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Corrigé détaillé X ENS Physique MP 2025 (page 2/3 : Partie 2)

La lévitation électrique

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie 2 : Quelques perturbations externes

Question 12

Le mouvement de la particule peut être traité comme celui d'un oscillateur harmonique à l'équilibre avec le gaz environnant à une température . Quel est l'écart-type de l'amplitude du mouvement dans la direction dans le cas où et ?

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Appliquer le théorème d'équipartition de l'énergie à l'énergie potentielle effective harmonique selon la direction x : \frac{1}{2}m\omega_x^2 \langle x^2 \rangle = \frac{1}{2}k_B T.

Voir la stratégie
  1. Décrire le mouvement selon x comme celui d'un oscillateur harmonique de pulsation effective \omega_x, établie à la question Q6.
  2. Appliquer le théorème de l'équipartition de l'énergie au degré de liberté de position x pour relier \langle x^2 \rangle à la température T.
  3. Exprimer littéralement puis calculer numériquement l'écart-type \sigma_x = \sqrt{\langle x^2 \rangle}.
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Dans le régime \Omega \gg \omega, le mouvement séculaire de la particule selon la direction x est régi par le potentiel harmonique effectif déterminé à la question Q6 :

U_{\mathrm{eff}}(x) = \frac{1}{2}m\omega_x^2 x^2 \quad \text{avec} \quad \omega_x = \frac{q_x \Omega}{2\sqrt{2}}

À l'équilibre thermodynamique avec le gaz environnant à la température T, le théorème de l'équipartition de l'énergie stipule que l'énergie potentielle moyenne associée à ce degré de liberté quadratique vaut :

\langle U_{\mathrm{eff}} \rangle = \frac{1}{2}m\omega_x^2 \langle x^2 \rangle = \frac{1}{2}k_B T

La position moyenne étant nulle par symétrie (\langle x \rangle = 0), l'écart-type de la position \sigma_x = \sqrt{\langle x^2 \rangle - \langle x \rangle^2} s'écrit :

\sigma_x = \sqrt{\frac{k_B T}{m\omega_x^2}} = \frac{2\sqrt{2}}{q_x \Omega}\sqrt{\frac{k_B T}{m}}

Procédons à l'application numérique avec les valeurs de l'énoncé :

  • k_B = 1{,}4 \times 10^{-23}\;\mathrm{J\cdot K^{-1}}, T = 300\;\mathrm{K},
  • m = 2 \times 10^{-18}\;\mathrm{kg},
  • q_x = 0{,}2, \Omega = 2\pi \times 10^3\;\mathrm{rad\cdot s^{-1}}.

On calcule tout d'abord la pulsation propre séculaire :

\omega_x = \frac{0{,}2 \times 2\pi \times 10^3}{2\sqrt{2}} = \frac{\pi}{\sqrt{2}} \times 10^2 \approx 4{,}4 \times 10^2\;\mathrm{rad\cdot s^{-1}}

Puis la vitesse thermique :

\sqrt{\frac{k_B T}{m}} = \sqrt{\frac{1{,}4 \times 10^{-23} \times 300}{2 \times 10^{-18}}} = \sqrt{2{,}1 \times 10^{-3}} \approx 4{,}6 \times 10^{-2}\;\mathrm{m\cdot s^{-1}}

Il vient ainsi pour l'écart-type :

\sigma_x \approx \frac{4{,}6 \times 10^{-2}}{4{,}4 \times 10^2} \approx 1{,}0 \times 10^{-4}\;\mathrm{m}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{\sigma_x = 1 \times 10^{-4}\;\mathrm{m} = 100\;\mu\mathrm{m}}

Résultat

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Question 13

Est-il alors possible de confiner cette particule dans un piège avec ?

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Comparer l'écart-type de position thermique \sigma_x calculé à la taille caractéristique l_0 du piège.

