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Corrigé détaillé Mines Physique 1 PC 2023

Les sylphes

Ce sujet original et formateur étudie les sylphes (red sprites), de spectaculaires décharges électriques lumineuses survenant dans la haute atmosphère au-dessus des orages. L'épreuve balaie avec élégance plusieurs pans majeurs de la physique de prépa : l'observation géométrique et la mécanique spatiale depuis l'ISS, la modélisation thermodynamique fine du gradient de pression atmosphérique, la propagation d'ondes électromagnétiques dans le plasma ionosphérique (modèle de Drude sans collisions, réflexion d'échos radar), et enfin un modèle cinétique statistique de claquage par avalanche électronique déclenchée par des rayons cosmiques relativistes. Très équilibré, le sujet alterne calculs analytiques guidés, ordres de grandeur physiques et exploitation de données documentaires. C'est un excellent problème de synthèse pour réviser la statique des fluides, l'électromagnétisme des milieux dispersifs et les bilans particulaires.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 2 h 05 pour tout traiter, pour une épreuve de 3 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

7 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

Rapides et accessibles (17) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Comment utiliser ce corrigé

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Partie I : Observation des sylphes

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : spectre d'émission, absorption atmosphérique

À l'aide des courbes de la figure 2, justifier la couleur caractéristiques des sylphes. Justifier également leur observation difficile depuis la surface de la Terre.

Voir l'indice

Comparer les bandes d'émission dominantes du spectre (vers 650–700 nm) au domaine visible, puis observer le coefficient de transmission atmosphérique à basse altitude aux mêmes longueurs d'onde.

Voir la réponse courte

Le spectre d'émission du diazote domine dans le rouge ; l'absorption par l'ozone et l'eau atmosphériques rend l'observation difficile depuis le sol.

Voir le corrigé complet
  1. Couleur caractéristique des sylphes : Le spectre d'émission d'un sylphe (figure 2, à gauche) présente ses raies d'émission les plus intenses dans le domaine visible pour des longueurs d'onde supérieures à 650\text{ nm}, avec notamment des pics marqués vers 660\text{ nm}, 700\text{ nm} et surtout autour de 760\text{ nm}. Ces longueurs d'onde appartenant à la partie rouge du spectre visible (620\text{ nm} - 780\text{ nm}), cela justifie la couleur rouge caractéristique des sylphes.
  2. Difficulté d'observation depuis la surface de la Terre :

    • Absorption atmosphérique : La courbe de transmission de l'atmosphère (figure 2, à droite) révèle un creux d'absorption extrêmement marqué au voisinage de \lambda \approx 760\text{ nm}, où le coefficient de transmission s'effondre vers zéro (absorption due au dioxygène moléculaire atmosphérique). Ce creux coïncide précisément avec la bande d'émission la plus intense du spectre du sylphe : une fraction majeure de la lumière émise est ainsi interceptée et absorbée par l'atmosphère avant d'atteindre le sol.
    • Masquage par les nuages et brièveté : Se produisant entre 40 et 80\text{ km} d'altitude au-dessus des systèmes orageux, les sylphes sont masqués pour un observateur au sol par l'épaisse couche nuageuse des cumulonimbus. Enfin, leur durée d'émission très brève (quelques centaines de millisecondes au plus) rend la détection à l'œil nu particulièrement difficile.
Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut détailler le raisonnement menant à la couleur rouge, une simple affirmation ne rapportant aucun point.

« Le raisonnement permettant de trouver que la couleur est rouge n’a pas été assez développé. Les correcteurs insistent sur l’importance du raisonnement, affirmer que la couleur est rouge n’est pas un raisonnement. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : propagation rectiligne, horizon optique

La distance qui sépare à vol d'oiseau le Pic du Midi de Bigorre de la chaîne des Alpes françaises est-elle de l'ordre de 500, 1000 ou 1500 km ? Sans prendre en compte l'altitude du Pic du Midi de Bigorre, tracer sur un schéma approprié la ligne d'horizon qui en part et qui passe au dessus des Alpes à une altitude . En faisant les hypothèses qui s'imposent exprimer en fonction de et et calculer sa valeur numérique. Est-il possible de voir des sylphes alpins sans effet de réfraction atmosphérique depuis le Pic du Midi de Bigorre ? Peut-on voir le Mont-Blanc par beau temps ?

Voir l'indice

Estimer la distance Pyrénées-Alpes à l'échelle de la France. Appliquer le théorème de Pythagore dans le triangle formé par le centre de la Terre, l'observateur au sol et le point situé à l'altitude h sur la tangente horizon.

Voir la stratégie
  1. Estimer la distance d à l'échelle de la France métropolitaine.
  2. Réaliser un schéma géométrique représentant la rotondité terrestre, la position de l'observateur P, la ligne d'horizon (tangente à la Terre en P) et la verticale passant par les Alpes A.
  3. Exprimer l'altitude h de la ligne de visée à l'aplomb des Alpes sous l'approximation des petits angles (d \ll R_T).
  4. Comparer h à l'altitude typique des sylphes (40 à 80 km) et à l'altitude du Mont-Blanc (\approx 4{,}8\text{ km}).
Voir la réponse courte

Tangente à la Terre : h \simeq d^2/(2R_T) \simeq 28\text{ km} pour d \simeq 600\text{ km}. Le Mont-Blanc est masqué mais les sylphes culminent bien plus haut.

Voir le corrigé complet

1. Ordre de grandeur de la distance d

La France métropolitaine s'étend sur environ 1000\text{ km} du nord au sud et d'est en ouest. La chaîne pyrénéenne et la chaîne alpine étant toutes deux situées dans la moitié sud de la France, la distance à vol d'oiseau entre le Pic du Midi et les Alpes françaises est de l'ordre de :

\boxed{d \approx 500\text{ km}}

2. Schéma et calcul de l'altitude h

En négligeant l'altitude du Pic du Midi, l'observateur se situe en un point P à la surface de la Terre de rayon R_T. La ligne d'horizon issue de P est la tangente à la sphère terrestre en ce point.

