Corrigé détaillé ENS Physique BCPST 2025 (page 3/4 : Partie 2 (questions 25 à 41))
Éruptions volcaniques : risques et prévention
- 56 questions corrigées
- Difficulté estimée : classique (1,5 / 4)
- Faisable en Sup (en BCPST1 : 22 questions sur 56, parties 1.1, 2.2.1 et 2.2.2)
- Vérifié question par question
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Partie 2 : Étude des déformations de la surface terrestre par interférométrie radar
2.1 · Orbite du satellite
Question 25
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : coordonnée polaire, mouvement circulaire
Exprimer, dans la base polaire , la vitesse puis l'accélération du point S relativement au référentiel .
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Dériver le vecteur position \vec{r}(t) = r\vec{e}_r par rapport au temps à rayon constant en utilisant les dérivées des vecteurs unitaires polaires.
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- Dériver le vecteur position \vec{r}(t) = r \vec{e}_r par rapport au temps dans le référentiel \mathcal{R}_0 en exploitant le caractère circulaire de la trajectoire (r = \text{Cste}).
- Dériver à nouveau le vecteur vitesse obtenu par rapport au temps à l'aide des relations de dérivation de la base polaire fournies pour en déduire l'accélération \vec{\gamma}.
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Le satellite \mathrm{S} est astreint à une orbite circulaire de rayon fixe r = R_{\mathrm{T}} + H = \text{Cste} dans le plan (\mathrm{O}, x, y). Son vecteur position s'écrit :
La vitesse de \mathrm{S} dans le référentiel \mathcal{R}_0 est la dérivée temporelle de son vecteur position :
Comme r est constant, \frac{\mathrm{d}r}{\mathrm{d}t} = 0, et d'après l'équation (11), \frac{\mathrm{d}\vec{e}_r}{\mathrm{d}t} = \dot{\theta}\vec{e}_\theta. On en déduit :
L'accélération \vec{\gamma} du point matériel \mathrm{S} dans \mathcal{R}_0 s'obtient en dérivant le vecteur vitesse :
En utilisant la relation \frac{\mathrm{d}\vec{e}_\theta}{\mathrm{d}t} = -\dot{\theta}\vec{e}_r, il vient :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 26
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : principe fondamental de la dynamique, vitesse angulaire
Appliquer, dans le référentiel , le principe fondamental de la dynamique au satellite. Projeter l'égalité vectorielle obtenue dans la base polaire . En déduire que la vitesse angulaire du satellite est constante (nous la supposerons positive). Donner son expression.
Dans la suite, nous noterons .
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Projeter la relation fondamentale \vec{F} = m\vec{\gamma} sur \vec{e}_\theta pour prouver la constance de \dot{\theta}, puis sur \vec{e}_r pour déterminer \omega.
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- Isoler le système constitué par le satellite et inventorier l'unique force exercée (interaction gravitationnelle terrestre) dans le référentiel géocentrique galiléen \mathcal{R}_0.
- Projeter le principe fondamental de la dynamique sur les axes radial \vec{e}_r et orthoradial \vec{e}_\theta en utilisant l'accélération issue de la question Q25.
- Conclure sur la nullité de \ddot{\theta} (vitesse angulaire constante) puis déterminer \omega = \dot{\theta}.
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On applique le principe fondamental de la dynamique (PFD) au satellite S de masse m, assimilé à un point matériel, dans le référentiel géocentrique \mathcal{R}_0 supposé galiléen :
où \vec{F} = -\mathcal{G}\dfrac{m M_{\mathrm{T}}}{r^2}\vec{e}_r est la force d'attraction gravitationnelle exercée par la Terre.
En utilisant l'expression de l'accélération obtenue à la question Q25 pour une trajectoire circulaire de rayon constant r, le PFD s'écrit :
Par projection dans la base polaire (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta), on obtient le système d'équations scalaires :
Comme m \neq 0 et r = R_{\mathrm{T}} + H \neq 0, la projection sur \vec{e}_\theta donne immédiatement :
La vitesse angulaire du satellite est donc constante : le mouvement orbital est circulaire et uniforme.
