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Corrigé détaillé Mines Physique 1 PC 2023 (page 2/2 : Parties II et III)

Les sylphes

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Sommaire

24 questions · 2 pages
Page 2 : Parties II et III
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Partie II : Une atmosphère électrique

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : force de lorentz, onde plane progressive

Montrer que la contribution magnétique de la force de Lorentz sur l'électron est négligeable devant la contribution électrique de cette même force.

Voir l'indice

Exprimer le rapport des amplitudes des forces F_{\text{mag}} / F_{\text{él}} = v B / E = v/c grâce à la structure de l'onde plane progressive monochromatique dans le vide, et invoquer le caractère non relativiste des électrons.

Voir la réponse courte

Pour une OPPH, B = E/c, d'où F_B/F_E \sim v/c \ll 1 car les électrons ont une vitesse très sous-relativiste.

Voir le corrigé complet

La force de Lorentz subie par un électron de charge q = -e et de vitesse \vec{v} sous l'action du champ électromagnétique (\vec{E}, \vec{B}) de l'onde s'écrit :

\vec{F} = -e\left(\vec{E} + \vec{v}\wedge\vec{B}\right) = \vec{F}_e + \vec{F}_m

où \vec{F}_e = -e\vec{E} est la composante électrique et \vec{F}_m = -e(\vec{v}\wedge\vec{B}) est la composante magnétique.

Pour une onde électromagnétique plane progressive, l'équation de Maxwell-Faraday \vec{\operatorname{rot}}\vec{E} = -\dfrac{\partial \vec{B}}{\partial t} impose :

\vec{k} \wedge \vec{E} = \omega \vec{B} \implies B \sim \frac{k}{\omega} E = \frac{E}{v_\varphi}

où v_\varphi = \omega/k est la vitesse de phase de l'onde dans le milieu, de l'ordre de grandeur de c (ou supérieure à c dans un plasma). L'ordre de grandeur du champ magnétique est donc :

B \sim \frac{E}{c}

Le rapport des normes entre la force magnétique et la force électrique est alors majoré par :

\frac{\|\vec{F}_m\|}{\|\vec{F}_e\|} = \frac{\|-e\,\vec{v}\wedge\vec{B}\|}{\|-e\,\vec{E}\|} \le \frac{v B}{E} \sim \frac{v}{c}

L'énoncé stipule que les déplacements des électrons sont non relativistes, c'est-à-dire que v \ll c. On en déduit :

\boxed{\frac{\|\vec{F}_m\|}{\|\vec{F}_e\|} \ll 1}

La contribution magnétique de la force de Lorentz est donc tout à fait négligeable devant sa contribution électrique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'expression de la force de Lorentz sur une particule chargée doit être parfaitement connue.

« Certains candidats ne connaissent pas l’expression de la force de Lorentz sur une particule chargée. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : modèle de drude, conductivité complexe, effet joule

Justifier le fait que la contribution des ions au courant électrique est négligeable devant celle des électrons. Déterminer la relation qui existe entre la représentation complexe du champ électrique de l'onde électromagnétique et celle de la densité volumique de courant qui résulte de l'interaction entre l'électron et . Donner l'expression de la conductivité complexe du plasma et commenter cette expression en terme de puissance transférée.

Voir l'indice

Utiliser le principe fondamental de la dynamique en régime sinusoïdal permanent pour relier la vitesse des électrons à \vec{E}, puis calculer \vec{j} = -n e \vec{v} et commenter le déphasage de \pi/2 (conductivité imaginaire pure, puissance dissipée par effet Joule nulle en moyenne).

Voir la stratégie
  1. Comparer les mobilités ou accélérations des ions et des électrons sous l'action du champ électrique pour justifier la prépondérance du courant électronique.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron soumis au champ électrique \vec{E} en régime sinusoïdal (avec la dépendance en \mathrm{e}^{i\omega t}), puis exprimer la densité volumique de courant \underline{\vec{j}} = -n e \underline{\vec{v}}.
  3. Identifier la conductivité complexe \underline{\sigma}_{\mathrm{p}} (notée également \underline{\gamma}_{\mathrm{p}}) via la loi d'Ohm locale \underline{\vec{j}} = \underline{\gamma}_{\mathrm{p}} \underline{\vec{E}}, puis calculer la puissance volumique moyenne cédée par l'onde pour conclure sur les transferts énergétiques.
Voir la réponse courte

Équation du mouvement des électrons : \vec{j} = \sigma_p \vec{E} avec \sigma_p imaginaire pur, impliquant une puissance moyenne de Joule nulle.

Voir le corrigé complet

1. Négligence de la contribution des ions au courant électrique
Sous l'action du champ électrique \vec{E}, l'accélération subie par une particule de charge q et de masse m est \vec{a} = \frac{q}{m}\vec{E}. La masse d'un ion (constitué au minimum d'un proton ou d'une molécule d'air ionisée, \mathrm{N}_2^+ ou \mathrm{O}_2^+) vérifie m_{\mathrm{ion}} \ge m_p \simeq 1\,800\, m_e. À charges comparables (|q| \sim e), l'accélération et donc la vitesse acquise par les ions sont plus de 10^3 fois plus faibles que celles des électrons :

\|\vec{j}_{\mathrm{ions}}\| \sim \frac{m_e}{m_{\mathrm{ion}}} \|\vec{j}_e\| \ll \|\vec{j}_e\|

Le courant électrique est donc très largement dominé par le mouvement des électrons.