Soit A la position des Alpes à la surface terrestre, située à une distance d'arc d = R_T \theta. La verticale locale au-dessus des Alpes coupe la ligne d'horizon en un point H situé à l'altitude h au-dessus du sol (OH = R_T + h).

Le triangle OPH est rectangle en P. D'après le théorème de Pythagore :

\begin{aligned} OH^2 &= OP^2 + PH^2 \\ (R_T + h)^2 &= R_T^2 + PH^2 \\ R_T^2 + 2 R_T h + h^2 &= R_T^2 + PH^2 \end{aligned}

Comme d \ll R_T, l'angle au centre \theta = d/R_T \ll 1\text{ rad}. On a donc :

\begin{aligned} PH &= R_T \tan \theta \simeq R_T \theta = d \\ h &\ll R_T \implies h^2 \ll 2 R_T h \end{aligned}

L'équation se simplifie ainsi en :

2 R_T h \simeq d^2 \implies \boxed{h \simeq \frac{d^2}{2 R_T}}

Application numérique : avec d = 5 \times 10^5\text{ m} et R_T = 6{,}4 \times 10^6\text{ m},

h \simeq \frac{(5 \times 10^5)^2}{2 \times 6{,}4 \times 10^6} = \frac{25 \times 10^{10}}{12{,}8 \times 10^6} \simeq 2 \times 10^4\text{ m} = \boxed{20\text{ km}}

3. Visibilité des sylphes et du Mont-Blanc

  • Sylphes alpins : D'après le texte introductif, les sylphes se produisent à une altitude comprise entre 40\text{ km} et 80\text{ km}. Comme cette altitude est nettement supérieure à h \simeq 20\text{ km}, les sylphes se situent largement au-dessus de la ligne d'horizon géométrique : il est donc possible de les observer depuis le Pic du Midi sans réfraction atmosphérique.
  • Mont-Blanc : Le sommet du Mont-Blanc culmine à une altitude z_{\text{MB}} \simeq 4{,}8\text{ km}. Cette altitude étant bien inférieure à h \simeq 20\text{ km}, le sommet est masqué par la courbure terrestre : il n'est pas possible de voir le Mont-Blanc par beau temps sans effet de réfraction.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut justifier l'ordre de grandeur de la distance ainsi que la conclusion sur la visibilité en s'appuyant sur le schéma demandé.

« Les correcteurs attendent un raisonnement pour évaluer l’ordre de grandeur de la distance. De même, la conclusion de cette question (sylphes visibles ou non) doit être justifiée, le schéma demandé à cette même question pouvant être un appui précieux. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse d'image, spectre d'émission

Montrer que l'analyse des deux images de la figure 4 prouve bien la détection d'un sylphe.

Voir l'indice

Comparer le rapport des intensités lumineuses (canal filtré à 761 nm sur canal visible) pour l'éclair ordinaire fourni dans le texte avec celui mesurable sur la zone isolée par le trait noir.

Voir la stratégie
  1. Analyser le principe de discrimination spectrale : le dioxygène troposphérique absorbe fortement la bande à 761\text{ nm} (bande A de \mathrm{O_2}), ce qui atténue considérablement les éclairs troposphériques vus depuis l'espace, tandis que le sylphe, émis à haute altitude (z > 40\text{ km}), n'est pas absorbé et présente un fort pic d'émission à cette longueur d'onde.
  2. Comparer quantitativement et qualitativement les niveaux d'intensité (en LSB) et la morphologie du signal sur les deux caméras pour conclure.
Voir la réponse courte

La comparaison des deux clichés à des longueurs d'onde distinctes confirme une émission caractéristique du diazote au-dessus de l'orage.

Voir le corrigé complet

L'identification d'un sylphe repose sur la comparaison des signaux reçus par les deux caméras de l'ISS :

  • Filtrage à 761\text{ nm} et absorption troposphérique : Un éclair traditionnel prend naissance dans la basse troposphère (z \lesssim 10\text{--}15\text{ km}). Son rayonnement à 761\text{ nm} doit traverser la quasi-totalité de l'atmosphère pour atteindre l'ISS : il est donc fortement absorbé par le dioxygène \mathrm{O_2}. L'énoncé précise qu'un tel éclair sature la caméra visible à 836\text{ LSB}, mais ne produit que 30\text{ LSB} sur la caméra filtrée (rapport de l'ordre de 30).
  • Émission d'un sylphe en haute altitude : À l'inverse, un sylphe se développe dans la mésosphère (z \in [40, 80]\text{ km}), région au-dessus de laquelle l'atmosphère est extrêmement raréfiée en \mathrm{O_2} (l'absorption vers l'espace est quasi nulle). De surcroît, le spectre d'émission du sylphe (figure 2 de l'énoncé) présente une raie particulièrement intense précisément vers 762\text{ nm} (premier système positif de \mathrm{N_2}).
  • Analyse des images de la figure 4 :

    • Sur l'image visible (à droite), on distingue un éclair très étendu et saturé, à côté duquel un trait noir isole une structure secondaire plus diffuse et d'intensité modérée (de l'ordre de 200 à 400\text{ LSB}).
    • Sur l'image filtrée à 761\text{ nm} (à gauche), cette structure isolée ressort avec un contraste exceptionnel, atteignant des niveaux d'intensité très élevés (\sim 50\text{--}62\text{ LSB}, saturant l'échelle), alors qu'un éclair classique de cette intensité visible n'aurait produit qu'un signal résiduel inférieur à 10\text{--}15\text{ LSB}.

L'émission observée provient donc bien d'une décharge située au-dessus de la couche absorbante de dioxygène : il s'agit de la signature caractéristique d'un sylphe.

Voir ce qu'a relevé le jury

Les points sont attribués au raisonnement rigoureux menant à la conclusion et non à la simple affirmation de la présence d'un sylphe.

« Là encore, le candidat doit être précis dans son raisonnement. Les points ne sont pas attribués à la conclusion (sylphe présent), mais au raisonnement qui amène à cette conclusion. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : théorème de gauss, champ de gravitation

L'iss se situe à une altitude d'environ 400 km. Montrer en utilisant le théorème de Gauss, et moyennant certaines hypothèses que l'on précisera, que le champ gravitationnel qu'elle subit est de la forme :

où est le champ de pesanteur à la surface de la Terre.