En supposant cette vitesse angulaire positive (\dot{\theta} > 0), la projection radiale donne :
On en déduit l'expression de la vitesse angulaire \omega = \dot{\theta} :
Résultat
Question 27
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : troisième loi de kepler, période orbitale
Exprimer la période de révolution du satellite autour de la Terre, en fonction de , et .
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Utiliser la relation de définition de la période T = 2\pi/\omega et injecter l'expression de la pulsation orbitale.
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Le mouvement du satellite étant circulaire uniforme à la vitesse angulaire constante \omega = \dot{\theta} (d'après la question 26), la période de révolution T est la durée nécessaire pour parcourir un tour complet, soit un angle de 2\pi\text{ rad} :
En remplaçant \omega par son expression obtenue à la question 26, \omega = \sqrt{\dfrac{\mathcal{G} M_{\mathrm{T}}}{r^3}}, on obtient :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 28
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : orbite circulaire, satellite terrestre
Application numérique : Calculer la valeur de la période de révolution du satellite autour de la Terre puis celle de sa vitesse de déplacement .
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Prendre garde à la valeur du rayon orbital r = R_{\mathrm{T}} + H en mètres dans le calcul de T, puis utiliser v = r\omega.
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Le rayon de l'orbite circulaire du satellite s'écrit :
D'après le résultat de la question Q27, la période de révolution s'exprime par :
Avec les données numériques de l'énoncé :
- \mathcal{G} = 6{,}7 \times 10^{-11}\text{ N}\cdot\text{m}^2\cdot\text{kg}^{-2} ;
- M_{\mathrm{T}} = 6{,}0 \times 10^{24}\text{ kg} ;
- r = 7{,}1 \times 10^6\text{ m}.
Le calcul numérique donne :
En ne conservant que deux chiffres significatifs :
La vitesse orbitale scalaire du satellite vaut :
L'application numérique donne :
Soit, avec deux chiffres significatifs :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 29
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : tracé au sol, rotation terrestre
Exprimer l'angle de rotation de la Terre sur elle-même pendant que le satellite parcourt une orbite entière (se reporter à la figure (5b)). En déduire l'expression, en fonction de , de la distance (c'est-à-dire la longueur de l'arc ) qui sépare deux points et de l'équateur, successivement survolés par le satellite (en orbite descendante).
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Multiplier la vitesse angulaire terrestre \Omega par la durée d'une révolution orbitale T, puis calculer la longueur d'arc équatorial L = R_{\mathrm{T}}\Delta\varphi.
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- Exprimer l'angle de rotation de la Terre \Delta\varphi en reliant la vitesse angulaire \Omega = 2\pi/T_0 à la durée d'une révolution orbitale T, puis utiliser la relation (13).
- Relier la longueur d'arc équatorial L au rayon terrestre R_{\mathrm{T}} et à l'angle au centre \Delta\varphi.
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La Terre tourne autour de l'axe des pôles (\mathrm{O}y) à la vitesse angulaire constante \Omega = \frac{2\pi}{T_0} par rapport au référentiel géocentrique \mathcal{R}_0.
Pendant que le satellite parcourt une orbite complète, il s'écoule une durée égale à sa période orbitale T. L'angle de rotation de la Terre sur elle-même durant cette durée s'écrit :
En utilisant la relation (13) donnée par l'énoncé, T = \frac{12}{175} T_0, on obtient :
Soit numériquement \Delta\varphi \simeq 0{,}431\text{ rad} \simeq 24{,}7^\circ.
Le plan de l'orbite étant fixe dans le référentiel géocentrique \mathcal{R}_0, le satellite franchit le plan équatorial en un point de longitude fixe dans \mathcal{R}_0. Pendant la durée T, la Terre a tourné d'un angle \Delta\varphi d'ouest en est, de sorte que le nouveau point équatorial survolé M_2 est décalé vers l'ouest par rapport à M_1.