2. Relation entre \underline{\vec{E}} et \underline{\vec{j}}
Dans le référentiel terrestre supposé galiléen, le principe fondamental de la dynamique appliqué à un électron (de masse m_e, de charge q = -e, le poids et les chocs étant négligés conformément à l'énoncé) soumis à la seule force électrique s'écrit :

m_e \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -e\vec{E}

En représentation complexe avec une dépendance temporelle en \exp(i\omega t), la dérivation temporelle équivaut à la multiplication par i\omega :

i\omega m_e \underline{\vec{v}} = -e \underline{\vec{E}} \implies \underline{\vec{v}} = -\frac{e}{i\omega m_e} \underline{\vec{E}}

La densité volumique de courant électronique s'en déduit par \underline{\vec{j}} = n q \underline{\vec{v}} = -n e \underline{\vec{v}} :

\boxed{ \underline{\vec{j}} = \frac{n e^2}{i m_e \omega} \underline{\vec{E}} = -i \frac{n e^2}{m_e \omega} \underline{\vec{E}} }

3. Conductivité complexe et puissance transférée
Par analogie avec la loi d'Ohm locale \underline{\vec{j}} = \underline{\gamma}_{\mathrm{p}} \underline{\vec{E}} (ou \underline{\sigma}_{\mathrm{p}} \underline{\vec{E}}), on identifie la conductivité complexe du plasma non collisionnel :

\boxed{ \underline{\gamma}_{\mathrm{p}} = -i \frac{n e^2}{m_e \omega} }

La puissance volumique instantanée cédée par l'onde électromagnétique aux porteurs de charge est donnée par \mathcal{P}_V(t) = \vec{j}(t) \cdot \vec{E}(t). Sa moyenne temporelle s'exprime en régime harmonique par :

\langle \mathcal{P}_V \rangle = \frac{1}{2} \operatorname{Re}\left(\underline{\vec{j}} \cdot \underline{\vec{E}}^*\right) = \frac{1}{2} \operatorname{Re}(\underline{\gamma}_{\mathrm{p}}) \|\vec{E}_0\|^2

La conductivité \underline{\gamma}_{\mathrm{p}} étant un imaginaire pur, sa partie réelle est strictement nulle :

\operatorname{Re}(\underline{\gamma}_{\mathrm{p}}) = 0 \implies \langle \mathcal{P}_V \rangle = 0

Commentaire physique : Le champ électrique et la densité de courant sont en quadrature de phase (\pi/2). En moyenne sur une période, il n'y a aucun transfert net d'énergie de l'onde vers le plasma (absence de dissipation par effet Joule, les chocs étant négligés). L'énergie est réversiblement échangée entre le champ électromagnétique et l'énergie cinétique macroscopique des électrons.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux signes dans le PFD et la densité de courant, et ne pas ajouter de terme de choc contrairement aux indications du sujet.

« Il y a parfois des erreurs de signes dans le principe fondamental de la dynamique appliqué à un électron, ou dans l’expression du vecteur densité de courant. Certains candidats ont voulu rajouter un terme de choc contrairement à ce qui est précisé dans l’énoncé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : relation de dispersion, pulsation plasma

Établir l'équation de propagation du champ électrique . En déduire la relation de dispersion vérifiée par le vecteur d'onde .

Voir l'indice

Combiner les équations de Maxwell-Faraday et Maxwell-Ampère via la formule du rotationnel du rotationnel en utilisant \vec{\nabla}\cdot\vec{E} = 0, puis injecter la forme d'onde plane progressive pour déduire k^2(\omega).

Voir la stratégie
  1. Écrire les équations de Maxwell dans le plasma en l'absence de charges libres macroscopiques (\rho = 0), en tenant compte de la densité de courant électronique \vec{j}.
  2. Appliquer l'opérateur rotationnel à l'équation de Maxwell-Faraday, utiliser la relation vectorielle du double rotationnel donnée dans le formulaire, puis injecter l'équation de Maxwell-Ampère et la loi de comportement dynamique reliant \vec{j} à \vec{E}.
  3. Injecter la forme d'onde plane progressive monochromatique (OPPM) pour en déduire la relation de dispersion reliant k à \omega.
Voir la réponse courte

Équations de Maxwell avec courant volumique : \Delta\vec{E} - c^{-2}\partial_t^2\vec{E} = \mu_0 \partial_t\vec{j}, conduisant à k^2 = (\omega^2 - \omega_p^2)/c^2.