Voir l'indice

Choisir une surface de Gauss sphérique de rayon r = R_T + h_{\text{ISS}} entourant la Terre à répartition sphérique de masse, puis identifier g_0 = \mathcal{G} M_T / R_T^2.

Voir la stratégie
  1. Énoncer les hypothèses de modélisation (symétrie sphérique de la Terre, assimilation de la pesanteur au champ gravitationnel).
  2. Exploiter les symétries pour déterminer la direction et les dépendances du champ de gravitation.
  3. Appliquer le théorème de Gauss pour la gravitation à travers une sphère concentrique de rayon r = R_T + h_{\text{ISS}}, puis exprimer le résultat en fonction de g_0.
Voir la réponse courte

Théorème de Gauss gravitationnel sur une sphère de rayon R_T + h_{\text{iss}} pour une Terre à répartition sphérique de masse.

Voir le corrigé complet

On formule les hypothèses suivantes :

  • La Terre est modélisée par une distribution de masse à symétrie sphérique, de centre O, de rayon R_T et de masse totale M_T.
  • On néglige la rotation propre de la Terre (terme axifuge) et l'influence des autres astres, de sorte que le champ de pesanteur se confond avec le champ gravitationnel.

Par symétrie sphérique de la distribution de masse, le champ gravitationnel \vec{G} en tout point repéré par ses coordonnées sphériques (r, \theta, \varphi) est purement radial et ne dépend que de la coordonnée radiale r :

\vec{G}(r) = -\,G(r)\,\vec{u}_r \quad \text{avec} \quad G(r) > 0

Par analogie avec l'électrostatique (où \frac{q_{\text{int}}}{\varepsilon_0} est remplacé par -4\pi \mathcal{G} M_{\text{int}}), le théorème de Gauss pour le champ gravitationnel à travers une sphère \mathcal{S} de rayon r \ge R_T centrée en O s'écrit :

\iint_{\mathcal{S}} \vec{G} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = -4\pi \mathcal{G} M_{\text{int}}

Avec \mathrm{d}\vec{S} = \mathrm{d}S\,\vec{u}_r, le flux s'exprime par :

\iint_{\mathcal{S}} \vec{G} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = -\,G(r) \iint_{\mathcal{S}} \mathrm{d}S = -\,4\pi r^2 G(r)

La sphère \mathcal{S} contenant l'intégralité de la masse terrestre pour r \ge R_T, on a M_{\text{int}} = M_T. On en déduit :

-\,4\pi r^2 G(r) = -\,4\pi \mathcal{G} M_T \implies G(r) = \frac{\mathcal{G} M_T}{r^2}

À la surface de la Terre (r = R_T), l'intensité de la pesanteur vaut :

g_0 = G(R_T) = \frac{\mathcal{G} M_T}{R_T^2}

À l'altitude de l'ISS, la distance au centre de la Terre est r = R_T + h_{\text{ISS}}. L'intensité du champ gravitationnel s'écrit donc :

G_{\text{ISS}} = \frac{\mathcal{G} M_T}{(R_T + h_{\text{ISS}})^2} = \frac{\mathcal{G} M_T}{R_T^2\left(1 + \frac{h_{\text{ISS}}}{R_T}\right)^2}

soit finalement :

\boxed{G_{\text{ISS}} = g_0 \left(1 + \frac{h_{\text{ISS}}}{R_T}\right)^{-2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le théorème de Gauss exige une surface fermée, l'étude des symétries et invariances, ainsi qu'une attention particulière au signe.

« Le théorème de Gauss pour la gravitation est souvent faux (avec notamment une erreur de signe dans son énoncé). La surface de Gauss doit être fermée. L’analyse des invariances et des symétries a souvent été oubliée. »

« Les correcteurs ont remarqué un manque de rigueur et d’honnêteté sur cette question, les candidats voulant à tout prix aboutir au résultat donné dans l’énoncé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : orbite circulaire, vitesse orbitale

Après avoir montré qu'elle est constante, déterminer l'expression de la norme de la vitesse de l'iss sur son orbite circulaire. Calculer sa valeur numérique en .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'ISS dans le référentiel géocentrique supposé galiléen ; projeter sur la base de Frenet pour prouver que l'accélération tangentielle est nulle.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la deuxième loi de Newton à la station spatiale dans le référentiel géocentrique supposé galiléen.
  2. Projeter la relation vectorielle dans la base de Frenet associée à la trajectoire circulaire pour prouver que la composante tangentielle de l'accélération s'annule, ce qui assure la constance de la vitesse.
  3. Exprimer v_{\text{iss}} à partir de la composante normale de l'accélération et réaliser l'application numérique avec un seul chiffre significatif comme imposé par l'énoncé.
Voir la réponse courte

PFD en base de Frenet : accélération normale pure donc vitesse constante v_{\text{iss}} = \sqrt{g_0 R_T^2/(R_T+h_{\text{iss}})} \simeq 7{,}7\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

On étudie la station spatiale internationale (\text{iss}), assimilée à un point matériel de masse m, dans le référentiel géocentrique supposé galiléen sur la durée d'une révolution.

La seule force modélisée est la force gravitationnelle exercée par la Terre, de centre O :

\vec{F} = m \vec{G}_{\text{iss}}

Le mouvement étant circulaire de rayon r = R_T + h_{\text{iss}}, introduisons la base de Frenet (\vec{u}_t, \vec{u}_n), où \vec{u}_t est tangent à l'orbite orienté dans le sens du mouvement et \vec{u}_n est le vecteur unitaire normal orienté vers le centre de la trajectoire O. Dans cette base, l'accélération de l'iss s'écrit :

\vec{a} = \frac{\mathrm{d}v_{\text{iss}}}{\mathrm{d}t} \vec{u}_t + \frac{v_{\text{iss}}^2}{r} \vec{u}_n

La force gravitationnelle étant purement attractive et dirigée vers le centre O, elle est colinéaire à la normale :

\vec{F} = m G_{\text{iss}} \vec{u}_n

D'après la deuxième loi de Newton, m\vec{a} = \vec{F}, d'où :

\begin{aligned} m \frac{\mathrm{d}v_{\text{iss}}}{\mathrm{d}t} &= 0 \quad (\text{selon } \vec{u}_t) \\ m \frac{v_{\text{iss}}^2}{r} &= m G_{\text{iss}} \quad (\text{selon } \vec{u}_n) \end{aligned}

La première composante donne immédiatement \frac{\mathrm{d}v_{\text{iss}}}{\mathrm{d}t} = 0, ce qui démontre que la norme de la vitesse v_{\text{iss}} est constante au cours du temps (le mouvement est circulaire uniforme).