L'équateur étant un cercle de rayon R_{\mathrm{T}}, la longueur L de l'arc de cercle (M_2 M_1) sous-tendu par l'angle au centre \Delta\varphi vaut :
Soit, en fonction de R_{\mathrm{T}} :
Application numérique : Avec R_{\mathrm{T}} = 6\,400\text{ km}, on trouve :
Résultat
Question 30
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : cycle orbital, tracé au sol
On appelle cycle orbital le nombre (minimal) de jours qui séparent deux passages, en orbite descendante, du satellite au-dessus d'un même point de la surface terrestre. Exprimer sa durée (en fonction de ou de ) et le nombre d'orbites que le satellite parcourt pendant ce cycle.
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Identifier la plus petite période temporelle multiple commun de T et T_0 à partir de la fraction irréductible T/T_0 = 12/175.
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- Pour que le satellite survole à nouveau exactement le même point de la surface terrestre dans la même configuration (orbite descendante), il faut qu'un nombre entier d'orbites corresponde à un nombre entier de rotations complètes de la Terre sur elle-même.
- Traduire cette condition sous la forme T_{\mathrm{c}} = k\,T_0 = N_{\mathrm{c}}\,T, avec k et N_{\mathrm{c}} entiers naturels non nuls minimaux.
- Utiliser la relation T = \frac{12}{175}\,T_0 et le fait que les entiers 12 et 175 sont premiers entre eux pour en déduire k et N_{\mathrm{c}}.
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Le plan de l'orbite étant fixe dans le référentiel géocentrique \mathcal{R}_0 et la Terre effectuant un tour complet en une durée T_0, le satellite repasse au zénith d'un même point de la Terre (dans le même sens de défilement, ici descendant) au bout d'une durée T_{\mathrm{c}} correspondant à la fois à :
- un nombre entier k \in \mathbb{N}^* de rotations complètes de la Terre (soit k jours terrestres) ;
- un nombre entier N_{\mathrm{c}} \in \mathbb{N}^* de révolutions orbitales du satellite.
On a donc :
En introduisant la relation (13) donnée par l'énoncé, T = \dfrac{12}{175}\,T_0, cette égalité devient :
Décomposons 12 et 175 en facteurs premiers :
Les entiers 12 et 175 sont donc premiers entre eux (\mathrm{PGCD}(12, 175) = 1).
D'après le lemme de Gauss, 12 divise 175\,k et étant premier avec 175, 12 divise nécessairement k. La valeur minimale non nulle de k est donc :
On en déduit immédiatement le nombre d'orbites N_{\mathrm{c}} :
La durée du cycle orbital vaut ainsi :
et le nombre d'orbites parcourues pendant ce cycle est :
Résultat
Question 31
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : tracé au sol, satellite terrestre
En déduire l'expression, en fonction de , de la distance minimale séparant deux points survolés sur l'équateur. Calculer la valeur de .
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Remarquer qu'en un cycle de N_{\mathrm{c}} orbites, les traces équatoriales se répartissent uniformément sur le périmètre terrestre 2\pi R_{\mathrm{T}}.
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- Recenser le nombre de passages à l'équateur effectués par le satellite au cours d'un cycle orbital complet.
- Utiliser la propriété arithmétique de la relation de résonance orbitale (\mathrm{pgcd}(12, 175) = 1) pour en déduire la répartition spatiale de ces traces sur le périmètre équatorial.
- Exprimer puis calculer la distance minimale d_{\mathrm{c}} entre deux traces équatoriales adjacentes.
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Au cours d'un cycle orbital complet de durée T_{\mathrm{c}} = 12 \, T_0 = 175 \, T, le satellite effectue N_{\mathrm{c}} = 175 orbites et coupe ainsi N_{\mathrm{c}} fois l'équateur en orbite descendante.