Voir le corrigé complet

Le plasma est globalement neutre (\rho = 0) et l'onde est plane et transverse (\vec{E}_0 \cdot \vec{e}_z = 0), d'où :

\mathrm{div}\,\vec{E} = 0

Les équations de Maxwell-Faraday et Maxwell-Ampère s'écrivent :

\begin{aligned} \vec{\operatorname{rot}}\vec{E} &= -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \\ \vec{\operatorname{rot}}\vec{B} &= \mu_0 \vec{j} + \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} = \mu_0 \vec{j} + \frac{1}{c^2}\frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \end{aligned}

En prenant le rotationnel de l'équation de Maxwell-Faraday et en utilisant la formule fournie :

\vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{E}) = \vec{\operatorname{grad}}(\mathrm{div}\,\vec{E}) - \vec{\Delta}\vec{E} = -\vec{\Delta}\vec{E}

Or :

\vec{\operatorname{rot}}\left(-\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}\right) = -\frac{\partial}{\partial t}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{B}) = -\mu_0 \frac{\partial \vec{j}}{\partial t} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2}

D'après l'équation du mouvement des électrons établie à la question Q14, m_e \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = -e\vec{E}, d'où :

\frac{\partial \vec{j}}{\partial t} = -n e \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = \frac{n e^2}{m_e} \vec{E}

En combinant ces résultats, on obtient l'équation de propagation de type Klein-Gordon :

\vec{\Delta}\vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} - \mu_0 \frac{n e^2}{m_e}\vec{E} = \vec{0}

En introduisant la pulsation plasma \omega_{\mathrm{p}} définie par \omega_{\mathrm{p}}^2 = \frac{n e^2}{\varepsilon_0 m_e} (avec \varepsilon_0 \mu_0 c^2 = 1) :

\boxed{\vec{\Delta}\vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} - \frac{\omega_{\mathrm{p}}^2}{c^2}\vec{E} = \vec{0}}

Pour l'onde plane progressive monochromatique proposée, \vec{E} = \vec{E}_0 \exp i(\omega t - kz), les dérivées spatiales et temporelles fournissent :

\vec{\Delta}\vec{E} = \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial z^2} = -k^2 \vec{E} \quad \text{et} \quad \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = -\omega^2 \vec{E}

L'équation de propagation devient :

-k^2 + \frac{\omega^2}{c^2} - \frac{\omega_{\mathrm{p}}^2}{c^2} = 0

On en déduit la relation de dispersion :

\boxed{k^2 = \frac{\omega^2 - \omega_{\mathrm{p}}^2}{c^2} \quad \text{soit} \quad \omega^2 = \omega_{\mathrm{p}}^2 + c^2 k^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à écrire rigoureusement les vecteurs et les opérateurs.

« Un manque de rigueur a été noté pour certains candidats sur l’écriture des vecteurs et des opérateurs. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : onde évanescente, pulsation plasma

Pour quelle fréquence limite , une onde envoyée depuis la surface de la Terre ne peut plus se propager lorsqu'elle rencontre un milieu où la densité volumique d'électrons est ? On d'étaillera le raisonnement permettant d'obtenir cette limite. Effectuer l'application numérique pour une densité caractéristique des sylphes.

Voir l'indice

Une onde ne peut se propager que si son vecteur d'onde k est réel, ce qui impose \omega > \omega_{\text{p}} ; en déduire l'expression de la fréquence de coupure f_{\text{p}} = \omega_{\text{p}} / (2\pi) et faire l'application numérique.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation de dispersion obtenue à la question Q15 et analyser la nature du vecteur d'onde k selon la pulsation \omega.
  2. Identifier la condition de coupure (passage d'un comportement propagatif à un comportement évanescent) et en déduire la fréquence limite f_{\mathrm{p}}.
  3. Réaliser l'application numérique avec les constantes fournies, en conservant un seul chiffre significatif conformément aux consignes.
Voir la réponse courte

Si \omega < \omega_p, k devient imaginaire pur (onde évanescente réfléchie) ; la fréquence de coupure vaut f_p = \omega_p/(2\pi) \simeq 2{,}8\text{ MHz}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q15, la relation de dispersion de l'onde dans le plasma s'écrit :

k^2 = \frac{\omega^2 - \omega_{\mathrm{p}}^2}{c^2} \quad \text{avec} \quad \omega_{\mathrm{p}} = \sqrt{\frac{n e^2}{\varepsilon_0 m_e}}

Deux régimes se distinguent selon la pulsation \omega = 2\pi f :

  • Si \omega > \omega_{\mathrm{p}}, k^2 > 0 : le vecteur d'onde k est réel, l'onde est plane progressive et se propage sans atténuation dans le milieu.
  • Si \omega < \omega_{\mathrm{p}}, k^2 < 0 : k est imaginaire pur. En choisissant la solution physiquement acceptable pour z > 0 (k = -i\kappa avec \kappa = \sqrt{\omega_{\mathrm{p}}^2 - \omega^2}/c > 0), le champ électrique s'écrit :

    \vec{E}(z,t) = \vec{E}_0 \, \mathrm{e}^{-\kappa z} \, \mathrm{e}^{i\omega t}

    Il s'agit d'une onde évanescente : l'onde ne se propage plus, son amplitude décroît exponentiellement avec la profondeur de pénétration et l'onde incidente subit une réflexion totale.