À l'aide du résultat de la question Q4, G_{\text{iss}} = g_0 \left(1 + \frac{h_{\text{iss}}}{R_T}\right)^{-2} = g_0 \frac{R_T^2}{r^2}. La projection selon \vec{u}_n conduit à :

\frac{v_{\text{iss}}^2}{r} = g_0 \frac{R_T^2}{r^2} \implies v_{\text{iss}} = R_T \sqrt{\frac{g_0}{r}} = R_T \sqrt{\frac{g_0}{R_T + h_{\text{iss}}}}

On peut également l'écrire sous la forme :

\boxed{v_{\text{iss}} = \sqrt{\frac{g_0 R_T}{1 + \frac{h_{\text{iss}}}{R_T}}}}

Application numérique : Avec g_0 = 9,8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, R_T = 6,4 \times 10^3\text{ km} = 6,4 \times 10^6\text{ m} et h_{\text{iss}} = 400\text{ km} = 0,4 \times 10^6\text{ m} (soit r = 6,8 \times 10^6\text{ m}) :

\begin{aligned} v_{\text{iss}} &= 6,4 \times 10^6 \times \sqrt{\frac{9,8}{6,8 \times 10^6}} \approx 6,4 \times 10^6 \times \sqrt{1,44 \times 10^{-6}} \\ &= 6,4 \times 10^6 \times 1,2 \times 10^{-3} \approx 7,7 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 7,7\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

En respectant la consigne d'un unique chiffre significatif :

\boxed{v_{\text{iss}} \simeq 8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut poser l'hypothèse de trajectoire circulaire pour justifier la vitesse constante et ne pas confondre champ et constante de gravitation.

« De nombreux candidats oublient d’affirmer l’hypothèse de trajectoire circulaire, pourtant nécessaire pour avoir une vitesse constante. »

« Les candidats doivent être rigoureux dans l’expression des grandeurs physiques (flèches sur les vecteurs, signes). Les correcteurs ont remarqué des confusions entre le champ de gravitation et la constante de gravitation. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : troisième loi de kepler, période de révolution

Déterminer l'expression de la période de révolution de l'iss autour de la Terre et faire le lien avec la troisième loi de Képler.

Voir l'indice

Relier la période T_{\text{ISS}} à la vitesse v_{\text{ISS}} et au rayon de l'orbite R_T + h_{\text{ISS}}, puis retrouver le rapport constant du demi-grand axe au cube sur la période au carré.

Voir la réponse courte

Période T_{\text{iss}} = 2\pi(R_T+h_{\text{iss}})/v_{\text{iss}}, d'où T_{\text{iss}}^2/(R_T+h_{\text{iss}})^3 = 4\pi^2/(g_0 R_T^2), conforme à la troisième loi de Kepler.

Voir le corrigé complet

Sur une orbite circulaire de rayon r = R_T + h_{\text{iss}}, le mouvement de l'ISS s'effectue à la vitesse constante v_{\text{iss}}. La période de révolution T_{\text{iss}} correspond à la durée nécessaire pour parcourir le périmètre 2\pi r :

T_{\text{iss}} = \frac{2\pi (R_T + h_{\text{iss}})}{v_{\text{iss}}}

En utilisant l'expression de v_{\text{iss}} établie à la question précédente :

v_{\text{iss}} = R_T \sqrt{\frac{g_0}{R_T + h_{\text{iss}}}}

on obtient :

T_{\text{iss}} = 2\pi (R_T + h_{\text{iss}}) \times \frac{1}{R_T} \sqrt{\frac{R_T + h_{\text{iss}}}{g_0}} = 2\pi \sqrt{\frac{(R_T + h_{\text{iss}})^3}{g_0 R_T^2}}
\boxed{T_{\text{iss}} = \frac{2\pi}{R_T \sqrt{g_0}} \, (R_T + h_{\text{iss}})^{3/2}}

Élevons cette relation au carré :

\frac{T_{\text{iss}}^2}{(R_T + h_{\text{iss}})^3} = \frac{4\pi^2}{g_0 R_T^2} = \frac{4\pi^2}{\mathcal{G} M_T} = \text{cte}

Le rayon de l'orbite circulaire s'identifiant au demi-grand axe a = R_T + h_{\text{iss}}, on retrouve bien l'énoncé de la troisième loi de Kepler : le rapport du carré de la période de révolution au cube du demi-grand axe est une constante ne dépendant que de la masse du corps attracteur.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à rappeler que la vitesse est constante avant d'écrire qu'elle est égale à la distance parcourue divisée par le temps de parcours.

« Il est bienvenue de rappeler que la vitesse est constante pour affirmer que la vitesse est le rapport de la distance parcourue sur le temps de parcours. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : vitesse orbitale, résolution temporelle

Les deux microcaméras de l'iss ont pour objectif d'enregistrer, lors d'un passage au-dessus d'un orage, la totalité de l'évolution d'un sylphe. Commenter la possibilité et la précision de ces enregistrements. On justifiera les réponses de façon numérique.

Voir l'indice

Calculer la distance franchie par l'ISS à la vitesse v_{\text{ISS}} durant la durée caractéristique d'un sylphe (quelques centaines de millisecondes) et la comparer au champ de vue de la caméra.

