{Y}h \simeq \dfrac{H}{Y'}h au premier ordre, et la géométrie de la visée de \mathrm{C}' donne \cos\theta' = \dfrac{H}{R_1}. Il vient donc :

\delta\theta \left(\frac{H}{R_1}\right) = \frac{1}{R_1} \left(\frac{H}{Y'}h\right) \implies \delta\theta = \frac{h}{Y'}

Développons maintenant l'expression du déphasage au premier ordre en \delta\theta :

\begin{aligned} \sin(\theta - \alpha) &= \sin\big((\theta' - \alpha) + \delta\theta\big) \\ &= \sin(\theta' - \alpha) + \delta\theta \cos(\theta' - \alpha) \end{aligned}

En injectant cette relation dans \Delta\phi, on obtient :

\Delta\phi(Y') = \frac{4\pi B}{\lambda}\sin(\theta' - \alpha) + \frac{4\pi B}{\lambda}\,\delta\theta\cos(\theta' - \alpha)

On reconnaît dans le premier terme la contribution de terrain plat évaluée en Y' (question 49) :

\Delta\phi_{\mathrm{tp}}(Y') = \frac{4\pi B}{\lambda}\sin(\theta' - \alpha)

Le second terme constitue la phase topographique \Delta\phi_{\mathrm{topo}}(Y'). En remplaçant \delta\theta = \dfrac{h}{Y'}, on parvient au résultat attendu :

\boxed{\Delta\phi(Y') = \Delta\phi_{\mathrm{tp}}(Y') + \Delta\phi_{\mathrm{topo}}(Y') \quad \text{avec} \quad \Delta\phi_{\mathrm{topo}}(Y') = \frac{4\pi}{\lambda}\times\frac{hB}{Y'}\times\cos(\theta' - \alpha)}

Résultat

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Question 53

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : sensibilité de mesure, précision altimétrique

La composante de phase peut être soustraite du déphasage puisque l'abscisse est déduite de la mesure du temps de parcours (qui donne ) et est donc connue. En raison notamment des perturbations atmosphériques, la précision de la mesure du déphasage est de l'ordre de . Estimer la précision attendue d'une mesure d'altitude basée sur la mesure de pour une visée à et .

Rappel des données : ; ; .

Voir l'indice

Différencier la relation reliant \Delta\phi_{\mathrm{topo}} à h et isoler l'incertitude sur l'altitude \delta h correspondant au bruit de phase \Delta\phi_{\mathrm{bruit}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'abscisse apparente Y' en fonction de la hauteur orbitale H et de l'angle de visée apparent \theta'.
  2. Inverser la relation (25) pour exprimer l'altitude h en fonction de la composante topographique \Delta\phi_{\mathrm{topo}}.
  3. En déduire l'incertitude sur l'altitude \delta h induite par le bruit de phase \Delta\phi_{\text{bruit}}, puis effectuer l'application numérique.
Voir le corrigé complet

D'après la géométrie de la visée radar (figure 12), la cible apparente \mathrm{C}' située au sol (z = 0) est repérée par l'angle \theta' tel que :

Y' = H \tan\theta'

En injectant cette relation dans l'expression (25) de la composante topographique du déphasage :

\Delta\phi_{\mathrm{topo}}(Y') = \frac{4\pi}{\lambda} \frac{h B}{H \tan\theta'} \cos(\theta' - \alpha)

On en déduit l'expression de l'altitude h :

h = \Delta\phi_{\mathrm{topo}} \times \frac{\lambda H \tan\theta'}{4\pi B \cos(\theta' - \alpha)}

Pour \alpha = 0, cette relation se simplifie en :

h = \Delta\phi_{\mathrm{topo}} \times \frac{\lambda H \sin\theta'}{4\pi B \cos^2\theta'}

La précision \delta h sur la détermination de l'altitude découle directement de la précision de mesure du déphasage \Delta\phi_{\text{bruit}} \simeq \frac{\pi}{4} :

\delta h = \Delta\phi_{\text{bruit}} \times \frac{\lambda H \sin\theta'}{4\pi B \cos^2\theta'} = \frac{\pi}{4} \times \frac{\lambda H \sin\theta'}{4\pi B \cos^2\theta'} = \frac{\lambda H \sin\theta'}{16 B \cos^2\theta'}

Application numérique : Avec H = 700\text{ km} = 7{,}0 \times 10^5\text{ m}, \lambda = 6\text{ cm} = 0{,}06\text{ m}, B = 100\text{ m} et \theta' = 30^{\circ} (\sin 30^{\circ} = 1/2, \cos^2 30^{\circ} = 3/4, soit \frac{\sin 30^{\circ}}{\cos^2 30^{\circ}} = \frac{2}{3}) :

\delta h = \frac{0{,}06 \times 7{,}0 \times 10^5}{16 \times 100} \times \frac{2}{3} = \frac{42\,000}{1\,600} \times \frac{2}{3} = 17{,}5\text{ m}

Soit, avec deux chiffres significatifs :

\boxed{\delta h \simeq 18\text{ m}}

Résultat

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2.3.4 · Mesure de la déformation d'un volcan

Question 54

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : déphasage, interférométrie différentielle

Établir que ce déplacement induit le déphasage supplémentaire suivant :

On se souviendra que les direction et sont quasi-parallèles (objet de la question (48)).