À chaque orbite, la trace équatoriale se décale vers l'ouest d'une distance L telle que :
Les entiers 12 et 175 étant premiers entre eux (\mathrm{pgcd}(12, 175) = 1), les multiples successifs de 12 modulo 175 balaient l'ensemble des entiers \{0, 1, \dots, 174\}. Les N_{\mathrm{c}} = 175 traces équatoriales descendantes sont donc réparties de façon parfaitement régulière le long du cercle équatorial de circonférence 2\pi R_{\mathrm{T}}.
L'écartement minimal (le pas de la grille de traces à l'équateur) s'obtient donc en divisant le périmètre équatorial par le nombre total d'orbites du cycle :
D'où l'expression recherchée :
Application numérique : Avec R_{\mathrm{T}} = 6\,400\text{ km} :
Résultat
2.2 · Principe de l'imagerie radar
Question 32
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : longueur d'onde, spectre électromagnétique
L'antenne du satellite Sentinel-1 émet des ondes électromagnétiques de fréquence . Calculer la longueur d'onde correspondante. Préciser à quel domaine du spectre électromagnétique ce signal appartient.
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Appliquer la relation de dispersion dans le vide \lambda = c/f_0 et situer la longueur d'onde obtenue dans les micro-ondes (domaine radar).
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La longueur d'onde \lambda dans le vide d'une onde électromagnétique de fréquence f_0 se propageant à la célérité c est donnée par la relation :
Avec c = 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et f_0 = 5\text{ GHz} = 5{,}0 \times 10^9\text{ Hz}, on obtient :
Cette onde, dont la longueur d'onde est de l'ordre du centimètre (fréquence de quelques gigahertz), appartient au domaine des micro-ondes (ou hyperfréquences, au sein des ondes radio/hertziennes, plus précisément la « bande C » des radars spatiaux).
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 33
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : fauchée, trigonométrie
L'antenne du satellite émet, latéralement, en direction de la surface terrestre, un faisceau d'onde délimité par les angles et , comme le représente la figure (6). Calculer la largeur de fauchée du satellite. Commenter ce résultat au regard de la réponse à la question (31).
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Exprimer y(\theta) = H\tan\theta dans le repère local pour obtenir y_{\max} et y_{\min}, puis comparer la largeur couverte à la distance inter-trace d_{\mathrm{c}}.
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- Exprimer les coordonnées y_{\min} et y_{\max} en fonction de l'altitude H et des angles d'incidence \theta_{\min} et \theta_{\max} dans le triangle rectangle formé par le satellite, le point sous trace et la cible.
- Calculer numériquement la largeur de fauchée \Delta y = y_{\max} - y_{\min}.
- Comparer \Delta y à la distance minimale entre deux traces équatoriales d_{\mathrm{c}} obtenue à la question Q31 et interpréter en termes de couverture surfacique.
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D'après la figure (6), le satellite se trouve à l'altitude H au-dessus du point \mathrm{O}. Dans le triangle rectangle reliant le satellite \mathrm{S}, l'origine \mathrm{O} et une cible au sol d'abscisse y, on a :
Les limites de la zone éclairée par le faisceau (la fauchée) sont données par :
La largeur de la fauchée s'exprime donc par :
Application numérique : Avec H = 700\text{ km}, \theta_{\min} = 20^\circ et \theta_{\max} = 50^\circ :
Commentaire : À la question Q31, la distance minimale séparant deux passages consécutifs au niveau de l'équateur (où l'écart entre traces est maximal) a été évaluée à d_{\mathrm{c}} \simeq 230\text{ km}. On constate que :
La largeur de la fauchée est largement supérieure à l'écartement maximal entre deux traces descendantes. Cela assure une couverture intégrale de la surface terrestre en un cycle orbital (12 jours), sans zone d'ombre (« trou » de fauchée), avec un recouvrement notable entre deux bandes adjacentes qui facilite les raccords cartographiques et l'interférométrie.
Résultat
2.2.1 · Localisation d'une cible
Question 34
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : retard temporel, télémétrie
Relier l'intervalle de temps mesuré à l'angle , l'altitude du satellite et la célérité . Relier également l'abscisse de la cible à , et .