Voir la stratégie
  1. Évaluer le temps pendant lequel une zone orageuse reste dans le champ de vision des caméras à partir de la vitesse v_{\text{iss}} et des dimensions observables sur la figure 4, puis comparer ce temps à la durée de vie typique d'un sylphe pour statuer sur la possibilité de l'enregistrement.
  2. Quantifier le déplacement de l'ISS pendant l'émission lumineuse et le comparer à la résolution spatiale du capteur pour discuter la précision spatiale (effet de filé ou flou de bougé) et temporelle.
Voir la réponse courte

À 7{,}7\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}, le déplacement pendant les quelques millisecondes du sylphe est minime, ce qui permet un enregistrement résolu spatialement et temporellement.

Voir le corrigé complet

1. Possibilité d'enregistrer la totalité de l'évolution :

  • D'après le préambule du sujet, un sylphe a une durée de vie typique de quelques centaines de millisecondes, soit \tau \sim 0{,}2\text{ s} à 0{,}3\text{ s}.
  • Les axes de la figure 4 indiquent que le champ de vision des microcaméras au niveau de la zone observée est d'environ L \approx 20\text{ km}.
  • L'ISS se déplaçant à la vitesse v_{\text{iss}} \simeq 8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} (d'après la question Q5), la durée pendant laquelle un point donné reste dans le champ de visée verticale est :

    \Delta t_{\text{champ}} = \frac{L}{v_{\text{iss}}} \simeq \frac{20\text{ km}}{8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}} \approx 2{,}5\text{ s} \approx 3\text{ s}

    Puisque \tau \ll \Delta t_{\text{champ}}, le sylphe a largement le temps d'apparaître et de s'éteindre complètement dans le champ de la caméra : l'enregistrement de la totalité de son évolution est tout à fait possible.

2. Précision des enregistrements :

  • Précision spatiale et flou de bougé : pendant la durée de vie du sylphe (\tau \sim 0{,}2\text{ s}), l'ISS parcourt une distance :

    \Delta x = v_{\text{iss}} \times \tau \simeq 8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \times 0{,}2\text{ s} \approx 2\text{ km}

    Sur la figure 4, le champ de 20\text{ km} correspond à environ 40\text{ pixels} (entre les abscisses 10 et 50), ce qui donne une résolution pixel au sol de :

    \delta x_{\text{pix}} \approx \frac{20\text{ km}}{40\text{ pixels}} = 0{,}5\text{ km}\cdot\text{pixel}^{-1}

    Le déplacement de l'ISS pendant l'événement correspond donc à un glissement de l'ordre de :

    \frac{\Delta x}{\delta x_{\text{pix}}} \approx \frac{2\text{ km}}{0{,}5\text{ km}\cdot\text{pixel}^{-1}} \approx 4\text{ pixels}

    Ce déplacement entraîne un flou de mouvement non négligeable si l'exposition est intégrée sur toute la durée du phénomène. En revanche, pour des temps de pose usuels de caméras rapides (\Delta t_{\text{pose}} \lesssim 20\text{ ms}), le déplacement par trame n'est que de \sim 0{,}16\text{ km} < \delta x_{\text{pix}}, garantissant une bonne netteté image par image.

  • Précision temporelle : à une cadence vidéo standard (par exemple 25 à 50 images par seconde), un phénomène de 200\text{ ms} est échantillonné sur 5 à 10 images, ce qui permet de suivre la dynamique globale mais reste insuffisant pour analyser la phase de déclenchement ultra-rapide (qui se produit sur quelques millisecondes).
Voir ce qu'a relevé le jury

Une analyse quantitative du déplacement de l'ISS était attendue, tout comme la prise en compte de la résolution spatiale liée au pixel.

« De nombreux candidats ont compris, en faisant le lien avec la question précédente, qu’une des difficultés de l’enregistrement d’un sylphe par l’ISS est due au déplacement de l’ISS. Il est nécessaire d’être quantitatif pour pouvoir conclure. »

« Peu de candidats ont également mentionné le problème de la résolution spatiale avec la détermination de la taille du pixel. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : relation fondamentale de l'hydrostatique, atmosphère isotherme

Rappeler, sans démonstration, l'expression vectorielle de la loi de la statique d'un fluide de masse volumique . Montrer que la pression atmosphérique obéit à l'équation différentielle suivante :

où est une distance caractéristique que l'on exprimera en fonction de , , et . Évaluer numériquement en kilomètres avec un seul chiffre significatif. En décomposant la fonction , on peut écrire en introduisant les constantes , et à condition de poser .

Voir l'indice

Écrire \vec{\nabla} P = \mu \vec{g}(z) avec g(z) = g_0 (1 + z/R_T)^{-2} et la loi des gaz parfaits \mu = P M / (R T(z)) ; regrouper les termes pour faire apparaître H = R T_0 / (M g_0).

Voir la réponse courte

Équation locale \mathrm{d}P/\mathrm{d}z = -\mu(z) g(z) avec la loi des gaz parfaits, d'où H = R T_0 / (M g_0) \simeq 8\text{ km}.

Voir le corrigé complet

Dans un référentiel galiléen (ou en négligeant les forces d'inertie), la loi fondamentale de la statique des fluides s'écrit sous forme vectorielle :

\boxed{\vec{\mathrm{grad}}\, P = \mu \, \vec{g}}

où \mu est la masse volumique du fluide et \vec{g} le champ de pesanteur (ici assimilé au seul champ gravitationnel terrestre).

En choisissant un axe vertical ascendant Oz d'origine au sol (z=0), le champ gravitationnel est dirigé vers le centre de la Terre : \vec{g}(z) = - g(z)\,\vec{e}_z. D'après le résultat établi à la question 4, le champ de pesanteur à l'altitude z s'exprime par :

g(z) = \frac{g_0}{\left(1 + \dfrac{z}{R_T}\right)^2}

La projection de la loi de la statique des fluides sur l'axe Oz donne alors :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\mu(z)\, g(z)

L'atmosphère étant assimilée à un gaz parfait de masse molaire M, l'équation d'état s'écrit P = \dfrac{\mu}{M} R T, soit :

\mu(z) = \frac{M P(z)}{R T(z)}

En introduisant la loi de température T(z) = T_0 \left(1 - \dfrac{z}{\ell}\right), il vient :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = - \frac{M g_0}{R T_0} \frac{1}{\left(1 - \dfrac{z}{\ell}\right)\left(1 + \dfrac{z}{R_T}\right)^2} P(z)