Voir l'indice

Calculer la variation de distance oblique induite par un déplacement vertical pur : \mathrm{d}R = -\mathrm{d}z \cos\theta = -\eta\cos\theta, puis en déduire le déphasage aller-retour.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation de la distance satellite-cible R_2 sous l'effet du déplacement vertical \vec{\delta \mathrm{C}} = \eta \vec{e}_z, en exploitant la quasi-parallélisme des visées établi à la question Q48.
  2. En déduire la variation du déphasage aller-retour du second signal, puis le déphasage différentiel supplémentaire \Delta\phi_{\mathrm{d}} qui en résulte.
Voir le corrigé complet

Entre la première et la seconde prise de vue, la cible \mathrm{C} subit un déplacement vertical \vec{\delta \mathrm{C}} = \eta \vec{e}_z.

D'après la question Q48, les directions (\mathrm{CS}_1) et (\mathrm{CS}_2) sont quasi-parallèles et font un angle \theta avec la verticale descendante -\vec{e}_z. Le vecteur unitaire orienté du satellite vers la cible s'écrit dans le repère (O, \vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) :

\vec{u} = \sin\theta \, \vec{e}_y - \cos\theta \, \vec{e}_z

Au premier ordre en \eta / R_2, la variation de la distance R_2 = \|\overrightarrow{\mathrm{S}_2\mathrm{C}}\| induite par le déplacement \vec{\delta \mathrm{C}} s'obtient par projection :

\delta R_2 = \|\overrightarrow{\mathrm{S}_2\mathrm{C}}(h+\eta)\| - \|\overrightarrow{\mathrm{S}_2\mathrm{C}}(h)\| = \vec{u} \cdot \vec{\delta \mathrm{C}} = (\sin\theta \, \vec{e}_y - \cos\theta \, \vec{e}_z) \cdot (\eta \, \vec{e}_z) = -\eta \cos\theta

Un soulèvement vertical (\eta > 0) rapproche donc la cible du satellite d'une quantité \eta \cos\theta.

Le déphasage du signal reçu lors du second passage est donné par la relation établie à la question Q43 :

\phi_{\text{récep}, 2} = \frac{4\pi}{\lambda} R_2 + \phi_{\text{cible}}

La variation de ce déphasage induite par le déplacement s'écrit :

\delta\phi_{\text{récep}, 2} = \frac{4\pi}{\lambda} \delta R_2 = -\frac{4\pi}{\lambda} \eta \cos\theta

La première acquisition n'étant pas affectée par cette déformation ultérieure, la variation du déphasage interférométrique \Delta\phi = \phi_{\text{récep}, 1} - \phi_{\text{récep}, 2} est :

\Delta\phi_{\mathrm{d}} = -\delta\phi_{\text{récep}, 2}

On en déduit immédiatement :

\boxed{\Delta\phi_{\mathrm{d}} = \frac{4\pi}{\lambda} \times \eta \cos\theta}

Résultat

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Question 55

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : sensibilité de mesure, interférométrie différentielle

Estimer la valeur du déplacement minimal décelable pour une précision sur la mesure du déphasage de l'ordre de et pour .

Voir l'indice

Inverser la formule de la question précédente en remplaçant \Delta\phi_{\mathrm{d}} par l'incertitude de mesure \Delta\phi_{\mathrm{bruit}} = \pi/4.

Voir la stratégie
  1. Associer le déplacement vertical minimal décelable \eta_{\min} à la condition où la variation de phase induite dépasse le niveau de bruit de mesure : \Delta\phi_{\mathrm{d}} \simeq \Delta\phi_{\text{bruit}}.
  2. Inverser la relation établie à la question précédente (Q54) pour obtenir l'expression littérale de \eta_{\min}.
  3. Réaliser l'application numérique avec la longueur d'onde \lambda = 6\text{ cm} du radar Sentinel-1.
Voir le corrigé complet

D'après la relation (27) établie à la question Q54, le déphasage induit par un déplacement vertical \eta vaut :

\Delta\phi_{\mathrm{d}} = \frac{4\pi}{\lambda} \, \eta \cos\theta

Pour que ce déplacement soit mesurable, le déphasage qu'il engendre doit être au moins de l'ordre du bruit de mesure sur la phase, soit \Delta\phi_{\mathrm{d}} \ge \Delta\phi_{\text{bruit}}. Le déplacement vertical minimal décelable vérifie donc :