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D'après le résultat de la question précédente, l'écart-type des fluctuations thermiques de position selon l'axe x vaut :

\sigma_x \approx 100\ \mu\text{m}

Cette valeur est du même ordre de grandeur que la dimension caractéristique du piège :

\sigma_x \approx l_0 \approx 100\ \mu\text{m}

Pour que le confinement soit effectif et stable, il est nécessaire que l'amplitude des oscillations thermiques reste très petite devant la taille du piège (\sigma_x \ll l_0), de façon à ce que la particule demeure confinée au voisinage du centre où le développement harmonique du potentiel reste valable et sans heurter les électrodes.

À température ambiante (T = 300\text{ K}) et pour une seule charge élémentaire (q = -e), il n'est donc pas possible de confiner cette particule dans un tel piège.

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Question 14

On n'a considéré jusqu'à présent qu'une particule portant une unique charge élémentaire. On admettra que notre approche est valable pour une particule portant une charge plus importante en valeur absolue, et que la pulsation est proportionnelle à cette charge. On prend alors une particule avec une charge suffisante pour que . Déterminer la position d'équilibre du centre d'inertie de cette particule dans la direction , en présence de la gravité terrestre, dont la direction est indiquée sur la Fig. 1.

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Écrire l'équilibre mécanique selon la verticale Oz en égalisant la force de rappel effective -m\omega_z^2 z_0 et le poids -mg.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle effective totale selon l'axe vertical ascendant Oz en ajoutant l'énergie potentielle de pesanteur au potentiel effectif de piégeage.
  2. Établir la condition d'équilibre statique de la variable lente du centre d'inertie pour en déduire la position d'équilibre z_0.
  3. Réaliser l'application numérique avec les données du sujet.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, le mouvement séculaire du centre d'inertie de la particule dans la direction z est régi par la force de rappel effective issue du potentiel harmonique :

F_{\mathrm{eff},z} = -\frac{\mathrm{d}U_{\mathrm{eff}}}{\mathrm{d}z} = -m\omega_z^2 z

L'axe Oz étant vertical ascendant (Figure 1), le poids de la particule s'écrit \vec{P} = -mg\,\vec{u}_z. À l'équilibre du centre d'inertie selon la direction z, la résultante des forces séculaires est nulle :

F_{\mathrm{eff},z}(z_0) + P_z = 0 \iff -m\omega_z^2 z_0 - mg = 0

On en déduit immédiatement la position d'équilibre z_0 :

\boxed{z_0 = -\frac{g}{\omega_z^2}}

Application numérique : Avec g = 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et \omega_z = 2\pi \times 10^3\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}, on remarque que \pi^2 \approx 9{,}87 \approx g, d'où :

\omega_z^2 = 4\pi^2 \times 10^6\text{ s}^{-2} \approx 4g \times 10^6\text{ s}^{-2} \approx 3{,}9 \times 10^7\text{ s}^{-2}

Il vient :

z_0 = -\frac{9{,}8}{4\pi^2 \times 10^6} \approx -\frac{1}{4} \times 10^{-6}\text{ m} = -2{,}5 \times 10^{-7}\text{ m}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{z_0 \approx -2 \times 10^{-7}\text{ m} = -0{,}2\ \mu\text{m}}

Résultat

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Question 15

On considère que la particule lévite dans une chambre à vide où règne une pression résiduelle . On peut distinguer deux régimes d'écoulement selon la valeur d'un nombre sans dimension, dit nombre de Knudsen, , où est le diamètre de la particule et le libre parcours moyen. Lorsque , le régime d'écoulement est dit continu multiphasique alors que lorsque , l'écoulement est dit libre. On suppose le gaz parfait monoatomique et on donne le libre parcours moyen

où est la densité d'atomes du gaz et est une longueur qui caractérise les collisions entre atomes du gaz. Dans lequel des deux régimes décrits ci-dessus la particule se trouve-t-elle à cette pression ?