On obtient bien la forme demandée :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -F(z)\frac{P}{H} \quad \text{avec} \quad F(z) = \frac{1}{\left(1 - \dfrac{z}{\ell}\right)\left(1 + \dfrac{z}{R_T}\right)^2}

où la hauteur caractéristique de l'atmosphère isotherme au sol est :

\boxed{H = \frac{R T_0}{M g_0}}

Application numérique : Avec R = 8,3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}, T_0 = 290\text{ K}, M = 29\times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} et g_0 = 9,8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

H = \frac{8,3 \times 290}{29 \times 10^{-3} \times 9,8} = \frac{8,3 \times 10^4}{9,8} \simeq 8,5 \times 10^3\text{ m}

Avec un seul chiffre significatif demandé :

\boxed{H = 8\text{ km}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux signes et aux notations vectorielles dans la loi de la statique des fluides, ainsi qu'aux unités lors du calcul numérique.

« Trop de candidats manquent de rigueur dans l’énoncé du théorème de la statique des fluides : problème de signes, flèches sur les vecteurs. L’application numérique n’a pas toujours été honnête, attention aux unités notamment pour la masse molaire. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 9

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, intégration

Montrer que dans les conditions du problème on peut prendre , et . Montrer que la pression dans l'atmosphère est alors donnée par :

dans laquelle on précisera l'expression des quantités et en fonction de , et .

Voir l'indice

Effectuer un développement limité au premier ordre en \epsilon = \ell/R_T \ll 1 pour déterminer les coefficients, puis intégrer séparément chaque terme de la fraction rationnelle après séparation des variables.

Voir la stratégie
  1. Évaluer le paramètre sans dimension \epsilon = \ell/R_T pour justifier les approximations à l'ordre le plus bas en \epsilon.
  2. Réécrire la forme simplifiée de F(z) et intégrer l'équation différentielle à variables séparables \frac{\mathrm{d}P}{P} = -\frac{F(z)}{H}\,\mathrm{d}z entre 0 et z.
  3. Identifier par identification directe les expressions de \xi et \chi.
Voir la réponse courte

Décomposition en éléments simples de F(z) avec \epsilon \ll 1 puis intégration de \mathrm{d}P/P pour obtenir la loi de pression.

Voir le corrigé complet

1. Justification des approximations sur les coefficients

Le paramètre sans dimension \epsilon vaut :

\epsilon = \frac{\ell}{R_T} = \frac{50\text{ km}}{6,4 \times 10^3\text{ km}} \simeq 7,8 \times 10^{-3} \ll 1

Au premier ordre en \epsilon, on a :

\begin{aligned} \alpha &= \frac{1}{1 + 2\epsilon + \epsilon^2} \simeq 1 - 2\epsilon \simeq 1 \\ \beta &= \alpha\,\epsilon\,(2 + \epsilon) \simeq 1 \times \epsilon \times 2 = 2\epsilon \\ \gamma &= \frac{\alpha\,\epsilon}{R_T} \simeq \frac{\epsilon}{R_T} \end{aligned}

On retrouve bien les formes proposées :

\boxed{\alpha \simeq 1 \quad ; \quad \beta \simeq 2\epsilon \quad ; \quad \gamma \simeq \frac{\epsilon}{R_T}}

2. Établissement de la loi de pression P(z)

Avec ces approximations, la fonction F(z) s'écrit :

F(z) \simeq \frac{1}{1 - z/\ell} + \epsilon\,\frac{2 + z/R_T}{(1 + z/R_T)^2}

D'après la question Q8, \frac{\mathrm{d}P}{P} = -\frac{F(z)}{H}\,\mathrm{d}z. En intégrant entre la surface (z = 0, où P(0) = P_0) et l'altitude z :

\ln\left(\frac{P(z)}{P_0}\right) = -\frac{1}{H} \int_0^z F(z')\,\mathrm{d}z'

Calculons séparément les deux termes de l'intégrale :

  • Premier terme :

    \int_0^z \frac{\mathrm{d}z'}{1 - z'/\ell} = \left[-\ell \ln(1 - z'/\ell)\right]_0^z = -\ell \ln\left(1 - \frac{z}{\ell}\right)
  • Second terme, en posant u = z'/R_T (d'où \mathrm{d}z' = R_T\,\mathrm{d}u) :

    \begin{aligned} \int_0^z \epsilon\,\frac{2 + z'/R_T}{(1 + z'/R_T)^2}\,\mathrm{d}z' &= \epsilon R_T \int_0^{z/R_T} \frac{1 + (1+u)}{(1+u)^2}\,\mathrm{d}u \\ &= \ell \int_0^{z/R_T} \left(\frac{1}{1+u} + \frac{1}{(1+u)^2}\right)\mathrm{d}u \\ &= \ell \left[\ln(1+u) - \frac{1}{1+u}\right]_0^{z/R_T} \\ &= \ell \ln\left(1 + \frac{z}{R_T}\right) + \ell\left(1 - \frac{1}{1 + z/R_T}\right) \\ &= \ell \ln\left(1 + \frac{z}{R_T}\right) + \frac{\ell}{R_T}\frac{z}{1 + z/R_T} \end{aligned}

En sommant ces deux contributions :

\int_0^z F(z')\,\mathrm{d}z' = -\ell \ln\left(\frac{1 - z/\ell}{1 + z/R_T}\right) + \frac{\ell}{R_T}\frac{z}{1 + z/R_T}

Il vient ainsi :

\ln\left(\frac{P(z)}{P_0}\right) = \frac{\ell}{H} \ln\left(\frac{1 - z/\ell}{1 + z/R_T}\right) - \frac{\ell}{H R_T}\frac{z}{1 + z/R_T}

En prenant l'exponentielle :

P(z) = P_0 \left(\frac{1 - z/\ell}{1 + z/R_T}\right)^{\ell/H} \exp\left[-\frac{z}{\left(\frac{H R_T}{\ell}\right)(1 + z/R_T)}\right]

Par identification avec l'équation (1) de l'énoncé :

\boxed{\xi = \frac{\ell}{H} \quad \text{et} \quad \chi = \frac{H R_T}{\ell}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question calculatoire ne peut pas être justifiée par une simple analyse dimensionnelle.