\frac{4\pi}{\lambda} \, \eta_{\min} \cos\theta = \Delta\phi_{\text{bruit}}

En injectant \Delta\phi_{\text{bruit}} \simeq \frac{\pi}{4}, on obtient l'expression littérale :

\eta_{\min} = \frac{\lambda \, \Delta\phi_{\text{bruit}}}{4\pi \cos\theta} = \frac{\lambda}{16\cos\theta}

Application numérique : Avec \lambda = 6{,}0\text{ cm} = 6{,}0 \times 10^{-2}\text{ m} et \theta = 30^{\circ} (\cos 30^{\circ} = \frac{\sqrt{3}}{2} \simeq 0{,}866) :

\eta_{\min} = \frac{6{,}0 \times 10^{-2}}{16 \times \cos(30^{\circ})} \simeq 4{,}3 \times 10^{-3}\text{ m} = 4{,}3\text{ mm}
\boxed{\eta_{\min} = \frac{\lambda}{16\cos\theta} \simeq 4{,}3\text{ mm}}

Résultat

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Question 56

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : interférométrie différentielle, comptage de franges

La figure (13) représente les franges d'interférences résultant de la somme de deux images (une image est une collection de signaux issus de tous les pixels-terrain qui constituent la surface explorée) du volcan Kilauea (cratère Halema'uma'u) à Hawaii. Elles ont été prises à un mois d'intervalle, sous un angle de visée . La longueur d'onde utilisée est ici égale à (elle diffère donc de celle que nous avons considérée jusqu'alors).

Estimer la surrection (ou soulèvement) du volcan.

Voir l'indice

Compter le nombre de cycles de phase de 2\pi du centre du motif vers l'extérieur sur la figure 13 et multiplier par la surrection associée à une frange.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le soulèvement \eta en fonction du déphasage mesuré \Delta\phi_{\mathrm{d}} en inversant la relation (27) établie à la question précédente.
  2. Calculer le déplacement vertical associé à l'écartement d'une frange d'interférence complète (\Delta\phi = 2\pi).
  3. Dénombrer le nombre de franges N entre la périphérie non déformée (\Delta\phi = 0) et le centre de la déformation sur la figure (13), puis en déduire une estimation de la surrection \eta_{\mathrm{s}}.
Voir le corrigé complet

D'après la relation (27) établie à la question précédente, le déphasage différentiel \Delta\phi_{\mathrm{d}} lié à un déplacement vertical \eta vaut :

\Delta\phi_{\mathrm{d}} = \frac{4\pi}{\lambda}\,\eta\cos\theta

Le déplacement vertical \eta s'exprime donc en fonction du déphasage par :

\eta = \frac{\lambda}{4\pi\cos\theta}\,\Delta\phi_{\mathrm{d}}

Un cycle complet de déphasage \delta(\Delta\phi) = 2\pi (correspondant à une frange d'interférence complète, soit la répétition d'un motif coloré) est associé à un déplacement élémentaire :

\delta\eta = \frac{\lambda}{2\cos\theta}

Avec \lambda = 3\text{ cm} = 3{,}0 \times 10^{-2}\text{ m} et \theta = 44^\circ :

\delta\eta = \frac{3{,}0 \times 10^{-2}}{2\cos(44^\circ)} \simeq 2{,}09 \times 10^{-2}\text{ m} \simeq 2{,}1\text{ cm}

Sur la figure (13), les franges forment des anneaux concentriques centrés sur la caldera du volcan Kilauea. Les annotations indiquent :

  • \Delta\phi = 0 en bordure extérieure non déformée ;
  • \Delta\phi = 2\pi sur le premier anneau vers l'intérieur (1re frange) ;
  • \Delta\phi = 4\pi sur le deuxième anneau (2e frange).

En poursuivant le comptage vers le centre du gonflement (au niveau du lac de lave et de la caldera), on dénombre encore 2 à 3 franges supplémentaires (soit un total de N \simeq 4\text{ à }5 franges, correspondant à un déphasage maximal au centre \Delta\phi_{\max} \simeq 8\pi\text{ à }10\pi).

Le soulèvement maximal (surrection) \eta_{\mathrm{s}} du volcan au centre de la déformation vaut donc :

\eta_{\mathrm{s}} = N\,\delta\eta = N \times \frac{\lambda}{2\cos\theta}
  • Pour N = 4 franges : \eta_{\mathrm{s}} \simeq 4 \times 2{,}09\text{ cm} \simeq 8{,}4\text{ cm} ;
  • Pour N = 5 franges : \eta_{\mathrm{s}} \simeq 5 \times 2{,}09\text{ cm} \simeq 10{,}5\text{ cm}.
\boxed{\eta_{\mathrm{s}} \simeq 8\text{ à }11\text{ cm}\quad (\text{soit de l'ordre de } 10\text{ cm})}

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