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Calculer la densité atomique n = P/(k_B T) par la loi des gaz parfaits, en déduire le libre parcours moyen l^* et le comparer au diamètre d de la nanoparticule.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la densité particulaire n à l'aide de l'équation d'état des gaz parfaits à la température T = 300\text{ K}.
  2. Calculer le libre parcours moyen l^* des atomes du gaz, puis en déduire le nombre de Knudsen K_n = l^*/d.
  3. Comparer K_n à 1 pour déterminer le régime d'écoulement.
Voir le corrigé complet

Le gaz étant modélisé comme un gaz parfait à la température T = 300\text{ K}, son équation d'état relie la pression P et la densité volumique d'atomes n par :

P = n k_B T \implies n = \frac{P}{k_B T}

En injectant cette relation dans l'expression du libre parcours moyen l^*, on obtient :

l^* = \frac{k_B T}{\sqrt{2}\pi a^2 P}

Effectuons l'application numérique avec P = 1\text{ hPa} = 100\text{ Pa}, T = 300\text{ K}, k_B = 1{,}4 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} et a = 10^{-10}\text{ m} :

\begin{aligned} k_B T &= 1{,}4 \times 10^{-23} \times 300 = 4{,}2 \times 10^{-21}\text{ J} \\ n &= \frac{100}{4{,}2 \times 10^{-21}} \approx 2{,}4 \times 10^{22}\text{ m}^{-3} \\ l^* &= \frac{1}{\sqrt{2}\pi \times (10^{-10})^2 \times 2{,}4 \times 10^{22}} \approx \frac{1}{4{,}4 \times 2{,}4 \times 10^2} \approx 1 \times 10^{-3}\text{ m} = 1\text{ mm} \end{aligned}

Le diamètre de la particule étant d = 100\text{ nm} = 1{,}0 \times 10^{-7}\text{ m}, le nombre de Knudsen vaut :

K_n = \frac{l^*}{d} \approx \frac{10^{-3}}{10^{-7}} = 10^4

Puisque K_n \gg 1, on a en particulier K_n > 1 :

\boxed{\text{La particule se trouve dans le régime d'écoulement libre.}}

Résultat

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Question 16

Calculer la vitesse quadratique moyenne des atomes du gaz, en supposant qu'il n'y a que du diazote dans une enceinte à .

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Utiliser l'expression issue de la théorie cinétique des gaz pour la vitesse quadratique moyenne : v_{\mathrm{qm}} = \sqrt{3 k_B T / M_{\mathrm{mol}}}, où M_{\mathrm{mol}} = 28\times 10^{-3}\,\mathrm{kg\cdot mol^{-1}} ou 28\,m_p.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse quadratique moyenne v_{\mathrm{qm}} d'une particule de gaz à partir du théorème de l'équipartition de l'énergie pour les trois degrés de liberté de translation.
  2. Exprimer la masse d'une molécule de diazote \mathrm{N}_2 à l'aide de la masse du proton m_{\mathrm{p}} fournie dans les données.
  3. Effectuer l'application numérique avec le niveau de précision requis (un ou deux chiffres significatifs).
Voir le corrigé complet

D'après la théorie cinétique des gaz parfaits, l'énergie cinétique moyenne de translation d'une entité de gaz de masse m_{\mathrm{gaz}} à la température T s'écrit :

\frac{1}{2} m_{\mathrm{gaz}} v_{\mathrm{qm}}^2 = \frac{3}{2} k_B T

On en déduit l'expression de la vitesse quadratique moyenne :

v_{\mathrm{qm}} = \sqrt{\frac{3 k_B T}{m_{\mathrm{gaz}}}}

Le gaz considéré étant le diazote \mathrm{N}_2, chaque molécule est constituée de deux atomes d'azote ^{14}\mathrm{N} (chacun formé de 7 protons et 7 neutrons), soit au total A = 28 nucléons. En approximant la masse d'un nucléon par la masse du proton m_{\mathrm{p}} :

m_{\mathrm{gaz}} = 28\,m_{\mathrm{p}}

Il vient ainsi :

v_{\mathrm{qm}} = \sqrt{\frac{3 k_B T}{28\,m_{\mathrm{p}}}}

Application numérique :