« Question calculatoire. Une justification par analyse dimensionnelle n’est pas recevable. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : atmosphère isotherme, champ de pesanteur uniforme

Quelle expression simplifiée de proposeriez-vous à la lumière de l'expression précédente et des valeurs des grandeurs engagées dans celle-ci ? À quoi cela revient-il à faire ?

Voir l'indice

Examiner l'ordre de grandeur de z/R_T devant 1 pour z \le 50\text{ km}, ce qui permet de négliger la variation de la pesanteur avec l'altitude (g(z) \simeq g_0).

Voir la stratégie
  1. Évaluer les ordres de grandeur des termes intervenant dans l'équation (1) pour z \le \ell = 50\text{ km} en s'appuyant sur les valeurs de R_T, \ell et H.
  2. Identifier les termes négligeables pour simplifier l'expression de P(z).
  3. Remonter à l'équation différentielle initiale de la statique des fluides pour expliciter l'hypothèse physique sous-jacente.
Voir la réponse courte

Pour z \ll \ell et z \ll R_T, on retrouve le modèle exponentiel classique P_0 \exp(-z/H) d'une atmosphère isotherme sous pesanteur uniforme.

Voir le corrigé complet

D'après les questions précédentes, on a R_T = 6{,}4 \times 10^3\text{ km}, \ell = 50\text{ km} et H \simeq 8{,}5\text{ km} (soit H \simeq 8\text{ km} avec un chiffre significatif).

Les grandeurs introduites à la question Q9 valent numériquement :

\begin{aligned} \xi &= \frac{\ell}{H} \simeq \frac{50}{8{,}5} \simeq 6 \\ \chi &= \frac{H R_T}{\ell} \simeq \frac{8{,}5 \times 6{,}4 \times 10^3}{50} \simeq 1{,}1 \times 10^3\text{ km} \end{aligned}

Pour toute altitude z du domaine de validité (0 \le z < \ell = 50\text{ km}) :

  • Le terme géométrique vérifie \frac{z}{R_T} \le \frac{\ell}{R_T} \simeq 8 \times 10^{-3} \ll 1, donc 1 + \frac{z}{R_T} \simeq 1.
  • L'argument de l'exponentielle vérifie \frac{z}{\chi\left(1 + z/R_T\right)} \le \frac{\ell}{\chi} = \frac{\ell^2}{H R_T} \simeq \frac{50}{1{,}1 \times 10^3} \simeq 0{,}045 \ll 1, ce qui permet d'approcher l'exponentielle par 1 :

    \exp\left[ -\frac{z}{\chi\left(1 + z/R_T\right)} \right] \simeq 1

En injectant ces approximations dans l'équation (1), on propose l'expression simplifiée suivante :

\boxed{P(z) \simeq P_0 \left(1 - \frac{z}{\ell}\right)^{\ell/H}}

Interprétation physique :

Cette simplification revient à considérer le champ de pesanteur uniforme dans l'atmosphère :

g(z) = g_0 \left(1 + \frac{z}{R_T}\right)^{-2} \simeq g_0

En effet, avec g(z) = g_0, la loi de la statique des fluides et celle des gaz parfaits donnent :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = - \frac{P M g_0}{R T(z)} = - \frac{P}{H\left(1 - z/\ell\right)}

Par intégration directe entre 0 et z avec P(0) = P_0 :

\ln\left(\frac{P(z)}{P_0}\right) = \frac{\ell}{H} \ln\left(1 - \frac{z}{\ell}\right) \implies P(z) = P_0 \left(1 - \frac{z}{\ell}\right)^{\ell/H}

On retrouve rigoureusement l'expression simplifiée proposée.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait mener à terme le développement limité sans tenter de retrouver la formule de l'atmosphère isotherme, hors sujet ici.

« Il s’agit de faire un développement limité de l’expression précédente. De nombreux candidats ne sont pas allés au bout de la démarche. Trop de candidats ont voulu retrouver l’expression de la pression dans le cas de l’atmosphère isotherme, qui n’est pas le système étudié ici. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : profil thermique atmosphérique, stratosphère

Pour quelle raison principale, le modèle étudié cesse-t-il d'être correct à partir d'une altitude de l'ordre de alors qu'il est censé fonctionner potentiellement jusqu'à ?

Voir l'indice

Penser au profil thermique réel de l'atmosphère terrestre : le gradient de température s'annule à la tropopause (vers 11–15 km) puis la température remonte dans la stratosphère en raison de la couche d'ozone.

Voir la stratégie

Pour identifier la limite de validité du modèle, examinons les hypothèses physiques formulées au préambule :

  1. L'approximation des gaz parfaits et la statique des fluides restent parfaitement valables à basse pression dans cette gamme d'altitudes.
  2. L'hypothèse la plus contraignante porte sur le profil thermique T(z) = T_0 \left(1 - \frac{z}{\ell}\right), qui postule une diminution linéaire continue de la température jusqu'à \ell = 50\text{ km}.
Voir la réponse courte

Vers 20 km d'altitude commence la couche d'ozone dont l'absorption solaire entraîne une inversion du gradient de température dans la stratosphère.

Voir le corrigé complet

La raison principale de l'échec du modèle au-delà de z \approx 20\text{ km} réside dans la loi d'évolution de la température adoptée :

T(z) = T_0\left(1 - \frac{z}{\ell}\right)
  • Dans la troposphère (de 0 à 10\text{--}15\text{ km} environ), la température décroît effectivement de manière quasi linéaire avec l'altitude selon un gradient thermique d'environ :

    \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} = -\frac{T_0}{\ell} = -\frac{290}{50\times 10^3} \approx -5,8\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}

    ce qui modélise convenablement la réalité (gradient standard d'environ -6,5\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}).

  • En revanche, au-delà de la tropopause (z \gtrsim 12\text{--}20\text{ km} selon la latitude), on entre dans la stratosphère. Dans cette couche, sous l'effet de l'absorption du rayonnement ultraviolet solaire par l'ozone (\mathrm{O}_3), la température cesse de diminuer : elle devient d'abord isotherme puis croît avec l'altitude jusqu'à la stratopause située vers 50\text{ km} (où elle remonte jusqu'à environ 270\text{ K}).