La fréquence limite en dessous de laquelle l'onde ne peut plus se propager est donc la fréquence plasma f_{\mathrm{p}} :

\boxed{f_{\mathrm{p}} = \frac{\omega_{\mathrm{p}}}{2\pi} = \frac{1}{2\pi} \sqrt{\frac{n e^2}{\varepsilon_0 m_e}}}

Application numérique :

\begin{aligned} \omega_{\mathrm{p}} &= \sqrt{\frac{10^{11} \times (1{,}6 \times 10^{-19})^2}{8{,}9 \times 10^{-12} \times 9{,}1 \times 10^{-31}}} \\ &= \sqrt{\frac{2{,}56 \times 10^{-27}}{8{,}1 \times 10^{-42}}} \simeq \sqrt{3{,}2 \times 10^{14}} \simeq 1{,}8 \times 10^7\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

D'où la fréquence de coupure :

f_{\mathrm{p}} = \frac{1{,}8 \times 10^7}{2\pi} \simeq 2{,}8 \times 10^6\text{ Hz}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{f_{\mathrm{p}} \simeq 3\text{ MHz}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut justifier le caractère non propagatif pour omega < omega_p, maîtriser le lien fréquence-pulsation et ne pas oublier la racine carrée.

« Il convient aux candidats d’être rigoureux dans leur justification, et de montrer le caractère non propagatif de l’onde pour ω < ωp. La relation fréquence / pulsation n’est pas toujours connue. La racine carrée est aussi souvent oubliée dans le calcul de la fréquence. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : sonde ionosphérique, réflexion des ondes

L'image de la figure 6 montre la localisation et le nombre d'échos radar qui reviennent au niveau de l'émetteur. Analyser et commenter cette carte.

Voir l'indice

Relier le temps d'aller-retour \Delta t de l'impulsion radar à l'altitude de réflexion par z = c \Delta t / 2, et identifier la zone de forte ionisation réfléchissante vers 70–90 km d'altitude.

Voir la stratégie
  1. Relier la fréquence d'émission du radar (f = 2{,}2\text{ MHz}) au phénomène de réflexion mis en évidence à la question Q16.
  2. Décrire les deux composantes principales visibles sur la carte : le fond continu à haute altitude et l'événement transitoire.
  3. Confronter les altitudes et la morphologie observées aux caractéristiques des sylphes décrites dans l'introduction du sujet.
Voir la réponse courte

L'écho radar traduit une réflexion totale sous la zone ionisée où la fréquence radar est inférieure à la fréquence plasma locale.

Voir le corrigé complet

1. Principe de détection par écho radar Le radar émet une onde à la fréquence f = 2{,}2\text{ MHz}. D'après la question Q16, la fréquence plasma d'un milieu de densité électronique n = 10^{11}\text{ m}^{-3} vaut f_{\mathrm{p}} \simeq 3\text{ MHz}. Comme f < f_{\mathrm{p}}, l'onde incidente ne peut pas se propager dans un tel plasma : elle est totalement réfléchie. Un écho radar reçu au sol à cette fréquence révèle donc directement la présence d'une zone où la densité électronique dépasse la densité critique :

n_c = \frac{4\pi^2 \varepsilon_0 m_e f^2}{e^2} \simeq 6\times 10^{10}\text{ m}^{-3}

2. Analyse de la carte

  • Écho quasi-permanent entre 90\text{ km} et 100\text{ km} d'altitude : on observe une bande horizontale continue d'amplitude modérée à forte sur toute la durée de l'enregistrement (t \in [60\text{ s}, 110\text{ s}]). Elle correspond à la réflexion sur la basse ionosphère permanente (couche E), où la densité électronique naturelle est suffisante pour réfléchir l'onde de 2{,}2\text{ MHz}.
  • Événement transitoire vers t \approx 85\text{ s} : on observe une brusque « descente » de la zone de réflexion sous la forme de deux structures verticales (ou colonnes) très intenses (amplitude supérieure à 518, voire 800\text{ unités arbitraires}), s'étendant depuis l'ionosphère (90\text{ km}) jusqu'à une altitude minimale d'environ 55\text{ à }60\text{ km}.

3. Commentaire et interprétation physique

  • Localisation en altitude : la zone perturbée s'étend de 55\text{ km} à 90\text{ km}, ce qui coïncide remarquablement avec la région d'apparition des sylphes indiquée dans l'énoncé (40\text{ à }80\text{ km}, dans la mésosphère, sous l'ionosphère).
  • Morphologie : la forme en colonnes descendantes reproduit fidèlement la structure filamentaire des sylphes visibles sur les photographies des figures 1 et 3.
  • Nature du phénomène : cette mesure radar confirme de manière indépendante qu'un sylphe s'accompagne d'une ionisation transitoire intense de la mésosphère, avec une densité électronique locale atteignant ou dépassant 10^{11}\text{ m}^{-3}.
Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu réussie, dont le raisonnement dépendait directement de l'application numérique de la question précédente.

« Peu de candidats ont correctement traité cette question. Le raisonnement est conditionné par l’application numérique de la question précédente. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Partie III : Formation avalancheuse de courant

Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : libre parcour moyen, bilan de particules

En raisonnant entre et , établir l'équation différentielle d'évolution de . Résoudre cette équation et exprimer en fonction de , , et .

Voir l'indice

Calculer le nombre d'électrons subissant un choc entre x et x+\mathrm{d}x en évaluant la proportion de section couverte par les cibles : \mathrm{d}N = - N(x) \times (n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \Sigma \mathrm{d}x) / \Sigma.