  • k_B = 1{,}4 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}
  • T = 300\text{ K}
  • m_{\mathrm{p}} = 1{,}7 \times 10^{-27}\text{ kg}
\begin{aligned} m_{\mathrm{gaz}} &= 28 \times 1{,}7 \times 10^{-27} \approx 4{,}76 \times 10^{-26}\text{ kg} \\ 3 k_B T &= 3 \times 1{,}4 \times 10^{-23} \times 300 = 1{,}26 \times 10^{-20}\text{ J} \\ v_{\mathrm{qm}}^2 &= \frac{1{,}26 \times 10^{-20}}{4{,}76 \times 10^{-26}} \approx 2{,}65 \times 10^5\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-2} \\ v_{\mathrm{qm}} &\approx 5{,}1 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

Conformément à la consigne d'arrondi à un chiffre significatif :

\boxed{v_{\mathrm{qm}} \approx 5 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 17

On considère que la particule en lévitation est en diamant, de capacité calorifique massique . Un laser de puissance est utilisé pour mesurer la position de la particule. Cette puissance, focalisée sur la particule en lévitation, est modulée dans le temps à la pulsation , de sorte que . On considère que de la puissance de ce faisceau est absorbée et transmise à la particule sous forme de chaleur, de sorte que la puissance lumineuse absorbée par la particule est . On cherche à estimer la température de la particule en fonction du temps. Les échanges thermiques entre la particule et l'environnement sont d'une part l'apport d'énergie par le laser et d'autre part une fuite thermique vers le gaz thermostaté. Quelle est la quantité d'énergie perdue par unité de temps, notée , en fonction du coefficient de transfert thermique de surface , des températures du gaz et de la surface du diamant, et de la surface de la particule ?

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Appliquer la loi de transfert conducto-convectif de surface (loi de refroidissement de Newton) à travers l'aire S = \pi d^2 de la particule.

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Le transfert thermique entre la particule à la température T et le gaz thermostaté à la température T_0 est modélisé par la loi phénoménologique de Newton (transfert conducto-convectif à l'interface).

La puissance thermique (ou quantité d'énergie perdue par unité de temps) cédée par la surface S de la particule vers le milieu extérieur s'écrit :

\boxed{\Phi = h S (T - T_0)}

Pour une particule sphérique de diamètre d, la surface d'échange vaut S = 4\pi \left(\frac{d}{2}\right)^2 = \pi d^2.

Résultat

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Question 18

On suppose que la température de la particule est homogène. Écrire l'équation différentielle régissant son évolution temporelle . On posera et .

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Effectuer un bilan thermique global pour la particule de masse m et capacité c_m pendant un intervalle \mathrm{d}t : m c_m \mathrm{d}T = (\mathcal{P}_{\mathrm{abs}}(t) - \Phi)\mathrm{d}t.

Voir la stratégie
  1. Définir le système thermodynamique (la particule de diamant) et exprimer la variation de son énergie interne en fonction de sa capacité thermique.
  2. Appliquer le premier principe de la thermodynamique sous forme de bilan de puissance entre les apports radiatifs et les pertes par transfert convectif/conductif vers le gaz.
  3. Réarranger l'équation avec les notations imposées \mathcal{P}_{\mathrm{abs},0} = \mathcal{P}_0/10 et K = hS.
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Considérons comme système la particule de diamant de masse m, modélisée comme une phase condensée incompressible et indilatable, de capacité thermique massique c_m. Sa capacité thermique est donc C = m c_m.

La température T(t) étant supposée spatialement homogène au sein de la particule, l'énergie interne U vérifie :

\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = m c_m \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}

Pendant une durée \mathrm{d}t, le système échange de l'énergie thermique :

  • en recevant la puissance lumineuse absorbée issue du laser :

    \mathcal{P}_{\mathrm{abs}}(t) = \frac{\mathcal{P}_\ell(t)}{10} = \mathcal{P}_{\mathrm{abs},0} \left[1 + \cos(\omega_m t)\right]
  • en cédant au gaz thermostaté le flux thermique surfacique \Phi(t) établi à la question précédente :

    \Phi(t) = h S (T(t) - T_0) = K (T(t) - T_0)

D'après le premier principe de la thermodynamique sous forme de bilan de puissance, on a :

\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = \mathcal{P}_{\mathrm{abs}}(t) - \Phi(t)

soit :

m c_m \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} = \mathcal{P}_{\mathrm{abs},0} \left[1 + \cos(\omega_m t)\right] - K(T - T_0)