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Exprimer la distance oblique satellite-cible R = H/\cos\theta, relier au temps de vol aller-retour 2R = c\Delta t, et appliquer Pythagore pour Y.
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Le signal radar effectue un trajet aller-retour en ligne droite entre le satellite \mathrm{S} et la cible \mathrm{C} à la célérité c. La distance parcourue par l'onde électromagnétique entre l'émission à l'instant t_{\mathrm{i}} et la réception de l'écho à l'instant t_{\mathrm{e}} est donc 2 \times \mathrm{SC}. L'intervalle de temps mesuré s'écrit :
D'après la figure (6), dans le triangle \mathrm{SOC} rectangle en \mathrm{O}, l'angle au sommet \mathrm{S} entre la verticale descendante (\mathrm{SO}) et la ligne de visée (\mathrm{SC}) est l'angle de visée \theta. On a ainsi :
On en déduit l'expression de l'intervalle de temps \Delta t :
Par application du théorème de Pythagore dans le triangle rectangle \mathrm{SOC}, la distance de la cible à l'aplomb du satellite vérifie :
Sachant que \mathrm{SC} = \dfrac{c\Delta t}{2} et que Y > 0, il vient :
Résultat
Question 35
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : résolution spatiale, calcul différentiel
Nous envisageons la situation où les deux cibles sont voisines et telles que . Exprimer, en fonction de , et , la distance entre les deux cibles en dessous de laquelle leurs échos ne sont plus disjoints, à la réception. Cette distance minimale peut être assimilée à la résolution spatiale du dispositif d'imagerie, ou encore à la largeur d'un pixel-terrain, dans la direction . Commenter sa dépendance vis-à-vis de (ou de ).
Indication : Un calcul différentiel est suggéré.
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Différencier la relation Y = \sqrt{(c\Delta t/2)^2 - H^2} par rapport à \Delta t et poser que l'écart temporel minimal séparable est de l'ordre de la durée d'impulsion \tau.
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- Établir la relation différentielle entre la distance au sol Y et le délai de parcours \Delta t à l'aide des relations géométriques obtenues à la question précédente.
- Déterminer, d'après la figure 8, l'écart temporel minimal (t_{\mathrm{e}}' - t_{\mathrm{e}}) pour que les deux échos reçus soient disjoints.
- Exprimer la résolution spatiale (\Delta Y)_{\min} et commenter son évolution en fonction de l'angle d'incidence \theta (et de l'abscisse Y).
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D'après la question précédente, la distance à la cible R et son abscisse Y sont reliées à l'altitude H et au temps d'aller-retour \Delta t par :
L'altitude H du satellite étant constante au cours de la mesure, la différentiation de cette relation par rapport aux variables Y et \Delta t donne :
Or, d'après la géométrie de la visée (figure 6), on a \sin\theta = \dfrac{Y}{R}, d'où :
Pour deux cibles très proches telles que \left|\dfrac{Y'-Y}{Y}\right| \ll 1, on effectue l'approximation des petits accroissements au premier ordre :
D'après la figure 8, le signal traité issu de chaque cible présente une base temporelle totale de durée 2\tau (le pic s'étend sur [t_{\mathrm{e}} - \tau,\, t_{\mathrm{e}} + \tau]). Pour que les deux échos soient disjoints à la réception, l'intervalle entre leurs sommets doit être supérieur ou égal à la largeur totale de la base :
On en déduit l'expression de la résolution spatiale minimale au sol :
Remarque : Si l'on adopte le critère de résolution usuel fondé sur la durée \tau du pulse non traité (ou la largeur à mi-hauteur du pic corrélé), la condition de séparation temporelle s'écrit \Delta(\Delta t)_{\min} = \tau, ce qui conduit à l'expression :
Commentaire sur la dépendance vis-à-vis de \theta et de Y :
- Comme \sin\theta = \dfrac{Y}{\sqrt{H^2 + Y^2}}, la fonction \theta \mapsto \sin\theta est strictement croissante sur [0, \pi/2]. Par conséquent, (\Delta Y)_{\min} est une fonction strictement décroissante de \theta (ou de Y) : la résolution spatiale s'améliore (le pixel-terrain devient plus étroit) à mesure que l'on s'éloigne de la trace du satellite (vers le bord lointain de la fauchée, far range).