Voir la stratégie
  1. Dénombrer les molécules de diazote présentes dans la tranche d'épaisseur \mathrm{d}x et de section \Sigma, puis déterminer la surface occultée totale en supposant le milieu peu dense (pas de recouvrement).
  2. En déduire la probabilité élémentaire de choc pour un électron et relier la variation \mathrm{d}N(x) = N(x+\mathrm{d}x) - N(x) au nombre de chocs survenus dans cette tranche.
  3. Établir l'équation différentielle et l'intégrer avec la condition initiale N(0) = N_0.
Voir la réponse courte

Bilan sur une tranche \mathrm{d}x : \mathrm{d}N = -N n_{\text{mo}} S_{\text{eff}}\,\mathrm{d}x, d'où une décroissance exponentielle N(x) = N_0 \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x).

Voir le corrigé complet

Considérons une tranche de fluide comprise entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x, de section droite \Sigma. Le volume de cette tranche est :

\mathrm{d}V = \Sigma \, \mathrm{d}x

Le milieu ayant une densité volumique de molécules n_{\text{mo}}, le nombre de molécules dans cette tranche s'écrit :

\mathrm{d}\mathcal{N}_{\text{mo}} = n_{\text{mo}} \, \mathrm{d}V = n_{\text{mo}} \Sigma \, \mathrm{d}x

Le milieu étant peu dense, le recouvrement entre molécules est négligeable. La surface efficace totale offerte par l'ensemble de ces molécules vaut donc :

S_{\text{tot}} = S_{\text{eff}} \, \mathrm{d}\mathcal{N}_{\text{mo}} = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \Sigma \, \mathrm{d}x

D'après l'énoncé, la probabilité \mathrm{d}P pour qu'un électron subisse un choc lors de la traversée de cette tranche est le rapport de cette surface efficace totale à la section totale \Sigma :

\mathrm{d}P = \frac{S_{\text{tot}}}{\Sigma} = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \, \mathrm{d}x

Parmi les N(x) électrons qui atteignent l'abscisse x sans avoir subi de choc, le nombre moyen d'électrons subissant un choc entre x et x + \mathrm{d}x est :

\mathrm{d}N_{\text{choc}} = N(x) \, \mathrm{d}P = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} N(x) \, \mathrm{d}x

Chaque choc retirant un électron de la population des électrons indemnes de tout choc, la variation élémentaire de N(x) s'écrit :

\mathrm{d}N(x) = N(x + \mathrm{d}x) - N(x) = - \mathrm{d}N_{\text{choc}} = - n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} N(x) \, \mathrm{d}x

L'équation différentielle régissant l'évolution de N(x) est par conséquent :

\boxed{\frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}x} + n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} N(x) = 0}

Il s'agit d'une équation différentielle linéaire homogène du premier ordre à coefficients constants. Sa solution générale est de la forme :

N(x) = A \exp\left(- n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x\right)

À l'abscisse x = 0, aucun des N_0 électrons n'a encore subi de choc, ce qui donne la condition initiale N(0) = N_0, d'où A = N_0. On en déduit l'expression du nombre d'électrons atteignant l'abscisse x sans avoir subi de choc :

\boxed{N(x) = N_0 \exp\left(- n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut appliquer rigoureusement la méthode de bilan plutôt que d'anticiper le résultat à partir de la question suivante.

« La méthode de raisonnement sur les bilans est universelle. Elle doit être utilisée. De nombreux candidats ont manqué de rigueur et ont essayé de trouver un résultat homogène en s’appuyant sur la question suivante. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : libre parcour moyen, valeur moyenne

Montrer que le libre parcours moyen s'écrit .

Voir l'indice

Définir la distance moyenne parcourue avant le premier choc par l'intégrale \langle x \rangle = \int_0^{+\infty} x \, \mathrm{d}P(x) où \mathrm{d}P(x) = -\mathrm{d}N / N_0, et intégrer par parties.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre d'électrons -\mathrm{d}N subissant leur premier choc entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x à partir de la loi N(x) établie en question Q18.
  2. En déduire la densité de probabilité p(x) associée à la distance parcourue sans choc par un électron.
  3. Calculer la distance moyenne \langle x \rangle par intégration sur l'ensemble des distances possibles (x \in [0, +\infty[).
Voir la réponse courte

Calcul de l'espérance \langle x \rangle = \int_0^\infty x\,\mathrm{d}P(x) avec la densité de probabilité issue de N(x), fournissant \ell_{\text{pm}} = 1/(n_{\text{mo}} S_{\text{eff}}).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, le nombre d'électrons n'ayant subi aucun choc jusqu'à l'abscisse x s'écrit :

N(x) = N_0 \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x)

Le nombre d'électrons qui subissent leur premier choc dans l'intervalle [x, x + \mathrm{d}x] correspond à la diminution de cette population, soit :

-\mathrm{d}N = - \frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}x} \mathrm{d}x = N_0 n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \, \mathrm{d}x

La probabilité qu'un électron parcoure une distance comprise entre x et x + \mathrm{d}x avant son premier choc est donc :

\mathrm{d}P = \frac{-\mathrm{d}N}{N_0} = p(x) \, \mathrm{d}x \quad \text{avec} \quad p(x) = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x)

On vérifie la normalisation de cette densité de probabilité :

\int_0^{+\infty} p(x) \, \mathrm{d}x = \left[ -\exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \right]_0^{+\infty} = 1