En regroupant les termes dépendant de T(t) dans le membre de gauche, on obtient l'équation différentielle linéaire du premier ordre régissant T(t) :

\boxed{m c_m \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + K(T - T_0) = \mathcal{P}_{\mathrm{abs},0} \left[1 + \cos(\omega_m t)\right]}

ou, sous forme canonique :

\boxed{\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + \frac{K}{m c_m} T(t) = \frac{K}{m c_m} T_0 + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{m c_m} \left[1 + \cos(\omega_m t)\right]}

Résultat

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Question 19

Résoudre cette équation différentielle en considérant qu'au temps , la température de la particule est . Exprimer la solution comme la somme de trois contributions.

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Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre avec second membre constant et harmonique ; la solution est la somme du régime permanent continu, du régime permanent sinusoïdal et de l'exponentielle transitoire.

Voir la stratégie
  1. Réécrire l'équation différentielle établie à la question Q18 sous forme canonique en introduisant le temps caractéristique \tau = \frac{m c_m}{K}.
  2. Par linéarité, décomposer la solution générale comme la somme de la solution de l'équation homogène, d'une solution particulière pour l'excitation constante, et d'une solution particulière en régime sinusoïdal forcé.
  3. Déterminer la constante d'intégration à l'aide de la condition initiale T(0) = T_0, et identifier les trois contributions demandées.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, l'équation différentielle régissant T(t) est :

m c_m \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + K(T - T_0) = \mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}\left[1 + \cos(\omega_m t)\right]

En introduisant le temps caractéristique du système :

\tau = \frac{m c_m}{K} = \frac{m c_m}{hS}

l'équation différentielle s'écrit sous forme canonique :

\tau \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + T = T_0 + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K} + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K} \cos(\omega_m t)

Par linéarité, la solution générale est la somme :

  1. de la solution générale de l'équation homogène :

    T_h(t) = A \mathrm{e}^{-t/\tau} \quad (A \in \mathbb{R})
  2. d'une solution particulière associée au second membre constant :

    T_{\mathrm{stat}} = T_0 + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K}
  3. d'une solution particulière associée au second membre harmonique de pulsation \omega_m. En adoptant la notation complexe \underline{T}_{p}(t) = \underline{T}_m \mathrm{e}^{\mathrm{j}\omega_m t}, il vient :

    (\mathrm{j}\omega_m \tau + 1)\underline{T}_m = \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K} \implies \underline{T}_m = \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K} \frac{1}{1 + \mathrm{j}\omega_m \tau}

    En repassant dans le domaine temporel :

    T_{\mathrm{osc}}(t) = \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K\sqrt{1 + (\omega_m \tau)^2}} \cos(\omega_m t - \phi) \quad \text{avec} \quad \tan\phi = \omega_m \tau \quad \left(0 \leqslant \phi < \frac{\pi}{2}\right)

La solution générale est donc :

T(t) = T_0 + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K} + A \mathrm{e}^{-t/\tau} + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K\sqrt{1 + (\omega_m \tau)^2}} \cos(\omega_m t - \phi)

Déterminons la constante A à l'aide de la condition initiale T(0) = T_0 :

\begin{aligned} T(0) = T_0 + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K} + A + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K\sqrt{1 + (\omega_m \tau)^2}} \cos(-\phi) = T_0 \end{aligned}

Comme \cos(-\phi) = \cos\phi = \frac{1}{\sqrt{1 + (\omega_m \tau)^2}}, le terme oscillant en t=0 vaut \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K\left(1 + (\omega_m \tau)^2\right)}. On en déduit :

A = -\frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K} \left(1 + \frac{1}{1 + (\omega_m \tau)^2}\right) = -\frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K} \frac{2 + (\omega_m \tau)^2}{1 + (\omega_m \tau)^2}

La température de la particule s'exprime ainsi comme la somme de trois contributions :

\boxed{T(t) = T_{\mathrm{stat}} + T_{\mathrm{trans}}(t) + T_{\mathrm{osc}}(t)}

avec :

\begin{aligned} T_{\mathrm{stat}} &= T_0 + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K} \\ T_{\mathrm{trans}}(t) &= -\frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K}\left(1 + \frac{1}{1 + (\omega_m \tau)^2}\right) \mathrm{e}^{-t/\tau} \\ T_{\mathrm{osc}}(t) &= \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K\sqrt{1 + (\omega_m \tau)^2}} \cos(\omega_m t - \phi), \quad \text{où } \tau = \frac{m c_m}{K} \text{ et } \tan\phi = \omega_m \tau \end{aligned}

Résultat

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Question 20

Donner l'allure de sur un graphe.