- À l'aplomb du satellite (\theta \to 0, soit Y \to 0), \sin\theta \to 0, ce qui implique (\Delta Y)_{\min} \to +\infty : la discrimination spatiale par mesure du temps de vol devient impossible à la verticale directe (au nadir). C'est pourquoi un radar imageur fonctionne obligatoirement en visée latérale (side-looking radar).
Résultat
Question 36
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : résolution spatiale, ordre de grandeur
En pratique, l'antenne émet un pulse de durée . Calculer la valeur de pour . Commenter brièvement ce résultat dans le contexte du relevé d'un relief volcanique.
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Effectuer l'application numérique de (\Delta Y)_{\min} et commenter la résolution médiocre (plusieurs kilomètres) au regard des d'étails géologiques d'un cratère.
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D'après l'expression de la résolution spatiale établie à la question Q35 :
(ou \displaystyle (\Delta Y)_{\min} = \frac{c\,\tau}{2\sin\theta} si l'on retient la durée \tau du pulse non traité).
Avec les valeurs numériques fournies :
- c = 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
- \tau = 40\;\mu\text{s} = 4{,}0 \times 10^{-5}\text{ s} ;
- \theta = 30^{\circ}, d'où \sin\theta = 0{,}50.
On obtient :
(ou 12\text{ km} avec la convention du pulse de durée \tau).
Commentaire :
Un édifice ou cratère volcanique possède typiquement une extension spatiale de l'ordre de quelques kilomètres (à l'image de la caldeira du Kilauea dont l'échelle est de 2\text{ km}, voir figure 13). Une résolution de 12 à 24\text{ km} est bien trop grossière : l'ensemble de l'édifice volcanique serait contenu dans un seul ou deux pixels-terrain, rendant impossible toute cartographie du relief ou suivi des déformations locales. Ce résultat justifie la mise en œuvre de signaux modulés en fréquence (chirp) pour comprimer temporellement l'impulsion et améliorer drastiquement la résolution.
Résultat
Question 37
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : fréquence instantanée, modulation de fréquence
Nous définissons la fréquence instantanée du signal par la relation . Exprimer cette fréquence. Représenter son allure graphique sur l'intervalle temporel . Représenter, en correspondance, celle du signal .
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Dériver l'argument de phase \phi(t) par rapport au temps pour trouver une fréquence croissant linéairement de f_0 à f_0 + \Delta f.
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La phase instantanée du signal s'écrit, d'après l'équation (15), pour t \in [0, \tau] :
La fréquence instantanée f(t) est définie par 2\pi f(t) = \dfrac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}t}, ce qui donne :
En dérivant terme à terme par rapport au temps, on obtient :
Allures graphiques en correspondance :
- Sur l'intervalle [0, \tau], la fréquence instantanée f(t) varie de façon affine et croissante : elle part de f(0) = f_0 à l'instant initial pour atteindre f(\tau) = f_0 + \Delta f en fin d'impulsion, avec une pente constante égale à \dfrac{\Delta f}{\tau}.
- Le signal s(t) = s_0 \sin(\phi(t)) \, \Pi(t/\tau) est strictement nul en dehors de [0, \tau]. Sur l'intervalle [0, \tau], il oscille entre -s_0 et +s_0. Puisque sa fréquence instantanée augmente, la pseudo-période T(t) \simeq \dfrac{1}{f(t)} diminue : les oscillations se resserrent continûment au cours du temps (modulation linéaire de fréquence montante ou « chirp »).
Résultat
Question 38
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : compression d'impulsion, résolution spatiale
La figure (9) présente l'aspect, après traitement, du signal d'écho du chirp renvoyé par une cible. La largeur du pic central est égale à . Exprimer la nouvelle résolution en fonction de et du produit .