Par définition, la distance moyenne parcourue avant le premier choc (libre parcours moyen) est la moyenne statistique :

\ell_{\text{pm}} = \langle x \rangle = \int_0^{+\infty} x \, p(x) \, \mathrm{d}x = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \int_0^{+\infty} x \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \, \mathrm{d}x

En intégrant par parties, en posant u(x) = x et v'(x) = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) d'où v(x) = -\exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) :

\begin{aligned} \langle x \rangle &= \left[ -x \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \right]_0^{+\infty} + \int_0^{+\infty} \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \, \mathrm{d}x \\ &= 0 + \left[ -\frac{1}{n_{\text{mo}} S_{\text{eff}}} \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \right]_0^{+\infty} \\ &= \frac{1}{n_{\text{mo}} S_{\text{eff}}} \end{aligned}

On obtient bien :

\boxed{\ell_{\text{pm}} = \langle x \rangle = \frac{1}{n_{\text{mo}} S_{\text{eff}}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul d'une moyenne s'effectue sur un intervalle pour une grandeur fixée.

« Une moyenne se calcule sur un intervalle pour une grandeur fixée. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : section efficace, gaz parfait, libre parcour moyen

Pour la molécule de diazote, on a . Justifier cet ordre de grandeur pour la section efficace. Déterminer la valeur numérique du libre parcours moyen pour un électron à l'altitude d'altitude où la pression est et la température .

Voir l'indice

Assimiler la section efficace à l'aire d'un disque atomique de rayon r \sim 10^{-10}\text{ m}. Utiliser la loi des gaz parfaits pour exprimer n_{\text{mo}} = P_3 / (k_{\text{B}} T_3) afin de calculer \ell_{\text{pm}}.

Voir la réponse courte

S_{\text{eff}} \sim \pi r^2 \sim 10^{-20}\text{ m}^2 pour une taille moléculaire angström. À 60\text{ km}, n_{\text{mo}} = P_3/(k_B T_3), d'où \ell_{\text{pm}} \simeq 1{,}8\text{ cm}.

Voir le corrigé complet

Justification de l'ordre de grandeur de S_{\text{eff}}

Une molécule de diazote \mathrm{N}_2 possède une dimension caractéristique (rayon moléculaire ou van der Waals) de l'ordre de l'angström :

r \sim 1\text{ \AA} = 10^{-10}\text{ m}

L'électron incident étant ponctuel à l'échelle moléculaire (r_e \ll r), la section efficace géométrique de collision s'approxime par l'aire de la section droite de la molécule :

S_{\text{eff}} \sim \pi r^2 \sim \pi \times (10^{-10}\text{ m})^2 \approx 3 \times 10^{-20}\text{ m}^2 \sim 10^{-20}\text{ m}^2

L'ordre de grandeur donné par l'énoncé est donc tout à fait cohérent avec la taille atomique.

Calcul du libre parcours moyen \ell_{\text{pm}} à z_3 = 60\text{ km}

En assimilant l'air à un gaz parfait à l'altitude z_3, la pression P_3 et la température T_3 sont reliées à la densité volumique moléculaire n_{\text{mo}} par l'équation d'état :

P_3 = n_{\text{mo}} k_B T_3 \implies n_{\text{mo}} = \frac{P_3}{k_B T_3}

D'après l'expression établie à la question précédente :

\ell_{\text{pm}} = \frac{1}{n_{\text{mo}} S_{\text{eff}}} = \frac{k_B T_3}{P_3 S_{\text{eff}}}

Avec les valeurs numériques fournies :

\begin{aligned} P_3 &= 20\text{ Pa} \\ T_3 &= 260\text{ K} \\ k_B &= 1,4 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} \\ S_{\text{eff}} &\simeq 10^{-20}\text{ m}^2 \end{aligned}

On obtient :

\ell_{\text{pm}} = \frac{1,4 \times 10^{-23} \times 260}{20 \times 10^{-20}} = \frac{3,64 \times 10^{-21}}{2,0 \times 10^{-19}} = 1,82 \times 10^{-2}\text{ m}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{\ell_{\text{pm}} \simeq 2\text{ cm}}

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : énergie cinétique, travail d'une force

Sachant que l'énergie d'ionisation de la molécule de diazote est , un électron initialement au repos et accéléré par le champ électrique local d'intensité peut-il ioniser cette molécule ? On apportera des arguments numériques.

Voir l'indice

Calculer le travail maximal fourni par la force électrique sur un libre parcours moyen : W = e E \ell_{\text{pm}}, puis comparer cette énergie cinétique acquise à l'énergie d'ionisation \mathcal{E}_i.

Voir la stratégie
  1. Entre deux chocs successifs avec les molécules de l'atmosphère, l'électron parcourt en moyenne une distance égale au libre parcours moyen \ell_{\mathrm{pm}}.
  2. Calculer le travail de la force électrique sur cette distance afin d'évaluer le gain typique en énergie cinétique.
  3. Comparer cette énergie acquise à l'énergie d'ionisation \mathcal{E}_i de la molécule de diazote.
Voir la réponse courte

L'énergie cinétique acquise sur un libre parcours moyen vaut e E \ell_{\text{pm}} ; comparaison numérique avec \mathcal{E}_i \simeq 16\text{ eV}.