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Tracer une courbe partant de T_0 à t=0, montant exponentiellement sur un temps caractéristique \tau vers une valeur moyenne stationnaire, autour de laquelle elle oscille sinusoïdalement.

Voir la stratégie

Pour représenter fidèlement l'allure de la température T(t) obtenue à la question Q19 :

  1. Identifier la condition initiale T(0) = T_0 ;
  2. Décrire l'évolution de la valeur moyenne \langle T(t) \rangle, qui croît exponentiellement avec un temps caractéristique \tau vers la valeur asymptotique T_{\mathrm{stat}} = T_0 + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K} ;
  3. Superposer à cette dérive lente les oscillations sinusoïdales de période 2\pi/\omega_m et d'amplitude \Delta T = \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K\sqrt{1+(\omega_m\tau)^2}} pour visualiser le régime transitoire puis le régime permanent établi (t \gg \tau).
Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q19, la température s'écrit sous la forme :

T(t) = T_0 + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K}\left(1 - \mathrm{e}^{-t/\tau}\right) + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K\sqrt{1+(\omega_m\tau)^2}}\left[\cos(\omega_m t - \phi) - \cos\phi\,\mathrm{e}^{-t/\tau}\right]

La dynamique de T(t) présente les caractéristiques remarquables suivantes :

  • À l'instant initial : T(0) = T_0.
  • Régime transitoire (t \sim \tau) : la température moyenne subit un échauffement progressif régi par le terme exponentiel \mathrm{e}^{-t/\tau}, tout en oscillant à la pulsation \omega_m.
  • Régime permanent (t \gg \tau) : le transitoire s'éteint et la particule oscille sinusoïdalement à la pulsation \omega_m autour d'une température moyenne stationnaire :

    T_{\mathrm{stat}} = T_0 + \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K}

    avec une amplitude de modulation thermique :

    \Delta T = \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K\sqrt{1+(\omega_m\tau)^2}}

L'allure de T(t) est représentée ci-dessous :

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Question 21

Quel est le temps caractéristique de passage du régime transitoire au régime permanent ? On fera l'application numérique en prenant et on rappelle ici que et que la particule est une sphère de diamètre et de masse .

Voir l'indice

Identifier le temps caractéristique \tau = m c_m / K = m c_m / (h S) et effectuer l'application numérique avec S = \pi d^2.

Voir la stratégie
  1. Identifier le temps caractéristique de relaxation thermique \tau à partir de l'équation différentielle établie à la question Q18.
  2. Exprimer la surface de la sphère S en fonction du diamètre d.
  3. Réaliser l'application numérique avec un seul chiffre significatif comme préconisé par l'énoncé.
Voir le corrigé complet

D'après l'équation différentielle établie à la question Q18, l'évolution temporelle de la température est régie par :

m c_m \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + h S (T - T_0) = \mathcal{P}_{\mathrm{abs}}(t)

Le temps caractéristique \tau du régime transitoire correspond à la constante de temps de l'équation différentielle homogène associée :

\tau = \frac{m c_m}{h S}

La particule étant sphérique de diamètre d, son aire de surface vaut :

S = 4 \pi \left(\frac{d}{2}\right)^2 = \pi d^2

On en déduit l'expression littérale de \tau :

\boxed{\tau = \frac{m c_m}{\pi h d^2}}

Pour l'application numérique, avec les valeurs données :