Le profil de température décroissant T(z) imposé par le modèle est donc en contradiction totale avec la structure thermique réelle de la stratosphère, ce qui explique l'écart majeur visible sur la figure 5 pour z > 20\text{ km}.

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : pression partielle, absorption atmosphérique

Discuter la possibilité d'observation des sylphes en lien avec la pression partielle en dioxygène depuis la Terre et depuis l'iss.

Voir l'indice

Relier l'absorption optique à la quantité intégrée de molécules absorbantes sur la ligne de visée : celle-ci est bien plus faible pour une visée descendante depuis l'ISS que depuis le sol.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la pression partielle en dioxygène P_{\mathrm{O}_2}(z) = x_{\mathrm{O}_2} P(z) et estimer sa décroissance avec l'altitude à partir des résultats précédents et de la figure 5.
  2. Discuter les conditions d'observation depuis le sol en reliant la colonne de dioxygène traversée à l'absorption résonante autour de 762\text{ nm}.
  3. Analyser les conditions d'observation depuis l'ISS en considérant la colonne d'atmosphère située entre le sylphe (z \ge 40\text{ km}) et la station (h_{\text{ISS}} \simeq 400\text{ km}).
Voir la réponse courte

La pression de dioxygène chute avec l'altitude : l'absorption est négligeable vers l'espace (ISS), mais forte vers le bas (sol terrestre).

Voir le corrigé complet

La pression partielle en dioxygène à l'altitude z s'écrit :

P_{\mathrm{O}_2}(z) = x_{\mathrm{O}_2} P(z) \quad \text{avec} \quad x_{\mathrm{O}_2} = 0{,}20

1. Observation depuis la Terre :

  • Au sol (z = 0), la pression partielle vaut P_{\mathrm{O}_2}(0) \simeq 0{,}2\text{ bar} = 2 \times 10^4\text{ Pa}.
  • La lumière émise par un sylphe (situé entre 40 et 80\text{ km} d'altitude) doit traverser la totalité des basses couches atmosphériques pour atteindre un observateur au sol. Or, la quasi-totalité de la masse d'air (> 99\,\%) se concentre en dessous de 30\text{ km}.
  • La bande d'absorption du dioxygène moléculaire \mathrm{O}_2 à \lambda \simeq 762\text{ nm} (bande A atmosphérique) est très intense : sur un tel trajet optique dense, le coefficient de transmission chute drastiquement (visible sur le creux très marqué à 762\text{ nm} de la figure 2, où la transmission s'effondre).
  • L'observation depuis la Terre dans cette bande spectrale est donc considérablement atténuée, sans compter la présence fréquente de la couverture nuageuse orageuse masquant la vue directe.

2. Observation depuis l'ISS :

  • L'ISS se déplace à une altitude h_{\mathrm{ISS}} \simeq 400\text{ km} et observe selon la verticale vers le bas.
  • Entre le sommet du sylphe (environ 80\text{ km}) ou sa base (40\text{ km}) et l'ISS, la pression est extrêmement faible. D'après la courbe expérimentale de la figure 5, à z = 40\text{ km}, la pression vaut P \lesssim 0{,}3\text{ kPa} = 300\text{ Pa}, soit :

    P_{\mathrm{O}_2}(40\text{ km}) \lesssim 60\text{ Pa} \sim 3\times 10^{-4}\, P_{\mathrm{O}_2}(0)

    À z = 80\text{ km}, elle devient inférieure à 1\text{ Pa}.

  • La quantité intégrée de dioxygène présente sur la ligne de visée entre le sylphe et l'ISS est donc négligeable (raréfaction extrême du gaz). L'absorption à 762\text{ nm} le long de ce trajet est quasi inexistante.
\boxed{\text{L'absorption par }\mathrm{O}_2\text{ à }762\text{ nm rend l'observation au sol très difficile, tandis que le vide relatif au-dessus de }40\text{ km la rend optimale depuis l'ISS.}}

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Surtout 4 chapitres : Ondes électromagnétiques dans les milieux (21 % des questions, partie II), Mécanique des fluides (19 %), Diffusion thermique et diffusion de particules (19 %, partie III) et Optique géométrique (15 %). Plus ponctuellement : Mouvement dans un champ de force centrale, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Physique quantique, Électrostatique, Cinématique et dynamique du point…

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 11 questions sur 24 (46 %) ne demandent que le programme de PCSI : Q1 à Q3 et Q5 à Q12. Avec les autres programmes de première année : 6 en MPSI, 6 en PTSI, 6 en MP2I, 6 en TSI1 et 11 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Environ 2 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 3 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie I est la plus longue (environ 1 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q9 (statique des fluides) et Q24 (avalanche électronique).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Questions de cours : Q4 (théorème de gauss), Q5 (orbite circulaire), Q6 (troisième loi de kepler), Q13 (force de lorentz), Q15 (relation de dispersion) et Q16 (onde évanescente). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q14 (modèle de drude).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (15 sur 24), par exemple : Q1, Q3, Q5 à Q7, Q10 à Q13, Q16, Q17 et Q20 à Q23. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q4, Q8, Q9 et Q19.

Quelle a été la moyenne au sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Moyenne : 11,18/20 (écart-type 4,13, 3 447 présents).

Comment montrer l'absence d'ionisation par accélération locale en Q21 ?

Appliquer le théorème de l'énergie cinétique à un électron sur un libre parcours moyen : l'énergie cinétique acquise e E \ell_{\text{pm}} est de l'ordre de 2\text{ eV}, valeur nettement inférieure au seuil d'ionisation de 16\text{ eV} requis pour le diazote.

Comment justifier le caractère relativiste des électrons en Q22 ?

Calculer la vitesse avec la formule classique non relativiste : le résultat v > c étant absurde, le traitement relativiste s'impose. On peut aussi comparer directement l'énergie cinétique de quelques \text{MeV} à l'énergie de masse au repos de l'électron (m_e c^2 \simeq 0{,}51\text{ MeV}).

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