Voir le corrigé complet

Entre deux collisions successives, un électron initialement au repos est accéléré par la force électrostatique \vec{F} = -e\vec{E}. En supposant le mouvement aligné avec le champ, le travail fourni par le champ électrique sur une distance caractéristique égale au libre parcours moyen \ell_{\mathrm{pm}} s'écrit :

W = e E \ell_{\mathrm{pm}}

D'après le théorème de l'énergie cinétique, l'énergie cinétique acquise par l'électron sur ce parcours vaut :

\mathcal{E}_c = e E \ell_{\mathrm{pm}}

Exprimée en électron-volts, cette énergie s'écrit simplement :

\mathcal{E}_c\,[\text{eV}] = E \times \ell_{\mathrm{pm}}

En utilisant la valeur du libre parcours moyen obtenue à la question Q20 (\ell_{\mathrm{pm}} \simeq 2\times 10^{-2}\text{ m}) et l'intensité du champ électrique local (E \simeq 100\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}) :

\mathcal{E}_c \simeq 100 \times 2\times 10^{-2} = 2\text{ eV}

On constate que :

\mathcal{E}_c \simeq 2\text{ eV} \ll \mathcal{E}_i \simeq 16\text{ eV}
\boxed{\text{Un électron initialement au repos ne peut pas ioniser la molécule de diazote par accélération locale.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu réussie, qui se résolvait rapidement à l'aide du théorème de l'énergie cinétique.

« Peu de candidats ont correctement traité cette question, qui pouvait être résolue rapidement par le théorème de l’énergie cinétique. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : énergie de masse, vitesse relativiste

Justifier le fait que ces électrons cosmiques sont nécessairement relativistes.

Voir l'indice

Calculer l'énergie de masse au repos de l'électron \mathcal{E}_0 = m_e c^2 en MeV et la comparer à l'énergie cinétique proposée de 1 MeV.

Voir la stratégie

Pour déterminer si une particule doit être traitée de façon relativiste, on compare son énergie cinétique \mathcal{E}_c à son énergie de masse au repos \mathcal{E}_0 = m_e c^2.

Voir la réponse courte

L'énergie de quelques mégaélectronvolts dépasse largement l'énergie de masse au repos de l'électron m_e c^2 \simeq 0{,}51\text{ MeV}, imposant le cadre relativiste.

Voir le corrigé complet

L'énergie de masse au repos de l'électron vaut :

\mathcal{E}_0 = m_e c^2

En effectuant l'application numérique avec les données du sujet :

\begin{aligned} \mathcal{E}_0 &= 9,1 \times 10^{-31} \times (3,0 \times 10^8)^2 \simeq 8,2 \times 10^{-14}\text{ J} \\ \mathcal{E}_0 &= \frac{8,2 \times 10^{-14}}{1,6 \times 10^{-19}}\text{ eV} \simeq 5,1 \times 10^5\text{ eV} \simeq 0,5\text{ MeV} \end{aligned}

L'énergie cinétique des électrons cosmiques considérés est :

\mathcal{E}_c = 1\text{ MeV}

On constate que l'énergie cinétique est supérieure à l'énergie de masse au repos (\mathcal{E}_c \approx 2\,\mathcal{E}_0). Le facteur de Lorentz vaut donc :

\gamma = 1 + \frac{\mathcal{E}_c}{m_e c^2} \simeq 1 + \frac{1\text{ MeV}}{0,5\text{ MeV}} \simeq 3

Comme \gamma est nettement supérieur à 1, ces électrons sont nécessairement relativistes.

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut expliciter l'expression littérale de la vitesse et réussir le calcul numérique pour pouvoir conclure.

« L’expression littérale de la vitesse n’est pas toujours donnée et de nombreuses erreurs de calcul apparaissent dans l’application numérique. Cette dernière doit être correcte pour pouvoir conclure. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : avalanche électronique, ionisation par impact

Expliquer le phénomène de cascade avalancheuse.

Voir l'indice

Décrire le mécanisme itératif où chaque collision ionisante libère un nouvel électron, les deux particules étant ensuite réaccélérées par le champ électrique ambiant pour ioniser d'autres molécules.

Voir la réponse courte

Les électrons primaires ionisent les molécules par choc, libérant des électrons secondaires à leur tour accélérés par le champ, créant une réaction en chaîne.

Voir le corrigé complet

Le phénomène de cascade avalancheuse (ou avalanche électronique) se décompose selon les étapes suivantes :

  1. Amorçage par un électron primaire énergétique : Un électron issu du rayonnement cosmique possède une énergie cinétique très élevée (\mathcal{E}_c \simeq 1\text{ MeV} \gg \mathcal{E}_i \simeq 16\text{ eV}). Lors de collisions successives avec les molécules de l'atmosphère (\text{N}_2), il a largement assez d'énergie pour les ioniser :

    e^- + \text{N}_2 \longrightarrow \text{N}_2^+ + 2\,e^-
  2. Multiplication des porteurs de charge : L'électron incident et les électrons secondaires créés sont accélérés par le champ électrique ambiant \vec{E}. Les électrons ayant acquis ou conservé une énergie cinétique supérieure au seuil d'ionisation \mathcal{E}_i provoquent à leur tour de nouvelles ionisations par impact lors de leurs collisions ultérieures.
  3. Effet d'avalanche : À chaque génération de collisions ionisantes, le nombre d'électrons mobiles est multiplié. Cette réaction en chaîne conduit à une croissance exponentielle de la population d'électrons libres et des ions positifs associés.