  • m = 2 \times 10^{-18}\text{ kg}
  • c_m = 500\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}
  • h = 100\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{m}^{-2}
  • d = 100\text{ nm} = 1{,}0 \times 10^{-7}\text{ m}, d'où S = \pi \times (1{,}0 \times 10^{-7})^2 \approx 3{,}1 \times 10^{-14}\text{ m}^2

Il vient :

\begin{aligned} m c_m &= 2 \times 10^{-18} \times 500 = 1{,}0 \times 10^{-15}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} \\ K = h S &= 100 \times \pi \times 10^{-14} \approx 3{,}1 \times 10^{-12}\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \\ \tau &= \frac{1{,}0 \times 10^{-15}}{\pi \times 10^{-12}} = \frac{10^{-3}}{\pi}\text{ s} \approx 3 \times 10^{-4}\text{ s} \end{aligned}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{\tau \approx 3 \times 10^{-4}\text{ s} = 0{,}3\text{ ms}}

Résultat

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Question 22

Après un temps suffisamment long devant , montrer que la mesure de l'amplitude de la variation de à différentes pulsations de la modulation du laser permet d'accéder à la valeur de la capacité thermique de la particule, connaissant sa surface et le coefficient .

Voir l'indice

Exprimer l'amplitude des oscillations thermiques en fonction de \omega_m ; repérer le comportement de filtre passe-bas du premier ordre et exprimer la pulsation de coupure 1/\tau.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'amplitude \Delta T(\omega_m) des oscillations de température en régime permanent (t \gg \tau) à partir des résultats de la question Q19.
  2. Identifier la pulsation de coupure du système thermique ou établir une relation linéaire permettant d'extraire le temps caractéristique \tau indépendamment de la puissance laser absorbée.
  3. En déduire la capacité thermique C = mc_m à l'aide de la conductance thermique K = hS.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, pour un temps t \gg \tau, la contribution transitoire exponentielle s'est éteinte (T_{\mathrm{trans}}(t) \to 0). La particule a atteint son régime établi (permanent), dans lequel sa température oscille de manière sinusoïdale autour de sa valeur moyenne T_{\mathrm{stat}} :

T(t) = T_{\mathrm{stat}} + \Delta T(\omega_m) \cos(\omega_m t - \phi)

L'amplitude des variations de température à la pulsation de modulation \omega_m s'écrit :

\Delta T(\omega_m) = \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{K \sqrt{1 + (\omega_m \tau)^2}}

où K = hS est la conductance de fuite thermique et \tau = \frac{C}{K} = \frac{C}{hS} est le temps de réponse thermique de la particule, C désignant sa capacité thermique.

Deux approches permettent de déterminer C à partir de mesures de \Delta T(\omega_m) :

  • Mesure de la pulsation de coupure : Pour \omega_m \to 0, l'amplitude tend vers \Delta T_0 = \frac{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}}{hS}. La pulsation de coupure à -3\text{ dB}, notée \omega_c, correspond à :

    \Delta T(\omega_c) = \frac{\Delta T_0}{\sqrt{2}} \iff \omega_c \tau = 1 \iff \tau = \frac{1}{\omega_c}

    La détermination expérimentale de \omega_c donne immédiatement :

    \boxed{ C = \frac{hS}{\omega_c} }
  • Régression linéaire : En inversant et en élevant l'amplitude au carré, on obtient :

    \frac{1}{[\Delta T(\omega_m)]^2} = \frac{K^2}{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}^2} + \frac{C^2}{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}^2}\,\omega_m^2

    En traçant \frac{1}{[\Delta T(\omega_m)]^2} en fonction de \omega_m^2, on obtient une droite d'ordonnée à l'origine A = \frac{K^2}{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}^2} et de pente B = \frac{C^2}{\mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}^2}. Le rapport de la pente à l'ordonnée à l'origine donne :

    \frac{B}{A} = \frac{C^2}{K^2} = \tau^2 \implies C = hS \sqrt{\frac{B}{A}}

Cette méthode présente l'avantage de s'affranchir de la connaissance exacte de la puissance lumineuse absorbée \mathcal{P}_{\mathrm{abs},0}. La connaissance de S et de h permet donc d'accéder directement à la capacité thermique C de la particule.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.