La bande passante du satellite Sentinel-1 est égale à . Calculer la valeur pour . Commenter ce résultat en comparaison à celui obtenu en réponse à la question (36).
Voir l'indiceIndice
Remplacer la durée temporelle effective \tau par la largeur temporelle comprimée 1/\Delta f dans l'expression de la résolution spatiale.
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- Exprimer la nouvelle résolution spatiale (\Delta Y)_{\min,\mathrm{c}} en remplaçant la durée temporelle du pulse non modulé par la largeur temporelle 1/\Delta f du pic après traitement (compression d'impulsion).
- Identifier le facteur de réduction de la résolution en faisant intervenir le produit sans dimension \tau \Delta f.
- Effectuer l'application numérique et analyser le gain de résolution obtenu vis-à-vis des dimensions typiques d'un édifice volcanique.
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Après traitement par corrélation (filtrage adapté), l'écho présente un pic central dont la largeur temporelle vaut désormais :
au lieu de la durée caractéristique initiale \tau. La résolution spatiale étant directement proportionnelle à la largeur temporelle du signal traité (d'après la question 35), la nouvelle résolution (\Delta Y)_{\min,\mathrm{c}} s'obtient simplement en substituant \tau par \tau_{\mathrm{c}} = \frac{1}{\Delta f} :
(ou \frac{c}{2\Delta f \sin\theta} si l'on a retenu le demi-écartement à la question 35).
Application numérique : Le produit bande-durée (facteur de compression d'impulsion) vaut :
Avec \Delta f = 15\text{ MHz}, c = 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et \theta = 30^{\circ} (\sin 30^{\circ} = 0{,}5) :
(ou 20\text{ m} selon la convention de la question 35).
Commentaire : La résolution est améliorée d'un facteur 600. Alors qu'une résolution kilométrique (24\text{ km} ou 12\text{ km}) ne permettait pas de distinguer un édifice volcanique (une caldeira mesurant typiquement quelques kilomètres, comme l'échelle de 2\text{ km} indiquée sur la figure 13), une résolution de quelques dizaines de mètres (20 à 40\text{ m}) est parfaitement adaptée à la cartographie fine du relief et au suivi des déformations locales.
Résultat
2.2.2 · Puissance de l'écho détecté
Question 39
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : puissance surfacique, ouverture d'antenne
Exprimer, en fonction de , , et de la distance , la puissance par unité de surface traversant la portion de surface sphérique de rayon du cône d'émission.
Voir l'indiceIndice
Diviser la puissance totale émise P_0 par la surface de la calotte sphérique interceptée par le faisceau, soit S_{\mathrm{cone}} = 4\pi R^2 / G.
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La surface totale d'une sphère de rayon R centrée sur l'émetteur \mathrm{S} vaut :
D'après l'énoncé, le cône d'émission intercepte une fraction 1/G de cette surface sphérique. L'aire de la calotte sphérique traversée par le faisceau à la distance R est donc :
La puissance totale émise P_0 étant répartie uniformément sur cette portion de sphère, la puissance par unité de surface s'écrit :
En remplaçant le gain géométrique G par son expression donnée par l'équation (16), G = \dfrac{4\pi S_{\mathrm{a}}}{\lambda^2}, on obtient :
d'où finalement :
Résultat
Question 40
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : équation radar, surface équivalente radar
L'antenne émettrice sert également de récepteur du signal diffusé par la cible C. La normale à sa surface est supposée orientée selon la direction (SC). Exprimer, en fonction de , , , et , la puissance que l'antenne reçoit, en écho, de la cible.
Voir l'indiceIndice
Calculer la puissance réémise P_{\mathrm{d}} = \sigma p_0(R_{\mathrm{C}}), la répartir uniformément sur le demi-espace supérieur de surface 2\pi R_{\mathrm{C}}^2, puis intercepter avec l'aire S_{\mathrm{a}}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance P_{\mathrm{d}} diffusée par la cible à partir de la puissance surfacique incidente p_0(R_{\mathrm{C}}) obtenue à la question 39.