Cette avalanche crée ainsi un courant électrique intense et macroscopique dans la mésosphère. L'excitation collisionnelle consécutive des molécules de diazote et leur désexcitation radiative sont à l'origine de l'émission lumineuse observée lors d'un sylphe.

Voir ce qu'a relevé le jury

La réponse devait être précisément justifiée pour obtenir les points.

« La réponse doit être précisément justifiée pour obtenir les points. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Question 24

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : avalanche électronique, facteur d'amplification

Déterminer la valeur numérique de . Pour cette question, on prendra un libre parcours moyen de l'ordre du centimètre. On pourra utiliser les courbes de la figure 7 en expliquant de façon d'étaillée la démarche suivie.

Voir l'indice

Exprimer le nombre total d'électrons produits après \mathcal{N} étapes (N_{\text{tot}} \sim 2^{\mathcal{N}}) divisé par le volume caractéristique V \sim (\mathcal{N} \ell_{\text{pm}})^3, égaler à n et chercher graphiquement l'intersection sur la figure 7.

Voir la stratégie
  1. Modéliser la multiplication des électrons et le volume de l'avalanche pour exprimer la densité volumique moyenne n en fonction du nombre d'étapes \mathscr{N} et du libre parcours moyen \ell_{\text{pm}}.
  2. Établir le lien entre la condition n = 10^{11}\text{ m}^{-3} et l'égalité des deux fonctions f_1(\mathscr{N}) et f_2(\mathscr{N}) représentées sur la figure 7.
  3. Déterminer graphiquement l'abscisse du point d'intersection des deux courbes.
Voir la réponse courte

Intégration du taux de multiplication sur la distance de propagation à partir des courbes pour déduire le facteur d'avalanche \mathcal{N}.

Voir le corrigé complet

À chaque étape de l'avalanche, un électron accéléré ionise une molécule lors d'un choc, libérant un électron supplémentaire. Le nombre d'électrons est donc multiplié par 2 à chaque étape, soit :

N(\mathscr{N}) \propto 2^{\mathscr{N}}

Ces électrons sont répartis dans un volume de dimension caractéristique L \sim \mathscr{N} \ell_{\text{pm}}. En considérant que ce volume correspond à une région d'extension spatiale totale 2\mathscr{N}\ell_{\text{pm}} (par exemple une sphère de rayon \mathscr{N}\ell_{\text{pm}} ou un cube de côté 2\mathscr{N}\ell_{\text{pm}}), le volume s'écrit :

V \sim (2\mathscr{N}\ell_{\text{pm}})^3 = 8 \mathscr{N}^3 \ell_{\text{pm}}^3 = 2^3 \mathscr{N}^3 \ell_{\text{pm}}^3

La densité volumique moyenne d'électrons s'exprime donc sous la forme :

n = \frac{N(\mathscr{N})}{V} = \frac{2^{\mathscr{N}-3}}{\mathscr{N}^3 \ell_{\text{pm}}^3}

On cherche le nombre d'étapes \mathscr{N} tel que n = 10^{11}\text{ m}^{-3}, avec \ell_{\text{pm}} \simeq 1\text{ cm} = 10^{-2}\text{ m}, d'où \ell_{\text{pm}}^3 = 10^{-6}\text{ m}^3 :

\begin{aligned} \frac{2^{\mathscr{N}-3}}{\mathscr{N}^3 \times 10^{-6}} &= 10^{11} \\ 2^{\mathscr{N}-3} &= 10^5 \times \mathscr{N}^3 \\ 10^{-9} \times 2^{\mathscr{N}-3} &= 10^{-4} \times \mathscr{N}^3 \end{aligned}

On reconnaît l'égalité entre les deux fonctions tracées sur la figure 7 :

f_1(\mathscr{N}) = f_2(\mathscr{N}) \quad \text{avec} \quad \begin{cases} f_1(\mathscr{N}) = 10^{-9} \times 2^{\mathscr{N}-3} \\ f_2(\mathscr{N}) = 10^{-4} \times \mathscr{N}^3 \end{cases}

Sur la figure 7, l'axe des abscisses comporte 4 subdivisions entre 24 et 32, chaque subdivision élémentaire vaut donc \Delta \mathscr{N} = 2. L'intersection des deux courbes se situe exactement à mi-chemin entre \mathscr{N} = 34 et \mathscr{N} = 36, à l'ordonnée f \simeq 4,3.

En effet, pour \mathscr{N} = 35 :

\begin{aligned} f_1(35) &= 10^{-9} \times 2^{32} \simeq 10^{-9} \times 4,3 \times 10^9 = 4,3 \\ f_2(35) &= 10^{-4} \times 35^3 = 10^{-4} \times 42\,875 \simeq 4,3 \end{aligned}

On en déduit la valeur numérique :

\boxed{\mathscr{N} \simeq 35}

(soit \mathscr{N} \simeq 4 \times 10^1 avec un seul chiffre significatif).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très sélective, correctement traitée par très peu de candidats.

« Très peu de candidats ont correctement traité cette question. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.