- Déterminer la puissance surfacique de l'écho arrivant au niveau du satellite, en tenant compte de la répartition uniforme de P_{\mathrm{d}} dans le demi-espace supérieur (demi-sphère de rayon R_{\mathrm{C}}).
- En déduire la puissance P_{\mathrm{e}} interceptée par l'antenne réceptrice de surface S_{\mathrm{a}} orientée vers la cible.
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D'après le résultat de la question 39, la puissance par unité de surface de l'onde incidente au niveau de la cible C située à la distance R_{\mathrm{C}} vaut :
La puissance totale renvoyée par la cible de surface effective \sigma s'écrit alors :
Cette puissance P_{\mathrm{d}} est réémise de manière isotrope dans toutes les directions orientées vers le haut, c'est-à-dire dans un angle solide de 2\pi\text{ sr}. À la distance R_{\mathrm{C}}, elle se répartit donc uniformément sur une demi-sphère de surface :
La puissance par unité de surface p_{\mathrm{d}}(R_{\mathrm{C}}) du signal d'écho parvenant au niveau du satellite est donc :
L'antenne du satellite ayant pour surface géométrique S_{\mathrm{a}} et sa normale étant orientée selon la direction (\mathrm{SC}), la surface apparente interceptant l'écho est exactement S_{\mathrm{a}}. La puissance reçue P_{\mathrm{e}} par l'antenne vaut donc :
Soit finalement :
Résultat
Question 41
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : équation radar, bilan de liaison
Application numérique : Estimer l'ordre de grandeur du rapport de la puissance reçue de l'écho à la puissance émise par l'antenne. Nous adopterons les valeurs suivantes : et . Commenter brièvement ce résultat.
Voir l'indiceIndice
Calculer la distance oblique R_{\mathrm{C}} = H/\cos\theta puis évaluer le ratio P_{\mathrm{e}}/P_0 pour souligner l'extrême sensibilité requise pour le récepteur.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la distance radar R_{\mathrm{C}} en fonction de l'altitude H et de l'angle de visée \theta.
- Évaluer numériquement le rapport K = P_{\mathrm{e}}/P_0 à partir de l'expression établie à la question précédente.
- Commenter physiquement l'ordre de grandeur obtenu en lien avec la dépendance en 1/R_{\mathrm{C}}^4 et les exigences technologiques sur la chaîne de réception radar.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la géométrie de la visée (figure 10), la distance de la cible au satellite s'exprime par :
Pour H = 700\text{ km} = 7{,}0 \times 10^5\text{ m} et \theta = 30^{\circ} :
D'après le résultat de la question Q40, le rapport de puissance s'écrit :
Avec les valeurs numériques fournies :
- S_{\mathrm{a}} = 10\text{ m}^2 ;
- \sigma = 10^3\text{ m}^2 ;
- \lambda = 6{,}0\text{ cm} = 6{,}0 \times 10^{-2}\text{ m} (déterminée à la question Q32) ;
- R_{\mathrm{C}} \simeq 8{,}08 \times 10^5\text{ m}.
On calcule le numérateur et le dénominateur :
On en déduit :
Commentaire : La puissance reçue par le satellite est extraordinairement faible : pour une puissance émise P_0 = 4\text{ kW}, la puissance de l'écho n'est que de :
Cette atténuation drastique (de l'ordre de -170\text{ dB}) découle de la décroissance géométrique en 1/R_{\mathrm{C}}^4, caractéristique d'un aller-retour en onde sphérique sur une distance orbitale considérable (R_{\mathrm{C}} \simeq 800\text{ km}). La détection d'un signal aussi ténu nécessite des récepteurs à très faible bruit thermique (amplificateurs cryogéniques ou LNA) ainsi que des méthodes de filtrage adapté et de compression d'impulsion afin d'extraire l'écho du bruit de fond.
Résultat
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.